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Sources

La bibliothèque de l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE)

Angélique Bach
Résumé :

La bibliothèque de l’Insee, héritière des fonds des bibliothèques des anciens services statistiques publics français, est aujourd’hui un gisement documentaire (...)

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La bibliothèque de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) est spécialisée dans les domaines de l’économie, de la statistique, de la démographie et des sciences sociales, au caractère historique et international. Elle fait partie de la direction générale de l’Insee. Son histoire dépasse le cadre de l’Institut puisque ses collections retracent toute l’histoire de la statistique administrative française. La bibliothèque de l’Insee est en effet l’héritière des anciens services de statistique français qui ont vu le jour au tout début du XIXe siècle avec Lucien Bonaparte et Jean-Antoine Chaptal.

Une tradition de comptage ancienne à l’origine d’un véritable héritage statistique

Traditionnellement, les activités de comptages et de dénombrements statistiques ont été des opérations ponctuelles, permettant de chiffrer la richesse et le nombre d’habitants. Leurs principaux buts étaient de lever des impôts et de mettre en place la conscription militaire. C’est là que le mot « statistique » qui tire son origine du latin « statisticus », c’est-à-dire « relatif à l’État », prend tout son sens. Des pouillés du Moyen Âge aux registres paroissiaux et aux enquêtes des intendants du roi, nombre de données statistiques sont produites au fil du temps. Mais ce n’est que dans les toutes premières années du XIXe siècle qu’est mise en place une véritable institution entièrement dévolue à la statistique. Avec elle, naît une documentation riche et variée que la bibliothèque de l’Insee a aujourd’hui pour mission de conserver et de valoriser.

Aperçu sur la statistique en France depuis 1800

C’est sous le Consulat, en 1800, que Lucien Bonaparte alors ministre de l’Intérieur, crée le « Bureau de statistique du ministère de l’Intérieur ». Il initie le premier recensement de la population française par la circulaire du 26 floréal an VIII (16 mai 1800) avec le nouveau directeur du bureau de statistique, Adrien Duquesnoy, qui met au point les premiers modèles de tableaux statistiques. Si des comptages divers avaient été menés par le passé, notamment par les intendants du roi, ce dénombrement est le premier à se baser sur des renseignements complets rassemblés à partir de statistiques administratives. Jean-Antoine Chaptal, qui succède à Lucien Bonaparte le 6 novembre 1800, mène ce dénombrement à terme en 1801. C’est là le commencement des recensements quinquennaux en France.

Les services de statistiques français connaissent ensuite une histoire mouvementée. Dès 1812, la circulaire du 21 septembre supprime le service pour des raisons budgétaires et politiques. Les tâches sont réparties entre divers bureaux jusqu’en 1833, quand celui de la statistique du ministère du Commerce prend en charge la coordination statistique. Les missions de ce bureau sont formalisées par l’arrêté du 3 avril 1840 qui crée la Statistique générale de la France (SGF), service destiné à organiser, exploiter et diffuser des données, notamment sur les recensements de la population. Il est placé sous l’autorité directe du ministre afin de lui donner la latitude nécessaire à l’élaboration des divers travaux[1].

C’est l’époque des premières grandes séries statistiques sous l’égide de deux directeurs emblématiques. Le fondateur de la SGF[2], Alexandre Moreau de Jonnès, personnage haut en couleur, ancien corsaire du roi et aventurier reconverti dans l’administration, impulse à la statistique le mouvement des grandes enquêtes thématiques. Le service publie des tableaux statistiques ainsi que la série Documents statistiques sur la France, qui comprend quatorze divisions dont les Territoires, la Population, l’Agriculture, etc.[3].

Alfred Legoyt prend ensuite la tête de la SGF et la remanie dès 1852. Radicalement différent de son prédécesseur, il est aussi connu comme l’un des fondateurs de la Société de statistique de Paris. Son action en faveur de la statistique permet à la discipline de gagner en importance au niveau international. Le service connaît une forte activité sous sa direction particulièrement dynamique et impliquée. Contrairement à Alexandre Moreau de Jonnès, Alfred Legoyt privilégie les travaux de collecte de données aux classifications et à l’analyse. Il s’est attaché à développer les productions du service en les rendant plus fournies et plus précises. De plus, il s’est particulièrement investi dans la diffusion de ces productions : « Legoyt lui-même, qui connaissait plusieurs langues étrangères et pouvait ainsi puiser directement sa documentation dans les publications de divers pays étrangers, était souvent sollicité afin de communiquer les renseignements en sa possession, renseignements qui formaient une collection importante[4]». Il quitte le service à la chute du Second Empire.

Entre 1870 et 1946, la Statistique générale de la France connaît d’importantes mutations. Le travail de collecte et de compilation des données mène à la publication de nombreux ouvrages, dont l’Annuaire statistique de la France, best-seller du genre, publié dès 1878. Le service entreprend également de publier les résultats de ses propres enquêtes, notamment les recensements de la population. Les publications du XIXe siècle et du début du XXe siècle visent essentiellement un public d’initiés, statisticiens, historiens et économistes. Tirés à peu d’exemplaires, ces ouvrages témoignent de leur prestige et du statut de leurs destinataires. Dotés de reliures cuir, d’ornements, de dorures et de doublures en tissu moiré, ce sont non seulement des outils de travail, mais aussi des livres de qualité. Les services statistiques sont aussi le lieu d’innovations techniques, avec l’essor de la mécanisation. En 1896 est mis en place le classi-compteur au sein de la SGF. Il s’agit d’une tabulatrice, machine fonctionnant grâce à un système de cartes perforées, inventée par l’américain Herman Hollerith et utilisée pour le recensement des États-Unis en 1891. Le directeur de l’époque, Lucien March, développe même sa propre machine, le classi-compteur-imprimeur. Cette évolution augmente considérablement la productivité des services.

Illustration 1 : Le classicompteur March. © Insee. 

