Histoire@Politique : Politique, culture et société

Portraits & témoignages Comme l'indique le titre de cette rubrique destinée à mettre en lumière des personnalités politiques ou universitaires, « Portraits et témoignages », aucun cadre formel strict n'a été fixé pour rendre compte des trajectoires individuelles proposées à chaque numéro. Le ou les entretiens pourront être restitués en tant que tels, comme un témoignage brut ayant valeur de source ; ils pourront aussi être croisés avec des publications ou d'autres interventions pour fournir la matière d'un portrait. En revanche, un fil rouge européen donnera sa cohérence aux premières livraisons, rassemblant spécialistes, techniciens, élus et militants de l'Europe.

Entretien avec Antonio Costa Pinto

Propos recueillis à Paris le 25 mars 2011

Anne Dulphy, Christine Manigand
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Antonio Costa Pinto est professeur de sciences politiques et d’histoire européenne contemporaine à l’Institut des sciences sociales de Lisbonne (Portugal).

À l’Institut des sciences sociales de Lisbonne, vous occupez le poste de professeur de sciences sociales et d’histoire contemporaine, ce qui revient à afficher une double spécialité disciplinaire, à la fois d’historien et de politiste. Nous aurions donc souhaité vous interroger tout d’abord sur votre itinéraire, sur votre parcours et sur la manière dont ce choix, ou ce refus de choix, entre l’histoire et les sciences politiques, s’est opéré.

Il s’agit plutôt d’un refus de choix, même si mon parcours a toujours été lié à l’histoire politique. J’ai tout d’abord effectué une année de droit à l’Université de Lisbonne car, avant la transition démocratique, il n’y avait aucun enseignement de sciences politiques ou de sciences sociales ; il fallait choisir entre le droit ou l’histoire. J’ai donc fait une année de droit que je n’ai jamais poursuivie et, finalement, j’ai opté pour la licence et la maîtrise d’histoire à l’Université de Lisbonne, tout en restant très attaché à l’histoire politique qui représentait mon intérêt principal. Pour passer mon doctorat, j’ai décidé d’aller à l’étranger. J’ai alors hésité entre les États-Unis pour travailler avec Stanley Payne à l’Université de Wisconsin (je voulais prendre le fascisme comme thème de mon doctorat eu égard à la longue durée du régime autoritaire portugais) et l’Institut européen de Florence. Je suis finalement allé à Florence où j’ai suivi les cours du politologue Philippe C. Schmitter et plus tard de l’historien Stuart Woolf. J’ai donc suivi des enseignements à la fois au département des sciences sociales et politiques et au département d’histoire.

Je pense qu’il est très difficile pour un historien de la vie politique de l’époque contemporaine de ne pas avoir un point de vue méthodologique et théorique lié à la science politique. Il me semble que c’est un chemin très fructueux car nous, historiens, avons besoin de sources, mais il est pratiquement impossible de ne pas avoir recours à la méthodologie et à la réflexion qui nous viennent de la science politique.

Vous diriez que ces deux méthodes d’historien et de politiste sont deux méthodes complémentaires ? Est-ce que ce n’est pas au détriment de la science historique et de la méthode historique ?

Je pense qu’elles sont complémentaires à deux niveaux. D’abord, surtout en histoire politique, il y a une tendance à ne pas problématiser. Or en général, en histoire, je crois qu’il faut aller aux sources avec une problématique : on veut tester quelque chose, on ne veut pas seulement savoir.

Oui, je crois donc que ces deux méthodes sont complémentaires, même si, dans les dernières années, la science politique est devenue très quantitative, à l’image de certains secteurs de l’histoire qui l’ont également été. Il est vrai qu’il y a quand même de plus en plus de difficultés entre ces deux disciplines car la science politique internationale connaît une approche de plus en plus quantitative et l’histoire, même dans une démarche comparatiste, continue à être fondée sur une recherche solide du point de vue empirique.

Est-ce que le risque, en arrivant avec une problématique prédéterminée, n’est pas de tordre le cou à certaines archives ?

