Histoire@Politique : Politique, culture et société

Le dossier

Maurice Grimaud, un préfet dans le siècle

Coordination : Sébastien-Yves Laurent et Jean-François Sirinelli

Face aux « services » (1981-1983) : une autre leçon pour la gauche au pouvoir ?

Sébastien-Yves Laurent
Résumé :

Directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur de 1981 à 1983, Maurice Grimaud se trouvé d’emblée placé dans une situation complexe. Il (...)

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L’exercice du pouvoir est-il toujours une leçon de réalisme ? C’est ce que l’on s’accorde habituellement à penser lorsque l’on regarde l’évolution de la gauche de gouvernement face aux enjeux économiques[1]. C’est dans cette interrogation générale que nous nous inscrivons, mais en analysant une autre forme d’enjeu constitué par ce que nous avons appelé dans des travaux antérieurs « l’État secret »[2] dont les services de renseignement sont une composante centrale. En ce domaine, il importe de rappeler une évidence : éloignée de l’exercice du pouvoir depuis près d’un quart de siècle, la gauche avait perdu tout contact avec la structure et les hommes des « services ». En outre, son expérience acquise sous la IVe République en la matière s’inscrivait dans un cadre structurel qui avait été profondément bouleversé après 1958[3].

Dans ses fonctions de directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur, de mai 1981 à juillet 1983, Maurice Grimaud eut à connaître très directement les « services »[4]. En effet dans sa position, il avait autorité sur le contre-espionnage (la Direction de la surveillance du territoire – DST) et les renseignements généraux (la Direction centrale des Renseignements Généraux – DCRG) qui, de longue date, avaient acquis une forte autonomie à l’égard de leur tutelle administrative, la Direction générale de la police nationale (DGPN). Ces deux directions représentaient pour la première 1 122 fonctionnaires[5], et pour la seconde 3 500[6], soit un total de plus de 4 600 fonctionnaires de police en 1981. Le directeur de cabinet avait aussi des liens indirects avec le service de renseignement extérieur relevant administrativement du ministère de la Défense, le SDECE/DGSE[7]. La nomination de l’ancien directeur de la Sûreté nationale[8] et préfet de police à la tête du cabinet de la Place Beauvau était potentiellement un atout pour une nouvelle majorité, mais la spécificité administrative et juridique des « services » au sein de l’État conduit à examiner d’abord l’état idéologique de la gauche à l’égard des structures du pouvoir.

Les années 1970 : l’ère du soupçon

Vis-à-vis de l’État secret, la position de la gauche était caractérisée par une très forte défiance due à sa vision des services de police et de renseignement. Ceci était à la fois le résultat d’une position idéologique traditionnelle, à vingt-trois ans d’opposition et enfin à un certain nombre « d’affaires » dont il faut rappeler la teneur car elles ont constitué autant de points de références dans l’imaginaire de la gauche lors de son arrivée au pouvoir et dans les années qui ont suivi, ainsi que l’attestent les débats parlementaires et la presse dans la décennie 1980.

Révélée en décembre 1973, l’affaire des écoutes du Canard enchaîné par la DST a pesé lourd dans la dégradation de son image publique. Au cours de l’instruction judiciaire, les juges d’instruction ont clairement et précisément identifié la responsabilité directe de la DST. Quelques mois plus tard, le quotidien Libération publiait des notes émanant de la DST et tendant à faire croire à ses liens avec le Service d’action civique (SAC) et à ses projets en mai 1968 d’interner les opposants au stade Vélodrome à Marseille. L’affaire dite des stades reposait en fait sur de faux documents, mais le mal était fait. Au cours de l’affaire Roger Delpey, révélée en 1980, la DST avait surveillé, arrêté et déféré devant la Cour de Sûreté de l’État un journaliste dénonçant la politique africaine du Président Giscard d’Estaing. À un an de l’élection présidentielle, la presse lui donna un certain écho. Dans un registre plus tragique, les assassinats d’Henri Curiel (1978) et de Pierre Goldman (1979) amenèrent la presse de gauche à mettre en cause la DST, soupçonnée sinon d’avoir joué un rôle indirect dans leur mort, du moins d’avoir entretenu des relations avec ces deux intellectuels gauchistes. Ainsi dans la deuxième partie des années 1970, une vulgate gauchiste se diffusa, dénonçant de façon peu logique à la fois la responsabilité d’avoir entretenu des contacts avec ces deux personnages et en même temps d’avoir participé à leur assassinat. S’ajoutait à ces soupçons ponctuels la critique formulée tout au long de la décennie contre la Sécurité militaire[9] du ministère de la Défense qui avait maintenu, après l’épisode contre les comités de soldats, une surveillance politique très forte, notamment à l’égard des conscrits[10]. C’est dans ce climat que le premier secrétaire du Parti socialiste, François Mitterrand mena un combat contre les écoutes téléphoniques, réclamant en 1973 une commission parlementaire[11] et dénonçant régulièrement dans l’Unité le recours régulier du gouvernement à l’espionnage politique[12]. Le Canard enchaîné le rejoignit dans son combat signalant que François Mitterrand était lui-même écouté à son domicile[13]. L’ensemble de ces affaires amena dès mai 1981 un certain nombre de responsables du PS à évoquer mezzo voce un « syndrome Allende », à savoir le risque encouru par le nouveau pouvoir de faire confiance aux forces de sécurité.

