Histoire@Politique : Politique, culture et société

Le dossier

L'expertise face aux enjeux biopolitiques. Genre, jeunes, sexualité

Coordination : Ludivine Bantigny, Christine Bard et Claire Blandin

Société des savoirs et production sociologique : l’exemple de la jeunesse

Vincenzo Cicchelli
Résumé :

En partant de l’idée aujourd’hui largement partagée d’une forte circulation des savoirs entre différentes sphères de production de (...)

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« La meilleure façon de comprendre un problème est

de se demander comment et pourquoi en est-on arrivé là. »

David Landes, Richesse et pauvreté des nations,

(Paris, Albin Michel, 2000, p. xxi)

La jeunesse comme objet de connaissance et d’intervention politico-administrative

Toute théorie sociologique est historiquement, culturellement et moralement située nous apprend Robert Nisbet [1] . Je dois à la lecture de son ouvrage le fait d’avoir appris à donner une certaine importance à la contextualisation des concepts et des théories scientifiques : essayer de comprendre les références morales et les débats publics qui sous-tendent la production scientifique relative à l’adolescence et à la jeunesse est devenu un élément essentiel de mon travail de recherche. Plus fondamentalement, le fait d’avoir publié l’ouvrage issu de ma thèse [2] dans la même période de publication de l’ouvrage collectif issu des travaux du Commissariat général du plan sous la direction de Dominique Charvet et de l’installation d’une commission nationale pour l’autonomie des jeunes (présidée par Jean-Baptiste de Foucauld, qui m’avait auditionné à cette occasion) m’a permis de vérifier toute la force de la circulation des savoirs entre l’espace public et l’espace de production scientifique qui caractérise nos sociétés contemporaines [3] .

C’est donc après avoir soutenu ma thèse que je découvrais sur le tas l’existence d’une interaction entre la connaissance sociologique et la connaissance ordinaire. J’entends par là le fait que, d’une part, les objets de recherche des sociologues sont aujourd’hui plus que jamais construits à la fois par l’opinion publique, le débat social, les décisions politiques et que, d’autre part, les scientifiques eux-mêmes, par le travail d’expertise qu’ils réalisent, contribuent à injecter les notions forgées dans les langages des sciences sociales dans l’univers des phénomènes sociaux qu’ils étaient initialement chargés de décrire ou d’expliquer. Cette conscience doit pousser le sociologue à l’exercice de ce qu’Anthony Giddens a appelé la « double herméneutique [4]  ». J’essaie dans mes travaux d’appliquer cet appel à la vigilance épistémologique en me demandant : a) d’où viennent les notions sur lesquelles je travaille, comment elles rentrent dans le champ scientifique chargées de significations morales et politiques ; b) quelle est ma part de responsabilité dans le traitement de ces notions et leur réinjection dans le circuit social. Ainsi, peu à peu, j’en suis arrivé à considérer dans un même mouvement l'adolescence et la jeunesse comme objets de connaissance sociologique et comme objets d'intervention politico-administrative, en m’intéressant aux débats savants, à la généalogie des concepts que les scientifiques utilisent, aux débats sociaux et finalement aux dispositifs administratifs, afin de reconstruire la circulation des savoirs dans ces différentes sphères.

Convergences

La pénétration des savoirs dans le corps social, des sciences humaines en général et de la psychologie et de la sociologie en particulier, n’est pas propre aux domaines de l’adolescence et de la jeunesse, elle n’est pas inédite non plus, car on la retrouve aux origines mêmes de la sociologie de ces deux âges de la vie : dès les années 1920, aux États-Unis, les premières recherches identifient en particulier deux types de jeunes : ceux qui se reconnaissent dans les gangs et qui construisent leur identité grâce à cette appartenance d’une part ; ceux qui élèvent l’individualisation au rang de trait positif de leurs existences, tels les hobo, les jack roller, les flapper [5] . Cette première grande vague d’études sur la jeunesse s’intègre dans une conception spécifique de la recherche. En suivant une tradition provenant de l’ethnographie anglaise et du settlement américain du tournant du XIXe siècle, l’École de Chicago s’est caractérisée par la collaboration continue et efficace entre les universitaires d’une part, les administrations locales et les fondations philanthropiques d’autre part, institutions qui ont largement contribué au financement de la recherche. Certes, le soubassement financier des enquêtes ne peut à lui seul expliquer l’attention portée aux formes du contrôle social pouvant encadrer la jeunesse déviante. Toutefois, il est indéniable que c’est grâce à ces recherches que, pour la première fois, les regards portés sur les problèmes de la jeunesse par les sciences sociales, l’opinion publique, les administrations locales convergent [6] .

