Histoire@Politique : Politique, culture et société

Le dossier

Les socialistes français face au réformisme

Coordination : Mathieu Fulla et Emmanuel Jousse

Réformer l’Algérie ? Des militants socialistes en « situation coloniale » dans l’entre-deux-guerres

Claire Marynower
Résumé :

Les fédérations socialistes eurent en Algérie une histoire mouvementée dans l’entre-deux-guerres. Décimées après le congrès de Tours, elles (...)

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Les socialistes en Algérie se débattirent, sans doute de façon plus aiguë que d’autres, dans les paradoxes mêmes de la « situation coloniale » : si le caractère globalisant de cette expression forgée par Georges Balandier en 1951 [1] – ou de son usage postérieur – ne peut pas correspondre aux sociétés concernées dans leur ensemble, elle semble cependant adéquate pour l’étude des militants socialistes et de leur rapport à la réforme en Algérie durant le « moment colonial [2]  ». L’expression désigne la totalité au sein de laquelle ont coexisté et interagi société coloniale et société colonisée, et les conséquences – conflictuelles notamment, mais pas seulement – de cette mise en co-présence historique. Or les socialistes d’Algérie ne peuvent se penser en dehors des notions et des chronologies de la « situation coloniale ». De façon consciente ou non, ils furent tout entier engagés dans cette rencontre avec l’Autre qui interrogea leurs discours, leurs convictions et leurs pratiques – sans que cela soit toujours manifeste de leur part, mais l’absence même de discours sur la population colonisée fait sens. S’ils pouvaient souhaiter se mouvoir uniquement dans les dimensions d’une société coloniale, leur militantisme les mit en présence des « indigènes musulmans » – c'est-à-dire les individus soumis au Code de l’indigénat, juridiquement distincts des citoyens français – dans tous les moments de la vie politique, alors qu’en tant que membres de la société coloniale, notamment dans les lieux de majorité démographique européenne comme la ville d’Oran, ils pouvaient vivre dans une presque indifférence à l’égard de la société colonisée.

C’est précisément parce qu’ils évoluaient dans un milieu politique, qu’ils employaient un registre politique – et qu’ils étaient donc sommés de penser un mode de vie partagé, des solutions pour rendre plus viable la société algérienne – qu’ils furent nécessairement des produits et des acteurs de cette « situation coloniale ». C’est cette dernière, ses injustices, ses perspectives d’évolution, qui détermina le plus souvent l’engagement des hommes de gauche [3] . Ainsi de tous les anciens communistes qui revinrent à la « vieille maison » au cours des années 1920 après l’adhésion massive des fédérations algériennes à la IIIe Internationale au congrès de Tours, non qu’ils aient fait le deuil de la révolution marxiste mais bien qu’ils aient refusé d’accepter en l’état la huitième condition d’adhésion, qui réclamait la libération des colonies. C’est autant le but que la méthode qui étaient dénoncés : si un certain desserrement de l’étau colonial restait un objectif, celui-ci devait cependant être atteint par la réforme. Le point crucial de cette étude est de comprendre comment les paradoxes d’un « socialisme colonial [4]  » se sont incarnés dans des hommes, des courants, des groupes, comment ils ont évolué, en quoi ils ont également été mis en mouvement par la montée des nationalismes – qui agit comme une pression pour formuler de nouveaux discours, mais aussi comme une menace.

Les chronologies se mêlèrent dans l’Algérie de l’entre-deux-guerres : l’histoire politique française y fut primordiale ; elle étendit ses effets au-delà de la métropole, ainsi du moment Front populaire qui acquit en Algérie une signification bien particulière. La chronologie internationale y fut également pertinente : les soldats colonisés participèrent en masse à la Première Guerre mondiale, et leur engagement aux côtés de la France, « l’impôt du sang » qu’ils versèrent pour elle, ne furent pas sans effet sur les droits de la population dite « indigène », mais aussi sur son niveau de conscientisation politique. La guerre civile espagnole y produisit un écho particulier et intense, en relation avec la présence déterminante d’une large population d’origine espagnole. Une chronologie politique proprement algérienne rythme également la période : 1926 et la création de l’Étoile nord-africaine de Messali Hadj – même si celle-ci était alors essentiellement parisienne et ne s’implanta pas en Algérie avant le milieu des années 1930 et surtout, en 1937, avec la création du Parti du peuple algérien (PPA), 1930 et la création de la Fédération des élus musulmans d’Algérie, 1931 et celle de l’Association des Oulémas algériens. La date de 1936 fut également cruciale, avec la création du Congrès musulman algérien, première assemblée revendicative algérienne.

