Histoire@Politique : Politique, culture et société

Le dossier

Nazisme et serment de fidélité

Coordination : Marie-Bénédicte Vincent

La fidélité des soldats de la Wehrmacht à Hitler à travers leur correspondance

Marie Moutier
Résumé :

« Soyons braves comme le souhaite notre Führer. » Voici ce qu’écrivait H.D. à son amie en septembre 1939. Les correspondances des soldats de la Wehrmacht nous ouvrent des perspectives de (...)

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Chaque soldat de la Wehrmacht prête serment de s’engager devant Dieu à obéir de manière inconditionnelle à Hitler, « Führer du Reich et du peuple allemand », et d’honorer ce serment par sa vie. Combat-il au nom de la fidélité à l’endroit de Hitler ? Le texte du serment est formel : la loyauté allait à Hitler, et non à l’Allemagne ou au peuple allemand. Qu’en est-il cependant des convictions profondes des soldats ? Comment perçoivent-ils la figure hitlérienne ? Un élément de réponse peut être fourni par les lettres rédigées par les combattants, qui constituent une porte d’entrée dans leur intimité.

La correspondance des soldats de la Wehrmacht compte en effet parmi les sources dont les historiens disposent pour étudier l’adhésion des Allemands à Hitler et plus spécifiquement la fidélité à son égard. Ce corpus pose de nombreux questionnements : est-il un miroir des états d’âmes du soldat ou un reflet de la propagande nazie ? Ces lettres ne sont pas des journaux intimes, dans lesquels l’auteur peut épancher ses émotions et coucher ses réflexions sans crainte d’être jugé, donc dans une certaine sincérité. Elles ont un destinataire, qui joue un rôle capital dans la rédaction, les thèmes abordés, le ton employé, la mise en scène de soi. Par ailleurs, elles ont un second lectorat : la censure. Celle-ci ne peut lire l’ensemble des millions de missives, qui sont échangées entre le front et l’arrière, mais son existence même peut pousser le soldat à s’autocensurer. C’est pour ces raisons que le choix des mots employés et les silences sont fondamentaux. D’autre part, les lettres doivent s’appréhender en tenant compte de la temporalité des événements militaires, de la géographie et de l’histoire personnelle du destinateur (âge, grade, situation socioprofessionnelle). Un soldat basé en France en 1942 ne tient pas le même discours qu’un combattant sur le front russe à la même date. Toutes ces raisons impliquent de grandes précautions quant à l’analyse de ce matériau[1].

Environ 120 000 lettres de soldats allemands ont été remises au musée de la Communication de Berlin, où se trouvent les archives de la Feldpost[2]. Des millions de lettres et de colis ont été échangés entre les combattants et l’arrière. Des centaines de correspondances ont été récupérées par le musée, souvent à l’initiative des familles des soldats, des enfants ou des petits-enfants. Parfois, la correspondance comporte les lettres du soldat et de la famille mais, la plupart du temps, seules les missives des soldats nous sont parvenues. Ce corpus massif offre de nouvelles pistes de réflexions quant à la représentation personnelle de chaque soldat, la vision qu’il a de sa position au sein de la guerre, de l’armée, du groupe, de son rôle plus intime en tant que fils ou père de famille, à travers les éléments que souligne le discours, ou à travers les silences. L’usage de ce corpus par les historiens est de plus en plus fréquent. Omer Bartov a largement utilisé les lettres de soldats de la Wehrmacht pour son ouvrage L’Armée d’Hitler[3]. Klaus Latzel a également questionné l’usage du matériel de la Feldpost[4] et Klara Löffler a souligné l’importance de l’étude de l’expérience individuelle de l’histoire à travers les lettres en temps de guerre[5]. Plus récemment, l’historien britannique Nicholas Stargardt a fait abondamment référence aux missives et papiers personnels des Allemands ordinaires plongés dans la guerre[6]. Des extraits de correspondances ont été publiés en Allemagne ainsi qu’en France[7]. Cependant, cette source propose encore de nouvelles pistes de réflexions peu explorées. La fidélité des soldats de la Wehrmacht à Hitler à travers leurs correspondances est l’une d’elles.

