Histoire@Politique : Politique, culture et société

Le dossier

Notables et République en France de 1870 à nos jours

Coordination : Aude Chamouard et Frédéric Fogacci

Naître et rester un notable. Le cas de Geoffroy de Montalembert (1898-1993)

David Bellamy
Résumé :

Geoffroy de Montalembert (1898-1993), parlementaire normand de 1936 à sa mort, offre l’exemple d’une figure particulière de (...)

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Au début de l’année 1993, la Normandie perdit deux de ses principales notabilités politiques. Le 22 février disparaissait, à presque 73 ans, Jean Lecanuet, sénateur-maire de la ville de Rouen, ancien Garde des Sceaux, président du Conseil général de la Seine-Maritime, président-fondateur de l’Union pour la démocratie française et ancien candidat à l’élection présidentielle de 1965 [1]. Puis, le 2 mars décédait Geoffroy de Montalembert, né en 1898, parlementaire du même département depuis 1936, maire d’Ermenouville depuis 1935 et doyen d’âge du Sénat depuis 1977 [2].

Les obsèques de Jean Lecanuet eurent lieu dans la cathédrale de Rouen, sous la présidence de Mgr Joseph Duval, archevêque, et en présence d’une foule considérable de Normands mais également de hautes personnalités nationales : l’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing, dont Jean Lecanuet avait été le ministre de la Justice, le Premier ministre en exercice Pierre Bérégovoy, les deux anciens Premiers ministres Jacques Chirac et Raymond Barre, le président du Sénat René Monory, d’anciens ministres et un très grand nombre d’élus nationaux et régionaux de diverses appartenances politiques. En présence du chef du gouvernement, les honneurs militaires furent rendus à la dépouille de l’ancien maire de Rouen. Les antennes de la télévision FR3 – Haute-Normandie et de quelques radios locales retransmirent en direct l’ensemble de ces cérémonies.

Une dizaine de jours après, les funérailles de l’autre sénateur de la Seine-Maritime, Geoffroy de Montalembert manifestèrent l’appartenance de ce dernier à un niveau inférieur du groupe des notables politiques normands. Pas de cathédrale, mais l’humble église d’un village cauchois ; pas d’archevêque mais un vicaire général du diocèse de Rouen ; point d’anciens chefs de l’État ou de Premiers ministres, mais l’ancien président du Sénat Alain Poher, Charles Pasqua, président du groupe du Rassemblement pour la République de la Haute Assemblée, l’ancien secrétaire d’État et parlementaire havrais, Antoine Rufenacht, et le préfet ; point de retransmission en direct sur les ondes, mais un système de sonorisation permettant aux élus locaux et aux habitants du village qui n’avaient pu pénétrer dans l’église de suivre l’office religieux. La présence de la veuve de Jean Lecanuet rappelait la cérémonie rouennaise des jours précédents.

L’inégale portée de la notabilité de Jean Lecanuet et de Geoffroy de Montalembert ne constitue pas la seule différence entre les carrières de ces deux hommes politiques. Jean Lecanuet dut devenir un notable quand Geoffroy de Montalembert le fut de naissance. Fils d’un commerçant rouennais, le premier dut gravir les échelons de la notoriété avant de s’affirmer comme l’un des principaux acteurs de la vie politique nationale des années 1960 à sa disparition. Le second naquit riche déjà des promesses d’une origine nobiliaire. Il n’eut pas à devenir un notable mais à trouver les moyens de le rester dans une société qui reconnaissait de moins en moins l’autorité d’une telle naissance. Y parvenant, il illustra, sous trois Républiques, un modèle persistant mais modifié de la notabilité aristocratique.

Les signes d’une notabilité

Les articles de la presse nationale et locale consacrés à Geoffroy de Montalembert au moment de sa disparition mobilisent un vocabulaire et des expressions qui manifestent la reconnaissance de sa notabilité. Le Figaro salue « le condottiere de la Haute Assemblée [3] » ; Paris-Normandie insiste sur « une haute figure de la politique normande » que l’on qualifie de « mémoire de la vie politique française depuis la IIIRépublique [4] ».