Une préparation très sommaire de l’alternance en matière de sécurité

Dès lors il n’est guère surprenant de constater que le Parti socialiste n’ait pas prévu d’équipes de remplacement pour assurer la relève dans les « services » : la volonté de changer existait mais, comme dans d’autres domaines, il manquait de haut cadres policiers et des officiers généraux compatibles avec la nouvelle majorité pour prendre la relève. À cet égard, le choix de Maurice Grimaud le 20 mai 1981 par Gaston Defferre pour être son directeur de cabinet est caractéristique[14]. Agé de 67 ans, ce haut fonctionnaire qui avait débuté sa carrière à la fin des années 1930 et qui avait pris sa retraite deux ans et demi plus tôt n’était pas membre du Parti socialiste, mais un modéré hors du parti, un « deloriste » qui avait été membre du club « Échange et projets ». Il est possible de faire le même constat de surprise pour ce qui est du choix comme conseiller technique à l’Élysée du sous-préfet modéré[15] Gilles Ménage (il devint en août 1982 directeur adjoint du cabinet de François Mitterrand), dont le nom fut proposé au directeur de cabinet André Rousselet par Grimaud et son directeur adjoint, Claude Bussière.

Quant au programme politique d’alternance dans ce domaine, il était des plus sommaires. Malgré sa distance avec le PS, Grimaud avait participé à une modeste partie de la préparation de l’arrivée de la gauche au pouvoir. En 1977, il avait été convié par le préfet Roger Ricard[16], ancien directeur de cabinet de François Mitterrand en 1955 – cabinet brièvement rejoint par Maurice Grimaud – à participer à un cercle de réflexion sur les questions de sécurité, dirigé par François de Grossouvre (1918-1993), financier du candidat Mitterrand et membre à l’époque de son cercle rapproché – un intime plus qu’un politique. L’équipe de Grossouvre était hétéroclite, sans contact avec le PS et sans influence sur le futur candidat. Elle travailla néanmoins, notamment sur la question de la réorganisation des services spéciaux, discutant de quelques notes rédigées par un retraité du SDECE, Louis Mouchon (1911-1983)[17] : le constat allait dans le sens d’une profonde inefficacité du SDECE qu’il fallait réformer de fond en comble en donnant certaines de ses prérogatives à la DST. Par ailleurs, Maurice Grimaud avait écrit un essai sur la police avec le syndicaliste Gérard Monate, proche du PS et fondateur en 1969 de la Fédération autonome des syndicats de police (FASP) regroupant les policiers en tenue. Le volume était composé de deux textes, celui de Maurice Grimaud s’intitulant La Police malade du pouvoir[18] : il y avait là un véritable programme de réforme de la police, mais aucune remise en cause ni de son principe, ni de ses multiples missions, notamment celle relative à la surveillance de l’opinion.

Des enjeux radicalement nouveaux pour la gauche aux affaires

Arrivée au pouvoir, la gauche – et principalement Maurice Grimaud – a été confrontée à trois types de dossiers que l’on peut distinguer selon un degré décroissant d’urgence idéologique.

Un premier ensemble était constitué par les sujets sur lesquels la nouvelle majorité était attendue du point de vue des libertés publiques et de l’État de droit. Nombreux étaient les responsables politiques à avoir demandé la suppression des structures exorbitantes du droit commun : la Cour de Sûreté de l’État (créée en 1963), les Tribunaux permanents aux forces armées (des juridictions militaires de temps de paix créées en 1953), mais aussi des dispositifs juridiques votés au cours de la décennie, comme la loi « anti-casseurs » (votée en juin 1970) et la loi « sécurité et liberté » (votée en juin 1980). Le candidat Mitterrand avait avalisé l’abrogation de tout cet arsenal législatif dans la 52e de ses 110 propositions[19]. Il ne s’était pas engagé sur d’autres aspects sur lesquels la pression était également forte, comme le sort des terroristes italiens et basques réfugiés en France, le déblocage des instructions judiciaires sur des assassinats considérés comme politiques (Curiel, Broglie, Goldmann), enfin la réforme des écoutes téléphoniques politiques. Mais à cet égard le poids de la presse soutenant la majorité était très fort, à proportion de l’écho que ses affaires avaient eu. Elles étaient considérées à l’époque comme profondément liées au septennat giscardien.