Il s’agit tout simplement d’une approche méthodologiquement correcte en sciences sociales en général. On teste des hypothèses du point de vue de la recherche, et la recherche peut évidemment dire exactement le contraire de toutes les hypothèses de départ. Mais surtout, lorsque je regarde l’histoire de la discipline, et particulièrement l’histoire politique du monde contemporain, je m’aperçois que j’ai toujours croisé les deux regards parce que je les trouve très importants. C’est vrai dans les débats sur le fascisme, sur la nature d’un système politique, sur le phénomène du totalitarisme, d’un changement de régime. Comment peut-on par exemple interpréter la troisième vague de démocratisation, pour quelles raisons y a-t-il eu des régimes autoritaires avec des institutions politiques ayant une capacité de consensus et de répression…

Je crois que le regard de la science politique ou même de la sociologie politique et de l’histoire est très important. Il est vrai aussi que j’ai une interprétation très pragmatique de la recherche historique (selon la formule de l’historien anglais Geoffrey Barraclough). Au fond, l’histoire possède une spécificité, c’est l’analyse du passé, mais son point de vue théorique, à l’exception de la critique des sources, est une projection des sciences sociales dans l’analyse du passé. En réalité, notre avantage est de pouvoir aller de l’étude des structures de la famille, à celle du régime politique en passant par l’économie charbonnière, en utilisant d’une façon créative et intéressante tout ce que les sciences sociales ont produit du point de vue théorique et méthodologique.

Vous avez fait allusion à votre thèse de doctorat, première recherche que vous avez conduite à l’Institut universitaire de Florence. J’aimerais vous interroger sur le sujet de recherche, puis sur cette expérience, et sur ce que vous avez finalement trouvé de positif à Florence.

Pour ma génération qui est originaire de l’Europe du Sud, et dans mon cas du Portugal – mais je tiendrai le même raisonnement pour la Grèce ou pour l’Espagne, dotées de systèmes universitaires encore compliqués en raison de la longue durée des régimes autoritaires –, l’option de l’université européenne a été excellente à deux niveaux. Tout d’abord, parce qu’il s’agit d’une institution d’élite qui m’a permis d’être en contact avec des professeurs venant d’écoles historiographiques différentes, et déjà dans les années 1980 d’historiens d’Europe centrale et orientale, et d’avoir des regards croisés sur l’histoire et la politique européennes contemporaines. La deuxième dimension très importante que j’en ai retirée est de n’avoir jamais abandonné l’approche comparatiste, c’est-à-dire de penser progressivement l’histoire dans une perspective comparatiste et de délaisser ainsi un peu l’approche nationale, même si on sait qu’elle existe, et de perdre en partie l’approche de la singularité nationale au profit de l’histoire comparée de l’Europe.

Ce sont les deux principaux apports de l’Institut universitaire européen de Florence dans les années 1980. Aujourd’hui, le paysage universitaire européen a beaucoup changé, même en Europe centrale, avec la Central European University, mais à l’époque, l’Institut était encore, avec quelques institutions françaises et britanniques, une institution réellement internationale et cela m’a beaucoup plu.

Quel était votre sujet de doctorat ?

J’arrivai avec deux préoccupations : ou bien travailler sur les transitions démocratiques en Europe du Sud, selon les travaux de Philippe Schmitter, mais c’était trop proche ou peut-être trop compliqué, ou travailler – ce qui a été mon choix – sur un sujet qui m’a beaucoup marqué, l’autoritarisme, le phénomène des dictatures et du fascisme dans l’Europe du Sud. J’ai donc commencé par une étude comparée entre le fascisme en tant que mouvement et le rapport entre ces derniers et les régimes de Salazar et de Franco. À la fin, cela a débouché sur deux ouvrages portant sur le salazarisme et le fascisme au Portugal [1] .

C’est l’occasion pour nous de vous interroger sur le cheminement de vos centres d’intérêt. Vous avez travaillé sur l’autoritarisme, sur la transition, sur les questions européennes. Comment êtes-vous passé d’un thème à l’autre ?

