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Mr Jones au pays des Soviets

À propos de L’Ombre de Staline réalisé par Agnieszka Holland (2019)

Films | 07.09.2020 | Rachel Mazuy
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L’Ombre de Staline de la réalisatrice polonaise Agnieszka Holland (née en 1948) met en images plusieurs faits historiques irréfutables[1]. Le film nous plonge au cœur de l’atroce famine qui touche en particulier l’Ukraine entre 1931 et 1933[2]. Cette famine, née de la collectivisation forcée des terres paysannes, conduit à la dékoulakisation et aux réquisitions de la production agricole pour financer l’industrie des premiers plans quinquennaux. Elle se traduit aussi par des résistances paysannes qui se soldent notamment par la destruction du bétail en particulier dans les « greniers à blé » de la Russie occidentale.

Cette réalité dramatique illustre aussi l’état désastreux de l’économie soviétique à la fin des années 1920, à rebours de la propagande selon laquelle le pays échapperait à la crise de 1929 et à la dépression qui a suivi. Cette démonstration économique est au cœur de la quête du journaliste Gareth Jones, le héros du film : comprendre pourquoi les statistiques du régime ne collent pas ! Ainsi se construit la trame narrative de ce film qui est aussi une sorte de biopic[3] autour de ce jeune Gallois mort tragiquement quelques années après.

Mais L’Ombre de Staline est également une réflexion sur la manipulation de l’information. Le film montre que le pouvoir soviétique a élaboré une propagande s’appuyant notamment sur des journalistes occidentaux influencés, voire « inféodés » au régime, dont le personnage de l’Américain Walter Duranty (1884-1957) est un archétype[4]. Sophie Cœuré a mis en évidence, pour la France, ces réseaux d’influence qui suscitent dès le début des années 1920 des articles favorables à l’URSS dans la presse non communiste[5]. Dans L’Ombre de Staline, ce sont surtout les journaux américains comme le New York Times, auquel collabore Duranty, qui incarnent la manipulation de la presse occidentale.

Agnieszka Holland filme cette tragédie dans des tons gris, blancs et bruns (le ciel, les villes, la neige, la terre), à peine ponctués de quelques touches de rouge pour les drapeaux ou les étoiles des uniformes. De fait, ce sombre tableau aurait pu être encore plus noir en montrant les « villages Potemkine » que le gouvernement soviétique utilise par exemple lors de la visite d’Édouard Herriot[6], qui ne vit rien de la famine en Ukraine[7]. La réalisatrice ne soutient pas non plus explicitement l’idée d’un « Holodomor[8] » visant spécifiquement les Ukrainiens en tant que peuple, même si la tonalité du film peut le laisser sous-entendre.

L’Ombre de Staline s’inscrit en effet dans une réflexion contemporaine sur le pouvoir des « fake news » et le rôle des « lanceurs d’alerte ». Les quelques séquences intégrées dans le récit qui font intervenir la figure de George Orwell écrivant La Ferme des animaux[9], accentuent encore cette dimension du film. D’une facture narrative classique (on suit le héros depuis son départ d’Angleterre vers l’URSS, jusqu’à son retour, avec une conclusion écrite sur sa fin tragique), le long métrage utilise les ressorts narratifs du film d’aventure, et presque du thriller. Ce ne saurait donc être un documentaire.

Certains des épisodes relatés sont de fait erronés. Le film n’a pu être tourné en Russie. La Pologne, et principalement Cracovie, ont remplacé la Russie et Moscou. On ne peut donc évidemment pas reconnaître l’hôtel Métropole (dont la rénovation clinquante, dans les années 1990, n’aurait pas rendu les choses plus véridiques), le central téléphonique de la rue Gorki (aujourd’hui Tverskaya), ou l’immeuble de la Maison d’édition de la Pravda (d’ailleurs en fait achevé en 1935). Si le film est bien tourné en partie en Ukraine (à Kharkov en particulier), le Pays de Galles et Londres ont été remplacés par l’Écosse (Édimbourg pour Londres) et, bien entendu, aucune scène n’a été tournée dans le Donbass.

