Histoire@Politique : Politique, culture et société

Pistes & débats

Une histoire du réformisme est-elle possible ? À propos de quelques ouvrages sur le réformisme en Allemagne avant 1914

Jean-Numa Ducange
Résumé :

Après un retour rapide sur l’historiographie du socialisme, l'article présente l’évolution récente des approches historiennes sur le réformisme (...)

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  • Till Schelz-Brandenburg (dir.), Eduard Bernsteins Briefwechsel mit Karl Kautsky (1895-1905), Francfort – New York, Campus Verlag, 2003, 1159 p.
  • Dimitrij Owetschkin, Conrad Schmidt, der Revisionismus und die sozialdemokratische Theorie, Essen, Klartext, 2003, 239 p.
  • Matthias Lemke, Republikanischer Sozialismus. Positionen von Bernstein, Kautsky, Jaurès und Blum, Frankfurt am Main - New-York, Campus Verlag, 2008, 433 p.

L'histoire du réformisme n'est pas à proprement parler un sujet nouveau. L'histoire des controverses doctrinales qui ont traversé l’histoire du SPD a fait l'objet d'innombrables études, en particulier après la Seconde Guerre mondiale. L'enjeu était alors, à l'Ouest comme à l'Est, de se réapproprier l'histoire de la social-démocratie depuis ses origines. En RDA, le parti-État se réclamait officiellement de l'héritage du SPD d’avant 1914 en valorisant son aile gauche et ceux qui avaient lutté contre les tendances réformistes et « révisionnistes ». À l'Ouest, une riche historiographie a plutôt mis l’accent sur le caractère ambigu du « marxisme » du SPD et de ses références révolutionnaires qui contrastaient avec sa pratique réformiste dès les années 1890. La très puissante Friedrich Ebert Stiftung (fondation du Parti social-démocrate) a encouragé de nombreuses recherches, non parfois sans tension avec celles émanant des universités. Tous ces débats s'inscrivaient dans le contexte politique des lendemains du célèbre congrès de Bad Godesberg du SPD de 1959 [1] que l’on retient généralement comme la rupture majeure car considérée comme le moment où le SPD abandonne officiellement ses références au marxisme. En France, l’histoire de la social-démocratie allemande, bien que sans commune mesure avec la production germanophone, avait donné lieu à quelques études remarquées de Jacques Droz, Pierre Angel, Georges Haupt sans oublier les travaux dédiés à Rosa Luxemburg de Claudie Weill et Gilbert Badia [2] . Il faut en particulier souligner l’œuvre de Georges Haupt qui a porté attention à tout l’espace géographique recouvert par la IIInternationale d’avant 1914, en particulier aux partis d’Europe de l’Est influencés par le « parti modèle » de l’époque, la social-démocratie allemande. S’il ne rédigea pas de synthèse marquante, son souci constant d’éditer scientifiquement des textes oubliés par les orthodoxes de tous bords a permis de sauver de l’oubli des textes majeurs de cette période, notamment le fameux congrès manqué de Vienne qui devait se tenir pendant l’été 1914 [3] . À proprement parler, le travail d’Haupt ne portait pas sur le réformisme et sa sympathie allait plutôt vers les courants hétérodoxes marxistes ; néanmoins son attention aux textes de tous les courants de la social-démocratie, notamment à ceux des personnalités majeures comme Eduard Bernstein (souvent évoqués mais presque jamais lus si ce n’est au travers des citations de ses contradicteurs), fut réelle. La mort prématurée de l’historien en 1978 interrompit de nombreux chantiers qu’il avait mis en place au travers notamment de son séminaire de l’EHESS qui permit la rencontre entre de nombreux historiens du socialisme issus de différentes sensibilités, sans limites de frontières [4] .

