Histoire@Politique : Politique, culture et société

Pistes & débats

Mémoires européennes : nouvelles enquêtes

Étienne François, Thomas Serrier
Résumé :

L’avènement de l’ère de la mémoire, accompagnée depuis plus de trente ans par une vaste production en sciences sociales consacrée à l’analyse des mémoires collectives dans les sociétés (...)

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L’histoire européenne fait-elle sens aujourd’hui, tiraillée entre l’appel du large de l’histoire globale et/ou de l’histoire connectée, et le retour au cadre familier de l’histoire nationale et à ses prétendues vertus pédagogiques, tel qu’il est appelé à grands cris par des publicistes en vue et des responsables politiques de premier plan, du moins pour ce qui est de la France? La réponse la plus appropriée n’est-elle pas de mondialiser et de pluraliser le genre « histoire nationale », à l’image de la récente Histoire mondiale de la France dirigée par Patrick Boucheron, ou de tentatives similaires, déjà plus anciennes, de présenter une « histoire transnationale », par exemple de l’Empire allemand ou de l’histoire états-unienne[1] ? Entre la nation et le monde, l’Europe n’est-elle pas une échelle intermédiaire inadéquate, à l’heure où ses peuples eux-mêmes semblent se détourner de ses institutions et douter de son horizon ? Inversement, l’actuelle crise de sens du projet politique européen ne fait-elle pas ressentir la nécessité d’interroger les représentations que les Européens se font d’eux-mêmes, dans le temps long de l’histoire ?

Ne suffit-il pas d’évoquer les différences apparues au cours des commémorations de la Première Guerre mondiale ou de la chute du mur de Berlin en 2014, cette grande année jubilaire européenne ? Ou encore la crise des réfugiés, qui a fait resurgir toute une série d’images enfouies dans le grenier des représentations européennes, tout en mettant au jour des vues contradictoires voire opposées ? Ajoutons à cet inventaire la revitalisation de mythes géo-historiques concurrents dans le contexte russo-ukrainien, l’évocation des réparations allemandes après la Seconde Guerre mondiale, véritable joker dans les négociations actuelles sur la dette des pays de l’Europe du Sud, sans même évoquer les débats autour de l’empreinte de l’immigration sur les mémoires européennes. Les heurts qui ont marqué la commémoration du massacre de Srebrenica en juillet 2015 montrent le potentiel explosif de toute politique du passé. Si l’on ne se limite plus aux toutes dernières années, ce qui frappe, c’est le caractère passionnel des débats identitaires qui traversent et ébranlent toute l’Europe, dans et hors Union européenne (UE) – mémoire de l’explosion de la Yougoslavie, rejeu du grand fossé Est-Ouest, autonomisme catalan, nationalisme flamand, agenda du Brexit et réponse possible de l’autonomisme écossais, réveil de la question irlandaise... L’onde de choc de bien des scissions, qu’elles aient pris place dans un passé récent ou semblent désormais imaginables dans un futur proche, est rarement restée circonscrite à une zone régionale limitée. Les mémoires à vif et les appartenances actuelles s’effritant au profit d’autres configurations imaginées, d’autres scissions semblent pouvoir être à leur tour envisagées.

Face à l’urgence politique de comprendre la récurrence, voire la recrudescence d’usages du passé, une certaine lassitude des milieux scientifiques est cependant perceptible. Le « memory boom », diagnostiqué par Jay Winter à la fin des années 1990 pour souligner la floraison de travaux et d’initiatives sur les questions mémorielles, a-t-il conduit à l’overdose et rendu nécessaire une cure de désintoxication[2] ? Faut-il voir dans cette fatigue l’amorce d’un retrait durable des chercheurs dans leur tour d’ivoire ou au profit d’autres modes conceptuelles, avant même que certaines questions brûlantes n’aient été réellement abordées à la hauteur des enjeux ? La raison paradoxale de ce relatif essoufflement réside peut-être dans l’inflation de projets de recherche sur des lieux de mémoire locaux, régionaux ou nationaux dans les années 1990 et 2000. Force est pourtant de constater qu’une transposition à l’échelle européenne, maintes fois invoquée depuis vingt ans, fait plus aisément l’objet de réflexions théoriques ponctuelles que de transcriptions concrètes, même expérimentales[3]. À la fois simple et forte, notre hypothèse part de l’idée que les doutes actuels touchant aux études mémorielles concernent moins le bien-fondé de la méthode et de ses attendus possibles que la difficulté de concevoir ce saut qualitatif et quantitatif, de l’échelle nationale à l’échelle européenne.

Les réflexions qui suivent ont accompagné l’élaboration d’une vaste publication collective sur les mémoires européennes et les lieux de mémoire européens menée entre 2014 et 2016, et publiée en 2017 sous le titre Europa. Notre histoire. L’ouvrage, que nous avons eu l’honneur de diriger en coopération avec cinq co-éditeurs européens et non européens, rassemble plus de cent auteurs internationaux (dont un quart seulement de Français), invités à interroger sans a priori l’existence ou plutôt les conditions de possibilité, les contours et les limites d’un espace de mémoire européen[4]. Il s’inscrit à ce titre dans un questionnement très contemporain, dont témoigne une production scientifique, notamment historiographique, intense et renouvelée.

Les présentes considérations s’appuient donc aussi sur une revue critique d’autres tentatives menées depuis une quinzaine d’années pour proposer une vision de l’histoire européenne revisitée à la lumière d’une série de concepts proches quoique distincts les uns des autres : « mémoires collectives » (Maurice Halbwachs), « mémoires culturelles » et « mémoires communicatives » (Jan Assmann), « lieux de mémoire » (Pierre Nora), « usages politiques du passé », « cultures mémorielles » (Aleida Assmann) enfin, au sens large[5]. L’enjeu central d’une transposition d’une enquête sur les mémoires et les lieux de mémoire à l’échelle européenne est aussi clair à formuler que malaisé à saisir. Il se résume à la question – simple mais fondamentale – du singulier ou du pluriel. Autrement dit, peut-on parler d’une mémoire européenne au singulier, ou faut-il obligatoirement parler des mémoires européennes au pluriel, en considérant leur pluralité comme un fait irréductible ?

Études mémorielles : l’échelle européenne comme enjeu

Depuis une quinzaine d’années, les nombreuses publications sur les « lieux de mémoires », caractéristiques des années 1980-1990, ont à leur tour engendré de multiples projets qui ont tenté de transposer à l’échelle européenne ce qui avait dans un premier temps été envisagé au niveau national ou local, suivant en cela le modèle initial des Lieux de mémoire de Pierre Nora[6].

Ces projets d’européanisation, mûris durant la crise européenne ou directement suscités par elle, se sont naturellement accompagnés d’une réflexion d’ensemble sur l’Europe comme entité historique et la possibilité ou l’impossibilité d’écrire une histoire générale du continent, question au cœur de l’ouvrage Europa, dont il sera question plus loin, ainsi que de l’ouvrage collectif Europe. Encyclopédie historique, dirigé par Daniel Roche et Christophe Charle. Dans l’un et l’autre de ces ouvrages, l’élaboration d’un dispositif polyphonique permettant une exploration dynamique de la diversité spatiale et temporelle de l’Europe semble répondre au défi d’un objet perpétuellement mouvant[7]. Le double « non » français et hollandais aux référendums sur le projet de Constitution pour l’Europe en 2005, un an à peine après l’élargissement de 2004, suivi depuis par la crise financière, le débat sur le Grexit, la guerre en Ukraine, la crise des migrants, le vote britannique pro-Brexit et l’affirmation généralisée des égoïsmes nationaux, n’ont ainsi cessé d’exacerber depuis dix ou quinze ans les interrogations sur le devenir de l’Union européenne et plus généralement du continent. Le rétablissement partiel, pour raisons sécuritaires, des frontières intérieures, touchant à un « acquis » essentiel de la construction européenne, a partiellement pris place dans un contexte de montée du nationalisme et d’essor des populismes[8].