On peut aussi facilement jouer au « jeu des sept erreurs » en montrant que la réalisatrice a déformé certains faits pour façonner une démonstration visant à faire de son héros un homme seul contre tous, victime d’un pouvoir totalitaire avec la complicité des Occidentaux…

Ainsi, Gareth Jones, s’il est bien russophone, est censé n’avoir jamais visité l’URSS et ne connaître le pays que par ce qu’il a lu dans des ouvrages ou dans la presse soviétique et occidentale. Le personnage est également présenté comme plutôt favorable au régime soviétique au départ. Or, ce jeune libéral britannique en est déjà, en 1933, à son troisième voyage au pays des Soviets. Il a d’abord découvert l’Ukraine à travers les récits de sa mère qui avait servi, avant la Révolution, en tant que préceptrice des enfants de Arthur Hughes, le fils de l’homme d’affaires gallois John Hughes, fondateur de la ville de Yuzovka, dans l’oblast de Donetsk[10]. Ce passé familial l’a poussé à apprendre le russe à Cambridge (diplômé en 1929). Il entre ensuite au service de l’ancien Premier ministre libéral Lloyd George comme conseiller en politique étrangère et se rend pour la première fois dans le Donbass en 1930. Ce voyage donnera lieu à ses premiers articles dans le Times et dans le Western Mail, un quotidien de Cardiff[11]. Il y retourne une seconde fois, en 1931, pour le compte de celui que l’on peut considérer comme le père des relations publiques, l’Américain Ivy Lee. Il en résulte la publication d’un livre anonyme dans lequel il évoque déjà les débuts de la famine liée à la collectivisation. Gareth Jones effectue donc un troisième voyage en mars 1933[12].

La réalisatrice fait également de Gareth Jones une victime de la Grande Dépression, qui aurait été licencié par Lloyd George[13]. Or, s’il a bien souffert des effets de la crise, il est licencié non en Angleterre mais aux États-Unis par l’entreprise de relations publiques d’Ivy Lee. Il retourne ensuite auprès de Lloyd George qu’il aide notamment à rédiger ses Mémoires de guerre, avant de décider de repartir en Ukraine pour vérifier les rumeurs sur la famine. Toutefois l’arrivée au pouvoir de Hitler l’incite à partir d’abord en Allemagne où il se rend célèbre en parvenant à interroger le führer (dont il a pris l’avion privé) et Goebbels[14].

À Moscou, Gareth Jones côtoie notamment le correspondant du Manchester Guardian[15], Malcolm Muggeridge (1903-1990). Dans L’Ombre de Staline, Agniezka Holland confond les deux journalistes dans plusieurs séquences, faisant de Muggeridge un poltron, confiné à Moscou par le régime, comme les autres correspondants de presse[16]. Or, c’est Muggeridge et non Jones qui était attiré par le communisme, s’installant en URSS en 1932. De plus en plus déçu par le régime, Muggeridge précède en fait Jones en Ukraine où il part enquêter sur la famine pour recueillir des témoignages sans l’accord des autorités soviétiques. C’est aussi lui, et non Jones, qui se heurte à des difficultés pour faire publier les articles qu’il envoie par la valise diplomatique au Manchester Guardian (le quotidien est en effet plutôt favorable au régime soviétique à l’époque). Ces trois articles, non signés, ne seront publiés que fin mars, radicalement modifiés et relégués dans les dernières pages du journal. Si Jones échappe bien à son encadrement le 7 mars, pour enquêter « librement » sur la famine, le film le fait partir de Moscou dûment accompagné dans un wagon de première classe, d’où il s’échappe dans le froid avec un sac de provisions préparé à l’avance (renfermant du pain, du saucisson et des oranges). Il change de train puis risque sa vie en traversant les campagnes ukrainiennes enneigées où il est le témoin de multiples atrocités. Pour mettre en valeur le cannibalisme qui a existé pendant la famine, une séquence du film montre Gareth avec un groupe de petits enfants qui lui font manger leur grand frère. Gareth est ensuite dénoncé et emprisonné en arrivant à Kharkov. Dans la réalité, il circule pendant trois jours à travers les villages affamés. Il est ensuite brièvement arrêté dans un village en chemin pour Kharkov, alors qu’il interrogeait des paysans sur la famine (le film reprend en partie le témoignage de Jones à ce sujet). Mais il est reconduit dans un train pour Moscou par un agent de l’OGPU (Guépéou). Il n’est donc pas emprisonné, même s’il est expulsé d’URSS.

