Histoire@Politique : Politique, culture et société

Le dossier

L'expertise face aux enjeux biopolitiques. Genre, jeunes, sexualité

Coordination : Ludivine Bantigny, Christine Bard et Claire Blandin

Louis Le Guillant : le psychiatre et la jeunesse. Vers la construction d’une expertise ?

Jean-Christophe Coffin
Résumé :

This work is based on the French psychiatrist Louis le Guillant’s considerations on the ways to study adolescence. In the (...)

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Quelle place donner, au sein du corps social, au face à face du psychiatre avec l’adolescent ? Armé d’un savoir médical, cherchant à restaurer la raison d’individus perdant pied, en quoi le psychiatre devrait être au côté du jeune ? Cet âge de la vie n’est pas une maladie en soi… Et pourtant, il y a désormais bien longtemps que la psychiatrie a investi ce moment de la vie des individus. Certaines voix, dont celle de Michel Foucault, ont même souligné combien cette médicalisation de la jeunesse et de l’enfance relevait d’une stratégie dont les conséquences sociales seraient immenses. Il est désormais admis que la psychiatrie ne s’occupe pas exclusivement des délires et des maladies ; elle intervient également sur les comportements et les inadaptations tout comme elle ne cherche pas seulement à guérir mais aussi à prévenir. L’étendue de son champ d’actions inclut par conséquent la jeunesse et l’enfance. Il ne sera pas traité ici des maladies détectées dès le plus jeune âge (autisme, retard mental) ou qui se révèlent très sévères (telles que la schizophrénie ou les psychoses infantiles). Il sera question de (presque) tout le reste, c’est-à-dire des comportements juvéniles que le regard exercé du psychiatre est censé éclairer ; tout comme il est censé formuler des conseils que les autorités politiques et bien des acteurs du monde social attendent avec impatience lorsque ces comportements sont violents ou prennent des contours insolites aux yeux des adultes.

On voudrait donner ici une analyse des questions de méthode apparaissant au cours du face à face entre le psychiatre et le jeune et des modalités d’intervention élaborées et retenues pour remplir ce contrat social. Celui-ci donne au psychiatre une responsabilité particulière parmi les productions savantes sur la jeunesse. Je souhaite donc explorer les manières de produire un régime de savoirs sur la jeunesse de la part de la profession psychiatrique. Je m’appuierai principalement sur l’itinéraire professionnel de Louis Le Guillant (1900-1968). Pourquoi porter mon attention sur un psychiatre, mort l’année de l’irruption de la jeunesse sur la scène publique, mais bien oublié aujourd’hui ? Ce médecin apparaît représentatif d’une discipline dont il a suivi la construction et les évolutions. Largement dominé par les institutions médico-sociales qu’il a fréquentées, c’est en tant que psychiatre soucieux de l’adaptation des individus à la vie sociale que Le Guillant est intervenu autour des questions de l’enfance et de la jeunesse. Ensuite Le Guillant n’est pas « né pédopsychiatre », sa première fonction a été de diriger l’activité médicale d’un hôpital psychiatrique pendant de nombreuses années. C’est en effet après la Deuxième Guerre mondiale qu’il s’est progressivement investi dans le domaine de l’enfance puis de la jeunesse. Ce déplacement apparaît tout à fait représentatif d’une évolution plus générale de l’attitude de la profession psychiatrique et de la capacité de ses représentants d’étendre le champ de leurs compétences et d’accroître leur professionnalisme sur un territoire encore peu exploré il y a soixante ans. Enfin, cette évolution s’est accompagnée chez Le Guillant de nombreuses interrogations sur lesquelles portera notre étude.

Je m’appuierai pour développer ma première partie sur l’ouvrage au titre si évocateur Jeunes difficiles ou temps difficiles ? que Le Guillant publie au début des années 1960 [1] . Il est alors un psychiatre important au sein de sa communauté professionnelle et détient des fonctions prestigieuses de médecin-chef auprès du service des hôpitaux psychiatriques de la Seine. C’est au milieu de sa carrière professionnelle – la fin des années 1940 – qu’il a centré son travail sur l’adolescence, objet encore incertain pour une pédopsychiatrie en construction. Au moment de la publication du livre, il est bien connu des associations de protection de l’enfance, et de certains des mouvements de jeunesse. Il a par exemple contribué à la création de la revue Sauvegarde, émanation des associations de Sauvegarde de l’enfance et de l’adolescence dont l’action est essentielle. Enfin, la visibilité de Georges Heuyer (1884-1977), figure incontournable de la médecine infantile française, auprès de qui il a travaillé à plusieurs reprises, a rejailli, en quelque sorte, sur sa propre trajectoire.