Dans le cadre d’un séjour aux archives de la Feldpost, nous avons sélectionné environ 3 000 lettres, choisies pour la diversité des fronts, des destinateurs, des dates, des opinions, en vue de la publication d’un recueil. Ces 3 000 lettres ont été choisies à partir du registre tenu par les archives. Nous avons tout d’abord retenu les lettres en fonction de leur nombre par auteur : plus nous disposons de lettres d’un auteur, plus il est possible de dégager une évolution, une personnalité et plus il est simple de connaître les enjeux des lettres – situation personnelle et familiale notamment. Ensuite, nous avons privilégié la diversité des fronts, pour multiplier les expériences, même s’il a semblé logique de retenir davantage de lettres du front de l’Est, là où la majorité des soldats de la Wehrmacht ont été engagés. Toujours dans ce souci de présenter un panel diversifié, nous avons porté notre attention aux destinataires – parents, épouse, enfants, amis.

À la lecture de ce corpus, nous avons été d’abord surprise par la relative absence de Hitler. Il est vrai que la majorité des 3 000 lettres abordent davantage la vie quotidienne du soldat que la politique : la nourriture, les manœuvres militaires et les disfonctionnements du courrier. Nous avons effectué dans ce corpus une recherche par mots-clefs : « Hitler », « Führer », « Adolf ». Il nous est apparu dès lors que la personne de Hitler n’était pas centrale dans les lettres des soldats. Cette absence pose question, dans la mesure où le déroulement de la guerre, les analyses géopolitiques ont la part belle dans une large majorité d’échanges. La censure ne peut expliquer ce fait à elle seule. Par ailleurs, l’idéologie nazie est clairement identifiable dans les propos tenus ; par exemple, la Russie bolchevique est appréhendée avec la grille de lecture hitlérienne. Mais de Hitler lui-même, peu de choses sont dites. À travers l’échantillon sélectionné, nous verrons qui parle de Hitler et comment ; puis nous tenterons de comprendre vers où se porte la fidélité, l’allégeance des soldats telles qu’ils l’énoncent dans leurs lettres.

Seize correspondances ont été retenues ici : celles qui disposaient de plus d’une occurrence à Hitler, afin de dégager une évolution sur la durée. C’est ainsi que nous n’avons pas pris en compte les lettres orphelines. Parmi l’échantillon dégagé, nous disposons des échanges de deux couples, comprenant les lettres des épouses. Karl et Hilde K., habitants de Detmold (aujourd’hui en Rhénanie-du-Nord-Westphalie), sont tous deux titulaires d’un doctorat d’histoire. Karl K., né en 1907, brigue des postes dans l’enseignement et adhère à diverses organisations nazies : la SA en 1933, le NS-Lehrerbund en 1935 et le NSDAP en 1937[8]. Ils ont trois enfants, nés entre 1937 et 1940. Karl K. est mobilisé comme opérateur-radio dans une unité de la Luftwaffe le 15 septembre 1940. L’autre couple, Kurt et Johanna S., originaire de Serba (en Thuringe), est d’extraction sociale plus modeste. Kurt S., né en 1907, est conducteur d’attelage dans une scierie avant la guerre. Il est mobilisé au sein du 643e Landsschützen-Bataillon et basé en Pologne en 1941. Quant aux autres correspondances, nous ne disposons que des lettres des soldats. Les seize soldats sont nés entre 1906 et 1925. Ils ont exercé des professions fort diverses avant leur mobilisation : tapissier, architecte, agriculteur, employé de commerce… Deux sont soldats de métier. Leur année de mobilisation varie de 1939 à 1942. Le principal point commun entre eux est une forte adhésion au régime nazi, qu’on discerne à la lecture de l’ensemble de leurs lettres.

À partir de cet échantillon de seize correspondances, trois phases ont pu être dégagées en fonction des occurrences désignant Hitler. Une première, couvrant le début de la guerre, de 1939 à 1941, où celui-ci apparaît dans sa fonction de chef victorieux pour lequel on est fier de se battre. Hitler personnifie la patrie, le peuple allemand et le foyer pour lequel on se bat. Dans les années 1942-1943, Hitler demeure, dans les correspondances des soldats avec leurs proches, un lien ténu entre le front et l’arrière, il continue à unifier le peuple allemand dans le conflit. Mais c’est aussi le temps des voix dissonantes qui le tournent en dérision à mesure que les conditions de guerre se détériorent. La foi des premières années laisse place aux doutes. Dans la dernière phase, de 1943 à 1945, dans le tourbillon des défaites successives, le noyau Hitler-patrie-famille se délite au profit des deux derniers, voire de la seule famille.

Hitler, le peuple allemand et la famille (1939-1941)

De l’invasion de la Pologne le 1er septembre 1939 jusqu’à l’été 1941, la Wehrmacht, conduite par Hitler, commandant en chef des forces armées, multiplie les victoires. Elle écrase en quelques semaines l’armée polonaise et fait plier la France. Seule l’Angleterre poursuit la guerre avec acharnement. Hitler est abordé dans le corpus de lettres comme l’architecte de la victoire, guide du peuple allemand, trait d’union entre les soldats du front et les civils de l’arrière.