Je viens de publier en anglais un ouvrage, Rethinking the Nature of Fascim [2] , donc je n’ai jamais abandonné le thème de l’autoritarisme. J’ai commencé par l’étude du fascisme, puis je me suis intéressé aux structures politiques du pouvoir des régimes autoritaires à partir du salazarisme, du franquisme et du fascisme italien [3] . En tant qu’historien, j’ai commencé à abandonner un peu la frontière nationale de ces régimes grâce à une recherche sur les élites politiques des régimes autoritaires publiée avec des collègues dans un volume intitulé Qui gouverne l’Europe du Sud ? [4] , étude comparée des élites gouvernantes entre régimes autoritaires et démocratie. Après le phénomène des transitions démocratiques, je me suis penché sur un sujet très présent dans tous les débats depuis l’après-guerre jusqu’à l’Égypte actuelle : que fait-on du passé autoritaire en régime démocratique ? comment les régimes démocratiques arrivent-ils ou non à entrer en rupture avec ce passé, quels sont les procédés de rupture ou de continuité entre régimes autoritaires et démocraties du point de vue des élites politiques, des structures du pouvoir ?

Ce deuxième volet de ma recherche m’a amené non seulement au cas portugais et au cas espagnol, mais aussi mais aussi à celui de l’Europe du Sud et même de l’Amérique latine. Voilà un travail de collaboration entre historiens et politologues d’où sont issus plusieurs livres, le dernier devant paraître en septembre sous le titre Dealing with the Legacy of the Past en Amérique du Sud et en Europe du Sud [5] .

Mon deuxième intérêt est lié en fait à la troisième vague de démocratisation en Europe du Sud qui a beaucoup marqué tous ces processus.

Mes sujets de recherche ont aussi à voir avec une approche régionale en Europe puisque l’unification européenne a été très importante pour l’Europe du Sud. Quel a été l’impact de cette adhésion à l’Union européenne pour des pays comme le Portugal, l’Espagne et la Grèce, tant du point de vue politique et économique qu’au plan des études sur l’unification européenne ? Comment l’Europe change-t-elle ou ne change-t-elle pas les identités nationales ? Le cas du Portugal est intéressant, par exemple, car c’est évidemment le passage d’une identité liée plutôt au monde colonial à une identité liée au processus d’adhésion et identification européennes. Voilà ces trois ou quatre domaines de recherche.

La décolonisation aussi, peut-être ?

Oui, mais ce n’est pas le monde colonial qui m’intéresse, c’est plutôt l’impact de la décolonisation. J’ouvre, cette année, un nouveau projet de recherches sur le thème de la décolonisation en lien avec mes intérêts pour les processus de changement de régime. L’objet est le suivant : essayer de mener une recherche comparée sur l’impact des décolonisations sur les régimes politiques métropolitains et faire ainsi une comparaison entre démocratie et autoritarisme face aux processus de décolonisation. Est-ce qu’il y a une différence entre le Portugal, qui est une dictature dans les années 1960, et le défi de la décolonisation pour des pays démocratiques comme la Hollande ou la France ? C’est donc plutôt la décolonisation comme impact sur les systèmes politiques métropolitains, évidemment dans les pays postcoloniaux, qui m’intéresse plutôt que le colonialisme en tant que tel.

Finalement, il y a un fil rouge : vous ne vous êtes jamais cantonné à une histoire purement nationale, vous avez toujours voulu faire une histoire comparée ?

J’ai toujours essayé, même quand je faisais une histoire nationale, de partir d’une problématique comparatiste. Par exemple, le salazarisme est-il un régime plutôt autoritaire ou fasciste ? J’ai tout de même souvent centré mes études sur le cas portugais. C’est vrai que ce qui m’intéresse le plus, c’est de tenter une approche comparatiste, même si ce n’est pas un dogme ; au contraire c’est d’essayer de changer un peu, par une recherche empirique solide, les débats et la pensée sur les grands thèmes de la recherche en histoire contemporaine. Par exemple, à mon avis, on a trop centré le débat sur fascisme versus autoritarisme d’une façon dogmatique, car la frontière est beaucoup plus floue que ce que les typologies de science politique veulent montrer. Je suis en train de développer un projet de recherche sur les dictatures de la périphérie de l’Europe, des Pays baltes jusqu’au salazarisme. Comment ces régimes se sont-ils influencés ? Quel type de transfert y-a-t-il eu du point de vue institutionnel entre des régimes comme celui de Pilsudski ou encore celui de la Hongrie, quel type d’institution le salazarisme ou le franquisme ont emprunté au fascisme ? Quel a été le rôle du corporatisme en tant qu’alternative comme type de représentation politique de ces régimes, quels sont les liens entre la périphérie et le centre fasciste, entre le national-socialisme de l’Allemagne et le fascisme italien ?

