Histoire@Politique : Politique, culture et société

Sources

Lettres du voyage en URSS de Marguerite et Jean-Richard Bloch (été 1934)

Rachel Mazuy
Résumé :

Les lettres de Marguerite et Jean-Richard Bloch font partie d’un fonds très important de correspondances qui éclairent la vie intellectuelle de la France (...)

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Les lettres du voyage en URSS de Marguerite et de Jean-Richard Bloch (été 1934) proviennent du fonds imposant déposé par la famille de l’écrivain (sa femme Marguerite d’abord, puis ses enfants) au Département des Manuscrits de la Bibliothèque nationale de France (BnF) entre les années 1970 et les années 1990 (au moins sept dépôts) [1] .

Cet intellectuel juif non pratiquant, engagé à gauche, ayant une place importante dans le champ littéraire de l’entre-deux-guerres n’a pas eu la postérité d’un Henri Barbusse auquel on pourrait le comparer. Pour autant, son fonds d’archives, reflet de son activité intellectuelle, sociale et politique est fabuleusement riche [2] . Il comporte en effet plus de 95 volumes d’archives dont plus de 50 de correspondances (plus de 20 000 lettres classées alphabétiquement, soit plusieurs centaines de correspondants en France et dans le reste du monde) [3] , les volumes formant son œuvre littéraire, les cahiers de son « journal intellectuel » entre 1913 et 1926, ses agendas et carnets, complétés par des dossiers de coupures de presse, de tracts, et de documents biographiques ou les archives de L’Effort devenu L’Effort libre, la petite revue littéraire qu’il avait fondée avant 1914 [4] .

Ce fonds d’un écrivain du premier XXe siècle éclaire ainsi la vie intellectuelle, mais aussi sociale et politique d’une guerre à l’autre. Ses réseaux, très divers, regroupent ceux des revues de gauche (en particulier Europe), ceux de l’édition (en particulier Gallimard et Rieder), ceux des intellectuels et des dirigeants du PCF, ceux d’intellectuels soviétiques faisant partie du groupe des « Stalinistwestinizers [5]  », ceux du sionisme, ceux de l’université française... On voit ainsi apparaître de multiples noms liés à différents espaces géographiques, culturels et politiques divers (Romain Rolland, André Gide ou Roger Martin du Gard, Jean Paulhan ou Paul Claudel, Sylvain Lévi, Darius Milhaud, Ludmila Pitoëff et Jacques Copeau, Lucien Febvre, Victor Margueritte, Ilya Ehrenbourg et Alexandre Arosev, Gaston Bergery ou Anatole de Monzie, les Allemands Klaus et Heinrich Mann, ou Ernst Toller pour ne citer que ces quelques e xemples).

Né en 1884, dans une famille juive bourgeoise où « l’ascension sociale est allée de pair avec une déjudéisation progressive [6]  », ayant quitté l’Alsace (1870) pour s’établir à Paris, d’un père d’origine modeste mais polytechnicien et ingénieur des Ponts et Chaussées (Richard Bloch), et d’une mère sans profession, Jean-Richard Bloch est agrégé d’histoire (1907), d’abord enseignant puis, très tôt, écrivain et essayiste. Il est marqué par l’affaire Dreyfus, puis éprouvé par la Grande Guerre, dont il ne remet pas en cause la légitimité. Il évolue ensuite entre pacifisme et antifascisme (il est germanophone) et entre socialisme et communisme, mythifiant la jeune Révolution russe puis s’en éloignant au moment de la bolchevisation en serapprochant du sionisme (vu comme un idéal utopiste universaliste) dans les années 1920. Personnage à l’identité sociale, politique et religieuse complexe,en perpétuel questionnement, il est à sa mort, en mars 1947,érigé en symbole de l’intellectuel communiste prosoviétique.

À partir de l’été 1934 où il effectue un premier voyage dans la patrie des Soviets, l’URSS est effectivement de plus en plus centrale dans un engagement politique construit aux dépens de la création littéraire (son projet de cycle romanesque initié par Sybilla qui ne peut être mené à bien).Invité à Moscou par l’Union des écrivains durant le premier Congrès des écrivains soviétiques qui réunit 591 délégués dont 40 écrivains étrangers (quatre autres Français : Aragon, Pozner, Nizan et Malraux) au mois d’août, il assiste ensuite au Festival de théâtre de Moscou en septembre, puis part dans le Caucase (Géorgie, Arménie, Azerbaïdjan) toujours avec sa femme, Marguerite. Ils passent au total plusieurs mois sur place (cinq pour lui, deux pour Marguerite),en correspondant avec leur famille et des amis restés en France.

