Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

Luc Chantre, Paul d’Hollander et Jérôme Grévy (dir.), Politiques du pèlerinage du XVIIe siècle à nos jours,

Ouvrages | 24.04.2018 | Yves Poncelet

Placé sous la direction de Jérôme Grévy, Paul d’Hollander et Luc Chantre, alors membres du Centre de recherches interdisciplinaires en histoire, histoire de l’art et musicologie de Poitiers et Limoges, l’ouvrage reprend les actes des journées d’étude ayant eu lieu à Limoges en 2011 et à Poitiers en 2012. Des chercheurs ont exploré, au cours de ces journées, les rapports entre le politique et le religieux au prisme d’une pratique ancienne, durable et transculturelle : le pèlerinage, fait historique social important. C’est un fort volume de 381 pages, associant vingt-sept contributions, qui analysent l’imprégnation politique ayant pu affecter des pèlerinages ou l’imprégnation religieuse de cultures politiques s’étant exprimées sous forme pèlerine, religieuse ou séculière. Outre ces textes, une série d’introductions facilitant la cohérence de l’ensemble, une riche matière bibliographique (fournie par les notes infrapaginales ou en fin de contribution), une postface de Philippe Herzog et une présentation des auteurs composent le livre.


David Spector, La gauche, la droite et le marché,

Ouvrages | 03.04.2018 | Laurent Warlouzet

Original, l’ouvrage de David Spector l’est à plusieurs titres. Sur le fond, il défend la thèse de la compatibilité du libéralisme économique avec les idées de gauche, de justice sociale et de redistribution. Il cherche ainsi à démontrer que l’hostilité viscérale d’une partie de la gauche française envers les mécanismes de marché est parfois contre-productive car elle peut aboutir à des dynamiques inégalitaires. Les cas britanniques et américains sont utilisés comme contrepoint, pour montrer que l’association entre libéralisme et gauche est naturelle dans ces deux pays, à rebours d’une idée dominante réduisant ces pays à l’ultra-libéralisme de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan. Sur le plan de la méthode, David Spector administre la preuve par une approche véritablement interdisciplinaire, combinant démonstration économique – l’auteur est d’ailleurs un économiste –, histoire des idées et histoire des politiques publiques. L’approche reste narrative et empirique, l’ouvrage refusant tout recours aux graphiques et à la formalisation mathématique.


Commémorer la Révolution russe en 2017 : « Et 1917 devient Révolution »

Expositions | 30.03.2018 | Natalia Buryka

Lannée 2017 a marqué le centenaire de la révolution russe, donnant lieu à de nombreuses commémorations dans le monde entier. À Paris, dans trois petites salles du musée de lArmée, de nombreux documents de la Bibliothèque de la documentation internationale contemporaine (BDIC), viennent expliquer de façon très pédagogique les principaux points relatifs à 1917.


Florence Tamagne, Le crime du Palace. Enquête sur l’une des plus grandes affaires criminelles des années 1930

Ouvrages | 27.03.2018 | Patrick Farges

Florence Tamagne (Université de Lille 3) est l’une des grandes spécialistes en France de l’histoire de l’homosexualité, comme le montrent ses publications. Son nouvel ouvrage est centré sur un fait divers – aujourd’hui largement oublié – qui défraya la chronique dans l’entre-deux-guerres : l’assassinat en 1933 à Paris d’Oscar Dufrenne, le patron du Palace, établissement qui deviendra, en 1934, l’Alcazar. Dufrenne est l’une des grandes figures des nuits parisiennes de l’époque. Son assassinat s’inscrit dans une série de scandales dans les années 1930, en particulier l’affaire Violette Nozière et l’affaire Stavisky.


« Les jours sans 1939-1949. Alimentation et pénurie en temps de guerre »

Expositions | 26.03.2018 | Alain Chatriot

L’exposition ouverte au Centre d’histoire de la résistance et de la déportation (CHRD) à Lyon à l’automne 2017 et prolongée jusqu’à fin février 2018 méritait la visite car elle a proposé un retour scientifique sur la question du ravitaillement et du rationnement durant la Seconde Guerre mondiale et la Libération. Le catalogue qui l’accompagne en démontre la richesse. Le propos consiste à prendre au sérieux les différentes dimensions de ce sujet trop souvent résumé à quelques images caricaturales du marché noir. Mobilisant de nombreux prêteurs institutionnels et privés (dont les musées de Champigny-sur-Marne, Nantua, Besançon et Rouen et plusieurs institutions lyonnaises), l’exposition et son catalogue ont pu tirer profit des prêts issus de la très riche collection privée de Bernard Le Marec rassemblant documents et objets.


