Histoire@Politique : Politique, culture et société

Sources

Écrire sur la société de pollution : les essais d’alerte environnementale en France au début des années 1970

Stéphane Frioux
Résumé :

L’arrivée de la thématique environnementale vers 1970 dans les politiques publiques et dans les discussions quotidiennes s’est accompagnée d’une littérature destinée au grand public qui a vulgarisé les problèmes (...)

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« L’environnement est un thème de débats à la mode, et il se politise de plus en plus [1]. »

Les pollutions sont un des moyens par lesquels la question environnementale s’est le plus facilement invitée dans les médias, dans les discussions – dans les consciences ? – au cours du XXe siècle. Ce n’est certes pas le seul aspect de l’arrivée de la thématique de l’environnement, mais la défense d’une dimension esthétique et pittoresque fut plutôt l’œuvre d’un cercle spécialisé, moins divers socialement, et pas toujours désireux de sortir de l’entre-soi élitaire, lequel cercle utilisa davantage les termes de « nature » et de « sites naturels »[2]. L’approche écologique ou écosystémique fut également restreinte à un petit monde de spécialistes. Il reste encore beaucoup à faire pour analyser en historien, avec des sources d’époque, la pénétration sociale des thématiques liées à la pollution. En complément de dossiers consultables dans les fonds d’archives publiques, sur lesquels la recherche en histoire environnementale a fondé son récent dynamisme, cet article souhaite présenter les sources imprimées, dont la facilité d’accès, via les reventes d’ouvrages d’occasion ou les bibliothèques publiques, est plus grande[3].

La parole sur les pollutions est publique depuis longtemps. On sait que, par l’intermédiaire des enquêtes publiques sur les établissements classés dangereux, incommodes ou insalubres, des pétitions et protestations adressées par les riverains d’usines ou d’ateliers polluants – ou supposés l’être –, les citoyens des sociétés occidentales – et particulièrement en France dans le cadre du décret du 15 octobre 1810 codifiant la régulation des établissements classés – ont massivement donné leur avis sur l’industrialisation[4]. Cette intervention de différents milieux sociaux, parfois très populaires, a pu prendre diverses formes, selon les configurations socio-environnementales et les traditions culturelles. Soulignons l’originalité de la production de caricatures dénonçant la pollution dès le milieu du XIXe siècle dans le journal satirique britannique Punch[5], dont nous ne connaissons pas d’équivalent hexagonal. Après la Seconde Guerre mondiale, un discours d’alerte sur de grands enjeux globaux (croissance démographique planétaire, risque d’épuisement des ressources) devient de plus en plus récurrent, grâce à des titres français et par le biais de la traduction d’essais anglo-saxons traduits par des maisons d’édition généralistes. Les premiers ouvrages ne font cependant pas l’objet d’une forte réception médiatique[6]. Dans un contexte de guerre froide, le climat de peur atomique entoure ces écrits, puisque désormais il est admis que l’homme détient le pouvoir de détruire la vie à une vaste échelle. Des naturalistes de renom, dont certains répondent aux sollicitations médiatiques, comme Roger Heim et Jean Dorst, participent à la défense de la vie animale et végétale[7]. Au niveau occidental, une « mémoire de l’alerte environnementale », selon l’expression d’Anna Trespeuch-Berthelot, et des « généalogies intellectuelles » se construisent en même temps que l’acquisition d’une visibilité conséquente des thèmes environnementaux dans les médias[8].

Mais dans le même temps, ce sont des milliers de situations locales problématiques qui traversent les années de baby-boom, de reconstruction, puis d’essor économique, dont on sait que de rares critiques de premier plan médiatique ont pu dénoncer les méfaits[9]. Certaines ont une notoriété internationale, comme la pollution au mercure de la baie de Minamata, au Japon, bien que cette publicité reste souvent limitée à un cercle de spécialistes. C’est aussi le cas pour les smogs de Donora (1948, Pennsylvanie) et de Londres (1952), dus à des inversions de température. D’autres configurations engendrent des mobilisations propres à un territoire, comme dans le Béarn, étudié dans l’article de Renaud Hourcade publié dans ce même numéro, ou près de la centrale thermique du Chambon-Feugerolles, dans la Loire[10]. Les pêcheurs sont parmi les plus actifs, au sein de l’association ANPER-TOS ou de sociétés de pêche locales, et les procès, ou menaces de procès, que subissent les industriels les poussent à agir[11]. La prospective et la planification se conjuguent, au sein de la DATAR par exemple, pour réfléchir à la société de « l’an 2000 », ce qui engendre toute une série d’utopies ou de dystopies étayées par des données scientifiques[12]. Des échos des pollutions parviennent au sein des assemblées parlementaires, lors des débats sur la loi sur la pollution de l’air en 1961 (article de Stéphane Frioux dans ce numéro) ou de la loi sur l’eau de 1964. Dans le cas de la capitale, presse écrite et radios se mettent à traiter de « l’air de Paris », au tournant des années 1950-1960, en invitant les spécialistes du sujet. Cet article reste centré sur la France même si d’autres pays ont expérimenté le même phénomène de dénonciation de la pollution[13]. L’emploi du terme semble connaître son apogée dans les années 1970, moment particulièrement intense de débat sur l’ampleur des pollutions[14].