Une vingtaine de longues lettres [7] de plusieurs pages remplies d’anecdotes et d’impressions très positives partent ainsi d’URSS entre la fin juillet et le début du mois d’octobre. La plupart sont écrites par Marguerite Bloch, qui, division sexuelle des tâches oblige, joue le rôle de secrétaire épistolière pour son délégué de mari. Pour faciliter leur diffusion, elle les tape d’ailleurs le plus souvent en plusieurs exemplaires sur sa machine, apportée sur place.

Sa narration est colorée, émaillée d’anecdotes. Elle fait vivre le voyage à ses interlocuteurs avec lesquels elle dialogue, s’intéressant avant tout aux hommes et aux femmes qu’elle rencontre. Ceux-ci sont d’ailleurs souvent comparés à des proches, pour mieux faire partager son récit. Jean-Richard Bloch est davantage dans une démonstration qu’il dicte souvent à son épouse. Sous la plume de l’écrivain, tous les éléments perçus par les voyageurs sont réinsérés dans une perspective plus large, et plus utopiste, que l’on retrouvera ensuite dans les nombreux articles qu’il écrit pour Europe, Regards, Marianne ou L’Humanité entre autres. Laissant à sa femme le récit détaillé des choses vues, les lettres (ou plutôt les passages des lettres) de Jean-Richard Bloch sont généralement plus proches des réflexions politiques d’un essayiste comparant le passé, le présent et le futur du pays visité.

Mais quel que soit le narrateur, la finalité première est bien de faire partager l’enthousiasme du coupleà un public largement acquis[8] . Cet enthousiasme est palpable dès le début d’un voyage qui paraît d’autant plus extraordinaire à Marguerite qu’elle a peu suivi son mari jusque-là [9] . L’exaltation s’intensifie cependant au cours des semaines passées en URSS. À mon sens, on assiste à un phénomène de cristallisation des sentiments et des représentations préexistants, qui sont nourris par un profond antifascisme. C’est un antifascisme dans lequel la judéité a une place même s’il n’est pas présent dans les lettres [10] .

« Il y a aujourd'hui trois mois que j'ai passé l'arc de Négoroloyé. J'arrivais pour trois semaines... Les leçons, les expériences, les découvertes, les réflexions dont ces trois mois m'ont enrichi ne peuvent se résumer. Elles s'exprimeront un jour, — bientôt. Mon attirance préalable et constante pour la révolution soviétique s'est transformée en une immense affection. Elle est faite, comme tous les amours, d'une vue assez froide de l'objet aimé, de ses défauts, de ses faiblesses ; mais la sympathie et la confiance transportent ces nuances dans une zone ardente où les contraires se compensent et s'expliquent les uns par les autres. Et que de qualités, que de forces, que de réalités substantielles ! (…)

À présent je suis de retour à Moscou depuis un mois. Ma femme est repartie elle-même, après deux mois de vie soviétique, complètement envoûtée par la grandeur et l'humanité de ce qui se fait ici, — ce commencement de monde [11] . »

Les lettres vont aussi servir de mémento pour les articles futurs de l’écrivain. Elles devaient sans doute aussi guider l’écriture du récit de voyage envisagé par l’écrivain[12]  ? Accompagnées de coupures de presse, de tickets de théâtre, de « Propousk » (laissez-passer), d’enveloppes et d’une trentaine de photographies (participants au Congrès), elles ont été précieusement conservées par la famille, et pour partie recopiées à la main puis réunies dans un grand cahier au retour(une sorte de « craft book »). Objet degrande valeur pour le couple, elles sont instituées en archives patrimoniales familiales.Leur statut est donc complexe : sorte de journal de voyage adressé à un cercle d’intimes, elles sont également conçues (consciemment ou non) pour préparer le travail de l’écrivain.Après août 1939 (ou après juin 1940), c’est l’unique document que la famille enterre dans le jardin de leur propriété poitevine (La Mérigote) pour le protéger et se protéger. Juifs et communistes (depuis juillet 1939), les Bloch vont ensuite fuir en URSS en avril 1941 [13] . Ils ne rentrent en France qu’en janvier 1945, durement éprouvés par la guerre (nouvel exil pour Kazan puis Oufa qui va durer un an à partir du 16 octobre 1941 ;leur fille France et leur beau-fils exécutés par les nazis ; la mère de Jean-Richard Bloch morte à Auschwitz). Sous la terre poitevine, les lettres ont résisté à l’occupation allemande de la maison, à sa réquisition du fait des lois antijuives, même si des rongeurs et l’humidité ont abîmé le fameux cahier [14] .