Plus de quatre-vingt ans après, les études sociologiques, les commandes de recherches, les données administratives, les politiques publiques et les évaluations des dispositifs d’interventions continuent à mettre en forme ces âges de la vie, à leur attribuer des contenus, des représentations [7] . Ce que l’on pourrait déplorer aujourd’hui, ce n’est nullement un déficit de connaissance sur les jeunes — on n’a jamais disposé d’une telle quantité de données sociales portant sur eux —, c’est en revanche une plus grande difficulté à analyser la jeunesse du fait de cette circularité des savoirs. Si l'enchevêtrement des discours et des pratiques rend l’objet jeunesse plus opaque, il serait toutefois incongru d’abhorrer cette situation, en rêvant pour l’observateur d’une impossible place neutre dans une tour d’ivoire. Mais abdiquer toute prétention scientifique et critique, en abandonnant la sociologie à un exercice d’expertise, serait une attitude funeste. Il est ainsi nécessaire de sortir de cette aporie, en réfléchissant sur des modalités d’appréhension de l’adolescence et de la jeunesse dans les sociétés contemporaines.

Catherine Pugeault et moi-même avons tiré parti du constat de circulation des savoirs, en proposant l’historique de la façon dont la sociologie française a trouvé, dans l’actualité des inquiétudes manifestées par l’administration publique à l’égard de la jeunesse, une incitation à appréhender certains thèmes, à privilégier l’étude de certaines tranches d’âge [8] . Nous n’avons pas nécessairement supposé l’existence d’un lien de causalité entre le débat politique, les demandes de l’administration et le contenu spécifique des recherches sociologiques, puisque cette position nous aurait conduit à négliger l’autonomie relative de la production — autonomie reposant sur des temps longs de recherche, sur l’obtention de résultats ne renvoyant pas nécessairement à une décision politique, sur la déontologie des chercheurs valorisant la posture critique et l’indépendance à l’égard des décideurs, sur la faible importance de la recherche-action dans l’avancement des carrières. Il a été en revanche plus heuristique pour nous de remarquer que, à un moment donné, le discours politique et les recherches scientifiques convergent sur l’intérêt et l’urgence de traiter certains thèmes et de se pencher sur certaines populations. En partant d’objectifs pourtant différents, décision versus connaissance, les deux discours ont pour effet de créer des catégories : les jeunes, les jeunes adultes et, finalement, les adolescents deviennent tour à tour les protagonistes de l’actualité en fonction des impératifs liés aux questions sociales, des dangers présumés auxquels ils s’exposent eux-mêmes ou qu’ils représentent pour la société. Dit plus explicitement, si dans les années 1970 et 1980 la question sociale de l’insertion professionnelle de la jeunesse suscitait des recherches sur les formes de transition des jeunes à l’âge adulte, à partir de la seconde moitié des années  1990, ce sont les jeunes adultes qui ont attiré l’attention lorsque se posait la question de la prise en charge par les familles et l’État des étudiants et des chômeurs. Ensuite, l’usage de la notion de risques encourus a déplacé le regard sur une nouvelle catégorie, celle des adolescents. Finalement, l’incitation à participer à la vie associative et plus largement sociale par toutes sortes de dispositifs concerne aussi bien les adolescents que les jeunes adultes ou les jeunes.

Une sémantique fondée sur l’autonomie

Par le recours à l’expertise scientifique, afin de donner une caution aux analyses et une rationalité à la mise en place de dispositifs d’action publique d’une part, par la pénétration des savoirs des sciences humaines dans le corps social d’autre part, et par le financement de la recherche enfin, il existe ainsi un jeu puissant d’influences réciproques qui se manifeste plus particulièrement par des coïncidences sémantiques dans les différents discours.

Depuis plus de quinze ans, une sémantique commune relative à la jeunesse a émergé, dont l’autonomie est le mot clef. Dans un rapport consacré à l’état des savoirs sur l’autonomie [9] , j’essaie d’inscrire la question de l’autonomie dans une réflexion plus vaste portant sur les grands changements des cadres de socialisation des jeunes. L’évolution des débats sociaux sur la jeunesse est elle-même un bon indicateur de la façon dont ces cadres se sont transformés.

La thématique de l’autonomie de la jeunesse (étudiante ou non) constitue l’une des questions publiques les plus récurrentes, qui accompagne voire favorise l’essor de recherches portant sur la jeunesse et sur l'adolescence. L'actualité politique la plus récente est là pour nous le rappeler, l'un des grands chantiers lancés par le haut commissariat à la Jeunesse a bien été celui de l'accès à l'autonomie des 16-25 ans [10] . Comment expliquer les raisons d'un certain engouement des sociologues pour ces thématiques ? Deux explications peuvent être retenues.

La première peut être retrouvée dans les caractéristiques mêmes de la jeunesse contemporaine. Une plus grande autonomie (sur le plan de la sphère privée individuelle) coexiste avec une plus grande dépendance sociale d’une jeunesse toujours plus longue (et précoce) dans un contexte dominé par un sentiment d’incertitude concernant l’insertion sociale [11] . Aussi, pour la jeunesse contemporaine, le vécu de l’autonomie se dissocie de l’accès à l’indépendance — qui, elle, continue de coïncider avec l’accès au marché du travail et la formation d’une famille de procréation. L’émergence des problématiques liées à la question de l'autonomie de la jeunesse est donc sans doute liée à la prise de conscience, chez les chercheurs, de ce cadre moderne de socialisation de la jeunesse et au souhait de mieux connaître par quels processus une définition de soi autonome peut être compatible avec de multiples formes d’hétéronomie.

