Histoire@Politique : Politique, culture et société

Sources

La Fondation Gramsci et ses archives : de la gauche italienne à l’histoire globale

Michele Di Donato, Gabriele Siracusano
Résumé :

La Fondation Gramsci de Rome est aujourd’hui l’un des pôles culturels les plus actifs en Italie. Son histoire est liée à celle du Parti communiste italien (PCI), qui (...)

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La Fondation Gramsci[1] fait partie du paysage culturel italien depuis presque soixante-dix ans. Créée en 1950 à l’initiative du Parti communiste italien (PCI) et basée à Rome, elle a vu ses objectifs et ses activités évoluer au fil de sa longue histoire. Vingt-huit ans après la disparition du parti dont elle dépendait, la Fondation est aujourd’hui l’une des institutions culturelles les plus importantes en Italie, ainsi que l’institution privée qui conserve les archives politiques les plus fournies et complètes du pays[2].

L’objectif de cet article est de présenter au lecteur français l’histoire de la Fondation et de son fonds documentaire. Après une brève introduction esquissant l’évolution historique de cette institution ainsi que son rapport à l’histoire de l’Italie et de la gauche italienne, l’article se concentre sur les archives qu’elle possède : celles du PCI, qui constituent la majorité des fonds, mais aussi nombre d’autres archives relatives à des personnages et à des institutions qui ont marqué la vie politique et culturelle de l’Italie.

Entre culture et politique : esquisse d’une histoire de la Fondation Gramsci

La Fondation qui porte le nom de l’homme politique et penseur communiste Antonio Gramsci a été créée en avril 1950 sous l’égide du Parti communiste italien. Elle s’est construite autour d’un noyau, la bibliothèque personnelle de Gramsci. Celle-ci venait d’être ramenée en Italie depuis l’Union soviétique, où la famille de Gramsci l’avait transférée après sa mort en 1937, après plus de dix ans de détention sous le régime fasciste. Autour de cette bibliothèque fut constituée une collection de volumes sur le marxisme et l’histoire du mouvement ouvrier[3]. Selon un programme esquissé par le PCI dès 1948, la Fondation devait non seulement promouvoir la connaissance de la pensée de Gramsci et soutenir l’édition de ses écrits, mais aussi devenir un lieu de rencontres et de débats, ainsi qu’un centre d’éducation, d’études et de recherches marxistes. Conçue comme un instrument de la politique du parti et notamment de son action en direction du monde de la culture académique, elle était en même temps censée être ouverte, dans ses organismes de direction, à des chercheurs et des hommes politiques qui n’étaient pas membres du PCI.

Ce programme ne fut réalisé que de façon très partielle dans les premières années de fonctionnement de la Fondation, qui coïncidèrent avec la phase la plus aigüe de la « guerre froide culturelle » et de l’alignement idéologique du PCI sur l’URSS. Si l’orientation prosoviétique du secrétaire du parti, Palmiro Togliatti, était indiscutable pour tout ce qui concernait la participation de son organisation à la stratégie internationale de l’URSS, cette démarche s’accompagnait d’un dessein qui visait, de concert, à renforcer l’enracinement du PCI dans la société et dans la culture proprement italienne[4]. À cette approche s’opposait la composante la plus résolument prosoviétique du parti, qui comptait aussi le directeur de la commission culturelle, Emilio Sereni. Ce ne fut qu’à partir de 1951, une fois que Sereni fut remplacé par le critique littéraire et ancien partisan Carlo Salinari, que la ligne « nationale » commença à s’imposer dans la politique culturelle du parti. Naguère critiquée pour son immobilisme et sa tendance à l’autoréférentialité, la Fondation Gramsci connut alors un renouvellement progressif mais significatif. En 1954, elle fut transformée en Institut, avec un premier remaniement de son corps dirigeant. Peu après, sous l’impulsion du nouveau directeur Alessandro Natta, furent lancés un programme de recherches, des séminaires et des initiatives publiques, promus par les « secteurs de travail » dans lesquels l’Institut s’était organisé : histoire ; art, belles lettres et philosophie ; sciences ; économie ; archives, bibliothèque et initiatives éditoriales.

L’Institut Gramsci commença alors à se pencher avec davantage d’énergie sur la réalité politique, culturelle et sociale d’une Italie en transformation, et à élargir ses centres d’intérêts à des domaines anciennement ignorés tels que le cinéma, l’architecture, l’urbanisme ou l’éducation nationale. L’empreinte du parti sur l’Institut demeurait considérable, mais Togliatti lui-même reconnaissait tout de même l’exigence de protéger l’autonomie des intellectuels. Un tournant important, de ce point de vue, fut le soutien que le secrétaire accorda aux historiens proches du PCI après qu’un autre dirigeant communiste, Arturo Colombi, alancé un appel à la discipline de parti lors d’une réunion tenue à l’Institut en décembre 1954[5]. La tension entre militantisme politique et autonomie intellectuelle était néanmoins destinée à refaire surface de façon dramatique avec la crise hongroise de 1956. Les intellectuels communistes furent choqués par la répression soviétique du soulèvement national hongrois – qui arrivait à quelque mois de distance du traumatisme du XXe congrès du Parti communiste de l’Union soviétique (PCUS) et de la dénonciation des crimes de Staline dans le rapport secret de Nikita Khrouchtchev – ainsi que par le soutien que les partis occidentaux, y compris le PCI, lui accordèrent. Pour beaucoup d’entre eux, ce fut la rupture avec le parti[6].

L’issue de cette crise dramatique fut ambigu tant pour le parti que pour l’Institut, dont beaucoup des collaborateurs avaient adhéré aux protestations contre l’intervention soviétique. Si le coût humain et politique du choix prosoviétique fut lourd, les années qui suivirent virent les communistes s’efforcer de remonter le courant en approfondissant la recherche de leur « voie italienne au socialisme ». L’Institut Gramsci fut à nouveau réorganisé en 1957, dans le but de participer à l’effort d’aggiornamento du parti. Parmi les aspects les plus importants de ce renouveau, on peut mentionner les initiatives d’études économiques, avec lesquelles les communistes s’efforçaient d’adapter leurs analyses à la nouvelle donnée du développement économique du pays et de l’Europe occidentale : les deux colloques organisés par l’Institut sur les « Tendances du capitalisme » italien (1962) et européen (1965) représentèrent des épisodes très importants de ce processus, qui influencèrent de façon décisive la modification graduelle de l’attitude du PCI envers la coopération économique en Europe[7]. L’Institut devenait en outre de plus en plus un point de référence pour les chercheurs, se montrant particulièrement actif dans l’organisation de cours et de séminaires spécialisés ouverts au public :

« … en 1969, certains des cours organisés par l’Institut étaient suivis chacun par plus de 150 personnes, tandis que la fréquentation moyenne de la bibliothèque et des archives (ouvertes de 8 h 30 à 20 h 30) passa de 38 personnes en 1969 à 95 en 1973 jusqu’à 120-150 en 1974-1975. Pendant les années 1970, en outre, plusieurs sections périphériques et Instituts Gramsci locaux furent ouverts en province : le premier fut celui de Bologne, en 1971, suivi par ceux des Florence, Bari, et de plusieurs autres régions[8]»

Il est impossible de fournir dans le cadre de cet article un panorama exhaustif des activités menées par l’Institut pendant les années 1970, à une époque où le PCI atteignait les scores électoraux les plus hauts de son histoire, administrait plusieurs villes et régions, et fut sur le point de participer au gouvernement national. La publication, en 1975, de l’édition critique des Cahiers de prison de Gramsci, dirigée par Valentino Gerratana, représenta le couronnement d’un travail philologique de longue haleine, ainsi qu’un moment fondamental pour la diffusion internationale de l’œuvre du penseur et dirigeant communiste, dont la popularité en tant que théoricien de la politique allait exploser dans les années suivantes[9]. En même temps, la gamme des questions culturelles et sociales auxquelles se consacraient les différentes sections de l’Institut – désormais épaulé par d’autres centres de recherches promus par le PCI et consacrés à l’économie (Centro studi di politica economica, CESPE), aux études sur l’État (Centro per la riforma dello Stato, CRS), aux relations internationales (Centro studi di politica internazionale, CESPI) – continuait à s’élargir.

