Histoire@Politique : Politique, culture et société

Le dossier

Le temps, histoire contemporaine d'un enjeu politique et scientifique

Coordination : Sibylle Duhautois et Charles-Antoine Wanecq

Le temps, histoire contemporaine d’un enjeu politique et scientifique

Sibylle Duhautois, Charles-Antoine Wanecq
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Dans un dossier consacré à la question des temporalités dans le monde arabe, Sylvia Chiffoleau indiquait en 2012 que l’histoire du temps « [restait] en grande partie à venir[1] ». Ce constat, qui s’appliquait au monde arabe, pourrait être étendu à bien d’autres domaines de l’historiographie qui n’ont pas encore vu leurs spécialistes se livrer à une exploration de leurs objets au prisme des temporalités. Les contributions réunies dans ce dossier cherchent à enrichir ce questionnement en considérant le temps comme une catégorie investie par différents acteurs à l’époque contemporaine[2]. Soulignons d’emblée le caractère paradoxal de traiter spécifiquement la question du temps, « matériau fondamental des historiens », pour reprendre l’expression de Jacques Le Goff[3]. Le propre du chercheur est en effet de réfléchir sur le temps et sa périodisation[4], de créer des chronologies, de donner sens à des séquences temporelles bien délimitées et de redonner à l’événement une place problématique dans le déroulement du temps[5] : à partir de quand considère-t-on qu’un épisode historique fait date ? Quelle est l’épaisseur temporelle d’un événement ? Les travaux fondateurs de Reinhart Koselleck ont démontré l’importance d’historiciser le rapport des acteurs au temps en mettant en évidence les divers bouleversements culturels et sociaux provoqués par la transition entre le temps circulaire, répété, de l’Ancien Régime et le temps plus linéaire, tourné vers des expériences sans précédent dans le passé qui s’impose en Europe à partir de la fin du XVIIIe siècle[6]. Depuis une quinzaine d’années, la notion de « régime d’historicité » a connu un succès important, au point de s’imposer dans l’analyse historienne comme la marque d’une lecture plus fine et plus approfondie de la signification des processus historiques[7]. Elle permet de décrire une époque au prisme de la relation que ses acteurs entretiennent collectivement avec le temps et plus spécifiquement le passé, le présent et le futur.

Du temps des historiens au temps des acteurs

Cependant, si les notions d’« historicité » et de « temporalités » se sont imposées dans le langage des sciences sociales[8], il reste à prendre en considération de manière spécifique les usages du temps faits par les acteurs de l’histoire. Un certain nombre de chercheurs s’efforcent alors d’aller plus loin dans l’analyse historique du temps que les travaux réflexifs des historiens sur les notions temporelles. Le présent dossier propose de s’inscrire dans leur lignée et d’entrer dans l’épaisseur du temps social et politique partant du principe que le temps est une catégorie fondamentalement politique, investie de symboles[9]. Les régimes autoritaires l’ont bien compris, et avant eux tous les bâtisseurs de régime, réformateurs ou révolutionnaires[10]. Les instruments de mesure du temps apparaissent depuis l’Antiquité comme des manifestations du pouvoir[11]. Le calendrier révolutionnaire en est un exemple emblématique : en supprimant les fêtes religieuses et en réduisant le temps chômé à un jour sur dix, les partisans d’un pouvoir fondé sur la raison entendent débarrasser la vie quotidienne de toute référence à la culture de l’Ancien Régime[12].

Au XIXe siècle, la République s’installe progressivement au village à travers le son des cloches des mairies, qui entrent en concurrence avec la maîtrise pluriséculaire du paysage sonore par l’Église[13]. Ainsi l’histoire politique du temps a partie liée avec une histoire culturelle attentive à la perception sensorielle des événements au sein de l’espace social. La sociologie s’est aussi emparée de l’étude du temps, non seulement comme un cadre de l’activité des sociétés, mais comme une catégorie à part entière[14]. Tous les aspects de la vie se trouvent encadrés par des calendriers, agendas et autres plannings qui définissent les activités des individus et des groupes sociaux, et qui apparaissent comme des formes de domestication du temps. Pour Durkheim, le temps fonctionne comme un dénominateur commun aux composantes du monde social ; il constitue dès lors un fait social que le chercheur peut décortiquer[15].