Les lettres offrent ainsi un récit inédit sur un voyage et un congrès sur lequel les témoignages contemporains ne sont pas si nombreux, ou du moins si détaillés. Elles seraient sans doute à articuler avec les fonds d’archives soviétiques, en particulier celles du RGALI (Archives littéraires russes d’État), dépositaires des fonds de l’Union des écrivains soviétiques organisatrice du Congrès [15] .On peut aussi les compléter avec les notes prises par Marguerite Bloch sur un petit carnet vert, sans doute apporté de France. Ce carnet, non daté, en prépare la rédaction. Elle l’emporte a priori avec elle durant les séances du Congrès et les visites.Elle l’utilise moins durant le voyage dans le Caucase, en particulier durant les trajets en train dont la durée est propice au courrier. Il laisse également plus de place au questionnement et aux critiques du système (rarement laissés sans réponse), évoquant des sujets qui ne sont pas développés, voire même évoqués dans les lettres, comme la famine en Ukraine [16] .

On retrouve dans ce témoignage quatre registres thématiques principaux.

On a d’abord un registre contextuel comparable à celui que l’on retrouve dans tous les récits de voyage de cette période : celui de l’édification du socialisme dans l’URSS des grands plans quinquennaux. Cependant, si les Bloch visitent des sites industriels durant le séjour à Moscou comme dans le Caucase, ils n’ont pas vu les très grands chantiers du troisième plan quinquennal de l’Ukraine ou de l’Oural (Dnieprostroï, Magnitokorsk, etc.) [17] .On leur montre davantage de réalisations du régime en termes d’urbanisme et des mises en scène festives comme la fête de l’aviation. Cela passe par la mise en valeur du plan d’urbanisme de Moscou (avec la visite du métro par Marguerite Bloch) et surtout celui d’Erevan, une ville en profonde transformation à l’époque.

Par ailleurs, les épouses comme Marguerite Bloch ont droit à des visites spécifiques centrées sur l’émancipation de la femme soviétique ou les progrès de l’éducation dans les Républiques de l’Union. Marguerite montre qu’elle est sensible au rôle des femmes dans la construction du socialisme. Elle évoque à de nombreuses reprises des figures de « femmes à poigne », notamment celle de cette cuisinière retraitée qui tel Lénine à la tête du pays, gère bénévolement la cuisine d’une usine de confitures, redonnant ainsi à l’État ce qu’il lui a donné en assurant la formation intellectuelle et professionnelle de ses enfants, donc leur promotion sociale. Pour Marguerite, issue d’un milieu bourgeois aisé, la confrontation avec des femmes actives qui « bâtissent le socialisme » n’est sans doute pas pour rien dans ses engagements ultérieurs [18] .

On trouve également la thématique de l’émancipation des Républiques périphériques de l’Union, et en particulier celle de l’Arménie, présentée comme « l'exemple le plus concentré de l'édification socialiste [19]  ».