L’approche que j’ai suivie est donc plutôt celle d’une recherche comparée. Évidemment, cela me pose des problèmes en tant qu’historien, car ces projets sont des projets collectifs, donc la recherche empirique se complique et ma propre recherche se concentre de temps en temps sur le cas portugais ou sur la comparaison de l’Espagne et du Portugal.

Quelle part accordez-vous à la recherche personnelle et à ces entreprises collectives dans lesquelles, à voir toutes vos publications, vous semblez très actif, étant à l’origine de nombreux projets tout en participant aussi à des travaux collectifs dirigés par d’autres ?

C’est un défi individuel, et aussi un défi de notre système de la recherche en Europe. De plus en plus, on doit relever le défi entre histoire et science politique ainsi que celui de la recherche comparée. Par ailleurs, il existe de temps en temps un impact négatif de l’Union européenne sur la recherche parce que, sans doute, l’Union européenne tente de contrôler l’agenda de la recherche en science politique et en histoire avec des grands projets sur les identités politiques européennes ou sur les attitudes face aux dictatures…

Il est vrai que, pour l’historien, il y a le défi de continuer les recherches comparatistes et de mener un travail individuel, qui prend du temps. Je pense beaucoup à ce dilemme complémentarité versus recherche individuelle, car ces projets comparatistes sont tout de même importants puisqu’ils permettent d’offrir un portrait plus global des changements culturels, politiques et économiques de l’Europe.

Vous avez été invité dans de très nombreuses institutions prestigieuses à l’étranger. Quelle expérience avez-vous retenue de toutes ces invitations, soit dans les universités américaines soit à Sciences Po ? Qu’est ce que cela vous a apporté et quel a été votre contact avec les étudiants ?

Mon parcours, entre l’Institut universitaire de Florence et la tradition américaine, m’a beaucoup enrichi. Il s’est effectué entre deux traditions historiographiques, une tradition européenne très marquée par le fait national jusqu’à la fin des années 1980 (que l’on pense aux débats français sur Vichy et la collaboration, ou aux débats italiens sur la nature du fascisme) et un regard américain plus comparatiste.

La science politique des années 1970 et 1980 m’a permis d’avoir un regard plus large, englobant par exemple les transferts du corporatisme ibérique en Amérique latine, ou ceux des structures du pouvoir politique franquiste ou salazariste dans les dictatures d’Amérique latine.

Évidemment, cela m’a donné une idée plus claire de la profession d’historien car le monde des sciences sociales – et là je suis plus réticent – semblait passer des traditions nationales au modèle anglo-américain. On le constate aujourd’hui dans les revues historiques (même si, en histoire, la mémoire est encore un marché national important pour les historiens), le point de vue académique s’impose en Europe et publier en anglais, par exemple, compte beaucoup.

Sur ce point, j’éprouve un dilemme. Je trouve même que c’est problématique. Je pense que l’un des problèmes les plus sérieux de la recherche comparée en histoire, c’est qu’une bonne partie de la production est produite dans le cadre académique et intellectuel des pays, en Italie, en Allemagne ou en France, et qu’en même temps la globalisation fait que si on ne publie pas dans la langue globale des sciences sociales, on est bloqué. Il ne s’agit pas seulement de questions de stratégie académique, mais d’un problème intellectuel car il y a toute une recherche superficielle publiée en anglais et toute une recherche nationale qui est sous-estimée. Je dirai qu’en Europe nous avons besoin non seulement de l’internationalisation des grandes institutions de recherche en histoire – c’est en cours en France ou en Allemagne – mais que nous avons besoin également d’autres institutions transnationales comme l’Institut universitaire européen ou l’Université d’Europe centrale. Ce double mouvement d’européanisation des institutions sera peut-être l’antidote ou le complément d’un monde qui change beaucoup au niveau de la recherche académique, des revues, qui deviennent de plus en plus anglo-américaines.

De qui pourrait venir l’initiative, des instances européennes, d’une collaboration entre les universités ?

