Histoire@Politique : Politique, culture et société

Le dossier

La France face au dollar

Coordination : Robert Boyce et Olivier Feiertag

La France, le dollar et l’Europe (1981-1989). Aux origines globales de l’euro

Olivier Feiertag
Résumé :

La France, comme la plupart des autres pays dans le monde, est confrontée au cours des années 1980 aux (...)

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L’histoire de la relation de la France au dollar dans les années 1980 traduit la mutation profonde que connaît la place de la France dans le monde au cours de cette période décisive. Elle éclaire aussi d’une lumière singulière le tournant véritable que représente le choix de l’unification monétaire européenne avec l’adoption du rapport Delors en 1989. Elle contribue également à replacer à une échelle plus globale les évolutions contrastées de la politique française dans la période, de la victoire de la gauche en 1981 à la cohabitation qui voit le retour de la droite au gouvernement en 1986-1988 en passant par le « tournant de la rigueur » de 1983.

Cette étonnante conjonction de faits s’explique par le statut proprement exorbitant qui caractérise toujours le dollar américain au début des années 1980 [1] . La fin du système monétaire international de Bretton Woods en 1971 n’a pas mis fin à son double rôle interne et externe : le dollar demeure la monnaie légale de la plus grande économie nationale du monde, mais il reste aussi, de facto, la devise clé qui permet d’assurer le règlement de plus de 80 % des transactions internationales, en particulier des hydrocarbures dont les prix mondiaux s’envolent avec les deux chocs pétroliers de 1973 et de 1979.

Pour la France, au moment où la gauche arrive au pouvoir en mai 1981, le dollar concentre tous les éléments de ce que l’on désigne alors comme « la contrainte extérieure [2]  ». À la veille des élections de 1981, François Mitterrand voit déjà dans le dollar la cause principale des difficultés de l’économie mondiale : il dénonce « la confusion des différentes fonctions du dollar, à la fois monnaie interne, monnaie de transaction internationale et monnaie de réserve », aggravée par « le caractère irresponsable – depuis dix ans – de la politique monétaire des États-Unis » et « le recyclage de ces capitaux fous, dits pétro-dollars, [qui] greffé sur la fonction traditionnelle des marchés financiers, accélère la course à l’abîme ». Il en conclut, sans ambages : « Ce couple infernal, le dollar, le pétrole, ne conçoit que des morts-nés [3] . »

Cette perception très négative du dollar est largement partagée, au début des années 1980, à gauche comme à droite de l’échiquier politique et de l’opinion publique française. Elle renvoie d’abord, dans le contexte du retour de flamme de la guerre froide qui a suivi l’invasion en 1979 de l’Afghanistan par l’URSS, à la critique déjà ancienne mais toujours virulente de « l’impérialisme américain ». Le billet vert apparaît toujours comme l’un des instruments par excellence de la domination américaine sur le monde. Mais à cette dimension géopolitique traditionnelle, qui remonte au moins aux années 1920, s’ajoute avec l’arrivée au pouvoir de Ronald Reagan en 1981 une dimension plus proprement géo-économique.

Le dollar concentre en effet, dès lors, tous les traits des reaganomics, c’est-à-dire d’une politique économique d’inspiration néo-libérale, fondée certes sur le primat du marché et les logiques de l’offre, mais surtout sur un nationalisme économique pleinement assumé. Le dollar fort, caractérisé par la double croissance vertigineuse, d’une part de son taux de change contre toutes les autres monnaies du monde, d’autre part des taux d’intérêt de tous les placements libellés en dollars, résume à lui seul cette véritable révolution monétaire après les accès de faiblesse qu’a connus la devise américaine durant les années 1970. Pour la France, engagée à partir de l’été 1981, conformément au programme de l’union de la gauche, dans une politique économique keynésienne de relance par la demande et de logique inflationniste, diamétralement opposée à celle menée au même moment par l’administration américaine, le défi est considérable. Entre le franc faible et le dollar fort, le conflit, en 1981, paraît inéluctable. L’histoire semble dite.

Le dollar ou les chemins de la mondialisation

La réalité historique de la relation entre la France et le dollar dans les années 1980 apparaît pourtant autrement plus complexe. Elle se développe à trois échelles distinctes mais étroitement articulées entre elles : la première échelle se situe, bien entendu, sur le plan de la relation bilatérale entre la France et les États-Unis, dont Pierre Mélandri et Frédéric Bozzo ont montré qu’elle apparaissait fortement contrainte, au-delà des querelles superficielles autour de « l’exception française » et du « destin américain manifeste », par le poids des interdépendances nouées au sein de l’alliance atlantique [4] . Il faut s’interroger sur la portée réelle de la logomachie monétaire franco-américaine dans le cadre stratégique persistant de la guerre froide dont personne ne prévoit alors la fin toute proche. D’autant plus qu’à cette échelle strictement bilatérale s’ajoute un deuxième niveau, d’une importance croissante au cours de la période : l’Europe.

