Histoire@Politique : Politique, culture et société

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La Révolution nationale impossible, Le Temps et Le Figaro à l’épreuve du régime de Vichy

Philippe Jian
Résumé :

De juin 1940 à novembre 1942, Le Temps et Le Figaro, organes emblématiques de la presse libérale, s’installent en zone (...)

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Dans l’atmosphère de désordre ambiant qui caractérise les lendemains de défaite de juin 1940, le maréchal Pétain fort de sa stature d’homme providentiel propose en réponse au désastre militaire une « Révolution nationale » qui rejette en bloc les deux éléments qui concourent à la modernité : la démocratie et le libéralisme économique. De prime abord les libéraux ne peuvent cautionner un régime qui remet en cause les principes de 1789 et de la libre entreprise. En 1984-1985, Olivier Wieviorka s’était interrogé sur le sens de l’intermède Flandin, ministre des Affaires étrangères de décembre 1940 à février 1941, et chef de file de la principale formation politique de centre droit de la Troisième République, l’Alliance démocratique [1] . Mais les recherches sur les libéraux français confrontés au régime de Vichy remontent à l’article d’Alain-Gérard Slama de 1972, « Un quotidien républicain sous Vichy : Le Temps (juin 1940-novembre 1942) [2]  », d’autant que la culture politique libérale, comme « certaines écoles politiques [s’est exprimée] principalement par la voie de la presse [3]  ».

Pragmatiques, les libéraux soutiennent la « Révolution Pétain » parce qu’ils recherchent avant tout l’ordre. Mais sont-ils sûrs que le nouveau régime puisse en garantir la pérennité ? Sinon, en quoi l’Ordre nouveau peut-il être une source de désordre ?

Afin de répondre à ce questionnement, nous proposons de porter un nouveau regard sur Le Temps auquel il nous a paru judicieux d’adjoindre Le Figaro, récemment étudié par Claire Blandin [4] , dans le but de balayer le spectre de la presse de droite dans sa diversité. Au regard de leur position face à la crise des années 1930 et de leur situation particulière sous la francisque, nous serons à même de comprendre leur adhésion à la Révolution nationale. À la lumière de leur culture respective, nous tenterons d’établir les raisons pour lesquelles Le Temps et Le Figaro s’en sont éloignés.

Identité de deux quotidiens de droite

À la veille de la guerre, Le Temps, journal gouvernemental, est aussi un titre de référence de la presse française, position prestigieuse qu’entend lui ravir Le Figaro placé sous la direction de Pierre Brisson. Le Temps et Le Figaro représentent également deux types du lectorat de droite.

Le Temps, une institution française

Le Temps est créé en 1861 par le journaliste alsacien Auguste Nefftzer mais c’est son successeur Adrien Hébrard qui modèle le quotidien à l’image du Times son confrère d’outre-Manche. Journal du soir daté du lendemain, d’aspect austère, le titre est écrit en caractère gothique, sans qu’aucune illustration ne vienne rompre la monotonie de la lecture de ses six ou de ses huit grandes pages. Réputé pour la qualité de ses informations que l’on a coutume d’expliquer par ses relations privilégiées avec les lieux de pouvoir, en particulier le Quai d’Orsay, Le Temps est le quotidien de l’élite intellectuelle, administrative et économique [5] qui a l’impression de compter parmi le petit nombre d’initiés informés des grandes décisions prises au sommet de l’État.

L’image du journal est cependant ternie à partir de 1931 quand est porté au grand jour son rachat par un consortium de grands industriels [6] . Pour l’opinion publique, Le Temps est dorénavant la voix du patronat qui choisit en son sein ses deux nouveaux codirecteurs nommés en 1932, Jacques Chastenet et Émile Mireaux. Le premier, né en 1893, transfuge de la banque d’Indochine et de Suez, est lié au Comité des Houillères ; le second, né en 1885, normalien, chroniqueur économique du journal, directeur de la Société d’études et d’informations économiques, élu en 1935 sénateur des Hautes-Pyrénées, est proche du Comité des Forges. Mais les deux hommes n’apportent aucun changement au Temps tant dans sa ligne éditoriale que dans sa forme où se maintient à la une la tradition de l’anonymat des éditoriaux de politique étrangère et de politique intérieure dans lesquels la rédaction prend position dans une synthèse collective [7]

Journal sérieux pour gens sérieux, Le Temps des années 1930 demeure une feuille au maigre tirage. En mars 1939, le quotidien compte 68 856 lecteurs [8] , d’abord des abonnés (47 %), puis les acheteurs au kiosque, provinciaux pour 30 % et pour 23 % Parisiens. La lecture du Figaro est laissée à d’autres bourgeois davantage préoccupés par l’affichage de leur statut social que par la connaissance approfondie des affaires de leur époque.