La Statistique générale de la France perdure jusqu’au début des années 1940 malgré de nombreuses réorganisations qui la rattachent successivement à divers ministères. Sous le régime de Vichy, elle fusionne en 1941 avec le Service de la démographie (créé par l’État français en 1940) et l’Institut de conjoncture (créé en 1938 et dirigé par le démographe Alfred Sauvy) pour devenir le Service national des statistiques (SNS).

La loi de finances du 27 avril 1946 donne naissance à l’Insee par ses articles 32 et 33, créant une institution durable au service de la statistique française.

L’Insee est ainsi riche de l’héritage d’une tradition statistique qui a façonné l’histoire des publications, supports essentiels de la diffusion des résultats pendant plus de deux siècles.

La bibliothèque de l’Insee et son héritage statistique

Les évolutions et les mutations successives ont permis de constituer la collection exceptionnelle dont est dépositaire la bibliothèque de l’Insee. Forte de cet héritage statistique s’étendant sur plus de deux siècles, la collection retrace tous les travaux laissés par cette longue lignée de précurseurs. La bibliothèque est née entre 1946 et 1951 de la réunion de divers fonds préexistants, dont ceux des anciens services statistiques français. Parmi eux, les bibliothèques de la SGF (estimées à 18 000 volumes en 1913, 60 000 volumes en 1936, 63 000 volumes et même, si l’on en croit Pascal-Gaston Marietti, le chiffre impressionnant de 350 000 périodiques au 1er janvier 1938[5]) et du SNS constituent la majeure partie de ce fonds de départ. À cet ensemble volumineux viennent s’ajouter les ouvrages du Service des économies étrangères du ministère de l’Économie nationale ainsi que le fonds du Centre de documentation économique de la Bibliothèque nationale. Ce dernier, appelé à l’époque la « bibliothèque des ministères du Commerce et du Travail », a été constitué dès 1900. Devenu une annexe de l’Office national du Commerce extérieur en 1930, cette bibliothèque avait pour mission de « centraliser l’ensemble de la documentation internationale d’actualité, nécessaire tant aux administrations publiques qu’aux particuliers[6]». En 1937, ses fonds étaient estimés à 200 000 volumes[7], principalement des périodiques (et 16 000 articles de presse).

Des implantations successives qui témoignent d’une histoire peu linéaire

Les services statistiques et leurs fonds documentaires ont connu différentes localisations. Les premiers bureaux de statistique, sous le Consulat et le Premier Empire étaient établis près du Champ-de-Mars, au bout de la rue de Grenelle. Créé en 1840, le service de la SGF qui leur a succédé rejoint le Quai d’Orsay[8]. Cette localisation est connue grâce à un ensemble de photographies d’époque réalisées par les agences Roger-Viollet et Rol. On y voit le travail des différents services, et notamment l’atelier de dépouillement des bulletins originaux du recensement dans les anciennes écuries du palais de l’Alma[9].

À partir de 1888, les services s’installent dans un nouveau bâtiment de l’avenue Rapp dans le 7e arrondissement de Paris, avant de déménager une nouvelle fois en juin 1931 vers un immeuble privé au 172 rue de l’Université « où la Statistique Générale occupe deux étages[10] ».

À la création de l’Insee en 1946 naît l’idée de disposer d’une bibliothèque centrale de statistiques, réunissant tous les fonds utiles au travail des statisticiens et des chercheurs. Plusieurs fonds documentaires sont récupérés dans leurs services d’origine entre 1946 et 1951 afin de constituer le fonds de base de la bibliothèque de l’Insee. À la suite du déménagement de l’ensemble de la direction générale de l’Insee au 29 Quai Branly en 1951, le service central de documentation voit officiellement le jour, sous l’autorité directe du premier directeur général et ancien résistant Francis-Louis Closon. Dans ce bâtiment, la bibliothèque dispose de magasins (appelés la « salle des collections », soit deux étages superposés d’une superficie totale de 1 500m² abritant 2,5 kilomètres linéaires[11]), d’une salle de lecture et d’une salle dédiée aux fichiers de catalogues. En 1974, l’Insee s’installe dans un nouveau bâtiment situé à Malakoff, tout près de la Porte de Vanves. La bibliothèque y dispose d’une salle de lecture de 175 m² et de magasins à la capacité de plus de cinq kilomètres linéaires. L’année 2018 marquera une nouvelle étape de l’histoire de la bibliothèque avec le déménagement vers de nouveaux locaux situés dans le bâtiment White à Montrouge.

Un flux de publications variées mais coordonnées

Dès la mise en place d’une véritable institution statistique en France apparaissent les publications en série, dont la première est celle du recensement de la population. En parallèle, le premier directeur du Bureau de statistique, Adrien Duquesnoy, demande aux préfets l’élaboration d’une publication supplémentaire, plus axée sur les territoires et la production. La circulaire du 1er Germinal an VIII (21 mars 1800), prévoit ainsi la réalisation de statistiques générales départementales, comprenant des tableaux prédéfinis sur la topographie, la population, l’industrie et le commerce, etc. Les premiers mémoires des préfets livrés à l’impression n’ont paru que deux ans et demi plus tard. Publiés aux frais du gouvernement et non mis en vente, ils ont été distribués gratuitement aux principales autorités de l’Empire. Certains des volumes de cette série sont conservés à la bibliothèque de l’Insee[12].

La situation tumultueuse des services statistiques en France, entre remaniements, voire suppressions temporaires, a parfois causé des ruptures dans les publications. À partir de 1840 toutefois, avec l’émergence de la SGF, la statistique française connaît une période de stabilité relative de près de trente ans, permettant l’élaboration de publications suivies et le rodage des pratiques de travail. De plus, bien qu’ils aient été diamétralement opposés dans leur conception du travail statistique, Alexandre Moreau de Jonnès et son successeur Alfred Legoyt ont à eux deux dirigé la SGF durant plus de quarante années (1827-1851 et 1851-1871), permettant ainsi une certaine stabilité des publications tout au long du XIXe siècle.

La première période, entre 1837 et 1847, est marquée par une activité intense avec la publication d’un nombre considérable d’ouvrages. Comme mentionné précédemment, c’est à cette époque qu’est publiée la série des Documents statistiques sur la France sous la direction d’Alexandre Moreau de Jonnès. Ce projet d’ampleur, planifié dès 1833, n’est toutefois pas achevé à son départ de la direction du Bureau en 1850.