Depuis la rentrée parlementaire de l’automne 1977, Montalembert avait, en effet, accédé à une stature toute particulière au sein du Sénat puisqu’il en était devenu le doyen d’âge. Il garda cette distinction pendant les quinze dernière années de sa vie – durée incomparable – ce qui lui valut le privilège d’ouvrir six fois de suite la session ordinaire qui suivait l’élection de nouveaux sénateurs, de prononcer le rituel discours du président d’âge [5] et d’installer le président du Sénat élu ou réélu [6]. Au fur et à mesure de la répétition de ces séances, et dans une atmosphère où les divisions politiques s’estompaient un instant, Geoffroy de Montalembert voyait croître autour de sa personne les manifestations de respect et de sympathie. Les didascalies des comptes rendus des séances le soulignent nettement. Ainsi, si en 1977 il est interrompu deux fois pendant son discours par des applaudissements, il l’est à cinq reprises en 1983 et en 1986 lorsqu’il évoque les débuts de sa carrière parlementaire. Et l’origine de ces applaudissements s’élargit avec le temps, depuis la droite et le centre jusqu’à l’ensemble des bancs. En octobre 1992, au terme de son discours, tous les sénateurs « se lèvent et applaudissent longuement [7] » le doyen.

D’autres signes de cette position de notable âgé, auquel la classe politique entend bien rendre hommage, peuvent être signalés – et qui ne sont pas sans rappeler, à un autre niveau, le cas d’Antoine Pinay – : par exemple lorsque Geoffroy de Montalembert quitte sa fonction de vice-président de la commission des finances en 1986, ses collègues lui décernent – fait exceptionnel – le titre de vice-président d’honneur de leur commission [8] ; ou encore lorsqu’en présence de Valéry Giscard d’Estaing et de Jacques Chirac, il est ovationné, en mars 1990, au congrès du mouvement national des élus locaux à Paris [9].

C’est la longévité parlementaire exceptionnelle d’un élu de la République qui est ainsi saluée dans ces assemblées, ainsi que dans la presse [10]. Lorsqu’il prononce ce qui fut son ultime discours de doyen du Sénat, cinq mois avant sa mort, Geoffroy de Montalembert cumule derrière lui un demi-siècle de vie parlementaire [11]. Il est en effet entré à la Chambre des députés en juin 1936, élu par les habitants de la circonscription d’Yvetot. Malgré une demande d’invalidation déposée par son adversaire du Front populaire, la Chambre entérina son élection. Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, le Parti républicain de la liberté (PRL) le choisit pour le représenter au Conseil de la République. Il y fut élu le 19 décembre 1946 [12]. Il ne quitta plus, dès lors, l’enceinte de la Haute Assemblée puisqu’il fut réélu en novembre 1948, en mai 1952, puis en juin 1958. L’avènement de la VRépublique, auquel il participa comme vice-président du Comité consultatif constitutionnel, ne marqua pas une rupture dans sa carrière puisqu’élu au nouveau Sénat en avril 1959, il y fut réélu en septembre 1968, puis en 1977 et en 1986. Au sein même de l’assemblée du Palais du Luxembourg, il occupa des fonctions notables : président de la commission du suffrage universel de 1948 à 1958 ; vice-président du Sénat de 1959 à 1962 ; vice-président de la commission des finances de 1971 à 1986.

Sa qualité de notable, Geoffroy de Montalembert l’illustrait, non seulement par cette longévité parlementaire hors normes, mais également par un très profond enracinement local dans le département de la Seine-Maritime [13], au centre du pays de Caux. Il n’avait jamais cessé d’en être le représentant au Parlement et il en était également élu local depuis 1935. Peu auparavant, il avait installé sa famille [14] dans le château d’Arnouville et était devenu maire d’Ermenouville. À son décès, il était toujours en charge de cette fonction, cinquante-huit ans après sa première élection car il fut réélu neuf fois dans cette petite commune qui comptait environ 150 électeurs en 1989. Il ne chercha, en revanche, jamais à devenir conseiller général, refusant le cumul des mandats.

Se souvenant des campagnes sénatoriales de 1977 et de 1986, son colistier André Bettencourt rappelait son étonnement de constater que Montalembert connaissait toutes les cours de ferme de son département et qu’il était reconnu dans chacune d’elles [15]. Son lien avec les populations normandes passait par l’attachement à la terre et par la défense de l’agriculture. Son enracinement local était exclusivement rural. Il entendait représenter les habitants des campagnes et les maires des communes rurales. C’est là une autre différence avec Jean Lecanuet, notable urbain avant tout , mais ce fut aussi un élément de complémentarité avec ce dernier permettant leur rapprochement dans une liste commune aux élections sénatoriales de 1977, puis de 1986. Dans ses professions de foi, Geoffroy de Montalembert se qualifiait toujours d’« agriculteur », justifiant cette appellation par le fait qu’il exploitait directement la « ferme » de son château. Outre celle-ci, il possédait un grand nombre de grandes propriétés agricoles et la plus grande part du territoire de sa commune. Enfin, pendant les cinquante années de sa vie parlementaire, les questions agricoles constituèrent son principal sujet d’intervention dans les assemblées. Localement, il fut présent et actif au sein de tous les réseaux agricoles. Partout, il manifestait son désir de défendre et d’accompagner l’évolution économique et sociale d’un secteur, essentiel à ses yeux, et qui restait déterminant dans son département.