Face aux grandes narrations universelles, nous nous intéressons à la multiplicité des temporalités et surtout des actions sur le temps déployées au cours d’une même période par différents acteurs. En effet, l’histoire contemporaine a longtemps insisté sur les processus d’unification du monde par le biais de techniques (moyens de communication, télécommunications, horloges)[16] et de modes de gouvernement (empires, organisations internationales), censés rapprocher les individus et faciliter les interactions[17]. Pour partie le fruit de la taylorisation de la production industrielle et de l’avènement d’une modernité libérale soucieuse d’efficacité et de rendement, cette uniformisation du temps constitue cependant un argument employé par les acteurs pour légitimer cette modernité au moins autant qu’un élément d’analyse pour les historiens.

Au contraire, les travaux récents des historiens conduisent à une profonde remise en question de l’idée selon laquelle les mondialisations successives auraient conduit à l’élaboration d’un temps unifié dans les sociétés occidentales d’abord, puis à l’échelle de la planète. Ainsi, l’introduction du calendrier grégorien dans les pays non occidentaux doit être appréhendée de manière dynamique, en tenant compte des projets concurrents d’unification temporelles, menés par exemple au Moyen-Orient au nom de l’islam[18]. Le temps, objet d’appropriations et de conceptions concurrentes, est donc un terrain d’affrontements entre des légitimités conflictuelles. Afin de mettre au jour cette pluralité des temporalités vécues, le binôme forgé par Reinhart Koselleck, « champ d’expérience » et « horizon d’attente », a été revisité par des historiens qui montrent que chaque groupe social se distingue par une version spécifique de cette relation entre expériences passées – telles qu’elles sont perçues – et futur imaginable[19]. Il s’agit dès lors de dénaturaliser les rythmes et les temps dans lesquels sont embarqués les acteurs du passé et qu’eux-mêmes ont pu avoir tendance à naturaliser. De la même manière, l’opposition entre un temps concret, qui serait celui de la nature, et un temps abstrait, forgé par les techniques humaines, relève d’une construction sociale. Les politistes et sociologues ont, eux aussi, commencé à souligner la persistance de l’hétérogénéité des temporalités[20].

En histoire, ce champ d’investigation a été ouvert notamment par l’histoire du temps de travail, que l’article classique d’E.P. Thompson a introduite à la fin des années 1960[21]. La mesure du temps de travail et les négociations autour de sa limitation, ou de son aménagement, constituent un axe fort des luttes menées par les travailleurs et les syndicats[22]. En résonance avec les travaux de Thompson, la recherche historienne sur le temps de travail s’est portée en histoire culturelle sur les usages des temps libres, à travers l’étude des loisirs[23], de la vie de famille, de l’engagement associatif et militant.

La réflexion sur les temporalités renvoie plus généralement à l’expérience individuelle et collective des individus, qui permet d’historiciser certains rapports au temps, comme la paresse, trop souvent objets d’essentialisation[24]. L’époque contemporaine serait caractérisée par une accélération et une urgence : encore faut-il contextualiser ces changements et ces nouveaux rapports individuels et collectifs au temps. L’urgence, par exemple, est une catégorie construite par différents acteurs, notamment à des fins politiques comme dans le cas de l’état d’urgence[25] invoqué dans des situations exceptionnelles qui provoquent une rupture avec le cours ordinaire du temps[26]. La pluralité des temps dans lesquels s’inscrivent les recherches historiques mériteraient d’être davantage et plus finement observées, afin de mettre au jour les phénomènes de court terme et de long terme.

Le champ d’étude ouvert par cette nouvelle approche historique du temps qui conçoit celui-ci comme un objet de discussion (notamment scientifique) et de conflit entre différents groupes d’acteurs est vaste. Le dossier que nous proposons ici permet toutefois d’identifier de grands axes d’analyse qui peuvent orienter une enquête historique sur les temporalités. Surtout, il ouvre la voie à une réflexion sur les catégories temporelles déployées par différents acteurs historiques dans des champs de recherche pour lesquels cette grille de lecture n’avait pas encore été employée.

Aborder le temps comme une catégorie savante

Le temps et les temporalités apparaissent tout d’abord comme des catégories construites, non seulement par l’historien mais aussi par les acteurs qu’il étudie. Ces derniers produisent un discours sur différents objets temporels. La nature de ce discours peut être scientifique ou militante, les deux ne s’excluant pas. Ainsi, à partir de la fin du XIXsiècle, le temps devient un champ d’expertise multiforme investi par différents groupes de savants. Marco Saraceno met en évidence l’apparition de la question du temps, et des notions de « vitesse », de « rythme » et de « fatigue » dans le répertoire des savoirs sur le corps humain et plus particulièrement de la physiologie. Une série d’expériences permet alors de montrer que certains individus réagissent plus vite que d’autres, sont capables de travailler plus ou moins longtemps, ou encore connaissent une fatigue plus ou moins forte, rapide et durable à l’issue d’un effort physique.