Un changement majeur se produisit en 1982, avec la transformation de l’Institut en fondation (« Fondazione Istituto Gramsci », FIG) reconnue par l’État et financée par le ministère de la Culture. À ce changement de statut correspondirent un premier affaiblissement du lien direct avec le Parti communiste et la consolidation des relations et collaborations avec d’autres institutions culturelles en Italie et à l’étranger (en France, notamment avec la Fondation Maison des sciences de l’homme et l’École des hautes études en sciences sociales [EHESS]). Ce fut le prélude au tournant historique qui arriva avec la fin de la guerre froide et la dissolution du Parti communiste italien en 1991. Forcée de repenser sa raison d’être et son rapport à la politique et à la société, la Fondation Gramsci se réorganisa alors autour de son patrimoine archivistique, bibliothécaire et documentaire (à la description duquel sera dédiée la suite de cet article). À partir des années 1990, sous la direction de Giuseppe Vacca puis de Silvio Pons, la Fondation abandonna la division en « sections de travail » pour devenir en premier lieu un centre de documentation et de recherches sur plusieurs aspects de l’histoire de l’Italie et de la gauche italienne. Concentrée sur la conservation, l’agrandissement et l’ouverture au public de sa bibliothèque et de ses archives, la FIG est devenue en même temps un organisme de promotion de la recherche, avec une identité scientifique marquée par l’attention à la dimension internationale et globale des processus historiques et politiques. C’est dans cet esprit qu’elle a promu, souvent en collaboration avec d’autres institutions culturelles, plusieurs initiatives de recherche sur l’histoire de l’Italie de l’après-guerre[10], du communisme italien et international[11], des relations internationales au XXe siècle, notamment pendant la guerre froide[12], ainsi que d’histoire de la culture, des intellectuels et de l’historiographie[13]. Cette vocation de recherche, qui s’exprime dans l’organisation de colloques et de séminaires ainsi que dans l’édition de revues scientifiques et de collections auprès de plusieurs éditeurs[14], s’accompagne désormais de nombreuses initiatives de diffusion scientifique et de communication vers le grand public, telles que l’organisation de conférences publiques et d’expositions[15].

D’Antonio Gramsci à… Luchino Visconti : pistes de recherche dans les archives

Ayant esquissé le développement historique de la Fondation (qui depuis 2016 a choisi la nouvelle dénomination de « Fondazione Gramsci – ONLUS »), on peut en venir à la description de ses fonds d’archives. La grande masse de la documentation déposée auprès de la Fondation (presque 1,5 kilomètre linéaire) est composée de plusieurs fonds portant sur différentes organisations ou individus ayant gravité dans le milieu marxiste italien.

Les archives du Parti communiste italien

La majorité des archives est constituée des fonds du Parti communiste italien, qui compte presque un kilomètre linéaire de documentation. Ces fonds comprennent les documents des structures centrales du PCI ainsi que ceux des dirigeants les plus importants. Le dépôt de ce matériel (en copie[16]) auprès de la Fondation a commencé à la fin des années 1980 à l’initiative du parti lui-même. Ce fut ensuite le successeur du PCI, le Parti démocratique de la gauche (Partito democratico della sinistra, PDS) qui compléta le transfert de toutes les archives originales en 1996[17]. Cette collection comprend également des copies microfilmées et numérisées des documents du « Parti communiste d’Italie (1921-1943), section italienne de l’Internationale communiste », dont les originaux sont conservés à Moscou dans les archives du « Rossiiskii gosudarstvennyi arkhiv sotsial’no – politicheskoi istorii » [archives d’histoire sociale et politique auprès de l’ancien Institut Marx-Engels-Lénine][18].

On peut diviser ce fonds en trois catégories, organisées selon des classifications différentes : une première partie, classée par les archivistes du PCI selon des exigences de consultation immédiate ; une deuxième partie, envoyée à Moscou et ensuite récupérée par la Fondation ; une troisième partie, classée ultérieurement par les archivistes de la Fondation.

La première partie est composée des documents rassemblés par les organismes nationaux dirigeants (Direction, Secrétariat et Comité central) et exécutifs (les commissions et les sections de travail). Il s’agit du fonds quantitativement le plus important des archives, classé et inventorié par année de conservation et selon une numération définie par le signe « MF » (microfilm), accompagnée par un numéro de cote et de page. Désormais accessibles aux chercheurs dans le format original ou en copies papier, ces matériaux conservent l’ancienne organisation qui avait été conçue pour garantir l’accessibilité des archives courantes du PCI.

La deuxième partie, le « fonds Moscou » (Archivio Mosca), est constituée de la documentation qui, selon la pratique alors en vigueur, avait été envoyée en Union soviétique par le PCI entre 1950 et 1958. Il s’agissait des documents les plus importants et sensibles de cette période : un total de 4 591 fascicules qui ont été réordonnés par le dirigeant communiste Luigi Amadesi. Ces documents, microfilmés entre 1976 et 1979 à Moscou, ont été récupérés par le PCI à la fin des années 1980 à la suite de plusieurs voyages accomplis par les archivistes du parti et de la Fondation Institut Gramsci. Cela témoignait de l’effort mis en œuvre par les communistes pour reconstituer l’intégralité des archives de leur organisation. Le « fonds Moscou » fut finalement transféré à la Fondation pendant les années 1990 avec les autres fonds du parti[19]. Cette documentation comprend les procès-verbaux des organismes de direction du PCI, ceux des commissions de travail du Comité central, ainsi qu’une partie de la correspondance de ces derniers et des papiers du Bureau politique (dont des dossiers personnels des militants du Parti)[20].

La troisième partie des archives du PCI, qui comprend notamment la documentation de ses sections de travail (Sezioni di lavoro), n’a pas été classée par les archivistes du parti, mais par ceux de la Fondation Gramsci eux-mêmes. Ces sources ont été rassemblées sur la base du bureau de provenance et incluent des documents originaux ainsi que des matériaux d’étude, notes d’information, correspondance ou littérature grise accumulée par les responsables des sections de travail ou par leurs collaborateurs[21].