« Europe frigide » sur la scène internationale (Élie Barnavi), « violée » par le diktat du marché (Robert Salais), « interdite » (Jean-Marc Ferry) dans les deux sens d’éberluée et d’entravée, les constats sévères se sont succédé dernièrement. L’interrogation : « L’Europe va-t-elle échouer ? » (Geert Mak) n’est plus taboue depuis longtemps. Logiquement, les scénarios pour « après l’Europe » (Ivan Krastev) commencent à émerger dans un contexte anomique, sinon anxiogène[9]. Le discours dominant est au dégrisement, à la mise en cause d’une croyance européenne présentée comme béate et naïve.

Un dénominateur commun, essentiel, émerge cependant de tous ces écrits : toutes différences d’analyse mises à part, la plupart d’entre eux admettent l’idée formulée par le sociologue et politiste allemand Claus Leggewie selon laquelle une visite du « champ de bataille » des mémoires européennes serait le préalable à notre compréhension des blocages politiques présents[10] – au prix d’ailleurs d’une possible surestimation du pouvoir de la mémoire, qui reste le grand impensé de tout un pan de la recherche mémorielle[11]

Dans ce contexte, la réflexion scientifique sur les lieux de mémoire européens et, plus généralement, le questionnement théorique sur les conditions de possibilité d’un concert européen des mémoires, ont dû se confronter au défi de la diversité intrinsèque de l’Europe et des lignes de faille persistantes qui divisent le continent, tout en faisant la part à la circulation des débats et à l’intégration réciproque des mémoires, si partielle fût-elle. Si elle appuie son propos principalement sur une analyse des politiques volontaristes d’européanisation des commémorations (autour de la libération d’Auschwitz les 27 janvier, et de la signature du pacte germano-soviétique les 2  août notamment), la théoricienne de la mémoire Aleida Assmann a-t-elle tort d’affirmer envers et contre tout que nous nous trouvons bel et bien engagés « sur la voie d’une culture mémorielle européenne » émergente, intégrant les sphères publiques bien plus profondément que les seuls cercles de décideurs européens[12] ?

Quelle que soit la réponse à cette question, l’interrogation sur les mémoires collectives à l’échelle européenne a indéniablement pris une dimension nouvelle depuis 1989-1991, époque-charnière qui constitue encore la ligne de fuite pour nombre d’interprétations. Si le contexte politique et international est aujourd’hui différent, et que, portés par l’injonction de penser l’Europe à la lumière de la globalisation et des études post- ou dé-coloniales, d’autres objets de recherche se sont imposés sur le devant de la scène, l’ombre portée de la division Est-Ouest du continent datant de la Guerre froide continue à l’évidence de se faire sentir. Les virulentes controverses consécutives à la chute du Rideau de fer et l’émotion suscitée notamment par la comparaison du nazisme et du stalinisme, ont laissé une empreinte profonde sur les réflexions théoriques consacrées aux mémoires collectives, longtemps organisées autour des enjeux du délicat dialogue Est-Ouest des mémoires[13]. L’élaboration, au cours des années 2000, de concepts comme « mémoires communes », « mémoires divisées », « mémoires partagées », voire « partageables », pour reprendre la belle idée de Luisa Passerini, porte la marque d’une recherche en sciences humaines et sociales surplombée dans la sphère publique par ce que Jean-Michel Chaumont, observateur des polémiques acerbes des années 1990, avait en son temps identifié comme une « concurrence » des victimes, sur le mode d’antagonismes frontaux, duels[14].

Dans ce contexte particulier, les tours guidés des mémoires européennes proposés dans des publications récentes, que ce soit les Europäische Erinnerungsorte publiés en 2012 en Allemagne ou encore Europa, portent autant la marque des grandes réinterprétations du XXe siècle datant des années 1990 que d’enjeux globaux plus récents. Ils dessinent les contours protéiformes de cultures mémorielles européennes plurielles, l’approche collective mettant notamment en lumière, dans un kaléidoscope évidemment fragmentaire, tout un ensemble de dynamiques contradictoires, véritablement « multidirectionnelles », mais toujours imbriquées[15].

Entre une défense ritualisée et quelque peu désincarnée de l’horizon européen, de moins en moins audible aujourd’hui, et l’escouade grandissante des chantres d’une identité nationale indépassable, la pluralité des perspectives et la mise en lumière de dialectiques complexes constituent une priorité de ces entreprises[16]. Compte tenu des enjeux, tant historiographiques que publics, une enquête de ce type ne peut en effet qu’être ambitieuse par son objet, alors même qu’elle se doit d’être modeste par son tâtonnement même au regard de l’immensité du champ considéré et des chausse-trapes méthodologiques dues à la pluralité des définitions de l’Europe et des approches des mémoires collectives. Réfléchir en commun à nos manières d’être ensemble ainsi qu’au rôle et à la place des mémoires dans nos pratiques présentes et nos visions d’avenir, sans se refuser le plaisir du savoir historien, tel est l’objet central de l’enquête Europa, une enquête qui se situe à la confluence des approches mémorielles, du questionnement postcolonial et des réflexions sur les « transferts culturels » (Michel Espagne, Michael Werner), reprises et prolongées par les travaux « d’histoire croisée » (Michael Werner, Bénédicte Zimmermann). Ces deux derniers concepts, élaborés successivement durant les années 1980 et les années 2000 ont joué un rôle décisif pour répondre au piège du « nationalisme méthodologique[17] » – les affinités heuristiques entre les recherches mémorielles et l’étude des transferts culturels ayant déjà été analysées ailleurs[18]. Car si le cadre premier de l’écriture de l’histoire comme de la formation des mémoires demeure pour une très large part le cadre national, aucune des histoires nationales et des mémoires collectives d’une nation n’existe en tant que telle, repliée sur elle-même et comme autosuffisante. Toutes ne peuvent se comprendre qu’à la lumière de jeux de miroir et d’imbrications croisées envisagées dans un contexte plus large, qui est d’abord européen, avant même d’être global.

Ce simple constat vaut position. Faut-il brièvement rappeler le scepticisme initial de Pierre Nora quant à la possibilité d’exporter sa notion de « lieu de mémoire » qu’il considérait comme spécifiquement adaptée à la France, et non transposable, même s’il a légèrement évolué sur ce point cardinal[19] ? Depuis, la success story européenne des « lieux de mémoire » (des Deutsche Erinnerungsorte en trois volumes aux récents Polsko-niemieckie miejsce pamięci en deux fois quatre volumes en passant par les trois volumes Europäische Erinnerungsorte déjà mentionnés) a prouvé de facto la puissance novatrice de la notion et la plasticité de la méthode tout en suscitant dans le même temps des critiques fondamentales et des apports théoriques importants[20]. Remarquons aussi, en passant, que ce type d’ouvrages semble offrir une clé de compréhension privilégiée par nos voisins, conduisant à des traductions fréquentes[21].