Enfin, pour compléter cette description, il faut indiquer le rôle joué par son épouse, née Odile de Wendel (1908-1994), dans la répartition genrée des engagements locaux notabiliaires [16]. Inspirés des exemples de sa famille et de ses convictions religieuses, les engagements d’Odile de Montalembert furent nombreux et intenses dans les œuvres sociales (la Croix-Rouge, « l’œuvre des layettes » et les comité d’assistance aux prisonniers de guerre entre 1940 et 1945, « l’œuvre de la pesée des nourrissons », etc.), chrétiennes (Ligue féminine d’action catholique française, kermesses paroissiales) et d’enseignement rural (avec le mouvement des Maisons familiales d’apprentissages rurales). La part prise par son épouse dans le développement de la notabilité de Geoffroy de Montalembert fut, sans aucun doute, tout à fait considérable.

Ainsi, par son activité de représentation politique nationale et locale et par son enracinement dans un territoire rural, Geoffroy de Montalembert illustra, jusqu’à la fin du XXe siècle, la persistance de la figure traditionnelle du notable : grand propriétaire foncier, exploitant agricole et représentant des intérêts de l’agriculture.

Une notabilité issue de la naissance

Cette illustration fut en fait une perpétuation. Geoffroy de Montalembert était l’héritier d’une longue lignée qui lui procura, par sa naissance, l’avantage de cumuler plusieurs héritages. 

En premier lieu, un héritage aristocratique le rattachait à l’antique chevalerie médiévale et à un nombre considérable de hautes familles : les Montalembert, les Rochechouart, les Le Febvre d’Ormesson, les Maurès de Malartic, etc. Toute sa jeunesse fut bercée des récits des grandes heures de l’histoire de France et des exploits de ses ancêtres, de la guerre de Cent Ans au conflit de 1870-1871. De cette « enfance au château [17] », Geoffroy de Montalembert apprit à ne pas s’étonner que fussent ainsi mêlés acteurs de l’épopée nationale et membres de sa lignée. Bien plus, il lui fut enseigné et répété qu’il en était ainsi du sens profond des traditions familiales. Parmi les grands principes que ses parents et ses proches lui transmirent, il y eut la nécessité d’être fidèle à « l’héritage de foi et d’honneur [18] » de ses ancêtres et donc d’assurer la continuité de la présence du nom au-devant de la scène historique par le service maintenu de la patrie, en respectant toutefois la règle incontournable de demeurer un catholique exemplaire absolument soumis à l’autorité indiscutable de l’Église. Vertus privées et vertus publiques devaient ainsi assurer la transmission, de génération en génération, des précieuses valeurs familiales. Or, au service armé du roi, auquel s’étaient livrés tant d’ancêtres, avait succédé, dans la représentation de sa parenté, la nécessité du service de la patrie, moyen de ne pas déchoir en dépit du renversement du régime monarchique.

Geoffroy de Montalembert reçut également un héritage politique. Au XIXe siècle, plusieurs de ses ancêtres s’étaient livrés à l’activité parlementaire, moyen de poursuivre le service de la France. Le plus célèbre d’entre eux fut son grand-oncle, Charles de Montalembert (1810-1870), qui avait transposé dans l’espace politique la gloire qui s’attachait jusqu’alors aux seuls combats guerriers, et qui représenta, à ce titre, un élément constitutif de l’identité parlementaire de Geoffroy de Montalembert. Mais, la personnalité essentielle de cet héritage fut son propre père, Geoffroy-Jules de Montalembert (1850-1926). Engagé chez les Volontaires de l’Ouest en 1870, il mena une carrière d’officier, qu’il interrompit à la suite de problèmes de santé en 1880, il fut ensuite élu député conservateur du Nord en 1889. Après la mort du comte de Chambord et les appels au ralliement de Léon XIII, le comte de Montalembert manifesta, lors de la campagne électorale de 1893, son acceptation de la République et rejoignit Jacques Piou dans sa tentative de regrouper les droites catholiques, illustrant ainsi le cas de ces notables de l’ancienne France qui finirent par consentir à la République [19]. Réélu trois fois, le comte de Montalembert siégea comme député de Lille jusqu’en 1906, moment où il refusa de tenter d’obtenir un nouveau mandat.

