Histoire@Politique : Politique, culture et société

Sources

« Europeana 1914-1918 » Une ressource numérique utile pour écrire l’histoire de la Grande Guerre ?

Nicolas Patin
Résumé :

Le projet en ligne Europeana vise à partager un immense héritage culturel européen à travers des documents accessibles par milliers. Dans le cadre du Centenaire de la Grande Guerre, une (...)

  • imprimer
  • version pdf
  • réduire la taille du texte
  • augmenter la taille du texte

La Grande Guerre est enracinée dans les mémoires européennes : son histoire n’est pas seulement écrite et analysée par des chercheurs ; elle est continuellement travaillée par un public passionné, qui la place au centre du souvenir, entre histoire et mémoire. Cet attachement n’est certes pas sensible de la même manière dans tous les pays européens[1] : si en Allemagne, la défaite de 1918 et le recouvrement par les atrocités de la Seconde Guerre mondiale ont, en quelque sorte, contrarié le rapport à cette guerre séminale du XXe siècle, en France, le Centenaire du conflit a montré l’enracinement de l’événement dans la mémoire collective. Plus de 900 initiatives et projets de commémoration ont ainsi été labélisés dès la fin 2013 par la Mission du Centenaire[2] ; 126 livres ont été publiés sur le sujet, pour le seul dernier trimestre 2013[3]. Partout en Europe, les historiens ont suivi leur propre agenda de questionnements par rapport au premier conflit mondial, parfois congruent, parfois éloigné des questionnements du grand public. L’historiographie, foisonnante, a suivi de grandes étapes bien décrites par Antoine Prost et Jay Winter dans Penser la Grande Guerre[4] : « militaire et diplomatique » de 1915 aux années 1960, « sociale » dans les années 1960-1980, puis culturelle et sociale de 1990 à nos jours. Il est difficile d’avoir une vision d’ensemble du flot de rencontres scientifiques et de livres des cinq dernières années, mais ils apporteront certainement une vision clairement européenne et internationale du conflit.

La tentation est forte de considérer qu’on écrit aujourd’hui une histoire totale du conflit, fondée sur des archives pléthoriques et débordantes. Il serait orgueilleux de tenter une peinture globale des sources sur lesquelles repose l’écriture de l’histoire de la Première Guerre mondiale, qui plus est à l’échelle européenne. Il existe une diversité de situations énorme, même si dans chaque pays s’ajoutent aux archives des grands ministères des témoignages d’écrivains-combattants nombreux – France, Allemagne, Royaume-Uni, Russie, Serbie[5]… – ; aux journaux de marches militaires répondent les correspondances qui circulaient, chaque jour, entre l’arrière et le front… On estime à 10 milliards le nombre de lettres échangées, ne serait-ce que pour la France[6]. Des archives totales pour une histoire totale, en somme. Un livre, dans le contexte français, suffit cependant à montrer les limites d’une telle idée en ce qui concerne les témoignages : Nicolas Mariot, dans son ouvrage Tous unis dans la tranchée ? (Le Seuil, 2014), a souligné que la très grande majorité des témoignages utilisés pour écrire l’histoire de la Grande Guerre en France provenait des classes bourgeoises de la société française de l’époque. Prétendre écrire une histoire de tous les Français en guerre est donc une chimère : une « histoire populaire » de la Grande Guerre – pour reprendre la formule d’Howard Zinn – reste encore à écrire[7], même si de nombreuses initiatives ont essayé de mettre en valeur la richesse des témoignages disponibles, plus large que ce que laisse penser l’utilisation souvent récurrente de quelques « grands témoins »[8].

La commémoration du Centenaire peut-elle apporter des sources nouvelles et enrichir nos questionnements ? Elle n’a pas été uniquement un événement scientifique, mais également un événement archivistique car c’est à l’échelle européenne qu’ont été organisées de grandes collectes de sources, visant à faire participer les citoyens à cet événement, ainsi qu’à rassembler, dix ans après la mort des derniers poilus[9], des documents inédits sur la Grande Guerre. De ce point de vue, les espoirs étaient et sont toujours nombreux. L’initiative est notamment venue de la plateforme Europeana Collections : ce projet a permis de mettre en ligne des centaines de milliers de documents, inédits, concernant le conflit. Plus de 500 000 textes, images, vidéos sont désormais disponibles en plusieurs langues[10]. Quelle est l’histoire de ce centre d’archives dématérialisé ? Quelle est la fiabilité des sources proposées ? Quel usage pour l’historien.ne ?

Genèse d’un projet européen

La globalité du projet Europeana dépasse largement le seul fonds consacré à la Première Guerre mondiale et a été officiellement lancé en 2008. Il reposait sur des initiatives plus anciennes, comme le réseau des bibliothèques européennes (GABRIEL) devenu The European Library (« La bibliothèque européenne »)[11]. Le projet a souvent souffert des problèmes de financement ou des tergiversations politiques et il a fallu des engagements récurrents pour le faire réellement émerger : six dirigeants européens signèrent ainsi un appel à la construction d’une « bibliothèque numérique européenne » en 2005[12] ; José Manuel Baroso ou Viviane Reding[13] se sont mobilisés pour faire exister l’initiative, qui, sous le nom d’Europeana, a pour but de « partager l’héritage culturel du continent à des fins d’éducation, de recherche ou pour le simple plaisir d’un public curieux[14] ». La concurrence de Google Books, le projet américain de numérisation de livres, n’était pas pour rien dans l’idée de faire exister une alternative européenne face à l’entreprise états-unienne[15]. Les documents de la plateforme étaient fournis par des institutions : des bibliothèques, au cœur du projet, mais aussi des musées, des centres d’archives, des galeries d’art[16]… Malgré ces difficultés récurrentes, la plateforme revendique aujourd’hui, avec 53 millions d’objets digitaux, le statut d’épicentre du « patrimoine culturel européen en ligne[17] » : elle regroupe des thématiques très larges, comme Europeana Art, Europeana Sport ou encore Europeana Natural History. La plateforme 1914-1918 n’est donc qu’une partie de cet immense projet.