Le moment de l’entre-deux-guerres est à la fois décisif et délicat pour l’observateur contemporain. On a fini par conclure aux erreurs des acteurs réformistes, à leur manque de vues face à la montée du nationalisme. Il ne faut pas pour autant sous-estimer la richesse des alternatives politiques qui s’offraient aux horizons et aux espoirs des hommes de cette époque, ni conférer un caractère évident à la révolution nationaliste. L’éventail des possibles semblait en effet plus ouvert que jamais dans cette période, et si le cours final des événements doit nous éclairer, il faut se garder de concevoir ce travail comme la chronique d’un échec annoncé. C’est Jacques Berque qui a sans doute formulé avec le plus de pertinence les caractéristiques spécifiques de ce moment dans le Maghreb français : « Bien que les situations ultérieures y exist[ai]ent en germe, et que beaucoup des sentiments qui se déploieront par la suite s’y retrouv[ai]ent à l’état indistinct, l’époque se caractéris[a] justement en ce qu’elle les maîtris[a], les refoul[a] ou les élud[a]. [] La caractéristique de ce moment, que l’historien voudra recréer à distance, en le regonflant du plus de réalité possible, c’est qu’il comport[ait] l’hésitation des jugements et des choix [5] . »

À rebours des conceptions caricaturales de ces « socialistes coloniaux », souvent mis en regard de leurs rivaux communistes, il convient de chercher à restituer les mots des acteurs, leurs perspectives, leurs croyances et leurs imaginaires. Le militantisme de la gauche socialiste en Algérie peut être considéré comme producteur d’analyses et de discours, tendu vers la nécessité de définir des modes et des sens coloniaux du « vivre ensemble ». Car à travers leurs idées et leurs activités, les militants socialistes cherchèrent à formuler la viabilité sinon l’égalité de la société algérienne prise dans toutes ses composantes, des solutions qui soient partagées par tous et qui fassent reculer le spectre de la rupture. Ils ne cherchaient pas en effet à sortir de la « situation coloniale », mais bien à l’investir pour mieux la transformer. Intériorisant la contrainte coloniale, ils formaient le projet de la changer de l’intérieur, de la rendre équitable par des moyens qu’ils voulaient pacifiques. D’aboutir, finalement, à une situation qui ne soit plus strictement coloniale. Acteurs autant qu’agis, producteurs autant que récepteurs de préjugés et d’analyses, ces militants étaient aux prises avec le paradoxe même de la « mission civilisatrice » de la France dans les colonies. La question qui se posait à ces hommes, finalement, était la suivante : une société coloniale peut-elle être socialiste ?

Des socialistes coloniaux en Algérie, 1919-1939

Dès les premières années du XXsiècle, le socialisme français commença à s’implanter en Algérie [6] . La Grande Guerre accéléra la croissance du mouvement ouvrier ; la plupart des nouveaux membres des fédérations étaient ainsi de jeunes gens déçus par la guerre [7] . En 1920, il existait vingt et une sections du parti socialiste SFIO en Algérie, qui regroupaient 1 500 membres. Les socialistes gagnèrent leurs premières élections dans l’immédiat après-guerre, avec en particulier l’élection de Charles-André Julien, alors professeur au lycée d’Oran, qui devint conseiller général socialiste de la ville en 1919. Mais cette ère de relatif succès fut vite interrompue par la crise majeure du socialisme français. Le congrès de Tours inaugura en effet une période particulièrement difficile pour le parti socialiste au Maghreb. En Algérie comme en Tunisie, une large majorité des militants se prononça en faveur de l’adhésion à la IIIe Internationale. Les trois fédérations algériennes s’en réclamèrent à 90% de leurs mandats, tandis qu’à l’échelle de la France entière, l’adhésion fut acquise avec 75% des mandats. Les socialistes d’Algérie entraient ainsi au parti communiste avec un enthousiasme unanime. À Constantine et à Oran, la SFIO n’existait plus formellement, tandis que seule la fédération d’Alger survivait et regroupait l’ensemble des socialistes du territoire de 1921 à 1925.

Mais la crise n’était pas aussi profonde qu’elle en eut d’abord l’air, et le socialisme revint progressivement à la vie dans la première partie des années 1920. Une sorte de malentendu semble bien s’être produit entre les nouveaux communistes d’Algérie et la direction internationale du parti communiste à propos de la huitième condition d’adhésion. La plupart des membres des sections algériennes n’avaient pas pris au sérieux la revendication de libération des colonies. La célèbre motion de la section de Sidi-Bel-Abbès, dans l’Oranais, du 7 mai 1921, est éloquente à cet égard. Elle s’appliquait à démontrer que la libération du prolétariat « indigène » d’Algérie ne pouvait être le fruit que d’une révolution métropolitaine, à l’exclusion de tout mouvement de libération coloniale. Les membres de la section incriminée, qualifiés « d’esclavagistes » par Léon Trotsky lors du quatrième congrès de l’Internationale communiste, furent exclus du parti fin 1922. Ils ne partaient pas seuls : de nombreux membres les suivirent, n’acceptant pas la doctrine communiste sur les colonies. Tony Judt expliqua qu’en province, de nombreux militants socialistes rejoignirent la IIIe Internationale sans même connaître les vingt et une conditions d’adhésion [8] . Les départements algériens faisaient, après tout, partie de cette province et leur cas n’est pas exceptionnel, mais la portée de la huitième condition était bien plus dramatique pour eux et expliqua la renaissance du parti socialiste durant les années 1920. La sortie de crise fut rapide : en 1926, les sections d’Oran et de Constantine étaient de nouveau sur pied et les effectifs ne cessèrent d’augmenter jusqu’au milieu des années 1930. En 1935, on comptait 1 535 adhérents en Algérie, dont 700 dans la seule fédération d’Oran.