La pollution, objet de littérature d’alerte environnementale

Ainsi, même si la fréquentation des sources imprimées et audiovisuelles de cette époque montre la grande rareté du vocable « environnement » lui-même, qui s’inscrit dans une temporalité très courte (il fait une irruption fulgurante en France au cours des années 1970 et 1971, comme notion floue, d’une grande plasticité[15]), c’est la pollution qui constitue, avec la défense des espaces « naturels » et espèces menacées de disparition, un des grands facteurs de l’acculturation française aux débats sur l’environnement. Elle recouvre souvent, dans les courriers d’habitants, la dégradation esthétique et sensible du cadre de vie, phénomène capté par le titre de l’émission « La France défigurée », créée en 1972 sur la première chaîne de télévision. On défendra ici l’idée que le score très modeste de René Dumont à l’élection présidentielle de 1974 – 1,33 % des suffrages, 337 000 voix – ne reflète pas la progression silencieuse d’une première forme de conscience écologique, formée au fil de centaines de mobilisations locales qui ont surgi pour défendre le territoire quotidien contre des pollutions vécues ou potentielles, par exemple lorsqu’il s’est agi de protester contre des projets d’aménagements industriels lourds[16].

Cette prise de conscience a revêtu des formes multiples ; des universitaires et des naturalistes s’impliquèrent dans la création de nouvelles associations, désormais cinquantenaires, et dont il est nécessaire d’écrire l’histoire à l’aide de leurs archives, à sauvegarder puis à classer[17]. Certains acteurs jugèrent nécessaire de passer par la sphère intellectuelle et de contacter le monde de l’édition. Ils publièrent des ouvrages traitant des problèmes de pollution dans la métropole (Corse incluse)[18] : Jean Dorst, Avant que nature meure (Neuchâtel/Paris, Delachaux et Niestlé, 1965[19]) ; Édouard Bonnefous, L’Homme ou la Nature (Paris, Hachette, 1970) ; Jacques Vernier, La bataille de l’environnement (Paris, Robert Laffont, 1971) ; Philippe Saint-Marc, Socialisation de la nature (Paris, Stock, 1971) (qui connut plusieurs rééditions les années suivantes)[20] ; Catherine Dreyfus, Jean-Paul Pigeat, Les maladies de l’environnement. La France en saccage (Paris, Denoël, 1971) ; Christian Garnier-Expert, L’environnement démystifié (Paris, Mercure de France, 1973)[21] ; Roger Puget, Morale et conscience de l’environnement : clés de la qualité de la vie (Paris, Guy Le Prat, 1976) ; Christian Huglo et René Cenni, Une société de pollution, (Paris, Jean-Claude Simoën, 1977). On notera que la majorité de ces publications précède les points de repères habituels que constituent la conférence de Stockholm (1972) et la publicité donnée au rapport Meadows, Halte à la croissance. Le premier « Que sais-je ? » sur L’environnement est publié en 1971. Son écriture en a été confiée au géographe Pierre George et sa mise à jour sera effectuée par l’ingénieur et homme politique Jacques Vernier[22].

J’ai retenu cinq de ces essais, en essayant de garder une variété de typologie d’auteurs et de types d’approches des problèmes environnementaux : des auteurs « jeunes » nés dans les années 1940 et d’autres plus « anciens », certains qui écrivent sur l’ensemble des problèmes environnementaux et d’autres qui choisissent de se concentrer sur une thématique précise, comme la pollution. Le choix a été fait de laisser de côté les références mieux connues que sont le témoignage a posteriori du premier ministre à avoir été chargé de protéger l’environnement (Robert Poujade, Le ministère de l’impossible, Paris, Calmann-Lévy, 1975) et les saillies médiatiques du premier candidat écologiste René Dumont[23] (son ouvrage L’utopie ou la mort, ses prestations télévisuelles numérisées par l’INA). Il faudra également avoir à l’esprit que des animateurs de réseaux écologistes en province ont pu suivre des trajectoires médiatiques et d’engagement politique particulièrement riches, comme Philippe Lebreton, fondateur de la Fédération Rhône-Alpes de protection de la nature (FRAPNA), candidat à différentes élections dont les élections législatives de 1978 et auteur de L’ex-croissance. Les chemins de l’écologisme (Paris, Denoël, 1978), préfacé par Brice Lalonde. Les articles parus dans la presse quotidienne régionale, à l’occasion de batailles locales de défense de la nature, ont pu jouer un rôle aussi significatif que celui des quelques grands essais publiés nationalement. Se concentrer sur ces derniers permet d’appréhender le panorama « national » que leurs auteurs cherchent à donner. Cela n’est aucunement exclusif, bien au contraire, d’une plongée dans des sources permettant de varier les échelles d’observation et d’entrer dans des cas concrets de conflits environnementaux.

