Histoire@Politique : Politique, culture et société

Le dossier

Gaullistes, femmes et réseaux

Coordination : Yves Denéchère

Les femmes dans les instances dirigeantes des mouvements gaullistes (1958-1988)

Bernard Lachaise
Résumé :

« Les femmes dans les instances dirigeantes des mouvements gaullistes (1958-1988) » Les partis gaullistes ont longtemps conservé une direction très masculine. L’accès des femmes aux (...)

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Les cadres des mouvements gaullistes depuis l’entrée du gaullisme dans la vie politique française en 1947 ont longtemps été peu étudiés comme, d’ailleurs, ceux des autres familles politiques et c’est un des objectifs du projet GAULHORE (Gaullistes : hommes et réseaux) de combler cette lacune [1] . Les politistes qui ont été les premiers – et longtemps les seuls  à s’y intéresser ont privilégié les autres élites politiques (les ministres, les parlementaires, les élus locaux, les militants, voire les candidats). Les recherches sur les femmes en politique ne se distinguent pas à cet égard et les dirigeants des partis occupent une place modeste dans la bibliographie pour les années 1958-1988 [2] .

Une statistique élaborée par Janine Mossuz-Lavau et Mariette Sineau, à partir de chiffres fournis en juin 1982 par les partis, donne une information d’autant plus intéressante qu’elle s’inscrit dans une perspective comparatiste avec d’autres familles politiques [3] . Immédiatement, apparaissent deux caractéristiques pour le RPR : le plus féminin pour le nombre d’adhérentes (43 % contre 40 %) mais le moins féminin dans ses instances dirigeantes (8 % au comité central, 6 % au conseil politique et 8 % à la commission exécutive [4] ).

La situation n’est pas nouvelle : déjà au temps du RPF (1947-1955), une seule femme siège parmi les dirigeants du parti, Eugénie Éboué. Avec les débuts de la Ve République, rien ne change et les cadres du parti gaulliste restent presque exclusivement des hommes jusqu’à la fin des années 1960. Une évolution s’amorce alors dont un des résultats les plus visibles est constitué par la présence de deux femmes appartenant aux instances dirigeantes sur une affiche de la campagne des élections législatives de 1986, Michèle Alliot-Marie et Michèle Barzach. La féminisation reste modeste car sur l’affiche figurent douze personnalités gaullistes.

Malgré ces limites, cette place accrue des femmes à la tête du RPR n’est pas sans lendemain comme en témoigne l’entrée de ces deux femmes au gouvernement après la victoire électorale de 1986. Pour Michèle Alliot-Marie, c’est le début d’une exceptionnelle carrière ministérielle avec de nombreux ministères régaliens mais aussi une élection au poste de présidente du RPR, choisie par un vote ouvert à tous les militants, en décembre 1999. Par cette élection, Michèle Alliot-Marie est la première femme à accéder à la tête d’un grand parti politique français, avant Martine Aubry en 2008.

Mais il est un sujet encore plus récent dans l’histoire politique française, c’est celui des entourages politiques, ouvert par René Rémond et creusé depuis quelques années sous l’impulsion de Gilles Le Béguec [5] . Et, avant même que les recherches en cours – celles de GAULHORE notamment – ne soient achevées, il est nécessaire de souligner combien, à côté des femmes ministres, parlementaires ou cadres, certaines femmes des entourages peuvent occuper une place essentielle dans une famille politique. Et, bien sûr, pour le gaullisme, le nom de Marie-France Garaud s'impose tant son rôle politique a été fort entre 1969 et 1979 : y a-t-il un autre exemple de femme, non élue, non ministre, non cadre d’un parti, qui ait eu une telle influence sur la vie politique française durant au moins une décennie ? Marie-France Garaud n’entre pas dans le corpus étudié aujourd’hui, restreint aux femmes dans l’appareil du parti gaulliste mais il est clair qu’elle compte bien plus à elle seule pour les années 1958-1988 que toutes les autres cadres étudiées [6] .

Le cadre chronologique 1958-1988, dans l’histoire du gaullisme partisan, se divise en deux périodes inégales, celle de l’UNR-UDR, au temps de Charles de Gaulle et Georges Pompidou de 1958 à 1976, et celle des premières années du RPR né en 1976 jusqu’à la fin du gouvernement Chirac en 1988 [7] . Il s’agira d’apprécier la place des femmes dans les cercles dirigeants gaullistes puis d’examiner les voies d’accès pour ces femmes vers le sommet des mouvements gaullistes avant de voir si le passage par la direction a constitué un tremplin dans la carrière de ces femmes.