Venaient ensuite des dossiers de fond où la gauche aurait dû avoir des projets politiques, tant les pratiques gouvernementales en la matière durant un quart de siècle avaient alimenté des critiques récurrentes de l’opposition[20]. Il s’agissait en premier lieu de la réforme de la police, notamment dans les pratiques de maintien de l’ordre régulièrement dénoncées comme brutales depuis Mai 68 et tout au long de la décennie qui suivit. La réforme des services de renseignement – rappelons qu’en 1972 le programme commun de gouvernement[21] avait annoncé la suppression du SDECE – était également un espoir formulé de temps à autre. Enfin, il y avait une véritable attente d’épuration des cadres aux ministères de l’Intérieur et de la Défense. Sur ces différents dossiers, les « 110 propositions » étaient muettes et les déclarations du candidat Mitterrand tout aussi rares, situation qui était source de hiatus, dès les origines, avec les attentes plus ou moins formulées de l’opinion de gauche.

En mai 1981, la gauche au pouvoir a été confrontée à un troisième enjeu qu’elle avait encore moins anticipé que les précédents. Il s’agissait des dossiers structurels touchant à l’administration de « l’État secret », composante de l’État dont la gauche ne soupçonnait pas véritablement l’existence, du moins l’ampleur. Dans ce secteur se posaient des questions qui étaient en fait très opérationnelles : comment coordonner le renseignement au plus haut niveau ministériel ? Comment gérer le « dispositif de renseignement », c’est-à-dire la charnière politico-administrative ? Comment assurer le partage des tâches entre la DST (Intérieur) et le SDECE (Défense) dans le cadre de textes réglementaires n’ayant pu empêcher le chevauchement d’attributions et en pratique de nombreux heurts ? En ce domaine singulier et sensible, la préparation était quasi impossible car tout ce secteur de l’action publique était totalement secret et le PS manquait de hauts fonctionnaires qui lui auraient permis, comme dans d’autres domaines, d’avoir une idée de ces enjeux.

L’absence d’une vision socialiste de la police et des « services »

L’absence de préparation sérieuse de l’alternance au printemps 1981 pour ce qui concerne les « services » est confirmée par les nominations : Alexandre de Marenches (1921-1995), le directeur du SDECE nommé en 1971 par Georges Pompidou, fut remplacé par un proche de Charles Hernu, Pierre Marion (1921-2010), polytechnicien, haut fonctionnaire passé par Air France et Aérospatiale qui n’avait aucune compétence particulière pour diriger le service extérieur de renseignement. À la tête de la DST fut conservé Marcel Chalet (1922-2011) qui, entré en 1945 dans ce service, paraissait pourtant à l’époque très lié aux équipes politiques précédentes. Ceci est à mettre en regard des changements importants auxquels la gauche procéda dans l’administration préfectorale. Il y eut une seule exception à cette absence de nomination à caractère politique à la tête des services : un consensus se dégagea très rapidement pour changer le directeur central des renseignements généraux, Raymond Cham. C’est d’ailleurs Maurice Grimaud qui proposa le nom de Paul Roux, installé par Gaston Defferre dès le 26 mai dans ses nouvelles fonctions. Et quelques jours plus tard, le nouveau ministre fit savoir par écrit au directeur général de la police nationale qu’il devait réorienter l’activité de l’ensemble des Renseignements Généraux vers l’extrême droite[22].