Et logiquement, parce que Jean-Richard Bloch est un intellectuel, c’est cette dernière thématique qui domine. Les lettres narrent le quotidien du Congrès littéraire(août),et évoquent aussi le Festival théâtral(septembre). Enfin, elles éclairent dans le Caucase, toutes les rencontres avec des intellectuels soviétiques [20] . Jean-Richard Bloch est visiblement profondément séduit par ce qu’on lui donne à voir des conditions de vie offertes aux écrivains. Une séduction où se mêle l’admiration face aux rétributions matérielles (le grand appartement de Mikhaïl Koltsov avec vue sur le Kremlin de la Maison sur le quai [21] , la datcha de Gorki où semble régner un joyeux foutoir en fait très organisé par une petite armée de serviteurs) et symboliques (les délégations ouvrières du Congrès qui entretiennent l’idée d’une attente intellectuelle populaire et celle d’un immense sentiment de gratitude liant le peuple et les écrivains soviétiques). Il compare d’ailleurs implicitement ce statut privilégié [22] à ses difficultés matérielles en France. En effet, son dernier roman, Sybilla, ne se vend pas, ce qui l’oblige à multiplier les articles dans de nombreux périodiques de gauche. Les lettres témoignent aussi du système de rétributions matérielles et symboliques dont jouissent les intellectuels voyageurs, dont on attend qu’ils se transforment au retour en propagandistes de l’URSS. L’écrivain est accueilli chaleureusement, logé dans un hôtel de luxe, le Métropole. Il dispose ensuite durant le voyage caucasien du wagon personnel de Mikhaïl Koltsov (avec un bureau privé, un majordome et un cuisinier pour les servir) [23] . Par ailleurs, il part avec ses œuvres non traduites pour les faire publier ou les adapter en URSS (l’un des prétextes du voyage en Arménie). Il subvient aussi à ses besoins et à ceux de sa femme en répondant aux nombreuses sollicitations de journalistes à Moscou. On lui offrira enfin quelques cadeaux russes comme une belle « roubachka » (chemise) brodée, ou, pour Marguerite, un manteau de fourrure qui aura plus de mal à sortir d’URSS. Reconnu comme les autres intellectuels étrangers comme d’illustres écrivains par des hommes issus du peuple qui ont vu sa photographie dans un journal, statufié par la confection d’un masque de plâtre, il se sent bien éminemment privilégié durant son séjour. Les lettres nous donnent aussi à voir les relations privilégiées que peuvent entretenir les étrangers avec leurs médiateurs soviétiques. Si Jean-Richard Bloch en connaît déjà certains (au moins de façon épistolaire), l’attention que lui portent Ehrenbourg ou Mikhaïl Kolstov en particulier, la fréquentation régulière de plusieurs interprètes de VOKS (Société pour les relations culturelles avec l’étranger) ou de l’Union des écrivains (Kamonskaja, Milman ou Maria Osten en particulier), mettent en valeur la consolidation d’un noyau de correspondants qu’il retrouvera (en partie) en 1941 [24] . Les anecdotes dont les lettres sont remplies, nourrissent le temps officiel du Congrès d’éléments intimes partagés par les Bloch et leurs interlocuteurs [25] . Peut-on parler d’amitié, difficile à dire. Il y a cependant des affinités qui se dessinent, en particulier entre intellectuels étrangers.

Ces thèmes se retrouvent dans d’autres récits de voyage publiés à l’époque, montrant en cela qu’il s’agit évidemment d’un voyage très encadré par la propagande soviétique.La visite de l’ensemble du Caucase est cependant plutôt rare à cette époque faste des voyages en URSS. Hors des deux capitales, c’est plutôt l’Ukraine et ses mines de charbon (même si les conséquences de la famine s’y font encore sentir), la Crimée et les fronts pionniers de l’Oural qui voient défiler le plus de voyageurs.