C’est à cette échelle que l’histoire, à n’en pas douter, se précipite le plus. La dynamique de la construction européenne est au plus bas en 1981-1982, dans le contexte de la crise budgétaire persistante de la Communauté économique européenne (CEE) qui met en évidence le cavalier seul britannique, incarné par Margaret Thatcher, et, au-delà, l’incapacité à mettre en œuvre une réponse communautaire à la crise économique qui frappe les pays européens depuis 1974. La construction européenne est pourtant marquée à partir de 1984-1985 par la plus forte relance de son histoire. Elle est portée par Jacques Delors, nommé à la présidence de la Commission à la suite du tournant de mars 1983 qui a vu la France réaffirmer son appartenance au Système monétaire européen (SME) et son attachement au couple franco-allemand. Dans cette perspective, la relation de la France au dollar prend une tournure un peu différente [5] . Comment les évolutions de la monnaie américaine ont-elles influé sur le rapport du franc français vis-à-vis des autres devises européennes, en particulier du deutsche mark – le vrai rival du dollar dans la période, mais aussi l’ancre du SME ? Surtout, il faut se demander quels liens existent entre les évolutions du dollar et le projet européen d’unification monétaire dont la genèse correspond aux travaux du comité ad hoc réuni par Jacques Delors en 1988-1989 [6] .

À travers ces questions s’impose la troisième échelle d’analyse : l’échelle globale. L’histoire des relations de la France au dollar dans les années 1980 s’inscrit en effet dans le cadre de la plus grande mutation des relations monétaires internationales depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La percée mondiale de l’économie japonaise depuis les années 1970 remet en question la pertinence de la sous-évaluation du yen héritée de la période d’après-guerre [7] . Derrière le Japon, c’est en fait à « l’émergence » – le mot date aussi de cette époque – des Nouveaux Pays industriels d’Asie du Sud-Est que l’on assiste. En Amérique latine et secondairement en Afrique, la crise des dettes souveraines qui éclate au Mexique en 1982 déstabilise l’ensemble du système bancaire international fortement engagé depuis les années 1970 dans une politique de crédit à robinet ouvert, fondée sur le recyclage des pétro-dollars, au bénéfice des pays en voie de développement riches de leurs matières premières. L’ampleur de la dette est telle qu’elle inverse soudain le rapport de dépendance du débiteur envers son créditeur. Consentis par les plus grandes banques américaines, mais aussi par des banques européennes, notamment françaises, ces crédits libellés pour l’essentiel en dollars constituent également un des éléments clés du rapport complexe de la France au dollar. À travers sa relation au dollar, c’est donc aussi la place de la France dans un monde en cours de « mondialisation » – le terme sous la forme de globalisation date précisément de cette époque [8]  – qui se donne à voir.

Ce jeu d’échelles fait apparaître le problème historique principal : que révèlent les rapports du franc au dollar de l’évolution de la marge de manœuvre de la politique économique de la France au cours des années 1980 ? Le billet vert ne concentre-t-il pas, en un saisissant raccourci, toutes les échelles de la « contrainte extérieure » qui s’exerce alors sur « l’économie nationale » en France ? Car l’arbre des relations franco-américaines ne doit pas cacher la forêt des transformations de l’environnement global de la France. Comment mener à bien, au lendemain immédiat de la victoire électorale de mai 1981, les ruptures de politique économique qui sont au cœur du programme de la gauche quand l’ordre international de la guerre froide entre dès le milieu de la période dans un processus de recomposition rapide ? Quand le cadre plus que trentenaire de la communauté européenne atteint ses limites et que s’y substitue le projet radicalement différent de l’union économique et monétaire de l’Europe ? Quand l’économie mondiale voit s’enclencher une mutation accélérée de ses structures marquées par le poids croissant des mondes émergents et la mondialisation des marchés ?

À ces questions immenses et toujours actuelles, on peut tenter ici sinon d’apporter des réponses, du moins de formuler quelques hypothèses de recherche, à travers l’exploitation des archives du conseil général de la Banque de France, lieu d’observation privilégié des tempêtes monétaires internationales de la période [9] .

La Banque de France dans l’œil du cyclone

La Banque de France est la banque centrale française. Aux termes de la loi de 1973, en vigueur tout au long des années 1980, c’est l’institution publique « qui, dans le cadre de la politique économique et financière de la nation, reçoit de l’État la mission générale de veiller sur la monnaie et le crédit ». Cette mission comporte une face interne – la création des francs français qui ont cours « sur le territoire de la France métropolitaine » – et une face externe puisque « la Banque de France régularise les rapports entre le franc et les devises étrangères et gère les réserves publiques de change [10]  ». La Banque de France est donc placée statutairement au cœur de l’histoire des relations entre le franc français et le dollar. Elle se trouve aussi à l’intersection des logiques de la politique économique de l’État-nation et des dynamiques de l’économie mondiale. Il n’est donc pas surprenant que le problème du dollar soit dans les années 1980 l’une des préoccupations permanente du conseil général, c’est-à-dire du conseil d’administration de la Banque de France.