Mais l’impréparation était tempérée par les projets… de Maurice Grimaud, portant en l’occurrence des idées de réforme qui n’était pas socialistes, mais modérées. Dans La Police malade du pouvoir (1980), il avait exposé une véritable vision de l’institution policière. Il y défendait la pleine légitimité du syndicalisme policier, insistait sur le rôle de la police dans la « prévention sociale de la délinquance », le respect des libertés publiques et recommandait, entre autres, que le gouvernement s’abstienne politiquement dans les enquêtes. Ce texte de 1980 a inspiré le véritable programme d’action du directeur de cabinet de Gaston Defferre, rédigé sous forme d’une brève note – datée du 20 mai 1981 – et intitulée sobrement : « Plan d’action pour une police nouvelle[23] ». Cette note préconisait quatre principes : d’abord un « changement de personnes », à faire « sagement », au motif qu’il fallait prendre en compte les syndicats policiers susceptibles de ne pas comprendre qu’aucune mesure ne soit prise. Maurice Grimaud souhaitait aussi « redresser les comportements et les méthodes », marqués par la prévalence du maintien de l’ordre sur la prévention, sur la trop grande indulgence à l’égard des brutalités, enfin sur les « activités politiques imposées à la DST (surveillance politique, affaire du « Canard », affaire Curiel, etc.) ». Il ajoutait également qu’il fallait revoir les liaisons avec le SDECE et réglementer formellement les écoutes. Enfin, Maurice Grimaud souhaitait des « réformes en profondeur », passant par la formation des policiers, l’« ouverture du métier policier sur les autres activités sociales », la redéfinition des rapports entre la police judiciaire et la magistrature, ou encore la réforme de l’Inspection générale des services (IGS). Venait enfin le dernier projet de Maurice Grimaud, la création d’un Conseil supérieur de la police auquel l’IGS serait rattaché. On constate que la réflexion sur la police lui fut abandonnée. D’ailleurs, le 8 juillet 1981, le Premier ministre Pierre Mauroy évoquait ainsi la police dans son discours de politique générale : « Il faut que le policier retrouve la fonction de prévention qui est la sienne. […]. La police judiciaire, quant à elle, doit agir patiemment, sans recherche du spectaculaire et dans le respect du droit et de la dignité des personnes[24]. » Il n’y eut pas un mot de plus du Premier ministre sur cette fonction régalienne. Le ministre de l’Intérieur, de son côté, n’avait rien formulé avant l’arrivée au pouvoir, et les archives Grimaud ne portent pas la trace après 1981 de directives ministérielles à l’égard de son directeur de cabinet.

La volonté de solder un certain passé

Ainsi que Maurice Grimaud l’avait écrit, les tout premiers temps du ministère Defferre furent marqués par la modération. Mais plusieurs événements et décisions transformèrent tout de même la situation à partir de l’été 1981. Traduction immédiate des diverses attentes de la gauche, une campagne de presse fut déclenchée en mai et dura jusqu’en 1981, dirigée contre la DST, avec un ton très complotiste. On y retrouvait le discours des années 1970, seulement débarrassé de ses formulations les plus « gauchistes ». En juillet 1981, le Premier ministre se conforma à l’un de ses engagements de politique générale en confiant à Robert Schmelck, premier président de la Cour de cassation, le soin de diriger une commission de réflexion sur les écoutes téléphoniques. Schmelck se voyait confier la tâche de mettre au jour les procédures et les règles existantes en matière d’écoutes, de proposer des règles nouvelles, ainsi que des modalités de contrôle[25]. Au mois de juillet, le Parti communiste demanda et obtint la création d’une commission d’enquête parlementaire sur le Service d’action civique. L’un des objectifs était de clarifier les liens supposés de certains responsables ou militants du SAC avec les RG et la DST. Le mois suivant, Pierre Mauroy demanda à un membre du Conseil d’État, Jean-Michel Belorgey, par ailleurs nouvellement élu au Palais-Bourbon, de réunir une « Commission d’étude des réformes de la police » et de lui remettre un rapport à ce sujet d’ici à la fin de l’année. Enfin, en septembre le ministre de l’Intérieur annonça qu’il venait de confier à Jacques Saunier la responsabilité de conduire une enquête sur un attentat commis en Bretagne en 1972 et dans lequel la DST était soupçonnée. Jacques Saunier était un ancien chef de l’inspection générale de l’administration sur le point de prendre sa retraite, mais surtout un ancien membre du cabinet de François Mitterrand, ministre de l’Intérieur du gouvernement Mendès France, auquel Maurice Grimaud avait participé. Dès le mois de juin, Matignon et la Place Beauvau, avec le concours de certains parlementaires, ont donc entrepris une action résolue par le biais de commissions et d’enquêtes, plaçant l’institution policière et singulièrement la DST en position d’accusation.