Le Figaro de Pierre Brisson

Créé en 1826, Le Figaro a connu depuis sa fondation une histoire mouvementée. Changeant plusieurs fois de propriétaires, journal mondain à la fois politique et littéraire, Le Figaro tient une place particulière dans le panorama de la presse parisienne. Ses différents directeurs ont toujours cherché à y apporter des innovations propres à satisfaire le goût et les besoins du lecteur. En juin 1934, Pierre Brisson, à peine âgé de 38 ans, prend les rênes du quotidien installé au Rond-Point des Champs-Élysées [9] .

Plongé depuis son enfance dans l’univers de la littérature et du théâtre, cet ancien feuilletoniste littéraire du Temps transforme Le Figaro en journal de la famille bourgeoise moderne [10] . Ouvert sur huit pages à l’information la plus complète, le quotidien, illustré de nombreuses photographies propose au fil de la semaine ses pages sportives et féminines ainsi que ses suppléments financier et littéraire. Pierre Brisson est particulièrement fier du supplément littéraire Le Figaro littéraire, qui fait autorité dans les milieux intellectuels, comme de la collaboration à la une de son journal d’écrivains réputés. Chacune de ces belles signatures alimente la chronique qui, située à l’exact opposé de l’éditorial, joue sur l’effet de contraste en s’opposant au commentaire à chaud de l’actualité. Espace de libre expression, la chronique apporte au lecteur les éléments d’une réflexion qui doivent ébranler ses certitudes.

Le tirage du Figaro, qui allie les articles de fond au superficiel des rubriques mondaines, atteint 80 000 exemplaires en mars 1939 [11] . À cette date, les abonnements (35 %) et la diffusion hors Paris (36 %) sont supérieurs à celle des kiosques et des gares de la capitale (29 %).

Les audiences du Temps et du Figaro, plus qualitatives que quantitatives, maintiennent toujours vivante la formule de Prévost-Paradol « qui se vantait d’écrire pour 500 personnes et non pour éduquer le peuple ». Mais le libéralisme dont se réclament les deux journaux n’est en fait que l’expression d’une culture politique attachée au maintien de la paix sociale et à la stabilité des institutions. 

Le poincarisme en héritage

Les deux quotidiens de droite appuient le régime de 1875 dès sa fondation parce qu’il garantit le consensus des forces politiques sur les grands choix de société. Le Temps est même qualifié par Charles Maurras de « plus grand journal de la République ». Mais en ces années 1930, la nostalgie du consensus républicain né avec le siècle est grande [12] . La période d’apaisement politique avait été prolongée après la fin de la Grande Guerre par Raymond Poincaré alors président du Conseil, mais rompue dès mai 1923 par les radicaux qui quittent la majorité de Bloc national pour s’engager l’année suivante dans le Cartel des gauches aux côtés des socialistes. Comme l’explique Serge Berstein, le retour au pouvoir de Poincaré en juillet 1926 « fait figure d’âge d’or du consensus de l’entre-deux-guerres. Rassemblant dans son gouvernement toutes les tendances politiques à l’exception des communistes et des socialistes, d’une part, de l’extrême-droite, de l’autre, le président du Conseil conduit jusqu’en 1928 une politique acceptable par la très grande majorité de l’opinion [13]  ». La mort, en octobre 1934, de l’homme de l’Union nationale et de l’orthodoxie financière, est présentée comme la preuve de l’impossible retour à cette époque bénie. La une entièrement bordée de noir, Le Temps retrace sur quatre pages la vie de Raymond Poincaré. La « raison même », lit-on dans l’éditorial de politique intérieure qui poursuit : « À travers les jugements que, dans le fracas des rumeurs humaines, dans l’enchevêtrement des intérêts entrechoqués, l’esprit pouvait hésiter à choisir, le sien demeurait ferme et serein, trouvait la solution souveraine devant laquelle toutes les autres n’étaient que des solutions de fortune [14] . » Au Figaro, l’éditorialiste Lucien Romier, qui se flatte d’avoir connu l’ancien président de la République, renchérit : « Il s’en va (…) ayant perdu avant sa maladie même beaucoup de ses illusions. "Si j’étais jeune, me dit-il un jour, je n’entrerais pas dans la politique." Il avait eu trop à lutter entre les vices d’un système tombé en décadence [15]  !... » Dans les deux journaux domine cette impression du bon peuple orphelin de père, désormais otage d’un retour à la violence politique qui menace leur existence.

Les grèves de 1936 les confortent dans leur opposition à un système politique qui a permis l’arrivée au pouvoir des partis de gauche. À l’éditorial du Temps qui se pose en ardent défenseur de l’ordre bourgeois, répond en écho l’anticommunisme du Figaro. Confrontés à la crise politique et sociale des années 1930, les deux quotidiens participent-ils déjà de l’esprit de la Révolution nationale fondé sur l’ordre et la nation, cette communauté suprême qui exclut toute velléité de division ? 

« Vichy avant Vichy » ?