Indépendamment du magnétisme exercé par les Lieux de mémoire de Pierre Nora, qui explique la diffusion européenne de sa notion, il n’est pas inutile de rappeler, même brièvement, toutes les réserves qu’avait suscitées cette nouvelle approche en son temps : indûment normative, inconsciemment centralisatrice, élitaire dans ses choix et sacralisatrice en sous-main sous ses dehors déconstructivistes, l’entreprise de Pierre Nora a pu, non sans quelque raison, être comparée à une « cathédrale », imposant en majesté une perspective majoritaire, dominante et en dernier ressort contestable de l’histoire de la nation, plus proche d’une reconstruction à l’aide de « lieux » constitutifs que d’une véritable mise à plat des mémoires sociales[22].

Lieux de mémoire : européanisation d’un concept

À des degrés divers, ces critiques ont, semble-t-il, été entendues par les historiens étrangers ayant fait leur le concept de Pierre Nora au même titre que la puissance d’inspiration du concept, par-delà les mutations subies à chaque traduction, était pleinement reconnue[23]. À des titres divers, les transpositions à d’autres champs historiographiques ont toutes manifesté une part de fidélité et une part d’infidélité au modèle. Sans doute les Luoghi della memoria (Mario Isnenghi), premiers successeurs de Nora en 1996, construisaient-ils encore leur enquête autour de la matrice symbolique de l’unification italienne, imprimant ainsi sa cohérence comme sa limite à la sélection des entrées retenues, à l’image de ce que Pierre Nora avait fait consciemment ou inconsciemment pour son premier tome « La République » avec la mise en avant du répertoire emblématique de la Troisième République. Face aux discontinuités politiques intrinsèques à l’histoire allemande, les maîtres d’œuvre des Deutsche Erinnerungsorte (2001), Étienne François et Hagen Schulze, posaient en revanche explicitement la question des fractures historiques et de la fragmentation territoriale, interrogeant l’articulation des espaces dans la définition des identités allemandes, et la force perturbatrice de la double césure de 1933 et de 1945 dans le rapport allemand à la tradition[24]. L’insistance sur la présence mémorielle et la fonction identitaire de « lieux » situés en dehors de l’espace national proprement dit révélait l’importance d’espaces mémoriels pluriels et invitait à interroger les « frontières fantômes » héritées de périodes passées aussi bien que les appartenances multiples, au moins symboliquement parlant[25]. Pionniers, bien davantage que ne l’avait été Pierre Nora quinze ans avant eux, d’une transnationalisation de leur objet – ce dont témoignent des entrées comme « Versailles », « Une lutte pour Rome », « Tannenberg-Grunwald », « Les Turcs devant Vienne » ou « La cathédrale de Strasbourg » –, les Deutsche Erinnerungsorte ont, en dépit de leur cadre national assumé, constitué une étape importante dans l’européanisation des enquêtes sur des « lieux de mémoire ».

La critique adressée aux Lieux de mémoire de Pierre Nora par les collègues du Luxembourg ou de Suisse qui se sont appropriés la notion à peu près au même moment, reprend et approfondit l’hypothèse d’une pluralisation nécessaire. Elle n’est, au demeurant, pas dénuée de l’ironie propre aux ressortissants de « petits pays » face à une forme bien française d’arrogance culturelle ayant pour effet de marginaliser la part et la présence de l’Autre dans la construction de l’identité nationale[26]. De même, les historiens de l’Europe centrale, nécessairement mal à l’aise avec le centralisme propre à la France, ont souligné l’impensé normatif sous-jacent chez Nora, et l’absolu nécessité pour eux de développer un multi-perspectivisme seul à même de rendre compte de la pluralité des réfractions mémorielles de leurs histoires pluriculturelles[27]. Il n’est pas étonnant que le concept de « transnationalité » qui s’est épanoui dans l’historiographie autrichienne et centre-européenne dans le courant des années 1990-2000 ait immédiatement imprégné les proliférantes études mémorielles menées dans cet espace au niveau local, urbain, régional ou national, qui toutes illustraient l’intérêt d’une approche plurilingue et plurinationale[28]. L’historien autrichien Moritz Csáky a ainsi mis l’accent, à partir du cas austro-hongrois, sur la nécessité de prendre en compte les dimensions transnationales des mémoires, d’embrasser une multiplicité de points de vue toujours partiels et partiaux, de souligner l’importance de l’interculturel dans la construction des identités et de ne pas négliger la polysémie des discours selon le cadre culturel donné[29]. Mettant l’accent sur les villes millefeuilles, les personnages caméléons, les innombrables lieux à la croisée de plusieurs aires culturelles et les multiples cas de réceptions passe-frontières dont l’histoire de l’empire des Habsbourg regorge, les « lieux de mémoires » autrichiens (2004-2005) ont illustré cet « ambivalence de l’héritage culturel » qui renvoie, dans les termes de Csáky, à la problématique de l’ « encodage multiple » de la mémoire historique, autrement dit de son inscription dans la grammaire propre à chaque langue et à chaque culture[30]. Terminons ce trop rapide tour d’horizon en évoquant l’exemple récent des « lieux de mémoires germano-polonais », publication originale en ce qu’elle envisage d’emblée une approche mémorielle à double focale, allemande et polonaise, replacée dans son contexte européen et global. Robert Traba et Hans Henning Hahn, les deux architectes de ce projet d’histoire « relationnelle » bilatérale[31], ont notamment dû élaborer une réflexion théorique rendant compte de l’asymétrie fondamentale de la perception (et de la mémoire) de l’Autre au sein du « couple » germano-polonais. Le meilleur exemple étant sans doute la mémoire militaire de la première bataille de Tannenberg/Grunwald (bataille médiévale de 1410 opposant une armée composite sous les ordres du Grand-Maître de l’Ordre teutonique à une armée tout aussi composite emmenée par le roi de Pologne), très atténuée en Allemagne, alors qu’elle continue d’opérer comme curseur passablement mythifié de l’antagonisme germano-polonais en Pologne. Faut-il souligner que cette problématique de l’intensité différentielle des mémoires est l’un des défis récurrents d’une saisie de l’Europe par les mémoires ?

Singulier pluriel : mémoire européenne, mémoires européennes

Si le potentiel heuristique de la notion de « lieu » semble avéré bien au-delà du cas de la France, les doutes quant à sa possible transposition à une échelle européenne ne sont donc pas totalement levés. Comme le suggère Henry Rousso, l’absence lancinante d’un projet similaire au niveau européen n’en démontre-t-il pas l’impossibilité ultime, trente ans après Pierre Nora[32] ? Qui réfléchit aux appropriations par les Européens de leur propre histoire se heurte de fait immanquablement à une tension fondatrice. Espace d’expérience de tous, horizon d’attente de beaucoup (pas seulement en Europe, comme le prouvent les flux migratoires contemporains), l’Europe et les représentations de l’Europe exercent à l’évidence une forte capacité mobilisatrice. Mais dans le même temps, les recours incessants à son histoire mettent en lumière aussi bien les convergences que les divergences dans nos représentations collectives du passé.