La page d’accueil du site Europeana 1914-1918 (mai 2018)

On le voit, l’idée initiale n’était pas nécessairement de faire appel aux Européens eux-mêmes ni de transformer la plateforme Europeana en un projet collaboratif, ouvert à la participation de chaque citoyen. Le Centenaire de la Guerre a, de son côté, été riche en initiatives visant à promouvoir un meilleur accès aux données, de manière participative ou non : au Royaume-Uni, les Archives nationales ont ainsi fait appel aux bonnes volontés pour indexer plus de 140 000 documents concernant les officiers de l’armée britannique. Trente-cinq volontaires ont ainsi fourni 6 000 heures de travail[18] pour permettre aux familles de retrouver tel membre de leur famille, sans que ce travail ne soit directement accessible en ligne[19]. En France, les registres matricules des soldats de la Grande Guerre ont été mis en ligne en 2013, comme un événement majeur du Centenaire. Ce « Grand Mémorial » est disponible sur le site du ministre de la Culture[20]. Le ministère de la Défense, quant à lui, donne accès à travers son projet « Mémoire des hommes », à la liste presque exhaustive des « Morts pour la France », projet qui a eu recours au travail collaboratif, ce qui explique que 1,4 millions de fiches soient désormais accessibles[21]. Les chercheurs et universitaires ne sont pas restés en marge de cette dynamique d’open Data et de mise en ligne, en créant pour leur part une immense encyclopédie en ligne de 1 000 articles, « 1914-1918-online », l’Encyclopédie internationale de la Grande Guerre[22], lancée officiellement en octobre 2014[23].

C’est en Angleterre que les premières tentatives de « production participative » importante concernant l’histoire de la Grande Guerre ont été faites[24]. L’Université d’Oxford a ainsi lancé un projet de digitalisation massive concernant la Première Guerre mondiale : entre mars et juin 2008, elle a ainsi récolté 6 500 documents[25]. C’est cette initiative précise qui a initié le mouvement de récolte de données d’Europeana[26], comme me l’a confirmé Ad Pollé, directeur d’Europeana 1914-1918[27]. À l’approche du Centenaire, l’idée s’est imposée de faire évoluer la nature du projet : le site est passé en 2011 d’une plateforme de publicité donnée à des documents déjà archivés à un site de production d’archives nouvelles. Ce recours à un véritable crowdsourcing – une « production participative » – a d’ailleurs donné l’idée de reconduire l’initiative pour un autre événement majeur de l’histoire européenne, « les révolutions » de 1989, autour d’Europeana 1989, qui comptabilise à ce jour plus de 7 000 contributions[28].

De nombreux Collection Days concernant la Guerre ont donc eu lieu dans plus de vingt pays européens et continuent aujourd’hui d’avoir lieu. Ils visent à travers la médiatisation de journées dédiées à cet épisode historique à attirer les citoyens européens dans des centres d’archives qui effectuent la digitalisation de leurs documents familiaux. La possibilité leur est par ailleurs donnée de scanner eux-mêmes leurs documents, à domicile, en les téléchargeant sur la plateforme, une validation étant néanmoins nécessaire avant leur mise en ligne. Le projet a d’abord été organisé en Allemagne, où le « Crowdsourcing-Projekt » se proposait, comme dans les autres pays d’Europe, de rassembler des traces de « mémoires privées » (private Erinnerungsstücke). Dès mars 2011, avec une grande campagne, « La Première Guerre mondiale dans les documents quotidiens » (Erster Weltkrieg in Alltagsdokumenten), des dizaines d’actions ont ainsi été menées. Il était par exemple possible de faire digitaliser ses documents à la Bibliothèque nationale de Berlin (Staatsbibliothek) les 30 et 31 janvier 2014[29].

Dans le contexte français, l’idée a germé relativement tôt de faire participer la population à une collecte d’archives. Le rapport rendu par Joseph Zimet au président Nicolas Sarkozy, en septembre 2011, préconisait ainsi de lancer le 2 août 2014 « un appel à collecter les dernières archives privées de la Grande Guerre encore conservées dans les famille[30] ». C’est le service interministériel des Archives de France (SIAF) qui a pris l’initiative d’organiser une « Grande collecte », à l’échelle nationale en partenariat avec la Bibliothèque nationale de France[31], à l’automne 2013 et en 2014. Le succès a été au rendez-vous : 150 centres d’archives ont reçu 350 000 documents, donnant lieu à la constitution de 1 600 fonds, de la part de 20 000 personnes, en deux vagues. L’initiative a d’ailleurs fait tache d’huile, conduisant à organiser une Grande Collecte 2016 centrée, quant à elle, sur les relations entre l’Afrique et la France depuis le XIXe siècle[32]. Sur le volet Grande Guerre, la première vague de documents recueillis en 2013 a été mise en ligne sur le site internet d’Europeana car les Archives de France ne disposait pas d’un site dédié ; c’était un débouché logique, une « solution évidente », m’a expliqué Brigitte Guigueno (SIAF), dans la mesure où les deux institutions étaient partenaires depuis l’origine d’Europeana[33]. La seconde « Grande Collecte » 1914-1918 a été mise à disposition sur un site prévu à cet effet (www.lagrandecollecte.fr)[34]. En France, cette initiative a donc été un succès important[35]. De tels projets ont été menés dans de nombreux pays d’Europe, 24 à ce jour.