Au sein du PCI, la décision de créer des archives dériva de la nécessité de conserver des papiers utiles au travail politique et à la formation des cadres. La nécessité de mieux organiser les archives existantes est expliquée dans une note du secrétariat qui remonte à 1963 :

« La méthode d'archivage actuelle pour chaque section, ainsi que pour les bureaux individuels, est irrationnelle et dépassée [...]. Sur chaque étage de l’appareil [central du parti] il y a au moins dix placards pour ces archives mystérieuses. Dans l’appareil, il n’y a aucune idée ou critère sur ce qui doit être une archive, quel matériel doit y être déposé et comment cela doit être catalogué pour être à la portée de ceux qui en ont besoin sans perdre de temps[22]. »

En 1969, la Direction du PCI institua un « bureau des archives » (Ufficio archivio) qui devait assurer la conservation des documents des archives courantes et des archives historiques du parti. Ivano Sabatini et Giovanni Aglietto – les deux archivistes du PCI – furent chargés de rassembler les documents dans les différents bureaux pour créer le premier noyau du matériel archivistique[23]. On créa donc des archives centralisées qui devaient recueillir les sources produites par les organismes centraux et par les sections de travail. Ces organismes étaient très importants pour le travail politique du PCI. Une des sections les plus importantes, et l’une des premières à donner sa documentation aux archives centrales du parti, fut la Section d’organisation (Sezione d’organizzazione), qui représentait le lien entre le centre du Parti et les fédérations locales, les sections territoriales et les cadres intermédiaires. L’importance de cette section s’accrut ultérieurement à la suite des réformes étatiques pour la décentralisation des pouvoirs en Italie, qui conduisirent en 1970 à la formation des régions à statut ordinaire[24]. Pour les réseaux locaux du PCI, cela signifia une augmentation des responsabilités. À partir de 1975, par exemple, des congrès régionaux commencèrent à être réunis en plus du congrès national et des congrès des fédérations provinciales[25]. Les archives de la Section d’organisation s’élargirent énormément à la fin des années 1960, et au début de la décennie suivante, on enregistra la récupération de 120 cartons de ce fonds par les archives centrales du parti.

Cependant, jusqu’en 1971, les archives centrales ne conservaient encore que les documents de la Section d’organisation (la majorité de la documentation) et ceux d’un autre bureau important du parti, la Section pour la politique extérieure (Sezione esteri). L’histoire de cette Section de travail et de ses documents est liée à l’histoire même des relations internationales du PCI et des dynamiques transnationales de la guerre froide et du communisme international. En effet, la dimension très réduite des archives de la Section Esteri avant 1956 confirme l’assujettissement de la politique extérieure des communistes italiens à l’hégémonie soviétique[26]. Ce ne fut qu’après le XXe congrès du PCUS et le choix du PCI d’une « voie italienne au socialisme », inauguré par le VIIIcongrès du parti de décembre 1956, que les communistes italiens commencèrent à développer une action internationale plus autonome[27]. Le PCI se tourna vers les autres partis communistes de l’Europe occidentale et vers le Tiers Monde, en bâtissant des relations durables avec les mouvements anticoloniaux africains et asiatiques et avec les partis de l’Amérique latine[28]. L’importance de la politique étrangère des communistes italiens après 1956 est évidente si on considère la croissance considérable des fonds de la Sezione esteri à partir de cette année[29]. Le transfert de ces documents dans les archives centrales du PCI témoigne de la centralité des relations extérieures du Parti italien, car le choix de les garder dans un endroit unique dérivait de la nécessité de favoriser la meilleure conservation et utilisation des papiers par les archivistes et les dirigeants du PCI. La série archivistique de la Sezione esteri se développa ensuite selon les transformations de cette Section de travail. Lorsqu’en 1979, le XVcongrès du Parti décréta la constitution d’un nouveau Département international – dans la lignée d’une stratégie de réorganisation bureaucratique des structures centrales et périphériques –, les documents de la Sezione esteri devinrent hiérarchiquement soumis aux papiers du Département international dans lequel cette Section de travail était insérée. Après le XVIcongrès de l’année 1983, en outre, une autre section de travail fut créée à côté de la Sezione esteri, en s’insérant dans le même Département : il s’agissait de la Section pour les problèmes de la Communauté européenne (Sezione per i problemi della Comunità europea)[30]. Cela démontre l’intérêt grandissant du PCI à l’égard des affaires de la Communauté économique européenne (CEE). Avec le lancement de la stratégie de l’« eurocommunisme », le PCI reconnaissait l’espace ouest-européen comme le cadre fondamental pour expérimenter la possibilité d’un communisme réformateur respectueux des libertés politiques et civiles, et commençait à soutenir activement la coopération européenne dans le but de construire une union continentale progressiste et ouverte au dialogue avec les pays en voie de développement[31]. Il faut enfin rappeler, en présentant le fonds de la Sezione esteri, que l’on pécherait par excès d’optimisme (ou de naïveté) en supposant que la documentation déposée puisse fournir un portrait exhaustif des relations internationales du parti, notamment sur la question des relations avec l’Union soviétique. On a déjà noté que les fonds sont incomplets pour la période de l’après-Seconde Guerre mondiale. On peut seulement émettre des hypothèses sur les causes de cette lacune : il y a eu sans doute une dispersion pour ainsi dire naturelle des documents (comme on l’a vu, une véritable politique archivistique ne fut mise en place qu’à partir des années 1960), ainsi qu’une certaine tendance à la centralisation de la « politique étrangère » du parti autour du premier secrétaire Togliatti. L’expérience de la clandestinité comme les conditions du combat politique communiste dans la première phase de la guerre froide pouvaient enfin suggérer une approche prudente de la conservation des informations les plus sensibles. Tout compte fait, la documentation provenant des archives soviétiques est donc indispensable pour reconstruire ce moment de la vie du PCI[32]. La situation est en revanche bien meilleure pour d’autres périodes : d’ailleurs, les fonds de la Fondation Gramsci ont été très utiles pour reconstruire l’histoire des rapports entre les communistes italiens et les dirigeants soviétiques dans les années de Gorbatchev[33].

La Sezione di organizzazione et la Sezione esteri furent les seules sections de travail qui donnèrent leur documentation aux archives centrales du parti – le « Bureau des archives » – avant les années 1970[34]. En 1971, alors que la récupération des documents était encore en cours, les archivistes commencèrent à les inventorier et à les microfilmer : ce fut dans cette phase que commença la réorganisation de la documentation des congrès, des comités centraux, de la Direction, du Secrétariat national et du Bureau du Secrétariat (Ufficio di segreteria). Les archivistes du PCI rédigèrent un plan des fonds classés selon deux catégories : la première, de nature structurelle, qui se référait aux organismes centraux et périphériques qui produisaient les documents ; la seconde, de nature thématique, était relative au sujet de la documentation[35].

Il faut remarquer que le développement de plusieurs sections de travail dont on trouve des séries archivistiques dans les archives du PCI n’était pas lié seulement à la transformation intérieure du parti, mais aussi à celle de la politique de la gauche italienne et internationale. Un exemple significatif est celui de la création de la Sezione problemi dello Stato (Section problèmes de l’État), lancée en 1976 pour analyser le phénomène du terrorisme de gauche et de droite[36]. Ce n’est pas une coïncidence que cette Section de travail soit née l’année même où le PCI commença à accorder un soutien parlementaire à des gouvernements dits de « solidarité nationale », guidés par le démocrate-chrétien Giulio Andreotti[37]. L’ouverture de la Section « problèmes de l’État » témoignait ainsi de la politique de rassemblement et de défense de la démocratie parlementaire par les communistes italiens, qui condamnaient les violences des groupes armés vis-à-vis desquels ils avaient pris leur distance. Grâce aux archives, on peut également observer les changements subis par cette section de travail pendant les années 1980 à l’heure de la lutte contre la mafia : après l’assassinat du secrétaire régional du Parti communiste en Sicile, Pio La Torre, par la criminalité organisée en 1982, la section se transforma en « Département pour les problèmes de l’État et des autonomies », comprenant la « Section pour la justice et la criminalité organisée » et la « Section pour les forces armées de l’État ». Cette nouvelle réorganisation visait en même temps à développer la lutte contre le terrorisme et la mafia mais aussi à réformer la police et l’armée, ce qui représentait, aux yeux du PCI, une étape fondamentale pour le renforcement de la démocratie contre la violence criminelle et terroriste[38].