La carrière parlementaire entamée par Geoffroy de Montalembert dans les années 1930 se situe dans le sillon des dix-sept années pendant lesquelles son père fut député, même si le souvenir que le fils conservait de l’expérience parlementaire paternelle était celui d’une immense déception, voire d’une désillusion. En atteste le cahier rédigé par la comtesse de Montalembert en 1908 [20]. Plusieurs éléments semblent indiquer un rejet dégoûté de l’activité politique, voire même un renoncement au ralliement à la République. L’épouse de l’ancien député de Lille y faisait une description très sombre de l’activité politique et de ses compromissions, pour conclure que le sens de l’honneur de son mari ne pouvait plus supporter ce monde de « turpitudes » et qu’il décida donc d’y mettre fin [21]. Le contexte de la politique anticléricale de l’époque, annonçant le retour très proche des persécutions subies par les catholiques sous la Révolution française selon la comtesse de Montalembert, et le vote, en mars 1905, de la loi limitant le service militaire à deux ans, au péril la sécurité du pays selon le comte de Montalembert qui s’y opposa vivement, s’ajoutèrent à cette vision très noire du monde politique. La leçon de la mère à son fils témoigne de l’impossibilité de servir le pays au Parlement sans se déshonorer, voire même perdre son âme tant cet univers était maintenant entre les mains du « Prince-de-ce-monde ».  Aux yeux de la comtesse, le seul moyen honnête d’être encore utile à son pays résidait dans le choix de son époux de se réfugier dans la gestion de ses propriétés et le patronage des populations qui dépendaient de ses biens et de ses engagements locaux.

Car Geoffroy de Montalembert était également l’héritier d’une immense fortune et d’une pratique ancienne d’encadrement des populations. En effet, s’il hérita de son père le prestige du nom, il hérita de sa mère des biens considérables, et en particulier, des propriétés terriennes dans le Nord et en Normandie. Née Marie-Thérèse de Maurès de Malartic (1857-1913), sa mère fut adoptée, après la mort de sa propre mère en 1867, par son oncle, Humbert de Clercy (1820-1870), et par sa tante, née Noémie de Brigode (1827-1907). Elle rassembla ainsi entre ses mains, avant de les transmettre à son fils unique, les propriétés considérables des Brigode, riches commerçants lillois anoblis sous le Premier Empire. Ceux-ci s’étaient installés dans le château d’Annappes, d’où ils géraient leurs biens qui, en 1821, dépassaient déjà 500 hectares. Ils occupèrent alors des fonctions politiques dans cette région située à l’Est de Lille. Jules-Geoffroy de Montalembert devint ainsi, à la suite de plusieurs ancêtres de son épouse, maire d’Annappes en 1881, puis conseiller général du canton de Lannoy en 1885, et enfin député. Après avoir décidé de quitter ses mandats national et cantonal, il ne conserva que son mandat de maire où, d’après son épouse, il pouvait exercer à plein temps son « devoir social [22] ». Maire, propriétaire de dizaines de fermes louées à des paysans, exploitant lui-même plusieurs d’entre elles sous forme de régies, le patronage du comte de Montalembert s’exerçait encore par le moyen d’œuvres charitables et sociales nombreuses : bourses d’études pour les enfants pauvres, hospice privé pour personnes âgées, ouvroirs pour jeunes filles, écoles chrétiennes, etc. Dans son enfance, l’encadrement local était donné au jeune Geoffroy de Montalembert comme modèle et moyen de rester fidèle aux traditions familiales, tout en échappant au monde déchu de l’action politique nationale. Sur son lit de mort, en 1913, sa mère lui avait fait jurer d’y rester fidèle !

Geoffroy de Montalembert reçut donc en héritage un modèle aristocratique qui lui octroyait, plus qu’à d’autres, les instruments du maintien et du développement d’une notabilité forte. Néanmoins, au sortir de l’enfance, ce modèle le poussa à considérer la participation à la représentation nationale comme contradictoire avec l’exercice des vertus chrétiennes [23] et à privilégier une espèce d’exil intérieur ou de refuge dans la gestion locale.

Rester un notable

Or, ce n’est pas ce qu’il advint de Geoffroy de Montalembert. Sa carrière montre qu’il refusa ce renoncement pour renouer, au contraire, avec l’action parlementaire. Bien plus, alors que certaines traditions qui lui avaient été transmises ne correspondaient plus à la société démocratique du XXsiècle et auraient pu entraver le déroulement de celle-ci, il sut s’adapter aux nouvelles exigences de la notabilité politique.