La plateforme Europeana 1914-1918 proposait ainsi en novembre 2017, 313 928 textes, 198 420 images, 3 000 vidéos… On le voit, ne serait-ce que par la quantité d’archives, il y a un réel enjeu à se saisir de ces documents, pour renouveler notre vision du premier conflit mondial. Mais encore faut-il en comprendre la morphologie générale et l’utilisation possible.

Institutions et citoyens

Car ces 500 000 documents ne proviennent en aucun cas en majorité des donateurs individuels. En novembre 2017, les résultats de la « production participative » des Grandes Collectes et des dépôts sur la plateforme en ligne représentent 37 579 documents, soit 7 % de l’ensemble. En réalité, le nombre de documents déposés par les individus est plus important : d’après les chiffres fournis par Ad Pollé, Europeana 1914-1918 dispose de plus de 600 000 documents : plus de 400 000 provenant des institutions ; 200 000 des particuliers[36]. L’écart important qui existe entre les documents « collaboratifs » disponibles (37 000) et ce dernier chiffre s’explique par les délais de numérisation et de traitement. À l’avenir, la plateforme donnera donc accès à des milliers de documents supplémentaires.

L’immense majorité des données aujourd’hui disponibles proviennent des institutions partenaires du projet The European Library. La Bibliothèque nationale autrichienne (Österreichische Nationalbibliothek) a ainsi versé 97 980 documents (20 % du total), les bibliothèques italiennes 83 141 (16 %), la BnF (Bibliothèque nationale de France) 72 264 (14 %). Les pays contributeurs sont un bon indicateur de la réussite du projet : vingt pays ont ainsi collaboré, pour produire ces 500 000 archives en plus de 27 langues. L’allemand est la langue la plus représentée, avec 26 % des documents disponibles, suivi de l’italien (22 %) et du français (19 %). Surtout Europeana donne accès à des milliers de documents de pays que l’on associe encore trop peu à l’écriture de l’histoire de la Grande Guerre : l’Estonie, la Lettonie, la Serbie, la Hongrie ont ainsi mis en ligne des milliers d’archives. C’est en soi une réussite, qui peut permettre, selon les compétences linguistiques, d’écrire une véritable histoire européenne de cette Grande Guerre. Le fait que 40 % des documents disponibles soient des images doit inviter les enseignants à puiser largement dans la base de données, pour donner à voir la diversité de cette guerre, de Nieuport à Skopje, de Heligoland aux Dardanelles.

Comme on le voit, l’immense majorité des documents disponibles provient de bibliothèques ou de centres d’archives. La digitalisation a très souvent été faite avec rigueur et on peut accéder, à distance, à cette mine d’or. Cela est d’un intérêt tout particulier pour les étudiants de master qui peuvent ainsi travailler sur des sujets en contournant les coûts – très peu pris en charge par les Universités – de séjours dans les archives.

Si les documents d’Europeana sont donc, pour l’instant, pour 93 % d’entre eux, une digitalisation d’archives traditionnelles, 7 % ont été, quant à eux, fournis par la population européenne. L’enjeu est de taille, comme on l’a souligné en introduction, car ces 37 000 documents – dont le nombre devrait augmenter à l’avenir – pourraient permettre de renouveler en profondeur notre vision de la Grande Guerre. Permettent-ils d’écrire une histoire populaire du conflit ?

Quelle fiabilité ?

Il faut préalablement comprendre comment ces documents ont été sélectionnés, quelle est leur nature, leur intérêt, comment ils sont rendus accessibles. Et c’est là que le bât blesse : l’objectif de pédagogie et de publicité d’Europeana a fait passer au second plan l’objectif scientifique.

La Grande Collecte française a été gérée, à l’échelle locale, par des archivistes. Les critères d’acceptation ou de refus des documents étaient ainsi explicités :

« Un premier critère à prendre en compte est celui de l’authenticité et de l’originalité du document que vous souhaitez apporter. […] la Grande Collecte est prioritairement destinée à la collecte des documents : images, lettres, carnets... Si vous souhaitez donner ou déposer des objets, il est préférable de contacter des institutions spécialisées. Une fois numérisés, vos souvenirs seront mis en ligne sur le site internet du lieu de collecte, voire, pour les plus prestigieux d’entre eux, sur ce site[37]. »

Ces quelques lignes soulèvent déjà plusieurs questions : qu’est-ce que l’originalité d’un document ? Qu’est-ce qu’un document « prestigieux » ? On comprend pourquoi les objets matériels ont été laissés de côté pour des questions de stockage, mais cela va à l’encontre de toute l’attention portée, surtout pour 1914-1918, à l’archéologie contemporaine, à la culture matérielle, comme l’Historial de Péronne a essayé de le faire dans sa muséographie. Ceci dit, ces logiques de sélection ne sont pas différentes de celles des centres d’archives traditionnels qui ont effectué leur propre campagne d’appel[38].

Dans le cas du site web d’Europeana, n’importe quel Européen pouvait proposer des documents à la plateforme. Une des premières questions était celle du délai de traitement de ces informations. Je ne peux, ici, que donner un exemple personnel : à titre de test, j’ai déposé le 9 octobre 2013 des éléments d’archives familiales et quelques cartes postales datant de la Grande Guerre. Les premiers ont été mis en ligne un an et demi plus tard, le 20 avril 2015 ; les secondes le 29 septembre 2015, deux ans plus tard. Il ne s’agit pas ici de critiquer le temps de mise en ligne – Europeana opère, on l’a déjà dit, dans un contexte de budget restreint, mais de comprendre que le chiffre de 37 000 documents disponibles est l’arbre qui cache la forêt et qui doit être resitué dans un ensemble plus vaste : combien de documents ont été donnés ? Combien ont été sélectionnés ? Selon quels critères ?