Bien peu de femmes parmi les dirigeants gaullistes…

Quelques chiffres en témoignent, à partir de corpus variés et larges. Dans l’annuaire des gaullistes qu’il publie en 1963, sorte de Who’s who des élites gaullistes – 116 noms – au début de la Ve République, Pierre Viansson-Ponté ne retient que quatre femmes (soit 3,5 %), Marie-Madeleine Fourcade dont il termine le portrait en écrivant : « Elle rallie l’UNR et figure un moment à son comité central », Nicole de Hautecloque, Irène de Lipkowski, Élisabeth de Miribel [8] . Le profil sociologique des cadres du RPR – définis comme les délégués du parti aux assises du mouvement – montre que les femmes y sont peu nombreuses malgré une légère progression (11 % en 1978, 20 % en 1984 et 23 % en 1990) [9] . Avant de tenter une approche quantitative plus fine, il est indispensable de déterminer le périmètre de l’étude en définissant la notion d’« instances dirigeantes »… Les noms ont pu changer, selon les partis entre 1958 et 1988, mais il s’agit des instances exécutives (bureau exécutif, commission exécutive et conseil politique) et du comité central. La composition quantitative est très variable, d’une à quelques dizaines de membres pour les premières à plusieurs centaines pour le comité central [10] . Trois temps peuvent être distingués, les années de Gaulle-Pompidou, la naissance du RPR (1976) et la victoire du RPR aux élections législatives en 1986.

Durant les années 1958-1974, force est de constater que pour les mouvements gaullistes, c’est le temps d’une direction « mâle ». La direction de l’UNR est restée presque exclusivement masculine en dehors de l’entrée au comité central de Marie-Madeleine Fourcade puis de Christiane Marcilhacy à l’UNR-UDT. L’événement n’est pas durable et la même instance, dans la nouvelle formation « UD-Ve République », à l’issue des assises de Lille en 1967, ne compte aucune femme. Suzanne Ploux y entre, comme membre cooptée le 5 décembre 1967 et quatre autres – Marie-Madeleine Dienesch, Odette Launay, Nicole Rossolin-Grandville, Geneviève Thibault – comme « membres associées » au nom du Centre féminin d’études et d’information (CFEI), créé en 1965, avec l’appui du secrétaire général de l’UNR-UDT, Jacques Baumel. En 1971, un autre secrétaire général, René Tomasini, « octroie » deux sièges au CFEI au sein du comité central – Marcelle Devaud et Florence d’Harcourt –, ce qui revient, comme le souligne Jérôme Pozzi, à « la portion congrue, dans la mesure où le comité central de l’UDR est une assemblée qui compte à cette date 108 membres [11]  ». Mais ces deux gaullistes sont aussi les premières à entrer au bureau exécutif de l’UDR et Florence d’Harcourt devient secrétaire générale adjointe du mouvement en décembre 1973. L’arrivée d’Hélène Missoffe dans les instances dirigeantes comme « secrétaire nationale, chargée de l’Action féminine » en 1974 puis « déléguée nationale pour les questions sociales, familiales et culturelles » (juillet 1975) renforce cette très timide ouverture aux femmes.

Avec la naissance du RPR, le gaullisme se féminise légèrement : dès 1976-1977, Anne-Marie Dupuy est nommée secrétaire générale adjointe, aux côtés de Jérôme Monod ; quatre femmes (Anne-Marie Dupuy, Marie-Monique Steckel, Noëlle Dewavrin, Jacqueline Crépy) sont nommées dans la commission exécutive qui en compte trente ; quatre sont élues – le 26 juin 1977 – au conseil politique (Marie-Jeanne Boudet, Colette Fouchet, Paulette Labatut et Édith Pouret) sur un total d’une trentaine. Le comité central – en juin 1977 – compte trois femmes parmi les soixante-dix représentants des régions élus (Paulette Labatut pour l’Aquitaine, Mme Csorgei pour le Centre et Chantal Duverget pour la Franche-Comté) et vingt-quatre femmes parmi les cent élus sur une liste nationale par le congrès extraordinaire du 12 juin [12] . Au plus haut sommet du RPR, dans les premières années du mouvement gaulliste rénové, entre 1976 et 1981, les femmes les mieux placées dans la direction du parti, autour de Jacques Chirac et du secrétaire général, Jérôme Monod puis Alain Devaquet, sont principalement Anne-Marie-Dupuy, Noëlle Dewavrin, Nicole Chouraqui, Nicole de Hautecloque, Christiane Papon et Hélène Missoffe.

