Histoire@Politique : Politique, culture et société

Le dossier

Notables et République en France de 1870 à nos jours

Coordination : Aude Chamouard et Frédéric Fogacci

Les notables en République : introduction

Aude Chamouard, Frédéric Fogacci
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En 1991, Paul Alliès posait une question aux confins de l’histoire politique et de l’histoire sociale : « Que sont nos notables devenus[1] ? » La formulation de la question laissait ouverte plusieurs champs d’interrogations. Devait-on comprendre que les hommes (et les femmes) représentés par ce terme avaient, dans la France des Trente Glorieuses, subi un processus d’effacement progressif, qu’il s’agisse de leur influence politique (ils auraient été remplacés, au choix, par des technocrates et des techniciens de la gestion des affaires publiques, ou par des militants de partis politiques bien plus « idéologisés » que soucieux de la médiation notabiliaire traditionnelle) ou qu’il s’agisse de leur assise locale (le développement de l’administration locale et la décentralisation les ayant privés de leur fonction d’interface avec l’État central, et ayant conduit à leur remplacement par des « entrepreneurs politiques ») ? De fait, le terme même de « notable », par exemple employé dans le cas de la famille politique radicale, semble renvoyer à un lointain passé, à un style politique obsolète, condamné par la politisation croissante des Français et par l’exigence toujours plus forte de compétences techniques, juridiques, économiques dans la gestion des affaires publiques, y compris à l’échelon local[2]. Mais une autre interprétation était possible : fallait-il au contraire voir dans cette interrogation l’hypothèse que le corps des notables avait subi une mutation, une évolution qui lui avait permis de s’adapter à cette nouvelle donne et, qu’ainsi, la définition même de la notabilité s’était trouvée redéfinie, selon ces nouvelles exigences[3] ?

On ne saurait aborder la notion de « notable » sans relever le défi d’une définition du terme, éminemment problématique. Serge Berstein, dans un article datant du début des années 1990, se référait à la définition « classique » de Jean Tudesq : les notables sont « ceux qui décident », la « catégorie dirigeante »[4], et ajoutait cet élément important de définition : un notable est dès lors, dans ses conceptions, « conservateur » d’un ordre social et politique qui lui reconnaît une place éminente. Un autre angle d’approche consiste à faire un détour par l’histoire coloniale qui témoigne de l’effort de définition du terme par les pouvoirs publics français : en 1944, la conférence de Brazzaville statue sur la possibilité de donner des responsabilités politiques aux « notables évolués »[5] : les notables sont alors clairement des élites du savoir, qui, par l’autorité qu’ils exercent au sein de leur communauté, sont amenés nécessairement à être des relais privilégiés pour la métropole. En somme, cet angle d’approche offre un autre élément de définition : des élites, des catégories « distinguées », mais aussi choisies, dans ce cas précis, se voient conférer un poids, une autorité particulière au sein de leur communauté, devenant par là même des interlocuteurs privilégiés du pouvoir, dotés d’une forme de représentativité et de légitimité sociale, tout en étant à même de jouer un rôle d’interface.

Les notables en France depuis le Premier Empire

Cependant, il demeure difficile de proposer une définition claire et fédératrice du terme et sa genèse même dans l’histoire politique contemporaine de la France est marquée par une certaine ambiguïté. Les dernières années de la Monarchie fondent déjà la réforme de l’État royal sur la distinction, à l’échelon local, des « principaux habitants », essentiellement des propriétaires fonciers qu’il s’agit de responsabiliser et d’associer comme relais locaux de l’autorité royale[6]. Si c’est l’Empire qui, le premier, établit des listes de notables, ces « masses de granit » sur lesquelles doit s’appuyer l’État[7], la rupture est indissociable de formes de continuité dans l’avènement d’élites locales suppléant la noblesse. Et de fait, le terme de « notable » se confond alors avec celui d’élites locales, soigneusement consignées dans des listes, dont l’honorabilité est fréquemment vérifiée, et qui doivent devenir des relais d’opinion et d’influence du régime, des élites renouvelées issues du processus révolutionnaire et capables de tracter les sociétés locales vers l’avenir et une certaine modernité. L’État se tourne donc vers de nouvelles élites, de nouvelles autorités locales, en leur confiant une tâche politique importante, mais en leur reconnaissant, en retour, un rôle prééminent.