Les inventaires des archives du PCI montrent aussi les transformations de la mentalité de la gauche italienne et internationale à l’égard des problématiques environnementales : l’idéologie du progrès technologique et industriel qui avait toujours accompagné la politique économique et sociale du PCI fut remplacée au début des années 1970 par une nouvelle conscience écologique. La sauvegarde de la planète devint un point fondamental de la lutte des communistes contre un capitalisme qu’on accusait désormais d’exploiter non seulement les hommes mais aussi les ressources naturelles, en polluant le monde pour poursuivre ses buts[39]. Une Section pour l’environnement (Sezione ambiente) fut créée par le PCI au début des années 1970. Son rôle devint encore plus important dans la décennie suivante, sous la direction de Raffaello Misiti[40].

Ce tour d’horizon ne serait pas complet sans mentionner les fonds personnels de dizaines de dirigeants du PCI, de Palmiro Togliatti à Enrico Berlinguer, en passant par Giorgio Amendola, Giancarlo Pajetta, ou encore les « Archives des femmes » dédiées à la dirigeante communiste Camilla Ravera »[41], et celles de la Résistance de la Seconde Guerre mondiale. Ces dernières, divisées en trois fonds – Direzione Nord, Brigate Garibaldi et Correspondance Rome-Milan[42] – témoignent de l’engagement des communistes dans l’organisation de la guerre partisane contre les nazis et les fascistes entre 1943 et 1945. La documentation de ces fonds a par ailleurs été entièrement numérisée[43].

Le fonds Antonio Gramsci

Parmi les documents les plus consultés par les chercheurs dans les archives de la Fondation Gramsci, il y a évidemment ceux de l’homme politique qui a donné son nom à cette institution. Ce fonds conserve 1 921 documents originaux et 374 copies, dont les célèbres Cahiers de prison, les papiers personnels et la correspondance d’Antonio Gramsci. On y trouve aussi la documentation de l’économiste et ami de Gramsci, Piero Sraffa, de la femme du dirigeant communiste Giulia Schucht, de sa belle-sœur Tatiana Schucht et de leur famille. Ce fonds a également été entièrement numérisé[44].

L’histoire de sa composition, produit d’une séquence presque romanesque d’allers et retours entre l’Italie et l’Union soviétique, est indissolublement liée à celle des drames de l’époque du fascisme, de la guerre et du stalinisme. La collection des papiers personnels et de travail de Gramsci fut rassemblée par sa belle-sœur Tatiana Schucht après sa mort. Tatiana avait déjà récupéré les papiers qui étaient gardés dans l’appartement du secrétaire du PCd’I après son arrestation en 1926 et les avait confiés à l’ambassade soviétique à Rome[45] ; successivement, les diplomates russes envoyèrent ces documents en Union soviétique en passant par Paris[46]. D’autres documents recueillis avant et après la mort de Gramsci furent envoyés à Moscou grâce à l’intercession de Giulia Schucht et de Palmiro Togliatti auprès des autorités soviétiques[47]. La correspondance manuscrite de Gramsci – qui n’avait pas été transmise en URSS par Tatiana – a été intégrée dans la documentation revenue en Italie en 1954[48]. En revanche, les copies des lettres conservées par la famille Schucht dans son appartement à Moscou furent prélevées en décembre 1940 par les autorités russes et confiées aux archives centrales de l’IKKI[49], l’Internationale communiste, alors que les lettres manuscrites originales restèrent dans la maison de la famille[50]. L’histoire se compliqua ultérieurement lorsque l’URSS fut envahie par les troupes allemandes en 1941, contraignant l’IKKI et ses archives à déménager à Oufa, en Bachkirie. Tatiana envoya les manuscrits à Oufa, mais déjà deux ans plus tard Togliatti demanda que tous les papiers de Gramsci puissent revenir à Moscou, puisqu’il était en train de travailler à leur édition[51].

La documentation gramscienne est rentrée à Rome en plusieurs étapes. En 1945, l’ambassadeur soviétique en Italie donna les manuscrits des Cahiers de prison à Togliatti [52]. Les matériaux du fonds Gramsci, donnés au Comité central du PCUS en 1946, furent confiés au secrétaire du PCI à la fin de la même année[53]. En 1948, le Secrétariat du Parti communiste italien proposa, comme on l’a vu, de créer un institut dédié à Gramsci avec le but de conserver les livres et les archives de l’ancien secrétaire du PCI. Mais la documentation archivistique ne fut partiellement versée à cette institution qu’en 1954, comme le témoigne une lettre de son premier directeur, Ambrogio Donini[54]. En 1963, tous les documents étaient conservés à l’Institut Gramsci sauf la correspondance entre Tatiana et Antonio. Cette correspondance fut versée aux archives de l’Institut Gramsci au cours des années suivantes, et elle fut intégrée aux papiers donnés par les amis de Gramsci et par sa famille établie en Sardaigne. En outre, les recherches et l’engagement des chercheurs liés à l’Institut ont eu des résultats importants pendant les années 1990, avec la récupération de nombreuses lettres qui ont alimenté les matériaux du fonds[55]. À partir de ces documents, des études ont été développées autour de la pensée gramscienne et transposées dans plusieurs ouvrages édités dans le monde entier[56]. En outre, un projet dénommé « édition nationale des écrits d’Antonio Gramsci » et soutenu par le ministère de la Culture italienne fut développé dans le but de rédiger une publication intégrale de ses textes. Actuellement, il vise à publier des éditions critiques des lettres et des ouvrages qui furent rédigés par Gramsci avant son emprisonnement, s’ajoutant à l’édition d’une nouvelle critique des Cahiers de prison faisant suite à celle de Valentino Gerratana en 1975. Le ministère a initié ce projet en 1996 et l’a confié à une commission scientifique basée à la Fondation Gramsci. Grâce au travail de l’« édition nationale » sont déjà parus deux volumes dédiés aux Cahiers de prisons, deux volumes de correspondance , un volume de documents et un autre dédié aux écrits d’Antonio Gramsci[57].