Par ailleurs et surtout, le statut intellectuel de l’écrivain et le contexte littéraire exceptionnel de cet été 1934 (du fait du Congrès) rendent ce témoignage plus rare. On suit ainsi pas à pas le rituel du Congrès des écrivains, ses horaires impossibles, ses longs discours, où l’étranger en tandem avec son interprète est spectateur plus qu’acteur. Les lettres nous montrent aussi que la perception soviétique du champ littéraire français des années 1930, n’est pas celle que nous pouvons avoir aujourd’hui où la légitimité littéraire et la postérité de Malraux, Nizan et Aragon sont de l’ordre de l’évidence. En 1934, l’heure est à l’ère des compagnons de route qu’on veut séduire et convaincre, les Français en particulier [26] . Face aux intellectuels organiques, donc acquis, qui doivent se plier à la discipline partisane (le discours d’Aragon est à ce titre exemplaire), Jean-Richard Bloch est une figure majeure et convoitée, plus encore que celle de Malraux dont la légitimité littéraire est sans doute moindre (il est beaucoup plus jeune et n’a pas encore écrit L’Espoir) [27] . Ce n’est donc pas le jeune Vladimir Pozner, ni Paul Nizan, intellectuel kominternien présent en URSS depuis plusieurs mois, mais Bloch qui est désigné pour répondre à Gorki au nom des délégués étrangers. Il est vrai que ni Romain Rolland (qui vient en 1935), ni André Gide (1936) n’ont pu ou voulu honorer l’invitation. De fait, si on compare les intellectuels invités à la liste de ceux qui seront l’année suivante au Congrès pour la défense de la culture à Paris, les autres étrangers, tous antifascistes, ont pour la plupart une moindre renommée littéraire que celle de Bloch en France. On peut ainsi penser au jeune Klaus Mann, invité à défaut de son oncle Heinrich, que Marguerite présente comme le fils de Thomas Mann. Beaucoup plus « effrayé » par les mécanismes soviétiques de contrôle social et artistique que les Bloch, il ne reste que quelques jours. On peut aussi citer la belle-sœur de Chesterton, Ada Elizabeth Chesterton née Jones, une journaliste et écrivaine anglaise, ou les Espagnols Raphaël et Maria Alberti, ainsi que les réfugiés allemands Regler ou Toller. Ils n’apparaissent d’ailleurs pas tous dans les lettres ou dans le carnet, même s’ils figurent dans les photographies annexées au cahier.

Les lettres nous montrent ainsi la naissance officielle du compagnon de route Jean-Richard Bloch, qui à son retour participe avec énergie à l’organisation du Congrès pour la défense de la Culture.

Lors de son voyage, l’écrivain se transforme ainsi officiellement en essayiste et en journaliste favorable à l’URSS, en évoluant de plus en plus dans le cercle (alors très ouvert) des intellectuels philosoviétique [28] .

Lettre manuscrite de Marguerite Bloch de Moscou datée du 20 août 1934, recopiée sur le cahier

La fin, manuscrite, est sans doute l’original de la lettre écrite à Moscou

« Lundi 20 août. Moscou

Il y a eu de l’orage avant-hier, bien mal à propos pour la fête d’aviation. Ce matin il pleut. Hier nous avons été juste quelques minutes au Congrès. Car maintenant il y a Congrès de 10 h à 2 h et de 18 à 22, tous les jours. Nous sommes juste entrés pour entendre la déclaration d’une petite pionnière de 14 ans (elles ont la blouse blanche et la cravate rouge) venue de Sibérie pour demander aux écrivains de leur faire des livres dont ils ont besoin : "Qu’est-ce que vous attendez ?" Elle se faisait entendre, je vous assure beaucoup mieux que Gorki. – Il y a dans chaque séance une intervention de ce genre – délégation d’ouvriers, ou de kolkhoziennes, des lieux les plus extraordinaires, toujours pour parler aux écrivains, naturellement, et leur exposer leurs désirs.

...Demain, il y aura des interventions d’écrivains russes et étrangers. C’est sans doute demain que papa répondra à Gorki. Cette réponse assez délicate à faire, quand on connaît si peu les gens et le pays – nous a gardés à l’hôtel tout l’après-midi d’hier. À vrai dire, nous avions déjeuné à 15 h 30 – nous étions remontés chez nous vers 16 h 30. Papa a été interrompu une fois par une visite d’Aragon (on devient tout à fait intimes) une fois, par une visite qui venait lui demander un scénario pour un studio d’Odessa qui travaille pour les enfants et pour les komsomols. Ils veulent renouveler leur genre complètement. Ils ont, disent-ils, un metteur en scène, Dobjenko qui vaut Eisenstein !

Enfin de fil en aiguille, nous n’avons terminé qu’après minuit ; et nous nous sommes précipités dans la salle à manger – On peut y venir jusqu’à 1 h !

Nous sommes sortis de table à 2 heures moins 1/4, et avons été faire un tour sur la Place Rouge avec Aragon qui errait et nous avait tenu compagnie pendant notre dîner. La Place Rouge éclairée par des projecteurs, avec la cathédrale St Basile, basse mais dont tous les clochers en bulbes prennent un relief étonnant à la lumière – est splendide le soir. Des petits enfants abandonnés traînaient derrière des autos garées près de l’hôtel. Ils sont venus mendier mais deux seulement. On en voyait pourtant d’autres groupés à une certaine distance. Nous devons aller à leur commune de rééducation. C’est une des choses dont on est le plus fier ici et qu’on ne peut pas manquer de voir– Mais je pense de plus en plus qu’on ne peut connaître vraiment la vie d’ici qu’en y ayant un métier et en faisant partie d’organisation – autrement on voit – nous verrons encore – quantité de choses passionnantes mais les questions ne sont pas résolues. (…)

[Mot manuscrit original ajouté par Marguerite Bloch.]