Des instances européennes, et aussi de ce que l’on peut appeler la société civile des institutions de recherche, c’est-à-dire les universités et les centres de recherche. L’évolution est en cours ; la France a toujours été un centre de recherches comparatistes au niveau européen, et même mondial, mais il faut continuer avec des programmes comme le doctorat, avec la création d’institutions qui doivent être pensées en tant qu’institutions d’enseignement et de recherches européennes globales. Évidemment, la problématique nationale existera toujours, c’est un besoin, mais il y a un processus indispensable qui doit favoriser le développement de l’histoire comparée des sciences sociales en général. Je pense que c’est le seul moyen pour les institutions de recherche de survivre et de continuer à être des pôles intéressants de débats. Il ne s’agit pas seulement d’une question de marché du point de vue des étudiants, mais de regagner la centralité du débat historiographique intellectuel et politique en Europe.

Y-a-t-il au Portugal l’équivalent d’une structure comme Sciences Po avec l’interdisciplinarité à laquelle vous faisiez allusion, sur les études politiques et européennes, avec des juristes, des économistes, des historiens ? Dans la chaire que vous occupez, est-ce également le cas ?

Oui, mais très peu. Il n’y en a qu’une, c’est la mienne. L’Institut des sciences sociales de l’Université de Lisbonne a cette vocation interdisciplinaire mais, à la différence de Sciences Po, ce n’est pas un centre de formation des élites et des cadres au niveau national puisque nous n’accueillons que des étudiants de doctorat. Il s’agit donc d’une institution au niveau « postgraduate » et de recherche. Mais il y a quand même d’autres comparaisons possibles, curieusement redevables au même founding father des sciences sociales au Portugal, en fait un intellectuel catholique, professeur d’économie, qui a créé l’ICS [6] et aussi une autre école un peu comparable (quoique modestement…) à Sciences Po, l’ISCTE.

Dans le cas portugais, après une transition par rupture qui a démocratisé les institutions universitaires et qui a aussi malheureusement, à mon avis, réparti les ressources entre les mauvaises universités et les instituts scientifiques, les choses n’ont évolué que depuis les vingt dernières années. On fait aujourd’hui davantage la différence entre les institutions d’élite plus compétitives et les autres. C’est l’Institut des sciences sociales ainsi que le Centre d’études sociales de l’Université de Coimbra qui constituent les pôles d’excellence de la recherche en sciences sociales.

Pour des pays comme le Portugal et même l’Espagne, le processus de modernisation de soutien à la recherche s’est avéré important à deux titres. Tout d’abord, cela a donné à la recherche en histoire et en sciences sociales une approche plutôt liée à l’évaluation internationale de cette production et aussi à la différence de qualité. Ce qui signifie que je suis professeur à l’Université de Lisbonne, mais que je ne possède pas le contrôle des fonds de recherche de tous mes jeunes collègues ; la diminution du pouvoir magistral de ce point de vue a été quelque chose d’important. Cela a eu un impact sur la recherche en général et a provoqué un effet d’internationalisation qu’on ne connaissait pas dans les années 1980.

En matière de recherche sur les questions internationales ou européennes, quelles sont les tendances fortes dans l’historiographie portugaise ?

En histoire, vous pouvez aisément imaginer les domaines. Pour le Portugal, l’histoire moderne et le champ de l’expansion sont les domaines de recherche par excellence avec, ce qui est très lié, l’histoire de l’Amérique latine et surtout du Brésil.

Évidemment, l’expansion et l’empire sont au centre de la recherche historiographique au Portugal, après sans doute l’histoire coloniale, la résistance à la décolonisation, les rapports, les transferts au moment de la première globalisation des découvertes, puis après la deuxième globalisation, des empires au XIXet au début du XXe siècles.

Un autre thème central est celui de l’autoritarisme versus démocratie. En raison d’une dictature de presque cinquante ans, il est impossible de ne pas revenir, comme d’ailleurs pour la péninsule ibérique en général, au salazarisme, au franquisme et au legs de ce type de régime dans les démocraties contemporaines.

Le troisième domaine de recherche est sans doute l’histoire économique. Je ne suis pas un historien de l’économie, mais on ne peut pas nier qu’une bonne partie de la recherche historique essaye de répondre aux grandes questions que se posent les élites sur l’identité nationale, sur ce que représente un État-nation, mais aussi aux défis du présent. Quand je parle de défi, c’est évidemment le défi de la modernisation, le défi du rôle de l’État-nation dans le processus de globalisation et, surtout en Europe du Sud, le défi des rapports entre le centre et la périphérie au sein de l’économie européenne ; or, ces rapports ne sont pas fixes. Par exemple, la crise de l’euro, les difficultés de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal, nous ramènent aux grands problèmes de l’histoire économique de l’Europe de façon assez claire et posent des questions de base. Ainsi, je ne pense pas que les choses évoluent très rapidement : on ne change pas la conjoncture et les rapports de force économiques en Europe, même avec le procédé d’unification européenne, il y a toujours une périphérie et des centres ; de temps en temps les crises nous rappellent que, même lorsque les pays fournissent des efforts, il y a des données intangibles comme la productivité, le rapport d’une économie nationale à la globalisation, les structures d’éducation.