« Soyons braves comme le souhaite notre Führer, aimons notre peuple et notre patrie comme lui, et marchons vers la victoire, et donc vers ton bonheur et le mien[9]. » Ainsi écrit H. D. à son amie le 31 décembre 1939, depuis les positions de son unité d’artillerie, dans la Sarre, non loin de la frontière française. La Saint-Sylvestre est l’occasion pour lui d’échanger des vœux avec l’arrière, dans une atmosphère de grande nostalgie du foyer. Dans la phrase citée, cet homme de 28 ans, diplômé en droit et fonctionnaire, érige Adolf Hitler en véritable guide, en modèle à suivre, garant de la victoire de l’Allemagne et du bonheur individuel, aussi bien des soldats que de leur famille.

Les échanges entre les époux Karl et Hilde K. sont remarquables, car on peut mesurer à quel point la personne de Hitler a investi le foyer et tisse un lien entre le mari et la femme séparés par la guerre. Le 30 janvier 1941, Karl K. écrit à sa femme : « Que penses-tu du discours d’Adolf ? J’ai rarement entendu autant d’ironie mordante, d’humour et de satire. » Le lendemain, son épouse, sans avoir reçu la lettre de son mari, le questionne de même : « Que dis-tu du discours de Hitler ? La guerre sera certainement finie cette année ! Peut-être serons-nous réunis à Noël. » Écouter et commenter les discours de Hitler est le seul point commun des époux dans leur quotidien, Hilde K. à la maison, Karl K. à l’armée. Néanmoins, les appréciations des deux époux divergent. Le 4 mai 1941, Karl K. reconnaît une fois encore le style employé par Hitler comme « un discours fabuleux », « un de ses meilleurs », tandis que, trois jours plus tard, sa femme en déplore discrètement le contenu : « Ainsi il y aura encore la guerre l’année prochaine ! (…) Doux seigneur, quelle époque. Moi aussi j’ai trouvé le discours de Hitler énorme. Mais il va encore s’en passer du temps avant que ne se dressent la nouvelle Europe et le nouveau monde[10]. » Parfois désigné par son simple prénom, Hitler devient dans les lettres échangées comme un membre de la famille, il entre ainsi dans l’intimité des époux.

Au-delà des familles, ce sont tous les Allemands qui sont reliés entre eux par la figure de Hitler. Dans les lettres, celle-ci se confond avec celle de l’Allemagne, de la patrie. Willi B., jeune homme de 23 ans voulant faire carrière dans l’armée, écrit le 9 février 1940, alors qu’il se trouve dans la vallée de la Moselle : « Espérons que la victoire définitive sur les Français et les Anglais ne se fasse pas trop attendre. On ne reculera devant aucun sacrifice, même les plus difficiles, pour concourir à la victoire du Führer et du peuple allemand[11]. »

Le 22 juin 1941, lorsque les 159 divisions se déploient sur le territoire soviétique, de la Baltique à la mer Noire, l’assurance et la confiance règnent au sein des troupes. Le soldat Kurt S., à l’instar d’autres soldats du corpus, rapporte ses premières impressions de l’Est dans une lettre du 4 septembre 1941, alors qu’il est en poste à Siedlce, en Pologne : « Quelle veine d’avoir le Führer ! Faut voir dans quel état se trouve la Pologne ! Nous étions en ville aujourd’hui. Notre aviation a réduit les rues en cendres. Ces fainéants de Polonais ne les ont pas encore déblayées. Les Juifs s’entassent dans un quartier entouré de fil de fer barbelé[12]. » Ces descriptions circulent ensuite à l’arrière, dans les familles, et exercent ainsi leur rôle de vecteurs de propagande. L’officier Manfred von P., membre de l’état-major de la 71e division d’infanterie de la 6e Armée, après avoir vu les cadavres extraits des prisons du NKVD à Lvov, écrit à sa femme le 30 juin 1941 : « Ici il n’y a plus de compromis, ici nous serons les terribles soldats d’Adolf Hitler qui conduirons la culture européenne vers un nouveau fleurissement, ou bien nous l’entraînerons dans l’abîme de l’anéantissement total[13]. »

L’idée de sacrifice sur l’autel de la guerre est une idée récurrente dans les lettres, déjà présente dès les deux premières années de la guerre, comme le souligne Hans S. à sa mère le 18 mars 1941 :