La montée de l’antifascisme et la création du Rassemblement populaire donnèrent au socialisme algérien un regain de vitalité. À cette époque, l’extrême droite constituait une force politique particulièrement puissante et populaire en Algérie. L’antisémitisme était largement diffusé depuis plusieurs décennies dans une partie de la population coloniale [9] . Ainsi, Gabriel Lambert, le maire d’Oran élu en mai 1934, prit-il le parti d’un antisémitisme notoire, en fondant les « Amitiés latines » et en se montrant fervent partisan de Franco dans la guerre civile espagnole – il le rencontra à Burgos en 1937. La dynamique de Front populaire démarra avec les manifestations de février 1934 [10]  ; la publication du décret Régnier en 1935, qui interdisait toute sorte d’activité ou de propagande antifrançaise en Algérie, la prolongea. Les élections législatives de mai 1936 furent enfin un succès pour les socialistes. Pour la première fois, deux députés socialistes furent envoyés à Paris par les électeurs d’Alger et d’Oran : Marcel Régis et Marius Dubois.

Le 7 juin 1936, le jour où les accords de Matignon étaient signés à Paris, la première réunion du Congrès musulman algérien se réunissait à Alger. Cette assemblée regroupait des hommes venus d’horizons idéologiques divers : les leaders des « partis indigènes » – l’association des Oulémas, la Fédération des élus musulmans algériens et quelques militants de l’Étoile nord-africaine – mais aussi des militants des partis communiste et socialiste. Le Congrès musulman fut ainsi créé, à partir d’un projet existant, porté en particulier par le cheikh Ben Badis [11] , grâce à l’impulsion du Front populaire, pour promouvoir des réformes politiques et sociales pour la population colonisée. Une charte de revendications fut adoptée, qui demandait le droit de vote au Parlement, la liberté de la religion et de l’éducation musulmanes, la promotion de l’arabe comme autre langue officielle et l’extension des droits sociaux à tous les habitants de l’Algérie. Elle reprenait, parmi d’autres sources d’inspiration, certaines résolutions adoptées quelques jours plus tôt par le congrès national de la SFIO dans un « Cahier de revendications algérien [12]  » rédigé par la commission coloniale et les délégués des fédérations algériennes. Ainsi, la revendication de « rattachement pur et simple à la France avec suppression des rouages spéciaux [13]  » faisait très nettement écho à la revendication adoptée par la SFIO de « rattachement à la métropole des trois départements algériens », avec suppression du gouvernement général, des délégations financières (instances de délibération sur le budget de l’Algérie, largement dominées par les colons), et des communes mixtes. Le contenu de la charte était nettement réformiste : nulle part l’indépendance de l’Algérie n’était évoquée, alors qu’elle restait le mot d’ordre de l’Étoile nord-africaine à la même époque. Sur ce terrain commun, les militants socialistes purent, jusqu’en 1938, nouer un dialogue inédit à l’intérieur ou en marge du Congrès musulman. Le militantisme socialiste en Algérie en fut transformé.

Ces années virent les effectifs socialistes augmenter rapidement : en 1938, ils étaient 5 585 ; leur nombre s’était multiplié par 3,6 en trois ans.

Les militants socialistes face à l’Algérie : penser la réforme

Tour à tour désignée par les expressions de « problème indigène », « problème algérien », « problème national » – et cette insécurité linguistique traduit bien un malaise non seulement à désigner mais bien aussi à définir et concevoir ce « problème » en Algérie –, la question des droits de la population colonisée était un thème et un moteur majeurs de l’action des militants socialistes sur le terrain algérien. Ils en avaient une vision relativement précise dans l’entre-deux-guerres, liée à l’état des revendications à cette époque : la plupart des celles-ci dans les années 1920 étaient, en effet, d’ordre économique et social. Ainsi les principales revendications de l’Association des instituteurs d’origine indigène d’Algérie, fondée en 1920, étaient-elles encore en 1932 : « la prime de 1 000 francs de l’Éducation nationale ; l’indemnité algérienne aux moniteurs ; la bonification d’âge en vue de la retraite ; les primes d’arabe et de berbère ; l’indemnité de résidence intégrale ; la suppression de « l’indigénat » dans l’enseignement [14]  ». Le but de ces revendications était d’« aboutir au droit commun », d’abolir donc les différences entre enseignements et enseignants français et « indigènes ». Dans ce contexte, le discours des militants socialistes fut longtemps dominé par les thèmes économiques et sociaux. Selon eux, la première tâche qui leur incombait était de lutter contre la pauvreté, le chômage, le manque d’hygiène et de soins médicaux. Ils pensaient pouvoir expliquer la croissance du mécontentement algérien en ces termes, et lui répondre par la même occasion.