Le premier XIXsiècle peut ensuite apparaître comme un moment de compromis douloureux entre élites anciennes et élites ascendantes : tandis que la noblesse ultra-royaliste se considère comme l’élite « naturelle » du Royaume et exige les privilèges dus à son rang, l’époque voit l’ascension d’une élite des capacités. Une gravure de Hulot d’après Louis Boyer, le Libéral et l’Ultra, figure bien ce partage des eaux entre élites anciennes et nouvelles : si leur costume est semblable, l’ultra semble porter l’angoisse de temps déclinants et bientôt révolus quand le libéral, rond et optimiste, semble incarner les temps à venir, dévolus à une élite des capacités. La persistance du suffrage censitaire limite toutefois cette élite à un groupe social restreint défini par la richesse et la réussite, et la monarchie de Juillet apparaît comme un moment de renouvellement progressif lorsque la loi municipale de 1831 permet l’accès de la petite bourgeoisie à des fonctions électives, et que des hommes comme Casimir Perier ou François Guizot deviennent les figures de proue de cet accès d’élites nouvelles à des fonctions de responsabilité de premier plan[8].

Les travaux d’André-Jean Tudesq ont montré combien les conseils généraux s’apparentent à un lieu de formation rapide et privilégié pour des élites nées dans les dernières années du XVIIIe siècle, mais aussi qu’ils constituent un laboratoire du compromis entre anciennes et nouvelles élites, les légitimistes commençant à tenter de s’y faire élire à la fin des années 1830 pour établir à travers cette institution une relation privilégiée avec les préfets. La continuité entre monarchie de Juillet et Second Empire est donc complexe, mais réelle : des élites locales se posent en contrepoint du pouvoir national, jouant notamment un rôle modérateur en 1848 pour freiner les élans de la IIe République et envoyer à la Chambre une majorité conservatrice. Le compromis avec ces élites montantes recherché par Guizot fait écho à celui que Napoléon III tente ensuite, en particulier à partir de 1860 dans la phase libérale de l’Empire. Mais ce groupe notabiliaire apparaît également de plus en plus fermé sur lui-même, la légitimité sociale se substituant à une légitimité politique : des sensibilités divergentes, républicaines, notamment, y sont notoirement sous-représentées. Les élections de 1871 font écho à ce phénomène : l’influence des élites locales, leur capacité à « donner le ton » au moment du choix des candidats par des électeurs alors pourvus d’une culture politique limitée, contribue à l’élection d’une majorité conservatrice à la Chambre. Dès lors, la mise en place de la République ira de pair avec le processus de « républicanisation » d’un monde notabiliaire qui s’était très majoritairement adapté à la monarchie constitutionnelle puis à l’Empire. S’opère également un renouvellement progressif des cadres locaux, porté par de nouveaux courants politiques, comme le radicalisme : la légitimité politique se substitue, très progressivement, à la légitimité sociale, même si les mêmes hommes peuvent incarner cette transition vers le République, comme le montrent les travaux d’Éric Phelippeau sur le baron de Mackau[9].

La définition même du notable ne coïncide donc pas exactement avec l’évolution constitutionnelle de la France, mais connaît des évolutions décalées, une chronologie sous-terraine : pour reprendre la formule de Jean-Louis Briquet[10], le notable est un « caméléon », et sa capacité d’adaptation aux circonstances participe de sa propension à incarner une permanence politique. Le politiste reprend les éléments fondamentaux de la définition wébérienne du notable, qui est celui qui est capable d’exercer une activité politique grâce à son aisance matérielle, à son temps libre et à l’estime sociale dont il jouit, estime qui reste cependant intimement liée à son statut social illustre ou honorifique[11]. De fait, ces piliers de la notabilité se complètent et se répondent. Dans les temps troublés des années 1870, alors que le principe républicain ne s’affirme que lentement et que la France hésite entre plusieurs régimes, les notables jouent un rôle de « guide » à l’échelon local, mais il est en contrepartie indispensable pour la République de trouver un compromis avec eux, en leur laissant occuper une place enviable dans l’équilibre républicain, afin que l’idée républicaine pénètre les campagnes, largement royalistes. Chose faite, puisque la République présente ainsi l’image rassurante d’un régime ne bouleversant pas les équilibres établis et s’incarne dans les mairies des petites villes de campagne[12]. Les notables, qu’ils soient nouveaux ou convertis du Second Empire, sont les hommes de la transition.

Il est frappant de voir à quel point la République, à partir des années 1870, se réapproprie l’idée d’un compromis avec les élites locales. Le célèbre discours des « nouvelles couches sociales », tenu par Gambetta à Grenoble en septembre 1874, pointe en effet la nécessité d’un compromis entre la République et une élite locale qui la choisit et assure son enracinement à l’échelle locale :

« C'est elle qui, en arrivant à la fortune, à la notoriété, à la capacité, à la compétence, augmente la richesse, les ressources, l'intelligence et le nerf de la patrie. Ce sont ces couches nouvelles qui forment la démocratie ; elles ont le droit de se choisir, de se donner le meilleur gouvernement, c'est-à-dire la forme de gouvernement la mieux appropriée à leur nature, à leurs tendances et à leurs intérêts. »

Les enjeux entourant ce discours de Gambetta, appelant de ses vœux « la venue d’une couche sociale nouvelle », doivent ainsi être relativisés : s’est-il véritablement agi d’un moment fondateur de la mise en place du régime républicain ? L’accueil très mitigé réservé à l’initiative de Gambetta semble plutôt indiquer l’inverse : dans les rangs républicains, au contraire, l’idée d’une République s’instituant par un compromis avec les élites sociales existantes plus que par la recherche d’une confrontation et d’un remplacement de celles-ci était alors fort majoritaire.