Le conseil général, héritier du conseil de régence de la Banque fondée par Bonaparte, est demeuré à peu près inchangé depuis la réforme de 1936 qui a fait de la Banque de France, la « Banque de la France ». C’est l’instance délibérative de la Banque. Elle réunit deux fois par mois les « autorités monétaires » françaises : pluriel auguste qui désigne à la fois le gouverneur de l’Institut d’émission, flanqué des deux sous-gouverneurs, mais aussi le directeur du Trésor et son suppléant, véritable état-major du ministère des Finances, qui exerce au sein du conseil les fonctions de censeur et donc de représentant des intérêts de l’État, actionnaire unique de la Banque depuis sa nationalisation en 1945. Dans la période, ces fonctions sont assumées par des personnalités de premier plan. Parmi elles, la figure du gouverneur domine : Renaud de la Genière jusqu’en novembre 1984, puis Michel Camdessus (novembre 1984-janvier 1987), et enfin Jacques de Larosière jusqu’en août 1993. Pour le Trésor se succèdent Jean-Yves Haberer jusqu’en mars 1982, puis Michel Camdessus (mars 1982-août 1984), Daniel Lebègue (août 1984-septembre 1987) et enfin Jean-Claude Trichet qui devait à son tour devenir gouverneur de la Banque en août 1993.

À ces très hauts fonctionnaires, issu d’un milieu homogène et restreint où dominent les inspecteurs des Finances, caractérisés aussi par une réelle proximité avec le personnel ministériel, s’ajoutent, au sein du conseil, les dirigeants des établissements financiers publics, mais aussi des représentants des entreprises et du milieu académique. Plusieurs d’entre eux émergent au cours des débats, comme Robert Lion, le directeur général de la Caisse des dépôts et consignations, ou encore Roger Fauroux, le Pdg de Saint-Gobain. Edmond Malinvaud, directeur général de l’INSEE ou encore des professeurs d’économie, comme Paul Coulbois ou encore François Morin, qui jouent également un rôle non négligeable.

Ainsi composé, le conseil général de la Banque de France ne constitue certes pas un lieu de décision véritable. Les décisions de politique monétaire sont prises ailleurs, au ministère des Finances, au Palais de l’Élysée, ou encore au sein du comité monétaire de la Commission européenne à Bruxelles ou du comité des gouverneurs de la CEE réuni une fois par mois sous l’égide de la Banque des Règlements internationaux à Bâle. Elles sont prises également à l’occasion des sommets des pays les plus avancés de la planète, le G5 d’abord puis le G7. Mais le conseil général fournit un observatoire exceptionnel des évolutions de la position de la France – c’est-à-dire de l’État français – vis-à-vis de ce qui apparaît alors comme le problème du dollar américain.

Hausse du dollar, crises de changes et ratification des marchés

La relation de la France au dollar dans les années 1980 est marquée par un fait majeur : la multiplication par un peu plus de deux du taux de change du dollar contre franc français.

Évolution du cours du Franc français contre dollar US (1971-1988)

Source : Banque de réserve fédérale de Saint-Louis, Base de données FRED (moyenne mensuelle des cours journaliers à New York).

L’évolution est nette : un dollar vaut 4 francs en juillet 1980, à la fin de la présidence de Jimmy Carter et en pleine crise des otages américains en Iran. Il atteint le maximum de 10 francs en février 1985 au lendemain de la triomphale réélection de Reagan. Comme l’explique après-coup Jacques Delors, ministre de l’Économie et des Finances de juin 1981 à juillet 1984, « c’était l’équivalent d’un choc pétrolier » : « Les deux chocs pétroliers plus la hausse du dollar revenaient à nous priver de 2 % de notre richesse et de notre niveau de vie [11] . »

Cette analyse est immédiatement faite au sein de la Banque de France. Dès le 8 janvier 1980, alors que l’administration républicaine vient de s’installer, le sous-gouverneur, Alain Prate, libéral convaincu, souligne la « hausse très vive du dollar », provoquée par les déclarations du nouveau secrétaire d’État au Trésor, Donald Regan, annonçant la mise en œuvre d’un programme jugé par le sous-gouverneur « audacieux et novateur [12]  ». Aux effets de ces déclarations ponctuelles s’ajoutent, de manière plus déterminante, précise Prate, les conséquences de « la politique monétaire rigoureuse », prônée par Paul Volcker, depuis sa nomination en 1979 à la tête de la Fed, la banque centrale des États-Unis, qui renforce « l’opinion des opérateurs selon laquelle les taux américains devaient se maintenir à un niveau élevé pendant un certain temps [13]  ». En juin 1981, en effet, le niveau des taux d’intérêt à court terme atteint à New York le record historique de 20 %, attirant tous les capitaux flottants du monde en quête du placement le plus rémunérateur.

À cette date, la divergence entre les reaganomics et la politique économique d’union de la gauche en France est à son maximum. La contrainte exercée par la hausse du dollar sur les mesures économiques prises au début du premier septennat de François Mitterrand est indéniable. C’est une des formes les plus évidentes de la « résurgence du mur de l’argent [14] . Cette contrainte est clairement formulée au sein de la Banque de France. Renaud de la Genière, dès le 15 août 1981, avertit Jean-Yves Haberer : le creusement du déficit budgétaire et de la balance commerciale de la France, consécutif à la politique de relance décidée par le gouvernement, est à l’origine « d’une vive spéculation à l’encontre du franc français : le taux de l’euro-franc atteint 360 % au jour le jour [15]  ». Ce chiffre astronomique reflète la prime de risque qu’il faut dès lors accepter de payer pour se procurer des devises contre franc, alors que l’ensemble des opérateurs de marché, depuis le 10 mai 1981, vendent massivement des francs, persuadés qu’une dévaluation est imminente. Le 4 octobre 1981, de fait, le franc est dévalué de 8,5 %, mettant fin provisoirement à la spéculation. Mais la crise a vidé les réserves de changes que gère la Banque de France. D’un montant de 22 milliards de dollars en février 1981, elles ne représentent plus que 7,5 milliards de dollars en octobre 1982 [16] .