« Il est beau de mourir quand on sait que le sacrifice, le plus grand qu’on puisse donner, n’est pas vain. La guerre avec nos drapeaux. Cela nous anime ces derniers jours. La mort ou la victoire. On a souvent pensé aux derniers moments des camarades. Combien j’en ai vu lutter avec la mort… Très peu en réchappent. Ah, ne sois pas effrayée, chère maman. Il faut tout de même y songer. On ne peut arriver à rien sans pertes. (…) J’ai vu de mes yeux la bravoure et l’héroïsme de nombreux camarades qui, dans leur agonie, parlaient encore de l’Allemagne et, quand le cœur se taisait, leurs yeux s’éclairaient une dernière fois et voyaient la victoire[14]. »

Le sacrifice est ici révélateur du serment profond de fidélité que certains soldats scellent envers l’Allemagne et son chef.

Des voix dissonantes (1942-1943)

En dépit des promesses de Hitler, la guerre à l’Est dure plus longtemps que les six semaines prévues. Rapidement le froid s’installe ; dès l’automne, on se met à craindre les rudesses de l’hiver. Le front se stabilise en décembre 1941. De la période d’enlisement de l’hiver 1941-1942 à la défaite de Stalingrad en février 1943, les conditions climatiques épouvantables, la violence omniprésente, l’incertitude des combats provoquent des dissonances dans les lettres écrites des soldats. Sur le front de l’Est, l’enthousiasme se fait plus rare et laisse souvent la place à une résignation – que l’on tempère parfois pour ne pas alerter les proches.

Parmi les nouveaux mobilisés, certains abordent la guerre avec candeur et sens du devoir, comme Manfred H., ayant intégré le Grenadierregiment 912 en mai 1943. Agé de seulement 18 ans, il joint à une lettre à ses parents, rédigée le 12 novembre 1943 à Cholm, « les devoirs du soldat allemand. Chacun doit les connaître par cœur et les porter dans la poche de poitrine[15] ». La confiance portée à Hitler par Rudolf O., jeune agriculteur né en 1920, n’est pas altérée malgré les lourdes difficultés qu’il rencontre à Stalingrad. Le 16 décembre 1942, il écrit à son frère : « Par chance, le Führer nous a donné l’ordre de maintenir la ville et les positions jusqu’au dernier [homme][16]. » On remarque dans d’autres courriers de Rudolf O. un sens aigu du sacrifice, étroitement lié à l’expérience de ses pères lors de la Première Guerre mondiale. Rudolf O. s’adresse à son père en ces termes le 22 décembre 1942, toujours à Stalingrad : « Toi, cher père, ainsi que Georges, vous avez certainement vécu de mauvais jours comme nous à présent…[17] » La fidélité au peuple allemand se traduit chez certains par une sorte de pacte entre les générations, dont Hitler assure le lien. Helmut S., un autre jeune soldat né en 1920, membre de la SA, reçoit un courrier enflammé de son père, l’exhortant à tenir bon :

« Même à la radio, nous avons entendu une voix de la presse ennemie qui présentait Adolf Hitler comme le plus grand et le plus accompli organisateur/stratège de tous les temps. Si même nos ennemis le disent, alors nous ne devons pas avoir peur de la victoire finale. Nous, Allemands, nous portons cette croyance indéfectible et indomptable que la victoire finale sera nôtre. Cette croyance ne m’a jamais quitté et ne devrait jamais quitter les bons Allemands. La Première Guerre mondiale n’aurait pas été perdue pour nous si les rats n’avaient pas semé leurs graines dans la patrie[18]. »

On constate ici que les lettres comme vecteurs de propagande fonctionnent de l’arrière vers le front et inversement. On peut même observer un mécanisme de vases communicants : au début de la guerre, il revient aux soldats de justifier leur présence, de consoler l’arrière de leur départ ; par la suite, la famille lutte contre le découragement du combattant las.

Alors que la guerre s’éternise, Hitler demeure en un sens la figure reliant les familles et les soldats lors d’un rituel un peu particulier : l’allocution radiophonique. C’est un moment privilégié où civils et militaires, dans le Reich comme au front, arrêtent leurs activités et écoutent les propos du « Führer », un rendez-vous aux allures messianiques. C’est l’une des rares expériences communes entre les soldats et l’arrière. Theodor K. confie à ses parents, le 1er octobre 1942 : « Hier soir, nous avons écouté le discours du Führer dans un bunker creusé dans la terre. J’ai souvent pensé à vous, quand vous êtes installés à Sessel, Père avec son éternelle pipe à la bouche, écoutant le discours[19]. » Par un concours de circonstances, Adalbert H. ne peut écouter le discours le 26 avril 1942 : « Cet après-midi, le Führer parle et il y a une diffusion collective pour la compagnie. Il n’y a que moi qui en aie été exclu. Tu peux imaginer comme ça m’a fait souffrir. Tu sais que, dans ces heures qui appartiennent aux plus belles de la nation, je ne m’éloigne pas de la radio[20]. »