De manière plus générale, les turbulences institutionnelles au sein de la statistique générale au cours du siècle ont eu un impact sur la centralisation de la production des publications statistiques plus que sur la production elle-même. Nombre de publications sont en effet parues indépendamment du service, dans d’autres ministères ou services ministériels. Cependant, selon Pascal-Gaston Marietti citant Alfred Legoyt, il semble que le Service de la statistique générale ait tout de même eu un certain impact sur l’ensemble des publications, du moins un impact consultatif, en exerçant « sur la préparation des documents une certaine influence utile, soit directement en signalant à leurs auteurs ou des lacunes à combler, ou des améliorations à introduire, soit indirectement par des introductions placées en tête de ses publications[13] ». Plus qu’un rôle de centralisation, c’est un rôle de coordination statistique qui a été mis en œuvre.

Les publications ont bien entendu été perturbées par les conflits armés, et notamment par les deux guerres mondiales. Durant la Première Guerre mondiale, la Statistique générale de la France a par exemple assumé des travaux supplémentaires pour le ministère de la Guerre, le ministère de l’Armement, l’Office des biens et intérêts en pays occupé ou ennemi. Pascal-Gaston Marietti indique ainsi que « pour les nombreuses communes dont les archives avaient été détruites du fait de la Guerre, la Statistique Générale a aidé également à la reconstitution des registres d’état civil en communiquant aux mairies les bulletins qu’elle possédait[14] ». Les publications réalisées en temps de guerre ont donc parfois été interrompues ou ont donné lieu à des éditions simplifiées ou rétrospectives. C’est le cas par exemple pour le recensement de 1916 qui n’a pas pu être organisé comme le prévoyait le calendrier quinquennal.

Une collection unique en statistique, économie, démographie

Spécialisée dans les grands domaines économiques (le commerce, l’agriculture, l’industrie, etc.), démographiques et sociaux, la collection de la bibliothèque de l’Insee retrace plus de deux siècles d’histoire sous l’angle des chiffres. Le fonds documentaire rassemble aujourd’hui plus de 100 000 volumes et 13 000 titres de revues, dont 3 300 vivants. Les collections occupent près de 8 kilomètres linéaires, dont 2,5 sont stockés dans un entrepôt, dans le quartier d’Étouvie à Amiens, dépendant de la direction régionale de l’Insee des Hauts-de-France.

La particularité de cette collection, outre sa thématique spécialisée et sa profondeur historique, est l’ampleur de sa couverture géographique. En effet, la collection englobe la statistique à une échelle mondiale, en conservant les publications d’un grand nombre de pays, à un niveau national, voire régional, ainsi que d’organismes internationaux divers (SDN, ONU, UNESCO, EUROSTAT). Une tradition d’échanges avec les autres instituts statistiques nationaux a permis la création d’un fonds international riche et unique en son genre[15]. Cette collection étrangère, essentiellement composée de séries statistiques, s’étend du début du XIXe siècle à nos jours. L’ensemble des publications de l’Insee et des services statistiques qui l’ont précédé sont bien sûr conservées, de même que les publications des services statistiques ministériels ou encore les ouvrages des grands penseurs de la théorie économique. La bibliothèque de l’Insee a reçu en don la bibliothèque personnelle de personnalités marquantes, tels que l’économiste et ancien directeur général de l’Insee Edmond Malinvaud, ou encore l’historien de la statistique Alain Desrosières.

La collection de la bibliothèque apporte ainsi des informations essentielles, à la fois en termes de chiffres (Annuaires statistiques, recensements, etc.), mais également de travaux statistiques menés par les pouvoirs publics et les chercheurs.

Enfin, la bibliothèque de l’Insee possède, depuis 1998, le statut de pôle associé de la Bibliothèque nationale de France pour la statistique et les études économiques.

Fonds ancien et fonds courant

Les collections sont divisées en un fonds ancien (antérieur à la création de l’Insee en 1946) et un fonds contemporain. 

Le fonds ancien (avant 1946)

Le fonds ancien est pour majeure partie constitué des documents hérités des services statistiques qui ont précédé l’Insee. Parmi eux, le fonds documentaire de la SGF constitue l’un des principaux apports à la collection[16]. Le fonds ancien regroupe différents fonds que l’on peut distinguer selon leur origine ou par thématique. Il s’agit essentiellement de publications du XIXe siècle et du début du XXe siècle, même si quelques documents sont plus anciens. Il se compose de monographies, de périodiques et même de quelques archives historiques, la bibliothèque ayant à une époque également conservé ce type de documents.

Le plus ancien ouvrage conservé à la bibliothèque, le Nouveau dénombrement du Royaume[...], date de 1720[17]. Quelques documents sont également manuscrits ou annotés, comme par exemple la Statistique territoriale de la France, ouvrage du milieu du XIXe siècle présentant sous forme de tableaux les richesses agricoles de la France par départements et par villes ; ou encore l’Album manuscrit de la population française en 1889 avec ses pyramides des âges sur papier Canson dessinées à la main.

Illustration 2. Statistique générale de la France, Album manuscrit de la population française en 1889. © Bibliothèque de l’Insee.

Le fonds ancien de la bibliothèque de l’Insee est actuellement en cours de rétroconversion et n’est donc pas totalement informatisé. Pour la partie émanant de la SGF, des fiches papiers et une nomenclature permettent de se repérer dans les thématiques[18].

Le fonds contemporain (de 1946 à nos jours)

Ce fonds a été constitué et enrichi par l’acquisition de toutes les publications de l’Insee et des Services statistiques ministériels (SSM). Comme cela a été le cas pour le fonds ancien, les échanges avec les SSM et les instituts nationaux de statistiques d’autres pays constituent une source importante d’entrées au catalogue. Dans une moindre mesure, l’achat de documents sous toutes formes permet de constituer aujourd’hui l’un des gisements documentaires statistiques parmi les plus importants d’Europe. La bibliothèque a également reçu de nombreux ouvrages en dons : ceux-ci proviennent par exemple d’institutions, tels que la Direction de l’information légale et administrative, l’Institut de statistique de la Ville de Paris ou encore la Faculté de droit de Paris.