Déconstruire

Le livre comporte un point d’interrogation dans son titre car Le Guillant y soulève plusieurs questions. Lorsqu’on aborde la thématique de la jeunesse, il faut expliciter sa démarche, et préciser ses objectifs car, souvent, différentes dimensions contribuent à obscurcir les questions que l’on souhaite traiter plus qu’à les identifier clairement. Les questions qu’il tente de formuler, et de faire partager, trouvent leurs origines dans diverses insatisfactions face aux manières dont ses confrères abordent certains sujets, et dont ils conçoivent leur métier et leur rôle au sein de la société. Depuis les années d’après-guerre, Le Guillant cherche à porter la « révolution psychiatrique » sur le terrain de l’expertise de l’enfance et de l’adolescence. Cette expression avait été lancée dans les mois suivant le retour des forces démocratiques par un groupe de psychiatres, qui s’était promis de fonder une nouvelle manière d’être psychiatre et une nouvelle manière d’appréhender les troubles mentaux, axant leurs efforts en direction d’une prise en charge plus soucieuse du patient [2] . Le Guillant appartenait à ce groupe, réuni autour d’une revue, L’Information psychiatrique, qui existe toujours en ce début des années 1960 et qui entend continuer le combat politique et moral élaboré dans la fièvre de la Libération. Le contexte politique n’est plus le même et les promesses de la Libération ont dû être révisées. Cependant, pour Le Guillant, les objectifs d’antan demeurent toujours valables car la réalisation des objectifs qui avaient été fixés par ses collègues sont loin d’être entièrement réalisés. De surcroît, il observe tout ce qui demeure encore inadapté dans la lecture de l’adolescence et bien des catégories utilisées lui paraissent surannées.

Après le travail de sensibilisation mené en direction de ses confrères, et des collègues de l’action sociale et pédagogique, mené tout au long des années 1950, il est désormais temps de faire connaître à un public plus large – celui des lecteurs – ses idées ou, au moins, sa sensibilité concernant les manières d’affronter la question de la jeunesse. Par ailleurs, le livre intervient dans un contexte de retour des inquiétudes liées aux jeunes. Tout un ensemble d’événements ont été relatés par la presse et ont frappé l’opinion. Il ne s’agit pas seulement d’affaires secouant certains quartiers français déshérités : apparaît le phénomène d’une jeunesse qui s’ennuie et s’amuserait à faire peur et à provoquer, phénomène peut-être encore plus désarmant et qui apparaît dans plusieurs pays industrialisés. Le livre paraît dans le contexte de l’actualité des « blousons noirs » et autres « teddy boys » [3] . Toutefois son livre n’est pas en réaction directe à ces événements même si Le Guillant peut, à l’occasion, s’y référer.

S’il ne se nomme pas lui-même expert, Le Guillant observe que les propos sur la jeunesse sont souvent vains et manquent d’assise, car les observations sont trop éparses, parcellaires et peut-être parfois biaisées par les préjugés. Il prend en exemple la question de la délinquance juvénile. Le choix ne doit pas étonner. En effet, celle-ci attire, si l’on peut dire, le regard du psychiatre de manière privilégiée. Divers événements pointés du doigt par la presse ne font que rejouer une scène assez connue : la violence du jeune, marque d’une inadaptation profonde et signe d’une prévention qui n’a pas su repérer à temps une dérive lourde de conséquences. Inquiétude et crainte accompagnent traditionnellement le discours sur les méfaits juvéniles qui sont autant de risques de récidive et d’aggravation dans un proche futur. Cette lecture apeurée et déterministe à la fois ne lui paraît pas pleinement satisfaisante. Ce n’est pas d’entrer dans la réalité des phénomènes qui lui importe en priorité, mais de savoir sur quelles bases sont élaborés les propos tenus. Si les tenants d’un discours aisément alarmiste sont bel et bien présents, voire peut-être même sur le devant de la scène, Le Guillant préfère, pour sa part, s’interroger. Il privilégie en un sens une démarche heuristique.

Par petites touches et de manière simple et modeste, Le Guillant cherche à dresser un propos différent de celui qui prévalait à son époque, et en décalage par rapport à la formation qu’il a reçue avant-guerre. Certaines catégories de lecture influencées par le déterminisme d’antan ne sont plus défendues avec conviction. Le Guillant s’inscrit dans une évolution plus générale et repérable à plusieurs indices dont je ne donnerai que de très modestes exemples.

En France, une nouvelle revue est fondée en 1958, La Psychiatrie de l’enfant. Elle promeut l’interdisciplinarité, se veut surtout ouverte aux diverses sensibilités qui existent sur le terrain de l’enfance et de l’adolescence. Elle s’ouvre officiellement aux psychanalystes, tout comme elle s’ouvre à des professionnels exerçant en dehors du contexte français. La position dominante de Georges Heuyer ne l’est plus autant et une nouvelle génération de praticiens cherche à dépasser le système de pensée dans lequel ils ont été formés. La scène pédopsychiatrique française s’organise, modestement sans doute, mais grâce à des personnalités extrêmement convaincues de construire une nouvelle morale médicale, ce qui revient à prendre en compte l’adolescent avec plus de vérité et moins de paternalisme [4] .