Les années 1980 furent ensuite des années moins propices à l’étude des socialismes puis avec la fin de la guerre froide et l'ouverture de nombreuses archives relatives au communisme, l'histoire des gauches de l'époque de la IIInternationale a nettement moins retenu l'attention des historiens, en France comme en Allemagne, ceux-ci préférant se consacrer à d’autres chantiers plus prometteurs. Pour ne prendre qu'un exemple la dernière synthèse en français de Jacques Pierre Gougeon sur le SPD date de plus de dix ans (1996 [5] ) et l'Histoire générale du socialisme des années 1970 coordonnée par Jacques Droz reste de fait la référence pour avoir des repères sur l'histoire du réformisme en Allemagne [6] . Il est remarquable par ailleurs qu’aucune étude réelle des conditions de l'abandon du marxisme dans le SPD dans les années 1950-1960 (notamment à l’occasion du congrès de Bad Godesberg déjà cité) ne soit parue en France, absence qui contraste avec la vivacité avec laquelle nombre de responsables politiques de gauche s'y réfèrent aujourd’hui.

Néanmoins quelques infléchissements récents semblent annoncer des possibles renouveaux de l'étude du réformisme dans un contexte de facto plus apaisé que jadis, l'absence d'alternative révolutionnaire sérieuse – et aussi la baisse corrélative de travaux consacrés aux processus révolutionnaires – autorisant des approches nouvelles. On ne sera pas surpris de trouver des études originales et novatrices sur l’histoire des socialismes dans le monde anglophone : pour l’étude des courants français, il faut citer les importantes contributions de Robert Stuart qui, depuis Marxism at Work, a manifesté un intérêt soutenu à l’étude des guesdistes français, chantier que personne n’a réellement repris dans l’espace francophone depuis les travaux de Claude Willard dans les années 1960 [7] . La social-démocratie allemande a quant à elle toujours retenu l’intérêt d’historiens anglophones depuis Carl Schorske avec son ouvrage German Social Democracy, 1905-1917 qui fit date [8]  ; citons également, par exemple, les nombreux travaux consacrés au « pape du marxisme », Karl Kautsky [9] . Les travaux plus récents d’Andrew Bonnell méritent d’être mentionnés ici, en particulier Social-Democracy and Culture, ouvrage qui étudie en profondeur les différences importantes entre les courants de la social-démocratie sur les questions culturelles, notamment les positions de l’aile réformiste sur le théâtre populaire [10] .

En Allemagne, sans qu'il n'y ait de véritable école constituée, plusieurs ouvrages récents attestent de l’attention portée à l'histoire du réformisme dans la social-démocratie d’avant 1914. Sans que les deux ne recoupent strictement les mêmes réalités, la controverse autour du révisionnisme à la fin du XIXsiècle issue des réflexions d'Eduard Bernstein et le réformisme politique pendant la même période ont longtemps constitué des réalités incontournables pour qui veut comprendre l'origine du dilemme « Réforme sociale ou révolution ? », pour reprendre la formule de Rosa Luxemburg. Les positions révisionnistes sont pourtant diverses et ne peuvent se résumer à être le vernis théorique des pratiques politiques de la social-démocratie allemande [11] . Roger Fletcher avait montré en son temps l’attraction de la revue de Joseph Bloch, Die Sozialistische Monatshefte qui, notamment avant que le débat ne clive irrémédiablement la social-démocratie, avait réussi à capter de nombreuses et prestigieuses signatures du socialisme international lassées par l’orthodoxie répétitive de la revue de Karl Kautsky, Die Neue Zeit [12] .

À cet égard, l’édition en 2003 des correspondances entre Eduard Bernstein et Karl Kautsky conservées à l’Institut international d’histoire sociale d'Amsterdam [13] permet de réexplorer les enjeux d'un débat vu le plus souvent au travers des seuls ouvrages publiés à l’époque comme Les présupposés du socialisme de Bernstein. Annoté et présenté par Till Schelz-Brandenburg, auteur d'une thèse sur la genèse et la transformation du marxisme à l'échelle de plusieurs décennies fondée pour partie sur les matériaux édités ici [14] , l'ensemble est d'une grande utilité pour qui veut comprendre l'origine du débat avant même que celui-ci ne donne lieu aux célèbres échanges publics entre Kautsky et Bernstein. Accompagné d’un impressionnant appareil critique, il permet de cerner des étapes méconnues de la publication des textes de Bernstein et la façon dont le débat sur la révision du marxisme s’engage non sur le seul terrain allemand mais dans un cadre de réflexion internationale ; la politique extérieure apparaît ainsi comme décisive et sur cette question les lignes de clivages ne sont pas toujours aussi tranchées. Karl Kautsky en ressort moins orthodoxe que ne le veut la doxa habituelle tandis que la maturation de la pensée de Bernstein peut être saisie dans toute sa complexité. Certaines réflexions dans ces lettres, moins présentes dans les textes publics, permettent de mesurer par exemple la centralité de l’analyse historique pour la critique de la voie révolutionnaire au travers du refus assumé de l’héritage jacobin. Les tentatives de traduction en anglais de l’ouvrage sur l’histoire de la Révolution anglaise de Bernstein [15] , que l’on peut suivre ici pas à pas et qui n’aboutiront que bien plus tard, sont à inscrire dans le même registre. La révision du marxisme est en effet contemporaine de la publication d’un vaste projet d’histoire du socialisme qui doit servir à ancrer la légitimité du parti au-delà des seules revendications politiques et économiques immédiates.