Mais cette analyse était aussi, en grande partie, due à la culture et aux références politiques qu’ils partageaient avec les militants métropolitains de la SFIO. Les socialistes d’Algérie ne créèrent pas leurs propres symboles ou héros. Ils se considéraient comme des socialistes français, et ne cherchèrent jamais vraiment à prendre de la distance vis-à-vis de leurs camarades métropolitains ; ils semblaient plutôt chercher à trouver une place plus signifiante parmi eux. Leurs réunions et journaux faisaient le plus souvent référence aux problèmes métropolitains et à la vie interne de la SFIO à Paris. Ils commémoraient ainsi la mort de Jean Jaurès tous les 31 juillet [15] . Ces socialistes étaient influencés par une tradition républicaine, jacobine ; ils pensaient la France et ses territoires ultramarins comme une seule et unique nation. C’est pourquoi le centre de leurs revendications était constitué par les mesures d’assimilation, c'est-à-dire d’intégration totale de l’Algérie et des populations colonisées à la France.

Les professions de foi des candidats socialistes victorieux de mai 1936 sont à cet égard éclairantes [16] . Le candidat d’Oran, après avoir résumé le programme national, faisait la part belle aux « revendications spéciales à l’Algérie ». Il insistait surtout sur l’application de la législation française sur le travail, les droits sociaux et les syndicats à tous les travailleurs d’Algérie, qu’ils fussent « européens » ou « indigènes ». Il demandait la construction d’écoles, d’hôpitaux et de centres de santé gratuits dans les douars. Quant aux droits politiques de la population « indigène », Marius Dubois se déclarait en faveur de l’abandon du Code de l’indigénat et de toutes les lois d’exception, de la suppression des délégations financières, du retrait du décret Régnier et de la « refonte complète de l’administration coloniale ». Il demandait enfin une « réorganisation du système représentatif » : cette formulation vague ouvrait la voie à une réforme électorale qui était alors, et de façon croissante, au centre des débats et revendications. Marcel Régis, quant à lui, ne mentionnait pas une seule fois l’Algérie et les Algériens dans sa profession de foi, et se contentait de reprendre le programme décidé au niveau national par le Rassemblement populaire. Alger était bien présenté comme un département français comme un autre.

Malgré cette différence, les positions des deux hommes ne présentaient pas vraiment de contradiction. Tous deux plaidaient la même cause, celle d’une politique d’assimilation conçue comme ambitieuse. L’ensemble de la population des trois départements algériens devait bénéficier selon eux des mêmes droits sociaux et économiques. Mais les « indigènes musulmans », sujets et non citoyens de l’Empire français, devaient aussi voir leurs droits politiques augmentés. C’est ainsi que les deux candidats socialistes envisageaient de faire perdurer la présence française en Algérie, qu’ils considéraient comme acquise et bénéfique dans l’état des sociétés maghrébines. Cette politique, bien que limitée car elle n’envisageait pas l’égalité immédiate des droits politiques, soulevait cependant les réactions les plus hostiles de la part des partis de droite, qui refusaient d’envisager la moindre extension des droits de la population « musulmane » et la dilution du pouvoir de la population coloniale.

La question des droits politiques était bien plus délicate pour les socialistes d’Algérie. S’ils étaient en faveur d’une assimilation progressive, qui produirait à terme une égalisation totale des droits de vote et d’éligibilité en Algérie, cela ne devait intervenir que dans un futur indéfini. Pour eux, l’égalisation des conditions sociales et économiques constituait un préalable indispensable, seul en mesure de permettre la pleine intégration de l’Algérie à la nation française. Les militants socialistes concevaient leur politique comme une sorte de « mission civilisatrice » exigeante : dans leur esprit, l’assimilation était inutile si elle ne permettait pas à tous les individus de jouir de droits maximaux, notamment dans le domaine de la législation sur le travail, les syndicats et les salaires. Progressivement amenés à des conditions de vie similaires à celles des habitants « européens », acculturés à la République à travers l’école, les « indigènes » deviendraient des Français, et pourraient alors jouir complètement de la citoyenneté. Dans un avenir indéterminé, l’administration autonome était la fin dernière de leur politique : tous les Algériens, unis dans des statuts égaux, pourraient finalement décider de leur propre destin. 