Panorama des pionniers de l’essai environnemental

Ma contribution visera à évoquer les intérêts et les spécificités des cinq ouvrages retenus en commençant par une présentation de leurs auteurs, afin de les suggérer à une étude historique plus poussée qui servirait une analyse approfondie de la naissance d’une politique de l’environnement. Sans comparer terme à terme tout leur contenu, qui représente plus de 1 500 pages, j’évoquerai aussi les tables des matières et leur tonalité générale pour différencier les types d’approches de la question environnementale, par-delà des titres a priori assez semblables. Une première remarque s’impose, à l’aune du renouvellement de l’approche genrée en histoire[24] : les auteurs sont très majoritairement des hommes. Si c’est Rachel Carson qui, côté états-unien, occupe la figure tutélaire de la lanceuse d’alerte[25], peu nombreuses sont les femmes à témoigner à l’époque du souci environnemental. L’écoféminisme français se lancera un peu plus tard avec Françoise d’Eaubonne (1920-2005), autrice de l’ouvrage Le féminisme ou la mort en 1974, titre choisi en écho à l’essai de René Dumont[26]. Deuxième observation : les générations sont diverses, comme d’ailleurs les engagements politiques des années 1970, au cours desquelles l’engagement politique temporaire du septuagénaire René Dumont – le temps de la campagne présidentielle du printemps 1974, consécutive au décès de Georges Pompidou – coexiste avec l’activité du jeune Brice Lalonde, né en 1946, dirigeant des Amis de la Terre et futur candidat à l’élection présidentielle de 1981.

Le plus célèbre pour les contemporains est probablement Édouard Bonnefous (1907-2007). Sa qualité de « membre de l’Institut » figure sur la couverture de son ouvrage, qui est préfacé par Jean Rostand, membre de l’Académie française. Sénateur, ancien ministre (les précisions figurent à l’intérieur sur la reprise de la page de titre), l’auteur est un habitué du monde de l’édition, en particulier de la maison Arthème Fayard et des Presses universitaires de France. Il a déjà au moins vingt ouvrages à son actif, dont deux portent sur l’aide et le sous-développement, selon la page intitulée « ouvrages du même auteur ».

Les autres auteurs pourraient être ses enfants et sont nettement plus jeunes. Catherine Dreyfus et Jean-Paul Pigeat, qui publient en 1970 Les maladies de l’environnement, sont deux journalistes de moins de 30 ans (nés respectivement en 1944 et 1946), la première travaillant en 1970 au Nouvel Observateur, le second au service de la recherche de l’ORTF après avoir collaboré à la Documentation française[27]. Avec Jacques Vernier, né en 1944, futur homme politique du Rassemblement pour la République (RPR) et maire de Douai pendant plus de trois décennies, on est encore en présence d’un jeune auteur, polytechnicien (X-Mines), qui a fait le début de sa carrière dans les nouvelles agences de bassin. Son livre est un essai studieux, rédigé après de nombreuses lectures, mais nullement un coup politique ; c’est un ouvrage « dans l’air du temps », tiré à 6 000 exemplaires, qui a bénéficié de la confiance de Jean-François Revel[28].

Christian Garnier fait également partie de cette génération. Centralien,  très actif dans les années 1960 pour la protection de la nature[29], il travaille brièvement dans un organisme consacré à la pollution de l’air avant d’être détaché auprès de Louis Armand à l’automne-hiver 1970-1971 dans le cadre de la préparation des « 100 mesures pour l’environnement »[30]. Il suit donc de l’intérieur la fabrication d’une première politique française de l’environnement, tout étant un vrai militant « en col blanc ». En 1977, Christian Huglo, âgé alors de 35 ans, est avocat (depuis 1969) au barreau de Paris, « chargé de nombreuses affaires de pollution et de l’enseignement du Droit de l’Environnement à l’université de Metz », selon la quatrième de couverture d’Une société de pollution ; il est accompagné de René Cenni, journaliste à la « plume aiguë » pour dénoncer « les rapports ambigus des pollueurs avec le pouvoir[31] ». En 1978, il s’associe avec Corinne Lepage, et leur cabinet se fera connaître dans l’affaire de l’Amoco Cadiz, puis dans une série d’autres affaires retentissantes de pollution[32].