Toutefois, il est difficile de dissocier la curiosité des chercheurs pour les réalités sociales des débats sociaux qui, à un moment ou à un autre, aiguillent la recherche (par le jeu des appels d'offres ciblés par exemple). Il y a donc d'autres explications à l'intérêt des chercheurs pour l'autonomie des jeunes, ces explications renvoient plutôt à l'état du débat social. Aussi, la question sociale de l'autonomie de la jeunesse s'est imposée en France tout d'abord dans la seconde moitié des années 1990, lorsque l'interrogation sur la division entre familles et État dans la prise en charge des études supérieures ou du chômage juvénile s’était imposée avec force. L’une des priorités politiques consistait à rechercher les moyens nécessaires pour soulager le budget des familles — populaires notamment —, grevé par cet allongement inédit de la dépendance. Les deux grands rapports d'État produits portaient sur l'éventuelle mise en place de dispositifs publics, dont le plus célèbre était l’allocation d’autonomie pour tous les jeunes [12] .

La sociologie n'était pas en reste, car des travaux sur le monde étudiant, en partie suscités par l’Observatoire de la vie étudiante (OVE) de Paris, des thèses de doctorat et des ouvrages s’intéressaient à cette thématique. L’émergence de perspectives de recherches axées sur la construction de l’identité individuelle semblait en mesure de répondre à des questionnements sur l’étirement inédit de la dépendance familiale, observé aussi bien du côté des parents que de celui des jeunes. Comment se négocient les liens entre les deux générations ? Comment concilier un certain libéralisme parental en matière de mœurs, y compris sexuelles, avec un certain dirigisme en matière de réussite scolaire ? À partir de quand se termine le contrat de prise en charge entre les générations et s’achève le métier de parents ? Autant de questions qui renvoyaient à l’interrogation générale sur les politiques destinées à favoriser l’indépendance des jeunes, avec le grand débat (qui reste à ce jour sans réponse) entre ceux qui prônent une plus grande individualisation des transferts sociaux destinés aux jeunes et ceux qui préfèrent défendre le caractère familialiste de certains d'entre eux.

Néanmoins, l’intérêt des chercheurs pour l’autonomie de la jeunesse ne se réduit pas à l’analyse de la façon dont une plus grande dépendance à l’égard de la collectivité se combine avec des formes variées d’autonomie relationnelle et subjective. Cette notion a pu être mobilisée dans d’autres perspectives de recherche. C'est donc une notion polysémique. On mobilise la notion d'autonomie lorsqu’il s’agit de comprendre par quels moyens les jeunes (toutes catégories confondues ou une partie d’entre eux) parviennent à :

- Primo, accomplir une transition réussie à l’âge adulte, transition rendue plus difficile par la conjoncture du marché du travail et l’inflation des diplômes. Ici l’autonomie renvoie moins à la création d’une sphère intime propre, d’un microcosme relationnel, à l’abri des instances de socialisation familiale, qu’au franchissement d’étapes, de seuils qui marquent l’autonomisation progressive de l’individu et le conduisent à une insertion sociale et professionnelle, bref qui le mènent à l'indépendance. C'est une définition de l'autonomie qui nous vient de la sociologie des âges de la vie et des formes du passage à l'âge adulte.

- Secundo, développer leur maturité psychosociale, afin qu'ils se protègent de toutes sortes de risques épidémiologiques, sanitaires, mais aussi d’enfermement et d'apathie ou de débordement de violence. L’autonomie est ici entendue comme un ensemble de facultés de discernement : est autonome l'adolescent qui sait résister aux pressions conformistes venant du groupe des pairs. C'est une définition de l'autonomie qui nous vient plutôt des études épidémiologiques et psychologiques portant sur les risques encourus par les adolescents.

- Tertio, s’engager dans un projet individuel et/ou associatif, dans le domaine de l’humanitaire, de la solidarité, de la culture, de l’environnement, et le réaliser. L’autonomie renvoie dans ce cas à une forme d’intégration citoyenne : est considéré autonome celui/celle qui se donne les moyens de réactiver volontairement son appartenance au corps social, par toute sorte de participations actives. Ici on voit bien la matrice plus politique de ce que devrait être l'autonomie.

- Quarto, acquérir une série de compétences nécessaires pour s'assurer une réussite scolaire et conjurer les risques d’échec ou de décrochage. Selon cette acception, est autonome celui/celle qui a adhéré aux objectifs de réussite et intériorisé les normes de comportement. C'est une définition très institutionnelle, je dirais même durkheimienne de l'autonomie.

