Histoire@Politique : Politique, culture et société

Le dossier

Cultures sportives et cultures politiques. Le cas des chefs d'Etat et de gouvernement dans le monde au XXe siècle

Coordination : Patrick Clastres

Les passions sportives des dirigeants italiens

Fabien Archambault
Résumé :

Si, dans la première moitié du XXe siècle, les dirigeants italiens mettaient en scène leurs pratiques sportives – (...)

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À première vue, étudier la culture sportive des chefs d’État et de gouvernement en Italie au cours du XXe siècle pourrait sembler incongru et dans le même temps se révélerait assez aisé, pour la simple et bonne raison qu’aucun n’a laissé le souvenir d’un sportif, même modeste. Ainsi, contrairement à ce que faisait croire la propagande fasciste, Benito Mussolini ne pratiquait aucun exercice physique de manière régulière, au point qu’il éprouvait bien des difficultés à cacher son embonpoint à l’orée des années 1930 ; le roi Victor-Emmanuel III se signalait pour sa part par sa petite taille et son aspect chétif, voire malingre ; les dirigeants démocrates chrétiens qui se sont ensuite succédé aux plus hauts postes de responsabilité étaient loin d’être des Hercule, à l’image du « gobbo » (le bossu) Giulio Andreotti, sept fois président du Conseil dans l’après-guerre ; enfin, Silvio Berlusconi a toujours pris soin, lorsqu’il s’affichait en compagnie des footballeurs de son club, le Milan AC, de ne jamais se retrouver dans la position inconfortable pour lui de devoir épater la galerie en tirant un penalty ou en effectuant un dribble. Toutefois, si par culture sportive on entend non la pratique d’un sport mais l’intérêt pour la chose, revendiqué et manifesté, le tableau prend vite des couleurs bien plus vives. C’est d’ailleurs à cette démarche qu’invite le langage courant italien qui avec un même substantif, « sportivo », désigne à la fois le pratiquant et celui qui assiste au spectacle sportif. Dans cette perspective, les dirigeants italiens se distinguent par leur enthousiasme et leur adhésion toujours plus forte tout au long du siècle à une culture elle-même toujours plus puissante, celle du tifo. Néologisme forgé au début des années 1920 à partir de l’adjectif « tifico », relatif à celui qui est atteint du typhus, le terme, difficilement traduisible dans une autre langue où il n’a pas d’équivalent, en vient progressivement à désigner l’ensemble des formes d’encouragement d’un athlète ou d’une équipe. Les manifestations exubérantes du président de la République Alessandro Pertini pendant la finale de la Coupe du monde de football, gagnée par l’Italie en 1982, illustrent cette fièvre qui parvient jusqu’au sommet de l’État.

Document 1. Sandro Pertini, président socialiste de la République italienne et ignorant en matière de football, n’en fait pas moins le tifo pendant la finale de la Coupe du monde opposant l’Italie à l’Allemagne de l’Ouest à Madrid en 1982. © Droits réservés.Sandro Pertini, président socialiste de la République italienne et ignorant en matière de football, n’en fait pas moins le tifo pendant la finale de la Coupe du monde opposant l’Italie à l’Allemagne de l’Ouest à Madrid en 1982. © Droits réservés.

Le cadre s’enrichit encore si l’on n’oublie pas qu’à partir de 1929 et des accords du Latran, un second chef d’État est de jure présent dans la péninsule, à la tête de la Cité du Vatican, et qu’il exerçait de facto son pouvoir temporel sur les États de l’Église, certes réduits à la portion congrue, depuis 1870. L’Église joua en effet un rôle fondamental dans l’enracinement de la pratique sportive en Italie, d’abord par le biais de la Federazione delle associazioni sportive cattoliche italiane (FASCI), créée en 1906 et dissoute en 1927, puis par celui de l’Action catholique et de son Centro sportivo italiano (CSI) apparu en 1944 et aujourd’hui encore très actif. Les deux structures s’appuyaient sur le dense réseau paroissial qui, par son maillage serré et du fait de son caractère interclassiste, assura la diffusion des sports sur tout le territoire et dans tous les groupes sociaux. À ce titre, les interventions des souverains pontifes dans le débat public italien accordèrent une place toujours plus importante à la thématique sportive, conçue comme un instrument efficace de médiation pastorale. La nature des sports convoqués dans la communication des principaux dirigeants ecclésiastiques et politiques évolua au fil du siècle : si les pratiques physiques propres à fortifier le corps des citoyens d’une nation en construction, comme la gymnastique ou l’alpinisme, furent d’abord valorisées, elles s’inclinèrent par la suite devant la passion qu’exerçaient sur les masses le cyclisme, des années 1930 aux années 1960, puis le football, à partir de la décennie 1960. Cet investissement de la part des élites politiques n’a rien d’insolite. À partir de l’entre-deux-guerres, comme le remarque Pierre Lanfranchi, les rapports entre les États européens et le sport avaient généralement trois motivations : « l’encadrement de la jeunesse, la santé physique de la population et l’affirmation du prestige national [1]  ». Ce qui est exceptionnel, en revanche, dans le cas italien, c'est l’importance qu’a revêtue le sport dans la société. Il a engendré une culture puissante qui ne pouvait laisser la classe politique indifférente, et qu’elle a elle-même contribué à renforcer par ses interventions. Il s’agira donc ici de comprendre comment et pourquoi les divers dirigeants transalpins ont, au fil du XXe siècle et à des fins de légitimation symbolique, de mobilisation politique et de contrôle social, tenté d’utiliser le sport dans un but similaire, bâtir le consensus autour de leurs projets politiques.