Un autre épisode bien réel est aussi relaté de manière inexacte pour en accentuer le caractère dramatique. Dans une séquence se situant dans le train où il a fait irruption après avoir échappé à la surveillance de son « ange gardien », Gareth Jones se retrouve dans un wagon de troisième classe où s’entassent des gens affamés. Il sort alors candidement (sic !) une orange, en jetant par terre les pelures sur lesquelles les occupants se jettent pour les dévorer. Dans la réalité, cette scène a lieu alors qu’il discutait de la famine avec son accompagnateur officiel. Pour lui prouver que la population souffrait de la faim, Gareth Jones jeta effectivement par terre de la nourriture.

D’autres éléments semblent aussi exagérés, voire faux. La réalisatrice fait de Duranty non seulement un journaliste cynique et à la solde des Soviétiques, mais un débauché recevant nu dans un magnifique appartement lors de fêtes dont l’atmosphère fait davantage penser aux cabarets de l’Allemagne de Weimar qu’aux réceptions offertes par Moscou aux visiteurs étrangers. Agnieszka Holland donne également à voir l’assassinat d’un journaliste étranger, nommé Paul Kleb, qui devait transmettre à Jones des documents compromettants pour le pouvoir. Ce personnage semble purement fictionnel.

La réalisatrice construit un récit où Jones n’arrive pas à publier ses articles à son retour au Royaume-Uni. Il serait alors contraint de revenir dans un Pays de Galles sinistré et de travailler pour le journal local, ayant en quelque sorte ruiné sa prometteuse carrière du fait de son reportage en URSS. Selon le film, c’est en raison d’un chantage au gouvernement britannique orchestré par Litvinov, le Commissaire soviétique aux Affaires étrangères, que Jones n’arrive pas à publier la vérité sur la famine en Ukraine. Agnieszka Holland complique alors sa narration en faisant intervenir le procès des ingénieurs de l’entreprise britannique Metro-Vickers[17]. Dans le film, la vérité que veut dénoncer Gareth Jones est sacrifiée par le gouvernement de Lloyd George (alors que celui-ci n’est en fait plus au pouvoir depuis 1922 !), pour protéger les six ressortissants menacés de morts en URSS. La réalisatrice paraît ainsi dénoncer en filigrane la « realpolitik » de certains gouvernements démocratiques actuels face aux atteintes des droits de l’homme dans les dictatures ou les démocraties illibérales[18]. En fait, Gareth Jones n’a joué a priori aucun rôle dans ce procès, en dehors du fait qu’il avait interrogé Litvinov à ce sujet quand il était à Moscou[19]. Par ailleurs, dans l’affaire Metro-Vickers, la position du gouvernement britannique est au départ celle de la fermeté. Contrairement à ce que prétend le film, le gouvernement britannique réagit à l’emprisonnement des ingénieurs britanniques par un embargo commercial[20].