- Quinto, acquérir une série de capacités permettant de se conduire et de faire des choix. Ainsi entendue, l’autonomie est l’équivalent de la notion anglo-saxonne de la notion d’empowerment. Est autonome l’individu qui arrive à gouverner sa vie.

Toutes ces acceptions de l’autonomie sont bien différentes entre elles, elles n’ont pas été mobilisées pour étudier les mêmes catégories de jeunes, elles n’émergent pas à la même période et elles ne renvoient pas aux mêmes enjeux sociaux. Mais elles partagent un point commun : il s’agit pour le jeune de faire preuve de capacités à poursuivre un objectif qu’il s’est donné lui-même ou qui a été soutenu par des adultes censés mettre à sa disposition des moyens (souvent des dispositifs institutionnels) qui l’aideront à développer au mieux ces qualités, tout au long du processus de socialisation et d'accompagnement vers l’âge adulte. C’est la raison pour laquelle l’injonction à l’autonomie est la clef de voûte d’un modèle général de socialisation de la jeunesse dans nos sociétés contemporaines, qui se décline différemment en fonction des sens que prend cette notion.

Si, à présent, on analyse la façon dont la notion d’autonomie a été utilisée dans de grands rapports d’État — outre les rapports Charvet (2001) et de Foucauld (2002) déjà mentionnés, il faut ajouter le plus récent Livre vert (2009) de la commission présidée par Martin Hirsch —, on se rend compte qu’il existe également une grande variété des définitions. Si l’autonomie est l’un des piliers et même une condition sine qua non pour que des propositions soient avancées — et pour qu’on escompte qu’elles servent l’action publique, se traduisent en dispositifs concrets d’aide aux jeunes —, c’est bien en vertu de sa double dimension : les jeunes sont supposés devenir autonomes par des interventions publiques et administratives ad hoc, bien que la plupart des dispositifs d’aide présupposent chez eux une autonomie minimale, condition sine qua non du traitement. L’autonomie du jeune est donc une vertu ambivalente, elle est à la fois un statut de départ et une conquête, une condition initiale et un programme [13] . Son usage dans le discours politique montre en filigrane les inquiétudes dont se nourrissent les adultes à propos des adolescents et des jeunes, la position des premiers étant écartelée entre espoirs dans les capacités de ces derniers et craintes de leurs vulnérabilités [14] . Mais ce que l’on retient est aussi l’existence chez les adultes de devoirs de sollicitudes, de protection et finalement d’éducation à l’égard des jeunes générations.

Rompre avec la circularité des savoirs

Paradoxalement, une plus grande spécialisation et une autonomisation du champ scientifique de la sociologie ne se sont pas traduites par un isolement de la discipline, mais plutôt par une plus grande interaction entre celle-ci et les médias, l’administration, le monde de l’édition. Cette interaction soulève deux questions quant aux formes concrètes de l’exercice du métier du sociologue. Quelle attitude adopter quand on constate que les médias et l’administration publique, les acteurs sociaux et finalement les rapports et les ouvrages scientifiques emploient un lexique commun ? Comment interpréter dans les enquêtes empiriques, autrement qu’en termes de conditionnement externe ou d’interprétation personnelle, les extraits d’entretiens où la présence du lexique des sciences sociales est particulièrement significative ? Deux moyens permettent de faire face à la circularité des savoirs.

Sédimentations des regards sur la jeunesse : le rôle des sciences humaines

Le premier consiste à proposer une approche généalogique. On sait que certaines inquiétudes très actuelles sur l’adolescence remontent à bien loin [15] . Depuis la fin du XIXe siècle, les adultes se sont interrogés sur la place des plus jeunes dans la société moderne, car l’adolescence d’abord, et la jeunesse ensuite, ont vite formé une altérité générationnelle irréductible [16] . La vision qu’ont les adultes des adolescents et des jeunes a oscillé tout au long du XXe siècle entre deux pôles : ces derniers représentent à la fois un danger pour la stabilité du monde social et sont dangereux pour eux-mêmes, double conception qui a légitimé la mise en place de dispositifs d’intervention éducatifs, préventifs, curatifs, répressifs, incitatifs. L’étude des discours produits sur les adolescents s’avère ainsi révélatrice du défi que ces derniers représentent pour les valeurs des adultes [17] . S’il impossible de passer en revue l’ensemble des savoirs et des schèmes qui structurent notre perception de l’adolescence, en prenant par exemple en considération certains traits considérés comme « typiques » des adolescents [18] , on peut mettre en valeur quelques éléments tirés d’une analyse d’une œuvre fondatrice de la psychologie de l’adolescence, Adolescence. Its Psychology and its Relations to Physiology, Anthropology, Sociology, Sex, Crime, Religion and Education, publiée en 1904 par Granville Stanley Hall [19] . Certes, depuis longtemps, la conception darwinienne et développementaliste qui sous-tend la pensée de cet auteur, conception qui a contribué à discréditer son œuvre tout entière, a radicalement été réfutée. Pourtant, quand on fait abstraction de ces éléments, de nombreuses caractérisations de l’adolescence nous restent familières. En dépit d’un cadre épistémologique poussiéreux, il est rare de trouver un ouvrage portant sur la reconstruction d’une tradition d’analyses sur l’adolescence, qui ne considère pas Stanley Hall comme un père fondateur [20] . Nombreux sont les arguments qu’on peut mobiliser pour soutenir cette thèse.