La « divine surprise » de l’affaire Farewell et l’habile défense de la DST

Un événement, totalement secret à l’époque, changea entièrement le rapport de force au bénéfice de la DST et fut très habilement exploité par son directeur. Dès juin 1981, le service de contre-espionnage fit savoir à son ministre et au président de la République qu’elle était en train de « traiter » un agent du KGB de très haut niveau. Cet agent baptisé « Farewell[26] » par Marcel Chalet avait livré plusieurs milliers de pages démontrant l’ampleur de l’espionnage soviétique économique et technologique à l’Ouest, notamment aux États-Unis. Ce fut une « divine surprise » utilisée par le président de la République pour gagner la confiance du Président Ronald Reagan dès l’été 1981[27]. En outre, Marcel Chalet pratiqua une défense très intelligente et efficace face aux attaques de presse. Il alla même jusqu’à adresser le 23 septembre 1981 une lettre très ferme de protestation à François Mitterrand. Il y parlait d’une « campagne orchestrée[28] » et ajoutait « Nous avions, jusqu’à une date récente, été à peu près épargnés par ces opérations destructrices. La question se pose dès maintenant de savoir comment l’État fera face à une offensive qui, au-delà de quelques attaques individuelles, met en réalité en cause un service essentiel à la sécurité de la nation ». D’autres passages de la lettre, surprenants par leur formulation à l’adresse du président de la République, attestent la confiance que Chalet pouvait avoir sur le destin de son service à la suite de la révélation faite à son destinataire deux mois plus tôt. Celui-ci montra son intelligence des rapports de force politico-administratifs dans l’affaire Curiel où il comprit qu’il ne pouvait faire autrement que céder, en accédant, sous conditions, aux demandes de consultations du juge d’instruction. Mais le directeur de la DST put surtout s’appuyer sur le directeur de cabinet de Gaston Defferre de plus en plus préoccupé par la loi de décentralisation (mars 1982). Grimaud défendit en effet régulièrement la DST dans le dossier des « affaires », dans la relation avec la jeune Commission nationale de l’information et des libertés (CNIL) qui voulait profiter de la nouvelle majorité pour accéder aux fichiers du service, mais aussi contre les appétits de Pierre Marion et du SDECE. Maurice Grimaud alla jusqu’à faire une campagne active en vue du maintien de Marcel Chalet à la tête de la DST, au-delà de l’âge légal de la retraite. En outre, Grimaud avait acquis le soutien de son ministre. Celui-ci rendit d’ailleurs témoignage, publiquement, de l’armistice du nouveau gouvernement avec la DST dans une interview parue au début du mois de décembre 1981 dans Libération : « Par contre, je peux dire que je suis satisfait de la façon dont fonctionnent les Renseignements Généraux et la Défense de la Sécurité du Territoire. J’ai avec les directeurs de ces deux services, des rapports excellents[29]. » Cette déclaration fut complétée par une visite qu’il accomplit dans le service le 10 décembre.

La revanche du service de contre-espionnage…

La DST était parvenue à retourner la situation à son avantage. Elle parvint même à le pousser. La DST avait (comme le SDECE) refusé que François de Grossouvre se chargea lui-même de la coordination des services de renseignement auprès du président de la République. En octobre 1981, François Mitterrand écarta Grossouvre de cette fonction, confiée en pratique à son chef d’état-major particulier, le général Saulnier et à Maurice Grimaud. Une nouvelle alerte particulièrement grave inquiéta le service de Marcel Chalet. En janvier 1982, Jean-Michel Belorgey remit à Gaston Defferre le pré-rapport de la commission qu’il dirigeait. Le document contenait une  profonde mise en accusation de la DST, de ses moyens et de ses méthodes. On pouvait y lire notamment :

« L’argument du secret de défense est, il est vrai, un argument difficile à éluder. À l’abri de cet argument, la DST est, en réalité, seule maîtresse de la définition des stratégies qui sont les siennes, de la déontologie qu’elle croit bon d’adopter et de la légitimité des libertés qu’elle prend dans un souci de défense patriotique ou dans d’autres, moins louables, avec la légalité et la tradition républicaine. Ce n’est donc pas un hasard si de nombreuses affaires de police (écoutes du Canard Enchaîné, affaire Delpey, affaire des attentats bretons, affaire Mattéi), sont en réalité des affaires de ST [Sécurité du territoire]. Et il n’est d’autre attitude possible à l’égard de la ST que de la soupçonner hasardeusement, ou de la croire inconditionnellement puisque nul, pas même les corps d’inspection de la police, ne sait par définition rien de son fonctionnement. Une telle situation n’est pas acceptable[30]. »

Marcel Chalet, qui avait été entendu par cette commission, rédigea aussitôt une note critique adressée à la DGPN. En février 1982, le ministre de l’Intérieur enterra le pré-rapport qui ne vit jamais le jour[31]. Gaston Deferre indiqua également publiquement au Palais-Bourbon deux mois plus tard que le rapport Saunier sur l’attentat de 1972 innocentait la DST, mais incriminait l’ancienne majorité. D’autres bonnes nouvelles arrivèrent en 1982 : le rapport sur le SAC[32] publié en juin montrait l’implication ponctuelle des RG, mais innocentait totalement la DST de toute forme de contact avec cette organisation relevant du « gaullisme d’ordre », pour reprendre l’expression de François Audigier[33]. Le même mois le Président remettait son rapport à Pierre Mauroy, mais il ne fut pas rendu public et n’eut aucun effet à court et même à moyen terme. Un an après l’arrivée de François Mitterrand, la situation était désormais favorable à la DST.