Le Guillant proclame, pour sa part, qu’avant de parler des jeunes, il faudrait savoir qui ils sont, ce qu’ils ressentent et les écouter ; mieux les connaître. Ce constat peut surprendre quand on évalue le nombre d’articles et d’ouvrages publiés sur les conduites problématiques de la jeunesse. En fait Le Guillant pointe les défauts des enquêtes réalisées précédemment, les biais de lecture dont elles ont été l’objet, parfois même par ceux qui les ont réalisées. La déconstruction souhaitée n’est pas le signe d’un psychiatre radical, ou en colère, mais le témoignage de ce qu’il faut se déprendre des travaux anciens et reprendre le chemin de l’exploration et de l’investigation. Ce constat n’est pas loin de celui formulé par le psychiatre suisse Lucien Bovet, expert auprès de l’Organisation mondiale de la santé pour les questions de délinquance juvénile. Il avait souligné que certaines thématiques provoquaient beaucoup de bavardages et insuffisamment de données fiables [5] . Le Guillant avait lui aussi pointé ce phénomène lorsqu’il avait participé à une enquête sur les troubles de caractère dont les résultats ne venaient guère corroborer les hypothèses de départ [6] . Les enjeux liés à ces travaux étaient loin d’être négligeables puisqu’ils devaient venir confirmer ou infirmer la lecture déterministe, voire fataliste, de la trajectoire du jeune délinquant. Les résultats de l’enquête venaient s’ajouter à d’autres, qui contribuèrent en fait à temporiser le ton alarmiste souvent mobilisé sur pareil sujet. L’idée d’une sorte de pente fatale qui accablerait le destin de ces jeunes délinquants s’avérait surtout le reflet de représentations dont l’assise scientifique était fragile. C’est pourquoi Le Guillant en déduisait que les regards anciens devaient être déconstruits.

La critique de catégories surannées était donc nécessaire mais Le Guillant souligne, avec lucidité, que cette volonté ne procure pas d’aptitude immédiate à établir des lectures alternatives tenant la route. C’est pourquoi il choisit fréquemment une forme interrogative afin de montrer que le processus de déconstruction ne doit pas ressembler au travail du bulldozer. Il se demande, par exemple, si la prostitution, notamment lorsqu’elle est féminine, reflète exclusivement un comportement antisocial. Ne pourrait-on penser que le sujet exprime confusément sa souffrance ? Les déclinaisons multiples des comportements violents chez les garçons sont-elles le produit d’un dysfonctionnement ancien, ou la manifestation d’une souffrance dont les causes pourraient être prises en compte ? Le Guillant ne produit pas en tout point des considérations toujours nouvelles et témoigne parfois de représentations anciennes qu’il ne vient que très légèrement modifier. Par exemple, autour de la distinction entre filles et garçons, il demeure fort prudent et reprend – sans toutefois trop s’attarder – un partage ancien et très largement diffusé [7] . Le Guillant ne renonce pas, non plus, à considérer que les comportements inadaptés de certains adolescents sont le fruit de malformations congénitales, ou le produit de développement perturbé par des déficiences physiques profondes. Il ne sous-estime pas la dimension physique des comportements et des troubles observés. Toutefois, il estime nécessaire de mieux cerner ce qui relève d’une structure bio-physique et ce qui relève d’éléments conjoncturels, toujours plus délicats à identifier. C’est pourquoi, bien que médecin, il ne croit pas à une approche médicale exclusive. Proche ici de l’esprit des fondateurs de la revue La Psychiatrie de l’enfant, Le Guillant considère qu’il faut élargir la lecture médicale, découvrir d’autres horizons, d’autres savoirs. Il faut incontestablement être attentif aux conditions sociales, non pas pour améliorer des détails statistiques et faire des cartographies des zones de violence, mais pour comprendre le système d’influences qui pourrait expliquer certains comportements, ce qui constitue une tâche plus exigeante. Il s’est intéressé à des enquêtes étrangères sur les jeunes délinquants [8] , et estime qu’il faut regarder ce que la psychanalyse a à dire sur les jeunes, puisqu’après tout ses représentants insistent beaucoup sur le premier âge de la vie pour comprendre les étapes suivantes [9] . L’enjeu est pour lui de comprendre l’individu, la singularité de sa trajectoire sans rejeter des déterminations plus collectives. Par conséquent, il faut une lecture des phénomènes sociaux, des contextes de réception dans lesquels les jeunes évoluent. Tout comme il n’adopte pas le corpus psychanalytique dans son ensemble mais se réserve la possibilité de s’appuyer sur tel ou tel auteur, il procède de manière sensiblement identique pour les travaux sociologiques : il loue ces approches sans nécessairement adopter l’ensemble des propos tenus.

Les déterminismes existent bel et bien mais ce sont les conséquences qu’on en tire qui posent problème. S’il s’agit d’entériner une perspective sans espoir, sans envisager une possible prise de liberté de la part de l’individu, cela revient à donner aux déterminismes un rôle dont on ne sait aucunement s’il peut avoir un telle puissance. La question des causalités et de leur impact se pose à tout médecin et le psychiatre est particulièrement bien placé pour savoir que les causalités des troubles mentaux et des troubles de comportement ne se laissent pas aisément capter. Cette complexité ne peut qu’être accentuée dans le cas des jeunes, puisque l’adolescent est une personne qui connaît des changements profonds, notamment sur le plan physique ; par conséquent, leur devenir est plus ouvert que pour des adultes.