Tout d’abord, quand on compare son livre aux écrits des pasteurs et théologiens protestants circulant au XIXe siècle en Amérique, on constate que ces derniers insistaient pour que les jeunes américains assument vite des responsabilités d’adultes. Ce témoin extraordinaire de la société américaine de la première moitié du XIXe siècle qu’est Tocqueville remarquait, de son côté, que les jeunes américains quittaient tôt le domicile parental, ils devenaient vite des adultes [21] . Pour Stanley Hall, il est en revanche nécessaire que, dans l’Amérique du XXe siècle, l’individu ayant quitté l’enfance passe d’abord par une période de recherche de soi, une entrée précoce dans l’âge adulte s’avérant délétère.

En deuxième lieu, si l’on exclut les auteurs de romans et les pages que Jean-Jacques Rousseau consacre à l’adolescence dans l’Émile, cet auteur est sûrement le premier scientifique moderne à avoir exploré systématiquement le vécu adolescent. Ce dernier se laisse observer par une série de comportements contradictoires. Les adolescents oscilleraient constamment entre inertie et excitation, plaisir et souffrance, confiance en soi et modestie, égoïsme et altruisme, sociabilité et solitude, réceptivité et lourdeur d’esprit, goût du savoir et tendance à l’action, conservatisme et iconoclastie, sens et intellect [22] . L’expression utilisée par Stanley Hall pour caractériser ce stade du développement individuel, assimilé à une nouvelle naissance, « a new birth [23]  », forme sûrement le plus important legs de son ouvrage : l’adolescence devient l’âge du « storm and stress [24]  ». Certains commentateurs ont lu dans l’œuvre de Stanley Hall un plaidoyer pour la libération de l’adolescence. Néanmoins, la nécessité pour un individu de passer par une période sans responsabilités sociales, pendant laquelle les pulsions créatives sont valorisées et favorisées, n’exempte pas les adultes de la charge de guider les adolescents, en leur donnant des repères. On est au cœur de cette vision moderne de l’adolescent en crise, explorant le monde, tiraillé entre demandes d’autonomie et de protection. Elle recevra ses lettres de noblesse bien après, dans les années 1960, grâce à Erik Erikson qui appellera moratoire psychosocial ce processus de recherche de l’identité séparant l’adolescent du monde des adultes [25]

En troisième lieu, l’impact de l’œuvre de Stanley Hall a été très important, pour de nombreuses raisons. Ses disciples ont contribué à explorer le vécu adolescent, son œuvre a été une référence pour bien des intervenants sociaux et réformateurs scolaires. Stanley Hall a annoncé dans ces travaux ce que d’autres ont réalisé au niveau de la réforme des cycles de l’enseignement américain [26] . Puisque l’enfance et l’adolescence forment des âges spécifiques, il devient nécessaire d’adapter les programmes, de séparer les élèves en fonction de leur développement mental et de leur âge. De ce point de vue, son œuvre s’inscrit dans ce vaste mouvement historique qui observe, au sein de dans la société américaine, depuis la seconde moitié du XIXe siècle, l’émergence d’un « age consciousness [27]  ». Ce n’est nullement une coïncidence si le premier recensement américain qui prend soigneusement en compte l’âge — en demandant aux enquêtés à la fois l’âge à leur dernier anniversaire et leur date de naissance — date de 1900. Une police des âges naît dans ces décennies aux États-Unis, les individus étant de plus en plus classés en fonction de leur âge, par les scientifiques, l’administration publique et les institutions scolaires.

Enfin, le travail de Stanley Hall a constitué une référence en France dès sa publication. Il est cité dans un article consacré à l’adolescence, publié dans la Revue philosophique en 1906 [28] . Surtout, son équivalent français, Pierre Mendousse, auteur du livre au titre suggestif l’Âme de l’adolescent (1909), se réfère constamment à lui et parvient à des conclusions fort proches : l’adolescence est un âge de quête de soi ; cette recherche se réalise dans une sorte d’« anarchie mentale » ; il est nécessaire de favoriser la spontanéité de l’adolescent et son exploration du monde ; il est du ressort des adultes d’inventer une méthode pédagogique adaptée, stimulant la liberté tout en garantissant une forte vigilance de ses comportements.

Distinguer les contextes pertinents

Lorsque l’on se réfère à l’étude du dispositif « Envie d’agir », mis en place en 2002 pour favoriser la participation des jeunes, on se rend vite compte que les notions d’autonomie, d’engagement, de responsabilité et de projet imprègnent les discours et guident les pratiques d’acteurs appartenant à différentes sphères sociales (les jeunes, les responsables administratifs, les politiques, les experts). Afin de mener une analyse sociologique qui tire parti de cette coïncidence sémantique, il est possible de distinguer cinq plans d’analyse [29] .