Type d’ouvrages conservés

De manière générale, fonds ancien et courants confondus, deux types de documents sont particulièrement représentés : les monographies et les périodiques. Ces derniers se distinguent entre les publications périodiques et les séries statistiques.

Dans la partie « Périodiques », se trouvent des publications à caractère statistique (Bulletin mensuel de statistique), ainsi que des revues d’horizons très divers, mais concernant les domaines spécifiques de l’Insee (Revue française d’économie, Économetrica, Journal of Finance, Bulletin de l’Institut international de statistique [depuis 1886], etc.). Les séries statistiques, quant à elles, comprennent des publications sur divers sujets, tels que les recensements de la population, des statistiques du commerce extérieur, de l’agriculture, de la production, des entreprises, du système éducatif, des transports, etc. Elles sont en général publiées soit par les instituts nationaux de statistique, soit par le ministère concerné. Ces séries constituent l’une des grandes richesses du fonds de la bibliothèque car elles s’étendent parfois sur plusieurs siècles, nombre d’entre elles étant conservées depuis le XIXe siècle (Tableau décennal du commerce de la France avec ses colonies et les puissances étrangères depuis 1820, Résumé statistique de l’Empire du Japon depuis 1893, la statistique judiciaire suédoise depuis 1855, l’annuaire statistique du Chili depuis 1861, le Tableau de la situation des établissements français dans l’Algérie, 1856-1858 depuis 1861, etc.).

Les monographies concernent des ouvrages thématiques qui dépassent souvent le cadre de la statistique et de l’économie et qui semblent avoir été acquis à une époque dans un esprit universaliste. Dans le cadre de leurs travaux professionnels, les agents de l’Insee avaient en effet besoin de disposer de toute la documentation utile, rapidement et en un seul endroit. On trouve ainsi dans le fonds documentaire de nombreux ouvrages traitant d’histoire, de démographie ou de sciences sociales, mais aussi parfois de géographie, de médecine... Certaines d’entre elles comprennent des dédicaces, mais également des notes manuscrites. C’est le cas par exemple de certains ouvrages donnés par la famille de l’ancien directeur général de l’Insee et éminent économiste Edmond Malinvaud, qui a annoté nombre des ouvrages de sa bibliothèque personnelle, notamment ses propres manuscrits en vue d’une publication ultérieure.

Illustration 3 : Statistiques de l’Empire du Japon, début du XXe siècle © Bibliothèque de l’Insee.

Enfin, il faut signaler la présence à la bibliothèque de documents d’archives. À certains moments de son histoire, la bibliothèque de l’Insee a en effet également eu la mission de gérer certains documents qui se trouvent aujourd’hui mêlés à la collection.

Ces derniers sont parfois difficiles à appréhender : autrefois considérés comme des publications, ils ne figurent pas sur les fiches de catalogage comme des documents distincts. Toutefois, ces archives ne contiennent aucune donnée brute ni nominative, tous les documents présentant ce type d’informations ayant été transféré par le passé auprès des services compétents pour assurer leur conservation. Il s’agit de documents variés, pouvant aller de registres du XIXà des rapports internes du XXe siècle en passant par des communications de colloques et des brochures. On retrouve surtout des polycopiés, par exemple sous la cote SGF – Catégorie 3 un ensemble de cours d’économie donnés par M. Caplain en 1946 à l’école d’application de la statistique, ancêtre de l’actuelle École nationale de la statistique et de l’administration économique (ENSAE)[19]. Ces éléments sont toutefois minoritaires au regard de l’intégralité de la collection.

Les documents produits par les services de l’Insee au cours des enquêtes ne donnant pas lieu à des publications sont traités par la cellule ressources documentaires et archivage, service distinct de la bibliothèque. Les fichiers d’enquêtes (données brutes et documentation autour des enquêtes) ont été versés aux Archives nationales dans le cadre du Projet Constance et en application de la circulaire interministérielle AD 91-5 du 28 août 1991 sur le Plan d’archivage-type des enquêtes Insee auprès des entreprises et des ménages, jusqu’en 2002[20]. Ces archives sont aujourd’hui accessibles dans le respect des conditions légales d’accès (la loi de 1951 sur le secret statistique, la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA)[21] et la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL)[22].

Le Centre des archives économiques et financières (CAEF) conserve également des documents administratifs papiers et électroniques (depuis 2015), qui sont accessibles sous conditions. On y trouve parfois la documentation papier pour certaines enquêtes (questionnaires, nomenclatures, dictionnaires des codes, etc.). Les inventaires de ces documents sont accessibles en ligne, ainsi que des listes thématiques et des informations sur les services producteurs et les documents (historique, organisation et fonctionnement des services, états de service et dossiers de carrière, enquêtes et études statistiques (hors conditions de vie des ménages), enquêtes sur les conditions de vie des ménages, recherches économiques et économétriques, outre-mer, relations internationales)[23].

Entre patrimoine et modernité : Aladin, Epsilon et Gallica

La bibliothèque de l’Insee a ouvert en 2014 son catalogue en ligne appelé Aladin. À ce jour, il est riche de près de 92 000 monographies et s’enrichit progressivement grâce à une vaste opération de rétroconversion[24]. Les notices du fonds ancien de la Statistique générale de la France, ainsi que des documents antérieurs à l’informatisation de la bibliothèque en 1982 sont actuellement en cours de saisie.

En mars 2011, la bibliothèque a également créé Epsilon, la bibliothèque numérique de la statistique publique[25]. Celle-ci associe l’Insee et plusieurs Services statistiques ministériels dont la Dares (Travail), la DREES (Affaires sociales et Santé), le SSP (Agriculture), la DEPP (Éducation), l’OED (Défense) et la DGCL (Collectivités locales)[26]. Epsilon permet une conservation à long terme des publications grâce à des liens et à un format pérenne[27].