Les archives littéraires et du spectacle

En plus de ces archives « politiques », la Fondation Gramsci garde aussi les fonds de trois personnages importants de la littérature, du théâtre et du cinéma italien. Il s’agit des archives de Sibilla Aleramo, Luigi Squarzina et Luchino Visconti. Le fonds de Sibilla Aleramo (nom de plume de Marta Felicina Faccio), écrivaine active depuis la fin du XIXe siècle jusqu’à sa mort en 1960[58], conserve une correspondance très importante avec beaucoup de personnages du milieu littéraire italien du XXe siècle, outre les brouillons de ses ouvrages et de ses poèmes et sa documentation de travail[59]. Avec son ouvrage le plus important, le roman Una donna (Une femme), Sibilla Aleramo a influencé la littérature féministe italienne du XXe siècle, ce qui explique l’intérêt suscité par ses papiers, qui font l’objet de nombreuses recherches actuellement en cours de publication. Aleramo rejoignit le Parti communiste italien après la Libération. En 1959, à la veille de sa mort, Palmiro Togliatti et Ranuccio Bianchi Bandinelli (qui était à l’époque le président de l’Institut Gramsci) furent nommés mandataires de ses archives. Ce fut donc Togliatti en personne qui amena ces documents à l’Institut Gramsci après la mort d’Aleramo, en 1960[60].

Le fonds de Luigi Squarzina, donné à la Fondazione Gramsci en 2009, conserve les traces de l’activité de cet auteur et directeur théâtral, célèbre pour ses spectacles de prose et de lyrique, ses expériences à la télévision et à la radio et son engagement politique au côté du PCI[61]. Dans ses archives, on peut trouver notamment sa correspondance (qui a fait l’objet d’une recherche approfondie d’Elio Testoni[62]), ses documents personnels, ses projets théâtraux et éditoriaux, son matériel autobiographique, sa documentation de travail pour ses productions théâtrales et son activité de professeur à l’université[63].

Parmi les fonds du spectacle, le plus connu est probablement celui du célèbre cinéaste Luchino Visconti. Les archives du réalisateur de Rocco et ses frères et du Guépard furent données à la Fondation Gramsci grâce à l’intercession de Antonello Trombadori (membre de la Commission culturelle du PCI[64]) en raison de l’amitié de ce réalisateur avec l’ancien directeur de l’Institut, Franco Ferri. Transférées à la Fondation depuis 1987, ces archives conservent une documentation considérable sur l’activité cinématographique de Visconti et sur sa vie privée : il s’agit de brouillons de ses scénarios, de projets de décor, d’affiches pour ses films, de sa correspondance et d’une documentation de travail très riche[65]. Les archives du spectacle conservent également les fonds de Piero Tosi, le costumier des films de Luchino Visconti, qui ont été données à la Fondation en 2009. On y trouve notamment ses dessins et ses maquettes[66]. Sont également conservés ici les fonds de son élève Vera Marzot[67] et de l’écrivaine et cinéaste Giuliana Ruggerini[68].

 

La présence de ces fonds dédiés au spectacle et à la littérature témoigne d’un intérêt de la Fondation Gramsci pour des domaines autres que l’histoire, la philosophie ou la politique. En même temps, elle confirme aussi un trait singulier de l’histoire de l’ancien promoteur de la Fondation, le Parti communiste italien : par rapport à ses partis frères, celui-ci fut, tout au long de son histoire, marqué par un rapport particulièrement étroit avec le monde de la culture, d’où provenaient certains de ses dirigeants les plus importants. Il s’agissait d’une perspective étroitement liée à l’héritage gramscien et notamment à la notion d’« hégémonie » élaborée par le penseur sarde, qui impliquait le remplacement d’une idée de révolution communiste comme transformation soudaine et violente par celle d’une lutte de longue haleine à mener sur le terrain socio-culturel[69]. S’il serait erroné de réduire la culture politique du PCI à cette seule inspiration – les traits commun avec le reste du mouvement communiste international demeurèrent des composantes fondamentales de l’identité du communisme italien jusqu’aux dernières années de son expérience historique[70] –, son empreinte est néanmoins évidente dans l’histoire d’une institution comme la Fondation Gramsci.

Les pistes qui s’ouvrent aux chercheurs visitant ses archives ou sa riche bibliothèque spécialisée[71] sont nombreuses. Cette variété reflète à la fois les spécificités et les ambiguïtés de la culture politique de la gauche communiste italienne, mais aussi le renouvellement des pratiques de la recherche historique. Aux approches plus classiques, qui se concentrent sur l’histoire des groupes dirigeants des partis politiques dans une perspective d’histoire nationale[72], se sont ajoutées au fil des décennies de nombreuses recherches qui utilisent les fonds déposés auprès de la Fondation Gramsci pour reconstruire une histoire sociale à multiples facettes[73], ou offrir une histoire des relations internationales ou des dynamiques transnationales perçue à travers les yeux d’un acteur relativement périphérique mais influent dans les réseaux communistes puis de la gauche européenne[74]. Pour se limiter à un exemple de ce dernier type d’usage, nous conclurons en mentionnant l’histoire de la « guerre froide globale » d’Odd Arne Westad. Dans cet ouvrage désormais classique, les archives de la Fondation, définies par l’auteur comme « une mine d’or pour l’historien des relations internationales », sont citées pour la première fois en relation avec un document conservé concernant… le Parti congolais du travail[75] ! Les fonds d’archives de la Fondation Gramsci n’intéressent en somme pas uniquement les spécialistes du PCI ou de la gauche italienne, mais tous les chercheurs travaillant sur l’Italie contemporaine comme ceux travaillant sur le communisme européen, la social-démocratie ou l’histoire de la guerre froide. Culture et politique nationale italiennes et perspectives d’histoire globale finissent donc par être bien plus proches que ce que l’on pourrait penser dans des archives dont les potentialités sont encore loin d’être pleinement explorées par les chercheurs.

Pour citer cet article : Michele Di Donato et Gabriele Siracusano, « La Fondation Gramsci et ses archives : de la gauche italienne à l’histoire globale », Histoire@Politique, n° 38, mai-août 2019 [en ligne : www.histoire-politique.fr ]

Notes :

[1] L’article est le fruit des recherches et de la réflexion menées en commun par les auteurs. Les sections « Entre culture et politique » et « Conclusion » ont été rédigées par Michele Di Donato, la section « D’Antonio Gramsci à… Luchino Visconti » a été rédigée par Gabriele Siracusano. Les auteurs tiennent à remercier tout le personnel de la Fondation Gramsci, et notamment les archivistes, Giovanna Bosman et Cristiana Pipitone, pour l’aide amicale qui leur a été offerte dans la préparation de l’article.

[2] Giovanna Bosman, Storia d’Italia e storia internazionale negli Archivi, dans La Fondazione Istituto Gramsci, il sessantesimo. Storia, politica, cultura, 2000-2010, Rome, Res Cogitans, 2010, p. 45.

[3] Cette esquisse d’histoire de la Fondation Gramsci s’appuie notamment sur : Albertina Vittoria, Togliatti e gli intellettuali. La politica culturale dei comunisti italiani (1944-1964), Rome, Carocci, 2014 ; Fiamma Lussana (dir.), La Fondazione Istituto Gramsci : Cinquant’anni di cultura, politca e storia, Florence, Pineider, 2000.

[4] Un débat historiographique très vivace s’est penché dans les dernières décennies sur la question du rapport entre « national » et « international » dans la politique du PCI. Voir, entre autres, Marc Lazar, Maisons Rouges. Les partis communistes français et italien de la Libération à nos jours, Paris, Aubier, 1992 ; Elena Aga Rossi, Victor Zaslavsky, Togliatti e Stalin : il Pci e la politica estera staliniana negli archivi di Mosca, Bologne, il Mulino, 1997 et 2007; Silvio Pons, L’impossibile egemonia. L’URSS, il Pci e le origini della guerra fredda, Rome, Carocci, 1999 ; Roberto Gualtieri (dir.), Il Pci nell’Italia repubblicana 1943-1991, Rome, Carocci, 2001 ; Andrea Guiso, La colomba e la spada. Lotta per la pace e antiamericanismo nella politica del Partito comunista italiano, 1949-1954, Soveria Mannelli, Rubbettino, 2006 ; Roberto Gualtieri, Carlo Spagnolo, Ermanno Taviani (dir.), Togliatti nel suo tempo, Rome, Carocci, 2007.