Le roi guerrier, le chef viril et le pape alpiniste

Dans la première moitié du XXe siècle, trois figures majeures commencèrent à rivaliser sur le champ sportif : le roi et le pape, d’une part, perpétuant dans ce domaine comme dans bien d’autres un conflit remontant aux débuts du Risorgimento, auxquels s’ajouta dans les années 1920 un nouveau venu, le Duce. L’affrontement se faisait à distance et à fleurets mouchetés, le sport étant loin de constituer une priorité dans les dispositifs de propagande déployés afin d’asseoir la légitimité des trois formes de pouvoir. Ainsi, l’étude réalisée par Fabrice d’Almeida sur les représentations publiques des hommes politiques italiens montre que la mise en jeu des corps sportifs restait encore rare [2] . Par exemple, Victor-Emmanuel III, monté sur le trône d’Italie en 1900, ne mit en scène que parcimonieusement ses qualités d’alpiniste, développées au sein du cercle familial, notamment avec sa mère, Marguerite, première femme à atteindre le sommet du Monte Rosa en 1883. La prédilection de la dynastie des Savoie pour l’alpinisme, perceptible dès 1863 avec le patronage accordé au Club alpin de Turin, devenu Club alpin italien (CAI) en 1867, traduisait des préoccupations hygiénistes autant que politiques. Alors que la ligne de crête de Tende était militarisée et qu’était créé un corps d’armée spécifique, les alpini, il s’agissait d’affirmer le contrôle stratégique et symbolique de l’espace alpin par le Piémont. Aussi Giovanni Giolitti et Luigi Luzzatti, membres du CAI et plusieurs fois présidents du Conseil au début du XXe siècle, présentaient-ils les Alpes comme « l’école de la nation » et les « gardiennes de la patrie [3]  ». Victor-Emmanuel III se montrait en revanche plus volontiers à cheval, la posture hippique renvoyant à la fois à sa passion pour la chasse à courre, qu’il pratiquait surtout dans les forêts des châteaux formant la « couronne des délices » autour de Turin, et à ses prérogatives de roi de guerre qu’il tenait absolument à faire valoir.

Document 2. Les parents de Victor-Emmanuel III, le roi Humbert Ier et la reine Marguerite, lors d’une marche en montagne à la fin du XIXe siècle. © Archivio AlinariLes parents de Victor-Emmanuel III, le roi Humbert Ier et la reine Marguerite, lors d’une marche en montagne à la fin du XIXe siècle. © Archivio Alinari