L’une des priorités des militants socialistes en Algérie était la réforme de l’administration coloniale. Pour eux, le colonialisme en lui-même ne posait pas de problème à court terme. Ils s’opposaient bien plutôt à la façon dont la règle coloniale était appliquée et aux hommes qui étaient chargés de la mettre en œuvre. S’ils dénonçaient la perversion des pratiques coloniales, la notion même de colonialisme restait encore valable et nécessaire à leurs yeux. Le fait qu’un grand nombre des membres des fédérations de la SFIO en Algérie exerçait la profession d’instituteur a profondément modelé leur action et la façon dont ils concevaient leur rôle en Algérie. Ils demandaient constamment la construction d’écoles et l’admission de tous les enfants « indigènes » dans les écoles de la République. Le thème scolaire apparaît ainsi comme un stéréotype et un symbole extrêmement fort de ce discours socialiste.

Les socialistes en Algérie se représentaient une Algérie réformée, riche des ses différentes composantes. Ils repoussaient l’idée d’une révolution nationale qui comportait le risque d’exclure la partie française de la population. Pour eux, le changement devait se faire de façon pacifique, inclure tous les habitants des trois départements, être enfin mené avec patience et modération. L’agenda nationaliste qui naissait alors en parallèle se fondait sur le besoin de changements plus radicaux et immédiats. Les socialistes avaient pour leur part en tête un rythme plus lent. Leur « horizon d’attente » pour reprendre l’expression de Reinhart Koselleck [17] , correspondait au tempo du réformisme. Leur conception différente du futur algérien leur permettait de promouvoir la modération et d’exclure les changements violents. En 1938 cependant, craignant l’échec du projet Blum-Viollette, les socialistes d’Algérie commencèrent à percevoir une forme d’urgence et à tenter d’avertir leurs camarades parisiens. Ainsi le 9 juin 1938, les deux députés Dubois et Régis demandèrent à interpeller le gouvernement sur la politique qu’il comptait suivre en Algérie et ses intentions réelles en ce qui concernait le projet de loi à la Chambre des députés [18] . Le débat ne fut jamais mis à l’ordre du jour. Si la propagande communiste dès le début des années 1920, puis la montée de la revendication nationaliste algérienne, donnèrent à penser la catégorie d’indépendance, cette dernière ne faisait pas partie du vocabulaire des militants socialistes d’Algérie, encore moins de la façon dont ils concevaient l’avenir proche de la colonie.

Pratiques d’ouverture du « socialisme colonial »

La propagande que les socialistes mirent en place en direction des « indigènes » fut largement déterminée par la présence au sein des fédérations de nombreux instituteurs. Il suffit pour s’en convaincre de se rapporter au rapport sur « le communisme et la question nationale » adopté par le congrès interfédéral communiste réuni à Blida, dans l’Algérois, le 24 septembre 1922 : « Il faut adapter la tactique aux conditions du milieu, de développement social et intellectuel des individus, et tenir compte, pour la propagande, de la psychologie des masses à atteindre. [] En premier lieu, ce qui caractérise la masse indigène, c’est son ignorance. [] Notre tâche immédiate ici est toute d’éducation et d’organisation [19] . » La plupart des militants à l’origine de cette motion revinrent rapidement à la SFIO. Ce discours n’est pas représentatif pour autant de celui qu’ont tenu les militants du parti socialiste tout au long de l’entre-deux-guerres. Celui-ci évolua considérablement au cours des deux décennies suivantes, avec la prise en compte en particulier d’un mouvement de plus en plus puissant pour l’égalisation des droits « indigènes » et « européens ».

Le parti socialiste fit des efforts limités pour attirer les adhérents algériens : les tracts et journaux étaient rédigés en français, les réunions se tenaient dans cette même langue et à l’occasion en espagnol, jamais en arabe, et globalement la propagande socialiste négligeait les problématiques proprement algériennes au profit des questions métropolitaines ou internationales. Seule l’élite « indigène » de ceux qu’on appelait les « évolués » était intéressée par le socialisme ; c’était sans doute la seule partie de la population colonisée que le parti était en mesure d’attirer. Ce furent surtout des maîtres d’école « indigènes » qui rejoignirent la SFIO. À partir des années 1920 en effet, les instituteurs français et « indigènes » étudiaient et vivaient ensemble à l’école normale de la Bouzaréah à Alger [20] . Des liens durables s’y formèrent, ainsi de ceux qui unirent Joseph Begarra, militant socialiste d’Oran, et Ahmed Boumendjel, l’avocat de Messali Hadj en 1939, qui y étudièrent ensemble à la fin des années 1920. Le milieu qui s’y constitua partageait des idées et des valeurs, parmi elles le socialisme. Ainsi, c’est un instituteur socialiste, Saïd Faci qui créa le journal de l’Association des instituteurs indigènes, La Voix des humbles, en 1922, auquel collaborèrent de nombreux instituteurs socialistes comme Larbi Tahrat et Mohand Lechani.