[5] A. Vittoria, Togliatti e gli intellettuali, op. cit., pp. 129-150.

[6] Voir Nello Ajello, Intellettuali e PCI, 1944-1958, Rome-Bari, Laterza, 1997.

[7] Tendenze del capitalismo italiano: Atti del convegno di Roma. 23-25 marzo 1962, Rome, Editori Riuniti, 1962; Tendenze del capitalismo europeo: Atti del convegno di Roma: 25-27 giugno 1965, Rome, Editori Riuniti, 1966. Voir aussi Franco De Felice, Nazione e sviluppo. Un nodo non sciolto”, dans Id., L’Italia repubblicana. Nazione e sviluppo. Nazione e crisi, Turin, Einaudi, 2003, pp. 33-43 ; Mauro Maggiorani, L’Europa degli altri. Comunisti italiani e integrazione europea (1957-1969), Rome, Carocci, 1998.

[8] F. Lussana, La Fondazione Istituto Gramsci, op. cit., p. 20. Toutes les traductions françaises de l’italien sont celles des auteurs.

[9] Antonio Gramsci, Quaderni del Carcere. Edizione critica dell’Istituto Gramsci a cura di Valentino Gerratana, 4 vol., Turin, Einaudi, 1975. Le meilleur outil pour mesurer la diffusion globale de la pensée de Gramsci est la bibliographie initiée par John M. Cammett, et dirigée aujourd’hui par Francesco Giasi et Maria Luisa Righi avec la collaboration de l’International Gramsci Society. Sa base de données est disponible en ligne : http://bg.fondazionegramsci.org/biblio-gramsci/ [lien consulté le 6 février 2019]. La Fondation Gramsci promut aussi la collection « Studi Gramsciani nel Mondo » [Études gramsciennes dans le monde] auprès de l’éditeur il Mulino (https://www.fondazionegramsci.org/categoria/periodici/studigramsciani, lien consulté le 12/09/2019).

[10] Voir, parmi d’autres, Francesco Barbagallo (dir.), Storia dell’Italia repubblicana, Turin, Einaudi, 1994 ; L’Italia repubblicana nella crisi degli anni Settanta, 4 vol., Rubbettino, Soveria Mannelli, 2003 ; Pier Luigi Ballini, Sandro Guerrieri, Antonio Varsori (dir.), Le istituzioni repubblicane dal centrismo al centro-sinistra (1953-1968), Carocci, Rome, 2006 ; L’Italia contemporanea dagli anni Ottanta a oggi, 3 vol., Carocci, Rome, 2014.

[11] R. Gualtieri, Il PCI nell’Italia repubblicana, op. cit. ; R. Gualtieri, C. Spagnolo, E. Taviani, Togliatti nel suo tempo, op. cit. ; Francesco Giasi (dir.), Gramsci nel suo tempo, Carocci, Rome, 2008.

[12] Voir par exemple les colloques « Forty Years of Cold War » (2000) ; « Gorbachev and Europe » (2003) : « Rethinking the 1970s » (2004) ; « Twenty Years After the Fall : A Reappraisal of 1989 » (2009).

[13] Voir, entre autres, Ermanno Taviani, Giuseppe Vacca (dir.), Gli intellettuali nella crisi della Repubblica 1968-1980, Rome, Viella, 2016 ; ou les numéro spéciaux de Studi Storici : “Luisa Mangoni storica della cultura” (3/2015) et “Fascismo : itinerari storiografici da un secolo all’altro” (1/2014).

[14] On mentionnera seulement la revue Studi Storici, fondée en 1959, ainsi que les collections « Annali della Fondazione Gramsci » et « Storia Internationale del XX Secolo » auprès de l’éditeur Carocci.

[15] Par exemple l’exposition de 2011 sur l’histoire du PCI (« Avanti Popolo : Il PCI nella storia d’Italia »), celle de 2014 sur Togliatti et la Constitutions (au Palais Montecitorio de Rome, le siège de l’Assemblée nationale), ou encore celles de 2017 sur Antonio Gramsci et la Grande Guerre et sur les Cahiers de prison. Voir : https://www.fondazionegramsci.org/categoria/mostre-spettacoli/ [lien consulté le 12/09/2019].

[16] Jusqu’en 1996, la documentation originale est conservée par le PCI qui l’utilise encore pour ses travaux. Cette année-là, c’est le PDS, héritier du PCI, qui transfère l’ensemble des fonds à la Fondation Gramsci.

[17] Voir L. Giuva, Introduzione alla Guida agli archivi della Fondazione Istituto Gramsci, Annali della Fondazione Istituto Gramsci 1992, Rome, Editori riuniti, 1994, p. XXVIII.

[18] C. Pipitone, « Les archives du Parti communiste italien », Cahiers d’histoire. Revue d’histoire critique, 112-113, 2010 (dossier M. Di Maggio [dir.], « Histoires croisées du communisme italien et français »).

[19] G. Fiocco, « Lotta politica e questione istituzionale nelle carte dell’Archivio del PCI », dans G. Monina (dir.), Le origini della Repubblica, vol. II, Soveria Mannelli, Rubbettino, 2007, p. 485-516.

[20] C. Pipitone, « Les archives du Parti communiste italien », art. cit.

[21] Cristiana Pipitone, Guida on-line agli archivi della Fondazione Gramsci, http://archivi.fondazionegramsci.org/gramsci-web/quickAccess/IT-GRAMSCI-GUI00001-0000004/result?fatherLevel=1 [lien consulté le 12/09/2019].

[22] Fondazione Istituto Gramsci (dorénavant FIG), Archivi del Partito comunista italiano (dorénavant APC), Partito, 1963, Apparato Cc, Nota per l’ufficio di segreteria, 8 gen. 1963, mf 489/3254-5.

[23] Linda Giuva, L’Archivio del Partito comunista italiano in Gli archivi dei partiti politici, Rome, Ministero per i beni culturali e ambientali, 1996, p. 73.

[24] Ettore Rotelli, L’avvento della regione in Italia. Dalla caduta del regime fascista alla Costituzione repubblicana (1943-1947), Milano, Giuffrè, 1967.

[25] Voir L’istituzione del Comitato regionale e la sua soppressione (gennaio 1947 – febbraio 1991), http://www.cittadegliarchivi.it/pages/getDetail/sysCodeId:IT-CPA-SP00001-0000166#contenuto [lien consulté le 12/09/2019]. Sur l’institution du Congrès régional : voir XIV Congresso del Partito comunista italiano. Atti e risoluzioni, Rome, Editori Riuniti, Rome, 1975.

[26] FIG, APC, inventaires 1945-1955 – Sezione esteri.

[27] Voir : Carlo Spagnolo, Sul memoriale di Yalta. Togliatti e la crisi del movimento comunista internazionale (1956-1964), Rome, Carocci, 2007 ; Alexander Hobel (dir.), Palmiro Togliatti, Il 1956 e la via italiana al socialismo, Rome, Editori Riuniti, 2016.