Au milieu des années 1980, quand il redevient le premier parti au Palais-Bourbon après les élections législatives de 1986 et qu’il dirige le gouvernement avec Jacques Chirac, entre 1986 et 1988, le RPR accorde-t-il une meilleure place aux femmes ? Quantitativement, la proportion des femmes dans les instances dirigeantes ne change pas et reste très faible : ainsi, au conseil (puis bureau) politique, les femmes sont restées rares depuis 1976 (Christiane Papon jusqu’en 1984, Hélène Missoffe jusqu’en 1978, Nicole Chouraqui) et en 1988, sur les trente membres, elles ne sont que trois (Marie-Thérèse Hermange puis Michèle Barzach et Michèle Alliot-Marie). Le fait le plus novateur réside dans le renouvellement, esquissé depuis 1976 et amplifié en 1986 : les femmes entrant dans les instances dirigeantes du RPR dans les années 1980 appartiennent à la génération des années 1940 alors que leurs prédécesseurs représentaient les premières générations du gaullisme, avec une forte place pour les gaullistes de la Résistance. Ce rajeunissement ne constitue pas une spécificité des femmes dans le RPR. Il se retrouve chez les parlementaires et les ministres : ainsi, parmi les membres gaullistes du deuxième gouvernement Chirac entre 1986 et 1988, seuls Albin Chalandon et Jacques Chirac ont été membres d’un gouvernement sous de Gaulle ou Pompidou.

Au total, entre 1958 et 1988, un tout petit nombre, moins d’une trentaine de femmes, ont appartenu aux instances dirigeantes des partis gaullistes. Aucune ne figure au premier plan dans la direction d’un parti gaulliste. Celles qui ont accédé aux plus hauts postes de responsabilité – un secrétariat national – ont été, à l’exception de Michèle Alliot-Marie et de Nicole Chouraqui, confinées à deux domaines principaux, l’action féminine et les affaires sociales [13] . Elles représentent presque à elles seules les personnalités féminines du gaullisme car ce sont, pour la plupart, les mêmes qui sont parlementaires nationales ou européennes et ministres ou candidates [14] .

Les voies d’accès vers le sommet

Comment ce petit nombre de femmes a-t-il été admis dans les sommets des partis gaullistes ? Force est de souligner, d’abord, que leur entrée en politique s’est effectuée selon une chronologie très étalée dans le temps et parfois sous des étiquettes non gaullistes. Les plus anciennement engagées en politique sont Marie-Madeleine Dienesch, élue députée MRP des Côtes-du-Nord en 1945 et Nicole de Hautecloque, entrée au RPF en 1947 et élue au Conseil municipal de Paris la même année. La première, ancienne membre du PDP (Parti démocrate populaire), est restée fidèle à la démocratie chrétienne jusqu’en 1967 : dès lors, elle siège dans les groupes gaullistes au Palais-Bourbon. Ensuite, viennent trois temps dans l’engagement : les débuts de la Ve République pour Suzanne Ploux, du côté de l’UNR, pour Nicole Rossolin-Grandville chez les gaullistes de gauche et pour Nicole Chouraqui au parti radical ; la présidence Pompidou pour Florence d’Harcourt et Christiane Papon et enfin, le temps du RPR pour Michèle Alliot-Marie, Michèle Barzach, Anne-Marie Couderc, Marie-Thérèse Hermange. Le parcours des femmes accédant aux instances dirigeantes des mouvements gaullistes varie selon les générations et les conditions d’entrée en politique. Trois voies, non exclusives et non spécifiques, l’emportent : le militantisme féminin, l’expérience et la légitimité données par le suffrage universel et l’appartenance à un entourage politique.

Le Centre féminin d’études et d’informations (CFEI), souvent désigné sous le nom de sa publication Femme Avenir à compter de 1967, apparaît comme un vivier privilégié. La moitié au moins des femmes siégeant dans les instances dirigeantes gaullistes ont milité au CFEI et y ont exercé des responsabilités nationales ou locales. Les plus emblématiques sont les présidentes du mouvement féminin, Nicole Rossolin-Grandville (en 1966), Florence d’Harcourt (en 1971), Christiane Papon (en 1975) et Noëlle Dewavrin (en 1991)… Mais d’autres femmes sans être au sommet du CFEI y ont occupé d’importantes fonctions, à l’image de Paulette Labatut, présidente de Femme Avenir en Dordogne, de Geneviève Thibault, dirigeante de l’ancêtre du CFEI pour les gaullistes, l’Action féminine familiale et sociale (AFFS) puis secrétaire générale de l’association et rédactrice en chef de Femme Avenir ou Odette Launay, directrice de Femme Avenir. Parfois, ce n’est pas l’appartenance au CFEI qui est décisive : ainsi, Marcelle Devaud est entrée au comité central en tant qu’ancienne parlementaire gaulliste et figure « emblématique » et continue du gaullisme politique depuis le RPF [15] . Dès le début, les liens sont très étroits entre le CFEI et les mouvements gaullistes et quasiment officialisés par la représentation du CFEI dans les assises de l’UNR, par un financement accordé par le parti gaulliste au mouvement féminin ou le soutien à la candidature Chaban-Delmas en 1974 [16] . Quand il conseille leur promotion au sein des instances locales de l’UDR, le secrétaire général René Tomasini ne cache pas sa motivation : « Ce sera une excellente affirmation du modernisme et du dynamisme de notre mouvement [17] . »