En remontant le chemin qui a conduit certains politiques à se saisir des recommandations de la Commission européenne [30] pour mettre en place une série d’initiatives s’éloignant du socle traditionnel de la politique publique juvénile nationale, on peut montrer comment on est parvenu à lire le contrat entre les générations à la lumière de l’exhortation au projet. Si le premier plan d’analyse veut étudier plus précisément l’émergence, dans les grands rapports d’État sur la jeunesse, de la notion d’individualisation des trajectoires biographiques, le deuxième s’arrête sur deux éléments sans lesquels on ne saisirait pas pleinement les transformations dans le regard porté sur les jeunes. Pour que les jeunes deviennent, par leur élan participatif, des partenaires de la reconstruction du lien social, la définition de la citoyenneté et la place réservée à la société civile devaient connaître de profonds remaniements. La prise en compte de ces deux plans ne suffit toutefois pas à définir les contenus de la nouvelle normativité adulte. Cette dernière peut être approchée (troisième plan) par l’analyse des structures rhétoriques qui font de l’autonomie tout à la fois le point de départ de toute action et un objectif à poursuivre par l’action elle-même, qui supposent l’acteur social capable de dire et de témoigner son propre engagement, de se reconnaître dans son acte, en maintenant une promesse par la projection vers l’avenir. Le quatrième plan s’intéresse aux règles du jeu instituées par des dispositifs administratifs visant l’activation de la participation des jeunes. Le fonctionnement interne du dispositif, avec ses règles, ses systèmes d’évaluation, oriente, tout du moins idéalement, les contenus de l’engagement, les met en forme, en acceptant ou en refusant les dossiers déposés pour obtenir un financement (plus généralement en demandant leur reformulation). Le cinquième plan, enfin, entend approcher le vécu de l’engagement. En faisant abstraction des injonctions à l’action, il s’agit d’étudier la façon dont les jeunes repèrent une opportunité, la réalisent en faisant corps avec un projet.

Cette proposition consiste ainsi à faire de l’analyse des entretiens l’aboutissement d’un parcours qui distingue les contextes susceptibles de produire le lexique auquel se confrontent les personnes interviewées. On peut en effet parier sur le fait que le repérage de la rhétorique politique et administrative, externe aux entretiens, constitue l’une des meilleures façons pour comprendre ensuite pleinement leur logique interne. En effet, l’étude du vécu de l’engagement serait singulièrement appauvrie si elle revenait à le considérer comme le reflet de nouvelles injonctions sociales à l’action. Il paraît plus opportun, en revanche, d’étudier la façon dont les jeunes repèrent une opportunité, la réalisent en poursuivant un projet déposé auprès d’un organisme de financement. Mais pour construire le guide d’entretien et analyser ensuite les entretiens d’après cette problématique, il fallait tout d’abord comprendre les sens que les notions omniprésentes d’autonomie, de projet, d’engagement et de responsabilité prennent dans les différents ordres discursifs. Le fait de réfléchir sur la prise en compte des contextes les plus pertinents naît de l’objectif d’assimiler les entretiens à des textes, susceptibles donc de devenir le support d’analyses inspirées des théories de Paul Ricœur relatives à l’identité narrative. Cette mise en équivalence ne peut se réaliser qu’à la condition que les sociologues aient déjà pris en compte les coïncidences lexicales entre les discours sociaux et individuels, expliqué leur genèse et constaté leur prégnance dans les entretiens.

Conclusion : autonomie et dépendance dans les politiques publiques

Ces considérations sur l’importance qu’acquiert l’autonomie dans les discours politico-administratifs, sociaux et scientifiques sur la jeunesse contemporaine demandent en conclusion à être articulées avec un élément central dans la catégorisation de cet âge de la vie : les politiques publiques. S’il n’est nullement question d’incommoder les théories du contrôle social, l’une des raisons qui nous ont poussé à entreprendre récemment un tour d’horizon des politiques de jeunesse en Europe [31] vient du constat du maillage institutionnel entourant cet âge de la vie aujourd’hui. Souligner l’étendue des dispositifs à la fois préventifs, incitatifs, curatifs, répressifs et éducatifs au sens large, ne signifie certes pas nier l’importance acquise au cours des dernières années par l’autonomie, dans des domaines fort variés des expériences biographiques des adolescents et des jeunes. Cette autonomie renvoie à l’expression de leur subjectivité, à la construction de leurs appartenances horizontales, à la consommation de produits culturels. L’apprentissage de l’être au monde et du vivre ensemble est soutenu par les politiques publiques. Pourtant, le plus souvent, ces interventions s’exercent moins dans la tentative de développer la formation de soi, la Bildung, l’empowerment, mais plutôt pour combattre l’exclusion sociale qui frappe la jeunesse depuis que la précarité et le chômage sont devenus deux traits structurels de la longue transition formation-emploi en Europe.