Monter à cheval constituait également la pratique sportive préférée de Mussolini, en réalité la seule à laquelle il s’adonnait régulièrement. À partir de la fin des années 1920, ce dernier choisit de privilégier les représentations équestres de lui-même, qu’elles soient photographiques, sculpturales – avec par exemple le bas-relief de Romano Romenelli en 1933 – ou picturales –, en 1936, il apprécia énormément le Duce a cavallo, aujourd’hui disparu, peint par le futuriste Gerardo Dottori [4] . Alors qu’était achevé le processus, décrit par Sergio Luzzatto, ayant transformé le corps vivant de Mussolini en corps politique du Duce [5] , la publicité donnée à cette passion hippique relevait tout autant que dans le cas du roi de considérations politiques. Mussolini s’inscrivait ainsi à la fois dans une filiation médiévale, celle du condottiere pacificateur s’interposant entre des factions adverses puis, dans la seconde moitié des années 1930, dans un héritage antique, celui de l’empereur romain conquérant, célébré par exemple lors de la Mostra Augustea della Romanità en 1937, un an après l’achèvement de la conquête de l’Éthiopie [6] . Les autres représentations sportives, abondantes dans les premières années du régime, entretenaient quant à elles un rapport lointain avec la réalité de l’activité physique du Duce et participaient à la construction d’un « Mussolini imaginaire », selon l’expression de Luisa Passerini [7] . Elles illustraient l’habileté corporelle d’un dirigeant « familiarisé avec les gestes élémentaires de chaque discipline [8]  » et ainsi capable de « donner le change » devant les objectifs de l’Institut Luce [9] . Le choix des sports retenus répondait à plusieurs logiques. La première, qui le voyait skier, jouer au tennis et s’exercer à l’escrime, c’est-à-dire des pratiques distinctives de la bonne société italienne, manifestait tout autant une trajectoire personnelle d’ascension sociale et d’embourgeoisement, marquée le reste du temps par le port du costume trois-pièces et du chapeau melon ou haut-de-forme propre à un président du Conseil, qu’un désir de respectabilité conforme aux orientations d’un régime ayant recherché et obtenu le soutien de l’aristocratie et de la bourgeoisie. Le ski permettait par ailleurs d’occuper l’espace montagnard en se distinguant de l’alpinisme de facture royale tout en apportant une touche de modernité. De son côté, le maniement de l’épée évoquait la violence utilisée lors de la conquête du pouvoir et revendiquée par l’ancien combattant et maître d’œuvre des expéditions squadristes. Toutefois, l’usage de la force était désormais codifié et encadré par une tradition aristocratique bien établie, et la brutalité originelle s’en trouvait domestiquée et, en définitive, assagie. En second lieu venait le registre plus fourni des sports mécaniques (automobile et aéronautique) qui renvoyait à la fois à la culture futuriste du premier fascisme glorifiant la vitesse, et à la volonté de modernisation du pays. Enfin, l’accent mis sur la nage, la course et le cyclisme reflétait la politique volontariste mise en place en 1926 avec la création de l’Opera nazionale dopolavoro à destination des classes moyennes et populaires. En 1935, fort de ses 15 000 sections sportives, le Dopolavoro (littéralement « après le travail ») finirait par constituer la première organisation de loisirs au monde, devant celle de l’URSS [10] . À un moment où le corps du Duce devenait progressivement celui de l’Italie [11] , Mussolini se devait ainsi de donner l’exemple. Il s’agissait d’une part d'incarner la dimension sportive de l’« homme nouveau » voulu par le fascisme [12] et d’autre part de symboliser la systématisation et l’approfondissement du programme d’incorporation de la nation que le régime libéral avait inauguré [13] . Tous ces sports pouvaient être considérés d’une manière ou d’une autre comme une propédeutique à de futures opérations militaires, à l’exception notable du tennis, qui n’apparut que furtivement au milieu des années 1920. La diversité des disciplines tendit cependant à s’amenuiser au fil des années, au fur et à mesure que la silhouette de Mussolini s’épaississait. C’est ce que montrent les travaux menés par Mimmo Franzinelli et Emanuele Valerio Marino sur le stock des images photographiques interdites de publication par le chef du gouvernement lui-même, à partir d’une sélection quotidienne réalisée par un service spécialisé d’une quarantaine de personnes de l’Institut Luce [14] . Les clichés qui recevaient un avis défavorable auraient souvent eu le tort d’offrir au public la vision d’un corps peu conforme aux canons de la virilité sportive. La comparaison entre deux photographies datant de la fin des années 1930 est à cet égard révélatrice. Sur la première, publiée dans la Rivista mensile del Club Alpino Italiano, un Mussolini-skieur – symptomatiquement, ce piètre descendeur ne chausse pas sa paire de skis, reléguée au second plan – est photographié de face, ce qui empêche d’apprécier de manière définitive la taille de son ventre, la couleur noire du pantalon renforçant cette indécision du jugement esthétique. C’était en tout cas suffisant pour que le président du CAI, le fasciste Angelo Manaresi, se réclame de l’illustration pour fustiger ceux « qui font du gras » (« che […] mettono pancia », littéralement « qui prennent du ventre »). En contrepoint, sur le second cliché, recalé, la tenue de pilote d’avion, blanche et moulante, souligne sans aucun doute possible que Mussolini est bien devenu un « bombolone » (un « gros courtaud », pour le dire aimablement).

Mussolini à la descente de l’avion qu’il a lui-même piloté pour se rendre au premier congrès mondial de la presse aéronautique (11 juin 1939). © Archivio Istituto Luce.Document 3. Mussolini à la descente de l’avion qu’il a lui-même piloté pour se rendre au premier congrès mondial de la presse aéronautique (11 juin 1939). © Archivio Istituto Luce.

Enfin, il faut tenter de rendre compte de l’absence presque totale des deux sports alors en plein essor, le cyclisme et le football. Jamais en effet le Duce n’assista au départ ou à l’arrivée d’une étape du Giro, et on sait qu’en 1934 il ne se décida à soutenir financièrement le comité d’organisation de la Coupe du monde de football en Italie qu’une fois la qualification de la squadra azzurra acquise. La compétition, encore récente, ne bénéficiait certes pas du prestige aristocratique des Jeux olympiques, mais elle pouvait être un instrument, même modeste, de la politique extérieure du régime [15] . La culture sportive de Mussolini restait en fait profondément influencée par des conceptions héritées du Risorgimento, selon lesquelles le sport constituait d’abord l’une des modalités de la construction d’un État-nation moderne. Mussolini ne pouvait par conséquent que se méfier d’athlètes professionnels dont l’activité était déterminée avant tout par l’appât du gain. De même, le succès rencontré par le championnat de série A créé en 1929 qui, en s’insérant dans les mécanismes traditionnels du campanilisme – une sorte de chauvinisme de clocher –, servait de support à l’expression des rivalités urbaines, déplaisait fortement à celui qui se présentait comme le garant de l’unité de la nation. En définitive, Mussolini s’accommoda de la volonté des industriels d’instaurer le professionnalisme et de rationaliser l’organisation des compétitions, en veillant simplement à ce que les hiérarques fascistes locaux fondent dans les grandes villes du Centre et du Sud des clubs aptes à concurrencer la puissance de ceux du Nord [16] . Le Duce ne fut donc jamais le tifoso d’une quelconque équipe ; il préféra se réfugier dans une superbe indifférence et se situer au-dessus des parti(e)s.