On a officiellement fait demander à Jean de répondre au discours de Gorki ! Naturellement c’est toute une affaire ; le discours de Gorki en russe n’était pas intégralement traduit. Il a fallu me le faire traduire. Il y avait toute une assemblée, passablement ensommeillée, parce que la journée s’était passée à la fête d’aviation, air, soleil, et le nez en l’air, ce qui est assez fatigant. Enfin malgré la longueur, on a été jusqu’au bout. Maintenant, il faut réfléchir car parler à un auditoire étranger (c’est un Congrès pan-soviétique n’oublions pas – toutes les minorités nationales sont abondamment représentées), ce n’est pas une petite affaire, surtout quand on est arrivés depuis 7 jours. Et les questions de littérature se posent ici d’une façon très compliquée – puis écrire et ensuite traduire. Heureusement de bonnes traductrices sachant parfaitement les deux langues, on en trouve. Celle-ci a fait presque toutes ses études en France.

Donc nous travaillons d’arrache-pied – puis nous ferons sans doute une apparition au Congrès pour admirer les beaux costumes des délégués de l’Asie Centrale. – et verrons à 21 heures le défilé du Tchéliouskine. »

[Cahiers Jean-Richard Bloch, n° 19, 2013, p. 81-84.]

 Lettre de Moscou du 13 septembre 1934

(…)

« Mais... il faut toujours voir ici les aspects différents des problèmes. Je n’ai pas plutôt dit population indolente que je m’accuse de méconnaître le courage et l’endurance de ces gens qui [s]ont passé[s] par des souffrances impossibles à imaginer. Même sur place où le souvenir est encore vivace, où on parle avec terreur, non seulement de la guerre civile qui est déjà loin et de certaines années du communisme de guerre, mais plus encore de cette période si dure de 30 à 32 inclusivement, où on manquait de tout, on s’imagine mal la vérité. Une des choses sur laquelle les gens reviennent le plus, c’est le soulagement d’avoir enfin un peu de place pour se loger. Les gens chez qui nous avons été sont bien. Plusieurs pièces, des balcons généralement. Chez Koltzof où nous avons été hier, c’est même très joli. Au 8è, on voit la Moskowa, et son cabinet de travail et la salle à manger sont tout à fait modernes comme installation et ameublement. Il a fait cadeau à papa d’un soldat de l’armée rouge, bien drapé dans sa pelisse d’hiver, qui l’enveloppe jusqu’aux pieds, encapuchonné, l’arme au pied, bien droit, tout blanc. Il est excessivement joli, il est en porcelaine, il vient de Leningrad. Mais je bavarde. »

[Cahiers Jean-Richard Bloch, n° 19, 2013, p. 166.]

Pour citer cet article :Rachel Mazuy, « Lettres du voyage en URSS de Marguerite et Jean-Richard Bloch (été 1934) », Histoire@Politique. Politique, culture, société, n° 23, mai-août 2014 [en ligne, www.histoire-politique.fr]

Notes :

[1] Les lettres font partie du don 28448. Elles ont été publiées dans une version intégrale annotée (par nos soins) dans les Cahiers Jean-Richard Bloch, n° 19 en 2013. Pour se procurer le numéro (15,50 euros avec les frais de port), écrire à : Études Jean-Richard Bloch, Maison des associations du XIarrondissement. Boîte II. 8 rue du Général-Renault, 75011 Paris, http://www.etudes-jean-richard-bloch.org/spip.php?article118.

[2] Bibliothèque nationale de France (BnF), Papiers Jean-Richard Bloch, Nafr 28222. L’inventaire en ligne est incomplet [consulté le 29/06/2014]. Un inventaire papier est disponible sur le site de la BnFrue de Richelieu.

[3] Une partie a été publiée. Notamment celles avec André Gide, Romain Rolland, Paul Amman, Roger Martin du Gard ou, en cours de publication, celle avec Stefan Szweig– édition coordonnée par Claudine Delphis pour les Éditions Claire Paulhan. Cf. le site de l’Association études Jean-Richard Bloch : http://www.etudes-jean-richard-bloch.org/ [consulté le 29/06/2014].