Critique de soi et jeunesse critique

Quelques années plus tard, Le Guillant intervient dans une discussion publique autour de son ouvrage et des réactions qu’il a suscitées. Le débat a lieu au sein d’une association d’éducation nouvelle, symbolisant ainsi un autre rapport aux jeunes [10] . L’organisateur du débat fait une présentation chaleureuse de son invité en insistant sur le fait que c’est un psychiatre qui connaît bien la jeunesse. La première raison tient à ce qu’il sait être un éducateur, ce qui revient à dire qu’il sait se mettre à leur écoute. La mise en avant de cette dimension permet de développer, au moins dans la forme, l’attitude qu’il faudrait adopter : Le Guillant est un médecin qui écoute, qui sait être ouvert et décontracté, refusant, par exemple, avec les infirmiers, d’adopter la traditionnelle hiérarchie médicale. En d’autres termes, cette figure si peu affectée par le traditionnel paternalisme en vigueur parmi ses confrères a de fortes dispositions pour comprendre et donc parler de la jeunesse avec pertinence et mesure. 

Pour sa part, Le Guillant opte pour un ton critique vis-à-vis de lui-même et met l’accent, à nouveau, sur la difficulté de traiter de la jeunesse. Il recense quelques-unes des critiques dont il a été l’objet : son « sociologisme [11]  »  et son manque d’intérêt pour l’apport du savoir psychanalytique. S’il reprend les critiques adressées à son travail c’est pour bien montrer la difficulté de s’aventurer sur le terrain de l’expertise de la jeunesse. Il y a beaucoup de données à rassembler et leur articulation n’est pas aisée. Il remarque que les positions tranchées tendent, en ce milieu des années 1960, à se modérer ce qui lui apparaît comme un signe encourageant pour l’avenir [12] . Le déterminisme social, tout comme son « alter ego » biologique, trouvent de moins en moins de partisans, en tout cas parmi ceux avec lesquels il a l’occasion d’engager le débat. La mise en avant des méfaits des grands ensembles le laisse plus que sceptique, car si ceux-ci jouaient un rôle sur l’évolution psychique des individus, il y aurait beaucoup plus de troubles mentaux recensés dans le pays [13] . Le milieu n’agit pas mécaniquement sur les individus ; de surcroît lorsqu’ils sont des adolescents, personnes en mutation physique et psychique. Le vide existentiel, la sensation de manque, l’ennui, une certaine morgue dans l’attitude de certains jeunes, une insouciance souvent plus mise en scène que réelle, sont autant de comportements ou d’états pour lesquels l’explication sociale apparaît bien insuffisante, voire vaine. Se tourner vers le savoir de type psychanalytique peut être pertinent, mais il n’est pas suffisant, car les psychanalystes attachés à la problématique individuelle ne donnent guère d’éléments pour comprendre des phénomènes collectifs. Le Guillant se demande si la littérature n’est pas parfois plus à même que le psychiatre de faire comprendre l’intimité des êtres [14] . Il va presque jusqu’à considérer que les comportements adolescents sont, pour ainsi dire par nature, incompréhensibles aux adultes ou à tout le moins échappent à leur plein entendement.

Il souligne combien il est commun d’observer la dérive des discours sur la jeunesse vers un discours moralisateur, critique de la société, empruntant parfois même le ton du déclin. Pour lui, l’évolution sociale ne doit pas être mise en cause de cette manière aussi unilatérale ; si certains aspects du progrès peuvent constituer de nouveaux défis à relever pour le corps social, incriminer le progrès et les conditions actuelles c’est faire fi un peu rapidement de l’amélioration de celles-ci pour le plus grand nombre [15] .

Bien des propos reflètent des exagérations. Non seulement les professionnels de l’inquiétude sont nombreux, mais il faut y ajouter ceux qui jouent un jeu dangereux avec la jeunesse. Quel est le but, par exemple, de la médiatisation à outrance des faits de violence issus de jeunes de quartiers populaires ? Quel est le sens de faire du jeune le nouvel acteur d’une consommation matérielle effrénée? Il y a une sorte d’entente des adorateurs du sensationnalisme et du conservatisme qui se donnent la main pour insister sur la peur que provoqueraient les jeunes, nécessairement voyous, délinquants et demain criminels. Cette vision, si commune, le fait enrager. Ce n’est pas de regarder la télévision qui nuit aux jeunes mais c’est la télévision qui, par les nouvelles qu’elle véhicule, nuit fortement à leur réputation.