Enfin, la bibliothèque mène plusieurs projets de numérisation, notamment avec la Bibliothèque nationale de France (BnF). En 2011 et 2012, 220 000 pages ont été numérisées puis diffusées sur Gallica, la bibliothèque numérique de la BnF[28]. C’est le cas de collections anciennes comme, par exemple, l’Annuaire statistique de la France ou le Bulletin de la statistique générale de la France. La bibliothèque poursuit également la numérisation en interne, pour des publications plus récentes qui rejoignent Epsilon.

Un aperçu de l’exploitation du fonds et ses usages scientifiques : un fonds connu, mais surtout des statisticiens

De manière générale, en ce qui concerne les sciences historiques et sociales, les ressources de la bibliothèque de l’Insee semblent avoir été jusqu’ici peu exploitées, hormis par les chercheurs spécialistes de la statistique ou les statisticiens eux-mêmes. L’intérêt principal de cette collection réside dans son ampleur et la concentration de nombreuses ressources en un même lieu. La bibliothèque de l’Insee est régulièrement sollicitée dans le cadre de son appartenance au réseau Quetelet (réseau français des centres de données pour les sciences sociales). Encadrés par les principes du secret statistique, les chercheurs ont la possibilité de récupérer et d’utiliser des données brutes dans le cadre de leurs travaux. De plus, la bibliothèque répond quotidiennement aux demandes du public, Insee et extérieur. Un service de la bibliothèque est spécialement dédié à l’accompagnement et la réponse à la demande documentaire[29].

Cependant, l’ouverture tardive sur internet (le portail documentaire ne date que de 2014) a occasionné un certain oubli de la bibliothèque par les chercheurs, moins présents ces quinze à vingt dernières années. La bibliothèque, elle-même en mutation depuis quelques années, découvre et redécouvre des parties entières de ses collections, avec le traitement de nombreux dons, dont certains proviennent de la fermeture des services documentaires dans les directions régionales de l’Insee. Cet enrichissement permanent des collections les rend d’autant plus exploitables et « inédites » sous l’angle de la méthodologie historique et sociale.

La recherche sur l’histoire institutionnelle de l’Insee

L’histoire institutionnelle de l’Insee a donné lieu à un certain nombre de productions. Parmi nos contemporains, Alain Desrosières (1940-2013) a été l’un des principaux contributeurs à la connaissance de l’histoire de la statistique. À la fois statisticien, sociologue et historien, cet administrateur de l’Insee, diplômé de Polytechnique et de l’École nationale de la statistique et de l’administration économique (ENSAE), a développé l’histoire de la statistique au prisme de ses usages, comme outil de connaissance mais également de gouvernance. 

Très prolifique, il compte parmi ses œuvres majeures des titres qui font référence en la matière : La politique des grands nombres. Histoire de la raison statistique (1993), ainsi que Les Catégories socio-professionnelles (1988). Il est aussi l’auteur de très nombreux articles, notamment « Du territoire au laboratoire : la statistique au XIXe siècle » (1997), « L’administrateur et le savant : les métamorphoses du métier de statisticien » (1998), ou « Naissance d’un nouveau langage statistique entre 1940 et 1960 » (2003). Il reste une référence majeure sur l’histoire de la statistique française[30].

Aujourd’hui, Béatrice Touchelay, professeur des Universités (Lille III, IRHiS), est l’une des meilleures spécialistes du sujet, depuis sa thèse en 1993 sur l’histoire de l’Insee[31]. Spécialiste de l’histoire économique et sociale contemporaine, elle s’intéresse à l’histoire des chiffres publics et privés et à celle de la fiscalité. Parmi ses publications les plus connues dans le domaine, on trouve par exemple L’État et l’entreprise. Une histoire de la normalisation comptable et fiscale à la française (2011), et les articles « L’émergence des statistiques du travail entre 1891 et 1967 ou la construction d’une réalité économique, politique et sociale » (2007) et « La diffusion des normes comptables homogènes et le développement de la statistique publique française : une lenteur partagée » (2008)[32].

L’histoire de l’institution et des statistiques a aussi suscité quelques discussions avec la parution d’un certain nombre de textes sur la statistique pendant la Seconde Guerre mondiale et sur René Carmille, fondateur du service national de la statistique (SNS). C’est le cas par exemple des études « Contribution à l’histoire des services statistiques français : 1940-1946 » (1995)[33] et la Mission d’analyse historique sur le système de statistique français de 1940 à 1945 réalisée en 1998[34]. Cependant, les ressources offertes permettent d’aller bien au-delà, et de sortir de l’histoire de l’institution en exploitant les collections existantes.

Dépasser la statistique institutionnelle pour investir les champs de l’histoire économique et sociale : la valorisation des tableaux statistiques de la Statistique générale de la France

Une des plus importantes études réalisées est celle du projet mené par Emmanuel Le Roy Ladurie et François Furet au sein du Centre de recherches historiques (CRH) de l’École des hautes études en sciences sociales dans les années 1980. Ce projet s’inscrivait dans le cadre d’une étroite collaboration avec une équipe d’historiens de l’Inter-University Consortium for Political and Social Research (ICPSR) de l’Université Ann Arbor dans le Michigan[35]. Il avait pour objectif la valorisation de données démographiques, sociales et économiques rassemblées au XIXe siècle par les services de la SGF, au travers de la saisie informatique. Des centaines de tableaux statistiques publiés par l’organisme présentaient les résultats des recensements de la population (1851-1921), le mouvement de la population (1800-1925), le territoire et la population française (1800-1890), l’enseignement (1829-1906), ainsi que les enquêtes industrielles (1861-1896). La collecte de ces données brutes a donné naissance à une base de données volumineuse, dont l’importance historique notable lui vaut d’être stockée sur les serveurs informatiques de l’Université du Michigan. Cette base présentait toutefois le désavantage d’être peu accessible et peu lisible. Les données étaient présentées dans un format aujourd’hui peu utilisé, et sans aucune analyse ni documentation.