Donc, le troisième grand domaine concerne le problème de la modernisation, du changement économique et social du Portugal.

Y a-t-il une recherche dynamique sur l’intégration européenne ?

Oui, il y a une recherche très dynamique sur l’intégration européenne et là, bien sûr, comparatiste par excellence, en histoire des relations internationales, en histoire politique avec l’impact de l’unification européenne, le procédé d’européanisation des partis, des attitudes, des institutions politiques au Portugal. En histoire économique aussi, avec le processus d’intégration de l’économie portugaise. Il s’agit bien d’un domaine qui, au Portugal comme en Europe, est par excellence interdisciplinaire. Dans ce domaine, on a beaucoup progressé.

L’impact de l’unification européenne n’est pas le même dans les pays de la troisième vague de démocratisation, l’Espagne le Portugal et la Grèce ; le sujet de l’unification européenne, celui de l’adhésion à la Communauté dans les années 1980, sont très présents dans la recherche.

Pour moi, en tout cas, il y a un rapport clair entre mon pays d’origine, le Portugal, et mes intérêts de recherche. C’est une banalité de le dire mais, dans les petits pays, on sent qu’on ne peut pas penser l’histoire nationale sans le poids déterminant de l’histoire globale. Je crois donc qu’il existe une liaison, que je ne peux nier, entre l’approche comparatiste et le fait que je viens d’un petit pays.

Il y a un domaine auquel vous n’avez pas fait allusion, ni dans votre parcours personnel, ni dans les travaux collectifs qui sont en cours au Portugal, c’est celui de l’histoire culturelle. En France, cette histoire taille des parts de marché à l’histoire politique, et nous sommes un certain nombre à nous en inquiéter.

C’est vrai, je n’en ai pas parlé parce que, dans le cas portugais, il existe une différence assez claire entre la production académique et la production pour le marché culturel national. Or l’histoire politique continue d’y jouer un rôle important. Ses grands thèmes continuent encore à dominer les besoins du marché culturel de l’identité des élites.

Mais c’est aussi parce que l’histoire culturelle n’est pas très développée au Portugal, elle est encore dans les mains des historiens de la littérature, des intellectuels qu’on appelle les essayistes, très liés à l’histoire de la culture. Je dirai qu’au point de vue disciplinaire, les historiens n’ont pas encore occupé l’espace de l’histoire de la culture de l’époque contemporaine, ce qui n’est pas du tout le cas pour l’histoire moderne.

L’actualité portugaise est très présente dans les médias. On voit que le pays est confronté à la force de la conjoncture et à un certain nombre de ses spécificités.

Tout d’abord, le Portugal a connu une transition à la démocratie par rupture, et le cas portugais a été la dernière crise révolutionnaire de l’Europe à la fin du XXe siècle avec une crise de l’État. Le pays est devenu une démocratie consolidée comme les autres, mais toutefois avec deux types de problèmes. On a établi un système démocratique qui a donné du pouvoir surtout à la société. Cela a signifié un système électoral proportionnel, un système de partis où les majorités ne sont généralement pas claires. Ainsi, les gouvernements de majorité absolue sont presque l’exception. La classe politique s’est professionnalisée très rapidement, même si elle est fort récente, avec une crise de représentation très nette entre la société des représentés et cette classe politique. Si les clivages idéologiques sont moins importants aujourd’hui, elle n’a pourtant pas su répondre aux défis que représentaient l’unification européenne ou l’intégration dans l’euro. Certes, les problèmes sont liés à la crise internationale, mais certains viennent aussi de cette classe politique qui n’a pas eu une politique satisfaisante de modernisation.