D’ailleurs, l’attention portée par les pouvoirs publics aux jeunes, remonte à la fin des Trente Glorieuses, au commencement des cycles de récessions affectant les économies européennes. Depuis, et en dépit de quelques changements relatifs à la valorisation de la jeunesse comme une ressource (davantage d’ailleurs au niveau des préconisations que des dispositifs), ce qui constitue un sujet de forte inquiétude pour le personnel politico-administratif est bien l’intégration des jeunes [32] . En réactivant des peurs anciennes sur la séparation des plus jeunes du corps social tout entier, les politiques de jeunesse s’appuient encore trop souvent sur une conception néo-hygiéniste des maux (réels ou présumés) consubstantiels de cet âge de la vie.

Pourtant, si dans nos sociétés contemporaines la prolifération de dispositifs publics révèle en creux l’existence d’un fort devoir de sollicitude ressenti par le monde des adultes à l’égard d’individus perçus comme fragiles et vulnérables, on ne saurait négliger la forte demande de soutien dont font part les jeunes. On ne s’étonnera guère alors qu’au cours des trente dernières années, on a assisté parallèlement à la montée des inquiétudes et à la multiplication des formes d’intervention, également à un accroissement des métiers de jeunesse.

Rendu plus complexe par les profondes mutations que traversent les sociétés contemporaines à l’ère de la globalisation — au niveau notamment des systèmes de formation, du fonctionnement des marchés du travail, de l’exercice des solidarités publiques —, le passage à l’âge adulte se fait aujourd’hui par des réajustements successifs suivis, soutenus, approuvés par un corps diversifié de professionnels. Si l’orientation est consubstantielle de l’allongement de la jeunesse entendue comme phase d’expérimentation [33] , l’insertion sociale des jeunes se réalise par la médiation des adultes.

Pour citer cet article : Vincenzo Cicchelli, « Société des savoirs et production sociologique : l’exemple de la jeunesse », Histoire@Politique. Politique, culture, société, n° 14, mai-août 2011, www.histoire-politique.fr

Notes :

[1] Robert Nisbet, La tradition sociologique, Paris, PUF, 1984.

[2] Vincenzo Cicchelli, La construction de l’autonomie. Parents et jeunes adultes face aux études, Paris, PUF, 2001.

[3] Par ailleurs, ma thèse répondait en partie à une commande de l’Observatoire de la vie étudiante de Paris sur la question de la prise en charge familiale des étudiants. C’est la raison pour laquelle j’ai écrit ensuite quelques papiers pour reconstruire la façon dont avait émergé la catégorie de « jeune adulte » et la question sociale de sa dépendance (2001).

[4] Anthony Giddens, Les conséquences de la modernité, Paris, L’Harmattan, 1994.

[5] Frederic M. Thrasher, The Gang, University of Chicago Press, 1927 ; Nels Anderson, Le Hobo. Sociologie du sans-abri, Paris, Nathan, 1993, 1ère éd. 1923 ; Clifford R. Shaw, The Jack-Roller. A Delinquent Boy’s own Story, Chicago, The University of Chicago Press, 1930 ; William I. Thomas, The Unadjusted Girl, Little-Brown & Co., Boston, 1923.

[6] Vincenzo Cicchelli et Maurizio Merico, « Adolescence et jeunesse au XXe siècle. Une esquisse de comparaison entre la tradition sociologique américaine et sa réception en Europe », dans Les jeunes de 1950 à 2000. Un bilan des évolutions, Paris, INJEP, 2001, p. 207-230.

[7] Patricia Loncle, Politiques de jeunesse. Les défis majeurs de l’intégration, Rennes, PUR, 2010.

[8] Vincenzo Cicchelli et Catherine Pugeault-Cicchelli, « Les recherches sociologiques sur la jeunesse en France et leurs liens avec les préoccupations politico-administratives », Papers. Revista de Sociologia, numéro spécial, « Materials de sociologia de la juventut », n° 79, 2006, p. 101-120.

[9] Ce rapport sera remis prochainement à l’Observatoire de la Vie Étudiante (OVE). Aline Viviand (doctorante, université de Paris IV) a participé à ce travail.

[10] Voir sur ce point mon intervention à la table ronde « L’autonomie impossible ? », journée d’étude organisée par Valérie Becquet, Patricia Loncle et Cécile Van de Velde, « Le livre vert, un an après », 28 mai 2010.

[11] Vincenzo Cicchelli, « La jeunesse en Europe : modes d’interventions publiques, savoirs sociologiques et réalités sociales », Politiques sociales et familiales, numéro spécial (102) dirigé par Vincenzo Cicchelli, « Dispositifs publics et construction de la jeunesse en Europe », p. 103-112.

[12] Jeunesse : le devoir d’avenir, Paris, La Documentation française, 2001 ; Pour une autonomie responsable et solidaire, Paris, La Documentation française, 2002.