Le Guillant ne se transforme pas en avocat permanent de la jeunesse. En effet, à ses yeux, les jeunes n’ont pas raison en tout point ! L’autorité à l’ancienne est néfaste et il serait chimérique de vouloir l’imposer à la génération montante, celle de l’après-guerre [16] . Pour autant, une liberté totale où les parents ne seraient que des copains ou largement absents, ne lui paraît pas la voie à suivre. Sur ce point, il conclut : « Je crois qu’il faut éviter de se faire le défenseur de l’autorité contrainte mais aussi peut-être de la liberté à tout prix [17] . »

Enfin il exprime, à son tour, quelques inquiétudes face à certains phénomènes. Tout d’abord, il considère qu’il y a « une augmentation du nombre de délinquants mineurs, c’est un fait [18]  » ; dès lors il n’y pas de raison qu’elle ne mobilise pas l’attention même si les conclusions qui sont faites ne sont pas exactement les siennes. Ensuite, il a un autre motif d’inquiétude qui prend appui sur l’irruption de la sexualité dans la vie des adolescents : « Pour ma part là où les choses me paraissent vraiment préoccupantes, c’est dans le domaine de la vie sexuelle [19] . » La liberté sexuelle est un chemin vers lequel il faut tendre mais la consommation sexuelle et l’irresponsabilité qui l’accompagne lui font craindre une sorte de retour de bâton pour l’équilibre psychique des jeunes. Le modèle suédois – il renvoie à sa supposée liberté et non au modèle social –, sous prétexte qu’il serait sans tabous, ne lui apparaît pourtant pas comme un modèle. À son tour, il se laisse piéger s’appuyant notamment sur un article de presse sur le cas suédois, après avoir craint les excès de la presse… La sexualité est aussi le domaine où son approche différencie clairement les deux sexes, puisqu’il juge cette liberté plus menaçante pour les filles que pour les garçons, car elles sont exposées à des conséquences plus sévères. Le Guillant ne conteste pas d’exposer une position qui pourrait être ressentie comme biaisée sur les jeunes et la sexualité ; d’une certaine manière il semble accepter que l’expert ne puisse jamais s’affranchir totalement d’une telle position. Il y a une séparation entre les générations, et les adultes et les adolescents ne peuvent totalement être sur la même longueur d’onde.

Le Guillant insiste fréquemment sur les questions de méthode et les difficultés d’une approche psychiatrique car il est conscient que la lecture des jeunes qui, par leur comportement se trouvent aux frontières de la petite délinquance et des troubles de la personnalité, constitue une épine pour le psychiatre. Les explications sont soit trop parcellaires soit trop générales. Et lorsque l’expertise a été menée, se pose alors la question d’une réponse médico-sociale, souvent complexe et difficile à mettre en œuvre. La crainte de ne pas prendre en charge correctement joue énormément sur l’inquiétude avec laquelle les problèmes soulevés par les jeunes sont traditionnellement abordés.

Une lecture nouvelle ?

Les propos de Le Guillant appartiennent à un contexte intellectuel et social qui n’est pas le nôtre. À l’heure de la nouvelle parentalité, d’un « langage psy » qui a pénétré l’ensemble des acteurs du corps social, d’une autonomisation des choix sexuels, de la banalisation de certaines notions issues du corpus psychanalytique, d’un recours important et régulier aux espaces de consultation médico-psychologique, le langage et l’attitude psychiatriques des années 1950 et 1960 pourraient apparaître comme très lointains. Je voudrais cependant mettre l’accent sur certaines thématiques que l’on retrouve dans des propos plus contemporains et auxquels Le Guillant s’est lui-même confronté ; sans être en tout point identiques, ils pourraient bien révéler la lenteur avec laquelle s’opère la transformation des analyses et des représentations autour des comportements juvéniles, tout particulièrement lorsque l’on aborde les questions de violence ou de sexualité.

Par exemple, le rôle de la télévision reste essentiel dans les discours autour des jeunes. On sait que, dans le moment des « blousons noirs », le rôle de la presse fut important [20] . Le Guillant voyait dans la croissance des moyens d’information un élément décisif : à la fois ils permettaient aux adolescents de découvrir un autre monde que le leur et pouvait aiguiser à ce titre leur curiosité ; ou, de manière moins positive et constructive, accroître leur frustration, voire leur suspicion à l’égard de la société dans laquelle ils allaient entrer en tant qu’adultes. La télévision est traditionnellement perçue à travers cette dualité. À la fois moyen d’ouverture et instrument d’information, elle est aussi présentée comme un danger pour les adolescents. Lors de la constitution d’une commission d’investigation sur l’enfance et la violence en Grande-Bretagne au début des années 1990, un des initiateurs évoquait cette violence et ces actes de vandalisme fréquemment rencontrés aussi bien sur les écrans de télévision que sur ceux des jeux vidéos [21] . Ces discours – qui n’inventent rien puisque cette violence se rencontre aisément – présupposent un effet performant et direct sur l’esprit des jeunes alors même que les résultats issus des neurosciences sur ces aspects sont encore à un stade d’exploration. De surcroît, il est pris appui sur l’existence de ces phénomènes pour décrire ce que certains semblent penser être l’état général de la vie sociale des jeunes. En France, de nombreux acteurs du monde politique et social ont renoué avec la protection de l’enfance et de l’adolescence dans une veine pour le coup classique, voire traditionnelle dans ces dernières décennies, au nom de la protection et, terme plus neuf, de la dignité des personnes.

