Histoire@Politique : Politique, culture et société

Le dossier

Gaullistes, femmes et réseaux

Coordination : Yves Denéchère

Gaullistes, femmes et réseaux

Yves Denéchère
  • imprimer
  • version pdf
  • réduire la taille du texte
  • augmenter la taille du texte

Le programme ANR GAULHORE (Gaullistes : hommes et réseaux) s’inscrit dans un double contexte d’essor de l’historiographie du gaullisme et de renouvellement de l’étude du personnel politique par la prosopographie et l’analyse des réseaux. Depuis 2008, plusieurs chantiers ont été menés. La constitution d’un corpus biographique gaulliste a été réalisée. Les cadres des « partis » gaullistes, les membres des gouvernements, les entourages ministériels, les responsables des mouvements de la « nébuleuse » gaulliste, les élites de la « société civile » gaullistes, dans la haute fonction publique, les milieux patronaux, les cercles intellectuels, et bien sûr les élu-e-s sont désormais mieux connus. L’étude des réseaux qui contribuent à l’identité de la famille politique gaulliste est essentielle pour mieux connaître la réalité, la diversité et la composition de ses maillages. L’exploitation de ce corpus par la méthode prosopographique a été lancée. Elle met l’accent sur les différentes générations gaullistes, la formation intellectuelle, les étapes et les formes de l’engagement, les moments fondateurs dans l’entrée en politique et les parcours, les ruptures et les reclassements.

En se fixant pour but l’étude des femmes gaullistes et de leurs réseaux, la journée d’études organisée en novembre 2010 par l’UMR CERHIO (Centre de recherches historiques de l’Ouest) à l’université d’Angers est une entrée indispensable dans le questionnement du programme GAULHORE. Il s’agit de mieux cerner les parcours individuels et les actions politiques de candidates, d’élues, de cadres des partis gaullistes mais aussi de femmes non engagées politiquement qui ont incarné la place des femmes dans l’argumentaire politique gaulliste.

Quelles places les femmes ont-elles su prendre ou conquérir ? Comment le mouvement gaulliste a-t-il mis à contribution, peu ou prou, ses militantes ? Quels sont les moyens d’action qu’elles ont mobilisés ? Comment se sont-elles organisées, entre femmes, pour faire prendre en considération certaines questions ? Quelle image les médias renvoient-ils des femmes gaullistes ?

Les contributions rassemblées dans ce dossier apportent des éléments de réponse en s’appuyant sur des sources imprimées et des archives – croisant les ressources de la Fondation Charles de Gaulle, les archives publiques des collectivités territoriales et des ministères –, les fonds privés (comme le fonds Marcelle Devaud ou celui de Femme Avenir au Centre des archives du Féminisme à Angers) et la production des médias bien sûr. La méthode prosopographique adoptée par plusieurs des contributeurs produit des connaissances précises et inédites sur les femmes gaullistes au sein des partis ou des institutions. D’autres approches, notamment biographiques permettent de mieux comprendre les ressorts de parcours individuels emblématiques ou atypiques.

Ainsi, plusieurs générations de femmes gaullistes sont présentées avec leurs éléments distinctifs à travers des personnalités (Yvonne de Gaulle, Geneviève de Gaulle Anthonioz, Eugénie Éboué, Louise Weiss) et des groupes (femmes dans l’appareil politique gaulliste, candidates et élues à l’Assemblée nationale et au Parlement européen). Ces études permettent de mieux comprendre comment l’engagement politique et le gaullisme « familial » des femmes se définissent en fonction des événements clés et des étapes que sont 1940, la Libération, 1958, 1968-1969. Pendant la période gaullienne, des femmes gaullistes ont milité dans l’espace de la cause des femmes. Plus tard, alors que le féminisme était intégré dans les politiques publiques, des élues gaullistes se sont battues pour faire avancer les droits des femmes. Roselyne Bachelot et Michèle Alliot-Marie sont arrivées aux plus hautes fonctions politiques, tant au sein des partis successeurs (RPR, UMP) que dans les gouvernements. Marie-Jo Zimmermann explique comment elle a concilié engagement politique et engagement féministe dans les années 1990 et 2000. Il a semblé préférable de maintenir ce texte dans sa transcription afin de respecter la dynamique du témoignage oral et de présenter un véritable document.