La rigueur de l’hiver 1941-1942, la perspective d’une guerre longue et âpre, le spectre de la défaite napoléonienne en Russie assombrissent l’humeur des soldats et la grogne commence à se faire de plus en plus présente dans les lettres. Les victoires d’hier sont loin désormais. Paul S., né en 1910, sous-officier d’un bataillon de Landesschützen, se trouve en Russie par moins 35°C lorsqu’il rédige une lettre à sa famille, le 12 janvier 1942 :

« Ainsi va la vie, c’est la guerre. Geler et avoir faim, et pas de permission, et Adolf qui dit dans son discours que personne ne doit avoir faim et que personne ne doit avoir froid. Eh bien c’est la grosse merde avec le ravitaillement. (…) Il y a 1 200 g. de pain par jour pour 5 hommes, naturellement personne ne pourrait être repus et content avec ça. On aurait vraiment mérité d’être relayés mais les difficultés doivent être particulièrement importantes[21]. »

Les conditions difficiles dans lesquelles se trouvent les soldats allemands sur le front de l’Est accentuent la fracture entre le front et l’arrière, entre Hitler et ses hommes sur le terrain.

H. D., qui avait exprimé son obéissance à Hitler dans sa lettre du 31 décembre 1939, rédige une toute autre lettre à l’occasion du 31 décembre 1942, depuis le front de l’Est. Les discours radiophoniques de la fin d’année et les espérances de l’année à venir sont l’occasion de faire le point sur la situation de la guerre. Sa correspondante est devenue son épouse et ils viennent d’avoir un enfant. En trois ans, le ton a changé. Le « nous » collectif se fond dans l’individualité du jeune couple, et les mentions du « Führer », du « peuple » et de la « patrie » ont disparu. « Croyons dur comme fer en notre étoile qui nous a si bien conduits jusqu’à présent, continuons à construire notre bonheur, à le maintenir et à lui forcer la main[22]. » L’issue de la guerre ne dépend plus d’un homme, mais du destin. Le mois suivant, H.D. est porté disparu à Stalingrad.

Otto M., père de famille de 36 ans, catholique, agriculteur dans la vie civile, se livre complètement dans une lettre à sa famille, qui lui parvient par un camarade et non par la poste. Voici ce qu’il lui écrit le 3 septembre 1943, sur la ligne Orcha-Kritchev-Roslavl :

« Je peux écrire ce que je veux dans cette lettre car elle ne sera pas lue par la censure. (…) À présent, Himmler est ministre de l’Intérieur, il marche sur des cadavres, comme la guerre ne va pas assez vite, on se bat encore alors que tout est déjà un champ de ruines. Je veux seulement vous prévenir, soyez prudents avec ce que vous dites, car ils ne connaissent aucune pitié, pensez toujours à qui vous avez devant vous. Il ne faut jamais trop montrer ce qu’on pense à l’intérieur, et évitez ceux qui disent encore aujourd’hui que la guerre est à notre avantage. Je veux vous donner les meilleurs conseils pour qu’il ne vous arrive aucun ennui (…) Si cette lettre est lue, je suis bon pour la balle dans la nuque[23]. »

Après les défaites de Stalingrad et de Koursk, la situation sur le front de l’Est laisse présager le pire pour la Wehrmacht.

Vaincre ou mourir… pour qui ? 1944-1945

Les deux dernières années de la guerre sont décrites de manière très variée dans les courriers des soldats du corpus. C’est peut-être lors des derniers mois de combat qu’on peut lire des opinions très diverses à l’égard de Hitler et de l’armée. Cette pluralité peut s’expliquer par plusieurs facteurs. Tout d’abord, la retraite de l’Est se déroule de manière très mouvementée ; les informations circulent très mal et laissent souvent la place à des rumeurs plus ou moins extravagantes. De plus, la situation militaire dépeinte dans les lettres dépend des convictions politiques des soldats et les nazis les plus fanatiques continuent à croire en la victoire finale de l’Allemagne, alors que tout semble perdu. Plus que jamais, les soldats remettent leur destin entre les mains de Hitler. Adolf D., commerçant dans le civil, né en 1909, décrit à sa femme Mariluise la Saint-Sylvestre 1944 :