Dans le même temps, un troisième acteur faisait son apparition au Vatican, Achille Ratti, élu pape sous le nom de Pie XI en 1922. À la différence de ses prédécesseurs, lui était un authentique sportif et un alpiniste aguerri. Né en 1867 en Lombardie, il partagea sa jeunesse entre des études de théologie au Grand séminaire de Milan, puis à l’Université grégorienne de Rome, et des pérégrinations alpines. Il fut ainsi le premier à traverser le col Zumstein en 1889 et il arpenta souvent le Mont Blanc, au point qu’une des voies d’accès, celle des Aiguilles grises, fut surnommée la « route du pape » dans l’entre-deux-guerres. En 1923, il fit publier un recueil de ses écrits sur l’alpinisme dans lesquels il exaltait la montagne, devenue le lieu privilégié de l’expérience spirituelle et une métaphore éducative récurrente, celle de l’ascèse-ascension, du dépassement de soi, de l’escalade vers des cimes plus hautes et un air plus pur évoquant l’orientation et l’élévation vers Dieu [17] . Dans l’esprit de Pie XI, ces conceptions ecclésiologiques de la marche en montagne ne contredisaient pas l’idéologie patriotique associée à l’alpinisme développée par les Piémontais depuis le milieu du XIXe siècle, dont il était le produit, lui qui avait adhéré très tôt au CAI. Bien au contraire, chez lui les deux aspects se confondaient et s’enrichissaient mutuellement. En témoigne la commande qu’il passa au prêtre salésien Antonio Cojazzi cinq ans plus tard. Ce dernier devait rédiger l’hagiographie d’un jeune Turinois, Pier Giorgio Frassati, mort en 1925 à 24 ans, d’une poliomyélite contractée pendant une mission d’assistance aux pauvres [18] . Le pape hésita en fait avec deux autres figures, qui à ses yeux auraient autant mérité d’être proposées pour l’édification des fidèles : il s’agissait de Giosuè Borsi, apostat revenu à la foi à l’âge de 26 ans et qui eut à peine le temps de rédiger des Colloqui de mouture augustinienne avant de tomber sur le front de l’Isonzo en 1915, et d’Aldo Marcozzi, très pieux Milanais passionné de cyclisme et décédé à 14 ans en 1928. Au bout du compte, deux éléments de la vie de Frassati firent pencher la balance en sa faveur : celui-ci était d’une part issu de la grande bourgeoisie laïque de Bielle – son père, le sénateur du royaume Alfredo Frassati, fonda et dirigea La Stampa –, et il s’était d'autre part lui aussi illustré en gravissant plusieurs sommets des Alpes. Ériger sa personne en modèle éducatif – et il devint en effet très populaire dans les années 1930 – indiquait ainsi qu’il était possible, le temps d’une ascension, de concilier l’appartenance à la nation italienne et la foi catholique. De manière significative, après la signature des accords du Latran en 1929, le cadavre de Frassati fut transféré dans la cathédrale de Turin, avant que la parabole ne se conclue en 1990, quand Jean-Paul II le béatifia et le proposa comme saint patron des sportifs. Par ailleurs, jusqu’à la fin de son règne, Pie XI ne renonça jamais à sa passion, forgeant ainsi une tradition appelée à devenir un véritable topos de l’imagerie pontificale, qui voit chaque été le pape passer quelques jours à la montagne et y marcher solitairement. En revanche, l’excitation des foules le rebutait fortement ; aussi dénonça-t-il de manière virulente, dans l’encyclique Divini illius magistri de 1929 sur l’éducation chrétienne de la jeunesse, les avatars du sport moderne tels le professionnalisme et le vedettariat – la boxe, le football et le cyclisme étaient particulièrement visés.

Portrait de Pier Giorgio Frassati en alpiniste. La didascalie précise qu’il se dirige « vers le haut ». © Droits réservés.Document 4. Portrait de Pier Giorgio Frassati en alpiniste. La didascalie précise qu’il se dirige « vers le haut ». © Droits réservés. 