[28] Voir : Marco Galeazzi, Il PCI e il movimento dei paesi non allineati (1955-1975), Milan, Franco Angeli, 2011 ; Onofrio Pappagallo, Verso il nuovo mondo. Il PCI e l’America latina (1945-1973), Milan, Franco Angeli, 2016 ; Paolo Borruso, Il PCI e l’Africa indipendente. Apogeo e crisi di un’utopia socialista (1956-1989), Florence, Le Monnier, 2009.

[29] Cristiana Pipitone, « Les archives du Parti communiste italien », art. cit. Voir aussi : FIG, APC, inventaires 1956-1988 – Sezione esteri.

[30] FIG, APC, NC, 1983, f. 17, b. 742, Materiale per il XVI Congresso. A proposito del XVI Congresso del PCI Voir Armando Cossutta, Dissenso e unità: il dibattito politico nel PCI dal XVI al XVII Congresso, Milan, Teti, 1986.

[31] Voir Silvio Pons, Berlinguer e la crisi del comunismo, Turin, Einaudi, 2006 ; Michele Di Donato, I comunisti italiani e la sinistra europea. Il PCI e i rapporti con le socialdemocrazie (1964-1984), Rome, Carocci, 2015 ; Maria Serena Adesso, « Il consenso delle sinistre italiane all’integrazione europea (1950-1969) », Diacronie, 1, 2012 ; A. Varsori, « La questione europea nella politica italiana (1969-1979) », Studi storici, 4, 2001, pp. 953-971.

[32] Voir par exemple Silvio Pons, L’impossibile egemonia, op. cit., qui souligne ces lacunes et insiste sur la nécessité de croiser la documentation des archives italiennes avec celle, bien plus riche, qui provient des archives de l’ancienne Union soviétique. Une autre question qui, inévitablement, a laissé très peu de traces dans les archives est celle du financement soviétique : voir Valerio Riva (avec Francesco Bigazzi), Oro da Mosca. I finanziamenti sovietici al PCI dalla Rivoluzione d’ottobre al crollo dell’URSS, Milano, Mondadori, 1999.

[33] Voir Silvio Pons, « Western Communists, Mikhail Gorbachev and the 1989 Revolutions », Contemporary European History, 18, 3, 2009, pp. 349-362 ; Odd Arne Westad, The Global Cold War : Third World Interventions and the Making of Our Times, Cambridge, Cambridge University Press, 2007, p. 467.

[34] FIG, APC, Partito, 1971, Apparato Cc, relazione di Checchini per Aglietto e Galleni, 25 nov. 1971, mf. 160/4.

[35] Linda Giuva, L’Archivio del Partito comunista italiano, op. cit., p. 73.

[36] Voir A. Naccarato, Difendere la democrazia. Il PCI contro la lotta armata, Roma, Carocci, 2016.

[37] Voir : S. Pons, Berlinguer e la fine del comunismo, op. cit. ; F. Barbagallo, « Enrico Berlinguer, il compromesso storico e l’alternativa democratica », Studi storici, n. 4, 2004.

[38] Voir : XVI Congresso del Partito comunista italiano, atti e risoluzioni, Rome, Editori Riuniti, 1983 ; FIG, APC, NC, 1983, f. 17, b. 742, Materiale per il XVI Congresso. À propos de la lutte à la mafia et sur Pio La Torre, voir Francesco Tornatore, “Ecco perché…” Bibliografia degli scritti di Pio La Torre, Palerme, Istituto Poligrafico, 2016 ; sur le PCI et la réforme de l’Armée italienne, voir Ugo Pecchioli, Aldo D’Alessio, La riforma democratica delle Forze Armate, Rome, Editori Riuniti, 1979.

[39] Michele Citoni, Catia Papa, Sinistra ed ecologia in Italia, 1968-1974 », I quaderni di Altronovecento, n° 8, 2017, Brescia, Fondazione Luigi Micheletti, pp. 28-36, http://www.fondazionemicheletti.eu/altronovecento/quaderni/Citoni-Papa%202017_Sinistra%20ed%20ecologia.pdf [lien consulté le 12/09/2019].

[40] Valerio Calzolaio, Enrico Berlinguer e l’ecologia, communication aux colloques intitulés « da Gramsci a Berlinguer all’Eliseo. Fondamenti di pensiero ecologista », Napoli, 31/10/2017, Italiani. Settimanale della Fondazione Italiani, 2017 ; sur Raffaello Misiti, Voir Silvana Misiti, Roberto Musacchio, « Raffaello Misiti (1925-1986) », Altronovecento, n° 1, 1999, http://www.fondazionemicheletti.it/altronovecento/articolo.aspx?id_articolo=1&tipo_articolo=d_persone&id=87 [lien consulté le 12/09/2019].

[41] Chiara Daniele, Linda Giuva, Guida agli archivi della Fondazione Gramsci, Archivio delle donne « Camilla Ravera », http://archivi.fondazionegramsci.org/gramsci-web/quickAccess/IT-GRAMSCI-GUI00001-0000085/result?fatherLevel=1. [lien consulté le 12/09/2019].

[42] Voir Gabriella Nisticò (dir.), Le Brigate Garibaldi nella Resistenza, Milano, Feltrinelli, 1979 ; Luigi Longo, I centri dirigenti del PCI nella Resistenza, Rome, Editori Riuniti, 1973 ; Giorgio Amendola, Lettere a Milano (1939-1945), Rome, Editori Riuniti, 1974.

[43] Portale Archivi della Resistenza, http://archivioresistenza.fondazionegramsci.org/resistenza-gramsci/ [lien consulté le 12/09/2019].

[44] Giovanna Bosman, Storia d’Italia e storia internazionale negli Archivi, op. cit., pp. 52-53.

[45] Lettre de Tatiana à la famille, décembre 1926, Mimma Paulesu Quercioli (dir.), Tatiana Schucht, Lettere ai familiari, Rome, Editori riuniti, 1991, p. 22.

[46] Lettre de Ruggero Grieco à Camilla Ravera, janvier 1927, dans Antonio Gramsci, Tatiana Schucht, Lettere 1926-1935, sous la direction de Aldo Natoli, Chiara Daniele, Turin, Einaudi, 1997, pp. 25-26 ; Giuliano Gramsci, Ricordo di Tatiana, T. Schucht, Lettere ai familiari, cit., p. XVIIII.

[47] Paolo Spriano, L’ultima ricerca, Roma, L’Unità editrice, 1988, p. 32.

[49] Ispolnitel'nyj komitet Kommunističeskogo internacionala, le Comité exécutif de l’International communiste.

[50] Voir FIG, Archives Antonio Gramsci (AAG), Carte Famiglia Schucht, Varie. 

[51] Cristiana Pipitone, Guida on-line agli archivi della Fondazione Gramsci, op. cit.

[52] Ibid. ; FIG, APC, Internazionale comunista, Comitato centrale del PCUS (17), inv. 128, fasc. 42.

[53] FIG, APC, Internazionale comunista, Comitato centrale del Pcus (17), inv. 128, fasc. 966. 

[54] Cristiana Pipitone, Guida on-line agli archivi della Fondazione Gramsci, op. cit.

[55] Ibid.