L’originalité et la richesse du sujet ne sont donc assurément pas à chercher dans une unité superficielle (au sens d’uniformité), ni sans doute dans une diversité fondamentalement irréductible. Entre les deux se dégage au fil des analyses une dialectique complexe mais structurellement identifiable des cultures mémorielles européennes. N’y aurait-il pas dans le domaine mémoriel un « passage à l’Europe » similaire à celui que le politiste Luuk van Middelaar diagnostique, au plus fort de la « crise européenne », au niveau politique et institutionnel, à savoir l’émergence d’une « sphère intermédiaire » entre l’ancien « concert des nations » et ce cœur institutionnel européen, qui par essence se veut transnational voire supranational[33] ?

L’Europe possède-t-elle, comme les nations qui la composent, ces « unités significatives, d’ordre matériel ou idéel, dont la volonté des hommes ou le travail du temps a fait un élément symbolique d’une quelconque communauté » que Nora, le premier, a qualifiées de « lieux de mémoire » ? Telle est en effet la question à laquelle tentent de répondre les cent vingt articles des Europäische Erinnerungsorte et les quelques cent cinquante études de cas concrètes présentées dans Europa, dont l’ensemble permet de mieux penser la dialectique des « lieux » et des « milieux » de mémoire en présentant une analyse à fois phénoménologique et structurale des mémoires européennes.

Par leur sujet même, l’objectif de ces entreprises n’a pas été de procéder au « grand décentrement » de l’histoire mondiale appelé à satiété de leurs vœux par les tenants de l’histoire globale et les théoriciens du post-colonial. S’il est souvent question de projections « au loin » et de vues renversées, faisant la part aux représentations depuis l’étranger, c’est bien d’Europe qu’il s’agit. En raison même de ce focus résolument européen, l’injonction formulée par Dipesh Chakrabarty de « provincialiser l’Europe » n’en prend que plus d’importance. Il convient en effet de faire pièce au dédain qui fut longtemps une marque de fabrique des discours et des visions européennes du « reste » du monde. Si le troisième volume des Europäische Erinnerungsorte consacré à « L’Europe et le monde », à nos yeux trop court, à la sélection aléatoire et souvent anecdotique, déçoit malheureusement sur une question cruciale, Europa cherche à produire sur ce point une approche déconstructiviste, visant à décortiquer la manière dont les discours eurocentristes ont sédimenté au cours des âges. Si l’auto-adulation intrinsèque à la célébration d’Athènes comme berceau de la démocratie, si la comptine lénifiante du modèle européen de réconciliation ou encore la chronique satisfaite des apports européens en matière de progrès scientifiques apparaissent bien dans le corpus étudié, c’est pour prendre pleinement conscience des effets d’œillères. Surmonter cet écueil nécessitait de faire appel à de grandes plumes étrangères, gage de décloisonnement et condition sine qua non pour envisager cette histoire mémorielle de l’Europe, sinon comme une histoire rigoureusement symétrique, réservant des « parts égales » (Romain Bertrand) aux représentations internes et externes ainsi qu’aux facteurs endogènes et exogènes de formation des mémoires, du moins comme une histoire polycentrique, attentive aux mouvements et aux translations, aux transferts culturels et aux connections, qui font des mémoires européennes des mémoires intrinsèquement imbriquées, au-dedans comme au dehors[34].

Le choix n’est pas représentatif – comment le serait-il ? – mais, dans le cas d’Europa, cherche à identifier des « lieux » exemplaires, tirés d’une liste plus longue encore de possibles. Ce choix est cornélien : fidèles à une compréhension plus « historienne » que normative du concept, conscients des risque de canonisation d’une liste trop exclusive, classique ou élitiste, mais tout aussi préparés aux contestations massives que provoquerait immanquablement tout échantillon trop partiel ou partial, la curiosité portait à tester une multiplicité de « lieux », pour autant qu’il fût possible de les analyser dans la durée, au croisement de l’histoire mémorielle et d’une dimension « européenne » toujours à redéfinir. Toute classification est déjà porteuse d’interprétations. Parmi les choix assumés par-delà les limites inévitables de toute expertise, citons la volonté d’éviter à un noyau de pays le privilège de représenter pars pro toto le continent tout entier, conduisant notamment au choix d’une liste établie collégialement. Il n’en demeure pas moins évident que l’Europe est assez vaste et diverse pour abriter d’autres enquêtes similaires lesquelles, impulsées depuis Helsinki, Minsk ou Athènes – ou des rives sud de la Méditerranée –, présenteraient des contours géographiques et des fils rouges thématiques sans doute assez différents. L’hypothèse, fort possible au demeurant, d’une Europe à plusieurs cercles mémoriels, doit ainsi être problématisée sans déterminisme géographique ni a priori normatif[35].

Un objectif tout aussi important nous semble de montrer l’infinie variété des vecteurs des mémoire et de moduler les « jeux d’échelles » (Jacques Revel) pour éclairer les interactions politiques, sociales et culturelles entre les différents cadres à l’intérieur desquels se déploient les mémoires collectives[36] : politiques symboliques des États, « grands récits » nationaux, enracinements locaux, identités régionales jusqu’au registre biographique des expériences individuelles, en maintenant toujours à l’esprit les passerelles vers des dimensions mondiales. L’ambition de cette histoire mémorielle de l’Europe est de tenir en même temps ces multiples dimensions. Seul un souci de lisibilité, rendu plus nécessaire encore par l’ampleur de l’échantillon, nous a conduits à organiser le tout en trois parties distinctes, qui toutes se font néanmoins signe et présentent un argumentaire et une méthode unifiés[37]

Autour des « présences du passé » tout d’abord, notion augustinienne, un premier ensemble interroge le « poids du passé » et les « choix du passé », selon l’expression de Marie-Claire Lavabre, et le balancement entre empire des mémoires et constructions/reconstructions de grands récits[38]. Les traces des ébranlements qui défigurèrent le continent continuent d’influencer nos représentations et nos comportements. Mais les déportations, dictatures, guerres et autres massacres qui ravagèrent l’Europe ne se limitent pas au XXe siècle et font résonner les heures tragiques de l’Antiquité, du Moyen Âge, de l’époque moderne comme les échos d’un même drame. Surtout, mémoires négatives et mémoires heureuses de l’Europe sont in fine indissociables : les discours politiques sur la réconciliation, les droits de l’homme, la démocratie, la paix, qui font l’objet d’entrées spécifiques, se pensent en contrepoint de la rupture civilisationnelle que fut la Seconde Guerre mondiale. Les mémoires brûlantes affectent autant qu’elles réactivent les « récits » fondateurs ou la quête des « berceaux » heureux de l’Europe.

Un deuxième ensemble inspecte ce que nous appelons « les Europe[39] », formule inspirée de Pierre Nora qui avait intitulé « Les France » la dernière partie de ses Lieux. L’accent est mis ici sur l’hétérogénéité historique, ethnoculturelle et linguistique constitutive de notre continent tout en interrogeant ce que les Européens peuvent partager – à des niveaux d’intensité sans doute différents –, comme ces grandes figures de la Renaissance (Léonard de Vinci, Gutenberg, Érasme, Shakespeare), ou des Lumières, dont la mémoire est aujourd’hui largement consensuelle. Une figure plus ambivalente comme celle de Napoléon, à la fois exportateur des idées de la Révolution française et conquérant, révèle la marquèterie mémorielle européenne où des sociétés voisines peuvent être porteuses de visions sensiblement différentes d’un passé commun. Au-delà des figures historiques, certaines aires géo-historiques particulièrement marquées par la diversité constituent aussi de véritables laboratoires du pluriculturel, dont émergent des « lieux de mémoire transnationaux » emblématiques à l’échelle européenne et mondiale. La réflexion sur les frontières des mémoires, au sens imagé, et la mémoire des frontières, au sens propre, prend ici toute sa signification.