Le pape des sportifs, le bossu et le Cavaliere

Après la Seconde Guerre mondiale, Pie XII opéra un tournant en affichant un intérêt marqué pour la chose sportive au-delà du seul alpinisme. En octobre 1955, la presse catholique le gratifia même du titre de « pape des sportifs » lors des célébrations du dixième anniversaire du Centro sportivo italiano. Eugenio Pacelli se montra en effet bien plus prolixe que ses prédécesseurs en la matière. Entre 1945 et 1957, il y consacra seize discours et aborda le sujet dans trois autres. Ces interventions ne contenaient rien de neuf par rapport à la doctrine catholique élaborée depuis le début du XXe siècle, qui considérait le sport comme un moyen et non une fin, préparatoire à la formation religieuse. L’originalité de Pie XII résidait plutôt dans la réitération retentissante du magistère ecclésial sur les affaires sportives, selon le mécanisme de la « bénédiction de Prométhée ». Michel Lagrée a en effet montré comment « le courant dominant – donc intransigeant – dans le catholicisme savait borner les limites de son intransigeance [19]  ». Ainsi les imprécations de Pie XI dans l’encyclique de 1929 furent-elles oubliées : l’heure était venue d’épouser son temps, de s’aligner sur les passions communes de la société et de dicter les normes catholiques devant encadrer le mouvement sportif. Une grande attention fut accordée à la « petite reine », qui déchaînait alors la passion des tifosi [20] . À toutes fins utiles, la curie milanaise prit le contrôle, par l’intermédiaire de deux sociétés-écrans, du principal quotidien sportif du pays, La Gazzetta dello Sport, propriétaire et organisateur du Giro, le Tour d’Italie cycliste. À plusieurs reprises jusqu’aux années 1960, la compétition effectua une étape au Vatican et les coureurs étaient régulièrement reçus par le souverain pontife en audience publique. Pour preuve que le sport s’inscrivait désormais pleinement dans un dessein politique global figure surtout le discours prononcé devant les membres de l’Unione Uomini, une des branches de l’Action catholique, le 7 septembre 1947. Pie XII donna alors le coup d’envoi de la campagne électorale en vue des élections législatives du 18 avril 1948, à l’occasion desquelles il craignait une victoire de la coalition emmenée par le Parti communiste. Adoptant un ton combatif, il lança une formule destinée à faire le tour de la péninsule dans les mois suivant : « Le temps de la réflexion et des projets est passé : c’est l’heure de l'action. Êtes-vous prêts ? » Et il ajouta : « C’est l’heure de l’épreuve. La dure compétition dont parle saint Paul est en cours ; c’est l’heure de l’effort intense. La victoire peut même se décider en très peu d’instants. Regardez votre Gino Bartali, membre de l’Action catholique : il a gagné plusieurs fois le "maillot" convoité. Courez vous aussi dans ce championnat idéal de façon à conquérir une palme bien plus noble [21] . » Pour la première fois, un pape proposait dans un discours officiel la figure profane d’un sportif comme modèle d’émulation. Le sport devenait ainsi une des armes de l’Église pour repousser les dangers qui la menaçaient. Dans la vision apocalyptique du Vatican, un champion de la trempe de Bartali représentait une raison d’espérer dans la possibilité de sauver ce qui pouvait l’être.

Document 5. Documentaire réalisé par le CSI à l’occasion des célébrations de son dixième anniversaire en octobre 1955. À partir de la 25e minute, Pie XII assiste à une démonstration de gymnastique et à un match de basket-ball sur la place Saint-Pierre de Rome. © Archivio Istituto Luce.

http://www.archivioluce.com/archivio/jsp/schede/videoPlayer.jsp?tipologia=&id=&physDoc=3199&db=cinematograficoDOCUMENTARI&findIt=false&section=/ [lien consulté le 16 juin 2014]

Que Pie XII se soit peu exprimé sur le football et qu’il semble lui avoir préféré le cyclisme constitue un indicateur du degré de popularité respectif de ces deux sports, le premier supplantant le second à la fin des années 1950. Logiquement, à partir du pontificat de Paul VI, ce fut au tour des équipes de football ayant remporté le championnat d’Italie d’être conviées chaque année au Vatican. Il est vrai également que Giovanni Battista Montini, lorsqu’il était archevêque de Milan dans la seconde moitié de la décennie 1950, avait été particulièrement attentif au développement de ce sport dans son diocèse, la partita di calcio contre une formation laïque ou communiste représentant toujours une ordalie présidant à la restauration de la societas christiana [22] .