En même temps, cette démocratie portugaise ne souffre pas de problèmes majeurs, sans doute grâce à certains avantages – notamment la nature homogène de l’État-nation au Portugal – ou des caractéristiques qui ont des aspects positifs et négatifs, comme une société civile peu active, un taux bas de conflit social. Ainsi ne voit-on pas apparaître des partis antisystèmes ou des phénomènes de radicalisation politique.

Je vois la situation du Portugal comme la conjoncture typique des petits pays de l’Union européenne, à l’instar de certains pays de l’Europe centrale et orientale, qui connaissent deux types de problèmes : tout d’abord celui de la productivité vis-à-vis d’une économie globalisée, et ensuite celui du maintien d’un État Providence qui a été un acquis de la démocratie. Il est vrai que les Portugais connaissent aujourd’hui un niveau de vie, une protection sociale, un processus de modernisation de l’État providence qui pose de nombreux problèmes face à la globalisation. La conjoncture est difficile et va le demeurer dans les trois prochaines années au moins.

La jeunesse semble s’inquiéter beaucoup ?

Oui, une jeunesse qui s’inquiète en raison de deux difficultés structurelles. Le tissu économique et social n’est pas en mesure d’intégrer des jeunes dont la scolarisation est déjà assez élevée et le tissu productif n’a pas beaucoup d’atout pour les retenir.

Le Portugal a toujours été un pays d’émigration mais, probablement pour la première fois, il y aura aussi une émigration de cadres et de main-d’œuvre qualifiée, bien différente de celle qui venait du monde rural dans les années 1960.

Toutefois, je suis optimiste pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le Portugal est doté d’un système démocratique consolidé. Ensuite, il a une double dimension, du point de vue économique et international, qui provient de ses liens entre l’Union européenne et le monde de langue portugaise des anciennes colonies, surtout le Brésil qui jouera, je pense, un rôle très important dans l’avenir immédiat du Portugal.

Avant de conclure cet entretien, nous aimerions évoquer la revue électronique que vous codirigez. Pouvez-vous nous rappeler ce dont il s’agit et ce qu’elle vous a apporté ? Enfin, pouvez-vous nous présenter votre dernier ouvrage ou votre dernier champ de recherche ?

Je crois qu’en France vous n’êtes pas vraiment au courant des grands changements qui ont affecté des pays comme l’Espagne et le Portugal : une formidable pression s’est exercée non seulement sur la production historiographique et des sciences sociales, mais aussi sur les revues. Cette pression est internationale et visait à les faire entrer dans les grandes bases de données. À ce sujet, nous avons eu un débat très complexe entre continuer à écrire en portugais ou écrire dans une autre langue.

Récemment, nous avons créé une revue électronique, e-journal of Portuguese History [7] . Ce fut une expérience très intéressante. Les revues classiques ont de moins en moins de marché académique, surtout dans un petit pays comme le Portugal, les maisons d’édition ne sont plus intéressées, donc on est passé très rapidement à la voie électronique. Le e-journal of Portuguese History connaît un véritable succès puisqu’il publie à la fois en anglais et en portugais.

Il y a systématiquement deux versions ?

Non, à l’heure actuelle seulement pour certains articles, en raison du coût. Publier dans plusieurs langues, en portugais, en anglais et en espagnol est maintenant la tendance de toutes les revues au Portugal car le marché se réduit, les librairies ne distribuent plus les revues d’histoire académique.

La revue est dans sa septième année, publiée deux fois par an. Elle résulte d’une coopération entre l’Université de Brown et nous, ce qui fait qu’il y a deux centres de distribution bien que dans l’univers numérique ce ne soit plus une obligation.

Pour répondre à la question sur mon dernier projet de recherche, je reviens à l’étude du monde des dictatures. On le voit en Afrique du Nord dans le processus de changement, dans tout le monde de l’ex-URSS, les institutions dictatoriales n’ont pas toutes pour modèle les dictatures de droite. On dispose désormais d’un champ élargi de comparaison qui ne se limite plus à la période de l’entre-deux-guerres. Je veux, d’une part, revenir sur cette période avec un nouveau regard qui puisse prendre en compte le bilan que l’on peut tirer aujourd’hui des dictatures dans le monde et, d’autre part, examiner les attitudes face au passé. Quel poids a le passé dans les démocraties contemporaines ? Je poursuis donc autour de ces deux grandes thématiques et, bien sûr, en conservant une approche comparatiste.