Une diversité de tonalités à partir d’un constat identique

Ce qui peut faire parler de littérature d’alerte au sujet des ouvrages étudiés, c’est la tonalité générale des écrits. Un discours de type décliniste existe d’ailleurs de la même façon aux États-Unis et a fait l’objet d’une analyse fine dans le cas des études du Dust Bowl des années 1970[33]. Édouard Bonnefous choisit des titres allant dans le sens négatif : « Destruction et protection du capital naturel » (1ère partie), « Dégradation de l’environnement » (2e partie), « Pollutions collectives et industrielles » (3e partie), « Les pièges du progrès technologique » (4e partie). Les chapitres portent des titres alternant l’aspect neutre et documentaire comme « La pollution atmosphérique » et les formules plus engagées (« Les pesticides, élixirs de morts », dans la dernière partie). Sans aller jusqu’à faire une analyse lexicométrique, la lecture de l’ouvrage montre immédiatement le poids du vocabulaire choisi au service de l’idée d’une dégradation anthropique quasiment irréversible du milieu naturel.

Catherine Dreyfus et Jean-Paul Pigeat découpent leur livre en huit chapitres plutôt thématiques, allant des maux et problèmes (« La ville dévorante », « Le cancer automobile ») aux remèdes possibles (chapitre VII :« Un essai de solution ; les villes nouvelles » et chapitre VIII, « Intéresser les citoyens aux problèmes de leur vie quotidienne »). Le monde urbain est prédominant et la photographie de couverture, prise à Rennes, fait cohabiter au premier plan un marché et une charrette avec des immeubles anciens bordant la place des Lys, et au second plan, une haute tour en construction. Les nombreuses photographies qui émaillent l’ouvrage – le seul à disposer d’un corpus iconographique parmi notre sélection – sont très majoritairement des illustrations de problèmes urbains (bruit, congestion…), qui ne sont pas nécessairement qualifiés d’environnementaux, tels les bidonvilles.

Jacques Vernier suit un raisonnement similaire dans la confection du plan, entre une première partie intitulée « L’enjeu », constituée de chapitres thématisés en fonction des sujets étudiés[34], et une seconde de même taille que la première, « L’échiquier », proposant des solutions pragmatiques appuyées sur son expérience de jeune haut fonctionnaire des agences de bassin. La démarcation avec les ouvrages précédents est cependant évidente quand on feuillette les pages : nul sensationnalisme et nulle référence à des cas concrets de pollution ou de dégradation de la nature. Vernier reste dans l’abstrait et la théorie. Lorsqu’il aborde un thème précis, comme le DDT, c’est pour critiquer ceux qu’il appelle « les procureurs » et déplorer que les « déclarations prudentes passent inaperçues, et intéressent beaucoup moins le public que des déclarations fracassantes et sans ambages. Qui a remarqué dans les journaux cette prise de position courageuse de l’Organisation mondiale de la Santé disant que rien ne permettait d’affirmer que le DDT était dangereux dans ses utilisations actuelles ?[35] » Quand Catherine Dreyfus et Jean-Paul Pigeat concluent leur livre sur cette phrase : « Il est temps d’apprendre à vivre avec la technique – avant qu’elle ne nous tue », Vernier proteste contre le dénigrement du progrès technique, y compris de la part de « certains pontes qui usurpent leur auréole de savant pour prendre parti sur des questions qu’ils ne connaissent pas[36] ». Jacques Vernier veut placer l’opinion et les gouvernants face à leurs responsabilités. Loin d’être un critique du progrès et des techniques – une maxime est d’ailleurs inscrite sur la couverture : « Si la civilisation technique nous pollue, c’est elle aussi qui nous aidera à vaincre la pollution » –, cet ingénieur des Mines insiste sur les trois façons de résoudre les problèmes d’environnement : « connaître, informer, décider[37]» .

Christian Garnier semble occuper, par la façon dont il écrit, une voie médiane entre la critique virulente de la société de consommation et de dégradation de la nature, et la posture progressiste et confiante dans la technique et l’économie capitaliste. Il part de l’histoire d’une découverte, les problèmes de l’environnement[38]. Les principaux enjeux sont exposés avec des titres neutres, comme « L’opinion publique en lutte contre les nuisances » (chapitre III), « Les nuisances en France » (chapitre IV), ou sous forme de question (« La nature française est-elle menacée ? », chapitre V). Ce jeune ingénieur de la même génération que Jacques Vernier salue la naissance d’une politique de l’environnement en France, tout en doutant de sa capacité à infléchir le cours des choses : « L’échec de quelques projets particulièrement destructeurs et déraisonnables apporte une légère lueur d’espoir. Mais en toute lucidité, une réaction rapide et des année d’intenses efforts suffiront à peine pour redresser la barre[39]. » Loin de militer dans les cercles d’extrême gauche, qui peinent d’ailleurs à intégrer l’écologie[40], volontiers critique à l’égard des « apparatchiks du socialisme[41] », il n’en est pas moins sévère à l’égard de l’économie capitaliste :