La considération que les élites catholiques de l’après-guerre ont portée au football est également illustrée par l’« inoxydable » Giulio Andreotti, membre de la plupart des gouvernements, quand il ne les dirigeait pas, jusqu’en 1992, qui n’hésita pas à affirmer avoir au cours de sa vie professé une double foi, Dieu et la Roma [23] . L’affirmation est emblématique de la conduite adoptée par nombre d’hommes politiques italiens qui tentèrent d’utiliser la popularité des équipes professionnelles pour asseoir la leur. S’il n’était ni nécessaire, ni suffisant d’investir le champ du calcio pour réussir en politique, cela pouvait néanmoins fournir un appui considérable, ce qui se traduisait par la prise en charge de la gestion des clubs eux-mêmes. À ce titre, le « divin Jules » ne fut pas en reste. À la tête de l’AS Roma alternèrent ainsi deux catégories de dirigeants, les promoteurs immobiliers et les parlementaires. Les premiers, étroitement liés à la Démocratie chrétienne, jetaient l’éponge quand, au bout de quelques années de présidence, ils avaient perdu tout espoir de remporter un titre de champion dans la capitale [24] , et passaient alors la main aux proches de Giulio Andreotti [25] . Cette litanie démocrate chrétienne ne fut interrompue que par le communiste Alvaro Marchini, qui fut vilipendé sans répit par la presse conservatrice et catholique romaine et démissionna au bout de deux ans, en 1971. Andreotti estima, sans doute avec humour, que l’épisode apportait la preuve que « football et politique ne devaient jamais se mélanger [26]  ». Il faut toutefois faire crédit à ce dernier de la sincérité. Il s’inscrivait authentiquement dans un modèle culturel qui le contaminait et dont il devenait lui aussi un acteur important. Ainsi, en 1983, dans un film d’Alberto Sordi, Il Tassinaro, Andreotti joua son propre rôle. Au milieu du film, il monte dans le taxi conduit par Pietro (Alberto Sordi) qui lui dit : « Vous êtes un grand supporter de la Roma, eh, un grand tifoso de la Roma, vous avez fait beaucoup de choses pour Rome et pour la Roma. » Andreotti répond : « Je fais le tifo depuis que je suis tout petit, alors au Testaccio [le premier stade de la Roma]. C’était peut-être un peu plus authentique, mais maintenant elle nous donne des satisfactions, au moins maintenant elle semble sur la bonne voie [l’équipe capitoline remporte son deuxième scudetto cette année-là]. » Cet exemple est suggestif : plus les élites politiques étaient réceptives aux normes de la culture populaire, plus la communication politique gagnait en efficacité. Celle-ci ne modelait pas l’opinion publique mais s’y conformait et n’existait en réalité qu’à la condition d’un échange. Si tant est qu’elles aient été instrumentalisées, les valeurs du tifo légitimaient, par le sentiment d’une solidarité commune, les discours venus d’en haut, qui en sortaient ainsi renforcés. Les liens étroits tissés par Andreotti avec la sphère footballistique romaine ne constituaient pas un cas isolé. Sur les 120 clubs environ qui ont participé aux championnats professionnels italiens depuis 1945, une trentaine, soit un quart, fut dirigée à un moment ou à un autre par un parlementaire. En général, celui-ci était appelé à la présidence du club après son élection. Lui confier cette responsabilité sonnait comme la reconnaissance de son influence politique locale et une récompense pour être parvenu au faîte du cursus honorum. Par ailleurs, la plupart de ces parlementaires-dirigeants étaient membres de la Démocratie chrétienne, qui, dans ce domaine également, parvint à ses fins hégémoniques.

Document 6. Extrait du film Il Tassinaro, d’Alberto Sordi, avec Giulio Andreotti (1983) : http://www.youtube.com/watch?v=rART--Ctgn4 [lien consulté le 16 juin 2014]

Le parcours réalisé par Silvio Berlusconi à la fin du XXe siècle, qui l’amena à cumuler la présidence du Conseil et du Milan AC, n’était donc en rien inédit et s’enracinait dans une tradition consolidée. Trois ans avant le rachat du club lombard par le magnat des médias, le sociologue Franco Ferrarotti et le journaliste Oliviero Beha avaient publié un essai dans lequel ils dénonçaient une « footballisation » (« calcistizzazione ») de la vie publique italienne, destinée à masquer les contradictions de la société. Selon eux, cette « république fondée sur le football » était parvenue à son « dernier stade » de décomposition [27] . Leur analyse mettait en exergue la place centrale qu’avait fini par occuper ce sport dans la formation du paysage symbolique de la société italienne, ce dont avait pleinement conscience Berlusconi. Ce qui fut exceptionnel dans le cas de ce dernier résida dans sa capacité à articuler les dimensions locale et nationale. Aussi ne jeta-t-il pas son dévolu sur le Milan AC par hasard. Affaibli par le scandale du Totonero – un système de paris clandestins – au tournant des années 1980, le plus vieux club de Milan était certes presque en faillite en 1986, mais il appartenait surtout, avec l’Inter de Milan et la Juventus de Turin, au cercle restreint des grandes équipes drainant des tifosi à l’échelle du pays tout entier. Les nombreuses victoires obtenues rapidement par le Milan berlusconien – il fut plusieurs fois champion d’Italie et d’Europe entre 1988 et 1994 –, célébrées à l’envi par les chaînes de télévision dépendant du groupe Mediaset, contribuèrent à étendre les ramifications des clubs de supporters et à en augmenter les effectifs. Puissamment structuré, le réseau des Milan Clubs joua un rôle essentiel lorsque Silvio Berlusconi se décida, selon ses propres mots, à « descendre sur le terrain » en se présentant aux élections législatives de 1994. Les noyaux de tifosi constituèrent alors les premiers relais de son nouveau parti, Forza Italia !, dont le nom indiquait la continuité proclamée entre les mondes footballistique et politique [28] . La métaphore fut filée sans répit : ce qui avait été accompli pour le Milan AC le serait pour l’Italie. Parallèlement, Berlusconi chercha à engranger les bénéfices symboliques de ses compétences sportives à un échelon supérieur. En 1991, l’entraîneur des premiers titres milanais, Arrigo Sacchi, fut ainsi « proposé » pour devenir le sélectionneur de la squadra azzurra, qui, sous sa férule, atteignit la finale de la Coupe du monde en 1994. La défaite aux tirs au but contre le Brésil fut alors attribuée au manque de chance par le tout nouveau président du Conseil. En revanche, lorsque l’équipe nationale s’inclina contre la France dans les prolongations de la finale du championnat d’Europe en 2000, Dino Zoff, qui n’était pas issu du sérail milanista, reçut une volée de bois vert de la part du Cavaliere. Jugeant ces critiques insupportables, Zoff préféra présenter sa démission sur le champ. Enfin, fort logiquement, l’œuvre sportive berlusconienne a suscité son lot de contestations et de polémiques : par exemple, le jeune Silvio aurait été interista [29] – sa conversion ultérieure au camp milaniste ne pouvant dès lors être jugée, à l’aune de la culture du tifo, que comme un comportement hérétique –, tandis que le premier championnat gagné en 1988 aurait été acheté à la camorra napolitaine [30] . Toute une littérature pamphlétaire s’est ainsi ingéniée à délégitimer politiquement Berlusconi en cherchant à l’atteindre dans son domaine le plus intime, le football.

