Histoire@Politique : Politique, culture et société

Sources

La Bibliothèque de l’Hôtel de Ville de Paris

Pierre Casselle
Résumé :

La Bibliothèque de l'Hôtel de Ville (auparavant dénommée Bibliothèque administrative de la Ville de Paris) est une bibliothèque de conservation et de recherche (...)

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Histoire

Fermée pendant trois ans pour travaux de mise aux normes incendie et d’accès aux personnes à mobilité réduite, la Bibliothèque de l’Hôtel de Ville (autrefois dénommée Bibliothèque administrative de la Ville de Paris) a été rouverte au public en septembre 2010.

La bibliothèque est chronologiquement la seconde à être abritée dans le palais municipal. Elle a succédé, dans le nouvel édifice, à la bibliothèque que la Ville de Paris avait constituée à partir de 1801 et dont les quelque 120 000 volumes disparurent dans l’incendie allumé par la Commune le 24 mai 1871. Dès 1872, il fut décidé de créer deux établissements distincts pour remplacer la bibliothèque détruite : une bibliothèque historique (qui fut alors installée à l’hôtel Carnavalet) et une bibliothèque administrative qui devait être formée à l’Hôtel de Ville aussitôt que sa reconstruction le permettrait. La bibliothèque administrative commença à se constituer en subissant les déménagements successifs de l’administration parisienne qui était privée de locaux depuis l’incendie. De 1874 à 1879, elle occupa plusieurs pièces du Petit Luxembourg et fut transférée en 1879 dans le pavillon de Flore des Tuileries.

Le programme du concours pour la reconstruction de l’Hôtel de Ville (juillet 1872) demandait l’installation d’une « bibliothèque administrative pouvant contenir 10 000 volumes ; surface prévue : 200 m2 ». En fait, c’est à l’intérieur d’une vaste nef de 600 m2 que les collections déjà existantes furent transportées, de 1887 à 1890, au cinquième étage du nouvel Hôtel de Ville et la bibliothèque put ouvrir ses portes le 15 juin 1890, précédant de peu l’installation du célèbre préfet Eugène Poubelle. La salle de lecture, dont l’aménagement a été conçu par l’architecte Édouard Deperthes, offre l’un des meilleurs exemples d’architecture de bibliothèque de la fin du xixe siècle. Loin d’exalter la structure métallique de la salle, le parti fut pris de la masquer par un décor de chêne clair élevé jusqu’au comble qui forme lui-même un vaisseau peint à l’imitation du bois. Des panneaux de verre couronnent l’ensemble, à près de dix mètres de hauteur, apportant à la salle la lumière naturelle que les architectes avaient souhaitée dans toutes les parties du palais municipal. Avec son mobilier d’origine, la bibliothèque est inscrite à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques depuis 1988.

Collections

Service central de documentation de la Mairie de Paris (élus et services), mais aussi bibliothèque de conservation et de recherche ouverte au public, la Bibliothèque de l’Hôtel de Ville compte aujourd’hui quelque 600 000 volumes imprimés dont 7 000 titres de périodiques vivants ou morts, plusieurs dizaines de milliers de pièces manuscrites, environ 10 000 dessins d’architecture et 40 000 photographies.

On constate que le fonds, dès l’origine, a un caractère quasi encyclopédique (à l’exception, pas absolue d’ailleurs, des sciences exactes et appliquées, de la littérature et de la philosophie). Le catalogue de la bibliothèque publié en 1898 est à cet égard révélateur. Il montre le souci de couvrir tous les centres d’intérêt de l’administration parisienne (bien plus divers que ceux d’un ministère ou d’un grand corps), y compris par l’achat d’ouvrages des xvie, xviie et xviiie siècles. Sur ces bases très larges, le développement continu des collections depuis près d’un siècle et demi en a fait une grande bibliothèque de sciences humaines et sociales, riche en particulier dans les domaines suivants : sciences et histoire de l’administration ; droit (surtout public) ; législation française ; économie, finances publiques, statistiques ; politique ; vie sociale ; démographie ; urbanisme ; relations internationales ; documentation biographique rétrospective et contemporaine ; histoire politique économique et sociale de la France. La cohérence des collections, constituées au fur et à mesure des besoins exprimés par l’administration de la Ville de Paris, en fait un lieu de recherches indispensable sur les xixe et xxsiècles.