Il ne s’agit pas à la lecture de ces textes de nier la profondeur des divergences entre Kautsky et Bernstein mais bien de comprendre la genèse progressive de leur séparation qui ne devient définitive que sous la pression des logiques d’affrontements de courants dans le parti. Sur certains sujets majeurs, retourner aux textes de l’époque permet ainsi d’éviter les anachronismes généralement admis lorsqu’il s’agit d’évoquer le débat révisionniste : 1899-1900 n’est pas 1917 et les lignes de clivages entre « réformistes » et « révolutionnaires » ne sont pas les mêmes, voire assez peu définies sur certains sujets non parce qu’il n’y aucun lien entre les deux périodes (Kautsky sera un acteur important au moins jusqu’en 1919) mais parce que certaines questions comme l’usage de la violence révolutionnaire, qui ne pouvaient avoir la même acuité en 1899 qu’en pleine guerre, ne se posaient absolument pas dans les mêmes termes. Pour revenir sur plusieurs points qui ont animé des décennies de controverses dans les organisations se réclamant du mouvement ouvrier, la lecture de ces correspondances est désormais un complément indispensable à qui veut comprendre les multiples aspects de cette révision.

Une étude sur Conrad Schmidt de Dimitrij Owetschkin permet quant à elle de décentrer le propos au-delà de la seule trinité « Kautksy – Bernstein – Luxemburg » habituellement mise en avant lorsqu’il s’agit d’évoquer les débats dans le SPD au tournant du siècle. Elle présente un acteur du débat révisionniste peu cité habituellement, connu principalement des spécialistes du marxisme pour ses correspondances avec Friedrich Engels sur le matérialisme historique [16] . Avec cette contribution, le caractère hétérogène du révisionnisme apparaît limpide. Les motifs de la révision de l’orthodoxie ont été en effet divers ; ici, moins politique que Bersntein, Conrad Schmidt apparaît plus directement porté sur le problème de l’adéquation de la théorie avec les nouvelles réalités du capitalisme. L’ouvrage, axé sur les problèmes théoriques, présente ainsi deux aspects majeurs des développements de Conrad Schmidt : son approche de Marx (de la théorie de la valeur notamment) et le retour à Kant qu’accompagne sa critique de la dialectique hégélienne. Une dernière partie interroge le statut ambigu du débat théorique dans le SPD, en particulier le problème de « l’émancipation de la théorie » c’est-à-dire le statut même de la théorie dans un parti de plus en plus intégré dans la société wilhelmienne, intégration qui pose la question même de la pertinence d’une théorie spécifiquement sociale-démocrate dans un tel contexte, qu’elle soit « orthodoxe » ou « révisionniste ». Les problèmes soulevés par certains développements de l'ouvrage nécessiteraient d'être discutés amplement mais dans tous les cas cette étude, appuyée sur des textes parus à l’époque négligés dans les histoires du marxisme jusqu’ici, montre les liens complexes entre la révision de la doctrine et le réformisme politique immédiat, l’un n’ayant pas toujours mécaniquement partie liée avec l’autre.