Yves Denéchère

Yves Denéchère est professeur d’histoire contemporaine à l’université d’Angers-UMR CERHIO. Un de ses axes de recherche porte sur l’engagement européen des femmes politiques françaises. Il a notamment publié Ces Françaises qui ont fait l’Europe (Paris, Audibert, 2007).


imprimer

Newsletter

  • Consultez fréquemment les rubriques dynamiques de cette colonne. Elles sont régulièrement mises à jour.

Champ libre

  • Histoire@Politique est également disponible sur CAIRN
  • lire la suite

Comptes rendus

  • Adults in the Room, film réalisé par Costa-Gavras (2019)
  • Adapté d’un livre de Yánis Varoufákis (Adults in the Room: My Battle With (...)
  • lire la suite
  • • James L. Newell, Silvio Berlusconi. A Study in Failure,
  • James L. Newell, politologue spécialiste de l’Italie, propose une biographie (...)
  • lire la suite
  • • Autour d'Eugène Varlin
  • Hasard du calendrier éditorial ou signe des temps, deux (...)
  • lire la suite
  • • Stuart Bergerson, Leonard Schmieding (dir.), Ruptures in the Everyday. Views of Modern Germany from the Ground,
  • L’ouvrage édité par Andrew Bergerson et Leonard Schmieding est (...)
  • lire la suite
  • Camille, film réalisé par Boris Lojkine (2019)
  • Le 12 mai 2014, la photographe de guerre et journaliste Camille (...)
  • lire la suite
  • Le Traître, film réalisé par Marco Bellocchio (2019)
  • Cette fiction dresse un portrait du mafieux Tommaso Buscetta, (...)
  • lire la suite
  • • Fabrice Grenard, Florent Le Bot et Cédric Perrin, Histoire économique de Vichy. L’État, les hommes, les entreprises,
  • Il n’existait pas de vraie synthèse sur l’histoire économique (...)
  • lire la suite
  • • Sylvain Dufraisse, Les Héros du sport. Une histoire des champions soviétiques (années 1930 – années 1980),
  • Les héros du sport, une histoire des champions soviétiques, (...)
  • lire la suite
  • • Steven High, Lachlan MacKinnon, Andrew Perchard (dir.), The Deindustrialized World. Confronting Ruination in Postindustrial Places,
  • Depuis plus d’une quinzaine d’années[1], une cohorte de chercheurs en (...)
  • lire la suite
  • • Pierre Mendès France, Écrits de résistance,
  • Le volume s’ouvre bien sûr par le récit Liberté, liberté chérie, écrit (...)
  • lire la suite
  • • Audrey Célestine, La Fabrique des identités. L’encadrement politique des minorités caribéennes à Paris et New York,
  • Dans cet ouvrage issu de sa thèse de doctorat, la politiste (...)
  • lire la suite
  • • Genre et résistances en Europe du Sud
  • L’ouvrage La Résistance à l’épreuve du genre dirigé par (...)
  • lire la suite
  • • Benoît Agnès, L’appel au pouvoir : les pétitions aux Parlements en France et au Royaume-Uni (1814-1848),
  • Dans cette version publiée de sa thèse soutenue en 2009 (...)
  • lire la suite
  • • Walter Badier, Alexandre Ribot et la République modérée. Formation et ascension d’un homme politique libéral (1858-1895),
  • Alexandre Ribot (1842-1923) a été cinq fois président du (...)
  • lire la suite
  • • Élise Roullaud, Contester l’Europe agricole. La Confédération paysanne à l’épreuve de la PAC,
  • Depuis plusieurs décennies, l’étude du syndicalisme agricole et celle (...)
  • lire la suite
  • • Gilles Vergnon, Un enfant est lynché. L’affaire Gignoux, 1937,
  • En 1922, dans son roman Silbermann, qui reçoit le prix (...)
  • lire la suite
  • • États et sociétés durant la Première Guerre mondiale
  • Sylvain Bertschy, Philippe Salson (dir.), (...)
  • lire la suite
  • • Ilvo Diamanti, Marc Lazar, Peuplecratie. La métamorphose de nos démocraties,
  • Tenter d’imposer un néologisme en science politique n’est jamais (...)
  • lire la suite

Partager

  • ISSN 1954-3670