Si les visages de l’adolescent victime se déclinent désormais de moult manières, il peut toujours être un individu menaçant par les inadaptations dont son comportement serait le reflet. L’entrée dans l’expertise des jeunes par le biais de la délinquance du mineur qui était la voie « royale » dans l’après-guerre est devenue moins exclusive mais la violence juvénile demeure un sujet extrêmement actuel, surtout depuis le retour de la thématique de la crise de l’autorité. Les enquêtes autour de l’adolescence ont souvent eu pour but de scruter la violence et la délinquance du mineur. Toutefois, les questions d’adaptation et, plus récemment encore de souffrance psychique des jeunes, sont désormais des sujets sur lesquels des expertises sont tentées. Ces explorations de la jeunesse sont également mues par la crainte de la récidive, la peur d’une dérive. Par conséquent, les questions de prédiction sont tout aussi présentes qu’hier et contribuent aux propos inquiets, même si le dispositif de prédiction demeure parfois problématique à mettre en place. Les liens entre la violence des comportements et les conduites sexuelles à risque, par exemple, constituent un autre exemple de l’inquiétude du regard porté sur la jeunesse [22] . De surcroît, la question de la violence demeure, on le sait, très exposée à l’agenda politique et social contemporain. Dans ce contexte, l’expertise du psychiatre est mobilisée pour élaborer les moyens de la prévention. Si cet objectif n’est pas contestable en soi, on mesure combien l’élaboration de l’analyse peut difficilement s’affranchir de ce contexte de départ, où se mêlent la médiatisation et parfois une exploitation politique dont les effets ne contribuent guère à la solution des problèmes identifiés. On mesure encore plus combien cette manière d’approcher la question de la jeunesse est pour le coup classique. La thématique de la pente fatale apparaît présente dans le discours public car il suffit de quelques événements frappants pour qu’elle soit réactivée [23] . Elle n’est en tout cas guère différente, dans son fondement, du processus décrit en son temps par Le Guillant.

Ce dernier s’interrogeait sur la légitimité du psychiatre comme expert de la jeunesse. Je ne me sens pas de compétences pour répondre à cette question mais on peut, en revanche, constater que celle-ci ne semble plus se poser aujourd’hui, tant la présence du « psy » dans les affaires de la famille et de la vie des jeunes est sollicitée. Toutefois cette évolution sociale ne doit pas éviter de poser la question de ce que fait l’expert et de comment il fabrique son expertise. En d’autres termes, le débat n’a pas à porter nécessairement sur la légitimité d’un psychiatre pour enfants et adolescents mais sur la fonction d’expert. On comprendra que la consultation d’un pédopsychiatre et la capacité de faire un rapport sur l’état psychologique de la jeunesse relèvent de deux activités différentes. La France est un des pays où le nombre de psychiatres est traditionnellement l’un des plus élevés du monde européen, et en même temps un de ceux où les recherches en santé mentale sont les moins fréquentes. L’épidémiologie psychiatrique est notoirement jugée insuffisante en France, ce qui ne facilite pas le recueil de données générales sur l’état de la santé mentale de la jeunesse [24] . Lorsque les psychiatres sont intégrés à des institutions publiques de recherche – ce qui est rare – ils appartiennent généralement à des unités de recherche impliquées dans les travaux de biologie du système nerveux. La fabrication de l’expertise reste exposée à des difficultés d’ordre matériel et technique qui ne sont pas sans rappeler les anciens propos de Lucien Bovet, précédemment cités. La question d’une connaissance fine de certains situations comportementales ou de certains états psychologiques constitue dès lors un défi pour les autorités sanitaires et les professionnels. Lorsque le psychiatre Xavier Pommereau commit son rapport sur l’adolescence, il fit amplement remarquer que très peu de consultations pour des adolescents ayant fait une tentative de suicide existaient en France alors même que leur nombre chez les jeunes est jugé très préoccupant [25] . L’adolescence reste une période perçue comme à risques et le langage de l’inquiétude est dominant. Mais cette inquiétude peut se décliner de différentes manières : des professionnels qui s’alarment du dépérissement de la prise en charge ; des acteurs du monde social qui s’interrogent sur les effets néfastes de certains comportements juvéniles. Face à des psychiatres s’interrogeant aujourd’hui, après Le Guillant, sur la difficulté du monde social pour les jeunes, il n’est pas rare de trouver au sein de l’espace public des voix qui se lamentent de la difficulté créée par la jeunesse et ses attitudes.