Jean-Paul Cointet met en évidence les manifestations de la crise comme autant d’éléments d’explication d’un régime réactionnaire qui ne saurait surgir du néant mais souligne toutefois, – avec raison, que la Troisième République finissante « n’a [pas] enfanté le régime à venir [16]  ».

Le divorce avec la République n’est pas encore consommé. Le Temps et Le Figaro saluent avec enthousiasme toute action gouvernementale qui a pour but de mettre un terme au désordre ambiant. Que survienne l’homme providentiel : un Gaston Doumergue, chef d’un gouvernement de trêve après le 6 février 1934 [17] , voire un Édouard Daladier qui, endossant le rôle du « dictateur républicain » de 1938, devient l’homme du redressement national [18] , et les deux journaux reprennent espoir dans le régime de 1875. L’homme providentiel travaillerait surtout à rendre aux Français le sens de l’union empêchant de la sorte au pays de sombrer dans le chaos politique qui mènerait immanquablement au collectivisme. Au fond, davantage qu’une réforme de l’État, les deux journaux poincaristes souhaitent des réformes dans l’État.

Au moment où, en juin 1940, les journaux désertent Paris, conformément à la loi sur l’organisation de la Nation en temps de guerre, Le Temps et le Figaro n’ont pas pris le chemin de Vichy.

« Sous la Francisque »

Après avoir suivi les ministres de la République jusqu’à Bordeaux et refusant, après la signature de l’armistice, de paraître sous contrôle allemand, c’est au sud de la ligne de démarcation, d’abord à Clermont-Ferrand puis à Lyon, que s’installent Le Temps et Le Figaro. Fin août, Le Figaro, qui ne compte plus qu’une dizaine de rédacteurs permanents [19] , aménage rue de la Charité, dans l’immeuble de son confrère Le Nouvelliste qui lui cède un marbre. Le 30 septembre, c’est dans les locaux du Progrès situés rue Bellecordière que Le Temps, fort de la présence de presque tous ses collaborateurs [20] , trouve refuge. Les deux journaux doivent à la fois faire face à une réduction du nombre de leurs lecteurs et à un régime d’information dirigée.

Un lectorat limité, mais des journaux subventionnés

Réduits à deux ou quatre pages du fait du rationnement du papier, Le Temps et Le Figaro perdent la grande majorité de leurs lecteurs restés au nord de la ligne de démarcation et ne peuvent rivaliser avec la presse régionale. La différence de culture journalistique entre les deux titres montre cependant des capacités d’adaptation à une situation de guerre qui jouent nettement en faveur du Figaro. Si Le Temps se résout à n’offrir à ses lecteurs qu’une nourriture intellectuelle qu’il ne trouvait pas dans la presse lyonnaise, le journal de Pierre Brisson, grâce à ses rubriques d’ordre pratique, parmi lesquelles « La page des prisonniers » ou « Le service d’entraide » destiné aux chômeurs, cherche à accroître son audience. Mais à lire les carnets des deux journaux, leur lectorat, surtout composé d’abonnés, parmi lesquels de nombreux Parisiens demeurés en zone libre, ne diffère pas de celui d’avant-guerre.

Le tirage du Temps est évalué en 1941 par la préfecture du Rhône entre 20 000 et 25 000 exemplaires, celui du Figaro entre 30 000 et 35 000 exemplaires. Malgré tout, parce que subventionnés par le gouvernement de Vichy qui cherche à justifier de sa légitimité en maintenant auprès de lui les grands titres de la presse parisienne, Le Temps et Le Figaro parviennent à être bénéficiaires [21] . La manne gouvernementale n’altère cependant pas leur détermination à s’émanciper des ordres de la Censure quant au traitement des nouvelles de guerre. 

Deux esprits frondeurs

Si les archives de la Censure restent très parcellaires, elles témoignent qu’en’1941 [22] , Le Temps et Le Figaro, refusent, à l’instar de la grande majorité de leurs confrères de la zone libre, d’exalter les faits d’armes de l’occupant, comme le ministère de l’Information les y invite fortement.

Le Temps affiche son soutien aux Britanniques et aux Américains par un titrage équivoque et par l’« oubli » de tout ou partie de certaines consignes fournies par la Censure. À titre d’exemple, le 7 juillet 1942, le quotidien est suspendu pour vingt-quatre heures pour avoir coupé plusieurs lignes dans deux dépêches obligatoires. Le Figaro, taxé de « plus anglophile des journaux de Paris », use de la même stratégie. Il pousse même l’insubordination jusqu’à faire l’éloge de l’Armée rouge dans un long éditorial anonyme de janvier 1942 [23] . Pour autant, malgré des relations difficiles, le nouveau régime ne peut se priver de titres aussi prestigieux que Le Temps et Le Figaro qui, assimilant le désastre de juin 1940 à celui de 1870, acceptent l’armistice et le vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain afin de participer à l’œuvre de redressement national.