[13] Cette idée sur l’ambivalence de l’autonomie se retrouve dans un essai de Paul Ricœur, « Autonomie et vulnérabilité », Le Juste 2, Paris, Éditions Esprit, p. 85-106.

[14] Pour une analyse de quelques inquiétudes dans le discours scientifique à propos des jeunes issus de l’immigration, cf. Marc Breviglieri et Joan Stavo-Debauge, « Les identités fragiles. La “jeunesse” et l’“immigration” », dans Catherine Pugeault-Cicchelli, Vincenzo Cicchelli et Tariq Ragi (dir.), Ce que nous savons des jeunes, Paris, PUF, 2004, p. 159-176.

[15] Luisa Passerini, « La jeunesse comme métaphore du changement social. Deux débats sur les jeunes : l’Italie fasciste, l’Amérique des années cinquante », dans Giovanni Levi et Jean-Claude Schmitt (dir.), Histoire des jeunes en Occident, tome 2, Paris, Seuil, p. 339-408.

[16] Catherine Pugeault-Cicchelli, Vincenzo Cicchelli et Tariq Ragi (dir.), Ce que nous savons des jeunes, op. cit.

[17] Joseph Kett, « Reflections on the History of Adolescence in America », The History of the Family, n° 8, 2003, p. 355-373.

[18] Joanna Wyn et Rob White, Rethinking Youth, London, Sage publications, 1997.

[19] Vincenzo Cicchelli, « Les adolescents au crible de la littérature romanesque et des savoirs scientifiques. Aux États-Unis et en France, de la fin du XVIIIe siècle au début du XXe siècle », Informations sociales, n° 119, 2004, p. 40-51.

[20] John Demos et Virginia Demos, « Adolescence in Historical Perspective », Journal of Marriage and The Family, n° 31, 1969, p. 632-638 ; J. R. Gillis, Youth and history: Tradition and Change in European Age Relations, 1700−present, New York, Academic Press, 1974 ; Jospeh Kett, Rites of Passage: Adolescence in America, 1700−present, New York, Basic Books, 1977 ; Agnès Thiercé, Histoire de l’adolescence (1850-1914), Paris, Belin, 1999.

[21] Catherine Cicchelli-Pugeault et Vincenzo Cicchelli, Les théories sociologiques de la famille, Paris, La Découverte, 1998.

[22] Stanley Hall, Adolescence: Its Psychology and Its Relations to Physiology, Anthropology, Sociology, Sex, Crime, Religion, and Education, tome 2, New York, Appleton, 1904, p. 39-93

[23] Stanley Hall, Adolescence, op. cit., p. XIII.

[24] Ibidem.

[25] E. H. Erikson, Adolescence et crise. La quête de l’identité, Paris, Flammarion, 1972, 1ère éd. 1968.

[26] Joseph Kett, Rites of passage, op. cit.

[27] Howard P. Chudacoff, How Old Are You ? Age Consciousness in American Culture, Princeton, Princeton University Press, 1989.

[28] Gabriel Compayré, « La psychologie de l’adolescent », Revue philosophique, LXI, 1906.

[29] Vincenzo Cicchelli, « Comment exercer le métier du sociologue dans une société caractérisée par une forte circulation des savoirs ? Le cas des dispositifs ministériels français d’incitation à l’engagement », Nouvelles pratiques sociales, numéro spécial « Vers de nouvelles pratiques citoyennes », vol. 18, 2, 2006, p. 73-87.

[30] Cf. le livre blanc Un nouvel élan pour la jeunesse européenne, Bruxelles, 21 novembre 2001.

[31] Voir sur ce point, les deux numéros spéciaux de Politiques sociales et familiales (2010, n° 102) et Informations sociales (2011, n° 165) que j’ai dirigés, consacrés aux politiques de jeunesse en Europe.

[32] Patricia Loncle, Politiques de jeunesse, op. cit.

[33] Olivier Galland, Les jeunes Français ont-ils raison d’avoir peur ?, Paris, Armand Colin, 2009.

 

Vincenzo Cicchelli

Vincenzo Cicchelli est maître de conférences (HDR) en sociologie à l’Université Paris Descartes, membre du GEMASS (Paris 4/CNRS). Il travaille sur la jeunesse comme objet de connaissance sociologique et comme objet d'intervention politico-administrative, sur les comparaisons internationales de la condition juvénile, sur l’autonomie de la jeunesse, sur l’impact de la globalisation sur les trajectoires juvéniles, sur la socialisation cosmopolite des jeunes générations. Dernier ouvrage (direction avec Hamel J., Pugeault C. et Galland O.) : La jeunesse n’est plus ce qu’elle était (Rennes, PUR, 2010), issu d’un colloque tenu à Cerisy en 2009.

Mots clefs : adolescence et jeunesse, circulation des savoirs, autonomie, expertise.

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  • ISSN 1954-3670