Il lui fallut d’abord rompre avec la morgue aristocratique illustrée tant par le cahier de sa mère que par l’attitude de par son père lorsqu’il refusa d’être à nouveau candidat aux élections législatives de 1906, la Chambre et une partie de ses proches ne partageant pas son avis sur l’armée. La croyance en la légitimité naturelle de leur race à diriger s’accompagnait chez les Montalembert d’un retrait intransigeant, loin de ceux qu’ils condamnaient désormais, afin de sauver la morale et l’honneur ; ce qui n’est pas sans rappeler l’attitude d’une partie de leurs ancêtres après 1830. Cette attitude fut encore celle du comte de Montalembert en 1919 devant le refus des représentants de la gauche d’accepter d’entrer dans une liste d’union qu’il dirigeait pour les élections municipales. « J’aurais voulu qu’il se représentât, mais il n’a pas voulu. Il a retrouvé ce dégoût qu’il avait eu au moment de la loi des deux ans [24] », commente ainsi son fils.

Premières des adaptations auxquelles sut procéder Geoffroy de Montalembert : la capacité, induite par la culture démocratique, de faire face aux revers en ne refusant pas de venir ou de revenir devant les électeurs, seuls légitimes à octroyer tout pouvoir. C’est ainsi qu’il voulut, en 1925 et avec succès, reprendre la mairie d’Annappes aux adversaires de son père qui l’avaient emportée en 1919. Mais, dès le début des années 1930, il lui apparut qu’une carrière politique plus large dans la banlieue lilloise était quasi impossible en raison des progrès de la gauche. Geoffroy de Montalembert décida alors de changer de territoire et de s’implanter au cœur de la Seine-Inférieure, où il possédait un autre domaine foncier. Il y fut élu maire en 1935, puis député l’année suivante, au terme d’une lutte électorale difficile. Aux antipodes de l’attitude « de roi en exil » de son père, il mena et emporta le débat de validation de son élection.

Aux lendemains de la Second Guerre mondiale, Montalembert sut, encore, surmonter les difficultés. Relevé très tôt de l’inéligibilité qui l’avait touché en raison de son vote le 10 juillet 1940, il était en position de retrouver un siège au Palais-Bourbon. Mais le nouveau mode de scrutin, le découpage en deux circonscriptions de la Seine-Inférieure, dont la limite passait au milieu de celle qui l’avait élue en 1936, le grande nombre de personnalités politiques de poids qui entendaient être en position éligible sur les listes de la droite empêchèrent Montalembert de pouvoir être candidat aux deux constituantes et à la première Assemblée nationale de la nouvelle République. Il sut éviter toute attitude hautaine, attendre que vienne son tour, et en recueillit les fruits en entrant au Conseil de la République en décembre 1946.

De la même manière, trente ans après, lors de la campagne aux élections sénatoriales de septembre 1977 et alors que son siège au Sénat était mis en péril en raison des listes multiples qui se formaient autour de Jean Lecanuet (pour le Centre des démocrates sociaux), d’André Bettencourt (pour le Parti républicain) et d’un proche de Jean-Jacques Servan-Schreiber, Geoffroy de Montalembert aurait pu exiger une meilleure place. En dépit de son ancienneté – en 1959 et en 1968, il se trouvait en deuxième position sur une liste commune avec les Indépendants –. il accepta de discuter avec chacun, puis de prendre la quatrième position sur une liste d’union CDS-PR-RPR. La liste emporta finalement quatre sièges. Il devint ainsi le doyen du Sénat, titre qui assura sa position et sa réélection aux élections sénatoriales suivantes, en 1986.

Contrairement à son père, Geoffroy de Montalembert a ainsi su faire preuve de souplesse dans les moments critiques de sa carrière, évitant des postures qui auraient pu mettre fin définitivement à celle-ci et permettant sa longévité exceptionnelle.

Il comprit également qu’il n’était plus possible, comme au siècle précédent, de mener sur son seul nom une action politique, et que, dans le système républicain français, les partis étaient devenus incontournables. S’inscrire dans de telles structures n’était pourtant pas aisé pour Geoffroy de Montalembert, en raison de convictions qui le poussaient plus naturellement au rassemblement qu’à un classement partisan clair. Du reste, il fut longtemps à la recherche d’un grand parti de droite, modéré, dans lequel son identité politique assez syncrétique, – à la fois patriotique, voire nationaliste, socialement assez conservatrice, économiquement libérale, cherchant un exécutif efficace et défendant en même temps un parlementarisme respecté –, pouvait se retrouver.