Autre fait remarquable dans cette collecte en ligne, la personne propriétaire des documents est invitée à replacer ses documents dans son « histoire », « your story » indique le site. L’effet émotionnel de cette expression aide certainement à rendre la démarche générale plus attractive, mais elle construit également un horizon d’attentes du « donateur idéal » : celui d’un descendant de soldats ou de personnes ayant vécu la guerre qui veut, à travers son don, raconter, en quelque sorte, sa propre histoire familiale. Cette idée correspond à la réalité du lien viscéral entretenu, notamment en France, par la population, au passé de la guerre : les archivistes témoignent des moments d’émotions qui ont émaillé la « Grande Collecte » en France[39] ou en Allemagne[40]. Mais elle cède aussi à la grande vague du storytelling, ce discours marketing venu des États-Unis qui s’est répandu par la suite en Europe à l’orée des années 2000, et qui vise à faire de toute chose un récit. Pour reprendre les exemples ci-dessus me concernant : il y a peut-être un récit à construire de ma part sur les archives de mon grand-père, mais dois-je en faire autant pour les cartes postales que j’achète dans les marchés aux puces ? Le terme même appelle à une lecture émotionnelle de l’archive, qui met de côté des sujets plus transversaux, sériels, quantitatifs, économiques, qui sont bien plus difficile à mettre en « stories ».

On pourrait multiplier ainsi les questions, qui paraissent anodines, mais sont centrales pour tout travail de recherche : quels principes ont été retenus pour la localisation des documents sur les cartes de OpenStreetMap ? Comment ont été construits les systèmes d’indexation ? Ces questions constituent la base de tout travail historien : quelle est la représentativité du corpus ? Quels sont les effets de loupe ? Les manques ? Pour ne prendre qu’un exemple, au hasard, une photographie d’une « mitrailleuse anglaise contre avions » est ainsi indexée (« Classifications ») sous les termes « Guerre mondiale (1914-1918), Mitrailleuses, Grande-Bretagne, Army, Première Guerre mondiale[41] » ; une autre, celle d’un « Handley Page, avion de bombardement anglais » sous les termes « Handley-Page (avions), Bombardiers – Grand-Bretagne – 1900-1945, Première Guerre mondiale ». Aucun mot clef (« aviation », « avion ») ne permet de relier les deux photographies.

Une source mis en ligne : une lettre de 1916 (provenance : Royal Air Force Museum)

La nature même des documents proposés les rend bien souvent inutilisables. Là encore, un exemple pris au hasard : un journal de tranchée, choisi dans sa version allemande (Tagebuch)[42]. Ce sont les petits-neveux du soldat Wilhelm Weisser qui ont déposé son journal sur Europeana. Les descendants indiquent que le journal a existé en tant que tel pendant longtemps, puis a été conservé sous la forme d’une « traduction » depuis le Sütterlinschrift. Le terme « traduction » est d’ailleurs impropre, car il ne s’agit pas d’une langue mais d’une graphie spécifique utilisée en Allemagne entre 1911 et 1941. Le document en lui-même est dactylographié, vraisemblablement à l’ordinateur ou à la machine à écrire électronique, sans que l’on possède la moindre information sur la fiabilité du texte : a-t-il été recopié intégralement ? Si oui, en respectant les ratures ? En indiquant les éventuelles hésitations sur tel ou tel mot ? En l’état, la source est inutilisable.

Le premier objectif de Europeana 1914-1918, celui de la publicisation d’un patrimoine européen accessible à tous est une immense réussite, comme l’est Gallica pour la France. Le volet scientifique du projet soulève, on l’a dit, des questions plus nombreuses. Des milliers de documents sont rendus difficilement utilisables par l’imprécision des critères qui ont présidé à leur numérisation. Je fais cependant le pari qu’il est possible, pour les historien.nes, d’utiliser Europeana pour renouveler notre connaissance de la Grande Guerre. Le responsable de la digitalisation en Allemagne, Frank Drauschke, indiquait ainsi : « Nous avons construit ce fond d’archives et rassemblé le matériel, c’est désormais à la science de plonger plus en profondeur dans cette matière[43]. »

Que faire d’Europeana ?

Il est ainsi facile de critiquer, d’un point de vue scientifique, les résultats de l’initiative. Mais, d’une part, ce serait se tromper sur les centres d’archives traditionnels. Il arrive très souvent à l’historien.ne de se trouver nez à nez, dans les archives les plus institutionnelles et reconnues, avec des documents, voire des fonds entiers, dont on ne connaît pas exactement la provenance. Il arrive également très souvent que des cartons entiers portent – en ce qui concerne les archives allemandes – le signe « o. D. », « ohne Datum », « sans datation connue », ou que tel document, au sein d’un carton, ne corresponde pas au classement annoncé et soit passé outre la vigilance de l’archiviste. L’historien.ne abandonne-t-il pour autant ? Certes pas. Il recourt à la critiques externe et interne du document pour statuer sur la qualité de l’archive ; il travaille sur ce vide d’information, pour en tirer du sens ; il formule des hypothèses…