[56] Voir, parmi beaucoup d’autres : Giuseppe Vacca, Vita e pensieri di Antonio Gramsci, Torino, Einaudi, 2012 ; Giuseppe Vacca, Modernità e alternative. Il novecento di Antonio Gramsci, Torino, Einaudi, 2017 ; Francesco Giasi, Gramsci nel suo tempo. Annali della Fondazione Gramsci, Roma, Carocci, 2009 ; Gherib Baccar, Penser la Transition avec Gramsci. (Tunisie 2011-2014), Tunis, Diwen Editions, 2017 ; Kate Crehan, Gramsci’s Common Sense: Inequality and Its Narratives, Durham, Duke University Press Books, 2016 ; Anthony Crezegut, « Althusser, étrange lecteur de Gramsci. Lire "Le marxisme n’est pas un historicisme", 1965-2015 », Décalages, 1, 2016 ; Francisco Fernandez-Buey (dir.), Antonio Gramsci, Para la reforma moral e intelectual, Madrid, Los libros de la Catarata, 2016 ; Ivete Simionatto, Gramsci : sua teoria, incidência no Brasil, influencia no serviço social, São Paulo, Cortez, 1995.

[57] Fiamma Lussana, La Fondazione Istituto Gramsci. Cinquant’anni di cultura, politica e storia, op. cit., pp. 108-111. La liste des volumes déjà publiés est disponible à l’adresse : https://www.fondazionegramsci.org/categoria/edizionenazionale/ [lien consulté le 02/09/2019].

[58] Voir Rita Guerricchio, Storia di Sibilla, Pisa, Nistri-Lischi,1974.

[59] Marina Zancan, Cristiana Pipitone, L’archivio di Sibilla Aleramo. Guida alla consultazione, Roma, Fondazione Istituto Gramsci, 2006, pp. 13-38.

[61] Fondazione Gramsci Onlus, Archivi di cinema, letteratura e teatro. Archivio Luigi Squarzina, https://www.fondazionegramsci.org/archivi/archivi-di-cinemaletteraturateatro/archivio-squarzina/  [lien consulté le 02/09/2019].

[62] Voir Elio Testoni, Dialoghi con Luigi Squarzina, Florence, Le Lettere, 2015.

[63] Marilisa Nanini, Alessandra Favino, Inventaires du Fonds Luigi Squarzina, Fondazione Gramsci Onlus ; Alessandra Favino, Marlon Pellegrini, Elenco della documentazione contenuta nell’archivio di Luigi Squarzina, https://www.fondazionegramsci.org/wp-content/uploads/2014/05/archivio_squarzina.pdf lien consulté le 02/09/2019].

[64] Sur la commission culturelle, voir : Albertina Vittoria, « La commissione culturale del PCI dal 1948 al 1956 », Studi storici , 1, 1990, pp. 135-170.

[65] Caterina D’Amico De Carvalho, Alessandra Favino, Il fondo Luchino Visconti. Guida alla consultazione, Rome, Fondazione Istituto Gramsci, 2003, pp. 17-36.

[66] Les archives Piero Tosi, Fondazione Gramsci, https://www.fondazionegramsci.org/archivi/archivi-di-cinemaletteraturateatro/archivio-piero-tosi/ lien consulté le 02/09/2019].

[67] Fondazione Gramsci – Lazio ‘900, https://www.lazio900.it/istituto/fondazione-istituto-gramsci-onlus/ [lien consulté le 02/09/2019].

[68] Giorgio Tabanelli, In teatro e in televisione, vol. II, Rome, Rai-Eri, 2003, pp. 29-52.

[69] Voir notamment Giuseppe Vacca, Vita e pensieri di Antonio Gramsci, op. cit.

[70] Voir, par exemple, les considérations proposées dans le profil synthétique de Giovanni Gozzini, « Italian Communism », dans Norman Naimark, Silvio Pons, Sophie Quinn-Judge (dir.), The Cambridge History of Communism, vol. 2 : The Socialist Camp and World Power 1941–1960s, Cambridge, Cambridge University Press, 2017, pp. 597-618.

[71] Pour une introduction historique et pour les catalogues, voir https://www.fondazionegramsci.org/biblioteca/storia/ [lien consulté le 02/09/2019].

[72] L’exemple le plus éminent serait, de ce point de vue, Paolo Spriano, Storia del Partito comunista italiano, Turin, Einaudi, 1967–75.

[73] Quelques exemples : Franco Andreucci, Falce e martello. Identità e linguaggi dei comunisti italiani fra stalinismo e guerra fredda, Bologne, Bononia University Press, 2005 ; Maria Casalini, Famiglie comuniste. Ideologie e vita quotidiana nell’Italia degli anni Cinquanta, Bologne, Il Mulino, 2010 ; Giandomenico Crapis, Il frigorifero del cervello. Il PCI e la televisione, Rome, Editori Riuniti, 2002.

[74] Voir Onofrio Pappagallo, Il PCI e la rivoluzione cubana. La via latinoamericana al socialismo tra Mosca e Pechino (1959-1965), Rome, Carocci, 2009 ; Marco Galeazzi, Il PCI e il movimento dei paesi non allineati 1955–1975, Milano, Franco Angeli, 2011 ; M. Di Donato, I comunisti italiani e la sinistra europea, op. cit. ; Gabriele Siracusano, « Il PCI e il processo d’indipendenza dell’Africa nera francese (1958-1961) », Studi storici, 1, 2016, pp. 189-218.

[75] Odd Arne Westad, The Global Cold War, op. cit., pp. XI et 446.

Michele Di Donato

Michele Di Donato est chercheur à l’Université de Pise. Ses recherches portent sur l’histoire internationale des gauches européennes et de la guerre froide. Parmi ses publications principales : I comunisti italiani e la sinistra europea. Il PCI e i rapporti con le socialdemocrazie (1964-1984) (Rome, Carocci, 2015) ; « The Cold War and Socialist Identity. The Socialist International and the Italian ‘Communist Question’ in the 1970s” », (Contemporary European History, 2, 2015) ; avec Silvio Pons « Reform Communism » (dans Juliane Fürst, Silvio Pons and Mark Selden [dir.], The Cambridge History of Communism, vol. III. Cambridge, Cambridge University Press, 2017). Il est membre du Conseil scientifique de la Fondation Gramsci.

Gabriele Siracusano

Gabriele Siracusano est doctorant en histoire à l’Université de Rome « Tor Vergata » et à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne. Il étudie les relations entre les partis communistes français et italien et l’Afrique subsaharienne francophone pendant la guerre froide. Il est rédacteur de la revue Historia Magistra et collaborateur de la Fondation Gramsci à Rome. Il a notamment publié : « I comunisti francesi e il Rassemblement démocratique africain negli archivi del PCF (1946-51) », (Studi storici, 3, 2018, pp. 711-743) ; « Progresso, guerra fredda e vie nazionali al socialismo in Africa : il PCI e la Repubblica di Guinea (1958-1968) » (Quaderna, 4, 2018) ; « Il PCI e il processo d’indipendenza dell’Africa nera francese (1958-1961) » (Studi storici, 1, 2016, pp. 189-218).

Mots clefs : Antonio Gramsci ; communisme; Italie ; archives ; culture et politique ; Antonio Gramsci ; Communism ; Italy ; Archives ; Culture and Politics.

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  • ISSN 1954-3670