Mémoires-Monde

Enfin sous le concept de « mémoires-Monde[40] » –  sont étudiés les « lieux » où se donne le mieux à voir la perméabilité du dedans et du dehors. Le concept renvoie de manière limpide à « l’économie-monde » de Fernand Braudel, aux « villes-monde » des géographes et des sociologues comme Saskia Sassen, mais aussi au plus récent néologisme de « guerre-monde »[41], sans parler du tonitruant manifeste pour une « littérature-monde » lancé en 2007 contre le centralisme métropolitain de la « francophonie ». Car la présence de « petites Europe » exportées à l’échelle de la planète se lit encore à travers une géographie globale de lieux de métissages et de réappropriations. Aussi le brouillage des frontières hérité de l’époque coloniale, et notamment de la prétention européenne à l’universel, conditionne-t-il des « répliques » contemporaines, notamment sous la plume d’intellectuels qui s’efforcent de penser « de part et d’autre » de cette ligne mémorielle, sous la bannière de la « postcolonie » (Achille Mbembe). Pour finir, certains « lieux » à l’interface entre l’Europe et le monde constituent des « mondes » en soi, mêlant si intimement le Même et l’Autre de l’Europe que certains distinguos identitaires s’y estompent définitivement au profit d’espaces tiers : « lieux » où s’inventèrent des sens nouveaux, où s’opérèrent des mutations, où s’expérimentèrent des pratiques politiques, culturelles, esthétiques nouvelles, et qui font depuis l’objet d’études, de nostalgies ou de références emblématiques de l’intrication consubstantielle de l’Europe et du monde.

Les mémoires européennes ne se laissent pas enfermer dans les frontières de l’Europe, introuvables d’ailleurs. Pour illustrer par des cas plus précis, prenons par exemple les mémoires d’Istanbul ou celles de la période Meiji au Japon : elles portent la trace de cette volonté qui se retrouva dans bien des endroits du monde à peu près à la même époque (fin XIXe, début XXe siècle), celle d’être intégrée à la culture occidentale ou, tout du moins, de s’en imprégner partiellement. La colonisation explique bien sûr aussi largement l’exportation de cette mémoire européenne outre-mer. Ainsi, dans nombre de villes anciennement coloniales, comme Dakar, le simple nom des rues et des quartiers trahit l’ancienne présence du colonisateur, français en l’occurrence, ce qui n’empêche pas la ville d’être porteuse également de mémoires pré- et postcoloniales, ni à ces mémoires coloniales d’être le fruit de constructions locales métissées, bien plus qu’une simple couche superficielle exportée et imposée par le colon. D’autant qu’au détour de circulations mondiales et de re-sémantisations locales, les mémoires de l’Europe qui existent en dehors du Vieux Continent prennent parfois des formes multiples. Ainsi l’opéra, invention italienne et, dans une moindre mesure, allemande, a gagné une grande partie du monde. Les opéras qu’on joue aujourd’hui aux États-Unis, en Chine ou en Australie, dans des bâtiments dédiés qui tous s’inspirent de l’architecture européenne, ont été composés par des Européens dans leur écrasante majorité : Verdi, Wagner, Mozart, Bizet. Ce qui n’empêche ni le MET ni l’opéra de Manaus de présenter leurs imaginaires propres. Sur un modèle assez proche, Hollywood, quintessence de la production artistique américaine, a largement fait fond sur l’Europe (tant sur les artistes que sur les thématiques) pour forger depuis la côte ouest la figure filmique du monde.

Au-delà de ces aspects, la notion de « mémoires-Monde » a évidemment aussi valeur de manifeste. Toutes les entrées de l’ensemble du projet Europa auraient d’ailleurs pu être peu ou prou rangées sous cette bannière. Il s’agit d’une manière de dire que l’Europe ne s’appartient pas, qu’elle n’est pas son seul garde-mémoire, autrement dit que les mémoires « européennes » ne sont la propriété exclusive de personne. Elles ne sont même pas obligatoirement localisées en Europe. Mais qu’ils soient en Europe au sens géographique étroit, se situent justement un pied de chaque côté de frontières historiquement évolutives, ou soient localisés indiscutablement hors du continent, tous les lieux retenus cristallisent des mémoires et des significations à la fois européennes et globalisées. Autant de points de rencontre des mémoires, occasionnels ou continus, où se retrouvent des fragments à chaque fois différents du monde entier.

Concluons en attirant l’attention sur le fait que nous n’avons pas proposé, dans Europa, par un paradoxe apparent, une définition a priori de l’Europe. Ce choix est volontaire : n’est-ce pas justement l’immense privilège d’une approche critique par les représentations et les pratiques mémorielles que d’apporter la parade à toute conception essentialiste et immuable des objets étudiés, dont les quelques cent cinquante contributions rassemblées auront au mieux montré les permanentes réinterprétations et réactualisations ? Les aménagements identitaires incessants, d’une génération à l’autre, d’un espace à l’autre, d’un groupe social à un autre, sont au cœur de notre tour d’Europe des mémoires. Au bout du compte, tenant volontairement à distance les querelles de définition, interminables, insolubles et stériles, la recherche des lieux de mémoire européens ne peut pas montrer davantage que ce que les Européens et non-Européens, ceux d’autrefois comme ceux d’aujourd’hui, ont bien voulu en leur temps entendre et comprendre à l’évocation de ce nom. Entendre et comprendre, mais aussi faire et espérer, comme des acteurs confrontés aux défis de leur présent et qui se tournent vers leurs répertoires passés pour composer, adroitement ou maladroitement, leurs propres musiques d’avenir. L’enquête sur les « lieux » reste évidemment un vaste chantier. Demeurent de grandes zones d’ombre et d’ignorance. Points de départ mais aussi points de repères, les « lieux » présentés n’ont d’autre prétention que de susciter le débat. Reliés les uns aux autres par une multiplicité de renvois et de jeux de miroir, ils ne sauraient exister indépendamment les uns des autres ; ils rappellent en cela, comme nous avons pu l’écrire ailleurs, « que les mémoires européennes sont de nature avant tout dialogique. Loin d’être figées, elles n’existent que par ceux qui les portent. En recomposition permanente, elles seront ce que nous en ferons[42] ».

Pour citer cet article : Étienne François, Thomas Serrier, « Mémoires européennes : nouvelles enquêtes », Histoire@Politique, n° 37, janvier-avril 2019 [en ligne]

Notes :

[1] Patrick Boucheron (dir.), Histoire mondiale de la France, Paris, Seuil, 2017. Voir pour l’histoire des États-Unis et l’histoire allemande le dossier spécial « The Nation and Beyond: Transnational Perspectives on United States History », sous la direction de David Thelen, The Journal of American History, vol. 86, n° 3 (déc. 1999), p. 965-975 ; Sebastian Conrad, Jürgen Osterhammel, Das Kaiserrreich transnational. Deutschland in der Welt 1871-1914, Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht, 2006.