Il crut trouver un tel parti dans les années 1930 avec la Fédération républicaine (FR). Ce rapprochement fut, il est vrai, facilité par son mariage [25], en 1929, avec Odile de Wendel, fille de François de Wendel, personnage éminent de la Troisième République [26]. Ce dernier devint alors le mentor de son gendre et joua un rôle décisif dans les débuts de sa carrière nationale. Mais, s’il lui apporta son aide, il fit aussi peser sur ses épaules le fardeau du nom de Wendel. Dès sa campagne de 1936 et encore longtemps après la Seconde Guerre mondiale, Montalembert qui était déjà confronté à des attaques très dures sur ses origines aristocratiques, dut encore défendre le nom de son beau-père utilisé à charge par ses adversaires [27]. Sa notabilité d’origine nobiliaire et d’alliance avec la haute bourgeoisie fut gênée par ces caractères. Il ne refusa pas le combat et en tira même parfois profit, comme dans sa réponse, en juillet 1937, au Conseil de la République, au communiste René Poirot, dans laquelle il exaltait la défense de la liberté menée par son ancêtre Charles de Montalembert et le patriotisme de son beau-père. La société de Wendel fit imprimer et distribuer le discours.

Au lendemain de la Libération, Geoffroy de Montalembert crut que le Parti républicain de la liberté serait le quatrième grand parti du moment. Avec d’autres anciens de la FR, il le rejoignit. Il y retrouvait quelques hommes issus du Parti social-français, dont il s’était d’ailleurs rapproché dans les dernières années de l’avant-guerre. C’est cette adhésion qui lui permit de retrouver un mandat parlementaire en étant choisi par les députés PRL comme membre du Conseil de la République. La déception arriva pourtant rapidement et il se tourna alors vers un nouveau mouvement politique, le Rassemblement du peuple français.

Geoffroy de Montalembert avait partagé, sous l’Occupation, l’élan patriotique incarné par de Gaulle, mais il n’avait pas soutenu le gaullisme gouvernemental de la Libération. Ce n’est qu’en 1947 qu’il entama un rapprochement avec de Gaulle, au fur et à mesure que le contexte national et international lui donnait une posture plus droitière. En 1948, Montalembert franchit le pas et rejoignit le RPF. Dès lors, il ne quitta plus les partis gaullistes successifs jusqu’à sa mort. Il fut ainsi de ces notables, plus nombreux qu’on ne le pense, qui marchèrent aux côtés de De Gaulle, et dont le ralliement  intéressait le chef du RPF [28]. Le Général devint ainsi, par étapes, le grand homme qu’il recherchait, capable d’agir et d’entraîner derrière lui le vaste mouvement politique susceptible de rassembler en son sein la plupart des couleurs de la droite, ce qu’il avait toujours espéré.

Dans cette combinaison entre les traditions reçues et les adaptations réalisées, le lien que Montalembert eut avec ces partis successifs fut fort, mais Montalembert refusa tout assujettissement à leurs structures et il revendiqua régulièrement une certaine indépendance vis-à-vis d’eux, notamment lorsqu’il s’agissait de composer sa liste pour les élections sénatoriales. Il entendait bien maintenir un reste de l’autonomie, dont jadis son père avait pu faire preuve ; manière d’affirmer la prééminence de l’avis de l’élu, et tout simplement de l’homme sur le mouvement politique. On le vit, par exemple, par son refus de voter la loi Veil sur l’interruption volontaire de grossesse.

Enfin, Geoffroy de Montalembert comprit la nécessité de professionnaliser le métier politique, même s’il n’assuma pas publiquement cette évolution et s’il continua de défendre, fidèle en cela à ses racines, une représentation de l’action publique comme un service.

On peut même considérer qu’il en fut un précurseur car, dès les années 1930, il organisa un secrétariat dont les caractères professionnels étaient évidents. En effet, entre 1936 et 1940, alors qu’il était député, son courrier expédié représentait entre 300 et 400 lettres par mois : demandes d’intervention adressées à des administrations pour tel ou tel solliciteur, réponses aux demandeurs, aux invitations diverses, etc. Jusqu’à sa mort, il resta très attaché au courrier individualisé. Dès lors, il lui fallut organiser un secrétariat efficace et dédoublé : à Paris se traitait l’action véritablement législative, et au château d’Ermenouville étaient gérées ses interventions et ses obligations locales. Durant toute sa carrière, Montalembert employa un secrétariat, rétribué pendant longtemps sur ses propres revenus, puisque ce n’est que tardivement que les parlementaires français purent bénéficier d’une indemnité à cette fin. Pendant les campagnes électorales, ce personnel était accru et recevait même le renfort de l’épouse et des filles du sénateur. Lorsqu’on l’étudie de près, ce secrétariat montre une véritable volonté de rationalisation : organisation du travail, tri du courrier, constitution de fichiers, d’archives classées, etc. Montalembert eut en particulier le souci de le doter du matériel le plus moderne et le plus pratique : du carbone avec papier-pelure des années 1930 au matériel de bureautique des années 1990, en passant par les disques gravés puis les dictaphones.