« L’analyse superficielle des atteintes les plus graves à la qualité de l’environnement et des origines socio-économiques de celles-ci illustrent en fait la nécessité de réviser, outre les limites du droit de propriété individuelle, tout le système d’économie de marché qui régit en France le plus clair des activités et des échanges de biens et de services. "L’environnement", bien collectif au même titre que le logement et les équipements publics, ne peut remplir sa fonction sociale dans un mode de gestion mercantile[42]. »

Les essais consultés sont donc marqués par une grande diversité. Les éditeurs ont aussi leur rôle, par exemple pour suggérer d’abréger tel manuscrit. Sur la demande d’André Fermigier, du Mercure de France, Christian Garnier enlève des pages entières consacrées aux questions de pollution, considérant qu’un lecteur averti les trouvera dans d’autres livres[43]. L’ouvrage de Christian Huglo et René Cenni, Une société de pollution, est rédigé comme un roman, avec des sauts de page mais sans titres de parties ou de chapitres. Et derrière son titre général se cache en fait une enquête sur le scandale des boues rouges de la Montedison : des déversements de déchets chimiques d’une usine italienne, débutés en mai 1972, qui avaient causé un émoi considérable en Corse. En revanche il dispose d’un dossier d’annexes dans lequel des documents spécifiques sur le cas des boues rouges voisinent avec des sections généralistes (« Déclaration de Stockholm », « Les lois concernant l’Environnement »).

Les cinq essais retenus relèvent d’une grande pluralité de formes d’énonciation et d’engagement. Certains restent dans la théorie – par prudence et réserve du haut fonctionnaire ? –, comme Jacques Vernier. D’autres utilisent des exemples concrets à foison, avec des notes de bas de page, et même des références historiques dont on ignore la provenance. C’est le cas de Catherine Dreyfus et Jean-Paul Pigeat qui évoquent par exemple le dépeuplement en poissons de la Seine en aval de Paris à cause des égouts mis en service durant le Second Empire, dates précises à l’appui[44]. Ils citent les auteurs de référence des années 1960, comme Ivan Chéret, spécialiste de l’eau[45] ou les rapports de Jean-Antoine Ternisien sur les pollutions et nuisances, rédigés pour la Délégation générale à la recherche scientifique et technique[46]. Ils n’hésitent pas à convoquer des exemples étrangers : États-Unis – Catherine Dreyfus y est née et collabore, selon le texte de la quatrième de couverture des Maladies de l’environnement, à une revue américaine –, Grande-Bretagne, Italie, etc.

Plusieurs annexes très détaillées clôturent l’ouvrage d’Édouard Bonnefous : d’abord, la liste des principaux colloques et congrès tenus depuis 1962 et prévus jusqu’en 1972 sur les problèmes de pollution et de protection de la nature (213 manifestations sont recensées[47]). Elle s’achève sur un rappel contextuel de la parution de l’essai : l’Année européenne de la conservation de la nature, effort du Conseil de l’Europe pour faire apparaître à l’opinion « ses responsabilités à l’égard du milieu naturel » et label motivant l’organisation de campagnes nationales à l’intention du grand public[48]. Suivent la liste des principaux organismes s’occupant de protection de la nature, en France comme à l’étranger, et une bibliographie d’un peu moins de cinquante titres. Par son volume et son corpus documentaire, ce titre se distingue des autres – mais non par sa tonalité inquiète, qui rappelle celle de l’ouvrage de Catherine Dreyfus et Jean-Paul Pigeat. Les nombreux exemples empiriques cités au fil des pages de ces deux essais sont d’ailleurs autant de pistes concrètes à suivre pour entreprendre des enquêtes de terrain et, cette fois, « plonger » dans les dépôts d’archives.

La pollution occupe une part significative des écrits d’alerte environnementale pour le grand public, en ce qu’elle incarne une dégradation causée par la technique et la civilisation industrielle qui a assuré la prospérité du monde occidental. On rappellera que d’autres sources imprimées de l’époque peuvent être facilement trouvées[49], en commençant par les périodiques spécialisés comme Le Courrier de la Baleine, La Gueule Ouverte[50], Survivre et vivre, Pollution-Non, SuperPholix, etc., dont certains ont eu une existence brève, et qui n’ont généralement concerné qu’un lectorat déjà convaincu[51]. La médiatisation la plus forte fut sans doute celle de la presse quotidienne régionale, ainsi que celle des émissions destinées au grand public à la télévision, dont la fameuse « France défigurée[52] ». Ce matériau médiatique constitue donc une ressource indispensable pour approcher toute la complexité de la fin des années de forte croissance économique, urbaine et industrielle, près d’un demi-siècle après les événements. Son dépouillement minutieux apparaît d’autant plus nécessaire que les archives du ministère Poujade (1971-1974), conservées aux Archives nationales, sont lacunaires et permettent difficilement d’écrire l’histoire des débuts de la politique française en matière de protection de l’environnement.