Mais les savoirs sur le temps sont parfois exprimés et appliqués sans recourir à un tel appareillage scientifique. Il existerait une connaissance innée du temps humain et naturel qui ne demanderait qu’à être appliquée. Il en est ainsi de la notion d’urgence, centrale tant dans la gestion des flux internationaux de réfugiés étudiée par Alexandre Boza à partir de 1917, que pour les politiques de prise en charge des sans-abris mises en œuvre depuis 1945 qu’analyse Axelle Brodiez. La rhétorique humanitaire déployée à propos de ces situations d’urgence repose en effet sur une connaissance supposée universelle des besoins humains ; il suffit alors de décrire les difficultés auxquelles sont confrontés les sans-abris et les réfugiés pour susciter une réaction de l’opinion publique et justifier une demande d’intervention publique. De même, les récents travaux de Christophe Granger montrent que la question du calendrier des grandes vacances mobilise différents types d’observations et de connaissances sur le temps. Celles des médecins et des hygiénistes s’expriment à partir du milieu des années 1880 ; avant leur intervention, le débat opposait, d’une part des arguments d’ordre « naturel » et économique et, d’autre part, des préoccupations politiques et administratives[27].

Sélection, modernité, moralité : un usage politique des catégories temporelles

Comme l’exemple du calendrier révolutionnaire le suggère, les savoirs qui se constituent sur les temps humains, individuels ou sociaux, naturels ou construits, se prêtent bien à un usage politique. Marco Saraceno montre comment la physiologie a fourni des outils scientifiques pour critiquer, dans l’entre-deux-guerres, la nouvelle organisation du travail en trois-huit. Son article met également en évidence une caractéristique importante des catégories temporelles pour une application politique : elles peuvent être sélectives. Ainsi, l’étude de différents groupes nationaux au prisme de leur rapport à l’effort et à la fatigue permet aux savants de la fin du XIXe siècle de distinguer des peuples plus efficaces que d’autres (les peuples du Nord) et des peuples plus résistants sur le long terme (les Latins). Si ces travaux descriptifs n’ont pas connu d’application pratique, il en va différemment des distinctions conceptuelles établies dans le domaine humanitaire pour séparer les acteurs devant faire l’objet d’une prise en charge urgente de ceux qu’il faudrait aider sur le plus long terme. Une fois le temps de l’extrême urgence passé, Alexandre Boza met en évidence la sélection opérée entre les réfugiés dont on considère qu’ils devraient être rapatriés et ceux qui doivent être assimilés au groupe plus large des migrants afin d’être intégrés dans leur société d’accueil. De même, les politiques publiques visant à assister les sans-abris établissent une distinction fondamentale entre un grand nombre qui peut être hébergé et nourri pendant un court laps de temps et le petit nombre de ceux pour lesquels une véritable démarche de réinsertion pourra être entreprise. Plus encore, le discours politique sur le temps peut servir à justifier un rapport de domination impérial : Antoine Perrier souligne l’importance de l’idée selon laquelle les Tunisiens et les Marocains auraient eu besoin d’un temps exceptionnel, de rattrapage, pour se hisser à la hauteur des sociétés occidentales et recouvrer leur droit à se gouverner elles-mêmes, cet horizon temporel étant volontairement laissé flou par les administrateurs français des deux protectorats.

De fait, la maîtrise du temps est une exigence qui se révèle particulièrement importante pour certains types de régimes politiques : c’est le cas tout particulièrement des régimes pour lesquels il est nécessaire d’ouvrir une nouvelle période de l’Histoire, que ces régimes soient issus d’une conquête coloniale, ou qu’il s’agisse d’une dictature (article de Till Kössler). Dans les deux cas, plutôt qu’un instrument de sélection, le temps nouveau est voulu universel : il doit s’imposer à tous et contribue à forger des hommes nouveaux. Instaurer de nouvelles normes de rapport au temps est présenté comme une exigence pour rompre avec un ancien régime trop peu productif et entrer dans la modernité. Celle-ci se manifeste alors par des mesures très concrètes et en même temps lourdes de symbole comme le fait de supprimer la sieste dans l’Espagne franquiste. C’est également le rapport particulier au temps du peuple américain qui est regardé par l’un des acteurs étudiés par Marco Saraceno comme la condition ayant permis aux États-Unis d’entrer dans la modernité. Toutefois, la modernité n’est pas la seule valeur qui préside au choix politique d’un registre temporel. La notion de moralité lui est préférée pour justifier l’arbitrage effectué entre action de court ou de long terme. C’est le cas dans le domaine humanitaire lorsqu’il s’agit de déployer une aide d’urgence ou à l’inverse, de réfléchir à la « réadaptation sociale » des sans-abris (Axelle Brodiez) ou à l’intégration des réfugiés (Alexandre Boza). Ce sont aussi des critères moraux qui servent à justifier la prolongation jusqu’à une date indéfinie des protectorats marocain et tunisien (Antoine Perrier).