La principale richesse documentaire de la bibliothèque est constituée par ses fonds de publications officielles, nationales et locales, françaises et étrangères. Sources longtemps méconnues de l’histoire contemporaine, elles ont toujours fait l’objet à la bibliothèque de soins catalographiques particuliers et y sont facilement accessibles quelle que soit leur date.

Mémoire de l’administration parisienne, la bibliothèque de l’Hôtel de Ville s’est toujours préoccupée de conserver le témoignage de l’action de celle-ci dans les divers domaines de la gestion de la ville. Lors de sa constitution, on s’était attaché à retrouver les documents sur l’administration de Paris, même anciens, et notamment ceux publiés pendant la période haussmannienne [1] . C’est ainsi la plus riche collection de publications émanant des divers services de l’administration parisienne qui a été rassemblée, complétée, bien sûr, par des études non officielles, actuelles ou rétrospectives, qui en éclairent le contexte administratif, politique, social, économique, culturel, technique, etc.

À côté du domaine privilégié que constituent les publications officielles parisiennes, la bibliothèque conserve la collection de publications officielles de l’État et des collectivités locales la plus importante après celle de la Bibliothèque nationale de France. Documents législatifs et réglementaires, parlementaires, budgétaires, statistiques, publications des villes et des départements, forment des séries qui, pour beaucoup, remontent à la première moitié du xixe siècle. À l’intérieur de cet ensemble se remarquent, notamment, les publications des anciennes colonies françaises.

L’une des ressources les plus originales de la Bibliothèque de l’Hôtel de Ville est certainement son fonds étranger. À sa création, la bibliothèque avait été organisée en deux sections, française et étrangère. Cette dernière était la forme neuve d’un projet qui remontait à Alexandre Vattemare (1796-1864), ventriloque célèbre qui mit ses illustres relations au service de la création, sous la monarchie de Juillet, du premier système d’échange international de publications [2] . Son idée philanthropique connut un grand succès auprès des autorités des États-Unis lors des deux voyages qu’il y effectua en 1839-1841 et 1847-1850. En France, la Ville de Paris s’associa dès 1842 au système mis en place par Vattemare, bénéficiant ainsi de la création dans l’Hôtel de Ville d’une magnifique bibliothèque américaine de près de 14 000 volumes. Cette collection, retirée en 1869 du palais municipal, échappa à l’incendie de 1871 et réintégra en partie la bibliothèque administrative lors de sa constitution. Elle fut le noyau autour duquel se constitua la « section étrangère » à partir de 1872 et jusqu’aux années 1920 (même si certaines séries remontent à la première moitié du xixe siècle).

Le fonds étranger, composé surtout de publications officielles, nationales et locales, provenant de toutes les parties du monde (en 1886, la Ville de Paris échangeait ses publications avec 266 correspondants), compte aujourd’hui quelque 50 000 volumes. Il constitue un ensemble unique en son genre, cohérent par ses dates (fin xixe-début xxsiècles) comme par ses domaines : administration centrale et administration locale, statistique, histoire urbaine, législation, etc. Le fleuron en est évidemment ce qu’il reste, après tant de vicissitudes, de la collection Vattemare sur l’Amérique de la première moitié du xixe siècle : premiers statuts des États de l’Union, éditions originales, curiosités, etc. Pour chaque pays ou ensemble géographique plus complexe (Autriche-Hongrie, Empire russe), on peut regrouper en trois catégories les documents qui sont parvenus. Ce sont d’abord des publications parlementaires ou ministérielles, les pays anglo-saxons étant ici les mieux pourvus. Viennent ensuite les publications officielles locales qui donnent au fonds tout son prix, puisqu’en principe on en trouve peu à la Bibliothèque nationale de France dont les échanges se pratiquent à l’échelon supérieur. Ces documents émanent des provinces et des villes : procès-verbaux des conseils provinciaux et municipaux, budgets et comptes, rapports des services (travaux publics, voirie, santé, police, enseignement…), statistiques, bulletins municipaux officiels, recueils de textes réglementaires, etc. À cela s’ajoutent les publications des chambres de commerce, des sociétés savantes, ainsi que des monographies officielles sur tel moment de son histoire (l’hôtel de ville de Vienne, les puits de Venise, les archives de Boston, les atouts commerciaux de Batavia…).