Pour citer cet article : Stéphane Frioux, « Écrire sur la société de pollution : les essais d’alerte environnementale en France au début des années 1970 », Histoire@Politique, n° 43, janvier-avril 2021 [en ligne : www.histoire-politique.fr]

Notes :

[1] Catherine Dreyfus, Jean-Paul Pigeat, Les maladies de l’environnement. La France en saccage, Paris, Denoël, 1970, p. 279. En 1971, Guy Debord écrit la même chose ou presque en 1971 dans son texte La Planète malade, en critiquant ce « bavardage assommant dans une pléthore d’écrits et de discours erronés et mystificateurs » (cité par François Jarrige et Thomas Le Roux, La contamination du monde, Paris, Le Seuil, 2017, p. 14).

[2] On pensera au Touring-Club de France, pour la consommation touristique des paysages, en France, ou au Sierra Club états-unien, puissante organisation qui fut accusée, à partir des années 1970-1980, de représenter un segment blanc et riche de la population américaine, et donc de n’être pas intéressée par la défense des minorités ethniques victimes d’inégalités induites par le fardeau des pollutions.

[3] L’article a été préparé en 2020, au cours d’une année « noire » pour l’accès aux archives en raison des restrictions sanitaires. Je remercie Florian Charvolin pour son prêt longue durée des ouvrages sur lesquels cet article s’appuie.

[4] Geneviève Massard-Guilbaud, Histoire de la pollution industrielle. France, 1789-1914, Paris, Éditions de l’EHESS, 2010.

[5] Voir Peter Thorsheim, Inventing Pollution. Coal, Smoke and Culture in Britain since 1800, Athens, Ohio University Press, 2006 et Charles-François Mathis, In Nature We Trust. Les paysages anglais à l’ère industrielle, Paris, Presses de l’Université Paris-Sorbonne, 2010.

[6] Pour une présentation du contexte et de leur impact, voir Anna Trespeuch-Berthelot, « La réception des ouvrages d’alerte environnementale dans les médias français (1948-1973) », Le Temps des médias, 2015/2, n° 25, p. 104-119. On songe ici aux essais de William Vogt et de Fairfield Osborn, écrits dès le tournant des années 1940/1950, ainsi qu’à ceux de Rachel Carson et Barry Commoner dans les années 1960. Anna Trespeuch-Berthelot s’appuie sur un corpus de douze essais publiés entre 1948 et 1973. L’objectif de mon article est de restreindre la focale aux écrits français des années 1970.

[7] Le premier a animé dans les années 1950 l’Union internationale pour la conservation de la nature et préfacé Printemps silencieux, la version française de l’ouvrage de Rachel Carson. Le second écrit Avant que nature meure, plusieurs fois réédité.

[8] Anna Trespeuch-Berthelot, « La réception des ouvrages d’alerte environnementale », art. cité, p. 105.

[9] Sur le plan culturel, Guy Debord ; sur le plan technique, Alfred Sauvy et Bernard Charbonneau à propos de l’automobile (Les 4 roues de la fortune, L’Hommauto). En matière artistique, les satires de la société de consommation par Boris Vian et Jacques Tati.

[10] Florian Charvolin et al., Un air familier. Sociohistoire des pollutions atmosphériques, Paris, Presses des Mines, 2015.

[11] Christelle Gramaglia, « De la passion de la pêche à la dénonciation des pollutions. Mise en forme d’une revendication (1958-1978) », Responsabilité & Environnement, n° 46, avril 2007, p. 53-59. Daniel Boullet, Entreprises et environnement en France de 1960 à 1990. Les chemins d’une prise de conscience, Genève-Paris, Droz, 2006.

[12] Il y aurait une étude fouillée à faire sur la revue 2000 publiée par la DATAR, qui donne la parole à certains de ces experts comme Bertrand de Jouvenel, inventeur du terme « écologie politique ». Certains numéros sont disponibles sur le site http://www.association-serge-antoine.org/la-revue-2000/ [lien consulté le 09/04/2021].

[13] Sur le monde suburbain aux États-Unis, voir Christopher Sellers, Crabgrass Crucible. Suburban Nature and the Rise of Environmentalism in Twentieth-Century America, Chapel Hill, The University of North Carolina Press, 2012, et notamment le chapitre 8.

[14] François Jarrige et Thomas Le Roux, La contamination du monde, op. cit., p. 13.