Le retour au texte s’impose aussi dans le cas de Matthias Lemke qui publie un vaste ensemble sur le « socialisme républicain » exposant les positions de Bernstein, Kautsky, Jaurès et Blum sur ce thème. Si le propos n’est pas strico sensu une histoire du réformisme, son objectif qui vise à mettre en valeur les positions fondamentalement démocrates du socialisme contre le « totalitarisme » soviétique apporte de facto un éclairage sur la question. Bien moins sensible à la contextualisation historique que la monographie consacrée à Conrad Schmidt, l’auteur est avant tout préoccupé par sa recherche de thèmes « antitotalitaires » dans les écrits des auteurs qu’il commente, au risque de présenter les acteurs de façon quelque peu anachronique et de dresser une histoire de la pensée socialiste selon une téléologie que l’auteur entend pourtant critiquer fermement (des formules comme « le legs antitotalitaire de Jaurès » ne manqueront pas de surprendre). Parfois stimulant et pointant habilement certaines convergences entre socialistes français et sociaux-démocrates allemands, Republikanischer Sozialismus en reste souvent à une histoire conceptuelle visant à démontrer le caractère fondamentalement antidémocratique du communisme, sans d’ailleurs tenir compte des multiples réalités que celui-ci a incarnées au cours du XXsiècle.

À noter que l’éditeur « Klartext » a publié récemment dans la même collection que l’ouvrage d’Owetschkin sur Conrad Schmidt une monographie consacrée à Carl Liegen, célèbre figure du syndicalisme allemand ayant marqué l’histoire du réformisme de la fin du XIXe siècle à la Révolution allemande [17] . Nous sommes revenus ailleurs sur cet ouvrage [18]  ; ce qu’il faut souligner ici, c’est l’absence, comme d’une certaine manière dans les autres ouvrages déjà mentionnés, d’étude des réseaux d’intellectuels « réformistes » et la façon dont ceux-ci se constituent au sein – et en partie en-dehors – du Parti social-démocrate.

Résumons les quelques points développés dans les publications présentées. Celles-ci montrent en effet les axes d’un renouveau possible d’une histoire du réformisme : attention à la diversité des sources au-delà des seuls textes habituellement cités, étude de figures moins connues (voire des « seconds couteaux ») mais ayant joué un rôle majeur dans les controverses doctrinales, cohérence (ou non) des positions concurrentes de la voie révolutionnaire autour de certaines théories politiques comme le républicanisme. Les problèmes ainsi posés sont immenses et on ne prétend nullement ici avoir épuisé le sujet mais simplement présenté à partir de quelques contributions dans quelles voies semblent s’engager l’histoire du socialisme, en particulier de ce que l’on désigne comme les courants réformistes.

À la lecture de ces ouvrages, un élément nous paraît essentiel : la reconstitution de l’histoire des réseaux intellectuels réformistes, enjeu important et pourtant jusqu’à une période récente relativement peu traité. L'ouvrage d'Emmanuel Jousse sur le transfert du révisionnisme en France via la figure d’Albert Thomas offre une approche intéressante en même temps qu’elle constitue un indice d’un certain regain d’intérêt pour l’histoire du socialisme dans le cadre d’une démarche s'inspirant notamment des « transferts culturels » et de l' « histoire croisée » [19] . Étudier la force des interactions réciproques entre la France et l’Allemagne pour saisir la complexité des enjeux politiques traversant le socialisme européen semble indispensable [20] . L’histoire croisée permet de comprendre pourquoi tel ouvrage est discuté (ou pas), introduit à l’occasion d’un débat ou d’un événement politique particulier. Une telle méthode ouvre des voies pour comprendre les choix de traduction d’un ouvrage à un moment donné ou, au contraire, les refus de traduire, souvent liés à des raisons politiques. L’histoire croisée permet de dépasser la seule analyse des transferts d’un pays à l’autre et « renvoie à l’analyse des résistances, des inerties, des modifications – de trajectoires, de formes, de contenus [21]  ». Elle autorise des relectures d’œuvres célèbres mais dont la genèse et plus encore la réception sur le long terme demeurent parfois méconnues. Pour en rester à l’histoire du réformisme, ou ce qui lui est associé, on peut citer Jean Jaurès dont les positions sur « l’évolution révolutionnaire » rendent certes difficile de le classer en France comme « réformiste ». Néanmoins, en étudiant de près les réseaux qui ont introduit sa pensée en Allemagne, on peut constater que ceux qui traduisent les textes de Jaurès sont le plus souvent proches du courant autour d’Eduard Bernstein. Simple transfert lié à des traductions ponctuelles ? En réalité, l’évolution politique et intellectuelle de Jaurès est le fruit de contacts, d’influences et d’échanges réciproques dont on peut suivre l’évolution à travers ses textes, correspondances privées ou encore de comptes rendus d’ouvrages (une source généralement négligée). Et de ce point de vue, ces échanges avec Bernstein ont joué un rôle important dans l’évolution de sa pensée. Notons à ce sujet que la façon dont on envisage l’étude des sources constitue un point important, surtout sur des sujets qui paraissent en apparence épuisés comme l’histoire du socialisme jaurésien ou celle de la social-démocratie allemande. Dans les deux cas, le très grand nombre d’études consacrées au SPD et au socialisme français laissent penser que la masse documentaire a largement été défrichée. En réalité, nombre d’études se sont concentrées sur quelques textes majeurs, retenus par l’historiographie pour des raisons de postérité politique, sans approfondir l’étude des réseaux éditoriaux, des figures qui leur sont liées (par exemple le rôle décisif et pourtant peu valorisé des traducteurs) et des nombreuses publications qui permettent de mesurer « ce qui passe » aux différents niveaux du parti (les Arbeiter-Kalender dans le monde germanophone par exemple, équivalent des almanachs ouvriers français, constituent une source très riche peu mobilisée et pourtant essentielle [22] ).