Pourtant, ce terme même de « notable », dans le cadre d’une République solidement établie et reconnue à compter de la fin des années 1890, se voit progressivement chargé de connotations de moins en moins favorables. Pendant les premières années du régime, les notables semblent endosser le rôle de dispensateurs de prébendes, mais également de propagandistes sourcilleux des idées républicaines, ces deux aspects étant d’ailleurs liés, comme le montre l’exemple d’Emmanuel Arène en Corse, développé par Jean-Paul Pellegrinetti. Peu à peu, ce compromis initial s’altère pour donner lieu à une critique de plus en plus acerbe : les notables sont accusés de devenir les rentiers de positions établies qu’ils conservent dans le giron familial de manière bien peu républicaine. Plus encore, leur vision avant tout locale des enjeux etleur basculement progressif dans un certain conservatisme auraient une action émolliente sur le corps social. Bref, d’acteurs d’un projet de transformation qu’a été le changement de régime, ils deviennent des éléments de conservation, attachés au maintien des hiérarchies sociales. Cette critique, très fréquente dans les années 1930, touche en particulier un parti qui incarne plus que d’autres ce monde des notables républicains, le parti radical. Le pamphlet de Daniel Halévy, La République des comités, étrille ces « sphinx à tête de veau » (la formule vise Ferdinand Sarrien, que Clemenceau surnommait « Ca ? Rien ! »), partisans de vertus moyennes, attachés au cérémonial républicain, à ses cérémonies officielles, à ses honneurs et à ses réjouissances, comme les banquets, plus qu’à l’effort national, et devenus au fond des éléments conservateurs de la société française[13].

À partir des années 1920, le monde des notables connaît également des évolutions induites par l’émergence de partis politiques, notamment à gauche, qui s’ils ne sont pas des partis « de masse » entendent néanmoins rompre avec le modèle notabiliaire. Pour les partis socialiste et communiste, le modèle du notable dépolitisé et maître de clientèles ne peut s’appliquer à l’élu des ouvriers, qui n’est que le délégué des militants de sa section et de sa fédération. Les réseaux que ce dernier peut posséder et entretenir ne lui sont donc pas propres, mais n’ont de sens que mis au service d’une cause commune. Le monde des élus connaît une forme de politisation liée à l’encadrement croissant des partis politiques, qui sélectionnent, forment et contrôlent (bien qu’imparfaitement) leurs élus. Cependant, les élus socialistes et, dans une moindre mesure, communistes adoptent des pratiques de type clientéliste qui sont aussi la condition d’un ancrage profond dans leurs territoires. Les limites de cette volonté de rénover le modèle notabiliaire apparaissent rapidement. Ces notables de gauche, venus du monde ouvrier construisent un modèle nouveau, celui du « notable rouge », en ce qu’ils n’héritent d’aucun réseau préétabli, et ne disposent généralement pas de fortune personnelle pouvant les aider à l’instaurer. Cependant, ils se font les dispensateurs de biens et de services publics, parfois en reprenant des méthodes clientélaires, et cela contribue à les poser en protecteurs de leurs concitoyens, une fonction qu’ils conservent largement sous la Quatrième et la Cinquième Républiques (Anne-Laure Ollivier l’étudie à travers l’exemple de Gaston Deferre à Marseille).

En ce sens, les élus de gauche reprennent partiellement la grammaire du notable classique. La volonté de rupture présente chez les socialistes du début du siècle et chez les communistes jusqu’au Front populaire cède le pas à une forme de normalisation des pratiques et des rapports avec « l’État bourgeois ». Enfin, si les partis ouvriers n’entendent pas dépendre de leurs élus, ils s’appuient sur leurs ressources et sur leurs réseaux pour conserver une représentation à la Chambre des députés. En contrepartie, les élus socialistes et communistes disposent d’une forme d’autonomie vis-à-vis des instances partisanes qui explique que certains choisissent de rester en place au début du régime de Vichy[14]. Cet âge des notables dans les années 1930 est souvent associé à la faillite de la République dans les années 1940, comme si, après avoir été porteurs de l’effort de républicanisation du pays à la fin du XIXe siècle, les notables étaient devenus des éléments conservateurs ancrés dans des préoccupations essentiellement locales et n’ayant plus l’énergie de servir de relais et de vecteur de mobilisation pour l’effort national[15]. Philip Williams en donne une bonne illustration à travers ce portrait cruel des notables radicaux de la IVRépublique : « Leur horizon politique s’arrêtait aux limites de leur circonscription et, pour beaucoup d’entre eux, la politique n’était qu’une succession sans fin de petites intrigues locales destinées à assurer le succès aux élections, c’est-à-dire une nouvelle occasion de se livrer à d’autres intrigues[16]. » Après 1945 s’ouvre donc un procès en légitimité politique, en archaïsme et en conservatisme.