Cette professionnalisation s’accompagnait pourtant d’un refus affiché de considérer son activité comme autre chose qu’une manière de rester fidèle à la valeur aristocratique de service. « La vie politique est une vocation, pas un métier » disait-il à un journaliste qui l’interrogeait en 1991 [29]. Quelques années avant, il avait, dans l’un de ses discours de doyen d’âge, développé ce thème devant ses collègues :

« Politiques cela ne veut pas dire politiciens. […] cela veut dire avoir une vocation, comme la vocation religieuse, comme la vocation militaire, oui, une vocation, un don total de soi pour le bien du pays, don qui est fait de foi, de fidélité, de courage et d’amour [30]. »

Il faut sans doute trouver dans l’exposition de cette haute idée par un homme qui, de plus en plus, apparaissait comme l’un des derniers maillons de la chaîne reliant l’action politique contemporaine à l’antique tradition aristocratique du service du pays, l’origine du respect dont jouissait Geoffroy de Montalembert au Sénat. Il est clair qu’il ramenait son engagement à un devoir d’État, celui qui lui avait été transmis, efficacement, dans sa jeunesse et auquel il avait juré d’être fidèle.

Geoffroy de Montalembert ne fut peut-être pas « le dernier des mohicans », qualification affectueuse de Jean-Louis Bourlanges [31], qui commença sa carrière à ses côtés en Seine-Maritime dans les années 1980, mais par son origine nobiliaire et sa longévité parlementaire, il incarna, tard dans le XXsiècle, un caractère particulier et de plus en plus rare de la notabilité politique ; celle qui est issue d’une naissance aristocratique, riche de principes liés au passé parfois très ancien de notre pays, mais qui réussit à perdurer en régime républicain et démocratique. Pour y parvenir, le fils du comte et de la comtesse de Montalembert qui, à la Belle Époque, n’avaient pas de mots assez durs pour qualifier le régime politique français et dissuader leur fils unique de risquer de s’y corrompre en y participant, a dû, tel le prince Salina, s’adapter aux nouvelles exigences de l’action politique. « Si nous voulons que tout reste pareil, il faut que tout change » : Geoffroy de Montalembert a illustré le célèbre propos de Tancrède [32]. Sa figure de notable a donc été marquée à la fois par l’héritage reçu et par la modernité acceptée et vécue.

En 1930, quand Daniel Halévy publiait La Fin des notables, imaginait-il qu’avait déjà commencé une carrière particulière qui allait démontrer que, faute d’une « République des Ducs », il pouvait subsister des aristocrates en République ?

Pour citer cet article : David Bellamy, « Naître et rester un notable. Le cas de Geoffroy de Montalembert (1898-1993) », Histoire@Politique, n° 24, septembre-décembre 2014 [en ligne, www.histoire-politique.fr]

Notes :

[1] Nadine-Josette Chaline, Jean Lecanuet, Paris, Beauchesne Éditeur, « Politiques et Chrétiens », 2000.

[2] David Bellamy, Geoffroy de Montalembert (1898-1993). Un aristocrate en République, Rennes, Presses universitaires de Rennes, « Histoire », 2006.

[3] Le Figaro du 4 mars 1993.

[4] Le quotidien rouennais Paris-Normandie des 6-7 mars 1993.

[5] Le 4 octobre 1977, le 2 octobre 1980, le 3 octobre 1983, le 2 octobre 1986, le 2 octobre 1989 et le 2 octobre 1992.

[6] Alain Poher jusqu’en octobre 1989 et René Monory en octobre 1992.

[7] Journal officiel. Compte rendu des débats du Sénat (dorénavant indiqué JO CRDS), séance du 2 octobre 1992, p. 2579.

[8] Procès-verbal de la séance du 8 octobre 1986 de la commission des finances du Sénat. Archives du Sénat.

[9] Paris-Normandie du 13 mars 1990.