« Je n’ai jamais vécu une Saint-Sylvestre pareille. Tout le monde était regroupé autour de la radio et attendait le discours du Führer. (…) Visages fermés, dans l’attente des mots du Führer. La bouteille de Nordhäuser ne se vidait pas. À la fin du discours, chacun s’est couché avec la conscience qu’il devra sous peu donner de soi pour la grandeur et l’existence de l’Allemagne. Il régnait une ambiance sacrée et grave après les mots du Führer. Ils sont tombés avec fracas sur le sol. Nous combattons pour nos proches à la maison, tel était le mot d’ordre[24]. »

Tout comme Adolf D., Alfred L., membre du parti nazi, partage avec sa femme le sacrifice qu’il est prêt à accomplir, en soulignant que Hitler risque lui-même sa vie – sa lettre fait suite à l’attentat du 22 juillet 1944 :

« Celui qui n’est pas idiot doit reconnaître la vocation fatidique du Führer, qui est toujours en vie en dépit des attentats répétés et meurtriers à près de 100 %. Rien n’a lieu en vain, ce n’est pas toujours le fait du hasard. J’étais aux prises avec moi-même ces derniers jours, à savoir si moi, en tant que nazi actif, je ne devais pas me présenter à la Waffen-SS, tu sais, le combat y est très dur mais pur politiquement. Même le Führerkorps est mieux trié sur le volé, car ici ça dépend. Dans ce dernier combat décisif, il en va de la plus haute valeur morale et völkisch du peuple. Mais personne ne veut risquer finalement sa vie. Mais cela ne se passe pas comme ça dans la SS[25]. »

L’attentat manqué contre Hitler fait ainsi réapparaître le dirigeant du Reich dans les lettres et suscite un regain de sympathie : en attaquant son chef, c’est l’Allemagne qu’on agresse.

Pour de jeunes recrues comme Manfred H., âgé de 18 ans en 1944, Hitler remplit toujours cette fonction de guide, de chef de guerre. Il écrit à ses parents le 28 mai 1944 : « Qu’il serait beau un monde où personne ne connaîtrait la guerre, où chacun accomplirait son travail et où chacun pourrait façonner sa vie comme il l’entend. Mais pour y parvenir, il faut tenir bon et faire confiance au Führer[26]. » Chez les plus fanatiques, les lettres aux proches deviennent des professions de foi à l’adresse de Hitler. Günter W. s’adresse ainsi à sa femme le 24 juillet 1944 :

« En tant qu’Allemand, il faut remercier la providence que cet attentat ait échoué. Je suis convaincu que nous ne nous sommes pas tenus tranquilles en vain quand les bombardiers s’abattaient sur nos villes, que nous n’avons pas versé en vain le sang si précieux dans les zones de combat à l’Est, pas à pas. Nous avons encore des atouts ! Et, au moment voulu, ils auront une grande portée. On peut en être sûr[27]. »

Ces professions de foi se mêlent à des discours quasi religieux. Johannes H., né en 1902 et membre du NSDAP, compare la foi de sa femme en Dieu à sa loyauté vis-à-vis du Reich, dans une lettre du 10 février 1945 :

« En cette période tu as ta foi en Dieu et la bénédiction de ton Église. De mon côté je n’ai pas de croyance ni d’espérances, mais une détermination inflexible à me tenir debout sous le drapeau et à honorer mon serment sans aucun compromis. Cette position est le fruit de mon éducation, de mon instruction dont j’ai bénéficié avant même le 30 janvier 1933. De là vient cette force qui ne me fait pas exploser la tête. Si cette puissance ne se manifeste pas en ces moments d’épreuve c’est que je me serais trompé. Cette attitude n’est pas légère à porter. C’est un combat permanent contre l’égoïsme et la douceur innée, confronté au découragement, à l’incapacité de nombreux hommes de mon entourage, mais mon courage est tiré vers le haut par divers exemples de bravoure qu’on entend ici et là[28]. »

Il ajoute qu’il ne se laissait pas d’autre choix que « la mort ou la Sibérie ».