En prolongeant cette remarque, au-delà des seuls cercles intellectuels, peut-on envisager une histoire du réformisme, pas uniquement centrée sur les « grandes » figures, mêlant d’autres démarches plus orientées vers l’étude des pratiques politiques ou des sociologies du militantisme ? L’histoire sociale des pratiques militantes a fait l’objet de quelques travaux prenant en compte la diversité des sources [23]  ; d'autres études en cours, croisant sociologies et sciences politiques, présentent des problématiques novatrices sur les modalités d’élaboration d’un programme et ses « récupérations » politiques a posteriori. De telles approches permettent de comprendre comment, sur le long terme, les courants réformistes ont fondé leur légitimité contre les courants révolutionnaires, ou ceux se présentant comme tels [24] . L’un des enjeux se situe probablement dans le croisement de ce type d’approche avec une histoire intellectuelle qui ne peut guère se contenter de l’étude du contenu des textes élaborés par l’élite des organisations politiques sans tenir compte de ses répercussions aux différents niveaux des partis.

Pour citer l’article : Jean-Numa Ducange, « Une histoire du réformisme est-elle possible ? À propos de quelques ouvrages sur le réformisme en Allemagne avant 1914 », Histoire@Politique. Politique, culture, société, n° 13, janvier-avril 2011, www.histoire-politique.fr

Notes :

[1] Pour un aperçu des publications de cette époque, en particulier sur le problème du « marxisme » du SPD d’avant 1914, voir Dieter Groh « Le mouvement ouvrier « marxiste » allemand : un malentendu historique ? », dans Bernard Chavance (dir.), Marx en perspectives, Paris, Éditions de l’EHESS, 1985, p. 585-608.

[2] Voir notamment Pierre Angel, Edouard Bernstein et l’évolution du socialisme allemand, Paris, Didier, 1961. Georges Haupt, L’historien et le mouvement social, Paris, Maspero, 1980. Claudie Weill, Marxistes russes et social-démocratie allemande 1898-1904, Paris, Maspero, 1977. Gilbert Badia, Rosa Luxemburg : journaliste, polémiste, révolutionnaire, Paris, Éditions sociales, 1975.

[3] Georges Haupt, Le congrès manqué. L’Internationale à la veille de la Première Guerre mondiale, Paris, Maspero, 1965. Voir de manière générale la collection « Bibliothèque socialiste » aux éditions François Maspero.

[4] En italien, il fut le maître d’œuvre avec Eric Hobsbawm d’une magistrale histoire du marxisme : Storia del marxismo, Turin, Einaudi, 1978-1982 (5 volumes).

[5] Jacques-Pierre Gougeon, La Social-démocratie allemande 1830-1996 : de la révolution au réformisme, Paris, Aubier, 1996.