Ce n’est qu’au début des années 2000 qu’un second projet voit le jour afin de convertir les données dans des formats plus lisibles et surtout exploitables avec les outils contemporains. Soutenu par Emmanuel Le Roy Ladurie, en collaboration avec le Professeur Raymond Grew et l’Inter-university Consortium for Political Research (ICPSR), ce projet permet une large diffusion de ces données. Celles-ci ont fait l’objet d’un traitement de conversion avant d’être proposées en libre accès au format Excel sur internet sous forme d’un corpus de 625 tableaux. Ces données sont accessibles sur le site du Centre de recherches historiques de l’EHESS[36], mais aussi sur celui de l’Insee[37]. Ces données d’enquêtes originales de la SGF sont des ressources historiques essentielles pour la connaissance de la société française du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Bien au-delà de la simple production statistique, elles dressent le portrait économique et social de la France de l’époque.

Un projet récent exploite le même principe de diffusion de données brutes pour une mise à disposition en ligne. « RICardo » est un ambitieux projet de base de données sur le thème du commerce extérieur. Il est actuellement en cours de réalisation, mené par une équipe de chercheurs dont fait partie Béatrice Dedinger, chercheuse permanente au Centre d’histoire de Sciences Po et spécialiste du commerce extérieur de l’Allemagne. Ce projet vise à construire une base de données commerciales regroupant des statistiques du commerce bilatéral des pays du monde sur la période 1800-1938, et à la mettre en ligne sous forme de visualisations graphiques. Dans ce cadre, la bibliothèque de l’Insee a été sollicitée afin de mettre à disposition son fonds documentaire qui comprend un ensemble exceptionnel de séries statistiques françaises et étrangères sur cette thématique du commerce extérieur. Lancé en 2004, ce projet a permis de construire une base de 270 000 données (juin 2015). Un site internet a été ouvert en 2016 : il propose la consultation en ligne de ces données qui forment des séries longues couvrant tout le XIXsiècle et le début du XXsiècle jusqu’en 1938[38].

Documenter l’histoire par le chiffre...

Les recensements sont des données de première main pour la recherche et sont toujours utilisés par les chercheurs en histoire. À l’occasion du Centenaire de la Première Guerre mondiale, la statistique permet de quantifier les phénomènes liés au conflit et leurs impacts sur les sociétés et les hommes. Les recensements, mais également des documents thématiques, tels que la Statistique médicale des armées apportent des informations essentielles sur cette période troublée, même si l’activité statistique a été réduite, voire interrompue parfois. La variété des thèmes est large et s’attache à tous domaines envisageables sous l’angle de la statistique, pour de nombreux pays. Pour la période 1914-1918, on compte par exemple des statistiques médicales et militaires (comme le recrutement) mais également des actes de conférences sur la question du reclassement des mutilés et réformés dans le monde des travailleurs, la vie quotidienne des civils, l’agriculture durant les années de conflit, l’aide aux mutilés, veuves de guerre et orphelins, la gestion budgétaire des communes, etc.

Les retours sur les travaux des chercheurs ne sont aujourd’hui pas systématiques. Ils existent pour les chercheurs consultant les ressources de la bibliothèque, mais ce dispositif serait intéressant à mettre en place également dans les services gérant les archives de l’Insee, afin d’établir une bibliographie des articles après accès aux enquêtes. D’autant plus qu’en 2015, le Service interministériel des Archives de France a traité 2 134 demandes de dérogation au total, représentant la somme de 30 206 articles sollicités. Parmi elles, les demandes présentées devant le Comité du secret statistique de l’Insee sont au nombre de 410[39].

En définitive, la statistique laisse le champ libre à la réflexion et aux multiples exploitations possibles de ces ressources. Aujourd’hui, le déménagement proche interroge sur le passé, mais aussi sur l’avenir de la bibliothèque de l’Insee et sur l’exploitation et la valorisation de ses ressources, qui constituent un ensemble exceptionnel en Europe sur l’histoire de la statistique.

Pour citer cet article : Angélique Bach, « La bibliothèque de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) », Histoire@Politique, n° 32, mai-août 2017 [en ligne, www.histoire-politique.fr]

Notes :

[1] Sur l’histoire de la statistique aux XVIIIe et XIXe siècles, voir les travaux de Marie-Noëlle Bourguet, et notamment son ouvrage Déchiffrer la France : la statistique départementale à l'époque napoléonienne, Paris, Éditions des archives contemporaines, 1988, 476 p.

On peut citer également les recherches d’Éric Brian pour le XVIIIe siècle, dont l’article « Nouvel essai pour connaître la population du royaume. Histoire des sciences, calcul des probabilités et population de la France vers 1780 », Annales de démographie historique, vol. 102, n° 2, 2001, pp. 173-222, ou l’ouvrage La mesure de l’État. Administrateurs et géomètres au XVIIIe siècle, Paris, Albin Michel, 1994, 462 p.

En langue anglaise, on peut citer les travaux de Libby Schweber pour la fin du XIXsiècle, avec par exemple « Manipulation and Articulation : Population Statistics in 19th Century France and England », dans Social Research : an International Quarterly, vol. 68, n° 2, 2001, pp. 547-582, ainsi que Libby Schwebber, Disciplining Statistics : Demography and Vital Statistics in France and England, 1830-1885, Durham DC, Duke University Press, 2006, 288 p.

Par ailleurs, les thèses d’Igor Moullier et de Pierre Karila-Cohen se révèlent également très intéressantes sur la question.

(Voir Igor Moullier, Le ministère de l’Intérieur sous le Consulat et l’Empire (1799-1814). Gouverner la France après le 18 Brumaire, thèse de doctorat, Lille 3, 2004, 710 p. et Pierre Karila-Cohen, « L’État des esprits ». L’Administration et l’observation de l’opinion départementale en France sous la Monarchie constitutionnelle (1814-1848), thèse de doctorat, Paris 1, 2003.

[2] Il est alors déjà directeur du Bureau de statistique du ministère de l’Intérieur depuis six ans quand Adolphe Thiers le charge, en 1833, de préparer le nouveau service avec l’appui des diverses administrations publiques. Dans Pascal-Gaston Marietti, La Statistique générale en France, Paris, Presses universitaires de France, 1949, 249 p., pp. 28.