Toujours dans le film, plusieurs mois après son voyage, le pauvre Gareth Jones qui se bat seul contre tous depuis Cardiff, apprend que le patron de presse américain Hearst vient d’arriver au Pays de Galles. Il va donc le voir pour le convaincre de publier enfin la vérité sur la famine. Or, dès le 29 mars 1933, alors que Gareth Jones est en Allemagne, son premier article est publié dans de nombreux quotidiens britanniques et américains (notamment le New York Evening Post et le Manchester Guardian[21]). S’ensuit une intense polémique dans laquelle Walter Duranty joue un rôle central. Le journaliste américain prétend éhontément, le 31 mars dans le New York Times, que « les Russes ont faim, mais ne souffrent pas de la famine » et que dans son enquête trop rapide, Jones n’a pas bien compris la question. La réalisatrice polonaise omet cependant le fait que le quotidien américain donne le 13 mai un droit de réponse à Jones. Ce dernier peut à nouveau expliquer qu’il s’agissait de son troisième voyage et qu’il a bien constaté l’ampleur de la famine dans vingt villages, non seulement en Ukraine, mais aussi autour de Moscou et dans ce qu’il appelle le district des « terres noires[22] ». Il montre qu’il a tout d’abord réuni des preuves en questionnant des observateurs étrangers, des paysans migrants originaires de plusieurs régions de l’URSS, et des colons d’origine allemande[23].

Le jeune homme continue à publier de nombreux articles dénonçant et expliquant la logique économique de la famine jusqu’en juin 1933, faisant même des tournées de conférences, notamment en France[24]. À ce moment-là, la diplomatie soviétique réagit en lui interdisant de revenir en URSS et en l’accusant d’espionnage (c’est ici qu’intervient en fait le véritable télégramme de Litvinov).

La fin du film pose une dernière question. Gareth Jones, ne pouvant revenir en URSS, va ensuite s’intéresser à l’Asie. Il part à la fin de l’année 1934 pour un tour du monde qui l’amène d’abord au Japon, puis à Beijing. L’intrépide journaliste arrive ensuite en 1935 dans le Nord du Mandchoukouo où s’amassent depuis peu de temps les troupes japonaises. Il est alors la proie de bandits chinois, ex-soldats défaits par les troupes japonaises, qui en dépit de l’envoi d’une rançon et de l’intervention des autorités japonaises, l’assassinent en août 1935[25]. Dans le générique racontant la fin de la vie de Gareth Jones, Agnieszka Holland va beaucoup plus loin en suggérant explicitement qu’il aurait en réalité été victime des services secrets soviétiques infiltrés au Mandchoukouo. Ceux-ci auraient voulu se venger de celui qui a fait éclater la vérité sur la famine en Ukraine. Elle se fonde sans doute sur le fait que, pendant son séjour au Japon, Jones réside sans le savoir chez l’espion soviétique Richard Sorge

Il ne s’agit évidemment pas de nier l’influence qu’ont pu avoir les mensonges de la propagande soviétique sur une partie de la presse ou de l’opinion occidentale. Il faut cependant la relativiser par rapport au tableau qu’en dresse Agnieszka Holland, en replaçant les événements dans le contexte du début des années 1930. Dans un pays comme la France, le Parti communiste n’a obtenu que dix députés en 1932 et la presse et l’opinion restent majoritairement anticommunistes[26]. Cependant, la campagne de presse liée à la famine ne dure pas assez longtemps pour sensibiliser complètement les opinions occidentales face au drame qui se joue en Ukraine ; la France et le Royaume-Uni vont en outre empêcher des discussions sur la famine au sein de la Société des Nations[27].

En dépit de ses approximations et de ses inexactitudes, le film va sans doute permettre de faire mieux connaître au grand public cet épisode dramatique de l’histoire de l’URSS qui a causé davantage de morts que le Goulag. Film de fiction, il s’inscrit cependant dans une vision du régime soviétique qui ne s’embarrasse pas de la complexité des faits. À ce titre, il est sans doute aussi le reflet de la mémoire du communisme dans les trois pays où il a été tourné et produit. Si le projet de la réalisatrice ne saurait se confondre avec la politique identitaire mise en place par le régime polonais[28], sa vision de l’histoire du communisme est bien celle qui domine aujourd’hui en Pologne, et a fortiori en Ukraine occidentale. Et si la coproduction britannique s’explique bien entendu d’abord par l’origine du héros, ce n’est sans doute pas un hasard que le film implique aussi largement un pays dont les relations avec la Russie sont houleuses et complexes depuis plusieurs années[29].