[4] Cf. Christophe Prochasson, « L’Effort libre de Jean-Richard Bloch (1910-1914) », Cahiers Georges Sorel, 1987, Vol. V, p. 105-118 (En ligne sur Persée). Christophe Prochasson avait également présenté de manière détaillée ce fonds dans : « Les papiers de Jean-Richard Bloch », La revue des revues, n° 6, automne 1988, p. 21.

[5] Selon le terme de Michaël David-Fox, Showcasing the Great Experiment. Cultural Diplomacy and Western Visitors to the Soviet Union, 1921-1941, Oxford, OxfordUniversity Press, 2012, p. 6-7. Il s’agit des médiateurs de la diplomatie culturelle soviétique.

[6] Michel Trebitsch, « "De la situation faite à l'écrivain juif dans le monde moderne" : Jean-Richard Bloch, entre identité, littérature et engagement », Archives juives, 2003/2, vol. 36, p. 43-67 [consulté en ligne sur Cairn : http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=AJ_362_0043]. Pour Michel Trebistch, la judéité des Bloch n’est pas, ou plus, une question de religion, mais d’habitus.

[7] Non numérotées, elles sont le plus souvent écrites sur plusieurs jours et il est parfois difficile de distinguer les envois.

[8] Les trois plus grands des enfants sont membres d’organisations antifascistes. Au printemps 1934, la plus jeune, Claude, faisait part à sa mère de son désir de vivre en URSS : « Claude m’a demandé ce matin si vraiment ce serait possible de vivre en Russie. Elle en aurait tellement envie - mélange de travail intellectuel et de travail manuel - avoir une vie réelle, active, quoiqu’en étant écolier, il lui semble que ce serait tellement son affaire (…) » (Lettre de Marguerite Bloch à Jean-Richard Bloch du 19 décembre 1933, BnF, Nafr 28222, Correspondances VIII, f. 293.

[9] Elle parle même de « miracle » en évoquant leur voyage en Asie (Lettre du 1er septembre 1934, Cahiers Jean-Richard Bloch, n° 19, p. 119.).

[10] Michel Trebistch, op. cit.

[11] Lettre de Jean-Richard Bloch à Romain Rolland du 11 novembre 1934 (écrite de Moscou, Hôtel Métropole).Communiquée par Philippe Niogret.

[12] Lettre du 30 avril 1936 à son traducteur américain le journaliste Clifton P. Faldiman, BnF, Fonds Jean-Richard Bloch, Correspondances vol. 19, f. 249. 

[13] Sur cette période de 1939 à 1941, voir notamment Nicole Racine,« Jean-Richard Bloch ou les épreuves de la fidélité (1939-1941) », dans Jean-Richard Bloch ou l’écriture et l’action, Paris, BNF, 2002, p. 253-272.

[14] Il existe cependant des copies des lettres les plus abîmées à la bibliothèque municipale de Poitiers. Nous ne connaissons pas exactement l’histoire de ces copies supplémentaires.

En ce qui concerne le cahier, donné au département des Manuscrits de la BnF au début des années 1990, il a d’abord été microfilmé [14] page par page, donc défait puis rassemblé dans une reliure de conservation, ses pages ayant été insérées dans du papier japonais (doublage) pour empêcher la poursuite de leur dégradation.

[15] Le fonds de l’Union des écrivains soviétiques (Fonds 631 - 1932-1991) est riche de 50 séries de documents (nombre de pages variable) concernant Jean-Richard Bloch. Le moteur de recherche en russe est plus complet qu’en anglais. Plus généralement, l’inventaire 1 concerne avant tout le Congrès des écrivains (149 dossiers, cf. http://rgali.ru).

[16] Sur ce qu’elle ne dit pas et sur ses justifications, souvent liées à celles de ses médiateurs, cf. Ludmila Stern, « Carnet de voyage en URSS (1934) de Marguerite Bloch », Cahiers Jean-Richard Bloch, n° 20, à paraître durant l’été 2014. On lui doit aussi :« Journal de voyage en URSS de Marguerite et Jean-Richard Bloch », op. cit., p. 231-241.