Les enjeux couvrant la période de l’après-1945 résultent directement de cet héritage historique, même si, au moment de refonder la République, la place et le rôle des notables peuvent apparaître en suspens. On peut dégager plusieurs champs de questionnement. Le premier est celui des survivances. Le moment 1945 est-il véritablement un moment de refondation de la place et du rôle des notables dans la République ? De fait, la disparition du scrutin d’arrondissement et la volonté de renouveau affichée par les forces politiques issues de la Résistance, comme les gaullistes, peuvent le laisser penser. La chronologie de l’histoire de la notabilité en France prend ici des voies sous-terraines, avec des moments d’effacement, mais aussi des moments de résurgence, quand dès le début des années 1950, de nombreuses figures d’avant-guerre réapparaissent dans le champ politique, tandis que les pratiques politiques locales s’inscrivent dans une certaine continuité, passée la période de la Libération. De nombreux maires élus avec le Front populaire connaissent ainsi une longue carrière électorale, souvent jusqu’aux élections de 1971 ou de 1977. Certains moments, – la première constitution de la Ve République, en 1958, qui réserve l’élection du président de la République à un collège de notables, ou la campagne référendaire de 1969, au cours de laquelle le monde des élus locaux se mobilise pour la défense du Sénat –, démontrent la permanence de leur influence et de leur poids.

Le deuxième questionnement porte sur l’évolution de la sélection et du profil social du monde notabiliaire, indissociable des progrès de la connaissance des enjeux publics par les citoyens. Si la dépolitisation reste de mise à l’échelon local, elle devient de plus en plus difficile à mettre en œuvre en dehors du cadre d’un grand parti. Le notable devient celui qui sait dissocier l’échelon local de l’échelon national dans ses discours notamment. Mais localement, les fédérations départementales des partis politiques ainsi que le renforcement des mobilisations militantes font du notable un chef politique[17], la clientèle personnelle ou la sociabilité d’interconnexion ne suffisant plus à assurer un mandat ou une influence.

Un dernier champ de questionnement concerne le rôle et la place du notable dans le fonctionnement de l’État. La mise en œuvre progressive de la décentralisation, la définition de nouveaux statuts, comme celui de conseiller régional, étudié par Laurent Godmer, semblent renforcer la place du notable dans les institutions républicaines. Pourtant, à y réfléchir, les marges de manœuvres se réduisent, car les élus locaux sont de moins en moins confrontés à un interlocuteur politique, et de plus en plus à un interlocuteur administratif. Procédures et réglementations se développent dans des domaines aussi divers que l’attribution de logements sociaux ou de places en crèche, qui pouvait autrefois relever de la discrétion personnelle, donc du pouvoir d’intercession d’un élu, et qui est désormais sévèrement encadrée par des règles. Cette « redéfinition » du métier influe sur le processus de sélection de ceux qui vont l’exercer : les héritiers d’un réseau familial cèdent de plus en plus la place à des personnes dotées d’une compétence technique particulière, par exemple forgée dans les IEP de région. Bref, les notables sont de plus en plus confrontés à leur impuissance, et leur rôle consiste moins à participer à la propagation du compromis républicain qu’à le défendre dans une expression parfois minimale face aux multiples remises en cause qu’il peut subir. L’élu local n’est-il pas condamné à cette fonction de plus petit dénominateur commun, tandis que le véritable pouvoir de décision s’éloigne ?

Au terme de ce survol chronologique, plusieurs problématiques fondamentales semblent donc se dégager qui permettraient de repenser l’histoire de la notabilité sur le long terme.

Problématisations

L’objectif de ce dossier consiste précisément à faire se rencontrer histoire sociale et histoire politique, afin d’apporter quelques réponses à trois séries de questionnements. Tout d’abord, qui sont véritablement les notables ? Il s’agit en effet d’un terme générique souvent employé par commodité, mais rares sont les tentatives pour circonscrire et définir précisément ce groupe social, dont le sentiment d’appartenance commun est rien moins qu’évident. Comment devient-on notable ? Quel processus de sélection conduit à ce statut, plus ou moins enviable selon les périodes ? Plus encore, peut-on se prévaloir de ce statut, ou est-il au contraire l’objet d’une lutte constante pour maintenir un certain niveau d’influence et de représentativité à l’échelle locale ?