La seconde voie pour obtenir la confiance des dirigeants des mouvements gaullistes afin d’accéder aux plus hautes instances, c’est celle du suffrage universel, du mandat national ou local reçu au préalable par des femmes gaullistes. Au-delà de l’exemple de Marcelle Devaud, sont choisies des élues au Parlement, Marie-Madeleine Dienesch, Nicole de Hautecloque, Suzanne Ploux et Odette Launay ou des élues locales comme Paulette Labatut [18] . Les premières promotions dans le parti d’élues datent de 1967 avec Marie-Madeleine Diesnech, Suzanne Ploux et Odette Launay : elles correspondent à un temps d’ouverture du mouvement gaulliste, après les soucis électoraux des législatives et « récompensent » des femmes députées. Les débuts du RPR marquent une autre étape avec le souci d’ancrer le mouvement chiraquien dans la continuité gaullienne en faisant appel à des femmes dont le nom évoque l’épopée gaulliste et une longue fidélité, à l’image de Nicole de Hautecloque. Cela n’exclut pas la nomination de femmes sans mandat d’élue mais au nom tout aussi symbolique comme Anne-Marie Dupuy ou Colette Fouchet [19] . Au milieu des années 1980, les femmes élues appelées au sommet du RPR sont surtout des élues locales, pour la plupart parisiennes donc élues sur des listes « chiraquiennes » : ainsi, Nicole Chouraqui, Michèle Barzach, Anne-Marie Coudert… La seule exception est Michèle Alliot-Marie, implantée locale mais à Ciboure dans les Pyrénées-Atlantiques dont elle est conseillère municipale depuis 1983 [20] .

Mais l’exemple de Michèle Alliot-Marie ou d’Anne-Marie Dupuy illustre le troisième vivier de recrutement des femmes accédant aux instances dirigeantes du parti gaulliste, celui des entourages politiques. La première femme issue de ce vivier n’est autre que Nicole Rossolin-Grandville qui a appartenu à plusieurs cabinets de ministres gaullistes dans les années 1960 dont celui de Gaston Palewski en décembre 1962 avant de devenir présidente du CFEI [21] . Parmi les autres, issues des entourages publics ou familiaux, figure « en tête » Michèle Alliot-Marie, à la fois forte d’une longue expérience de cabinet entre 1972 et 1978 et « héritière » d’un père député des Pyrénées-Atlantiques (1967-1981), maire de Biarritz (1983-1991) dont elle est la suppléante aux élections législatives de 1978 et de 1981 [22] . Puis viennent Anne-Marie Dupuy ancienne collaboratrice de Georges Pompidou, Lydie Gerbaud, épouse de François Gerbaud, député gaulliste de l’Indre (1967-1973) puis conseiller dans divers ministères, Colette Fouchet, veuve de Christian Fouchet ou l’échelon local, Paulette Labatut, parrainée par Yves Guéna, ancien ministre, député-maire de Périgueux et dernier secrétaire général de l’UDR en 1976. L’entrée dans les instances dirigeantes d’un mouvement gaulliste constitue-t-elle un tremplin vers d’autres fonctions politiques ?

La direction, un tremplin vers d’autres fonctions politiques ?

L’étude des parcours des femmes ayant accédé aux instances dirigeantes du parti gaulliste incite à une réponse nuancée. Le passage par la direction a parfois constitué une étape et un marchepied vers une carrière parlementaire, voire ministérielle. Cela concerne essentiellement les femmes de l’appareil central du RPR comme Florence d’Harcourt, Christiane Papon, Nicole Chouraqui, Michèle Alliot-Marie, Michèle Barzach, Anne-Marie Couderc et Marie-Thérèse Hermange qui toutes sont devenues parlementaires [23] . Cependant l’accès au Parlement est parfois très tardif (Christiane Papon ; Anne-Marie Couderc ; Marie-Thérèse Hermange) ce qui relativise le rôle de l’expérience dans la direction du parti. L’exemple de Florence d’Harcourt, entrée au bureau exécutif en 1971, confirme même qu’il n’y a aucune « évidence » pour la suite : l’UDR ne lui promet-elle pas une investiture dans les Yvelines pour les législatives de 1973 avant de la lui refuser ? Et la présidente de Femme Avenir doit se « contenter » d’une suppléance dans les Hauts-de-Seine perçue, écrit-elle plus tard comme une promotion « pour la représentante du sexe faible que je n’avais cessé d’être, du moins dans l’esprit de ceux qui formaient le bureau exécutif de l’UDR [24]  ». En fait, l’accès à la direction s’ajoute souvent à d’autres ressources politiques comme chez Michèle Alliot-Marie qui en cumule plusieurs, tant nationales que locales, ce qui explique son parcours.