[17] On peut ainsi comparer leur périple au deuxième voyage de l’avocat communiste Marcel Willard qu’ils rencontrent d’ailleurs à Moscou en septembre. Cf. Rachel Mazuy, « Un avocat communiste en Russie », dans Actes du Colloque international « Les Français dans la vie intellectuelle et scientifique en Russie et en Union soviétique au XXe siècle », Moscou, 10-12 septembre 2012, Éditions de l’Académie des Sciences de Russie, 2014, p. 251-266.

[18] Voir Rachel Mazuy, « Marguerite Bloch, femme d’écrivain en URSS », à paraître dans les Cahiers Jean-Richard Bloch, n° 20.

[19] Lettre du 23-24 septembre 1934, op. cit., p. 195.

[20] Une partie importante d’entre eux paieront un lourd tribut durant les purges staliniennes.

[21] C’est évidemment une vision très optimiste. La Nomenklatura dont fait partie Koltsov a effectivement vu ses conditions améliorées après 1931, notamment avec l’achèvement de la « Maison sur le quai » construite sur les bords de la Moskowa.

[22] Tous les membres de l’Union des écrivains ne sont évidemment pas aussi bien lotis que ceux qu’ils côtoient comme Ehrenbourg, Arosev ou Koltsov.

[23] Ce wagon lui permet de voyager « librement » sous la conduite d’une interprète (la femme de Mikhaïl Koltsov, Maria Osten) et d’un agent du NKVD, Elbert. Ils ne dépendent pas des horaires des trains soviétiques, même si on les fait parfois attendre pour laisser passer les convois ordinaires. De surcroît, dans ces régions périphériques, il est clair que le parc hôtelier n’est pas partout à la hauteur du confort offert par le wagon.

[24] En effet, une partie d’entre eux va payer de leur vie leur situation privilégiée en contact avec des étrangers, le plus connu d’entre eux étant Mikhaïl Kolstov, le secrétaire de la Commission étrangère de l’Union des écrivains, arrêté comme trotskiste en 1938 et fusillé quelques années plus tard.

[25] C’est ainsi le cas avec ZabelEssayan qui va sans doute initier leur séjour en Arménie. Il est vrai que cette intellectuelle arménienne nourrie de culture française a émigré en URSS depuis peu de temps.

[26] À ce sujet : Katerina Clark, Moscow, the Fourth Rome qui parle de « l’ouverture de la culture soviétique à la culture européenne et notamment française dans ces années 1934-1935 (ce dont témoigne le Congrès de Paris de défense de la culture) ». Remarque d’Isabelle Gouarné que nous remercions.

[27] Même si la période de sa plus forte légitimité littéraire se situe de part et d’autre de la Grande Guerre (Michel Trebistch, op. cit.).

[28] Cela se dessine déjà dans les semaines qui précèdent le voyage comme en témoignent ses lettresécrites de Paris à Marguerite restée à Poitiers (BnF, Papiers Jean-Richard Bloch, Correspondances vol. VIII).

Rachel Mazuy

Rachel Mazuy est historienne. Elle est agrégée, docteur en histoire et diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris. Elle a enseigné en lycée et dans plusieurs établissements d’enseignement supérieur en France et à l'étranger (IUFM de Paris, université Lomonossov et MGIMO (Moscou / Master Sciences Po, à l'université Paris 3 et à Sciences Po Paris). Elle est membre du bureau de l'Association Études Jean-Richard Bloch. Elle a récemment participé à la collecte et à l'inventaire du fonds de l'historienne Nicole Racine. Elle est aujourd'hui chercheur associé au FRASCIRU (Centre Roland Mousnier) et à l'IHTP. Elle s’est tout d’abord intéressée à des organisations de masse liées au Parti communiste français puis au phénomène de croyance politique en jeu dans le voyage en Russie soviétique.  Elle continue de travailler sur les voyageurs en URSS et plus largement sur les phénomènes de circulation et de transferts culturels entre la France et l'URSS.

Mots clefs : archives, manuscrit, histoire du communisme, URSS, Caucase, Arménie, Intellectuels, Congrès des écrivains soviétiques, voyage, compagnons de route, communisme, correspondance, André Malraux, Louis Aragon, Paul Nizan, Vladimir Pozner, Mikhaïl Koltsov

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  • ISSN 1954-3670