Ensuite, il s’agit d’apporter des éléments nouveaux concernant la place et le rôle des notables au sein du système politico-administratif français, et sur leur évolution sur un long XXe siècle. En effet, ce modèle d’un notable relais du système républicain est finalement assez rarement interrogé. La position d’intercession entre l’État central et les administrés mérite ainsi d’être questionnée, car il s’agit d’un point clé pour comprendre l’articulation entre le local et le national. La notabilité et l’autorité locale qui en résultent se nourrissent-elles nécessairement d’une intercession avec l’État central ? S’il ne faut pas négliger la dimension symbolique dont est nimbée la relation entre les notables et les représentants de l’État, n’existe-t-il pas, a contrario, un contre-pouvoir notabiliaire à l’État, dont le Sénat, âprement défendu en 1969, serait le symbole ? L’autorité du notable ne se nourrit-elle pas avant tout de ses pratiques locales, des valeurs qui y sont liées (dépolitisation, modération et « centrisme » notabiliaire) et favorisent la pacification des conflits locaux ?

Enfin, une troisième série de questionnements concerne l’évolution de ces valeurs notabiliaires, en particulier pour la période récente. Peut-on assimiler le monde des notables à une sociabilité d’interconnexion et à une pratique politique clientéliste ? N’est-il pas artificiel d’y opposer une technicisation de la gestion des enjeux locaux, une politisation, également, à travers l’emprise toujours croissante des fédérations locales de partis politiques ? N’est-ce pas finalement sous-estimer les capacités d’évolution du monde notabiliaire ?

La définition complexe d’un groupe social

La question de la définition du groupe social que constituent les notables recouvre plusieurs problématiques. Tout d’abord, il s’agit de définir si par « notables » on entend une élite sociale ou une élite politique. En effet, l’exercice de la fonction notabiliaire ne présuppose pas nécessairement l’exercice d’un mandat local de premier plan (maire, conseiller général, etc.). D’autres éléments peuvent en effet jouer un rôle fondamental dans la définition d’une  notabilité : une position sociale élevée, des moyens financiers importants (patron d’entreprise, gros employeur local), une position d’influence et de conseil mettant en lien avec les citoyens-électeurs (médecin, notaire, etc.). Il s’agira donc d’apporter à travers les exemples proposés dans ce dossier quelques éléments de réponse : existe-t-il un clivage socio-professionnel distinguant des notables marqués à droite et d’autres à gauche ? Cette frontière suit-elle la même ligne en ville et dans les zones rurales ? Se posera également la question de la part des femmes dans ce groupe notabiliaire : une notabilité féminine peut-elle se bâtir autrement que par héritage de réseaux déjà constitués, par voie familiale ou matrimoniale ? Comme le fait remarquer Michel Koebel[18], ces données sont très difficiles à obtenir et sont pour l’essentiel incomplètes et peu fiables, ce qui contraint, pour l’essentiel du XXe siècle, à un portrait kaléidoscopique du monde notabiliaire. La question du niveau d’études est également fondamentale, l’exercice de mandats locaux nécessitant une compétence technique de plus en plus pointue à mesure que la taille de la ville administrée augmente. L’âge, enfin, est un critère essentiel, quoique plus difficile à interpréter. Il confère en effet une forme d’expérience, voire de modération, essentielles dans la définition du notable. Mais la prédominance de cinquantenaires peut aussi s’expliquer par d’autres biais : par le fait qu’une position de notable est une construction progressive, qui peut obéir à un cursus honorum, mais aussi plus prosaïquement par le fait que des personnes d’âge mûr disposent d’un capital social et financier leur laissant plus de liberté pour se consacrer à la gestion des affaires communes. La part toujours plus importante des retraités parmi les élus municipaux depuis les années 1980, pointée par Michel Koebel, s’explique certes par la baisse de l’âge à la retraite en 1982, mais aussi par le fait que cette position offre la liberté et le temps de se consacrer à des fonctions politiques : à l’échelon local, bien des carrières commencent ainsi tardivement.

Néanmoins, un axe fondamental choisi pour définir la notabilité est celui d’une forme de centralité au sein d’un réseau, d’un maillage associatif. Bien souvent, le notable est défini par l’occupation de postes de responsabilité où il représente la communauté à caractère privé (présidence d’un club sportif, d’une association de parents d’élèves) ou parapublic. Qui choisit-on pour exercer ce type de fonction ? C’est alors que certains éléments de définition peuvent apparaître : temps libre à consacrer à la collectivité, moyens financiers permettant l’exercice d’activités souvent bénévoles, etc. Cependant, l’évolution est complexe à restituer, car la rémunération des mandats locaux, de plus en plus conséquente[19], ouvre paradoxalement la fonction à de nouvelles catégories socio-professionnelles.