Je me suis ainsi essayé, parmi les 513 749 documents proposés par Europeana 1914-1918, à chercher des journaux de tranchées allemands, par la simple recherche du terme « Tagebuch » (282 résultats) ou « Tagebücher » (au pluriel, 46 résultats). Si les résultats de recherche comportent leur lot de doublons (cinq résultats de la même « histoire » compte pour cinq histoires), de sources inutilisables, parce que dactylographiées sans trace des processus de transcription, il existe tout de même des sources, dont on peut assurer le caractère fiable, par une analyse poussée de l’objet en lui-même (papier, écriture, encre) et des thématiques abordées. J’ai pu ainsi consulter des dizaines de journaux tout à fait fiables et intéressants. Si leur chronologie était souvent tronquée à l’extrême (des récits de quelques semaines, de quelques mois au mieux), elle donnait à voir une guerre que je n’avais pas eu l’occasion de lire dans d’autres types de sources. Si l’on s’en tient à la question des journaux intimes rédigés par les soldats, le terme « war diary » donne 272 résultats, « diary » seul 2 324. En français, le terme « journal de guerre » (en recherche fermée) donne 152 résultats. Le terme « correspondance » donne 1 508 résultats ; le terme « carte postale » (en recherche fermée) 10 732 résultats ; en anglais, « postcard » donne 11 606 résultats, en allemand, « Postkarte » en donne 10 402. On pourrait continuer à loisir, pour montrer qu’Europeana permet d’avoir accès, rapidement et facilement, à des écritures de l’intime, du for privé, qui complètent ainsi opportunément les sources que nous utilisons déjà.

Qui plus est, un grand nombre de documents sont aujourd’hui en train d’être transcrits en format numérique. Les possibilités de la reconnaissance optique (OCR) sont très limitées pour des documents manuscrits, de surcroît sur des papiers de mauvaise qualité. Europeana a donc lancé une deuxième étape de son projet collaboratif, en invitant les anciens donateurs et les citoyens dans leur ensemble à une grande initiative de transcription, le « Transcribathon[44] » – en utilisant par exemple le prétexte de la Saint-Valentin pour appeler à la transcription des lettres d’amour de 1914-1918[45]. Il s’agit tout simplement de transcrire, sur une interface adaptée, dans des zones de texte les documents scannés au format image. Au mois de juin 2017, la Staatsbibliothek de Berlin a ainsi réuni des citoyens européens, afin de transcrire les 250 000 caractères de 407 documents historiques en seulement 28 heures[46]. Cela ouvre des possibilités importantes : la première étant de faire des recherches en plein texte dans la langue choisie et de la lexicographie.

Europeana 1914-1918 représente un pas en avant énorme vers l’écriture d’une histoire européenne, transnationale de la Grande Guerre, et pourquoi pas, vers une histoire plus populaire de celle-ci. Cela pourrait conduire, à travers la « production participative », à voir émerger des documents différents. Sans rien renier des méthodes de l’historien, il faut passer outre la défiance vis-à-vis de l’outil ainsi proposé, afin de ne pas reproduire les erreurs qui ont été faites, par exemple, envers Wikipédia. Face à l’Encyclopédie collaborative, certains chercheurs français ont joué la carte d’une distance méfiante, alors qu’en Allemagne, les nombreux articles de qualité montrent un investissement massif des institutions universitaires et des historiens dans le projet. Il serait dommage qu’en France, où la recherche sur la Grande Guerre est si dynamique, l’occasion d’Europeana soit manquée.

Pour citer cet article : Nicolas Patin, « "Europeana 1914-1918". Une ressource numérique utile pour écrire l’histoire de la Grande Guerre », Histoire@Politique, n° 35, mai-août 2018 [en ligne, www.histoire-politique.fr]

Notes :

[1] Robert Boyce, Sabine Jansen, Pierre Purseigle, Marie Scot, Dossier « Historiographies étrangères de la Première Guerre mondiale », Histoire@Politique. Politique, culture, société. Revue électronique du Centre d’histoire de Sciences Po, n° 22, janvier-avril 2014, en ligne, www.histoire-politique.fr/.

[2] Aurélien Hélias, « Évoquer le rôle des maires, devenus, dès 1918, les garants de la mémoire de la Grande Guerre », Le Courrier des Maires et des élus locaux, 21 novembre 2013, http://www.courrierdesmaires.fr/27318/evoquer-le-role-des-maires-devenus-des-1918-les-garants-de-la-memoire-de-la-grande-guerre/ [consulté le 22 février 2018]. Pour les années suivantes (2015-2016-2017), le nombre de projets labélisés s’est élevé à 450, 600 et 240 (source : Mission du Centenaire).

[3] Nathalie Silbert, « 14-18, la folie éditoriale du centenaire », Les Échos, 6 décembre 2013, https://www.lesechos.fr/06/12/2013/LesEchos/21579-049-ECH_14-18--la-folie-editoriale-du-centenaire.htm [consulté le 22 février 2018].

[4] Antoine Prost, Jay Winter, Penser la Grande Guerre. Un essai d’historiographie, Paris, Le Seuil, 2004.

[6] Clémentine Vidal-Naquet, Couples dans la Grande Guerre. Le tragique et l’ordinaire du lien conjugal, Paris, Les Belles Lettres, p. 214.

[7] Nicolas Mariot, Tous unis dans la tranchée ? 1914-1918, les intellectuels rencontrent le peuple, Le Seuil, 2013, pp. 416-417. Voir Howard Zinn, Une histoire populaire des États-Unis, de 1492 à nos jours, Marseille, Agone, 2003 [1980].

[8] Rémy Cazals (dir.), 500 témoins de la Grande Guerre, Toulouse, Éditions Midi-Pyrénéennes, 2013.

[9] Arndt Weinrich, « Un siècle – deux trajectoires. Les mémoires françaises et allemandes de la Première Guerre mondiale, 1918-2014 », dans La Grande Guerre. Politische Kulturgeschichte der Vorkriegszeit, carnet hypothèses : https://grandeguerre.hypotheses.org/2009

[10] « Europeana 1914-1918 – histoires inédites et histoires officielles de la Première Guerre mondiale », http://www.europeana.eu/portal/fr/collections/world-war-I [consulté le 22 février 2018].