[10] Michel Kajman titre ainsi le portrait qu’il en fait pour Le Monde du 3 octobre 1989, « Geoffroy de Montalembert, sénateur pour l’éternité ».

[11] David Bellamy, « La longévité parlementaire. Une étude de cas : Geoffroy de Montalembert (1898-1993) », Parlement[s]. Histoire et politique, n° 3, 2005, p. 60-76.

[12] La loi du 27 octobre 1946 avait prévu, qu’en sus des élus selon le mode traditionnel, 50 conseillers de la République devaient être choisis par les députés, proportionnellement à la place détenue par lesdits partis à l’Assemblée nationale. Le PRL pouvait ainsi nommer un membre du Conseil de la République.

[13] Appelé Seine-Inférieure jusqu’en 1955.

[14] Veuf depuis 1926 de sa première épouse née Jeanne, Marie de Maillé de la Tour Landry, il avait épousé, en 1929, Odile de Wendel.

[15] Entretien avec l’auteur le 10 mai 1997.

[16] Division qui rappelle celle pratiquée par le baron de Mackau et son épouse. Cf. Éric Phélippeau, Le baron de Mackau en politique. Contribution à l’étude de la professionnalisation politique, thèse de doctorat nouveau régime, Paris X-Nanterre, 1996.

[17] Éric Mension-Rigau, L’Enfance au château. L’éducation familiale des élites françaises au XXe siècle, Paris, Rivages, « Histoire », 1990.

[18] Citation tirée du cahier de 80 pages que sa mère, la comtesse Marie-Thérèse de Montalembert, rédigea à son intention en 1908 et qui a été conservé dans les archives familiales. Cf. David Bellamy, « La Comtesse de Montalembert et la République », dans Revue du Nord, tome 89, n° 370, avril-juin 2007, université Charles-de-Gaulle – Lille 3, Villeneuve d’Ascq, p. 401-413.

[19] Philip Nord, Le moment républicain, Paris, Armand Colin, 2013, p. 23-24.

[20] Cf. note 18.

[21] « Votre papa […] fut député pendant dix-huit années. Il en souffrit beaucoup et la politique sectaire, inique qui mena la France au fond de l’abime où nous sommes plongés fut détestée par sa franche et droite nature. Aucun vote, aucune compromission ne put lui être reproché et il ne varia jamais de ses principes religieux, patriotes, militaires. Pendant ces périodes odieuses où la franc-maçonnerie les sapait les uns après les autres. Las de ces turpitudes votre père se retira de la vie politique il y a deux ans. » Archives privées.

[22] Ibid.

[23] Sur ce thème, voir René Rémond, « La culture politique des catholiques aujourd’hui », dans Vingtième Siècle. Revue d’histoire, n° 44, octobre-décembre 1994, p. 58-64.

[24] Témoignage enregistré de Geoffroy de Montalembert à Jean-Paul Thomas le 18 janvier 1993.

[25] Sa première épouse était décédée en 1926 des suites d’un accouchement difficile.

[26] Jean-Noël Jeanneney, François de Wendel en République. L’argent et le pouvoir 1914-1940, Paris, Le Seuil, 1976. Denis Woronoff, François de Wendel, Paris, Presses de la FNSP, 2001.

[27] Un tract communiste de 1936 se termine par « contre Hitler-de-Wendel-de Montalembert : unissez-vous ». Archives départementales de la Seine-Maritime, 160J31.

[28] Pierre Lefranc, Avec de Gaulle. Vingt-cinq ans avec le général de Gaulle, Paris, Presses Pocket, 1979, p. 91.

[29] Le Quotidien de Paris du 24 décembre 1991.

[30] JO CRDS, séance du 2 octobre 1986, p. 3866.

[31] Entretien avec Jean-Louis Bourlanges le 22 décembre 1998.

[32] Giovanni di Lampedusa, Le Guépard, 1958.

David Bellamy

David Bellamy, agrégé et docteur en histoire, est maître de conférences en histoire contemporaine et membre du Centre d’histoire des sociétés, des sciences et des conflits de l’université de Picardie-Jules Verne. Il est également membre du comité de rédaction de Parlement[s]. Revue d’histoire du Comité d’histoire parlementaire et politique (CHPP). Ses travaux portent sur l’histoire du gaullisme, et en particulier dans sa version parlementaire. Il co-anime le séminaire du comité scientifique de la Fondation Charles-de-Gaulle.

Mots clefs : aristocratie ; droite ; gaullisme ; Nord ; notable ; Parlement ; Sénat.

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  • ISSN 1954-3670