[6] Jacques Droz (dir.), Histoire générale du socialisme, Paris, PUF, 1972-1977 (4 vol., réédition PUF/Quadrige).

[7] Robert Stuart, Marxism at Work. Ideology, Class and French Socialism during the Third Republic, Cambridge, Cambridge University press, 1992, 513 p.

[8] Carl Schorske, German Social Democracy, 1905-1917: The Development of the Great Schism, New York, Russell & Russell, 1970,

[9] Voir par exemple Gary Steenson, Karl Kautsky, 1854-1938 : Marxism in the Classical Years, Pittsburgh, University of Pittsburgh press, 1991.

[10] Andrew Bonnell, The People's Stage in Imperial Germany: Social Democracy and Culture 1890-1914, London, Tauris Academic Studies, 2005.

[11] Voir notre article « Le révisionnisme est-il un réformisme ? Sur quelques aspects méconnus de la première révision du marxisme ». À paraître en 2011 dans la revue Mille-neuf-cent, revue d'histoire intellectuelle.

[12] Roger Fletcher, Revisionism and Empire : Socialist Imperialism in Germany 1897-1914, London, G. Allen and Unwin, 1984.

[13] Voir les fonds de cet institut sur www.iisg.nl [site consulté le 20 janvier 2011].

[14] Till Schelz-Brandenburg, Eduard Bernstein und Karl Kautsky : Entstehung und Wandlung des sozialdemokratischen Parteimarxismus im Spiegel ihrer Korrespondenz, 1879 bis 1932, Köln, Böhlau, 1992, 447 p.

[15] Eduard Bernstein, Kommunistische und demokratisch-sozialistische Strömungen während der englischen Revolution, Stuttgart, J.H.W. Dietz, 1895.

[16] Sur Conrad Schmidt il est toujours possible de consulter : Bernard Besnier, « Conrad Schmidt et les débuts de la littérature économique « marxiste », dans Histoire du marxisme contemporain, Paris, 10/18, 1976.

[17] Karl Christian Führer, Carl Legien 1861-1920. Ein Gewerkschafter im Kampf um ein « möglichst gutes Leben » für alle Arbeiter, Essen, Klartext, 2010, 368 p.

[18] Voir notre compte rendu dans la Revue de la mission historique française en Allemagne (2010).

[19] Emmanuel Jousse, Réviser le marxisme ? D’Édouard Bernstein à Albert Thomas, 1894-1914, Paris, L’Harmattan, 2007. Voir aussi la contribution d’Emmanuel Jousse dans ce même numéro d’Histoire @Politique. Politique, culture, société.

[20] Michael Werner et Bénédicte Zimmermann, « Penser l’histoire croisée : entre empirie et réflexivité », Annales. Histoire, sciences sociales, 1/2003, p. 7-34.

[21] Ibid., p. 16.

[22] Sur Jean Jaurès et l’Allemagne ainsi que sur les sources, nous nous permettons de renvoyer à notre thèse de doctorat : Élaborer, écrire et diffuser l’histoire de la « Grande Révolution française » dans les social-démocraties allemande et autrichienne (1889-1934) », université de Rouen, 2009. À paraître aux Presses universitaires de Rennes.

[23] Paul Pasteur, Pratiques politiques et militantes de la social-démocratie autrichienne 1888-1934, Paris, Belin, 2003, 383 p.

[24] Voir notamment Karim Fertikh, « Du passé faisons table rase ? Analyse sociologique de l’écriture du programme de Bad Godesberg » (à paraître en 2010 dans la revue Sociétés contemporaines).

Jean-Numa Ducange

Jean-Numa Ducange est docteur en histoire contemporaine et maître de conférences en histoire contemporaine à l’université de Rouen, et a soutenu une thèse consacrée aux interprétations de la Révolution française dans la social-démocratie allemande. Il a récemment publié avec Gilles Candar une anthologie des œuvres de Paul Lafargue, Paresse et révolution, Écrits 1880-1911, Paris, Tallandier, collection « Texto », 2009.

Mots clefs : socialisme ; social-démocratie ; marxisme ; historiographie ; réformisme.

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