Notes :

[1] Coproduction britannique, polonaise et ukrainienne, le film a aussi bénéficié du soutien de l'Union européenne (Europe Creative Media). Tourné entre février et juillet 2018, il est d'abord montré dans plusieurs festivals, à commencer par celui de Berlin en 2019 (22 février). Il a été primé en particulier en Pologne et en Ukraine. Sa sortie internationale commence par la Pologne en octobre 2019. Il sort en France le 22 juin 2020. Cf. Mr Jones, site imdb.com.

[2] Sept millions de Soviétiques meurent entre l’été 1931 et l’été 1933. Parmi eux, 4 millions des 30 millions d’Ukrainiens périssent, majoritairement entre janvier et juillet 1933. Nicolas Werth (Les grandes famines soviétiques, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? », 2020) peut ainsi écrire qu’ « elle a été intentionnellement aggravée par la volonté inébranlable du groupe dirigeant stalinien de briser, par l’arme de la faim, la résistance particulièrement opiniâtre des paysans ukrainiens à la collectivisation et aux prélèvements démesurés sur les récoltes ».

[3] Le titre original anglais du film est d’ailleurs Mr Jones.

[4] Nicolas Werth, « Le journaliste face à la famine ukrainienne », L’Histoire,‎ avril 2020, p. 95. Certains journalistes américains ont demandé que son prix Pulitzer lui soit retiré.

[5] Sophie Cœuré, La grande lueur à l’Est : les Français et l’Union soviétique, 1917-1939, Paris, Éditions du CNRS, 2017.

[6] Herriot a été président du Conseil du 3 juin au 14 décembre 1932. Il est quasiment reçu comme tel en URSS.

[7] Sophie Cœuré, op. cit., p. 171-183.

[8] Le terme « Holodomor » (голодомо́р en ukrainien) signifie « extermination par la faim » et désigne spécifiquement la famine de 1932-1933 en Ukraine. Si la qualification de génocide est discutée (notamment en France), la dimension nationale de ce « crime de masse » est aujourd’hui indéniable. Pour Nicolas Werth (op. cit. ), « l’analyse de la famine en Ukraine doit impérativement prendre en compte le "facteur national" et ne peut être dissociée de la lutte menée au même moment, par le pouvoir stalinien, contre le "nationalisme ukrainien". »

[9] Des extraits du texte publié en 1945 sont cités en voix off. Le lieu où écrit Orwell semble par ailleurs se confondre avec la maison au milieu des champs de blé en Ukraine où a vécu la mère de Gareth Jones. Agniezka Holland renforce aussi le parallèle en filmant une scène (fictive ?) où Gareth Jones rencontre un George Orwell encore fasciné par le communisme. 

[10] Avec son usine de tracteurs, cette ville qui s’appelle Stalino de 1924 à 1961 fait partie des circuits « touristiques » dans les années 1930.

[11] C’est aujourd’hui un tabloïd.

[12] Sept références du mot « starve » dans le recueil. Experiences in Russia 1931. A Diary. Consultable sur https://www.garethjones.org/soviet_articles/Experiences_in_russia_1931_days1to13.htm [lien consulté le 25 août 2020].

[13] Dans le film Gareth Jones fait croire aux Soviétiques qu’il est toujours conseiller de Lloyd George pour se faire ouvrir des portes.

[14] Cf. https://www.garethjones.org/overview/mainoverview.htm [lien consulté le 25 août 2020].

[15] Journal de centre gauche, alors plutôt sympathique au pouvoir soviétique, devenu The Guardian.

[16] Selon Nicolas Werth, une note de Staline à Molotov et Kaganovitch de février 1933 demande d’interdire aux correspondants étrangers de voyager dans le pays.

[17] Sur ce procès pour espionnage de six employés de la compagnie britannique Metropolitan-Vickers employés en URSS, et plus largement sur les procès-spectacles en URSS, cf. Anna Shapavalova, « La fabrique d’un mythe fondateur ancré dans l’avenir : la rhétorique interventionniste lors des procès-spectacles en URSS », Encyclo. Revue de l’école doctorale ED 382, Université Sorbonne Paris Cité, 2017. ffhal-01728729v2f

[18] La réalisatrice est l’une des voix les plus critiques en Pologne contre le parti Droit et Justice (PiS). cf. Isabelle Mandraud (propos recueillis par), « Agnieszka Holland : "C’est peut-être la dernière chance pour la démocratie polonaise avant longtemps" », Le Monde, 27 juin 2020.