La promotion de l’adhésion algérienne fut tardive, tandis que dès le milieu des années 1930 le parti communiste mettait en place une stratégie « d’arabisation » de ses cadres [21] . Ce ne fut en fait que dans l’après-guerre, avec la création de l’Union démocratique du manifeste algérien (UDMA) en 1946, que les socialistes commencèrent à ressentir nettement la compétition des partis nationalistes [22] .

Si le recrutement du parti parmi la population colonisée resta faible, les socialistes développèrent cependant de fortes relations de collaboration et d’amitié avec les représentants du nationalisme modéré à partir du milieu des années 1930. Les années du Front populaire et les dynamiques créées autour du Congrès musulman algérien ont constitué à cet égard un moment majeur et un « site d’interaction [23]  ».

Le parti socialiste a constitué, dans les années 1930 en particulier, un lieu de formation pour nombre de futurs leaders nationalistes [24] . Ainsi le parti de Ferhat Abbas recruta certains de ses membres dans le vivier socialiste. Mohammed Aziz Kessous, militant de la fédération oranaise, fut ainsi un membre fondateur important du parti du Manifeste (UDMA). Son parcours est emblématique du cheminement intellectuel et des réseaux militants qu’ont empruntés nombre des membres de « l’élite musulmane ». Né en 1903 dans une famille membre des cadres de l’administration indigène, il reçut une bourse, entra au lycée de Sétif puis d’Arles. Il fit des études de droit, devint répétiteur à Oran, mais aussi rédacteur et porte-parole pour la Fédération des élus musulmans du docteur Bendjelloul. Cela ne l’empêcha pas d’adhérer à la SFIO en 1931. Il fut une figure importante du Front populaire et du Congrès musulman ; il devint journaliste à Oran républicain, journal de Front populaire créé en février 1937. Partisan de la citoyenneté française dans le statut musulman, porteur d’un mot d’ordre d’assimilation, il ne concevait pas de contradiction entre cet engagement et celui qui lui fit construire, aux côtés de Ferhat Abbas, un parti porteur de revendications spécifiquement « indigènes » : l’Union populaire algérienne, à partir de 1938, puis l’UDMA [25] .

Les représentants du nationalisme modéré et des fédérations algériennes de la SFIO étaient accoutumés, à partir des années 1930, à entretenir des contacts réguliers. Le moment majeur de cette dynamique de dialogue dans l’entre-deux-guerres eut lieu durant les années du Front populaire. C’est en particulier la publication du projet Blum-Viollette à la fin du mois de décembre 1936 qui créa un choc majeur dans la vie politique de l’Algérie de l’époque. Le Congrès musulman fit dès lors de l’adoption de cette loi sa principale revendication et son grand combat, tout comme les fédérations algériennes de la SFIO. Des comités locaux de Front populaire et du Congrès musulman s’organisèrent dans les trois départements. Les militants socialistes prirent leur part à ces organisations dans toute l’Algérie. Dans le comité départemental d’Oran du Congrès musulman, créé au mois de mars 1937, le conseiller général socialiste Benaouda Bachterzi et le militant Mohammed Aziz Kessous figuraient comme principaux membres, aux côtés des militants communistes, des oulémas et des élus. À Beni-Saf, en Oranie encore, la présidence d’honneur du comité local du Congrès musulman fut même confiée au maire socialiste de la localité, Gabriel Gonzales – qui était citoyen français [26] . Les militants communistes étaient cependant les plus nombreux dans nombre de comités. C’est d’ailleurs l’influence communiste qui décida les socialistes à lancer à Oran, en mars 1937, un Comité d’action musulmane formé de militants et sympathisants SFIO, qui se déclara partisan du projet Blum-Viollette élargi, de la lutte contre le colonialisme, le fascisme mais aussi contre « toute tendance vers le nationalisme algérien et le séparatisme [27]  ». À travers cette organisation, plus largement dans les nombreuses réunions communes entre organisations du Front populaire et du Congrès musulman, se dessinaient les lignes d’une politique réformiste commune en Algérie : s’ils n’étaient pas parmi les initiateurs du mouvement, les militants socialistes trouvèrent à cette occasion un lieu pour formuler un discours sur l’évolution de l’Algérie qui répondait à la plupart de leurs préoccupations habituelles, tout en s’ouvrant à de nouvelles revendications, ainsi de celles que portaient les Oulémas sur la langue arabe et la religion musulmane.