Le Temps et Le Figaro, « presse du Maréchal »

Le Temps et Le Figaro, qui conservent en zone libre leur ligne éditoriale d’avant-guerre, sont en effet favorables à un système politique où l’ordre serait garanti. Mais en régime d’information dirigée, un journal doit donner des indications suffisamment claires pour signifier son ralliement au pouvoir. Il s’avère que Le Temps comme Le Figaro n’ont guère été avares de ces signes alors que les grandes figures des deux quotidiens rejoignent officiellement le nouveau régime.

Les signes du ralliement

Pierre Albert remarque que le conformisme du Temps se traduit par « la masse des comptes rendus des cérémonies et la publication des déclarations officielles, du texte des lois et décrets et nominations officielles au point que Le Temps paraissait aussi destiné à vulgariser les informations du Journal officiel <[24] . » Mais c’est dans son éditorial de politique intérieure, dont nous rappellerons le caractère collégial [25] , que le quotidien revendique sa volonté de trouver sa place dans l’Ordre nouveau. La mise en page de la une a d’abord été modifiée de manière progressive sans que les services de l’Information ne l’aient suggéré ou imposé. L’éditorial de politique intérieure y occupe traditionnellement la deuxième colonne et se poursuit sur une partie de la troisième colonne. À compter de l’édition datée du 3 septembre 1940, il s’étire désormais sur les troisième et quatrième colonnes, libérant le bas de la page qui est utilisé pour insérer les communiqués officiels. À partir de celle du 3 octobre, la séparation entre les deux colonnes disparaît. Dans l’édition datée du surlendemain, il prend sa place définitive au centre de la une (quatrième et cinquième colonnes). Une telle initiative démontre bien, selon le mot d’Alain-Gérard Slama, qu’en agissant de la sorte Le Temps « n’a pas craint de se présenter comme l’exégète officiel du gouvernement [26]  ». Au Figaro, Pierre Brisson se prononce sans ambiguïté en faveur de la Révolution nationale en présentant à la quatrième page de l’édition du 19 décembre 1940 « L’œuvre politique économique et sociale du maréchal Pétain [27]  ». Le journal recueille encore dans ses nombreuses enquêtes les avis des Français à propos des réformes en cours. En 1941, le ministre Jérôme Carcopino associe Le Figaro à son projet éducatif en ces termes : « Vous-mêmes n’avez-vous pas votre part dans cette réforme, puisqu’il y a trois mois vous vous faisiez l’écho des désirs de chacun [28]  ? »

Mais aux yeux des lecteurs, ce sont surtout les personnalités du Temps et du Figaro qui, entrant au service du pouvoir, les confortent dans l’idée que ces deux quotidiens sont bien la « presse du Maréchal ».

Au service du maréchal Pétain

Trois figures du Temps et du Figaro – Émile Mireaux, Lucien Romier, Joseph Barthélemy – succombent successivement aux tentations ministérielles.

Le ralliement au nouveau régime d’Émile Mireaux, codirecteur du Temps, ami de Pierre Laval, mais hostile à la politique de collaboration menée par le vice-président du Conseil, s’inscrit dans le parcours de ces libéraux qui ont rejoint le Maréchal parce qu’il leur promet de débarrasser la France des scories du Front populaire. Ministre de l’Instruction publique de juillet à septembre 1940, il n’a de cesse de vouloir briser le syndicalisme enseignant. Transformant les inspecteurs primaires en fidèles relais de la Révolution nationale auprès des maîtres, il impose encore un strict contrôle du contenu des livres scolaires.

C’est aux réunions du Redressement français, cercle de réflexion politique de la fin des années 1920, que Lucien Romier fait la connaissance du maréchal Pétain. Le vieux soldat, sensible aux leçons de « bon sens » que l’éditorialiste vedette du Figaro distille au quotidien dans ses articles de la une, l’appelle à Vichy à partir de février 1941 pour en faire son principal conseiller. D’abord chargé de mission auprès du Conseil national, créé en janvier 1941 à l’initiative de Pierre-Étienne Flandin dans le but de renouer le lien entre le pays et le nouveau régime, Lucien Romier est ensuite élevé au titre de ministre d’État sans portefeuille d’août 1941 à décembre 1943.  

Nostalgique de l’époque du gouvernement de Défense nationale qui suivit la guerre de 1870, le constitutionnaliste Joseph Barthélemy a rompu à la fin des années 1930 avec la démocratie parlementaire. Chroniqueur régulier du Temps, il proclame à la une de l’édition du 20 août 1940 le « Devoir d’adhésion » au maréchal Pétain, son collègue à l’Académie des sciences morales et politiques, qui le tient en haute estime [29] . Nommé garde des Sceaux de janvier 1941 à mars 1943, Joseph Barthélemy s’investit avec enthousiasme dans la rédaction de la Constitution de la France nouvelle.