[11] « Europeana Pro – History », https://pro.europeana.eu/our-mission/history [consulté le 22 février 2018].

[12] « Message adressé à MM. Jean-Claude Juncker, le 28 avril 2005 », Vie publique, http://discours.vie-publique.fr/notices/057000093.html [consulté le 22 février 2018].

[13] Viviane Reding, « Europeana : un voyage à travers la culture européenne », 20 novembre 2008, http://europa.eu/rapid/press-release_SPEECH-08-633_fr.htm [consulté le 22 février 2018].

[14] Europeana collections, « Bienvenue sur Europeana Collections », https://www.europeana.eu/portal/fr/about.html [consulté le 22 février 2018].

[15] C.T. (avec AFP), « Europeana résiste à Google Books », Bibliobs, 18 novembre 2008, http://bibliobs.nouvelobs.com/actualites/20081118.BIB2434/europeana-resiste-a-google-books.html [consulté le 22 février 2018]. Voir également : « Europeana victime de son succès », Courrier international, 21 novembre 2008 : https://www.courrierinternational.com/breve/2008/11/21/europeana-victime-de-son-succes [consulté le 22 février 2018].

[16] Le site résume les partenaires sous l’acronyme GLAMs (Galleries, Libraries, Archives and Museums) : https://pro.europeana.eu/page/what-kind-of-content-is-europeana-looking-for [consulté le 22 février 2018].

[17] https://pro.europeana.eu/our-mission/history [consulté le 22 février 2018].

[18] Richard Moss, “National Archives piece together the records of 140,000 First World War officers”, Culture24, 21 August 2014, http://www.culture24.org.uk/history-and-heritage/military-history/first-world-war/art496274-The-National-Archives-pieces-together-the-records-of-140000-First-World-War-officers [consulté le 22 février 2018].

[19] The National Archives, “British Army officers after 1913”, http://www.nationalarchives.gov.uk/help-with-your-research/research-guides/british-army-officers-after-1913/ (consulté le 22 février 2018).

[20] Ministère de la Culture, « Grand Mémorial », http://www.culture.fr/Genealogie/Grand-Memorial [consulté le 22 février 2018].

[21] Guillaume de Morant, « Un million de Poilus indexés sur Mémoire des Hommes », La revue française de généalogie, 5 juin 2017. https://www.rfgenealogie.com/s-informer/infos/1914-18/un-million-de-poilus-indexes-sur-memoire-des-hommes [consulté le 22 février 2018]. Voir également : Mémoire des hommes, « Informations pratiques », http://www.memoiredeshommes.sga.defense.gouv.fr/fr/article.php?larub=52&titre=indexation-collaborative [consulté le 22 février 2018].

[22] 1914-1918 online. International Encyclopedia of the First World War, https://encyclopedia.1914-1918-online.net/home.html [consulté le 22 février 2018].

[23] Richard Moss, “A wiki for the First World War? International Encyclopedia of the Great War to launch online”, Culture24, 24 September 2014. http://www.culture24.org.uk/history-and-heritage/military-history/first-world-war/art500229-a-wiki-for-the-first-world-war-international-encyclopedia-of-the-great-war-to-launch-online [consulté le 22 février 2018].

[24] Mathieu Andro, Digital Libraries and Crowdsourcing, ISTE Ltd, 2018.

[25] Ulrike Heitmüller, „Europeana: Geschichtsprojekt digitalisiert Erinnerung an 1. Weltkrieg“, Heise online, 28 janvier 2014, https://www.heise.de/newsticker/meldung/Europeana-Geschichtsprojekt-digitalisiert-Erinnerung-an-1-Weltkrieg-2098217.html [consulté le 22 février 2018]. L’Université d’Oxford a d’ailleurs continué dans cette logique, et vient de lancer non plus une « production participative » (crowdsourcing) mais un financement participatif (crowdfunding) pour former des volontaires et créer ainsi, partout, des jours de collectes de documents (http://greatwar.history.ox.ac.uk/?p=2817). À ce jour (22 février 2018), elle a récolté 18 000 livres sterling.

[26] Jason Daley, “Oxford Is Digitizing UK’s World War I Memorabilia”, Smithsonian.com, June 20, 2017, https://www.smithsonianmag.com/smart-news/oxford-digitizing-uks-world-war-i-memorabilia-180963755/ [consulté le 22 février 2018]. C’est bien l’initiative d’Oxford qui a donné l’idée à Europeana d’aller vers la « production participative » (entretien avec Ad Pollé, Coordinateur Europeana, 6 novembre 2017). 

[27] Correspondances électroniques avec Ad Pollé, manager d’Europeana 1914-1918, le 6 novembre 2017.

[28] Europeana Pro, « Europeana 1989. We Made History ! », https://pro.europeana.eu/project/europeana-1989 [consulté le 22 février 2018]. Cependant, le sujet de la Grande Guerre avait été choisi parce qu’il était relativement distant et perçu comme consensuel par les organisateurs d’Europeana. Dans le cas de 1989, le projet a été arrêté relativement tôt, car il était plus compliqué à mener, face à une mémoire beaucoup plus vive, notamment dans les pays de l’Est (entretien avec Ad Pollé, Coordinateur Europeana, 6 novembre 2017). Europeana n’est évidemment pas la seule institution à utiliser le crowsourcing. Si Wikipédia est l’exemple par excellence, le Museum national d’histoire naturelle de Paris avait lancé un même genre d’initiative avec Sauvage de ma rue, un recensement, par les habitants des villes eux-mêmes, de la biodiversité urbaine (http://sauvagesdemarue.mnhn.fr/sauvages-de-ma-rue/presentation) ou encore un « Herbier numérique collaboratif citoyen », les « Herbonautes » (http://lesherbonautes.mnhn.fr).