…et le sacrifice de son directeur

La DST était sortie de l’œil du cyclone, mais il n’en fut pas de même pour son directeur. Au mois de mai fut révélée la disparition soudaine d’un intellectuel dissident roumain, Virgile Tanase, naturalisé, qui vivait en France depuis quelques années. Une instruction judiciaire contre X fut ouverte et confiée au juge Jean-Louis Debré. Dans une conférence de presse le mois suivant, le président de la République évoqua de possibles tensions avec la Roumanie qui était de facto suspectée. En octobre, Tanase réapparut en France et l’on apprit alors que la DST l’avait fait disparaître dans le cadre d’une opération d’intoxication à l’égard des services roumains. La presse et notamment le magazine Actuel couvrirent abondamment l’affaire dont ils étaient plus ou moins bien informés, multipliant les zones d’ombres autour de cette brève disparition. Les archives de Grimaud montrent que l’Élysée fut exaspéré par cette affaire, suspectant une manipulation et une duplicité totale de la DST. Est-ce cette affaire ou le ton de la lettre de septembre 1981 que Marcel Chalet paya ? Quoi qu’il en soit, le président de la République s’opposa à son maintien malgré l’insistance répétée de Defferre et le directeur dut prendre sa retraite en novembre 1982.

En faisant le bilan des « services » au ministère de l’Intérieur en 1981-1982, on est amené à constater que la DCRG avait été modestement touchée, uniquement en la personne de son directeur. Il s’agissait cependant d’un outil de gouvernement quotidien, indispensable à la connaissance fine de l’opinion. Quant à la DST, elle n’a ni disparu ni été réformée et pas une seule des préconisations du pré-rapport Belorgey n’a été mise en œuvre. Seul son directeur a été tardivement et très modérément touché[34]. Dans ce processus, le rôle de Maurice Grimaud a été très important. Par sa modération dont ses archives portent indubitablement l’empreinte, il a été un médiateur décisif entre le gouvernement, la DST et son directeur[35]. Ayant gagné la confiance d’un ministre qui ne témoignait pas d’appétence particulière pour les questions de renseignement, il l’a convaincu d’épargner la DST, de soutenir Marcel Chalet et, s’appuyant sur une solide connaissance de l’institution policière[36], il a pu opposer un solide rempart aux attaques de la presse et aux offensives parlementaires.

Au-delà de la personne de Maurice Grimaud, on peut tirer d’autres conclusions, plus générales, voire structurelles. Au ministère de la Défense, il y avait eu, à la demande du PCF, un simulacre de suppression de la Sûreté militaire, remplacée par la Direction de la protection et de la sécurité de la Défense (DPSD) avec exactement les mêmes prérogatives. Le SDECE avait également changé d’appellation : il s’agissait désormais de la DGSE. Les toutes premières années d’exercice du pouvoir de François Mitterrand semblent d’ailleurs indiquer que l’Élysée a réaffirmé grâce à l’état-major particulier une tutelle assez forte sur ce service extérieur, traditionnellement assez autonome[37]. En outre, les deux grands services de renseignement qu’étaient la DGSE et la DST avaient vu leurs prérogatives respectives confirmées et renforcées par les deux décrets de 1982[38].

L’ « État secret », une fois encore, avait parfaitement résisté aux pressions extérieures. Confrontée au « mur de l’argent » au début des années 1920, la gauche de gouvernement s’est donc heurtée aux « services » en 1981 : l’« État secret » a pu se mettre rapidement hors d’atteinte du pouvoir politique, tout comme cette composante particulière de l’État l’avait été au temps du gaullisme[39]. L’impréparation de la gauche et sa méconnaissance des enjeux spécifiques de ce domaine « très réservé » expliquent, plus que la résistance – réelle – des « services », une conversion négative en quelque sorte aux structures et aux hommes en charge de la raison d’État. On pourrait prolonger la question posée en introduction : est-ce une loi d’airain et l’expérience de 1981-1983 fut-elle une leçon pour la gauche ? Il faudrait pour pouvoir y répondre regarder les modalités de sa préparation puis de sa gestion des « services » lors de son retour à l’Élysée en 2012.

Pour citer cet article : Sébastien-Yves Laurent, « Face aux "services" (1981-1983) : une autre leçon pour la gauche au pouvoir ? », Histoire@Politique [en ligne], n° 27, septembre-décembre 2015, www.histoire-politique.fr

Notes :

[1] Jean-Noël Jeanneney, Leçon d’histoire pour une gauche au pouvoir, la faillite du Cartel (1924-1926), Paris, Seuil, « L’histoire immédiate », 1977, 150 p. et Serge Berstein, Pierre Milza, Jean-Louis Bianco (dir.), François Mitterrand. Les années du changement 1981-1984, Paris, Perrin, 2001, p. 329-505.

[2] Cf. Sébastien Laurent, Politiques de l’ombre. État, renseignement et surveillance en France, Paris, Fayard, 2009, 692 p. et « À propos de "l’État secret" contemporain (États-Unis, France, Grande-Bretagne), séminaire doctoral du Centre d’histoire de Sciences Po (« L’histoire de l’État : frontières et limites »), 16 juin 2014.