Ce fonds, avec ses sources primaires, est une véritable mine pour chacune des entités politiques ou géographiques concernées ; il autorise également des études comparatistes, soit sur des sujets aussi vastes que l’organisation communale à la fin du xixe siècle ou le développement de l’instruction publique, soit sur des sujets plus pointus. On trouvera des ouvrages sur les épidémies de choléra à Londres en 1856, à Riga en 1871, à Kiev en 1872, aux États-Unis en 1873, à Gênes en 1884, au Japon de la 10e à la 23e année de l’ère Meiji…, ou bien encore sur les travaux d’irrigation, de la province de Madras au désert de l’Arizona en passant par Le Cap… Le chercheur en histoire urbaine a la possibilité, en un même lieu, de comparer tel ou tel point de gestion communale à Québec, à Baltimore, à Saint-Pétersbourg, à Venise, à Bombay, au Cap, à Rotterdam ou à Nottingham…

La collection de manuscrits de la bibliothèque se compose de quelque 2 500 volumes constitués de plusieurs dizaines de milliers de pièces datant principalement des xixe et xxe siècles. L’histoire de l’administration municipale parisienne y est évidemment largement représentée, notamment grâce aux nombreux dons faits par des élus, tels Christian de La Malène et Pierre-Christian Taittinger. C’est dans cette direction que s’effectue l’essentiel des acquisitions, sans se désintéresser des manuscrits juridiques ni des papiers d’hommes politiques et d’administrateurs français. Les manuscrits de la bibliothèque forment ainsi le complément du fonds des imprimés, dans les mêmes domaines que celui-ci. L’une des acquisitions les plus intéressantes de ces dernières années concerne les papiers provenant du comte Henri Siméon (1803-1874), chargé en 1853 par Napoléon III de préparer un plan d’embellissement de Paris [3] . Au début des années 1980 le grand historien de Paris Louis Chevalier (1911-2001) s’était défait d’une partie de ses archives au profit de l’université de Yale mais avait conservé tout ce qui pouvait nourrir de nouveaux travaux et qui constituait certainement l’essentiel à ses yeux. En 2000, il exprima le souhait que ses papiers, sa bibliothèque de travail et ses dossiers de presse fussent donnés à la Ville de Paris et conservés à l’Hôtel de Ville où il avait été le conseiller de plusieurs préfets de la Seine. C’est ainsi que la bibliothèque recueillit officiellement en 2003 l’ensemble des documents parmi lesquels on signalera les manuscrits préparatoires de ses principales œuvres, les textes des cours au Collège de France et à l’Institut d’études politiques (IEP), des dossiers documentaires, etc.

La Bibliothèque de l’Hôtel de Ville conserve environ 10 000 dessins dont la plupart ont été exécutés dans les années 1855-1900 par des architectes employés par l’administration parisienne. Le fonds le plus remarquable est celui des dessins de Gabriel Davioud (1824-1881). L’architecte des parcs et promenades d’Haussmann, de la place Saint-Michel, des théâtres de la place du Châtelet, du mobilier urbain de la capitale, de l’ancien palais du Trocadéro, a laissé plusieurs centaines de dessins d’une grande finesse et de merveilleuses aquarelles. Les architectes Joseph Bouvard et Ulysse Gravigny sont également bien représentés pour leurs réalisations lors des expositions universelles de 1878, 1889 et 1900. On ne s’étonnera pas, enfin, de trouver dans la bibliothèque quelque 2 500 pièces concernant la construction et la décoration du nouvel Hôtel de Ville sous la direction des architectes lauréats Théodore Ballu et Édouard Deperthes et de leur successeur Jean-Camille Formigé [4] .