Mais le répit est de courte durée puisque les tensions contre le franc reprennent dès février 1982 : la spéculation contre le franc est stimulée par l’ampleur du déficit du budget des États-Unis qui offre aux investisseurs la perspective d’abondants placements rémunérateurs et sans risque en bons du Trésor américain ! Vérité au-delà de l’Atlantique, erreur en deçà… Au lendemain de l’échec de la tentative française d’une concertation monétaire internationale au sommet du G7 réuni à Versailles au début de juin 1982 et alors que le dollar s’envole, dopé par les placements aux États-Unis des avoirs libanais qui fuient la guerre civile, le franc est un nouvelle fois dévalué le 12 juin 1982. Les réserves officielles de change ont fondu, couvrant à peine quinze jours d’importations du pays. Le gouverneur y voit la confirmation que la politique économique menée depuis mai 1981 n’est pas la bonne. C’est la leçon la plus évidente de la hausse sans précédent du dollar : « La tenue du franc, explique-t-il, est essentiellement l’affaire des Français et de la politique monétaire française. On ne peut rien contre ce qui se passe sur les marchés étrangers [17] . »

La pression des marchés, dès lors, ne cesse plus. « Il est inquiétant, souligne La Genière le 2 septembre 1982, que les capitaux ne soient pas encore revenus après la dernière dévaluation. » La persistance d’une spéculation devenue « endémique » contraint le gouvernement français à contracter des emprunts à l’étranger pour se procurer des devises, notamment un prêt de 4 milliards de dollars consentis, non sans difficulté, par l’Arabie saoudite. Ces dollars viennent regarnir – un temps – les réserves de change. « Le retour à l’équilibre de la balance de paiements courants, prévient toutefois le gouverneur, est le seul remède qui puisse permettre au franc de recouvrer la santé. Toutes les autres prescriptions ne sont que des analgésiques [18] . » Au début de 1983, le lacet se resserre : le niveau des réserves officielles est négatif. Le dollar contre franc s’est apprécié de 27 % en 1981 et de 17 % en 1982. Le tournant de la rigueur qui suit la nouvelle dévaluation du franc le 21 mars 1983 n’a pas d’autre origine. L’effet des mesures d’austérité, se félicite La Genière, a été immédiat : « Les sorties de devises enregistrées sur le marché des changes au début du mois de mars avaient été importantes, atteignant presque 4 milliards de dollars. Depuis lors, en une dizaine de jours, les trois quarts de cette somme ont été récupérés et il est permis de penser que ce mouvement se poursuivra… Les marchés ont ratifié les nouveaux cours [19] . »

La cause semble donc entendue : la hausse du dollar apparaît comme l’une des manifestations les plus évidentes de la pression des marchés exercée à l’encontre de la politique économique mise en œuvre par la gauche au lendemain des élections de mai 1981. Peut-on en conclure pour autant à la réalité d’un nouvel épisode de la relation conflictuelle opposant la France et les États-Unis depuis au moins 1945 ? La chose est rien moins que certaine.

Le Franc français est devant le dollar « comme l’âne de Buridan »

La tendance à la hausse du dollar ne doit, en effet, pas masquer, à une échelle temporelle plus fine, les fortes fluctuations qui caractérisent le taux de change de la devise américaine non seulement contre le franc français, mais plus généralement contre toutes les autres devises, au premier chef le deutsche mark et le yen. Ces phases de hausse et de baisse du dollar posent le problème véritable. Le franc par rapport au dollar, expose Paul Coulbois au conseil général le 18 février 1982, est « comme l’âne de Buridan [20]  » : placé devant l’alternance de hausses et de baisses du dollar, il ne sait pas choisir ce qui vaut mieux pour lui et risque donc, à l’image de l’âne du philosophe, indécis entre le seau d’eau qui pourrait le désaltérer et le picotin d’avoine qui pourrait le rassasier, de mourir de sa belle mort…

Trop fort, le dollar contribue, en effet, à alourdir la facture du commerce extérieur de la France, en particulier la facture énergétique et à détériorer sa balance des comptes vis-à-vis du reste du monde. La hausse du dollar alimente ainsi sans conteste une fuite des capitaux et entraîne la crise de change. Mais trop faible, le dollar a pour conséquence immédiate de faire monter le deutsche mark : « Les mouvements de capitaux qui se produisent des États-Unis vers l’Allemagne, explique le sous-gouverneur Gabriel Lefort, entraînent un renforcement appréciable du mark. » Cette évolution oblige la France à intervenir sur les marchés pour soutenir, au sein du SME, la parité du franc français contre le deutsche mark. « On comprend ainsi l’action indirecte, mais certaine, qu’exerce sur le rapport franc/DM l’évolution du rapport dollar/DM [21]  ». La prise de conscience de l’interdépendance des monnaies est ainsi à l’origine d’une tentative de régulation internationale des changes destinée à stabiliser le dollar.