Pour ces hommes, la continuité historique doit être au cœur du projet politique du nouveau régime.

De la continuité historique

La continuité historique s’exprime, au printemps 1941, au travers d’une série de trois éditoriaux que Le Temps consacre aux « Valeurs d’avant » [30] . Tout bouleversement, quelles que soient les intentions de ceux qui le portent, conduit inexorablement au désordre car synonyme de reniement de l’âme française. Le réalisme est l’indispensable complément des « valeurs d’avant » ; opposé à toute forme de dogmatisme, considérant la politique dans ses moyens et dans ses résultats, il est toujours porteur de réussite. La réforme de l’éducation qui rencontre l’approbation du Temps et du Figaro puisqu’elle « allie la force de la tradition à l’élan des techniques et des sciences modernes » écrit le journaliste du Figaro Michel-Pierre Hamelet (16 avril 1941). Elle ne retient que le meilleur. Et le journal de rapporter ces mots de Jérôme Carcopino : « "Je procéderai graduellement abattant ce qui doit disparaître ; je préserverai ce qui doit être maintenu." » C’est de cette manière que l’on doit interpréter le rejet de la République par Le Temps. Le régime de 1875, dont les tares s’étalent pourtant avec force détails dans nombre d’éditoriaux, se voit désormais inclus dans l’héritage offert à l’Ordre nouveau au même titre que la monarchie capétienne ou le Premier Empire. Au Maréchal de dégager le bon grain de l’ivraie. C’est une Révolution nationale à « l’échelle humaine », gage de sa réussite et par là de sa pérennité, car étrangère à la rupture que réclament les fascistes de Paris. Chaque mesure doit être pensée afin d’obtenir le plus large consensus dans l’opinion. En somme, Le Temps et Le Figaro, journaux libéraux, attendent du maréchal Pétain la construction d’un âge d’or, qu’il renoue la chaîne du temps brisée par les rythmes nouveaux de l’économie, de la société et de la politique que la Grande Guerre a précipité. À la recherche de repères historiques censés éclairer le présent, l’éditorial du Temps ajoute au parallèle entre la France de 1940 et celle de 1870, celui du Consulat. C’est dans cet esprit que Le Temps, davantage que Le Figaro, attache une attention toute particulière à la réforme de l’État qu’il entend comme un retour à la pratique de la Constitution de l’an VIII. Ainsi se félicite-t-il que, dans cet esprit, le gouvernement promette d’associer le Conseil d’État à son œuvre législative [31]

Le Temps et Le Figaro, engagés dans l’œuvre de redressement national, cèdent volontiers au projet de l’« inscription de la société dans la norme » selon le mot d’Alain-Gérard Slama [32] . C’est en ce sens que les deux titres, en dépit de leur hommage rendu à Henri Bergson décédé en janvier 1941, cautionnent la politique antisémite engagée par le maréchal Pétain. À titre d’exemple, l’éditorial du Temps justifie du statut des Juifs d’octobre 1940 prétextant de l’équilibre d’une législation qu’il tient à distinguer de celle en vigueur dans le Reich [33] . Au Figaro, Pierre Brisson laisse son chroniqueur financier Charles Philippe Hobbe s’en prendre au « capitalisme d’inspiration hébraïque [34]  ». Pour autant, l’l’éditorial du Le Temps et les collaborateurs du Figaro, parmi lesquels Wladimir d’Ormesson et les écrivains du journal [35] , n’en dénoncent pas moins, malgré la Censure, les formes d’un nouveau désordre qui ruine tout espoir de voir la France retrouver l’ordre auquel ils aspirent.

« Les illusions perdues »

C’est parce qu’ils ont conservé leur culture respective que Le Temps et Le Figaro condamnent un nouveau désordre qui ruine l’espoir du redressement qu’ils veulent fonder sur l’union, la liberté et l’autorité.

L’Union nationale compromise

Durant l’été 1940, la dissidence gaulliste est jugée, par les deux journaux, comme seule responsable du désordre Mais en choisissant d’entrer dans la voie de la collaboration avec le vainqueur, le gouvernement offre à ces deux camps une légitimité à laquelle ils ne pouvaient jusqu’alors prétendre et fragilisent d’autant la construction d’un Ordre nouveau.

Journal gouvernemental par tradition depuis Adrien Hébrard, Le Temps prend acte de la politique étrangère de l’État français mais attaché aux « valeurs d’avant », il n’en conçoit la mise en œuvre que dans le cadre exclusif de relations, certes privilégiées, mais entre États souverains appuyant de la sorte la politique étrangère de Pierre-Étienne Flandin [36] . C’est au nom de l’honneur, valeur « d’avant Montoire », que Le Figaro choisit, en apportant son soutien au général Weygand, d’entrer en résistance contre l’Allemagne qui demeure l’ennemie [37] .