Le fonds photographique de la bibliothèque compte environ 40 000 pièces et une centaine d’albums, et s’accroît par achat ponctuel d’épreuves choisies pour leur intérêt documentaire ou par don. Près de 10 000 vues permettent de retracer l’activité édilitaire parisienne en matière d’aménagement urbain et de grands travaux, du Second Empire aux années 1950, dans la capitale et l’ancien département de la Seine : transformations haussmanniennes, aménagement de la voie publique (mobilier urbain, statues, fontaines…), construction de canaux et aqueducs, du métro (2 000 négatifs et tirages de 1899 à 1940) [5] , édification et décoration de bâtiments publics (écoles, églises, musées, pavillons d’exposition…), création d’espaces verts (4 000 vues sur les parcs, jardins et terrains de sport de 1930 à 1950). Parmi les photographes représentés, citons les frères Alinari, P. Berthier, J. Bruce, P. Emonds, P. de Fenoyl, A. Fernique, Ch. Maindron, Charles Marville [6] , W. Nottman, P. Petit, E. Pirou, P.-A. Richebourg…

Une belle collection d’albums, issus d’échanges internationaux, complète ce fonds : les villes de New York (Central Park en 1873), Montréal, Toronto, Melbourne, Florence, Vienne, Bratislava, Moscou et Rome (1938) viennent ainsi mettre leurs réalisations en perspective avec celles de Paris [7] . Par ailleurs, 3 000 pièces concernent l’histoire coloniale et l’urbanisme de grandes villes européennes.

La bibliothèque possède également une abondante documentation photographique sur l’Hôtel de Ville de 1850 aux années 1980 et sur les services administratifs. Plus d’un millier de pièces anciennes concerne l’architecture, les festivités et réceptions officielles, le personnel politique parisien entre 1864 et 1930 (portraits de préfets, conseillers, maires d’arrondissement) ou la préfecture de Police en 1900, tandis qu’environ 18 000 diapositives couleurs, publiées en partie dans la revue Paris Mairie, illustrent la vie des services municipaux contemporains et 10 000 négatifs permettent de retracer les mandatures de Jacques Chirac (1977-1995) et de Jean Tiberi (1995-2001).

Instruments de recherche

Le catalogue du fonds général des imprimés (monographies et publications en série) de la Bibliothèque de l’Hôtel de Ville est consultable en ligne sur le portail Paris.fr de la Mairie de Paris (<accéder au catalogue de la BHdV). Il est intégré au catalogue commun des bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris qui est également accessible sur le Catalogue collectif de France (« recherche globale »).

D’autre part, un grand nombre de périodiques de la bibliothèque sont signalés dans le catalogue du Système universitaire de documentation.

Les fichiers de dépouillements de périodiques sont l’une des originalités documentaires de la bibliothèque. On signalera notamment le fichier de réglementation parisienne qui recense tous les textes des autorités municipales depuis 1945, le fichier de documentation parisienne, le fichier d’histoire administrative. L’important fichier de documentation biographique a fait récemment l’objet d’une conversion rétrospective : quelque 200 000 références bibliographiques (articles ou éléments de monographies consacrés à un personnage) sont ainsi désormais mises à la disposition des chercheurs sur le catalogue en ligne de la bibliothèque.

Pour certains de ses fonds spécialisés, la bibliothèque a publié des catalogues imprimés, avec des notices historiques explicatives, des index copieux et des illustrations documentaires tirées des fonds eux-mêmes ; ils se veulent aussi de véritables manuels de recherche.

Sont ainsi parus, de 1988 à 2005, huit volumes des Collections de la Bibliothèque administrative de la Ville de Paris, diffusés par Paris-Bibliothèques [8]  :

1. Catalogue des manuscrits, I. Nos 1 à 1 253. [Précédé d’une étude sur la bibliothèque de l’ancien Hôtel de Ville et sa collection de manuscrits.] 1988, 245 p.