Le tournant manqué de la coopération monétaire internationale

« Je n’ai réussi aucune percée dans mes efforts pour organiser le marché des changes et des monnaies. » Cet aveu d’impuissance de Jacques Delors renvoie, en effet, à une longue série d’échecs pour mettre en œuvre, face au désordre monétaire international, une régulation internationale des taux de change et en particulier du cours du dollar. En 1982, à l’initiative de la France, est lancée l’idée d’une action concertée des banques centrales du G7 pour intervenir sur les marchés des changes afin de stabiliser les fluctuations du dollar. Mais le gouvernement français se heurte à une fin de non-recevoir de la part du Trésor américain qui a la haute main sur les réserves de change du pays. En mai 1983, au sommet du G7 réuni à Williamsburg, « le problème des interventions sur les marchés des changes » est de nouveau à l’ordre du jour, poussé par la France. Si la Fed n’est pas hostile à cette idée, elle se heurte en revanche, souligne La Genière, « au refus du secrétaire d’État au Trésor et au scepticisme affiché par M. Pöhl [le président de la banque centrale allemande] quant à l’efficacité de telles opérations [22]  ».

À partir de 1984, cependant, la question d’une action concertée des banques centrales sur les changes se pose sur de nouveaux frais. D’une part, le dollar a repris son mouvement ascendant, dopé par la hausse des taux américains destinée à contrer le retour de pressions inflationnistes et la bonne santé de l’économie aux États-Unis. Le billet vert dépasse en août 1984 le record historique des 9 francs pour un dollar. D’autre part, la hausse du dollar commence également à peser sur la compétitivité des exportations américaines, en particulier face à la marée haute des exportations japonaises. Au Congrès, des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent pour réclamer une réaction protectionniste. En France, Renaud de la Genière, peu favorable à une politique d’intervention des banques centrales, est limogé en novembre 1984 et remplacé par Michel Camdessus, venu de la direction du Trésor et partisan convaincu de la nécessité d’une politique de régulation internationale des changes.

Le 12 février 1985, le dollar est à 10 francs. La réélection de Reagan entraîne un renouvellement des dirigeants de la Fed et voit surtout James Baker succéder à Donald Regan au Trésor. « La nouvelle équipe américaine, rapporte Camdessus de retour de la réunion mensuelle des gouverneurs du G10 à Bâle, n’est pas dans l’attitude du benign neglect des précédentes […] Les Américains se montrent ainsi disposés à gérer avec leurs partenaires un soft landing du dollar et à intervenir le cas échéant [23] . » L’évolution des esprits, à cette date, est indéniable. « La concertation des deux côtés de l’Atlantique, expose le sous-gouverneur Jacques Waitzenegger, est indispensable : il faut expliquer aux Américains qu’ils doivent commencer à acheter des devises européennes pour le moment qui viendra nécessairement où le dollar plongera et qu’il leur faudra freiner cette chute en vendant des devises européennes ou du yen [24] . » Le pas est franchi le 27 février 1985 avec une première intervention massive et concertée, pour un montant de 4 milliards de dollars, de toutes les banques centrales du G10 qui parvient à faire reculer le dollar de près de 5 %. Ce retournement est confirmé dans les semaines qui suivent : « Le mythe selon lequel le dollar ne peut que monter vient de s’effondrer brutalement » commente Edmond Malinvaud le 28 mars 1985 [25] . Mais la baisse du dollar risquerait de profiter de nouveau au deutsche mark et d’entraîner donc de fortes tensions au sein du SME. Cette préoccupation, « fermement exprimée » par la France, est à l’origine de l’accord de coopération monétaire internationale conclu au Plaza, un grand hôtel de New York, à l’occasion du sommet du G7 le 22 septembre 1985. Les banques centrales décident de coordonner leurs interventions sur les marchés pour piloter une dépréciation du dollar qui profite pour l’essentiel au yen et non au deutsche mark. « Il est clair, commente le gouverneur de retour de New York, que les Japonais craignent par dessus tout la vague protectionniste qui s’amplifie actuellement aux États-Unis. Pour l’éviter ils sont prêts à cotiser un peu plus qu’ils ne l’ont fait jusqu’à présent [26] . »

Conformément à l’accord du Plaza, les banques centrales interviennent effectivement entre octobre 1985 et février 1986 en vendant massivement des dollars. Dès la fin du mois de septembre 1985, 10 milliards de dollars ont ainsi été vendus. La hausse du dollar est enrayée. La Banque du Japon, en liaison avec les banques commerciales de la place de Tokyo, joue pleinement ce jeu et liquide une fraction importante de ses avoirs en dollars. Les banques centrales européennes interviennent également, mais de manière plus modérée. L’opération est globalement une réussite, puisque le cours du yen s’apprécie au total, entre septembre 1985 et mars 1986, de près de 30 % par rapport au dollar. Quant aux devises européennes, notamment le deutsche mark, leurs cours s’apprécient dans une proportion moindre, de l’ordre de 20 % en moyenne. En outre, cette appréciation profite surtout à la livre sterling et au franc suisse plus qu’aux monnaies du SME, qui reste donc à l’abri des tensions.