[3] Statistique générale de la France, Historique et travaux de la fin du XVIIIe siècle au début du XXe avec 103 tableaux graphiques relatifs aux travaux les plus récents, Paris, Imprimerie nationale, 1913.

[4] Pascal-Gaston Marietti, La Statistique générale..., op. cit., p. 28.

L’auteur ajoute également en note de bas de page qu’« on consultait souvent la bibliothèque du Service, riche d’ouvrages spéciaux en toutes langues et de documents statistiques français et étrangers ».

[5] « Au 1er janvier 1913, la bibliothèque de la Statistique générale comprenait 18 000 volumes [...] Aucune autre en France n’est plus complète pour ce qui a trait aux statistiques contemporaines de tous les pays du monde. Elle s’augmente chaque année d’environ 1 500 volumes, la plupart transmis en échange des publications françaises, par les offices de statistique étrangers. Elle fournit des moyens de travail précieux utilisés, non seulement pour les besoins du service, mais par les personnes étrangères qui reçoivent l’autorisation d’y venir travailler », dans Statistique générale de la France, Historique et travaux de la fin du XVIIIe siècle au début du XXe avec 103 tableaux graphiques relatifs aux travaux les plus récents, Paris, Imprimerie nationale, 1913. En 1936 : « Les statisticiens ont comme instruments de travail une bibliothèque spécialisée de près de 60 000 volumes, formée surtout par échanges avec les Offices étrangers. » Michel Huber, « Quarante années de la statistique générale de France, 1896-1936 », dans Journal de la Société statistique de Paris, mai 1937, pp. 179-213.

« Elle comprenait, au 1er janvier 1938, 63 000 volumes et environ 350 000 périodiques. Aucune bibliothèque en France n’est plus complète pour les statistiques de tous les pays du monde. Elle s’accroit chaque année, surtout par échange avec les Services de Statistique étrangers, d’environ 1 800 à 2 000 volumes », dans Pascal-Gaston Marietti, La Statistique générale en France, Paris, Presses universitaires de France, 1946, 249 p., p. 53.

[6] Émile Leroy, Guide pratique des bibliothèques de Paris, Paris, Éd. des Bibliothèques nationales, 1937, p. 191.

[7] Ibid.

[8] Voir sur ce sujet l’exposition virtuelle « Un ministère dans la ville. L’administration des finances à Paris du XVIIIe au XXIe siècle », du ministère de l’Économie, des Finances et de l’Industrie, et du Service des archives économiques et financières. http://www.economie.gouv.fr/files/files/directions_services/caef/Documents/Expositions_virtuelles/ministere_ville/index.html [lien consulté le 28 juin 2018].

[9] Agence photographique Roger-Viollet, Parisienne de photographie, tous droits réservés. En ligne : http://www.roger-viollet.fr/ [lien consulté le 28 juin 2018], ainsi que les photographies de l’agence Rol, consultables en ligne sur Gallica : http://catalogue.bnf.fr/ [lien consulté le 28 juin 2018].

On notera que, si les services de la Statistique Générale de la France déménagent vers 1888 pour l’avenue Rapp, l’atelier de dépouillement des bulletins du recensement reste quant à lui jusqu’au début du XXe siècle dans les écuries du Palais de l’Alma, que l’on aperçoit sur les photographies.

[10] Pascal-Gaston Marietti, La Statistique generale..., op. cit., p. 53.

[11] Institut national de la statistique et des études économiques, La bibliothèque de l’Insee et le bureau d’information du public, Paris, 1969, 60 p., p. 8.

[12] Par exemple, Mémoire statistique du département de Rhin-et-Moselle, par Boucquéau, Philippe Masson, Charles-François-Philibert, Paris, Imprimerie de la République, an XII, in-folio, 196 p.

Disponible en ligne sur Gallica : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k84904f [lien consulté le 28 juin 2018].

[13] Pascal-Gaston Marietti, La Statistique générale..., op. cit., p. 28-39.

[14] Ibid., p. 39.

[15] Henri Bunle, « Le mouvement naturel de la population dans le monde de 1906 à 1936 », dans Population, 9ᵉ année, n° 2, 1954, pp. 289-292. Consultable en ligne : www.persee.fr/doc/pop_0032-4663_1954_num_9_2_3218 [lien consulté le 28 juin 2018].

[16] En effet, l’Insee indique que pour la constitution de la bibliothèque entre 1946 et 1951, 78 000 ouvrages provenaient de la SGF, 33 000 du Service des économies étrangères et 90 000 du Centre de documentation économique de la Bibliothèque nationale. Cf.Institut national de la statistique et des études économiques, La bibliothèque de l’Insee..., op. cit., p. 9.

[17] Claude-Marin Saugrain, Nouveau dénombrement du royaume, par généralitez, élections, paroisses et feux, où l’on a marqué sur chaque lieu les archevêchez, évêchez, universitez, parlemens, chambres des comptes, cours des aydes, cours et hôtels des monnoyes, bureaux des finances, maîtrises des eaux et forêts, capitaineries des chasses, amirautez, présidiaux, bailliages, sénéchaussées, prévôtez, vicomtez, châtellenies, vigueries, juges-consuls, maréchaussées et autres justices royales ; les bureaux des droits des aydes, gabelles et greniers à sel, douannes et traites foraines ; les lieues de distance de Paris aux autres villes du royaume, Paris, Joseph Saugrain, 1720 (2 tomes en 1 vol.).

[18] Voir le document « Classification des séries statistiques du fonds SGF », disponible en ligne sur le portail de la bibliothèque de l’Insee à l’adresse : http://bibliotheque.insee.net/opac/?opac_view=11

[19] Statistique générale de la France, Faillites par départements. Tableau des faillites déclarées les essorts des tribunaux de commerce.

[20] Voir Michèle Conchon, « Une girafe est née : l’archivage des fichiers informatiques de l’INSEE aux Archives nationales », dans La Gazette des archives, n° 163, 1993, pp. 324-330. Disponible en ligne sur : www.persee.fr/doc/gazar_0016-5522_1993_num_163_1_4215 [lien consulté le 28 juin 2017].