Le 30 janvier 1938, un comité de coordination entre Front populaire et Congrès musulman fut créé à Oran. Les motions qui furent votées reprirent pour l’essentiel la charte revendicative du Congrès musulman, marquant l’adhésion des partis de la gauche française à cette dernière. Le nouvel organisme fédéral, dit comité de coordination, comprenait des militants communistes, socialistes, mais aussi radicaux. Trois socialistes furent élus au bureau du comité. À travers cette instance mixte, alors que par ailleurs le mouvement du Congrès musulman s’essoufflait, les militants socialistes continuèrent à mener le combat pour l’adoption de la représentation « indigène » à la Chambre des députés. Le programme commun du comité de coordination, publié le 28 mai 1938 dans Oran républicain [28] , montrait bien combien les socialistes firent évoluer, au contact des partis « indigènes » réformistes, leur répertoire de revendications. Le texte demandait ainsi, une fois encore, le vote du projet Blum-Viollette avec « extension progressive jusqu’à l’octroi de la citoyenneté à tous », mais aussi la « liberté de la langue arabe qui ne saurait être considérée comme langue étrangère » et la « fusion des enseignements ».

L’expérience algérienne a laissé des traces profondes dans la mémoire socialiste française. La rhétorique des « occasions manquées » prend racine dans l’entre-deux-guerres, avec la formulation d’une pensée réformiste dont le point d’orgue fut sans doute atteint durant le moment Front populaire, avec le projet Blum-Viollette. Le chemin parcouru depuis le début des années 1920 était important, si l’on pense aux motions des éphémères communistes de Sidi-Bel-Abbès et d’ailleurs. Au milieu des années 1930, c’est bien à une volonté de faire de la politique ensemble, de repenser les cadres d’une société partagée dans un cadre réformiste, que l’on assistait. Et c’est là l’un des héritages principaux de l’action socialiste en Algérie : sa pratique du dialogue a contribué à faire des porte-parole de la « politique indigène » des interlocuteurs légitimes [29] . Elle a également sommé les mentalités coloniales d’évoluer, en représentant une situation qui ne pouvait se perpétuer en l’état. Mais enfin et surtout, peut-être, ses échecs même ont eu des conséquences profondes : le discours nationaliste s’est radicalisé en même temps qu’il a pris en compte l’impossibilité d’évoluer réellement dans un cadre légal et français. L’impossibilité que le dialogue noué avec les militants socialistes, notamment, débouche sur des évolutions satisfaisantes, fut sans doute pour beaucoup dans l’évolution des acteurs politiques de la population colonisée. Ferhat Abbas ne disait pas autre chose, dans le Manifeste du peuple algérien, en février 1943 : « Le refus systématique ou déguisé de donner accès dans la cité française aux Algériens musulmans a découragé tous les partisans de la politique d’assimilation. [] Désormais un musulman algérien ne demandera pas autre chose que d’être un Algérien musulman [30] . »

Pour citer cet article : Claire Marynower, « Réformer l’Algérie ? Des militants socialistes en "situation coloniale" dans l’entre-deux-guerre », Histoire@Politique. Politique, culture, société, N° 13, janvier-avril 2011, www.histoire-politique.fr

Notes :

[1] Georges Balandier, « La situation coloniale : approche théorique », Cahiers internationaux de sociologie, XI, 1951, p. 44-79.

[2] Romain Bertrand, « Politiques du moment colonial : Historicités indigènes et rapports vernaculaires au politique en « situation coloniale » », Questions de recherche/Research in Question n° 26, octobre 2008, publication en ligne du CERI : http://www.ceri-sciences-po.org/publica/question/qdr.php [consulté le 26 février 2010].

[3] Comme le montrent de nombreuses notices consacrées aux militants « européens » en Algérie dans : René Gallissot (dir.), Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier : Maghreb. Algérie : Engagements sociaux et question nationale, de la colonisation à l’indépendance de 1830 à 1962, Paris, Les Éditions de l’Atelier/Les Editions ouvrières, Collection « Jean Maitron », 2006.

[4] René Gallissot, La République française et les indigènes : Algérie colonisée, Algérie algérienne (1870-1962), Paris, Les Éditions ouvrières/Les Éditons de l’Atelier, 2007, p. 17.

[5] Jacques Berque, Le Maghreb entre deux guerres, Paris, Seuil, 1962, p. 99.

[6] Le socialisme utopique y a également été important au XIXe siècle : voir Michel Levallois, Ismaÿl Urbain 1812-1884) : une autre conquête de l’Algérie, Paris, Maisonneuve & Larose, 2001.

[7] Gilbert Meynier, L’Algérie révélée : la guerre de 1914-1918 et le premier quart du XXe siècle, Genève, Librairie Droz, 1981, p. 690.

[8] Tony Judt, La reconstruction du parti socialiste, 1921-1926, Paris, Presses de la FNSP, 1976, p. 9.