Dès le début de 1986, cependant, l’accord du Plaza commence à être remis en question au nom des logiques nationales de chaque pays. « On éprouve beaucoup de difficulté, déplore Camdessus en février 1986 au lendemain du sommet du G7 de Londres, non seulement à développer, mais simplement à maintenir l’esprit de l’accord de New York [27] . » Aux États-Unis, le désaccord se creuse entre la Fed, favorable à la coopération internationale, et le Trésor soumis aux groupes de pression des exportateurs américains qui souhaitent voir se prolonger la baisse du dollar. « M. Baker bloque, en fait, toute opération concertée de freinage de l’atterrissage du dollar [28] . » À cette date, la nature du problème du dollar commence en effet à changer : sa dépréciation accélérée semble échapper à tout contrôle. Elle constitue, dès lors, un danger aussi préoccupant pour l’économie mondiale que sa hausse inconsidérée. Elle contribue en particulier à la chute des prix mondiaux du pétrole. Ce « contre-choc » pétrolier aggrave notamment la crise de la dette des pays en développement, notamment le Mexique, gros producteur pétrolier. Au sein même du SME, les tensions réapparaissent. Le deutsche mark bénéficie d’autant plus de l’afflux des capitaux qui quittent les États-Unis que la Bundesbank se refuse à toute baisse de ses taux. « On ne connaît pas bien le fond de la pensée des Allemands, doit avouer le gouverneur. On ignore en effet ce que ceux-ci et les Américains se disent au niveau des gouvernements [29] . »

Dans ce contexte incertain, encore aggravé à l’approche des élections législatives de mars 1986, le franc français est de nouveau l’objet d’attaques spéculatives. Cette nouvelle crise des changes est à l’origine de la dévaluation du franc décidée le 6 avril 1986 par le nouveau ministre des Finances, Édouard Balladur, dans le cadre inédit de la cohabitation. Cette mesure, couplée avec l’annonce du virage néo-libéral de la politique économique, provoque un retour immédiat des capitaux : « Les opérateurs, commente le sous-gouverneur Philippe Lagayette, ont accueilli favorablement les mesures d’accompagnement du réajustement, appréciant notamment le blocage des salaires dans la fonction publique, l’allégement du contrôle des changes, le retour progressif à la liberté des prix [30] . » Jamais la marge de manœuvre des politiques économiques nationales n’a semblé aussi réduite. Lagayette l’exprime très clairement quelques semaines plus tard à propos du désordre international des taux d’intérêt : « Chaque pays a, individuellement, de bonnes raisons de ne pas procéder à de nouvelles baisses de ses taux d’intérêt. Or, si l’on considère l’économie à l’échelle mondiale, on est amené à penser qu’il existe encore une certaine marge pour faire baisser les taux réels ; il y a donc une contradiction entre l’analyse globale et l’analyse par pays [31] . »

Cette « contradiction » entre les logiques économiques nationales et les dynamiques d’un marché de l’argent en voie de globalisation provoque la « paralysie » de la concertation internationale [32] . Au tout début de 1987, la reprise de la baisse du dollar accélère la hausse du deutsche mark. Le SME est de nouveau sous pression. Réunis au sein du comité monétaire de la CEE à Bruxelles, les gouverneurs et les ministres des Finances doivent décider le 11 janvier 1987 un nouveau changement de parité des monnaies du SME. Non sans peine. Lagayette s’en fait lucidement l’écho : « En réalité, les difficultés sont nées du fait que, cette fois, il ne s’agissait pas d’un réalignement économique. Pour la première fois, les monnaies européennes ont été réalignées sous la pression des marchés, pour des raisons de change, tenant en grande partie à des éléments extérieurs au SME, tels que la baisse du dollar [33] . » Dans ce contexte difficile, la signature par six États du G7 – l’Italie s’étant abstenue – de l’accord du Louvre le 22 février 1987 ne laisse pas augurer de grands espoirs de reprise véritable de la coopération monétaire internationale. La volonté affichée de stabiliser le dollar se heurte immédiatement à la mauvaise volonté de l’administration américaine. En avril 1987, le représentant spécial au Commerce, Clayon Yeutter, évoque la perspective d’un dollar à 100 yens, entraînant aussitôt un repli brutal du dollar sur tous les marchés ! La dépréciation du dollar contre le yen atteint désormais depuis l’accord du Plaza plus de 60 % et rien ne semble devoir l’arrêter. « La stabilité du dollar, reconnaît Waitzenegger, reste très problématique et difficile à obtenir [34] . » Le remplacement en août 1987 de Paul Volker par Alan Greenspan, plus réticent à engager les banques centrales dans une politique de régulation internationale, accentue encore cette évolution. Plus que jamais, semblent alors réaffirmer les Américains, à l’instar de John Connally, le secrétaire d’État au Trésor en 1971, « le dollar est notre monnaie, mais c’est votre problème ».