La question de savoir qu’est-ce qu’on expertise  et quel est le but de celle-ci doit naturellement être posée sous peine de produire un matériau exposé à la contestation ou à la critique. L’expertise porte-t-elle sur une catégorie socio-historique (la jeunesse), des individus, des genres, des comportements, des souffrances ? Autant de pistes qu’il faut préciser. Les réponses apparaissent parfois tâtonnantes car les psychiatres n’ont pas nécessairement le bagage adéquat pour gérer ces difficultés techniques et les biais de représentations dont les implications peuvent avoir des effets sociaux, voire politiques non négligeables. Le discours psychiatrique m’apparaît alors assez hétérogène, ce qui est peut-être le reflet de la difficulté d’atteindre une expertise précise et un tant soit peu systématique. Les réactions nombreuses et très critiques de l’enquête Inserm sur le dépistage des troubles de la conduite chez les enfants et les adolescents, par exemple, nous rappellent que cet exercice d’expertise est visiblement très délicat à mener [26] . Ce conflit traduit l’ambivalence de ce qui est demandé au psychiatre et de ce qu’il « propose » à la société. Il veut être, surtout lorsqu’il est pédopsychiatre, l’artisan d’une clinique du sujet plutôt que d’être le partisan d’une psychiatrie des séries statistiques et d’une psychiatrie fondée sur les preuves. Or, pour tout un ensemble de raisons, les rapports publics s’orientent vers une psychiatrie des flux. On se préoccupe du nombre de recours au psychiatre, on additionne des états de souffrance et des comportements violents, ce qui peut avoir un sens d’un point de vue de santé publique mais beaucoup moins pour comprendre l’intimité du sujet adolescent. Il y a donc là une difficulté, visible à de nombreuses reprises dans des expertises anciennes, et qui semble suffisamment contemporaine pour penser qu’elle sera encore présente dans le futur. C’est pourquoi la fonction acquise par Le Guillant, et sa manière d’exercer son rôle de psychiatre parlant de la jeunesse demeure actuelle, voire nécessaire. On peut observer aujourd’hui que le professeur de pédopsychiatrie, Marcel Rufo, par exemple, joue un rôle proche de celui de Le Guillant il y a plus de quarante ans. Ce médecin qui s’inscrit dans l’héritage des maîtres de la psychiatrie des années 1960 [27] entend aussi être capable de s’adresser aux jeunes, dédramatiser bien des débats autour des adolescents et affiche souvent un ton mesuré, des propos de bons sens, enracinés dans un regard clinique et une expertise fondée sur la singularité et la diversité des comportements adolescents, à travers une lecture empruntant à la thématique de la différence des sexes dont on sait la vigueur au sein de la culture psychiatrique. Rien n’indique qu’il soit hostile à des enquêtes ou à des rapports mais il n’en demeure pas moins que sa démarche privilégie une rencontre avec les adolescents plutôt que la fabrication d’interprétations qui s’appuieraient sur des résultats chiffrés. Dans un de ses livres, un chapitre s’intitule d’ailleurs : « Les bons pédopsychiatres ne font pas nécessairement les bons experts [28] . » Il n’est pas le seul, loin de là, à porter un combat qui peut être défini comme un « manifeste pour l’adolescence » [29] , pour reprendre le titre d’une autre figure de la pédopsychiatrie contemporaine, Marie-Rose Moro. À leur tour, ces professionnels veulent souligner la difficulté du temps contemporain sans nier que des jeunes présentent des comportements particulièrement difficiles.

Pour citer cet article : Jean-Christophe Coffin, « Louis Le Guillant : le psychiatre et la jeunesse. Vers la construction d’une expertise ? », Histoire@Politique. Politique, culture, société, n° 14, mai-août 2011, www.histoire-politique.fr

Notes :

[1] Louis Le Guillant, Jeunes difficiles ou temps difficiles ?, Paris, Éditions du Scarabée, 1961.

[2] Jean-Christophe Coffin, « Has Revolution taken place in French Contemporary Psychiatry ? », dans F. Fuentenebro et R. Huertas (dir.), Historia de la psiquiatria en Europa. Temas y tendencias, Madrid, Frenia, 2003, p. 563-69.

[3] Françoise Tétard, « Le phénomène "blousons noirs" en France, fin des années 1950–début des années 1960 », dans Révolte et société, actes du colloque d’histoire au présent, Paris, Publications de la Sorbonne, 1989, p. 205-213.

[4] Sans faire une liste de toutes les personnes, citons Pierre Mâle (1900-1976), Serge Lebovici (1915-2000), Stanislas Tomkiewicz (1925-2003).

[5] Lucien Bovet, « Les aspects psychiatriques de la délinquance juvénile », Bulletin de l’OMS, 3, 1950, p. 6.

[6] Annick Ohayon, « Le devenir des enfants suivis en psychiatrie : premières enquêtes rétrospectives, L’Évolution psychiatrique, vol. 69, n° 4, 2004, p. 589-603.

[7] La prostitution vue comme mode opératoire de la délinquance du sexe féminin a été, par exemple, très utilisée par le médecin et criminologue italien Cesare Lombroso (1835-1909). En dépit des critiques formulées autour de ce dernier, force est de constater que les propos du livre continuent d’être repris bien des années après.