Des temporalités concurrentes et coexistantes

Si le choix d’un nouveau rapport au temps est soigneusement justifié par sa cohérence avec le système de valeurs porté par tel ou tel régime politique ou groupe d’acteurs, celui-ci n’en est pas moins contesté par d’autres groupes d’acteurs défendant une hiérarchie des valeurs différente. Ainsi, les Marocains et les Tunisiens contestent le report perpétuel de la fin du protectorat, s’efforçant de démontrer que la parenthèse temporelle qu’il a instaurée touche à sa fin. Les habitants de l’Espagne franquiste privés de sieste opposent à une modernité bien peu pratique pour eux les usages traditionnels du temps auxquels ils sont habitués. Refusant de se conformer au nouveau temps politique, ils manifestent une forme silencieuse de résistance en maintenant les anciens rythmes de vie.

La coexistence entre plusieurs régimes temporels est en partie subie : elle est due au manque de moyens permettant d’aider tous les sans-abris sur le long terme (Axelle Brodiez) ou bien à la différence fondamentale d’endurance entre les peuples selon les physiologistes étudiés par Marco Saraceno. Mais elle est parfois transformée en une force, une solution aux problèmes envisagés. Ainsi, les immigrés italiens viennent régénérer une population américaine qui peine à se reproduire à bon rythme. La coexistence de politiques d’urgence et de long terme est décrite comme répondant à des besoins différents pour des populations en partie différentes, qu’il s’agisse des sans-abris ou des réfugiés. Enfin, la tension entre dimension temporaire du protectorat et horizon lointain du terme de celui-ci est bien maniée dans les discours des administrateurs français au Maroc et en Tunisie pour faire accepter leur présence.

La grille d’analyse proposée ici n’est bien sûr pas exhaustive et nous espérons que le dossier présenté ouvrira à ses lecteurs d’autres pistes de réflexion sur la manière dont le temps et les catégories temporelles peuvent devenir un objet d’histoire.

Pour citer cet article : Sibylle Duhautois, Charles-Antoine Wanecq, « Le temps, histoire contemporaine d’un enjeu politique et scientifique », Histoire@Politique, n° 39, septembre-décembre 2019 [en ligne : www.histoire-politique.fr]

Notes :

[1] Sylvia Chiffoleau, « Fragments temporels du monde arabe : introduction », Temporalités [En ligne], 15, 2012, mis en ligne le 6 juin 2012 [consulté le 20 avril 2018].

[2] Les contributions présentées sont en majeure partie issues d’un colloque organisé à Sciences Po les 22 et 23 novembre 2016 par les deux coordinateurs de ce dossier, sur le thème « Le temps : histoire contemporaine d’un enjeu politique et scientifique ». Ce colloque a pu se tenir grâce à un financement accordé par le CHSP.

[3] Jacques Le Goff, Pour un autre Moyen Âge : temps, travail et culture en Occident : 18 essais, Paris, Gallimard, 1977 et Jean Leduc, Les historiens et le temps : conceptions, problématiques, écritures, Paris, Seuil, 1999.

[4] Thomas Angeletti, Quentin Deluermoz et Juliette Galonnier (dir.), « Faire époque », Tracés, revue de sciences humaines, 2019, n° 36.

[5] Arlette Farge, « Penser et définir l’événement en histoire », Terrain [En ligne], 38, mars 2002, mis en ligne le 6 mars 2007 [consulté le 20 avril 2018].

[6] Reinhart Koselleck, Le futur passé. Contribution à la sémantique des temps historiques, Paris, Éditions de l'EHESS, 1990.

[7] François Hartog, Régimes d’historicité : présentisme et expériences du temps, Paris, Seuil, 2003.

[8] Dans un numéro de Vingtième Siècle consacré aux historicités du XXe siècle, la temporalité était envisagée comme « l’un des rythmes temporels qui travaille le phénomène étudié ». Quentin Deluermoz, « Les formes incertaines du temps. Une histoire des historicités est-elle possible ? », Vingtième Siècle. Revue d'histoire, 2013, vol. 1, n° 117.

[9] Voir le numéro « Temps et pouvoirs », Actes de la recherche en sciences sociales, tome 226-227, n° 1, 2019, p. 86-103.

[10] Roman Krakovský, Réinventer le monde : l’espace et le temps en Tchécoslovaquie communiste, Paris, Publications de la Sorbonne, 2014.