Mondialisation et union monétaire européenne

« On se trouve dans une situation particulièrement dangereuse, prévenait Camdessus dès le début de 1987, le marché étant assez largement abandonné à lui-même [35] . » Les interventions des banques centrales, dans la foulée de l’accord du Louvre, sont loin d’être négligeables puisqu’elles atteignent 40 milliards de dollars fin mai 1987. Mais, souligne Jacques de Larosière qui, venu de la direction du FMI, a succédé à Camdessus, « les réserves des banques centrales sont certes importantes, mais elles sont tout de même incommensurables avec le volume des transactions qui s’opèrent sur les marchés [36]  ». Ce changement d’échelle des marchés de l’argent est le fait majeur de la décennie 1980. « Que de choses ont changé dans notre monde financier, confessait le gouverneur Larosière, depuis que j’ai quitté la France en 1978 [37]  ! »

Cette grande transformation est apparue dans toute son ampleur avec le krach boursier global du 19 octobre 1987. Ce jour-là, les cours s’effondrent de 23 % à Wall Street et l’onde de choc se propage instantanément à toutes les bourses du monde. « Ce qui s’est passé, commente aussitôt le nouveau directeur du Trésor, Jean-Claude Trichet, amène à prendre davantage conscience du fait qu’il y a maintenant un système mondial, complètement unifié, des marchés. […] On vient de découvrir, brutalement, et c’est un enseignement fondamental, que toutes les places du monde étaient virtuellement couplées. Il y a un système mondial, ce qui appelle bien évidemment une gestion collective mondiale [38] . »

Pour François Morin, la leçon principale du krach de 1987 est que « la coopération internationale des autorités monétaires semble montrer ses limites [39]  » : non seulement elle n’a pas réussi à stabiliser le dollar, mais surtout on peut se demander si l’action des banques centrales visant à stabiliser le taux de change du dollar n’est pas responsable de l’élévation des taux sur le marché financier américain soucieux de retenir les capitaux qui refluent vers d’autres monnaies refuge. Ainsi comprise, la politique d’intervention des banques centrales serait donc en partie responsable de la crise d’octobre 1987. Pour Larosière, cette question est « vraiment fondamentale » : « Lorsque les mouvements de capitaux sont libres et que l’on est dans un système de taux de change stabilisé, on a une marge de manœuvre moins large sur le plan de la politique monétaire [40] . » Cette confirmation de la validité du triangle d’incompatibilité énoncé dès 1961 par l’économiste Robert Mundell, permet de comprendre comment les autorités monétaires françaises, dès cette époque, s’orientent vers le renforcement de la coopération monétaire à l’échelle de l’Europe : « Il faut maintenant réagir de manière concertée et dans un esprit européen, préconise Larosière, pour éviter que l’inaction américaine se traduise par un désordre dans le SME [41] . »

Les accords signés dès le 13 septembre 1987 à Nyborg et qui visent à renforcer la coopération mutuelle au sein du SME, rappelait le gouverneur, s’inscrivent déjà dans cette logique. Mais la conséquence du krach d’octobre 1987 incite, selon lui, à aller plus loin encore :

« Il est important désormais de suivre de très près tout ce qui peut traduire une amélioration de la convergence des politiques économiques. Dans un monde où les marchés s’interpénètrent largement, où les instruments financiers se sont multipliés, où la possibilité d’intervenir sur les cours et sur les taux d’intérêt sont devenues innombrables, où l’informatique fait qu’à chaque instant toute spéculation ou tout mouvement est possible, où les mouvements de capitaux sont presque sans limitation… […] On ne peut plus, dans une économie mondiale dont les ballants sont aussi puissants, se contenter d’une convergence insuffisante en ce qui concerne les politiques économiques et les politiques monétaires [42] . »

La rupture, cette fois, est nette : dans un monde en voie de mondialisation, il ne s’agit plus seulement de renforcer les mécanismes de la coopération européenne, mais bel et bien d’aller jusqu’au bout du processus de convergence économique et monétaire. La formation du comité Delors sur l’unification économique et monétaire de l’Europe, constitué en avril 1988 et dont les conclusions sont adoptées par les chefs d’État au sommet de Madrid en juin 1989, s’inscrit à n’en pas douter dans le droit fil de cette politique.

« Chacun sait que l’histoire des progrès monétaires de l’Europe est liée aux périodes de crise du dollar [43] . » Cette analyse du gouverneur de la Banque de France, Michel Camdessus, datée de novembre 1986, résume le problème historique des rapports de la France au dollar dans les années 1980.

Le problème du dollar est, sans discontinuer, au cœur des analyses du conseil général de la Banque de France durant toutes les années 1980. Cette obsession française traduit sans aucun doute la tension que créé la grande divergence des politiques économiques menées de part et d’autre à partir de 1981.

Mais la question du rapport de la France au dollar ne saurait se limiter à cette échelle strictement bilatérale. Elle renvoie aussi à l’histoire plus globale de l’évolution de la place de la France dans un monde en voie de mondialisation. Le dollar, monnaie mondiale, cristallise tous les enjeux du processus d’intégration des marchés de l’argent à l’échelle désormais dominante de la planète finance.

Cette grande transformation constitue un défi considérable pour la démocratie car elle substitue à la volonté de la majorité politique d’un État-nation la « ratification » d’un marché devenu global. Le choix de l’unification économique et monétaire de l’Europe est la réponse, pleinement endossée par les « autorités monétaires », au défi de la mondialisation. L’origine de l’euro est donc résolument globale. C’est une réalité historique qui prend de nos jours, dans le contexte de la crise de l’euro, un relief saisissant.