Une question personnelle, si vous nous le permettez, pour finir : d’où vient votre excellente maîtrise du français ?

Malheureusement, je pense qu’il y a dix ans, je le parlais mieux !

Lorsque j’étais au lycée, on avait cinq années de français obligatoires et seulement deux d’anglais ; il fallait y ajouter le latin et le grec.

J’appartiens à la dernière génération francophone du système d’enseignement portugais, mais ce n’est pas la seule explication. Pour ma génération, dans les années 1970 ou le début des années 1980, l’historiographie française représentait la base de la recherche dans tous les pays européens, Portugal compris. J’ai donc été élevé dans l’école historiographique française de Fernand Braudel et dans celle de René Rémond pour l’histoire politique.

Pour citer cet article : Anne Dulphy et Christine Manigand, « Entretien avec Antonio Costa Pinto », Histoire@Politique. Politique, culture, société, n° 14, mai-août 2011, www.histoire-politique.fr

Notes :

[1] Salazar’s Dictatorship and the European Fascim : Problems of Interpretation, New York, SSM-Columbia University Press, 1995, et The Blue Shirts. Portuguese fascism in Interwar Europe, New York, SSM-Columbia University Press, 2000.

[2] Rethinking the nature of Fascim : Comparative Perspectives, Palgrave, Macmillan, 2011.

[3] Ruling Elites and Decision-making in fascist-Era Dictatorships, New York, SSM-Columbia University Press, 2009.

[4] Pedro Tavares de Almeida, Nancy Bermeo, Antonio Costa Pinto (dir.), Who Governs Southern Europe ? Regime Change and Ministerial Recruitment 1850-2000, London, Routledge, 2003.

[5] Antonio Costa Pinto and Leonardo Morlino (dir.), Dealing with the Legacy of Authoritarianism. The “Politics of the Past” in Southern European Democracies, London, Routledge, 2011.

[6] Instituto de Ciências Sociais.

Anne Dulphy

Ancienne élève de l'ENS Sèvres-Ulm, agrégée et docteur en histoire, Anne Dulphy est maître de conférences à l'Ecole polytechnique et chercheur rattaché au Centre d'histoire de Sciences Po. Ses travaux portent sur les interactions entre questions internationales, politique intérieure et société. Elle s'intéresse plus spécifiquement à la politique extérieure de la France, en particulier ses relations avec l'Espagne et le bassin méditerranéen, et sa position face à l'Europe communautaire. Elle a publié plusieurs ouvrages, dont La politique de la France à l’égard de l’Espagne de 1945 à 1955 (Paris, ministère des Affaires étrangères, coll. « Diplomatie et histoire », 2002) et, en codirection avec Yves Léonard, De la dictature à la démocratie : voies ibériques (Bruxelles, PIE-Peter Lang, 2004). Avec Christine Manigand, elle a codirigé Les opinions publiques face à l'Europe communautaire (Bruxelles, PIE-Peter Lang, 2004) et publié La France au risque de l'Europe (Paris, Armand Colin, 2007). Elle vient de publier un Dictionnaire critique de l'Union européenne chez Armand Colin (en codirection avec Christine Manigand, Yves Bertoncini, Thierry Chopin et Sylvain Kahn).

Christine Manigand

Christine Manigand est professeur en histoire contemporaine à l'université de Poitiers et chercheur rattaché au Centre d'histoire de Sciences Po. Ses recherches portent sur l'interface entre l'histoire politique française, l'aventure européenne et les relations internationales. Elle a publié plusieurs ouvrages, dont Les Français au service de la Société des Nations (Berne, Peter Lang SA, 2003) et, en codirection avec Elisabeth du Réau, Vers la réunification de l'Europe. Apports et limites du processus d'Helsinki de 1975 à nos jours (Paris, L'Harmattan, 2005). Avec Anne Dulphy, elle a codirigé Les opinions publiques face à l'Europe communautaire (Bruxelles, PIE-Peter Lang, 2004) et publié La France au risque de l'Europe (Paris, Armand Colin, 2007). Elle vient de publier un Dictionnaire critique de l'Union européenne chez Armand Colin, en codirection avec Anne Dulphy, Yves Bertoncini, Thierry Chopin et Sylvain Kahn.


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  • ISSN 1954-3670