Appartenir aux instances dirigeantes n’est finalement jamais le critère déterminant pour une ascension vers un mandat électif ou un portefeuille ministériel sauf peut-être pour Michèle Barzach, bien qu’elle soit élue de Paris depuis 1983 – adjointe au maire du XVe arrondissement. Ainsi, pour Florence d’Harcourt ou Christiane Papon, les responsabilités exercées à la tête du CFEI pèsent plus dans leur carrière politique. Pour Anne-Marie Dupuy, la collaboration avec Georges Pompidou et la proximité avec Jacques Chirac qui veut incarner l’héritage et la fidélité pompidoliens comptent plus dans son image publique quand elle se lance dans la bataille électorale que son appartenance à la direction du RPR, même si les deux sont liés. Pour certaines femmes gaullistes, l’entrée dans la direction suit l’élection : ainsi, pour Marcelle Devaud, Suzanne Ploux, Nicole de Hautecloque ou Paulette Labatut et vient plus comme une reconnaissance que comme un accélérateur de carrière. Et puis, à côté des parcours ascendants vers le Parlement ou le gouvernement, on ne saurait oublier que beaucoup des femmes gaullistes de la direction n’ont pas fait une « carrière » politique. Certaines ont essayé mais n’ont pas réussi : ainsi, Noëlle Dewavrin, militante et responsable locale – dans le Nord, depuis le temps de l’UD-Ve République – n’a pas pu sortir d’un cadre régional [25] . D’autres, comme Nicole Rossolin-Grandville, Lydie Gerbaud, Geneviève Thibault ou Marie-Monique Steckel, sont restées à l’écart des combats électoraux. Force est de constater que longtemps, les femmes gaullistes ont été empêchées d’accéder à la candidature : ainsi, pour les élections législatives de 1978, Jacques Chirac demande au CFEI de proposer une liste virtuelle de cinquante-six noms et aucun n’a été retenu [26]

Quel bilan tirer de l’étude de la place des femmes dans les instances dirigeantes des mouvements gaullistes durant les trois premières décennies de la Ve République ? Faut-il généraliser ce qu’écrit Florence d’Harcourt à propos des gaullistes et du CFEI : « Je réalisais combien un mouvement féminin était considéré par un parti dominé par des hommes comme une force accessoire et subordonnée (…). Sur tous les aspects doctrinaux, petits et grands chefs conservaient la haute main. Le mouvement féminin demeurait donc subordonné, chargé de démultiplier l’action, non de participer à sa conception [27]  » ?

Les mouvements gaullistes ont-ils été les moins féminins dans leur direction, comme les chiffres de 1982 semblaient le montrer ? Une comparaison avec les deux grandes forces politiques de gauche, le parti communiste et le parti socialiste, sur l’ensemble de la période 1958-1988, incite à nuancer : ainsi, au PCF, il n’y a aucune femme au secrétariat politique puis une seule à compter de 1979 ; au bureau politique, une seule titulaire jusqu’en 1976 puis entre deux et quatre au maximum ; au PS, aucun secrétariat national n’est confié à une femme jusqu’en 1975 (deux sur douze, Édith Cresson et Marie-Thérèse Eyquem) puis entre deux et cinq au maximum  en 1988 [28] . Y a-t-il finalement une spécificité des mouvements gaullistes ? La chronologie de l’accès des femmes à la direction du parti n’est pas vraiment originale : certes, il y a un retard mais un effort de rattrapage avec le RPR dès 1976-1977 et surtout dans les années 1980. Le séisme politique représenté pour la famille gaulliste par la perte de l’Élysée en 1974 puis celle de Matignon en 1976 et le nécessaire renouvellement de générations lié à la fin d’un cycle d’hommes issus du gaullisme de guerre et du RPF, plus le contexte général favorable aux femmes dans les années 1970 ont largement aidé – pour ne pas dire rendu obligatoire – cette ouverture aux femmes, même si elle reste très timide. Les voies d’accès vers le sommet du parti ne présentent pas non plus d’originalité chez les gaullistes : le CFEI ne joue-t-il pas, à sa manière, malgré la différence quantitative en matière d’adhérentes, le rôle qu’a eu l’Union des femmes françaises dans la sélection des cadres féminines du PCF ? La différence la plus sensible qui apparaît chez les gaullistes tient au rôle moindre de l’appareil du parti dans la promotion des femmes, comme le montre une comparaison avec le PS [29] . Cela incite à donner raison à Florence d’Harcourt : les gaullistes ont entrebâillé les portes de la direction du parti aux femmes mais sans leur laisser de perspectives d’avenir politique, malgré la brillante exception de « MAM ».