[15] On le trouve notamment dans des publications liées au monde de l’architecture, de l’urbanisme et de l’aménagement, et en partie avec des institutions internationales comme l’OCDE et la Commission économique pour l’Europe des Nations unies (requête avec le mot « environnement » dans le titre, année 1970, catalogue général de la Bibliothèque nationale de France - BnF). En cela il se distingue du vocable « environment » dont l’essor est lié aux ouvrages d’alerte publiés dès 1948 aux États-Unis. Sur cet aspect, voir Paul Warde, Libby Robin et Sverker Sorlin, The Environment. A History of the Idea, Baltimore, The Johns Hopkins University Press, 2e éd. 2021.

[16] Pour un exemple de ces mobilisations au nord de Lyon, Stéphane Frioux, « Pas d’essence dans nos salades ! La "raffinerie baladeuse" de la région lyonnaise (1970-1973) », Le Mouvement social, n° 262, janvier-mars 2018, p. 37-54. Différents types d’illustrations sont reproduits dans Cécile Blatrix et Laurent Gervereau (dir.), Tout vert ! Le grand tournant de l’écologie 1969-1975, AgroParisTech/Musée du vivant, 2016.

[17] Signalons le remarquable fonds de la FRAPNA aux Archives départementales et métropolitaines du Rhône (297J), exemple local qui permet de territorialiser davantage l’enquête qu’un fonds national comme celui des Amis de la Terre aux Archives nationales. Sur d’autres fonds conservés en région parisienne, voir Sébastien Repaire, « Les "archives des Verts" du Centre international de recherches sur l’écologie (CIRE) : documenter l’histoire proche de l’écologie politique », Histoire@Politique, n° 27, septembre-décembre 2015.

[18] On constate que très peu de publications non spécialisées sont référencées dans le catalogue général de la BNF quand on recherche les mots « environnement » ou « pollution » dans le titre, pour le début des années 1970.

[19] La troisième édition, revue et augmentée, parue en 1970, a pour sous-titre : Pour une écologie politique, puis l’ouvrage paraît en poche dans la collection « Points civilisation ». Un recueil d’extraits est publié par les éditions du Seuil la même année, sous le titre La nature dé-naturée.

[20] Sur Philippe Saint-Marc, qui a déjà fait l’objet de travaux, voir sa notice biographique rédigée par Alexis Vrignon (https://ahpne.fr/SAINT-MARC-Philippe).

[21] L’auteur a aussi collaboré, avec Jean-Philippe Barde, à l’ouvrage L’environnement sans frontières, Paris, Seghers, 1971, publié dans la collection « La Suède en question », dans la prévision de la conférence internationale de Stockholm 1972.

[22] De façon intéressante dans le « croisement » de nos auteurs, on peut repérer, en 1991, une recension par le même Pierre George d’un ouvrage d’Édouard Bonnafous dont le titre fait écho à celui de 1970 : Pierre George, « Édouard Bonnefous, Réconcilier l’homme et la nature », Annales de géographie, 558, 199, p. 228-229.

[23] Alexis Vrignon, « René Dumont ou le socialisme "de l’arbre et du jardin" », Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, 130, 2016, p. 63-78.

[24] Sur les relations entre genre et actions environnementales, voir le numéro spécial de Genre & Histoire, « Genre et environnement », n° 22, automne 2018.

[25] Son ouvrage est abondamment évoqué dans les écrits sur les débuts du mouvement environnementaliste et a fait l’objet d’un regain d’études au moment de son 50e anniversaire en 2012. Voir par exemple Kenny Walker, « "Without Evidence, there is No Answer" : Uncertainty and Scientific Ethos in the Silent Spring[s] of Rachel Carson », Environmental Humanities, 2, 2013, p. 101-116.

[26] Françoise d’Eaubonne, Le féminisme ou la mort, Paris, Éd. P. Horay, 1974.

[27] Jean-Paul Pigeat (décédé en 2005) manifeste un intérêt pour l’urbanisme et le paysage dans l’ouvrage étudié et réalisera ou produira des émissions pour l’ORTF. Il exercera vingt ans plus tard des fonctions auprès du ministère de la Culture (notice auteur de la BnF).

[28] Précisions apportées lors de mon entretien avec Jacques Vernier, 2 octobre 2018.

[29] Archives orales du Comité d’histoire de la Transition écologique, Entretien de Christian Garnier avec Christiane Chanliau (2018). Entretien téléphonique de Christian Garnier avec Stéphane Frioux, 12 mars 2021.

[30] Les Cent mesures pour l’environnement, élaborées à partir d’une liste plus copieuse de mesures remontées à la DATAR et traitées par une petite équipe pilotée par Serge Antoine, furent publiées par le gouvernement le 10 juin 1970. Voir Florian Charvolin, L’invention de l’Environnement en France (1960-1971). Les pratiques documentaires d’agrégation à l’origine du Ministère de la protection de la nature et de l’environnement, thèse de doctorat, Université Pierre Mendès-France (Grenoble)/École nationale supérieure des Mines, 1993, chapitre 6.