Document 7. Silvio Berlusconi porté en triomphe par les joueurs après la victoire du Milan AC en finale de la Coupe des clubs champions européens en 1990. © Droits réservésSilvio Berlusconi porté en triomphe par les joueurs après la victoire du Milan AC en finale de la Coupe des clubs champions européens en 1990. © Droits réservés

Le rapide survol d’un siècle d’histoire italienne envisagée du point de vue des qualités sportives de ses principaux dirigeants offre un tableau contrasté. Terre de champions confirmés et souvent victorieux, l’Italie n’a jamais été dirigée par un pratiquant assidu. Dans cette perspective, les choses sont même allées de mal en pis : si Victor-Emmanuel III et Benito Mussolini possédaient plus que des rudiments en équitation, leurs successeurs à la tête de l’État et du gouvernement semblent avoir adopté un mode de vie sédentaire, à la seule exception de Giovanni Leone, président de la République de 1971 à 1978, qui organisait des matchs de football dans les jardins du Quirinal. C’était de l’autre côté du Tibre que l’on pouvait parfois rencontrer d’authentiques sportifs, que ce soit Pie XI, alpiniste de renom dans sa jeunesse, ou Jean-Paul II, bon footballeur polonais. Quoi qu’il en soit, si certains ont sans aucun doute pratiqué un sport ou un autre, ils n’en ont jamais fait mention, préférant se présenter comme des spectateurs enthousiastes de courses cyclistes ou autres partite di calcio. Sur ce plan, la discrétion n’a jamais été de mise, ce qui reflète l’articulation étroite et singulière qui s’opère en Italie entre culture de masse et culture politique.

Pour citer cet article : Fabien Archambault, « Les passions sportives des dirigeants italiens », Histoire@Politique. Politique, culture, société, n° 23, mai-août 2014 [en ligne, www.histoire-politique.fr]

Notes :

[1] Pierre Lanfranchi, « Entre initiative privée et question nationale. Genèse et évolution des politiques sportives en Europe (Grande-Bretagne, Allemagne, France, Italie) », Politix, n° 50, 2000, p. 29-48.

[2] Fabrice d’Almeida, La Politique au naturel. Comportement des hommes politiques et représentations publiques en France et en Italie du XIXe au XXIe siècle, Rome, École française de Rome, 2003, notamment le chapitre 3, « Dans la liturgie », p. 105-185.

[3] Voir Alessandro Pastore, Alpinismo e storia d’Italia. Dall’Unità alla Resistenza, Bologne, Il Mulino, 2003.

[4] Laura Malvano, Fascismo e politica dell’immagine, Turin, Bollati Boringhieri, 1988, p. 62-70.

[5] Voir Sergio Luzzatto, L’immagine del Duce. Mussolini nelle fotografie dell’Istituto Luce, Rome, Editori Riuniti, 2001.

[6] Voir le chapitre 7, « Duce imperiale », Emilio Gentile, Fascismo di pietra, Rome-Bari, Laterza, 2007, p. 131-157.

[7] Luisa Passerini, Mussolini immaginario. Storia di una biografia 1915-1939, Rome-Bari, Laterza, 1991.

[8] Pierre Milza, Mussolini, Paris, Fayard, 1999, p. 445-446.

[9] Paul Dietschy, « Sport, éducation physique et fascisme sous le regard de l’historien », Revue d’histoire moderne et contemporaine, n° 55-3, juillet-septembre 2008, p. 61-84.

[10] Voir Victoria De Grazia, The Culture of Consent. Mass Organization of Leisure in Fascist Italy, Cambridge, Cambridge University Press, 1981.

[11] Didier Musiedlak, Mussolini, Paris, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 2005, p. 36.

[12] Voir Marie-Anne Matard-Bonucci et Pierre Milza (dir.), L’Homme nouveau dans l’Europe fasciste (1922-1945). Entre dictature et totalitarisme, Paris, Fayard, 2004.