[2] Jay Winter, « The Generation of Memory: Reflections on the "memory Boom" », Contemporary Historical Studies, 10, n° 3, 2001, p. 57-66.

[3] Parmi de nombreux articles, on citera : Pim den Boer, « Lieux de mémoire et identité de l’Europe », dans Pim den Boer, Willem Frijhoff (dir.), Lieux de mémoire et identités nationales, Amsterdam, Amsterdam University Press, 1993, p.11-29 ; Gérard Bossuat, « Des lieux de mémoire pour l’Europe unie », Vingtième Siècle, revue d’histoire, n°61, janvier-mars 1999, p. 56-69 ; Henry Rousso, « Les dilemmes d’une mémoire européenne », dans Christian Delacroix, François Dosse et Patrick Garcia (dir.), Historicités, Paris, La Découverte, 2009, p. 203-220 ; Étienne François, « Europäische lieux de mémoire », dans Gunilla Budde, Sebastian Conrad, Oliver Janz (dir.), Transnationale Geschichte, Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht, 2006, p. 290-304.

[4] Étienne François, Thomas Serrier (dir.), Europa. Notre histoire (coédité avec Pierre Monnet, Akiyoshi Nishiyama, Olaf Rader, Valérie Rosoux et Jakob Vogel), Paris, Les Arènes, 2017. Le projet n’aurait vu le jour sans l’engagement de notre éditrice Hélène de Virieu et de notre coordinateur scientifique Mike Plitt. Une sélection d’articles paraîtra en poche chez Champs-Flammarion au printemps 2019 ; une traduction anglaise (programmée pour 2020 chez Bloomsbury) et une traduction allemande (programmée à la WBG) sont en cours.

[5] Maurice Halbwachs, La mémoire collective, Paris, Albin Michel, rééd. 1997 ; Jan Assmann, La mémoire culturelle. Écriture, souvenir et imaginaire politique dans les civilisations antiques, Paris, Aubier, 2010 ; Nicola Gallerano, « Histoire et usage public de l’histoire », Diogène, 168, 1994, p. 87-106 ; François Hartog, Jacques Revel (dir.), Les usages politiques du passé, Paris, EHESS, 2001 ; Aleida Assmann, Der lange Schatten der Vergangenheit. Erinnerungskultur und Geschichtspolitik, Munich, Beck, 2006.

[6] On citera comme premier panorama européen les trois volumes dirigés par l’Institut d’histoire européenne de Mayence. Cf. Pim den Boer, Heinz Duchhardt, Georg Kreis, Wolfgang Schmale (dir.), Europäische Erinnerungsorte, 3 vol., Munich, Oldenbourg Verlag, 2012. Voir également Stella Ghervas, François Rosset (dir.), Lieux d’Europe. Mythes et limites, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme, Paris, 2008, enfin notre cahier spécial, plus succinct et plus programmatique : Étienne François, Thomas Serrier, Lieux de mémoire européens, Paris, Documentation photographique, n° 8087, 2012. La référence aux « lieux » n’est pas encore au centre des volumes dirigés par Antoine Compagnon, Jacques Seebacher (dir.), L’esprit de l’Europe, 3 vol., Paris, Flammarion, 1993.

[7] Pour un questionnement fondamental, voir Jean-Frédéric Schaub, L’Europe a-t-elle une histoire ?, Paris, Albin Michel, 2008. Citons également le récent ouvrage d’Emmanuelle Loyer, Une brève histoire culturelle de l’Europe, Paris, Flammarion, Champs histoire, 2017, centré toutefois sur la période du milieu du XIXe siècle à nos jours, ainsi que : Daniel Roche, Christophe Charle (dir.) avec la collaboration de Paul Boulland, Christophe Duhamelle, Bruno Dumézil, Antoine Lilti, Brigitte Marin, Stéphane Van Damme, Blaise Wilfert-Portal), L’Europe. Encyclopédie historique, Arles, Actes Sud, 2018. Voir également les travaux du Labex « Écrire une histoire nouvelle de l’Europe », http://labex-ehne.fr/.

[8] Cf. Thomas Serrier, « L’histoire de l’Europe est celle de ses frontières », dans Étienne François, Thomas Serrier, Europa, op. cit., p. 737-751. Nous ne développons pas plus avant ici la notion de populisme, très équivoque en raison de la multiplicité de ses usages et renvoyons à la mise au point de Jan-Werner Müller, Qu’est-ce que le populisme ? Définir enfin la menace, Paris, Premier Parallèle, 2016.

[9] Élie Barnavi, L’Europe frigide. Réflexions sur un projet inachevé, Bruxelles, André Versaille, 2008 ; Geert Mak, Was wenn Europa scheitert, Munich, Pantheon Verlag, 2012 ; Jean-Marc Ferry, L’Europe interdite, Paris, Éditions de Passy, 2012 ; Robert Salais, Le viol de l’Europe, enquête sur la disparition d’une idée, Paris, PUF, 2013 ; Ivan Krastev, Le destin de l’Europe, Paris, Premier Parallèle, 2017 (titre original : After Europe).

[10] Claus Leggewie, Der Kampf um die europäische Erinnerung. Ein Schlachtfeld wird besichtigt, Munich, Beck, 2011.

[11] Sarah Gensburger, Sandrine Lefranc, À quoi servent les politiques de mémoire ?, Paris, Les Presses de Sciences Po, 2017 ; Aleida Assmann, Das neue Unbehagen an der Erinnerungskultur. Eine Intervention, Munich, Beck, 2013. On imagine la difficulté de mise en place d’une enquête sur l’utilité des politiques mémorielles au niveau européen.

[12] Aleida Assmann, Auf dem Weg zu einer europäischen Gedächtniskultur?, Vienne, Picus Verlag, 2012.

[13] Małgorzata Pakier and Bo Stråth (dir.), A European Memory? Contested Histories and Politics of Remembrance, Oxford, Berghahn Books, 2010 ; Stefan Troebst, West-östliche Europastudien / West-Eastern European Studies, Rechtskultur, Kulturgeschichte, Geschichtspolitik / Legal Culture, Cultural History, Politics of History, Leipzig, Leipziger Universitätsverlag, 2015.

[14] Krzysztof Pomian, « Geteiltes Gedächtnis. Europas Erinnerungsorte als politisches und kulturelles Phänomen », dans Erinnerungsorte in Ostmitteleuropa, Erfahrungen der Vergangenheit und Perspektiven, Oldenburg, 2009, p. 12-26 ; Pierre Nora, Présent, nation, mémoire, Paris, Gallimard, 2011, p. 373-392 ; Étienne François, « Europäische lieux de mémoire », dans Gunilla Budde, Sebastian Conrad, Oliver Janz (dir.), Transnationale Geschichte. Themen, Tendenzen und Theorien, Göttingen, Vandenhoeck & Ruprecht, 2006, p. 290-303 ; Gérard Bossuat, « Des lieux de mémoire pour l’Europe unie », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, 1999, 61/1, p. 56-69. Pour le concept de mémoire partageable, voir le discours de réception du prix ALLEA Madame de Staël 2013 par Luisa Passerini, http://www.allea.org/wp content/uploads/2015/07/050514Speech_LuisaPasserini_ALLEA_090414.pdf, [consultation le 30 octobre 2018).