2. Catalogue des fonds coloniaux, I : Grande-Bretagne, Pays-Bas et Portugal. 1992, 284 p.

3. Catalogue des fonds coloniaux, II : Les colonies dans les expositions. Colonies françaises, 1 [généralités]. 1994, 309 p.

4. Catalogue du fonds des États-Unis d’Amérique, I [publications officielles fédérales ; bibliographie générale]. Préface d’André Kaspi. 1997, 383 p.

5. Catalogue du fonds allemand. Préface de Werner Paravicini. 1999, 513 p.

6. Catalogue des fonds coloniaux, III : Colonies françaises, 2. Généralités sur l’Afrique. Afrique du Nord. 2000, 419 p.

7. Catalogue du fonds des États-Unis d’Amérique, II [publications des États, des villes et des universités] 2002, 459 p.

8. Catalogue des manuscrits, II. Nos 1 254 à 2 258. 2005, 255 p.

Des catalogues dactylographiés sont également à la disposition des chercheurs pour le fonds de l’empire d’Autriche-Hongrie, ainsi que pour certains fonds de dessins d’architecture (Davioud, Hôtel de Ville, expositions universelles, parcs et jardins…). Concernant les fonds spécialisés, on trouvera cependant dans le catalogue informatisé une part importante des notices de manuscrits, les acquisitions récentes (ouvrages anciens et d’actualité), les fonds photographiques.

Ressources électroniques

La Bibliothèque de l’Hôtel de Ville met à la disposition des lecteurs dix postes « chercheur » avec accès à Internet. Ces postes offrent les ressources suivantes :

  • Cairn.info. Le bouquet proposé rassemble 106 revues actives en sciences économiques et politiques, sociologie, histoire contemporaine. Tous les articles publiés depuis 2001 dans ces revues sont ainsi disponibles en texte intégral.
  • Lexis Nexis. Jurisclasseur, jurisprudence, doctrine, etc.
  • Pressens. Accès aux contenus éditoriaux complets (recherche et consultation d’articles) de 51 titres de la presse française.
  • Indexpresse. Base de données de dépouillement d’articles de la presse périodique française comprenant une analyse détaillée et un résumé des articles.

La Bibliothèque de l’Hôtel de Ville est co-auteur (avec l’École nationale d’administration et le Centre d’études et de recherches de sciences administratives et politiques) de la base de données bibliographique Administral consultable sur cédéroms.

Les lecteurs peuvent également avoir accès à Internet à partir de leur ordinateur personnel grâce aux connexions filaires qui leur sont proposées.

Depuis quelques années, la bibliothèque a entrepris une politique de numérisation de ses collections. Les documents numérisés sont visibles en partie sur le catalogue informatisé de la bibliothèque et, en partie, sur le site de la Parisienne de photographie [9] . Parmi les ensembles iconographiques actuellement accessibles, on peut signaler les 460 photographies prises par Charles Marville entre 1858 et 1870 (vues des rues de Paris disparues lors des travaux d’Haussmann, nouveau mobilier urbain), les 945 photographies couvrant les travaux de construction des six premières lignes du métro parisien entre 1898 et 1914 et leurs prolongements en banlieue dans les années 1930, les 420 portraits d’élus parisiens et de la banlieue, de 1871 à 1900, les albums étrangers de la fin du xixe siècle (Canada, Australie, New-York, Vienne, Florence...) et les quelque 1 300 photographies du début du xxe siècle du fonds Lausi (villes européennes, Afrique du Nord, Première Guerre mondiale…). Les dessins d’architecture sont représentés par les 1 000 images des cahiers de la construction du nouvel Hôtel de Ville de Paris, par 390 images du fonds des parcs et jardins sous le Second Empire et par les 100 images des réalisations de Gabriel Davioud (théâtres, fontaines, place Saint-Michel, etc.)

Si l’iconographie a jusqu’à maintenant été privilégiée, certains documents manuscrits ont également fait l’objet de numérisations (textes de Jules Vallès et de Jean Jaurès, papiers américains provenant d’Alexandre Vattemare, etc.)