[13] Gilles Pécout, « Les Sociétés de tir dans l’Italie unifiée de la seconde moitié du XIXe siècle. La difficile mise en place d’une sociabilité institutionnelle entre volontariat, loisir et apprentissage civique », Mélanges de l’École française de Rome. Italie et Méditerranée, n° 102/2, 1990, p. 533-676.

[14] Une dizaine de photographes alimentait l’Ufficio di Stampa de la présidence du Conseil. Costantino Ekberg et Lucio Parisi opéraient une sélection que présentait au Duce son huissier, Quinto Navarra. Le nombre de photographies rejetées va sans cesse croissant : 78 en 1934, 145 en 1935, 252 en 1936, 528 en 1937 et 625 en 1938. Voir Mimmo Franzinelli et Emanuele Valerio Marino, Il Duce proibito. Le fotografie di Mussolini che gli italiani non hanno mai visto, Milan, Mondadori, 2003.

[15] Voir Paul Dietschy, « La Coppa del Duce ? Fascisme et football pendant la Coupe du monde 1934 », dans Paul Dietschy, Yvan Gastaut, Stéphane Mourlane, Histoire politique des Coupes du monde, Paris, Vuibert, 2006, p. 92-109.

[16] Ce fut par exemple le cas à Naples et à Florence en 1926 – là, le responsable fédéral du Parti national fasciste, le marquis Luigi Ridolfi, créa l’AC Fiorentina en fusionnant deux équipes de la ville –, et à Rome en 1927 – Guido Pallotta dut essuyer le refus de la Lazio de se joindre à trois autres clubs qui formèrent l’AS Roma.

[17] Giovanni Boba et Francesco Mauro (dir.), Scritti alpinistici del sacerdote Dottor Achille Ratti (ora S.S. Pio Papa XI). Raccolti e pubblicati in occasione del cinquantenario della sezione di Milano del Club Alpino Italiano MCMXIII, Milan, Bertieri e Vanzetti, 1923.

[18] Antonio Cojazzi, Pier Giorgio Frassati. Testimonianze raccolte da a. C., Turin, Società Editrice Internazionale, 1928.

[19] Michel Lagrée, La Bénédiction de Prométhée. Religion et technologie, Paris, Fayard, 1999, p. 380.

[20] Voir Stefano Pivato, Sia lodato Bartali. Ideologia, cultura e miti dello sport cattolico (1936-1948), Rome, Edizioni Lavoro, 1996 (1ère édition 1985).

[21] Pie XII, « Discorso all’Unione Uomini dell’Azione Cattolica », dans Id., Discorsi e radiomessaggi di Sua Santità Pio XII, Cité du Vatican, Libreria Editrice Vaticana, 1964, vol. 9, p. 127. Pie XII faisait ici autant référence au maillot jaune revêtu par le vainqueur du Tour de France qu’au maillot rose endossé par le gagnant du Giro d’Italie. En 1947, à la date du discours, Bartali avait remporté le premier en 1938 et le second en 1936, 1937 et 1946.

[22] Sur tous ces points, voir Fabien Archambault, Le Contrôle du ballon. Les catholiques, les communistes et le football en Italie, Rome, École française de Rome, 2012.

[23] « Andreotti benedice Montella », Il Corriere dello Sport, 9 août 1999.

[24] Il s’agissait de Renato Sacerdoti, entre 1946 et 1949 puis de nouveau entre 1953 et 1959, d’Anacleto Gianni, entre 1959 et 1963, de Francesco Marini Dettina en 1964-1965 et enfin de Gaetano Anzalone entre 1973 et 1979.

[25] Ce furent Pier Carlo Restagno (1949-1952), directeur de la banque San Paolo et député de Cassino, Franco Evangelisti (1966-1969), bras droit d’Andreotti et député de Rome, puis Dino Viola (1979-1991), sénateur de la Ville Éternelle.

[26] « Andreotti benedice Montella », art. cit.

[27] Franco Ferrarotti, Oliviero Beha, All’ultimo stadio. Una Repubblica fondata sul calcio, Milan, Rusconi, 1983.

[28] Nicola Porro, Identità, nazione, cittadinanza. Sport, società e sistema politico nell’Italia contemporanea, Rome, Edizioni Seam, 1995, p. 183-216.

[29] Voir Oliviero Beha, Trilogia della censura. Ieri come oggi, Rome, Avagliano Editore, 2005.

[30] Voir Carlo Petrini, Le corna del diavolo. Il Milan di Berlusconi, Milan, Kaos Edizioni, 2006.

Fabien Archambault

Ancien élève de l’École normale supérieure de Fontenay/Saint-Cloud, ancien membre de l’École française de Rome et agrégé d’histoire, Fabien Archambault est maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Limoges. Ses recherches portent sur l’histoire politique et culturelle de l’Italie contemporaine. Il a récemment publié Le Contrôle du ballon. Les catholiques, les communistes et le football en Italie (Rome, Bibliothèque des Écoles françaises d’Athènes et de Rome, 2012).

Mots clefs : Italie ; sport ; dirigeants politiques ; Vatican.

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  • ISSN 1954-3670