[8] Il fait fréquemment référence, par exemple, à l’enquête pionnière mené par Sheldon (1896-1980) et Eleanor (1898-1972) Glueck aux États-Unis.

[9] Il cite, par exemple, Margaret Ribble, The Rights of Infants : Early Psychological Needs and their Satisfaction, New York, Columbia U.P., 1943 et traduit en français en 1956.

[10] Il s’agit du Centre d’entraînement aux méthodes d’éducation active (Cemea) que Le Guillant connaît bien. CAPEA (Centre des archives pour la protection de l’enfance et de l’adolescence), Fonds Le Guillant, 8C17, Conférence sur le thème « Jeunes difficiles ou temps difficiles », janvier 1965, p. 10 ;

[11] C’est le terme employé par Le Guillant lui-même : Conférence…, op. cit., p. 3.

[12] CAPEA (Centre des archives pour la protection de l’enfance et de l’adolescence), Fonds Le Guillant, 8C17, Conférence…, op. cit., p. 10.

[13] CAPEA (Centre des archives pour la protection de l’enfance et de l’adolescence), Fonds Le Guillant, 8C17, Conférence…, op.cit., p. 15.

[14] Il prend par exemple le roman de Françoise Sagan, Bonjour tristesse, dont le succès a été, on le sait, tout à fait frappant car il estime que le personnage de Cécile dépeint parfaitement ce qu’il essaie lui de décrire. Dans son ouvrage de 1961, Le Guillant consacrait déjà un chapitre au phénomène Françoise Sagan.

[15] CAPEA (Centre des archives pour la protection de l’enfance et de l’adolescence), Fonds Le Guillant, 8C17, Conférence…, op.cit., p. 14.

[16] Ibid., p. 25.

[17] Ibid., p. 30.

[18] Ibid.,p. 19 ; il estime même que plusieurs indices permettent de penser que les actes délinquants se commettent de plus en plus tôt.

[19] Ibid., p. 20.

[20] Ludivine Bantigny, « De l’usage du blouson noir. Invention médiatique et utilisation politique du phénomène « blousons noirs », 1959-1962 », dans Marwan Mohammed et Laurent Mucchielli (dir.), Les bandes de jeunes. Des blousons noirs à nos jours, Paris, La Découverte, coll. « Recherches », 2007, p. 19-38.

[21] Paul Gardner, Comments on Ddraft Report by the Commission on Children and Violence, 1994, p. 1, Fonds de la Society of Medical Officers, Londres.

[22] Véronique Blanchard, Régis Revenin, Jean-Jacques Yvorel (dir.), Les jeunes et la sexualité. Initiations, interdits, identités (XIXe-XXe siècles), Paris, Autrement, coll. « Mutations/Sexe en tout genre », 2010, p. 12. ; ils évoquent la crainte que suscite selon eux l’étude croisée de la jeunesse et de la sexualité.

[23] On lira les propos de Ruwen Ogien, spécialiste de philosophie morale et d’éthique sur ce sujet dans La panique morale, Paris, Grasset, 2004, notamment p. 103-122.

[24] Un constat évoqué dans l’introduction de Marcel Rufo et Marie Choquet, Regards croisés sur l’adolescence, son évolution, sa diversité, Paris, Anne Carrière, 2007. Il est tout à fait significatif que ce livre grand public ait réuni un professeur de pédopsychiatrie et une directrice de recherches de l’Inserm, spécialiste reconnue de la jeunesse et des comportements violents. Le livre a pour objectif de croiser deux approches présentées ici à la fois comme distinctes et complémentaires.

[25] Xavier Pommereau, Santé des jeunes : orientations et actions à promouvoir. Rapport remis au ministère de la Santé, Paris, la Documentation française, 2002. Il notait parallèlement le manque de données épidémiologiques sur la santé mentale des adolescents. Voir également l’entretien donné à la presse : « Comment prévenir le « mal-être » des 12-25 ans », Le Monde, 25 avril 2002, p. 20.

[26] Cette expertise dite collective est parue en 2005 et a suscité des réactions très négatives et la constitution de pétitions. Rappelons qu’une expertise collective est pour les chercheurs de l’Inserm l’occasion de faire un état des lieux de la recherche sur le sujet choisi.

[27] Serge Lebovici, par exemple.

[28] Marcel Rufo, Œdipe toi-même, Paris, Anne Carrière, 2000, p. 71.

[29] Marie-Rose Moro, « Manifeste pour l’adolescence », Le Monde, 31 août 2010, p. 16.

Jean-Christophe Coffin

Maître de conférences, rattaché au Laboratoire d’éthique médicale et de médecine légale de la faculté de médecine de l’université Paris Descartes, Jean-Christophe Coffin est également chercheur associé au Centre Alexandre Koyré. Il est le directeur de la publication scientifique Alter. Revue européenne de recherche sur le handicap.

Mots clefs : Le Guillant, psychiatrie, jeunesse, France.

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  • ISSN 1954-3670