On veut croire, dans le petit local de la rue de la Charité, à la légitimité du maréchal Pétain à représenter la France que le général de Gaulle cherche à usurper. Aussi, Pierre Brisson préfère-t-il penser que le Maréchal ruse avec Hitler [38] , qu’il mène un double jeu, mais aussi qu’il est manœuvré à cause de son grand âge par Pierre Laval, le mauvais génie du vainqueur de Verdun qui choisit la voie de l’inféodation de la France à son vainqueur. L’union s’entend encore d’un point de vue social.

Deux réformes s’entendent comme des solutions directes apportées aux tensions révolutionnaires de l’entre-deux-guerres : la Charte du travail, censée substituer à la lutte des classes la collaboration entre employeurs et salariés, et la scolarisation des élèves-instituteurs dans l’enseignement secondaire, afin de les soustraire à la double influence du marxisme et du pacifisme dont les écoles normales seraient le fourrier.

Mais le nouvel éditorialiste du Figaro, le diplomate André François-Poncet [39] , convient que l’instituteur, futur bachelier, ne deviendra pour autant un notable, faute d’un relèvement conséquent de son traitement [40] , tandis que Le Temps exprime une nette défiance envers le syndicat unique promu par la Charte du travail, derrière lequel il voit une CGT nouvelle formule qui pourrait déposséder le patron de son autorité dans l’entreprise [41] .

Le Figaro défend la liberté

La liberté est comprise de manière restrictive par Le Temps qui, fidèle à la culture politique libérale, réserve ce privilège à l’élite intellectuelle et économique. Le Figaro, en revanche, champion des lettres françaises, enhardi par « la querelle des mauvais maîtres » qui discute, de juillet 1940 à la fin de l’été 1942, de la responsabilité de la littérature d’avant-guerre dans la défaite, effectue en ces années noires, grâce à son supplément littéraire, une métamorphose inattendue. L’éclectisme littéraire du journal s’impose comme l’unique alternative aux censeurs, aux « bien-pensants » et au déshonneur qu’a créé la Collaboration. « Nous nous efforcions à penser droit, simplement » souligne Pierre Brisson [42] , paradoxe d’un homme qui cherche à concilier le besoin d’autorité et de liberté.

L’autoritarisme n’est pas l’autorité selon Le Temps

À l’instar de son confrère, Le Temps confère à l’autorité cette même fonction : un moyen pour établir et pour garantir l’harmonie, mais en aucun cas une fin. La dictature est utile quand le désordre qui met en danger l’initiative privée et le droit de propriété transforme une nation en une masse revendicatrice. Le Temps, au travers de son éditorial, estime qu’à des circonstances exceptionnelles, il faut des moyens exceptionnels. Les aspects répressifs de la politique du gouvernement doivent, de son point de vue, être inclus dans le cadre plus large de la reprise en main de la nation. Aussi justifie-t-il le procès de Riom ou la mise en place des tribunaux d’exceptions alors que Le Figaro, par la plume de Wladimir d’Ormesson, y voit plutôt une preuve de la domination allemande. Pour que la dictature soit féconde, le chef doit conserver le sens du réel et pour cela établir un lien avec le notable, à la fois relais du pouvoir central auprès du peuple et dépositaire des « valeurs d’avant » de par ses attaches avec sa commune, son département ou sa province. L’autoritarisme, le dirigisme, la bureaucratie sont les ennemis du redressement.

Le Temps et Le Figaro font cependant le choix de se maintenir aux côtés du « Grand Soldat » qui incarne la continuité de l’État aussi longtemps que demeure son « royaume ». L’invasion de la zone libre par les troupes allemandes, le 10 novembre 1942, à la suite du débarquement anglo-américain en Afrique du Nord, provoque le 11 novembre la disparition du Figaro, puis le 30 novembre, celle du Temps qui salue, au grand dam de la Censure, le sabordage de la flotte dans la rade de Toulon [43] . Les journalistes des deux quotidiens entrent alors dans la clandestinité [44] .

Le projet politique de l’État français, fondé sur la mise en place d’un régime autoritaire, a toutefois représenté pour ces deux quotidiens de droite une formidable opportunité pour mettre un point final au désordre républicain, réalisant le « miracle » que l’on pensait impossible depuis la mort de Raymond Poincaré. La France pouvait alors s’inscrire dans l’harmonie perpétuelle car puisant sa force dans la continuité historique mâtinée de réalisme.

Si Le Temps se tient à cet idéal, sa confiance à l’égard du maréchal Pétain pâlit au fil des mois. À partir de la fin de 1940, transparaît dans l’éditorial une certaine rancœur envers un régime qui n’a pas su se saisir des conséquences matérielles provoquées par l’armistice et le blocus britannique pour modifier durablement le comportement des Français en valorisant l’esprit d’initiative et de responsabilité, préparant pour l’après-guerre le terreau qui aurait permis l’émergence de la France des notables.