[9] Geneviève Dermenjian, La crise antijuive oranaise : 1895-1905, Paris, L’Harmattan, 1986

[10] Jean-Louis Planche, Antifascisme et anticolonialisme à Alger à l’époque du Front Populaire et Congrès Musulman, 1934-1939, thèse de 3ème cycle, université Paris VII, sous la direction de René Gallissot, 1979.

[11] Claude Collot, « Le Congrès musulman algérien », Revue algérienne des sciences juridiques, économiques et politiques vol. XI, n° 4, décembre 1974, p. 71-161.

[12] Parti socialiste SFIO, XXXIIIe congrès national tenu à Paris, les 30, 31 mai et 1er juin 1936, compte rendu sténographique, Paris, Librairie populaire, 1937, p. 236-239.

[13] Citée par Claude Collot, « Le Congrès musulman algérien », op. cit., p. 99.

[14] Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC), Fonds de la Ligue des droits de l’homme (LDH), F ∆ rés. 798/97 : « Principales revendications corporatives de l’Association des instituteurs d’origine indigène d’Algérie », transmis par la section LDH de Koléa à la direction parisienne, octobre 1931.

[15] Mouloud Aouimeur, « Contribution à l’étude de la propagande socialiste en Algérie dans les années 20 et 30 », Revue française d’histoire d’outre-mer, vol. 86, n° 324-325, 2ème semestre 1999, p. 164-165.

[16] Tableau d’ensemble des engagements pris devant les électeurs par les députés dit « Barodet », 16ème législature de la IIIe République (1936-40), Journal officiel, Paris, p. 1734-1738.

[17] Reinhart Koselleck, Le futur passé : contribution à la sémantique des temps historiques, Paris, Editions de l’EHESS, 1990, trad. de Vergangene Zukunft: zur Semantik geschichtlicher Zeiten, Francfort-sur-le-Main, Suhrkamp, 1979.

[18] Débats de la Chambre des députés, 16ème législature de la IIIe République (1936-1940), Journal officiel, Paris.

[19] Alexandre Juving, Le socialisme en Algérie, Alger, Jules Carbonel, 1924, p. 264-273.

[20] Fanny Colonna, Instituteurs algériens : 1883-1939, Paris, Presses de la FNSP, 1975.

[21] Emmanuel Sivan, Communisme et nationalisme en Algérie 1920-1962, Paris, Presses de la FNSP, 1976.

[22] Malika Rahal, L’Union démocratique du Manifeste algérien (1946-1956), histoire d’un parti politique : l’autre nationalisme algérien, thèse de doctorat, sous la direction de Benjamin Stora, INALCO, 2007.

[23] Pour reprendre et adapter l’expression de Frédéric Sawicki dans Les réseaux du parti socialiste : sociologie d’un milieu partisan, Paris, Belin, p. 31.

[24] Pour l’UDMA, Malika Rahal parle de l’« école de la SFIO » : Malika Rahal, L’Union démocratique du manifeste algérien, op. cit., p. 110-115.

[25] René Gallissot, « Mohammed Aziz Kessous », dans René Gallissot (dir.), Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier : Maghreb, op. cit., p. 385-386.

[26] Archives nationales d’outre-mer (ANOM), Fonds de la préfecture d’Oran, Oran 90 : tableau récapitulatif des comités locaux du Congrès musulman Algérien dans le département d’Oran, Centre d’information et d’études (CIE), 28 avril 1937.

[27] ANOM, Fonds du cabinet du gouvernement général, 3 CAB 90 : rapport envoyé par le chef de la Sécurité départementale au préfet d’Oran, 23 mars 1937.

[28] Oran républicain, 7 juin 1938, « Grand rassemblement nord-africain à Oran ».

[29] Cf. Emmanuelle Sibeud, « La gauche française et l’empire colonial avant 1945 », dans Jean-Jacques Becker et Gilles Candar (dir.), Histoire des gauches en France, tome 2 : XXe siècle : à l’épreuve de l’histoire, T. 2 : XXe siècle : à l’épreuve de l’histoire, Paris, La Découverte, 2005, p. 354-355.

[30] Cité par Daniel Rivet, Le Maghreb à l’épreuve de la colonisation, Paris, Hachette, 2002, p. 369. 

 

Claire Marynower

Claire Marynower est agrégée d’histoire, doctorante au Centre d’histoire de Sciences Po. Elle prépare une thèse, sous la direction de Marc Lazar, sur la gauche en Algérie dans l’entre-deux-guerres. Lauréate du Prix d’histoire du socialisme de la Fondation Jean-Jaurès (2007), elle a publié Joseph Begarra : un socialiste oranais dans la guerre d’Algérie (L’Harmattan, 2008, préface de Raphaëlle Branche).

Mots clefs : “situation coloniale” ; socialisme en Algérie ; entre-deux-guerres ; nationalisme algérien.

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  • ISSN 1954-3670