[15] Michael Rothberg, Mémoire multidirectionnelle. Repenser l’Holocauste à l’aune de la décolonisation, Paris, Petra, 2018 (éd. originale 2009)

[16] La condition préalable est à nos yeux la constitution d’une équipe véritablement internationale. Point faible de la publication Europäische Erinnerungsorte, op. cit., où les Allemands dominent à 90 % – ce qui se ressent immédiatement dans le corpus retenu –, c’est au contraire un des points auxquels, grâce à l’appui massif de notre éditeur, nous avons tenté de veiller pour Europa. Notre histoire, depuis la formation initiale du conseil scientifique jusqu’à la contractualisation des cent-neuf contributeurs aux trois quarts étrangers, sans oublier le travail final de traduction (correspondant à la moitié du manuscrit).

[17] Michel Espagne et Michael Werner (dir.), Transferts. Les relations interculturelles dans l’espace franco-allemand (xviiie-xixe siècles), Paris, Éditions Recherche sur les Civilisations, 1988 ; pour un point récent sur la recherche, voir Michel Espagne, « La notion de transfert culturel », Revue Sciences/Lettres [en ligne], n° 1, 2013, mis en ligne le 1er mai 2012, URL : http://rsl.revues.org/219  ; DOI : 10.4000/rsl.219 [consulté le 19 juillet 2017] ; Michael Werner et Bénédicte Zimmermann ont depuis 2002 développé le concept d’histoire « croisée ». Cf. Michael Werner, Bénédicte Zimmermann (dir.), De la comparaison à l’histoire croisée, Paris, Seuil, 2004. Sur le nationalisme méthodologique, voir Dumitru Speranta, « Qu’est-ce que le nationalisme méthodologique ? Essai de typologie », Raisons politiques, 2014, n° 54, p. 9-22.

[18] Thomas Serrier, « Understanding transfers in history and the study of memory », dans Laure Delcour, Elsa Tulmets (dir.), Norms transfers and policy circulation, Londres, Routledge, 2019 (à paraître) ; Martin Aust, « Verflochtene Erinnerungen. Einleitende Ausführungen zur Affinität von Gedächtnisgeschichte und Verflechtungsgeschichte », dans Martin Aust, Krzysztof Ruchniewicz, Stefan Troebst (dir.), Verflochtene Erinnerungen. Polen und seine Nachbarn im 19. Und 20. Jahrhundert, Cologne, Böhlau, 2009, p. 1-15.

[19] Comparer le numéro spécial « Mémoires comparées », Le Débat, n° 78, janvier-février 1994, et notamment la conclusion (reprise dans Pierre Nora, Présent…, op. cit., p. 392-399) à la préface de Pierre Nora à Étienne François, Thomas Serrier, Lieux de mémoire européens, op. cit.

[20] Pour une revue critique des postulats et résultats des entreprises les plus marquantes, on lira : Benoît Majerus, « Lieux de mémoire. A European transfer story », dans Stefan Berger, Bill Niven (dir.), Writing the history of memory, Londres, Oxford, Bloomsbury, 2014, p. 57.71 ; Kornelia Kończal, « Pierre Noras folgenreiches Konzept von les lieux de mémoire und seine Re-Interpretationen: eine vergleichende Analyse », Geschichte in Wissenschaft und Unterricht, n° 62, 2011, 1/2, p. 17-36. Parmi ces publications, on citera : Sonja Kmec, Michel Margue, Benoît Majerus, Pit Péporté (ed.), Lieux de mémoire au Luxembourg : Jeux d’échelle, Luxembourg, Éditions Saint-Paul, 2013 ; Emil Brix, Ernst Bruckmüller, Hannes Stekl (dir.), Memoria Austriae, 3 vol., Vienne, Oldenbourg Verlag, 2004 ; Henk Wesseling, Plaatsen von herinnering, 4 vol., Amsterdam, Bakker, 2005-2006 ; Georg Kreis, Schweizer Erinnerungsorte: Aus dem Speicher der Swissness, Zürich, Neue Zürcher Zeitung NZZ Libro, 2010 ; Hans Henning Hahn, Robert Traba (dir.), Polsko-niemieckie miejsca pamięci, 4 vol., Varsovie, Scholar, 2011-2015 (également traduit en allemand sous le titre Deutsch-Polnische Erinnerungsorte, 4 vol., Paderborn, Schoningh Verlag, 2011-2015, avec un cinquième volume présentant en traduction allemande des articles de classiques polonais de la sociologie de la mémoire) ; Pál S. Varga, Karl Katschthaler, Donald E. Morse, Miklós Takács (dir.), Loci memoriae hungaricae I, Debrecen UP, 2013.

[21] Cf. Mario Isnenghi, L’Italie par elle-même, Paris, Rue d’Ulm, 2013 ; Étienne François, Hagen Schulze (dir.), Mémoires allemandes, Paris, Gallimard, 2007. On ajoutera à cette liste l’ouvrage directement publié en français de Georges Nivat, Les sites de la mémoire russe, Paris, Gallimard, 2007.

[22] Steven Englund, « De l’usage du mot "nation" par les historiens, et réciproquement », Politix, 1994, 7, n° 26, p. 141-158 ; Lucette Valensi, « Histoire nationale, histoire monumentale. Les Lieux de mémoire », Annales, 1995, 50-6, p. 1271-1277 ; Jean-Paul Willaime, « De la sacralisation de la France : Lieux de mémoire et imaginaire national », Archives de sciences sociales des religions, 1988, 66, n° 1, p. 125-145 ; Perry Anderson, The New Old World, New York, Verso, 2009, p. 161-162 ; Tony Judt, « À la recherche du temps perdu », New York Review of Books, 3 décembre 1998), p. 54.

[23] Sur la traduction de la notion dans d’autres langues, voir Pim den Boer, « Loci memoriae - Lieux de mémoire », dans Astrid Erll, Ansgar Nünning, en coll. avec Sara В. Young (dir.), Cultural Memory Studies : An International and Interdisciplinary Handbook, Berlin, New York, Walter de Gruyter, 2008, p. 19-20.

[24] Mario Isnenghi (dir.), I luoghi della memoria, 3 vol., Rome, Laterza, 1996-1997 ; Étienne François, Hagen Schulze (dir.), Deutsche Erinnerungsorte, 3 vol., Munich, Beck, 2001.

[25] Béatrice von Hirschhausen, Hannes Grandits, Claudia Kraft, Dietmar Müller, Thomas Serrier (dir.), Phantomgrenzen. Räume und Akteure in der Zeit neu denken, Göttingen, Wallstein Verlag, 2015.

[26] Georg Kreis, « Pierre Nora besser verstehen – und kritisieren », dans id., Schweizer Erinnerungsorte, op. cit., p. 327-347, Sonja Kmec, Benoît Majerus, Michel Margue, Pit Péporté (dir.), Dépasser le cadre national des "Lieux de mémoire" / Nationale Erinnerungsorte hinterfragt : Innovations méthodologiques, approches comparatives, lectures transnationales / Methodologische Innovationen, vergleichende Annaeherungen, transnationale Lektüren, Bruxelles, Presses interuniversitaires européennes, 2009.