Cependant, il serait absurde de vouloir dresser un portrait invariant du monde notabiliaire, alors que celui-ci est soumis à de profondes mutations qui sont celles de la société française. Plusieurs évolutions viennent en effet peu à peu modifier le processus de sélection, mais également la marge de manœuvre des notables ainsi que leurs pratiques. D’une part, la seconde moitié du XXe siècle est celle d’une politisation croissante des élections locales, les fédérations de partis politiques venant peu à peu interférer dans la sélection des élus locaux, mais également jouer un rôle de contrôle. D’autre part, l’évolution de la sociologie du monde des élus locaux démontre que la fonction s’ouvre peu à peu aux entrepreneurs politiques. La technicité croissante des mandats locaux, la nécessité de gérer des marchés publics ont pour conséquence de faire évoluer les attentes concernant les élus. Remplaçant la modération de la gestion de « bon père de famille », une dimension plus visionnaire et ambitieuse du mandat est désormais valorisée ; après la connivence et la connaissance personnelle des administrés, sont mises en valeur la compétence et l’entregent, la capacité à pousser des dossiers, à obtenir des subventions, etc. Tout ceci, semble nourrir un renouvellement progressif du monde notabiliaire.

Le problème essentiel réside finalement dans le fait de proposer une chronologie de ces évolutions par définition lentes et progressives, et les hypothèses sont nombreuses. Quel a pu être le rôle des deux conflits mondiaux dans l’évolution du monde notabiliaire, la réactivation par Vichy des valeurs rurales traditionnelles et l’appel aux élites locales pouvant susciter un retour au modèle du notable tel qu’il existait au XIXe siècle ? Peut-on considérer les années 1970 comme une période charnière, les élections cantonales de 1976 et les élections municipales de 1977, caractérisées par une poussée de la gauche, marquant ainsi le terme de nombreux parcours locaux entamés au lendemain du second conflit mondial ? Doit-on, au contraire, considérer les années 1960 comme celles de la grande mutation, celle de lamodernisation des campagnes, du désenclavement accru du territoire français et de la tentative référendaire de 1969, que l’on pourrait interpréter comme une forme de chant du cygne de la notabilité traditionnelle, ouvrant la voie à un nouveau type d’élus locaux et anticipant ainsi la décentralisation du début des années 1980 ? Il est tentant d’utiliser le concept de générations pour définir et saisir le monde notabiliaire, et de rechercher des enjeux, des expériences fondatrices communes, tant les valeurs et les qualités mises en avant pour la conquête d’un mandat et pour sa perpétuation ne sont pas les mêmes. Existe-t-il par exemple une génération pré- et une génération post-décentralisation, pour lesquelles l’articulation entre enjeux locaux et enjeux nationaux serait évidente ? Ou faut-il, au contraire, considérer comme durable la dissociation entre enjeux locaux, dépolitisés, et enjeux nationaux ?

Des intermédiaires entre local et national

Un deuxième angle d’approche, et une deuxième série de questionnements, concernent la fonction des notables dans le système politico-administratif français. À quoi servent les notables, et en quoi cette fonction peut-elle nous aider à les définir ?

La première fonction à laquelle on associe naturellement les notables est celle d’intercession. Cependant, cette notion peut être abordée par plusieurs biais. La solennité des liens entre les représentants locaux est fréquemment soulignée. Jean-Pierre Worms, étudiant les relations entre notables et préfet dans les années 1960, souligne le rituel des audiences, le préfet en uniforme, représentant de l’État, recevant ces derniers derrière son bureau : l’Etat met en scène la sélectivité de ce lien, qui en conséquence nimbe ceux qui en sont dotés d’une autorité particulière. Cependant, cette dimension symbolique évolue avec la décentralisation, qui redonne paradoxalement à l’élu local une dimension particulière. Mais cette intercession fonctionne également dans l’autre sens : le notable est celui qui peut, par ses relations et son entregent, intervenir et protéger ses administrés. Son pouvoir se situe dans une sorte de « zone grise », sa capacité à obtenir des emplois ou des subventions publiques justifiant sa prééminence. Il est ainsi fréquent, jusqu’à une période récente, de voir lors des campagnes électorales locales, des notables se targuer des subventions ou des investissements publics obtenus comme autant d’arguments électoraux. Ce « pouvoir » du notable évolue cependant avec la densification des textes législatifs, notamment en matière d’attribution d’emplois ou de marchés publics. La multiplication et la clarification des procédures, la possibilité pour les citoyens de les contester devant le tribunal administratif contribuent à affaiblir le « pouvoir » notabiliaire. De fait, c’est le développement des contraintes et des règles qui participe de la dépolitisation des enjeux locaux et réduit la marge de manœuvre des élus.

