Histoire@Politique : Politique, culture et société

MaillageCette rubrique présente un inventaire raisonné et commenté de liens vers des sites Internet de Centres de recherche et de départements d’histoire contemporaine répartis entre les différents continents.

Université nationale autonome du Mexique (UNAM)

Patrick Clastres

BibliothèqueFondée en 1910 avec pour marraines les universités de Salamanque, Paris et Berkeley, l’Université nationale autonome du Mexique (UNAM) bénéficie d’un long passé : université royale et pontificale au temps de la Nouvelle Espagne (1553) et université nationale et pontificale à l’indépendance. L’histoire de l’UNAM est très intimement liée à l’histoire politique intérieure mexicaine comme le démontre la chronologie historique mise en ligne. Il faut compter également avec l’arrivée d’intellectuels et universitaires espagnols ayant fui la dictature franquiste.

Le portail de l’UNAM est accessible en langue espagnole comme en langue anglaise.

Le rôle social de l’historien mexicain selon l’UNAM

Localisé au sein de la Faculté des lettres et de philosophie, le Collège d’histoire pour étudiants de premier cycle trouve son origine dans une initiative de l’année 1914, tandis que les premiers diplômes de maîtrise et de doctorat sont délivrés au cours des années trente. Une rapide recension des manières d’écrire l’histoire du Mexique (soldats-chroniqueurs du XVIe siècle, érudition et positivisme du XIXe siècle, histoire officielle ou partisane des années révolutionnaires) est accessible en ligne.

Il est d’usage, au Mexique, d’insister sur le rôle social de l’historien : orientation de l’opinion publique, veille à propos des problèmes concernant le Mexique et le reste de la planète, formation de l’identité nationale. Regroupés sous l’appellation de post-gradués, les étudiants de master et de doctorat sont orientés vers une histoire nationale positionnée entre les avancées de la globalisation et la résistance des identités régionales et locales. Ils sont censés contribuer à la préservation de la mémoire collective, à la réflexion sur la perte des valeurs dans les espaces social et politique. Quatre champs de savoirs sont ici privilégiés : historiographie et théorie de l’histoire, histoire pré-hispanique (autrefois rattachée au département d’archéologie), histoire coloniale, histoire économique et politique, sociale et culturelle du Mexique aux XIXe et XXe siècles replacé dans son environnement nord-américain, européen et latino-américain. Sur l’enseignement de l’histoire au Mexique, on se référera à l’ouvrage publié et coordonné par Luz Elena Galvan Lafarga : La formación de una consciencia histórica.

Faire ses études d’histoire à l’UNAM

L’étudiant de licence est lui aussi investi d’une mission similaire : pensée critique et conscience historique aux fins de peser sur les transformations de la société. En sus des deux filières professionnelles classiques (recherche et enseignement), d’autres avenirs sont présentés comme possibles dans l’administration, les musées, les galeries d’art, l’édition, le journalisme, les banques, les entreprises en général. Le cursus de l’étudiant de licence comprend huit semestres avec une initiation à la recherche dès la première année, une formation historiographique lourde (histoire du Mexique, histoire générale), un accent mis sur les théories et la philosophie de l’histoire. Outre la possibilité de se frotter aux autres civilisations entre Antiquité et période contemporaine, priorité est donnée à l’histoire moderne et contemporaine du Mexique, notamment à l’histoire de la colonisation. Dans le droit fil de leur formation, les étudiants ont organisé en octobre 2009 leur 2e colloque « Les nouveaux sentiers de Clio » avec pour thème, cette fois-ci : « Comment produisons-nous l’histoire ? »

Depuis 2007, l’UNAM développe une politique de mise en ligne de revues spécifiques à chaque cycle d’enseignement (philosophie, études latino-américaines, histoire). Dans le premier numéro de l’Anuario de Historia, on relèvera, en particulier, l’article de Lothar Knauth intitulé « Un savoir historique pour le futur », dans lequel l’auteur combat les écritures européocentrées de l’histoire. Passé par l’université de Kansas City, titulaire d’un doctorat d’histoire de Harvard (1970), Lothar Knauth (cliquer sur « Planta Académica ») est le seul historien à disposer d’une page de chercheur accessible en ligne depuis le portail de l’UNAM. Nombre de ses collègues figurent, à vrai dire, sur le site du Centre d’études historiques du Collège du Mexique.

Patrick Clastres

 


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  • ISSN 1954-3670