Histoire@Politique : Politique, culture et société

Le dossier

Maurice Grimaud, un préfet dans le siècle

Coordination : Sébastien-Yves Laurent et Jean-François Sirinelli

Maurice Grimaud à l'épreuve de l'histoire

Sébastien-Yves Laurent, Jean-François Sirinelli

Maurice Grimaud préfet des Landes (1955-1957) ou « un préfet aux champs »

Bernard Lachaise

C’est dans la préfecture des Landes que Maurice Grimaud débute sa carrière de préfet entre avril 1955 et avril 1957. Le contact est un peu rude avec les Landais que Grimaud juge à chaud et encore plus avec le recul, dans ses mémoires, assez sévèrement. Mais cela s'explique en partie par les conditions de son départ des Landes quand il est victime des divisions internes à la SFIO locale. S’il n'a pas fait l'unanimité dans le monde politique landais, Grimaud s'est montré un préfet très actif pour moderniser l'économie landaise. Il a joué un grand rôle dans la création de la Société d’aménagement des Landes de Gascogne et les responsables économiques locaux lui en ont été reconnaissants.


Maurice Grimaud et Mai 1968

Philippe Nivet

Maurice Grimaud a été le préfet de police de Paris lors des événements de Mai 1968. À partir de ses archives déposées à la Fondation nationale des sciences politiques, recoupées par plusieurs témoignages, cet article montre que Maurice Grimaud chercha à éviter les débordements de violence policière lors des manifestations de Mai 1968. Il étudie ses relations avec le pouvoir gaulliste. Il s’intéresse enfin à l’analyse qu’a pu faire jusqu’à sa mort Maurice Grimaud, qui a beaucoup écrit sur son expérience.


Maurice Grimaud, le préfet médiatique

Christian Delporte

Pour agir, il faut savoir communiquer. Maurice Grimaud, à cet égard, est un préfet atypique qui a très tôt compris l’usage politique des médias. Avant même mai 1968, il se montre disponible à l’égard des journalistes et gagne, dans la presse, une notoriété utile durant la période de crise que traverse alors la France. Après 68, il mise encore sur les médias pour faire admettre ses projets à l’opinion. Bien après avoir quitté ses fonctions de préfet, il reste un homme de communication, dont il maîtrise des codes et les signes, et un invité toujours choyé de la télévision.


Maurice Grimaud directeur de cabinet de Gaston Defferre : l’auteur de La police malade du pouvoir... au pouvoir (mai 1981-juillet 1984)

Floran Vadillo

En mai 1981, le ministre de l’Intérieur Gaston Defferre nomme Maurice Grimaud au poste de directeur de cabinet. Ce faisant, il recrute un haut fonctionnaire connu (presque une célébrité depuis son action en Mai 68 et les commémorations de 1978) et estimé tant par ses pairs que par les responsables politiques ; un haut fonctionnaire qui va imprimer un style particulier dans l’exercice de sa charge au point de paraître atypique. Mais le ministre et son directeur de cabinet s’avèrent parfaitement complémentaires ; ainsi, en dépit des nombreuses vicissitudes et de la lourdeur des fonctions assumées, Maurice Grimaud servira-t-il Gaston Defferre avec constance voire même fidélité, l’accompagnant en juillet 1984 dans ses nouvelles fonctions de ministre chargé du Plan et de l’Aménagement du territoire.


Face aux « services » (1981-1983) : une autre leçon pour la gauche au pouvoir ?

Sébastien-Yves Laurent

Directeur de cabinet du ministre de l’Intérieur de 1981 à 1983, Maurice Grimaud se trouvé d’emblée placé dans une situation complexe. Il est nommé après une décennie au cours de laquelle la gauche n’a cessé de dénoncer vigoureusement le fait que la police et les services de renseignement ont été mis au service des objectifs politiques de la majorité. Place Beauvau, auprès d’un ministre peu intéressé par la prise en charge de « l’État secret », le préfet Grimaud est un acteur central de la collision entre l’idéal politique de l’ancienne opposition et la loi d’airain que les services de renseignement imposent à l’État. L’absence totale de préparation par l’équipe de campagne et par le PS ainsi que la neutralité de Grimaud qui n’est pas un militant politique de la nouvelle majorité, facilitent l’accommodation rapide de celle-ci aux réalités de la part secrète de l’État. Dès l'arrivée au pouvoir de François Mitterrand, l’État secret s'impose.


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  • ISSN 1954-3670