Pour citer cet article : Bernard Lachaise, « Les femmes dans les instances dirigeantes des mouvements gaullistes (1958-1988) », Histoire@Politique. Politique, culture, société, n° 17, mai-août 2012, www.histoire-politique.fr

Notes :

[1] Les seules études nationales sont celles de : Jean Charlot, L’Union pour la nouvelle République, Étude du pouvoir au sein d’un parti politique, Paris, Armand Colin, coll. « Cahiers de la FNSP »,1967 ; Pierre Bréchon, Jacques Derville, Patrick Lecomte, Les cadres du RPR, Paris, Économica, 1987 ; François Audigier, Génération gaulliste. L’Union des Jeunes pour le Progrès (1965-1975), Nancy, Presses universitaires de Nancy, 2005 ; et Andrew Knapp, Le gaullisme après de Gaulle, Paris, Le Seuil, 1996 ; auxquelles il faut ajouter la thèse de Jérôme Pozzi, Les Mouvements gaullistes. Partis, associations et réseaux 1958-1976, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2011. À ces travaux s’ajoutent des monographies locales, nombreuses sur le RPF – hors de la période étudiée ici – et plus rares sur le gaullisme sous la Ve République ainsi que de rares biographies. Le projet ANR GAULHORE (2007-2012) concerne les gaullistes des années 1958-1976. Pour une présentation de ses objectifs, de son équipe, de ses travaux et un état récent de la bibliographie, voir le site du projet GAULHORE : www.gaulhore.fr.

[2] Notamment : Janine Mossuz-Lavau, Mariette Sineau, Enquête sur les femmes et la politique en France, Paris, PUF, 1983 ; Mariette Sineau, Les femmes en politique, Paris, Économica, 1988 ; William Gueraiche, Les femmes et la République. Essai sur la répartition du pouvoir de 1943 à 1979, Paris, Éditions de l’Atelier, 1999 ; Mariette Sineau, Profession femme politique. Sexe et pouvoir sous la Cinquième République, Paris, Presses de Sciences Po, 2001 ; Sylvie Pionchon et Grégory Derville, Les femmes et la politique, Grenoble, Presses universitaires de Grenoble, 2004 ; Catherine Achin, Sandrine Lévêque, Femmes en politique, Paris, La Découverte, 2006.

[3] Janine Mossuz-Lavau, Mariette Sineau, op. cit., p. 12.

[4] La proportion de femmes dans les autres partis est de 36 % (PCF), 21 % (PS), 40 % (PR) pour les adhérents ; 21 % (PCF), 18 % (PS), 32 % (PR) pour les instances législatives ; 18 % (PCF), 15 % (PS), 20 % (PR) pour les instances exécutives larges (ex : comité central) ; 17 % (PCF), 14 % (PS), 6 % (PR) pour les instances exécutives restreintes (ex : secrétariat).

[5] René Rémond et Aline Coutrot (dir.), Quarante ans de cabinets ministériels, de Blum à Pompidou, Paris, Presses de Sciences Po, 1982 ; Gilles Le Béguec et Jean-Paul Thomas. Séminaire au Centre d’histoire de Sciences Po 2005-2007 ; « Les entourages des chefs de l’État de Mac Mahon à Valéry Giscard d’Estaing », Histoire@Politique. Politique, culture, société, n° 8, mai-août 2009 ; Éric Chiaradia, L’Entourage du général de Gaulle juin 1958-avril 1969, Paris, Éditions Publibook Université, 2011 ; Sabrina Tricaud, L’entourage de Georges Pompidou (1962-1974). Institutions, hommes et pratiques, thèse sous la direction de Gilles Le Béguec, Paris X, 2011.

[6] Marie-France Garaud n’a pas encore fait l’objet d’une recherche universitaire, ni même d’une biographie. Elle a publié un témoignage sur sa vie politique, La Fête des fous : qui a tué la VRépublique ?, Paris, Plon, 2006 et son rôle est éclairé dans les nombreuses publications consacrées à Georges Pompidou à l’initiative de l’Association Georges Pompidou et dans les très riches archives orales de cette association. La liste figure sur le site : www.georges.pompidou.org.