La gestion des affaires locales au niveau cantonal et municipal est la seconde et principale tâche des notables. Beaucoup a déjà été écrit sur la disjonction – toute relative – entre gestion locale et lutte politique nationale, et il serait précisément intéressant à cet égard de rechercher des marqueurs politiques dans la gestion locale permettant de distinguer élus de droite et de gauche. On peut être tenté d’assimiler le monde des notables à un certain centrisme de fait, à la recherche d’un compromis perpétuel et dépolitisant. Symboliquement, la politique locale reste le terroir privilégié des centristes et des élus sans partis. Cependant, on tentera, à travers l’étude de pratiques locales, à distinguer des clivages au sein du monde notabiliaire. Confronté à cette question, Jacques Santrot, maire de Poitiers, mentionnait par exemple comme symbole d’une politique locale « de gauche » les cantines scolaires, offertes aux enfants modestes en dépit d’un surcoût pour la ville.

Les notables ont-ils disparu ?

Une troisième série de questionnements concerne la notabilité aujourd’hui. Peut-on parler d’une crise du clientélisme traditionnel ? La zone grise qui permettait aux notables de dispenser faveurs et prébendes est de plus en plus sévèrement encadrée par l’arsenal législatif et soumise aux enquêtes de la presse. Au contraire, l’idée même d’une pratique politique « notabiliaire » est négativement connotée, jugée conservatrice et même rétrograde. La densification des services locaux de l’État permet en effet aux citoyens d’entamer un dialogue direct avec la puissance publique, sans avoir nécessairement besoin d’intermédiaires. Par ailleurs, la dimension strictement locale de la notabilité se trouve aujourd'hui mise en question. De fait, est-il possible d’exercer un mandat local sans connexion nationale forte ?

Le débat récent sur le cumul des mandats a mis au jour une double faiblesse touchant les élus locaux. D’une part, l’accusation d’être des « cumulards » dégrade encore l’image du notable, dont le seul intérêt serait sa propre réélection et qui s’approprierait donc tous les échelons de notre système politique pour garantir sa propre survie politique. D’autre part, du côté des « notables » cumulards, la justification de leur opposition à la loi portant interdiction du cumul d’un exécutif local avec le mandat de député prend la forme d’un aveu d’impuissance. Sans l’accès à la députation, le mandat local, notamment de maire, serait impossible à exercer dans de bonnes conditions et ce malgré les lois de décentralisation et le poids croissant des investissements des collectivités territoriales (70 % de l’investissement public en 2010)[20]. La fonction centrale du notable depuis la Troisième République, celui d’intercesseur entre les échelons nationaux et locaux, mais aussi entre les citoyens et l’État, traverserait une crise majeure.

De manière générale, sera posée la question de l’impact de la décentralisation sur la notabilité. La décentralisation a élargi les compétences des pouvoirs locaux, tout en contraignant les élus à une mise à niveau en termes de technicité des questions gérées. Ce sont désormais les territoires qui élaborent les politiques territoriales ayant reçu une latitude financière et réglementaire par les lois de décentralisation. Celles-ci, en accroissant les pouvoirs des élus, permettent-elles réellement le maintien des notables dans la forme qu’ils pouvaient prendre sous la IVe République ? Paradoxalement, comment la décentralisation a-t-elle, malgré le renforcement des pouvoirs des élus, porté le coup final à la légitimité des notables, même si certaines pratiques notabiliaires, grandement atténuées, persistent ? Enfin, la notion de notabilité est-elle en train de connaître une transformation ou a-t-elle définitivement laissé la place aux entrepreneurs politiques et aux élus techniciens ?

Pour citer cet article : Aude Chamouard et Frédéric Fogacci, « Les notables en République : introduction », Histoire@Politique, n° 25, janvier-avril 2015, www.histoirepolitique.fr   

Notes :

[1] Paul Alliès, « Que sont nos notables devenus ? », Autrement, n°122, 1991, p. 119 et suiv.

[2] Selon la formule d’Albert Mabileau, le maire se fait « entrepreneur de politiques publiques » sous la Ve République : le « retour au local » induit par la décentralisation n’est donc en rien un « retour au monde des notables de la IIIe République ». Cf. Albert Mabileau, « Les héritiers des notables », Pouvoir(s) n°49, 1989, p. 93-103.

[3] À ce sujet, voir bien sûr Michel Offerlé, La Profession politique (XIXe-XXe siècles), Paris, Belin, 1999. Voir aussi Jean-Louis Briquet et Frédéric Sawicki (dir.), Le clientélisme dans les sociétés contemporaines, Paris, PUF, 1998.