Les Bienheureux, film réalisé par Sofia Djama (2017)

Films | 23.02.2018 | Sylvie Thénault

Avant de rendre compte du film Les Bienheureux pour ce dont il parle, il faut l’appréhender pour ce qu’il est : un film, beau et touchant, un objet cinématographique soigné. Tout y est. La ville d’Alger offre à Sofia Djama, dont c’est le premier long-métrage, un cadre à la lumière radieuse et à l’esthétique forte, en extérieur comme dans les intérieurs, que la caméra saisit par fragments, à l’image des trajectoires chaotiques des personnages, ou qu’elle restitue dans des séquences plus longues, au profit d’une évocation toujours réussie de l’ambiance des scènes qui s’y déroulent : intimité d’une cuisine ou d’une chambre, huis clos d’une cave servant de refuge, tiédeur tranquille des trajets nocturnes en voiture le long de la mer. 


« Chrétiens d’Orient, 2000 ans d’histoire »

Expositions | 16.02.2018 | Frédéric Abécassis

L’exposition « Chrétiens d’Orient, 2000 ans d’histoire » s’est tenue à l’Institut du monde arabe (IMA) du 26 septembre 2017 au 14 janvier 2018. La présence depuis 2016 d’une antenne de l’IMA à Tourcoing et le soutien de la Ville ont permis à cette exposition de se prolonger au musée des Beaux-Arts MUba Eugène Leroy du 23 février au 11 juin 2018. C’est, à notre connaissance, la première fois que l’IMA consacre aussi explicitement une exposition à ce thème. Si l’on se réfère à l’historique des expositions passées rue des Fossés-Saint-Bernard, on trouve bien le « Liban intime » (1999), des « Peintures de Bernadette Bittar » (2011) ou bien « Les autres, Balade araméenne » (2011) qui renvoient chacune, de façon allusive, à la diversité religieuse du monde arabe, mais aucune n’avait posé les choses en termes aussi clairement confessionnels.


Aline Angoustures, Dzovinar Kévonian et Claire Mouradian (dir.), Réfugiés et apatrides. Administrer l’asile en France (1920-1960),

Ouvrages | 16.02.2018 | Delphine Diaz

L’année 2010 a vu la création du Comité d’histoire de l’Office français de protection des réfugiés et des apatrides, l’Ofpra, fondé en 1952, un an après l’adoption de la convention de Genève de juillet 1951. Le Comité d’histoire de cette autorité administrative a œuvré pour accompagner l’ouverture de ses archives au public, qui étaient considérées jusqu’alors comme non communicables. Celles-ci comptent près de 10 kilomètres linéaires de documents, qui couvrent la période allant des années 1920, décennie où a été mis au point le « passeport Nansen », alors attribué à certaines catégories de réfugiés, jusqu’à aujourd’hui. Si l’on ne peut que se féliciter de l’ouverture de ces archives au public, soulignons néanmoins qu’elles ne sont communicables en règle générale qu’en observant un délai de 50 ans après la date du dernier document du dossier. Tout en facilitant l’accès à ces fonds, le Comité d’histoire de l’Ofpra a également organisé plusieurs journées d’études, en particulier celle intitulée « D’une après-guerre à l’autre : l’invention de l’Ofpra », en décembre 2014, dont les communications sont pour partie présentées dans cette publication.


Western, film de Valeska Grisebach (2017)

Films | 22.01.2018 | Martine Floch

Le dernier film de la réalisatrice allemande Valeska Grisebach est un film d’auteur. La réalisatrice a choisi de revisiter les codes du western, un genre très apprécié en Allemagne dès les années 1930, pour raconter l’arrivée dans le petit village bulgare de Petrelik d’un groupe de travailleurs allemands venus installer une centrale hydraulique visant à améliorer l’infrastructure de cette région proche de la frontière grecque, motivés en cela par des salaires alléchants.  

 

Pauline Picco, Liaisons dangereuses. Les extrêmes droites en France et en Italie (1960-1984),

Ouvrages | 22.12.2017 | Piero Ignazi

Dans l’ouvrage Liaisons dangereuses. Les extrêmes droites en France et en Italie (1960-1984), Pauline Picco confesse de manière improvisée, aux pages 143 et 144, à quel point l’étude des méandres obscurs des années de plomb s’avère désorientant. Les informations sont en effet dispersées, d’une ampleur démesurée, les sources souvent contradictoires : entre affabulations, négligences, témoignages réticents, opacité et diversions des institutions publiques. Nombreuses sont les embûches que l’analyste a dû affronter face à cette période chaotique de l’histoire italienne. Malgré cet avertissement, l’auteure réussit à rendre compte de manière exhaustive des rapports – jusqu’alors restés dans l’ombre – entre les extrêmes droites française et italienne des années 1960 aux années 1980.


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  • ISSN 1954-3670