[31] Citations issues de la 4e de couverture. René Cenni fut reporter à Nice-Matin et est décédé en 2016 à l’âge de 77 ans.

[32] https://www.huglo-lepage.com/equipe/huglo/ [lien consulté le 09/04/2021].

[33] Sur l’orientation des récits du Dust Bowl, William Cronon, « A Place for Stories : Nature, History and Narratives », The Journal of American History, vol. 78, n° 4, 1992, p. 1347-1376.

[34] Les deux premiers chapitres, également les plus longs, sont consacrés à la « pollution de l’eau » et à la « pollution de l’air ». Viennent ensuite la gestion des déchets, le bruit, les affaissements miniers, l’encombrement urbain, l’usage de l’eau.

[35] Jacques Vernier, La bataille de l’environnement, op. cit., p. 268.

[36] Sur la critique de la technique, je renvoie à la synthèse de François Jarrige, Technocritiques. Du refus des machines à la contestation des technosciences, Paris, La Découverte, 2014. Citations : Catherine Dreyfus et Jean-Paul Pigeat, op. cit., p. 283 et Jacques Vernier, La bataille de l’environnement, op. cit., p. 269.

[37] Jacques Vernier, La bataille de l’environnement, op. cit., p. 304. En italique dans le texte.

[38] Il fait d’ailleurs de l’histoire environnementale sans le dire dans un premier chapitre intitulé « De Barbizon à la Vanoise ». 

[39] Christian Garnier-Expert, L’environnement démystifié, opcit., p. 165.

[40] Philippe Buton, « L’extrême gauche française et l’écologie. Une rencontre difficile (1968-1978) », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, 2012/1 (n° 113), p. 191-203.

[41] Christian Garnier-Expert, L’environnement démystifié, opcit., p. 186.

[42] Ibid., p. 184.

[43] Entretien téléphonique avec Christian Garnier, 5 mars 2021.

[44] Catherine Dreyfus et Jean-Paul Pigeat, Les maladies de l’environnement, op. cit., p. 141.

[45] Romain Garcier, « Du bon usage de la pénurie en eau », Géocarrefour, vol. 85/2, 2010, 169-180.

[46] Florian Charvolin, L’invention de l’Environnement en France (1960-1971), op. cit., chapitre 1.

[47] Ce recueil d’information fait varier les échelles d’événements : quoi de commun entre la « Conférence internationale sur le bien-être de l’humanité » de Stockholm (1972) et le Symposium sur l’incinération des déchets urbains de Brighton (novembre 1969) ?

[48] Édouard Bonnefous, L’homme ou la nature, op. cit., p. 445.

[49] Avec des collections parfois incomplètes. Signalons les fonds du Centre de documentation et de recherche sur les alternatives sociales (CEDRATS) à Lyon, récemment utilisés par plusieurs jeunes chercheurs avec profit.

[50] Cette dernière ayant fait l’objet d’un premier travail de recherche : Claire Colombat, La Gueule ouverte, 1972-1980, mémoire de maîtrise d’histoire contemporaine, université Blaise-Pascal, Clermont-Ferrand, 1998. Voir aussi Patrick Gominet et Danielle Fournier, Fournier précurseur de l’écologie, Paris, Les Cahiers dessinés, 2011.

[51] Le Nouvel Observateur sort un périodique en 1973, flairant le nouvel esprit d’inquiétude sur les questions environnementales : Le Sauvage.

[52] Christian Delporte, « “N’abîmons pas la planète.” L’environnement à la télévision dans les années 1970 », Vingtième siècle. Revue d’histoire, n° 113, janvier-mars 2012, p. 55-66. Thibault Le Hégarat, « La France défigurée, première émission d’écologie à la télévision », Le Temps des Médias, 2015/2, n° 25, p. 200-213.

Stéphane Frioux

Stéphane Frioux est maître de conférences en histoire contemporaine à l’université Lyon 2 et chercheur au LARHRA (UMR CNRS 5190). Il travaille sur l’histoire urbaine, l’histoire environnementale et celle de la santé, de la fin du XIXe à la fin du XXe siècle, en croisant ces approches sur des objets comme l’hygiène publique, les mobilisations citoyennes et la lutte contre les pollutions. Il a dirigé l’ANR TRANSENVIR et l’ouvrage qui en est issu, Une France en transition ? Horizon, risques environnementaux et horizon écologique dans le second XXe siècle (Ceyzérieu, Champ Vallon, 2021). Il a coordonné avec Renaud Bécot et Anne Marchand, le dossier « Sur les traces de la santé environnementale » (Écologie & Politique, n° 58, 2019/1) et dirigé la section « Mobilisations pour l’environnement après 1968 » (Le Mouvement social, n° 262, 2018).

Mots clefs : sources imprimées ; littérature d’alerte ; tournant environnemental ; années 1970 ; printed sources; environmental literature; environmental turn; 1970s.

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