[11] Voir le numéro « La mesure du temps », Romantisme, tome 174, n° 4, 2016.

[12] Danièle Pingué, « La réception du calendrier républicain dans les campagnes du Haut-Doubs. Quels enseignements ? », Annales historiques de la Révolution française, n° 349, 2007, p. 79-86. 

[13] Alain Corbin, Les cloches de la terre : paysage sonore et culture sensible dans les campagnes au XIXe siècle, Paris, Albin Michel, 1994.

[14] Plusieurs revues se proposent de rassembler les études qui abordent la question dans les sciences sociales comme Time and Society, qui existe depuis 1992, ou Temporalités, depuis 2004.

[15] Thomas Hirsch, « Le temps social : parcours d'une notion », dans Jacques André (dir.), Les récits du temps, Presses universitaires de France, 2010, p. 83-106.

[16] David S. Landes, Revolution in Time: Clocks and the Making of the Modern World, Cambridge (Mass.), Belknap Press of Harvard University Press, 1983.

[17] Stephen Kern, The Culture of Time and Space, 1880-1918: with a New Preface, Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 2003.

[18] Vanessa Ogle, The Global Transformation of Time : 1870-1950, Harvard University Press, 2015. Sur des cas plus précis : On Barak, On time: Technology and Temporality in Modern Egypt, Berkeley, University of California Press, 2013 ; Ritika Prasad, « "Time-Sense" : Railways and Temporality in Colonial India », Modern Asian Studies, 2013, vol. 47, n° 4, p. 1252‑1282.

[19] Olivier Cosson, Préparer la Grande Guerre. L’armée française et la guerre russo-japonaise (1899-1914), Paris, Les Indes savantes, 2013.

[20] Jacques Commaille, Vincent Simoulin et Jens Thoemmes, « Les temps de l’action publique entre accélération et hétérogénéité », Temporalités. Revue de sciences sociales et humaines, 2014, n° 19.

[21] E.P. Thompson, « Time, Work-Discipline, and Industrial Capitalism », Past & Present, 1967, n° 38 p. 56-97.

[22] Corine Maitte et Didier Terrier (dir.), Les temps du travail : normes, pratiques, évolutions, XIVe-XIXe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2014.

[23] Alain Corbin, L’avènement des loisirs : 1850-1960, Paris, Aubier, 1995.

[24] Joseph K. Adjaye, Time in the Black Experience, Santa Barbara, Greenwood Publishing Group, 1994.

[25] Sylvie Thénault, « L’état d’urgence (1955-2005). De l’Algérie coloniale à la France contemporaine : destin d’une loi », Le Mouvement social, 2007, n° 218, n° 1, p. 63-78 ; Sophie Wahnich, « L’état d’urgence, l’art d’en finir avec la libre citoyenneté », Sens-Dessous, 2017, n° 19, p. 51‑61.

[26] François Saint-Bonnet, L’État d’exception, Paris, PUF, « Léviathan », 2001 et pour le XIXe siècle la question est au cœur de Stephen W. Sawyer, Demos Assembled. Democracy & the International Origins of the Modern State 1840-1880, Chicago, The University of Chicago Press, 2018.

[27] Christophe Granger, « Orchestrer les calendriers. L’école, l’État et la question des grandes vacances, 1880-1914 », Actes de la recherche en sciences sociales, tome 226-227, n° 1, 2019, p. 86-103.

Sibylle Duhautois

Sibylle Duhautois, agrégée d’histoire et docteure en histoire contemporaine (Sciences Po, CHSP), est chercheuse associée au Centre d’histoire de Sciences Po. Elle a soutenu sa thèse intitulée « Un destin commun ? : études sur le futur dans les organisations internationales et formation d’une conscience globale pendant la guerre froide (1945-1989) » en décembre 2017. Elle a publié, avec Jenny Andersson, « Futures of Mankind » (dans R. van Munster and C. Sylvest [dir.], Assembling the Planet : The Post-War Politics of Globality, London, Routledge, 2016). Elle est également l’auteure de « Les listes de problèmes mondiaux : un outil pour améliorer le futur de l’humanité (1967-1974) » (Concordances, à paraître en 2020).

Charles-Antoine Wanecq

Charles-Antoine Wanecq est docteur en histoire et chercheur associé au CHSP. En 2018, il a soutenu une thèse intitulée "Sauver, protéger et soigner. Une histoire des secours d'urgence en France (années 1920-années 1980)", sous la direction de Paul-André Rosental. Ses recherches actuelles portent sur l'histoire de la santé et des politiques publiques


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  • ISSN 1954-3670