Les combattants du front de l’Est connaissent le sort que leur réservait la capture par l’Armée rouge, qui découvre progressivement l’ampleur des crimes nazis. Basé en Poméranie en janvier 1945, Ludwig K. confie à sa mère l’angoisse du lendemain :

« Ce n’est pas la peur face au danger de mourir mais simplement le tremblement face à cette énorme et menaçante incertitude. Si on savait quand on allait mourir alors on serait préparé. Mais la possibilité de revenir de cette guerre et de finir sa vie paisiblement à Jüterborg, être prisonnier, blessé aux mains des Russes, végéter pendant les plus belles années de l’existence, et la grande détresse du cœur de ne pas savoir de quoi demain sera fait pour notre peuple, quand arrivera enfin la paix, comment nous allons construire plus tard notre vie[29] ? »

Le soldat Ludwig K. se préoccupe du sort du peuple allemand et des siens, et plus guère de victoire. La perspective d’une défaite façonne de nouvelles préoccupations concernant l’avenir, dont, de toute évidence, Adolf Hitler est absent. N’a-t-il pas failli dans sa tâche de mener le peuple allemand vers la victoire ? Quelques semaines plus tard, la confiance s’étiole. Le 18 juin 1944, le même soldat reconnaît que là où il se trouve – sur le front Sud – « [leur] situation n’est pas jolie[30] ». Dans une lettre du 16 juillet 1944 à ses proches, Manfred H. ne remet plus le destin de la patrie entre les mains de Hitler, mais entre celles de Dieu : « À présent mes chers parents nous voulons espérer que le bon Dieu me protège et me permette de revenir sain et sauf auprès de vous, dans la patrie, notre belle Allemagne[31]. »

Au cours de la guerre, le « nous » collectif et conquérant des victoires du début, englobant l’ensemble du peuple allemand derrière le « Führer » se fracture. Dans le courrier, l’individu émerge de la masse, avec son lot de problèmes quotidiens – le ravitaillement, la lenteur de la poste militaire, la météo – et son souci principal devient progressivement plus le sort de son cercle proche – famille, amis – que le destin du peuple allemand et de son chef. Par exemple, Johanna et Kurt S. échangent 449 lettres entre septembre 1940 et février 1945 : seules une dizaine de références à Hitler ont été relevées, principalement au début et à la fin de la guerre. Néanmoins, il faut nuancer ces silences. Si la figure de Hitler n’est pas centrale dans les correspondances, son idéologie l’est et les lettres regorgent d’interprétations des événements à la lumière des discours nazis.

Pour citer cet article : Marie Moutier-Bitan, « La fidélité des soldats de la Werhmacht à Hitler à travers leur correspondance », Histoire@Politique, n° 40, janvier-avril 2020 [en ligne : histoire-politique.fr]

Notes :

[1] Concernant la problématique de la censure, voir C. Hartmann, J. Hürter, U. Jureit, Verbrechen der Wehrmacht : Bilanz einer Debatte, Hambourg Institut für Sozialforschung, C.H. Beck, 2005, p. 173. Voir également le précieux ouvrage de Martin Humburg, Das Gesicht des Krieges : Feldpostbriefe von Wehrmachtssoldaten aus der Sowjetunion 1941-1944, Opladen/Wiesbaden, Westdeutscher Verlag, 1998, p. 17. Sur l’usage des lettres dans l’analyse historique, voir Elke Scherstjanoi, Rotarmisten schreiben aus Deutschland. Briefe von der Front (1945) und historische Analysen, Munich, Saur, 2004.

[2] Voir les actes de la conférence du 13 au 15 septembre 2010 au Museum für Kommunikation Berlin, Veit Diczuneit, Jens Ebert et Thomas Jander (dir.), « Schreiben im Krieg, Schreiben vom Krieg. Feldpost im Zeitalter der Weltkriege », Essen, Klartext, 2011.

[3] Omer Bartov, Hitler’s Army : Soldiers, Nazis, and War in the Third Reich, Oxford Paperbacks, 1992.

[4] Klaus Latzel, « Feldpostbriefe : Überlegungen zur Aussagekraft einer Quelle », dans Christian Hartmann/ Johannes Hürter/Ulrike Jureit (dir.), Verbrechen der Wehrmacht. Bilanz einer Debatte, Munich, 2005, p. 171-181 ; « Wehrmachtsoldaten zwischen „Normalität“ und NS Ideologie, oder: Was sucht die Forschung in der Feldpost ? », dans Rolf Dieter Müller/Hans Erich Volkmann (dir.), Die Wehrmacht – Mythos und Realität, Munich, 1999, p. 573-588.

[5] Klara Löffler, Aufgehoben : Soldatenbriefe aus dem Zweiten Weltkrieg, Eine Studie zur subjektiven Wirklichkeit des Krieges, Bamberg, Regensburger Verein für Volkskunde, 1992.

[6] Nicholas Stargardt, The German War : A Nation Under Arms, 1939-45, Bodley Head 2015.

[7] Voir Jens Ebert, Thomas Jander (dir.), Endlich wieder Mensch sein. Feldpostbriefe und Gefangenenpost des Deserteurs Hans Stock, 1943-1944, Berlin, Trafo Verlag, 2009 ; Marie Moutier, Lettres de la Wehrmacht, Paris, Perrin, 2014.