[29] Ulrike Heitmüller, „Europeana: Geschichtesprojekt...“, art. cit.

[30] Joseph Zimet, Commémorer la Grande Guerre (2014-2010) : propositions pour un centenaire international, Rapport au président de la République, septembre 2011, p. 71.

[31] La Grande Collecte, « L’opération », http://www.lagrandecollecte.fr/lagrandecollecte/fr/operation [consulté le 22 février 2018].

[32] Laurence Caramel, « La Grande Collecte lance les Français sur leurs souvenirs d’Afrique », Le Monde, 16 novembre 2016. http://www.lemonde.fr/afrique/article/2016/11/16/francais-a-vos-souvenirs-d-afrique_5032149_3212.html [consulté le 22 février 2018].

[33] Entretien téléphonique avec Brigitte Guigueno (Bureau des études et des partenariats scientifiques, SIAF), le 22 février 2018.

[34] Cécile Josselin, « Premier bilan de la Grande collecte de la Grande Guerre », La revue française de généalogie, 9 avril 2015, https://www.rfgenealogie.com/s-informer/infos/1914-18/premier-bilan-de-la-grande-collecte-de-la-grande-guerre [consulté le 22 février 2018].

[35] Antoine Flandrin, « La "grande collecte" numérise des milliers d’archives inédites de la guerre de 14-18 », Le Monde, 16 novembre 2013. http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/11/16/la-grande-collecte-numerise-des-milliers-d-archives-inedites-de-la-guerre-de-14-18_3514864_3224.html  [consulté le 22 février 2018].

[36] Correspondances électroniques avec Ad Pollé, manager d’Europeana 1914-1918, le 6 novembre 1917.

[37] La Grande Collecte, « Quels documents puis-je apporter », http://www.lagrandecollecte.fr/lagrandecollecte/fr/quelsdocumentsapporter [consulté le 22 février 2018.

[38] Hubert Féret, « Plus de 7 000 documents venus enrichir l’histoire de la Grande Guerre », La Voix du Nord, 22 mai 2017, http://www.lavoixdunord.fr/166510/article/2017-05-22/plus-de-7-000-documents-venus-enrichir-l-histoire-de-la-grande-guerre [consulté le 22 février 2018].

[39] Cécile Josselin, « Premier bilan… », art. cit.

[40] „Archiv mit Quellen zum Ersten Weltkrieg ist online“, Welt N24, 29.01.2014 : „Abzeichen, Fernrohre, Helme – Frank Drauschke, Historiker und Koordinator des Projekts, berichtet von sehr emotionalen Momenten, wenn Familien ihre Fundstücke präsentieren“ : https://www.welt.de/geschichte/article124347162/Archiv-mit-Quellen-zum-Ersten-Weltkrieg-ist-online.html [consulté le 22 février 2018].

[43] Astrid Herbold, „Der private Weltkrieg“, Der Tagesspiegel, 4 février 2014 : „Wir haben ein Archiv aufgebaut und Material angehäuft, jetzt ist die Wissenschaft aufgefordert, tiefer in die Materie einzusteigen“ : http://www.tagesspiegel.de/wissen/fotos-briefe-tagebuecher-von-1914-bis-1918-der-private-weltkrieg/9426230.html [consulté le 22 février 2018].

[44] Le site se trouve à l’adresse suivante : https://transcribathon.com/en/ [consulté le 22 février 2018]. À titre d’exemple, en tant que contributeur d’Europeana en 2013, j’ai reçu un email le 16 décembre 2016, qui appelait à la participation : « Beaucoup de ces documents personnels dans de nombreuses langues attendent d’être lus de nouveau. Aidez-nous à redonner vie à ces témoignages uniques et sincères. Venez participer à la transcription de ces lettres, notes et poèmes écrits il y a 100 ans. »

[45] „Onlinebibliothek Europeana sucht Freiwillige zum Liebesbrief-Abtippen“, DerStandard.at, 14. Februar 2017 : http://derstandard.at/2000052612068/Onlinebibliothek-Europeana-sucht-Freiwillige-zum-Liebesbrief-Abtippen [consulté le 22 février 2018].

[46] Laura Zornova, “La biblioteca digital europea rescata las vidas rotas en la Gran Guerra”, in : el Periódico, 29/07/2017 (http://www.elperiodico.com/es/ocio-y-cultura/20170729/la-biblioteca-digital-europea-rescata-las-vidas-rotas-en-la-gran-guerra-6197328, consulté le 22 février 2018).

Nicolas Patin

Nicolas Patin est ancien élève de l’École normale supérieure (Lyon), agrégé et maître de conférences à l’Université Bordeaux Montaigne. Il est spécialiste de l’histoire allemande du premier XXsiècle, de la Première Guerre mondiale et du national-socialisme. Il a publié aux éditions Fayard, La catastrophe allemande (1914-1945) en 2014 et Krüger. Un bourreau ordinaire en 2017.

Mots clefs : Première Guerre mondiale ; archives ; Europeana ; production collaborative ; histoire populaire/ First World War ; Archives ; Europeana ; Crowdsourcing ; People’s History.

imprimer

Newsletter

  • Consultez fréquemment les rubriques dynamiques de cette colonne. Elles sont régulièrement mises à jour.