[3] Cf. Sébastien Laurent, « Le gaullisme et la “communauté du renseignement” sous les IVe et Ve Républiques : quand “l’État secret” s’impose au pouvoir politique », dans François Audigier, Bernard Lachaise et Sébastien Laurent (dir.), Les gaullistes. Hommes et réseaux, Paris, Nouveau monde éditions, 2013, p. 331-352.

[4] Nous renvoyons aux autres articles du numéro pour l’évocation de la carrière antérieure de Maurice Grimaud.

[5] Cf. Alain Hamon et Jean-Charles Marchand, Dossier P… comme police, Paris, éditions Alain Moreau, 1984, p. 173.

[6] Archives de l’Assemblée nationale, 26 P 23, Procès-verbaux de la commission d’enquête sur le Service d’action civique, chemise 9, 2 février 1982, p. 10.

[7] Le Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE) changea d’appellation en 1982, devenant DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure).

[8] Ayant eu en son temps autorité théorique sur la DST et la DCRG.

[9] Synthétisée dans Jean Dolent et Thomas Daquin, La Sécurité militaire, Paris, Cerf, « Objectifs », 1981, 127 p. Préface de Gilles Perrault.

[10] Cf. notre étude : « Ce que le renseignement ne peut pas dire. La surveillance de l’"adversaire intérieur" dans la France des années 1960 », dans François Cochet et Olivier Dard (dir.), Subversion, anti-subversion, contre-subversion, organisé par le Centre régional universitaire lorrain d’histoire de l’université de Metz, Paris, Riveneuve éditions, 2009, p. 299-307.

[11] Journal officiel. Assemblée nationale. Débats, 7 juin 1973, p. 1952.

[12] Cf. par exemple : François Mitterrand, « Ma part de vérité », L’unité, 14-20 décembre 1973, p. 32. Ce type de sous-entendus est fréquent sous sa plume à cette époque dans l’hebdomadaire du PS.

[13] Claude Angeli, « La République des plombiers. Des micros chez Mitterrand », Le Canard enchaîné, n° 2777, 16 janvier 1974, p. 3.

[14] Archives privées de Maurice Grimaud, Agenda, 20 mai 1981.

[15] « Étant arrivé par effraction, précédé d’une réputation de « giscardien » […] » (Gilles Ménage, L’œil du pouvoir. Les affaires de l’État, 1981-1986, Paris, Fayard, 1999, t. 1, p. 34).

[16] Maurice Grimaud, Je ne suis pas né en mai 68. Souvenirs et carnets 1934-1992, Paris, Tallandier, 2007, p. 142-143. Le préfet Vié, ancien directeur des renseignements généraux, y fut aussi convié : Jean-Émile Vié, Un préfet au XXsiècle, Paris, L’Harmattan, 2002, p. 285.

[17] Un inspecteur des Finances, Louis Fauvert (né en 1903…), qui avait effectué la plus grande part de sa carrière à la direction de l’administration du SDECE depuis sa fondation avait également participé aux travaux de la « commission ».

[18] Gérard Monate, Flic ou gardien de la paix, Paris, Seuil, 1980, 117 p.

[19] Sur la genèse très surprenante de ce texte, cf. Serge Berstein, « Le programme présidentiel : les 110 propositions », dans Serge Berstein, Pierre Milza, Jean-Louis Bianco (dir.), François Mitterrand. Les années du changement 1981-1984, Paris, Perrin, 2001, p. 77-90.

[20] Sur le contentieux personnel de François Mitterrand, cf. Floran Vadillo, Les socialistes et les services de renseignement et de sécurité de 1981 à 2007 : usage et politisation de l’administration du renseignement, mémoire de master 2 sous la direction de Sébastien Laurent, université de Bordeaux, 2008, p. 149-152.

[21] Programme commun de gouvernement du parti communiste et du parti socialiste (27 juin 1972), Paris, éditions sociales, 1972, p. 146.

[22] Fondation nationale des sciences politiques / Centre d’histoire de Sciences Po (FNSP/CHSP), fonds Maurice Grimaud, GRI 31, dossier 1, lettre de G. Defferre au DGPN, 4 juin 1981.

[23] FNSP/CHSP, fonds Maurice Grimaud, GRI 11, dossier 4, 4 p. Une copie de ce document se trouve également en GRI 30.

[25] D’après la lettre de mission du Premier ministre, le rapport Schmelck, publié intégralement dans CNCIS, 1er rapport d’activité 1991-1992, Paris, La Documentation française, 1993, p. 60.