[7] Le nombre de mouvements gaullistes entre 1958 et 1988 dépasse très largement les seuls partis dominants au sein de la « famille » (UNR 1958-1962 ; UNR-UDT 1962-1967 ; UD-Ve République 1967-1968 ; UDR 1968-1976). Une foule de mouvements et d’associations diverses – en particulier pour la sensibilité « gaullistes de gauche »  a existé plus ou moins durablement (ex : Front travailliste ; Front du Progrès ; Union travavailliste, etc.) sans compter le principal mouvement de jeunes gaullistes (l’UJP). Pour le panorama le plus précis, voir Jérôme Pozzi, op. cit. Ici, seuls les mouvements majoritaires sont étudiés.

[8] Pierre Viansson-Ponté, Les gaullistes. Rituel et annuaire, Paris, Le Seuil, 1963, p. 122. En fait, seule Nicole de Hautecloque participe au gaullisme politique sous la Ve République. Marie-Madeleine Fourcade et Irène de Lipkowski s’en retirent après 1962, même si cette dernière, ancienne députée RPF (1951-1956), exerce un mandat local et surtout si son salon est un lieu très fréquenté par le monde politique. Quant à Élisabeth de Miribel, elle n’a pas d’activité politique.

[9] Andrew Knapp, op. cit., p. 400.

[10] La pauvreté des archives des principaux mouvements gaullistes – de plus en plus grande de l’UNR au RPR  ne permet pas de disposer de listes exhaustives des membres des instances dirigeantes. En revanche, la presse interne comme La Nation et La Lettre de la Nation est précieuse.

[11] Jérôme Pozzi, op. cit., p. 183.

[12] Élisabeth de Bailliencourt, Renée Beauverger, Christiane Bernard, Marie-Jeanne Boudet, Monique Charvet, Simone Clerouin, Joëlle Cornu, Jacqueline Delatte, Anne-Marie Dupuy, Colette Fouchet, Lydie Gerbaud, Marie-Antoinette Isnard, Thérèse de Lioncourt, Nicole Miquel, Christine Mouton, Régine Noulin, Christiane d’Ornano, Christiane Papon, Anne-Marie Parmentier, Isabelle Raven, Line Renaud, Colette Thiénot, Annick Tissot, Solange Troisier.

[13] Nicole Chouraqui a eu la responsabilité de la formation et des études puis du travail entre 1979 et 1984 ; Michèle Alliot-Marie a eu en charge les questions d’administration, de la fonction publique et les questions juridiques entre 1981 et 1984.

[14] Les députées gaullistes ont oscillé entre 2 et 5, entre 1958 et 1986 (soit entre 0,9 % et 3,2 % du groupe) avant d’atteindre 10 en 1988 (soit 7,5 %). Les femmes gaullistes ministres sont rares avant 1986 (quatre seulement – toutes secrétaires d’État –, Nafissa Sid Cara, Marie-Madeleine Dienesch, Suzanne Ploux, Hélène Missoffe) et trois entre 1986 et 1988, dans le gouvernement Chirac (une avec le titre de « ministre délégué », Michèle Barzach et deux secrétaires d’État, Lucette Michaud-Chevry et Michèle Alliot-Marie). Au Parlement européen, les élues RPR sont rares : trois sur quinze en 1979 sur la liste DIFE (Louise Weiss en 5position, Marie-Madeleine Dienesch en 7e et Nicole Chouraqui en 10e) ; en 1984, deux sur quarante-et-un élus de la liste conduite par Simone Veil : Nicole Chouraqui (toujours au 10e rang et Anne-Marie Dupuy (24e). Les candidates gaullistes étaient onze en 1979, sur la liste DIFE soit en plus des trois élues, Marie-Madeleine Fourcade, Marie-Claire Scamaroni, Christiane Papon, Colette Fouchet, Noëlle Dewavrin, Paulette Labatut, Jacqueline Caillé et Marie-Pierre Perusseau.

[15] Marcelle Devaud a été sénatrice de la Seine de 1946 à 1958, puis députée de la Seine de 1958 à 1962 et maire de Colombes de 1959 à 1965.

[16] Jérôme Pozzi, op. cit., p. 182-184.

[17] Ibid., p. 183.

[18] Marie-Madeleine Dienesch, députée des Côtes-du-Nord (1945-1981) ; Nicole de Hautecloque, députée de la Seine (1962-1986) et sénatrice de la Seine (1986-1993) ; Suzanne Ploux, députée du Finistère (1962-1978) ; Odette Launay, députée de la Seine (1963-1967) ; Paulette Labatut, conseillère municipale de Périgueux (1971-1991 et première adjointe d’Yves Guéna (1991-1997).

[19] Anne-Marie Dupuy a été chef de cabinet (1969-1973), puis directeur de cabinet (1973-1974) du président Pompidou (avant de devenir maire de Cannes 1983-1989 et députée européenne en 1984), et Colette Fouchet est la veuve d’un gaulliste historique, ancien ministre du général de Gaulle, Christian Fouchet : la première incarne la continuité pompidolienne et la seconde la légitimité gaulliste depuis la France libre.