Champ libre

  • • Vidéo de la table ronde « À l'Est, rien de nouveau ? Pour une histoire visuelle de la nouvelle Europe » aux Rendez-Vous de Blois (13 octobre 2018)
  • Si vous n’avez pas pu assister à la table ronde, « À l'Est, rien (...)
  • lire la suite
  • Histoire@Politique est également disponible sur CAIRN
  • lire la suite

Comptes rendus

  • • Comment exposer l'art soviétique ?
  • Si de nombreux colloques sont venus émailler les commémorations (...)
  • lire la suite
  • • Laurent Gutierrez, Patricia Legris (dir.), Le Collège unique. Éclairages socio-historiques sur la loi du 11 juillet 1975,
  • Ce livre est issu d’un séminaire qui s’est tenu en 2015 (...)
  • lire la suite
  • • Evgeny Finkel, Ordinary Jews. Choice and Survival During the Holocaust,
  • La Shoah et sa mémoire nous hantent. Pourtant, parmi (...)
  • lire la suite
  • • Alexandre Marchant, L’impossible prohibition. Drogues et toxicomanie en France, de 1945 à nos jours,
  • L’impossible prohibition est une fascinante enquête historique qui étudie (...)
  • lire la suite
  • • Sylviane de Saint Seine, La Banque d’Angleterre. Une marche erratique vers l’indépendance, 1977-2007
  • Aux spécialistes des banques centrales, l’ouvrage de Sylviane de Saint Seine (...)
  • lire la suite
  • • Frank Georgi, L’autogestion en chantier. Les gauches françaises et le « modèle » yougoslave (1948-1981)
  • L’autogestion a fasciné une partie considérable de la gauche (...)
  • lire la suite
  • • Emmanuel Debruyne, «Femmes à Boches». Occupation du corps féminin dans la France et la Belgique de la Grande Guerre,
  • « Bochasse », « paillasses à boches », « pouyes » ou encore « femmes à Boches », autant de termes, (...)
  • lire la suite
  • • Anatole Le Bras, Un enfant à l’asile. Vie de Paul Taesch (1874-1914),
  • C’est en dépouillant des dossiers médicaux dans le cadre de (...)
  • lire la suite
  • • Emmanuel Garnier, L’empire des sables. La France au Sahel 1860-1960,
  • Comment l’histoire coloniale peut-elle expliquer la situation politique actuelle (...)
  • lire la suite
  • • Renaud Meltz, Pierre Laval, un mystère français,
  • Après le Pétain[1] de Bénédicte Vergez-Chaignon, le monumental Pierre (...)
  • lire la suite
  • • Sylvie Lindeperg et Ania Szczepanska, À qui appartiennent les images ? Le paradoxe des archives, entre marchandisation, libre circulation et respect des oeuvres,
  • L’ouvrage collectif L’image d’archives. Une image en devenir[1] proposait (...)
  • lire la suite
  • DAU, une œuvre d’Ilya Khrzhanovsky (2008-2018)
  • À l’origine, DAU était pensé par son auteur Ilya Khrzhanovsky comme un film biographique du (...)
  • lire la suite
  • • « La Ligue des droits de l’homme : 120 ans d’histoires »
  • La Ligue des droits de l’homme (LDH) entretient des (...)
  • lire la suite
  • • Boris Belge, Klingende Sowjetmoderne. Eine Musik- und Gesellschaftsgeshichte des Spätsozialismus,
  • Issu d’une thèse défendue à l’Université de Tübingen, l’ouvrage (...)
  • lire la suite
  • • Olivier Dard et Ana Isabel Sardinha-Desvignes, Célébrer Salazar en France (1930-1974). Du philosalazarisme au salazarisme français,
  • Olivier Dard, professeur d’histoire contemporaine à l’Université Paris-Sorbonne, spécialiste (...)
  • lire la suite
  • • Jean-Claude Daumas, La Révolution matérielle. Une histoire de la consommation France XIXe -XXe siècles,
  • Si les travaux sur la consommation se sont multipliés depuis (...)
  • lire la suite
  • • Stephen W. Sawyer, Adolphe Thiers. La contingence et le pouvoir,
  • Est-il un homme politique plus controversé qu’Adolphe Thiers (1797-1877) ? (...)
  • lire la suite
  • • David Bellamy (dir.), Max Lejeune 1909-1995. Carrière politique d’un Picard,
  • Max Lejeune connut-il le bonheur en politique ? En tout (...)
  • lire la suite
  • • Bruno Cabanes (dir.), Une histoire de la guerre. Du XIXe siècle à nos jours,
  • Dirigé par Bruno Cabanes[1], et coordonné par Thomas Dodman[2], (...)
  • lire la suite
  • • « L’internement des nomades, une histoire française (1940-1946) »
  • L’internement des nomades en France pendant la Seconde Guerre (...)
  • lire la suite
  • • Les années Mitterrand 1984-1988 vues des régions
  • Issu d’un colloque tenu à l’automne 2015, ce livre réunit (...)
  • lire la suite
  • • Les débuts de la Ve République : une guerre civile ?
  • Le livre de Grey Anderson a de quoi surprendre et intéresser (...)
  • lire la suite
  • • Julie Bour, Clientélisme politique et recommandations : l’exemple de la Lorraine de la IIIe à la Ve République,
  • Ce livre est issu d’une belle thèse soutenue en 2015 (...)
  • lire la suite
  • • Masha Cerovic, Les Enfants de Staline. La guerre des partisans soviétiques, 1941-1944,
  • Elem Klimov’s apocalyptic master piece of 1985 “Come and See” (...)
  • lire la suite
  • • Hélène Camarade, Élizabeth Guilhamon, Matthias Steinle, Hélène Yèche (dir.), La RDA et la société postsocialiste dans le cinéma allemand après 1989,
  • Qui en 2003 n’a pas vu le film Good Bye Lenin !, puis en 2007 La Vie des autres ? (...)
  • lire la suite
  • • François Dosse, La Saga des intellectuels français,
  • L’histoire des intellectuels est entrée dans l’heure des bilans (...)
  • lire la suite

Partager

  • ISSN 1954-3670