[21] Voir le site de la CADA : http://www.cada.fr/ [lien consulté le 28 juin 2017].

[22] La liste des documents disponibles aux Archives nationales est accessible à l’adresse ci-après :

https://www.siv.archives-nationales.culture.gouv.fr/siv/rechercheconsultation/consultation/producteur/consultationProducteur.action?formCallerNP=PRODUCTEUR&formCallerIR=&notProdId=FRAN_NP_007075 (voir « salle des inventaires virtuels », puis « recherche producteur » [lien consulté le 28 juin 2017].

[23] L’inventaire en ligne des archives de l’Insee sur le site du CAEF : https://www.economie.gouv.fr/caef/inventaires-en-ligne-0 [lien consulté le 28 juin 2017].

[24] La rétroconversion est la conversion rétrospective de catalogues sur support imprimé vers un support informatique (catalogue informatisé).

[25] Disponible en ligne à l’adresse : www.epsilon.insee.fr [lien consulté le 28 juin 2017].

[26]  Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques (DARES) ; Direction de la recherche, des études, de l’avaluation et des statistiques (DREES) ; Service de la statistique et de la prospective (SSP) ; Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) ; Observatoire économique de la Défense (OED) ; Direction générale des collectivités locales (DGCL).

[27] La bibliothèque numérique Epsilon contient actuellement près de 29 000 documents dont environ 10 000 provenant des SSM. Depuis la mise en ligne du nouveau site internet de l’Insee, Epsilon est devenu son complément pour la diffusion des publications qui sont supprimées du site selon des durées de conservation variables.

[28] Disponible en ligne à l’adresse : www.gallica.bnf.fr [lien consulté le 28 juin 2017].

[29] Voir la rubrique "Questions-Réponses" sur le portail documentaire de la bibliothèque de l’Insee, à l’adresse : http://bibliotheque.insee.net/opac/index.php?lvl=faq [lien consulté le 28 juin 2017].  

[30] Sur l’histoire de la statistique au XXᵉ siècle, voir aussi Fabrice Bardet, La Statistique au miroir de la région : éléments pour une sociologie historique des institutions régionales du chiffre en France depuis 1940, thèse de doctorat de science politique, Université de Paris-I, Panthéon-Sorbonne, 2000, 517 p. Il faut citer également les nombreux travaux et contributions de Paul-André Rosental sur l’histoire et des politiques des populations au XXᵉ siècle.

[31] Beatrice Touchelay, Albert Broder (dir.), L’INSEE des origines à 1961. Évolution et relation avec la réalité économique, politique et sociale, UniversitéParis-Est Creteil Val-de-Marne, 1993, 3 vol.

[32] Béatrice Touchelay est également l’auteur de nombreux ouvrages et articles cités dans le texte, dont les références sont les suivantes : L’État et l’entreprise. Une histoire de la normalisation comptable et fiscale à la française, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2011, 383 p.,

« L’émergence des statistiques du travail entre 1891 et 1967 ou la construction d’une réalité économique, politique et sociale. Note de synthèse du rapport de recherche », Revue française des affaires sociales, 2/2007, p. 179-182.

« La diffusion des normes comptables homogènes et le développement de la statistique publique française : une lenteur partagée », dans Courrier des statistiques, 2008, pp. 19-21.

[33] René Carmille, Contribution à l’histoire des services statistiques français : 1940-1946. Examen de la thèse de doctorat "l’INSEE des origines à nos jours" par Béatrice Touchelay (1993), 1998, 23 p.

[34] Jean-Pierre Azéma, Raymond Lévy-Bruhl, Béatrice Touchelay, Mission d’analyse historique sur le système de statistique français de 1940 à 1945, Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), 1998, 63 p. Document réalisée sur demande du Directeur général de l’Insee, Jean-Claude Milleron, par Jean-Pierre Azéma, professeur d’histoire spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, Béatrice Touchelay, historienne spécialiste de l’histoire économique et sociale contemporaine et Raymond Lévy-Bruhl, inspecteur général et ancien secrétaire général de l’Insee.

[35] Gérard Béaur, « Mise en ligne de la Statistique générale de la France », La lettre de l’EHESS, n° 42, mai 2011. Consultable en ligne : http://lettre.ehess.fr/index.php?2064 [lien consulté le 28 juin 2017].

[36] Voir L’Atelier du Centre de recherches historiques [En ligne], La Statistique Générale de la France, Les données traitées par l’INSEE, mis en ligne le 6 février 2011, consulté le 22 février 2017.

Consultable en ligne : http://acrh.revues.org/3128 [lien consulté le 28 juin 2017].

[37] En ligne sur : http://www.insee.fr/ [lien consulté le 28 juin 2017].

[38] The RICardo Project, Trade between Nations from c. 1800 to 1938. Consultable en ligne : http://ricardo.medialab.sciences-po.fr [lien consulté le 28 juin 2017].

Voir aussi : Béatrice Dedinger et Paul Girard, « Exploring Trade Globalization in the Long Run: The RICardo project ». Historical Methods : A Journal of Quantitative and Interdisciplinary History 50 (1) [lien consulté le 28 juin 2017]. : 30‑48. doi:10.1080/01615440.2016.1220269. Liens vers l’article publié dans Historical Methods : http://www.tandfonline.com/doi/citedby/10.1080/01615440.2016.1220269

[39] D’après le site : https://francearchives.fr/article/37901 [consulté le 28 juin 2017].

Angélique Bach

Angélique Bach est documentaliste et responsable du fonds ancien de la bibliothèque de l’Insee. Elle est diplômée en histoire et en documentation de l’Université de Strasbourg et titulaire d’un Master II en Sciences de l’information et métiers de la culture, spécialité « Patrimoine et musées » de l’Université de Haute-Alsace. Contribution à : « Edmond Malinvaud (1923-2015) : parcours d’un économiste d’exception », Économie et Statistiques, n° 475-476, 2015.

Mots clefs : statistique ; institution publique ; fonds documentaire ; histoire économique et sociale ; histoire contemporaine; Statistics; Public Institution; Documentary Collections; Economic and Social History; Contemporary History.

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