[27] Antoine Marès (dir.), Lieux de mémoire en Europe centrale, Paris, Institut d’études slaves, 2009.

[28] Daniel Baric, Jacques Le Rider, Drago Roksandic (dir.), Mémoire et histoire en Europe centrale et orientale, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2010.

[29] Moritz Csáky, Moritz, Peter Stachel (dir.), Mehrdeutigkeit. Die Ambivalenz von Gedächtnis und Erinnerung, Vienne, Passagen Verlag, 2002; Moritz Csáky, Klaus Zeyringer (dir.), Ambivalenz des kulturellen Erbes. Vielfachcodierung des historischen Gedächtnisses. Paradigma: Österreich, Innsbruck, Vienne, Munich, Studien-Verlag, 2000.

[30] E. Brix, E. Bruckmüller, H. Stekl, Memoria Austriae, op. cit.

[31] Le concept de « Beziehungsgeschichte » élaboré par Klaus Zernack dans les années 1970-1980 a largement imprégné depuis la recherche dans le champ germano-polonais. Cf. Klaus Zernack, Preußen - Deutschland - Polen. Aufsätze zur Geschichte der deutsch-polnischen Beziehungen, Berlin, Duncker und Humblot, 1991.

[32] Henry Rousso, « Das Dilemma eines europäischen Gedächtnisses », dans Zeithistorische Forschungen/Studies in Contemporary History, Online-Ausgabe1/3, 2004 ; id., Face au passé. Essais sur la mémoire contemporaine, Paris, Belin, 2016.

[33] Luuk van Middelaar, Le passage à l’Europe. Histoire d’un commencement, Paris, Gallimard, 2014.

[34] Romain Bertrand, L’histoire à parts égales. L’Histoire à parts égales. Récits d’une rencontre, Orient-Occident (XVIe-XVIIe siècle), Paris, Seuil, 2011.

[35] Cf. « Europa, notre histoire. Étienne François, Thomas Serrier : un échange avec Pierre Nora », dans Le Débat, n° 198, 2018, p. 146-161.

[36] Jacques Revel (dir.), Jeux d’échelles. La micro-analyse à l’expérience, Paris, Gallimard-Le Seuil, 1998.

[37] Étienne François, Thomas Serrier, « Prologue », dans id., Europa, op. cit., p. 11-20.

[38] Voir l’introduction des coéditeurs de la première partie « Présences du passé » du volume Europa: Valérie Rosoux, Akiyoshi Nishiyama, « Résoudre le passé », dans Étienne François, Thomas Serrier (eds.), Europa. Notre histoire, op. cit., p. 21-27. Voir aussi Marie-Claire Lavabre, « Du poids et du choix du passé. Lecture critique du syndrome de Vichy », dans Denis Peschanski, Henry Rousso, Michael Pollack (dir.), Histoire politique et sciences sociales, Paris, Complexe, 1991, p. 265-278.

[39] Voir l’introduction des coéditeurs de la deuxième partie « Les Europe » du volume Europa : Pierre Monnet, Olaf Rader, « Lignes de partage », dans Étienne François, Thomas Serrier (dir.), Europa. Notre histoire, op. cit.,p. 495-502.

[40] Voir l’introduction du coéditeur de la troisième et dernière partie « Mémoires-Monde » du volume Europa : Jakob Vogel, « L’Europe et le monde, le monde en Europe », dans Étienne François, Thomas Serrier (dir.), Europa. Notre histoire, op. cit., p. 947-954. Le concept de « mémoires-Monde » se trouve déjà dans des acceptions très différentes sous la plume de l’historien Christian Garcia et du géographe Oliver Lazzarotti. Cf. Patrick Garcia, « Quelques réflexions sur la place du traumatisme collectif dans l’avènement d’une mémoire-Monde », Journal français de psychiatrie, 2010/1 (n°36), p.36-37 ; Olivier Lazzarotti, Des lieux pour mémoire. Monument, patrimoine et mémoires-Monde, Paris, Armand Colin, 2012.

[41] Alya Aglan, Robert Frank (dir.), 1937-1947 : La guerre-monde, 2 vol., Paris, Gallimard Folio, 2015.

[42] Étienne François, Thomas Serrier, Lieux de mémoire européens, op. cit., p. 16.

Étienne François

Étienne François, professeur d’histoire émérite à l’Université Paris 1 – Panthéon-Sorbonne et à l’Université libre de Berlin, membre de l’Académie des Sciences de Berlin-Brandebourg, est un spécialiste des mémoires culturelles européennes. Il a notamment coédité, avec Hagen Schulze, Deutsche Erinnerungsorte (Munich, C.H. Beck, 2001, 3 vol.) et Mémoires allemandes (Paris, Gallimard, 2007). Avec Thomas Serrier, il a coécrit Lieux de mémoire européens (Paris, La Documentation française, "Documentation Photographique" n° 8087) et codirigé Europa. Notre histoire (Paris, Les Arènes, 2017), en collaboration avec Pierre Monnet, Akiyoshi Nishiyama, Olaf Rader, Valérie Rosoux et Jakob Vogel.

Thomas Serrier

Thomas Serrier est professeur à l’université de Lille où il enseigne l’histoire et la civilisation allemande contemporaine. Il est actuellement fellow de l’Institut d’études avancées de Nantes. Ancien élève de l’École normale supérieure, il a étudié l’histoire, les études germaniques et le polonais, à l’Université Paris 8, à l’INALCO et à l’Université Humboldt de Berlin. Il a enseigné à l’Université Paris 8, à l’Université libre de Berlin et, pendant dix ans, à l’Université européenne Viadrina de Francfort-sur-l’Oder. Auteur d’articles et d’ouvrages consacrés aux régions-frontières germano-polonaises et aux mémoires transnationales européennes, il a récemment publié avec Étienne François, Lieux de mémoire européens (Paris, La Documentation Française, "Documentation Photographique", n° 8087, 2012) et co-dirigé avec Étienne François (en collaboration avec Pierre Monnet, Akiyoshi Nishiyama, Valérie Rosoux, Olaf Rader et Jakob Vogel), Europa. Notre histoire (Paris, Les Arènes, 2017).

Mots clefs : Europe, mémoires collectives, lieux de mémoire, histoire croisée, transferts culturels, jeux d’échelles, histoire globale, postcolonial, Europe, collective memory, sites of remembrance, entangled history, cultural transfers, multiple scales, global

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  • • Olivier Dard et Ana Isabel Sardinha-Desvignes, Célébrer Salazar en France (1930-1974). Du philosalazarisme au salazarisme français,
  • Olivier Dard, professeur d’histoire contemporaine à l’Université Paris-Sorbonne, spécialiste (...)
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  • Si les travaux sur la consommation se sont multipliés depuis (...)
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  • Max Lejeune connut-il le bonheur en politique ? En tout (...)
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  • • Bruno Cabanes (dir.), Une histoire de la guerre. Du XIXe siècle à nos jours,
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  • • Julie Bour, Clientélisme politique et recommandations : l’exemple de la Lorraine de la IIIe à la Ve République,
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  • • Masha Cerovic, Les Enfants de Staline. La guerre des partisans soviétiques, 1941-1944,
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  • Qui en 2003 n’a pas vu le film Good Bye Lenin !, puis en 2007 La Vie des autres ? (...)
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  • ISSN 1954-3670