Mais cherchant vainement à accorder autorité et liberté, Le Figaro, parce que journal moderne et littéraire, comprend la stérilité d’une utopie au fond réactionnaire, bien vue par son chroniqueur Jean Schlumberger : « La descendance impénitente de Viollet-le-Duc continue à vouloir faire du neuf avec du vieux, de l’original avec des œuvres du passé [45]  ». À ce titre, les années noires ont aussi révélé la capacité des deux quotidiens de droite à se projeter dans la durée. 

En août 1944, Le Temps, figé dans un XIXe siècle asséchant, interdit de reparaître [46] , n’a plus sa place à l’heure de la victoire de la démocratie et des partis de masse, alors que Le Figaro a sagement échangé son maréchalisme sincère contre la promesse de perpétuer dans Paris libéré son ouverture d’esprit du temps de guerre. Ainsi l’expérience d’un régime autoritaire a-t-elle su traduire deux approches de la pensée libérale au regard de la modernité.

Pour citer cet article : Philippe Jian, « La Révolution nationale impossible, Le Temps et Le Figaro à l’épreuve du régime de Vichy », Histoire@Politique. Politique, culture, société, n° 23, mai-août 2014 [en ligne, www.histoire-politique.fr]

Notes :

[1] Olivier Wieviorka, « Vichy a-t-il été libéral ? Le sens de l’intermède Flandin », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, n° 11, vol. 11, juillet-septembre 1986, p. 5-66.

[2] Alain-Gérard Slama, « Un quotidien républicain sous Vichy : Le Temps (juin 1940-novembre 1942) », Revue française de science politique, août 1972, vol. 22, n° 4, p. 719-749.

[3] Voir René Rémond, « Plaidoyer pour une histoire délaissée. La fin de la IIIe République », Revue française de science politique, avril-juin 1957, vol. VII, n° 2, p. 268.

[4] Claire Blandin, Le Figaro. Deux siècles d’histoire, Paris, Armand Colin, 2007, 320 p.

[5] Le carnet du journal rend compte des titres et des fonctions des lecteurs. Ils appartiennent d’abord au monde de la finance, de la banque, de l’industrie ; ils sont ensuite propriétaires terriens ou serviteurs de l’État : universitaire, haut fonctionnaire, magistrat, officier supérieur, professeur de lycée. Puis viennent le médecin, l’avocat, le parlementaire et l’homme politique de premier plan.

[6] Sur le rachat du Temps, voir Jean-Noël Jeanneney, François de Wendel en République : l’argent et le pouvoir 1914-1940, Paris, Le Seuil, 1976, p. 455-464.

[7] Le « Bulletin du jour » est rédigé par Jacques Chastenet ou par le journaliste Roland de Marès. Participent à l’élaboration de l’éditorial de politique intérieure : les deux codirecteurs, – Jacques Chastenet et Émile Mireaux –, Martial Bonis-Charancle, secrétaire-général du journal, et les journalistes Jean Lefranc, Maurice Reclus et Rémi Roure. Alain-Gérard Slama insiste la nécessaire conciliation des points de vue pour obtenir le « moins grand commun diviseur » (Alain-Gérard Slama, « Un quotidien républicain sous Vichy : Le Temps… », art. cit, p. 720).

[8] D’après Pierre Albert, Histoire générale de la presse française, tome III, Paris, PUF, 1972, p. 511.

[9] Voir André Lang, Pierre Brisson, l’écrivain, le journaliste, l’homme, Paris, Calmann-Lévy, 1967, 395 p.

[10] Les lecteurs du Figaro exercent principalement une profession libérale. Selon le carnet du journal, ils sont administrateurs de sociétés, chefs d’entreprise, médecins, dentistes, notaires, avocats, propriétaires terriens. La plupart sont chevaliers et officiers de la Légion d’honneur.

[11] Ibid., p. 844.

[12] Après qu’aient disparu les déchirements entre Français causés par l’affaire Dreyfus et la mise en œuvre de la loi de séparation des Églises et de l’État.

[13] Serge Berstein, « Consensus politique et violence civile », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, n° 61, janvier-mars 2001, p. 55.

[14] « Mort de Raymond Poincaré », Le Temps, 16 octobre 1934, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k249741r.langFR [lien consulté le 12 juin 2014].

[15] « La patrie en deuil », Le Figaro, 16 octobre 1934, p. 1. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k297846m.r=le%20figaro.langFR [lien consulté le 12 juin 2014].

[16] Jean-Paul Cointet, Histoire de Vichy, Paris, Perrin, coll. « Tempus », 2003, p. 21.

[17] « Le Chef », Le Temps, 11 février 1941, p. 1. Voir : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k249496f.r=La%20technique%20et%20le%20temps%20Bernard%20Stiegler.langFR [lien consulté le 17 juillet 2014].