Pour citer cet article : Olivier Feiertag, « La France, le dollar et l’Europe (1981-1989). Aux origines globales de l’euro », Histoire@Politique. Politique, culture, société, n° 19, janvier-avril 2013 [en ligne, www.histoire-politique.fr]

Notes :

[1] Cf. Barry Eichengreen, Exorbitant Privilege. The Rise and Fall of the Dollar and the Future of the International Monetary System, New York, Oxford University Press, 2011.

[2] Jean-Charles Asselain, « L’expérience socialiste face à la contrainte extérieure (1981-1983) », dans Serge Berstein et Pierre Milza (dir.), François Mitterrand, les années du changement, 1981-1984, Paris, Perrin, 2001, p. 385-430.

[3] François Mitterrand, Ici et maintenant, conversations avec Guy Claisse, Latche-Paris, 1er août-10 octobre 1980, Paris, Fayard, 1981, p. 283-284 et p. 292.

[4] Pierre Mélandri, « L’Alliance, la "différence", l’interdépendance : les relations franco-américaines de 1981 à 1984 » et Frédéric Bozo, « La France, fille aînée de l’Alliance ? La politique atlantique de François Mitterrand 1981-1984 », dans Serge Berstein et Pierre Milza (dir.), François Mitterrand…, op. cit., p. 220-252 et p. 195-219.

[5] Cf. Dimitri Grygowski, Les États-Unis et l’unification monétaire de l’Europe, Bruxelles, Peter Lang, 2009.

[6] Cf. Olivier Feiertag, « Le tournant de la mondialisation. La Banque de France et le Comité Delors (1988-1989) », dans Olivier Feiertag et Michel Margairaz (dir.), Les banques centrales à l’échelle du monde, Paris, Presses de Sciences Po, 2012, p. 221-250.

[7] Cf. Kazuhiko Yago, « La Banque du Japon dans le système monétaire international (1945-1985) », dans Olivier Feiertag et Michel Margairaz (dir.), Les banques centrales à l’échelle du monde…, op. cit., p. 127-145.

[8] Cf. René Dagorn, « Une brève histoire du mot « mondialisation », dans Michel Beaud et alii, Mondialisation. Les mots et les choses, Paris, Karthala, 1999, p. 187-204.

[9] Que le service des archives de la Banque de France soit ici remercié pour la grande compétence et la constante disponibilité dont il fait preuve envers les chercheurs.

[10] Loi n° 73-7 du 3 janvier 1973 sur la Banque de France, art. 1 et 3.

[11] Jacques Delors, Mémoires, Paris, Plon, 2003, p. 133 et 135.

[12] Archives de la Banque de France (ABF), procès-verbaux du conseil général (PVCG), 22 janvier 1980, p. 22.

[13] Ibid., p. 23.

[14] Cf. Vincent Duchaussoy, La Banque de France et l’État. De Giscard à Mitterrand : enjeux de pouvoir ou résurgence du mur d’argent ? 1978-1984, Paris, L’Harmattan, 2011.

[15] ABF, PVCG, 20 août 1981, p. 250.

[16] ABF, PVCG, 7 janvier 1982, p. 4.

[17] ABF, PVCG, 24 juin 1982, p. 207.

[18] ABF, PVCG, 16 septembre 1982, p. 291.

[19] ABF, PVCG, 31 mars 1983, p. 131.

[20] ABF, PVCG, 18 février 1982, p. 73.

[21] ABF, PVCG, 6 janvier 1983, p. 9.

[22] ABF, PVCG, 28 avril 1983, p. 159.

[23] ABF, PVCG, 14 février 1985, p. 63.

[24] Ibid., p. 69.

[25] ABF, PVCG, 28 mars 1985, p. 130.

[26] ABF, PVCG, 26 septembre 1985, p. 368.

[27] ABF, PVCG, 27 février 1986, p. 106.

[28] Ibid., p. 107.

[29] ABF, PVCG, 27 février 1986, p. 110.

[30] ABF, PVCG, 17 avril 1986, p. 173.

[31] ABF, PVCG, 22 mai 1986, p. 228.

[32] ABF, PVCG, 27 février 1986, p. 109.

[33] ABF, PVCG, 15 janvier 1987, p. 3.

[34] ABF, PVCG, 23 avril 1987, p. 180.

[35] ABF, PVCG, 15 janvier 1987, p. 12.

[36] ABF, PVCG, 12 février 1987, p. 75.

[37] ABF, PVCG, 29 janvier 1987, p. 48.

[38] ABF, PVCG, 22 octobre 1987, p. 420.

[39] ABF, PVCG, 3 décembre 1987, p. 482.

[40] ABF, PVCG, 22 octobre 1987, p. 427.

[41] ABF, PVCG, 5 novembre 1987, p. 444.

[42] ABF, PVCG, 22 octobre 1987, p. 419.

[43] ABF, papiers Camdessus, « Vers les progrès du SME ? », note du 4 novembre 1986.

Olivier Feiertag

Olivier Feiertag est professeur d’histoire contemporaine à l’université de Normandie- Rouen. Il a publié récemment : Banques centrales à l’échelle du monde (avec Michel Margairaz eds) (Presses de Sciences Po, 2012). « Triffin et la construction monétaire européenne, une contribution à la rénovation du système monétaire international » (avec Eric Bussière), dans J.C. Koeune et A. Lamfallussy (eds), In Search of a New World Monetary Order (PIE Peter LAng, 2012).


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