Pôle associé de la Bibliothèque nationale de France, la Bibliothèque de l’Hôtel de Ville est représentée au Conseil scientifique et technique de la numérisation concertée en sciences juridiques. Ses très riches collections de publications officielles municipales parisiennes ont été retenues par la BnF pour son programme de numérisation de masse et les opérations devraient commencer au cours du second trimestre 2011.

Conditions d’accès

La bibliothèque est ouverte gratuitement à toute personne majeure munie de la carte des bibliothèques spécialisées de la Ville de Paris. Cette carte est établie sur présentation d'une pièce d'identité et d'une photo récente. Il convient de la présenter à l'entrée de la bibliothèque pour obtenir une place dans la salle de lecture où les documents sont consultables sur place.

  • Accès par l’accueil visiteurs de l’Hôtel de Ville (sur présentation d’une pièce d’identité), 5, rue de Lobau, Paris 4e.
  • Horaires d’ouverture : du lundi au vendredi de 9 h 30 à 18 h.
  • Tél. : 01.42.76.48.87
  • Mél : bhdv@paris.fr
  • Adresse postale : 75196 Paris cedex 04.

Pour citer cet article : Pierre Casselle, « La Bibliothèque de l’Hôtel de Ville de Paris », Histoire@Politique. Politique, culture, société, n° 15, septembre-décembre 2011, www.histoire-politique.fr

Notes :

[1] Pierre Casselle, Bibliographie des publications officielles de la ville de Paris et du département de la Seine, 1800-1848, Paris, 1991 ; …1848-1859, Paris, Service des travaux historiques, 1995. Pierre Casselle, « Les publications officielles parisiennes, une source pour l’histoire de la capitale entre 1800 et 1870 », Recherches contemporaines, n° 2, 1994, p. 131-147.

[2] Pierre-Alain Tilliette, L’Ambassadeur extravagant : Alexandre Vattemare, ventriloque et pionnier des échanges culturels internationaux, Paris, Le Passage, 2007.

[3] Voir Commission des embellissements de Paris. Rapport à l’empereur Napoléon III rédigé par le comte Henri Siméon (décembre 1853), édité et présenté par Pierre Casselle, Paris, 2000.

[4] Voir Livre du centenaire de la reconstruction de l'Hôtel de Ville, 1882-1982, Paris, Bibliothèque administrative, 1982.

[5] Vincennes-Maillot : la construction de la ligne 1 du Métropolitain, Paris, Paris Bibliothèques, 1998.

[6] Une partie de la collection a récemment été publiée dans Paris et son double, Paris, Nicolas Chaudun, 2010

[7] Voir le catalogue de l'exposition Des grands chantiers... hier. Photographie, dessin : outils de l'architecte et de l'ingénieur autour de 1900, Paris, Direction des affaires culturelles, 1988.

[8] Voir le site de Paris-Bibliothèques http://www.paris-bibliotheques.org/ [lien consulté le 03/10/2011].

[9] Société d’économie mixte chargée de la numérisation et de la commercialisation des documents iconographiques des institutions patrimoniales de la Ville de Paris http://www.parisiennedephotographie.fr/home.aspx [lien consulté le 3/10/2011].

Pierre Casselle

Pierre Casselle, ancien élève de l'École des chartes, conservateur général, dirige la Bibliothèque de l'Hôtel de Ville depuis 1994. Il a publié de nombreux articles et plusieurs ouvrages sur l'histoire moderne et contemporaine de Paris et ses sources dont Paris républicain, 1871-1914 (prix Maurice Baumont 2003). Il était le commissaire de l'exposition « La Commune. 1871, Paris capitale insurgée » présentée à l'Hôtel de Ville de mars à juin 2011.

Mots clefs : Hôtel de Ville de Paris, sciences sociales, droit public, histoire contemporaine, publications officielles, échanges internationaux, États-Unis d’Amérique, Allemagne, Russie, Europe centrale, colonies françaises, colonies britanniques.

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