[26] Sur cette affaire, on dispose maintenant de livres très sérieux. Outre les mémoires de Marcel Chalet (Marcel Chalet et Thierry Wolton, Les Visiteurs de l’ombre, Paris Grasset, 1990, 392 p.), voir Sergueï Kostine, Bonjour Farewell. La vérité sur la taupe française du KGB, Paris, Robert Laffont, 1997, 330 p. ; Sergueï Kostine et Éric Raynaud, Adieu Farewell, Paris, Robert Laffont, 2009, 430 p. ; enfin Raymond Nart et Jacky Debain, L’Affaire Farewell vue de l’intérieur, Paris, Nouveau monde éditions, 2013, 334 p.

[27] Alors que la présence de quatre ministres communistes au gouvernement inquiétait les États-Unis, la livraison à l’été 1981 par François Mitterrand à Ronald Reagan des documents fournis par « Farewell » permit de rétablir une situation diplomatique complexe depuis mai 1981.

[28] FNSP/CHSP, fonds Maurice Grimaud, GRI 30 ; lettre de M. Chalet au Président de la République, 23 septembre 1981.

[29] « Gaston Deferre à Libération », Libération, n° 175, 5-6 décembre 1981, p. 2.

[30] Jean-Michel Belorgey, La Police au rapport, Presses universitaires de Nancy-Ligue des droits de l’homme, « Forum de l’IFRAS », 1991, p. 86-87.

[31] Le rapport fut publié dix ans plus tard (cf. document cité à la note précédente).

[32] Au terme d’une longue procédure avec le secrétaire général de l’Assemblée nationale, nous sommes parvenus à consulter les archives de la commission (à 90 %, une partie demeurant fermée) et notamment les procès-verbaux (26 P 15 à 63). Ces documents confirment le sens général du rapport (Rapport de la commission d’enquête sur les activités du Service d’action civique, Alain Moreau, 2 tomes, 1982, 996 p.) Les archives de Maurice Grimaud soulignent son travail d’aiguillon auprès de la DGPN et de la DCRG pour que ces deux directions transmettent les documents demandés à la commission d’enquête, mais il n’intervint pas au-delà, en particulier à l’égard de la DST.

[33] Sur le sujet, cf. François Audigier, Un parcours au sein de l’histoire politique. De l’histoire des modérés et des mouvements politiques de jeunesse à celle du gaullisme et de la violence militante, 3 volumes dont : Violence politique et gestion militante de cette violence. Une étude de cas : l’évolution du service d’ordre gaulliste du RPF à l’UDR (avril 1947-juin 1968). Du modèle militaire au modèle policier, mémoire inédit d’habilitation à diriger des recherches sous la direction du professeur Bernard Lachaise, université Bordeaux Montaigne, 2013, 483 p.

[34] Rappelons qu’il quitta à l’âge légal son corps et le service qu’il dirigeait. Il n’avait pas obtenu la « prolongation » qui est souvent accordée à des hauts fonctionnaires, à l’heure du départ en retraite.

[35] Jusqu’à un certain point dans ce dernier cas. Cf. note précédente.

[36] En tant que directeur de la Sûreté de 1963 à 1967, il avait eu la main sur la DST.

[37] C’est ce que l’on perçoit nettement dans les archives de Maurice Grimaud, qui confirment pleinement les mémoires de Gilles Ménage ((L’œil du pouvoir. Les affaires de l’État, 1981-1986, t. 1, Paris, Fayard, 1999, 876 p ; L’œil du pouvoir. Face aux terrorismes, 1981-1986, Paris, Fayard, 2000, 545 p. ; L’œil du pouvoir. Face au terrorisme moyen oriental, 1981-1986, Paris, Fayard, 2001, 700 p.). Il faudra attendre l’accès aux archives présidentielles de la période et en particulier celle de l’état-major particulier pour le confirmer ou l’infirmer.

[38] Décret n° 82-306 du 2 avril 1982, Journal officiel, 4 avril 1982, p. 1034-1035 et décret n° 82-1100 du 22 décembre 1982, Journal officiel, 26 décembre 1982, p. 3864.

[39] C’est le sens de notre conclusion dans : « Le gaullisme et la “communauté du renseignement”… », op. cit.

Sébastien-Yves Laurent

Sébastien-Yves Laurent est professeur à l’université de Bordeaux (Centre Montesquieu de recherches politiques) et chercheur associé au Centre d’histoire de Sciences Po, partenaire des projets ANR UTIC et VIORAMIL. Il a récemment publié : Atlas du renseignement. Géopolitique du pouvoir (Presses de Sciences Po, 2014) et Transformations et réformes de la sécurité en Europe (Presses universitaires de Bordeaux, 2015).

Mots clefs : police ; renseignement ; services de renseignement ; DST ; SDECE; Police ; Intelligence ; Intelligence Services ; DST ; SDECE.

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