[8] Sur les enseignants et les organisations nazies, voir notamment Willi Feiten, Der Nationalsozialistische Lehrerbund. Entwicklung und Organisation. Ein Beitrag zum Aufbau und zur Organisationsstruktur des nationalsozialistischen Herrschaftssystems, Francfort-sur-le-Main, 1981 ; Saskia Müller, Benjamin Ortmeyer, Die ideologische Ausrichtung der Lehrkräfte 1933-1945, Weinheim Basel, Beltz Verlag, 2017.

[9] Museum für Kommunikation Berlin, Fonds 3.2002.0280, Lettre du soldat H.D. à son amie, le 31 décembre 1939.

[10] Museum für Kommunikation Berlin, Fonds 3.2002.861.

[11] Museum für Kommunikation Berlin, Fonds 3.2009.1518, Lettre de Willi B. à son épouse, le 9 février 1940.

[12] Museum für Kommunikation Berlin, Fonds 3.2002.1750, Lettre de Kurt S. à son épouse, le 4 septembre 1941.

[13] Museum für Kommunikation Berlin, Fonds 3.2002.0884, Lettre de Manfred v. P. à son épouse, le 30 juin 1941.

[14] Museum für Kommunikation Berlin, Fonds 3.2002.1288, Lettre de Hans S. à sa mère, le 18 mars 1941.

[15] Museum für Kommunikation Berlin, Fonds 3.2002.0235, Lettre de Manfred H. à ses parents, le 12 novembre 1943.

[16] Museum für Kommunikation Berlin, Fonds 3.2013.2829, Lettre de Rudolf O. à son frère, le 12 décembre 1942.

[17] Museum für Kommunikation Berlin, Fonds 3.2013.2829, Lettre de Rudolf O. à son père, le 22 décembre 1942.

[18] Museum für Kommunikation Berlin, Fonds 3.2002.7595, Lettre du père à Helmut S., le 3 décembre 1942.

[19] Museum für Kommunikation Berlin, Fonds 3.2002.1387, Lettre de Theodor K. à ses parents, le 1er octobre 1942.

[20] Museum für Kommunikation Berlin, Fonds 3.2002.7130, Lettre d’Adalbert H. à son épouse, le 26 mars 1942.

[21] Museum für Kommunikation Berlin, Fonds 3.2002.1317, Lettre de Paul S. à sa famille, le 12 janvier 1942.

[22] Lettre du soldat H.D. à son épouse, le 31 décembre 1942. (3.2002.0280)

[23] Museum für Kommunikation Berlin, Fonds 3.2002.7163, Lettre d’Otto M. à sa famille, le 3 septembre 1943.

[24] Museum für Kommunikation Berlin, Fonds 3.2002.7565, Lettre d’Adolf D. à son épouse, le 1er janvier 1945.

[25] Museum für Kommunikation Berlin, Fonds 3.2002.1288, Lettre d’Alfred L. à son épouse, le 29 août 1944.

[26] Museum für Kommunikation Berlin, Fonds 3.2002.0235, Lettre de Hans S. à ses parents, le 28 mai 1944.

[27] Museum für Kommunikation Berlin, Fonds 3.2002.1357, Lettre de Günter W. à son épouse, le 24 juillet 1944.

[28] Museum für Kommunikation Berlin, Fonds 3.2002.7184, Lettre de Johannes H. à sa mère, le 10 février 1945.

[29] Museum für Kommunikation Berlin, Fonds 3.2002.0822, Lettre de Ludwig K. à sa mère, le 18 mars 1941.

[30] Museum für Kommunikation Berlin, Fonds 3.2002.0235, Lettre de Manfred H. à ses parents, le 18 juin 1944.

[31] Museum für Kommunikation Berlin, Fonds 3.2002.0235, Lettre de Manfred H. à ses parents, le 16 juillet 1944.

Marie Moutier

Marie Moutier-Bitan est doctorante en histoire à l’EHESS (Centre européen de sociologie et de science politique, CESSP) et travaille comme chercheuse au sein de l’association Yahad – In Unum depuis plus de dix ans. Elle a effectué de nombreux séjours de recherche dans les centres d’archives et dans les pays d’ex-Union soviétique. Elle a publié Lettres de la Wehrmacht (Perrin, 2014) et Les Champs de la Shoah (Passés composés, 2020).

Mots clefs : Wehrmacht ; Hitler ; correspondance ; propagande ; Union soviétique ; Correspondence ; Propaganda ; Soviet Union.

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  • ISSN 1954-3670