[20] Dans le film, la réalisatrice se fonde sur les conséquences de la Grande Dépression pour justifier le fait que le chantage soviétique aurait fonctionné. Si l’exportation de céréales vers l’étranger en pleine famine qu’elle souligne est réelle, on peut en revanche remettre en cause l’importance de l’URSS dans la balance commerciale britannique de l’époque. 

[21] Pour un extrait de l’article en question : https://www.garethjones.org/overview/mainoverview.htm [lien consulté le 25 août 2020].

[22] On peut penser qu’il s’agit de la région du « Centre-Terres noires » (comprenant les districts de Lipetsk, Belgorod, Voronej, Tambov et Koursk).

[23] Gareth Jones était diplômé en russe, français et allemand.

[24] Cf. sur le The Chicago Tribune and The Daily News, 20 juillet 1933. Conférence à l’Église américaine de Paris pour l’Anglo-American Press Association

[25] Cette affaire est largement suivie par la presse française, y compris par le journal communiste L’Humanité. L’enquête britannique officielle (les rumeurs mettant en cause le pouvoir japonais, ou le refus de payer la rançon) qui en résulte conclut à un affreux concours de circonstances. 

[26] Sur le « complot bolcheviste » dans la presse française, cf. Frédéric Monier, Le complot dans la République. Stratégies du secret de Boulanger à la Cagoule, Paris, Éd. La Découverte, 1998. Nous avons repéré plus de 150 articles consacrés à Gareth Jones dans la presse numérisée sur Retronews. Si la majorité d’entre eux relatent en fait le dernier épisode de sa vie, une succession d’articles mentionnant la famine en Ukraine paraissent entre le 1er avril 1933 (Le Quotidien) et le 6 novembre. La majorité paraît en juillet : L’Homme libre, 22 juillet 1933 (La Russie vue par Gareth Jones), L’Écho de Paris, 23 juillet 1933 (qui reprend l’article précédent), La Liberté (23 juillet, “La misère en URSS. Le témoignage d’un voyageur anglais”), Le Figaro (15 septembre 1933), Le Journal des débats (6 novembre 1933, qui évoque une mortalité qui a triplé en Ukraine), ou le Chicago Tribune and The Daily News.

[27] En France, le voyage d’Herriot va d’ailleurs amorcer un retour en arrière, alors que les Italiens et les Allemands, bien informés par leur consul en poste notamment à Kharkov ne vont pas utiliser ces informations contre l’URSS. Cf. Nicolas Werth, op. cit.

[28] Frédéric Zalewski, « Le PiS, ou l’invention de la mémoire identitaire », Revue d’études comparatives Est-Ouest, 2020/1 (n° 1), p. 7-26. DOI : 10.3917/receo1.511.0007. URL : https://www.cairn.info/revue-revue-d-etudes-comparatives-est-ouest-2020-1-page-7.htm [lien consulté le 25 août 2020].

[29] On pense notamment à l’affaire Litvinenko (empoisonnement mortel au plutonium d’un ancien agent russe en 2006 se traduisant par une enquête publique qui conclut le 21 janvier 2016 à la responsabilité de l’État russe dans le meurtre de Litvinenko qui aurait été « probablement approuvé » par Vladimir Poutine) ou plus récemment, à l’empoisonnement de l’ex-officier de la direction générale des renseignements (GRU) de l'État-Major des Forces Armées de la Fédération de Russie, Sergueï Skripal, et de sa fille, en 2018, qui se traduit par une accusation de la Russie pour tentative de meurtre et des sanctions diplomatiques, comme l’expulsion de nombreux diplomates russes du Royaume-Uni.

Rachel Mazuy

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