[20] Les élections municipales de 1983 – remportées par la droite – permettent la promotion d’un petit nombre de femmes gaullistes. Élue à Ciboure, Michèle Alliot-Marie quitte en 1984 cette ville pour Biarritz où elle siège au conseil municipal jusqu’en 1991 avant de conquérir en 1995 la mairie de Saint-Jean-de-Luz.

[21] Nicole Rossolin-Grandville a aussi appartenu aux cabinets de Gorse (avril 1967), Yvon Morandat (juin 1968) et Maurice Couve de Murville (juillet 1968). Elle y a presque toujours été en charge des relations avec la presse. Elle figure parmi les 108 femmes – seulement – qui ont été membres d’un cabinet gaulliste entre 1959 et 1974 - et parmi la vingtaine qui a appartenu à plus de trois cabinets.

[22] Michèle Alliot-Marie a appartenu aux cabinets d’Edgar Faure, aux affaires sociales (1972-1973), de Bernard Stasi aux DOM-TOM (1973-1974), de Jean-Pierre Soisson aux Universités (1974-1976) et d’Alice Saunier-Seïté aux Universités (1976-1978) dont elle dirige le cabinet.

[23] Florence d’Harcourt devient députée en mars 1977 quand Achille Peretti, dont elle était la suppléante, entre au Conseil constitutionnel ; Christiane Papon, Michèle Alliot-Marie sont élues au Palais-Bourbon en 1986 ; Michèle Barzach en 1988 ; Anne-Marie Couderc en 1993 et Marie-Thérèse Hermange entre au Sénat en 2004. Quant à Nicole Chouraqui, elle est élue députée européenne en 1979 tout comme Michèle Barzach en 1989. Force est de souligner, pour les élues au Parlement français, qu’elles le sont – à l’exception de Michèle Alliot-Marie – dans la Seine ou la périphérie ce qui confirme leur place dans le réseau chiraquien parisien construit à partir de 1977.

[24] Citée par Mariette Sineau, Profession…, op. cit., p. 99, dans le portrait « Florence d’Harcourt, la députée « aux pieds nus ».

[25] Candidate suppléante de l’UDR H. Rochet aux élections législatives de 1973 (battue), elle figure sur la liste conduite par Norbert Ségard aux municipales à Lille en 1977 (liste battue) et elle accède au Conseil régional du Nord-Pas-de-Calais en 1986 (où elle siège jusqu’en 1998). Et sa position sur la liste DIFE aux élections européennes en 1979 ne suffit pas pour la faire élire.

[26] W. Gueraiche, op. cit., p. 238.

[27] Le Monde. 30 mai 1979. Cité par Mariette Sineau, Profession…, op. cit., p. 98. À cette date, Florence d’Harcourt avait rompu avec le RPR.

[28] Chiffres issus de Pierre Avril, Personnel politique 1870-1988, Paris, PUF, 1988.

[29] Au PS, parmi les quatorze femmes qui ont siégé comme titulaires au secrétariat national du parti entre 1971 et 1988, onze ont fait une carrière politique dont quatre ont accédé au gouvernement (Édith Cresson, Yvette Roudy, Véronique Neiretz, Marie-Noëlle Lienemann).

Bernard Lachaise

Agrégé d’histoire, Bernard Lachaise est professeur d’histoire contemporaine à l’université de Bordeaux.  Ses travaux portent sur l’histoire politique du XXe siècle, en particulier sur les élites politiques et sur le gaullisme. Bernard Lachaise est responsable du programme ANR GAULHORE « Gaullistes : hommes et réseaux » (2008-2011).

Parmi ses principales publications figurent : Yvon Delbos 1885-1956. Biographie (1993), Le gaullisme dans le Sud-Ouest au temps du RPF (1997), Du général de Gaulle à Jacques Chirac. Le gaullisme et les Français (2006), Adrien Marquet. Les dérives d'une ambition. Bordeaux, Paris, Vichy 1924-1955 (en collaboration avec Hubert Bonin et Françoise Taliano-des-Garets) (2007).

Bernard Lachaise a dirigé ou codirigé : De Gaulle et le RPF 1947-1955 (1998), Un politique : Georges Pompidou (2001), Résistance et politique sous la IVe République (2004), Georges Pompidou, directeur de cabinet du général de Gaulle juin 1958-janvier 1959 (2006) ; Jacques Chaban-Delmas en politique (2007) ; Georges Pompidou et les élections (2008) ; Georges Pompidou et mai 1968 (2009).

Mots clefs : partis gaullistes ; RPR ; instances dirigeantes ; Michèle Alliot-Marie ; CFEI (Centre féminin d’études et d’information).

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  • ISSN 1954-3670