[18] Wladimir d’Ormesson, « Victoire du bon sens », Le Figaro, 25 février 1939, p. 1. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4101447 [lien consulté le 17 juillet 2014].

[19] Nous citerons : James de Coquet, André Billy, Louis Chauvet, Louis Gabriel-Robinet, Jacques Patin, Roger Massip, Henri Masson-Forestier, Maurice Noël, Georges Ravon, André Rousseaux. Wladimir d’Ormesson rejoint Lyon en février 1941, alors que Lucien Romier, également réfugié en zone libre, envoie ses éditoriaux depuis sa résidence campagnarde du Bois d’Oing dans le Beaujolais.

[20] Sont demeurés en zone occupée les chroniqueurs Joseph Barthélemy, Jacques Boulenger, Abel Hermant, Louis Lavelle, et André Thérive.

[21] De mars 1941 à leur disparition en novembre 1942, les deux journaux reçoivent chacun 200 000 francs par mois.

[22] Archives nationales, F41/161, Rapports hebdomadaires des Censures régionales (19 avril-4 octobre 1941)

[23] Wladimir d’Ormesson, « Le mystère russe », Le Figaro, 6 janvier 1942, p. 1. L’article provoque la suspension du journal pour vingt-quatre heures. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k410955f [lien consulté le 12 juin 2014].

[24] Tables du Journal Le Temps : 13 juin 1940-30 novembre 1942, Nanterre, BDIC, 2006, p. II.

[25] Cf., supra, p. 2, note 7.

[26] Alain-Gérard Slama, « Un quotidien républicain sous Vichy : Le Temps (juin 1940-novembre 1942) », op. cit., p. 728.

[27] « L’œuvre politique économique et sociale du maréchal Pétain », Le Figaro, 19 décembre 1940, http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k410796k/f4.image [lien consulté le 12 juin 2014].

[28] « M. Jérôme Carcopino explique au Figaro le sens et la portée de la réforme de l’Enseignement », Le Figaro, 11 septembre 1941, p. 2.

[30] Éditions des 7, 17 et 18 avril 1941.

[31] « Le Conseil d’État et l’État nouveau I », Le Temps, 13 septembre 1940, p. 1. Voir : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k264406f.r=La%20technique%20et%20le%20temps%20Bernard%20Stiegler.langFR [lien consulté le 17 juillet 2014].

[32] « Vichy fasciste ? », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, n° 11, juillet-septembre 1986, p. 44.

[33] « L’œuvre législative du gouvernement Pétain III », Le Temps, 24 février 1941, p. 1.

[34] « Pourquoi le libéralisme n’est plus possible », Le Figaro, 19 octobre 1940, p. 4 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k4107354/f4.image [lien consulté le 12 juin 2014].

[35] Particulièrement le critique littéraire André Rousseaux et l’écrivain Jean Schlumberger.

[36] « L’exemple du devoir », Le Temps, 11 février 1941, p. 1.

[37] « Hommage au général Weygand », Le Figaro, 22-23 novembre 1941, p. 1 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k410917t.r=le%20figaro.langFR. Wladimir d’Ormesson note dans son journal intime à la date du 22 novembre 1941 à propos du renvoi du généralissime : « Pour Le Figaro, le coup est terrible. Weygand, c’était notre position (…). Qu’allons-nous devenir ? A qui nous raccrocher »

[38] Selon le journal intime de Wladimir d’Ormesson.

[39] Signant ses éditoriaux du pseudonyme de Celtus, André François-Poncet remplace Lucien Romier à partir d’avril 1941.

[40] « Une œuvre considérable», Le Figaro, 8 septembre 1941, p. 1.

[41] « Les comités sociaux I », Le Temps, 4 novembre 1941, p. 1.

[42] Ibid., p. 60.

[43] Le dernier numéro du journal (30 novembre 1942) : http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k264834z.image.la [lien consulté le 12 juin 2014].

[44] Alors que Jacques Chastenet et Émile Mireaux attendent des jours meilleurs cachés dans le sud-ouest de la France, Pierre Brisson et sa petite équipe prennent contact avec la Résistance afin d’assurer la reparution du Figaro à la Libération.

[45] « Ne touchez pas aux ruines ! », Le Figaro, 25 mai 1941, p. 1.

[46] À la suite à l’ordonnance du 22 juin 1944, Le Temps se voit interdit pour fait de collaboration. Il s’agit, en réalité, de mettre un terme à la collusion entre les puissances d’argent et la presse incarnée par le journal.

Philippe Jian

Philippe Jian est docteur en histoire de l’université Paris 1 Panthéon-Sorbonne (D’un désordre l’autre, Le Temps et Le Figaro des années trente au régime de Vichy, thèse de doctorat d’histoire, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, 2012, 902 p.).

Mots clefs : Régime de Vichy, histoire de la presse, discours politique, pensée libérale, intellectuels de droite.

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  • ISSN 1954-3670