[4] Serge Berstein, « Les notables et le général de Gaulle », dans Christian Bidégaray et Paul Isoart (dir.), Les droites et le général de Gaulle, Paris, Économica, 1991, p. 105-119.

[5] Sur ce sujet, nous renvoyons aux travaux de Charles-Robert Ageron et au colloque de l’Institut Charles-de-Gaulle, Brazzaville, aux sources de la décolonisation, Paris, Plon, 1988.

[6] Cf. André-Jean Tudesq, Les conseillers généraux en France au temps de Guizot, (Cahiers de la FNSP), Paris, Armand Colin, 1967.

[7] Louis Bergeronet Guy Chaussinand-Nogaret, Les « Masses de granit » : cent mille notables du Premier Empire, Paris, Éditions de l’EHESS, 1979.

[8] À ce sujet, cf. Christine Guionet, « Élections et apprentissage de la politique, les élections sous la monarchie de Juillet », Revue française de sciences politiques, vol. 46, n° 4, 1996, p. 555-579.

[9] Cf. Éric Phelippeau, L’invention de l’homme politique moderne, Mackau, l’Orne et la République, Paris, Belin, 2002.

[10] Cf. Jean-Louis Briquet, « Notables et processus de notabilisation dans la France des XIXet XXsiècles, https://halshs.archives-ouvertes.fr/hal-00918922/ , consulté le 5 mars 2015.

[11] Max Weber, Économie et Société, tome 1, Paris, Plon, 1971, p. 298-299.

[12] À ce sujet, cf. bien sûr Maurice Agulhon, La République au village, Paris, Seuil, 1979.

[13] André Siegfried l’écrit au début des années 1930 : « Les radicaux sont aujourd’hui en France les véritables conservateurs. » Cf. André Siefgried, Tableau des Partis politiques en France, Paris, Grasset, 1930, développé p. 159-161.

[14] À ce sujet, voir notamment Olivier Wieviorka, Les Orphelins de la République, Paris, Seuil, 2001.

[15] Camus fustige dans Combat, en juin 1945, une France « fatiguée des vertus moyennes ». Cf. Combat, 27 juin 1945.

[16] Cf. Phillip Williams, La vie politique sous la IVe République, Paris, Armand Colin, 1984, p. 188.

[17] Cf. Denis Lacorne, Les notables rouges : la construction municipale de l’union de la gauche, Paris, Presses de la FNSP, 1980.

[18] Michel Koebel, « Les élus municipaux représentent-ils le peuple ? Portrait sociologique », Métropolitiques, (http://www.metropolitiques.eu/Les-elus-municipaux-representent.html), 3 novembre 2012, consulté le 15 mars 2015.

[19] Michel Koebel donne les chiffres suivants : les « simples » conseillers municipaux sont indemnisés à partir de 100 000 habitants seulement ; un maire et un adjoint d’un village de moins de 500 habitants touchent respectivement 646 et 250 € par mois ; 2 090 et 836 € pour une ville de plus de 3 500 habitants, 3 421 et 1 254 € pour une ville de 20 000 habitants, etc.

[20] Gilles Pinson, "La gouvernance des villes françaises. Du schéma centre-périphérie aux régimes urbains", Pôle Sud, 2010-1 (n° 32), p. 73-92, p. 80.

Aude Chamouard

Agrégée et docteure en histoire, Aude Chamouard enseigne en classes préparatoires aux grandes écoles. Chercheuse associée au Centre d’histoire de Sciences Po, elle a publié Une autre histoire du socialisme (CNRS Éditions, 2013), ainsi que Léon Blum, la force d’espérer (Éditions Le Monde, 2013).

Frédéric Fogacci

Agrégé et docteur en histoire, Frédéric Fogacci est actuellement directeur des études et de la recherche à la Fondation Charles de Gaulle. Auteur d’une thèse sur la mouvance politique radicale et radicale-socialiste en France de la Libération à la fin des années 1960 (Paris-Sorbonne, 2008), il a publié une vingtaine d’articles sur l’histoire politique de la France contemporaine, organisé plusieurs colloques (notamment sur les élections présidentielles de 1969) et également co-dirigé un ouvrage sur l’actualité de la recherche sur l’histoire des partis politiques (Les partis politiques, nouvelles perspectives, Peter Lang, 2011). Ses recherches récentes portent sur l’histoire du libéralisme, et l’ont conduit à organiser, avec Olivier Dard et Dominique Barjot, un colloque « Libéralisme et libéraux en Europe de l’époque moderne à nos jours », à la Sorbonne (Labex EHNE), en novembre 2014.


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  • ISSN 1954-3670