Histoire@Politique : Politique, culture et société

Sources

Les sources pour faire l’histoire du syndicalisme. Le cas de la CGT : le fonds rapatrié de Moscou pour l’entre-deux-guerres

Morgan Poggioli
Résumé :

En France, l’histoire du syndicalisme ne tient qu’une place mineure dans la discipline historique. Si plusieurs facteurs peuvent être avancés pour expliquer cet état de fait, la disparition (...)

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Dans le champ de l’histoire contemporaine, l’objet syndical tient un rang subordonné. Sa place dans le cadre de la recherche scientifique et universitaire est restée limitée. On ne compte par exemple qu’une cinquantaine de thèses d’histoire portant sur le syndicalisme, soutenues depuis 1975 [1] . Autrement dit, il n’existe pas d’école française d’histoire du syndicalisme en France malgré les succès rencontrés par le Mouvement social ou le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, qui restent toutefois limités et circonscrits aux aspects les plus politiques du mouvement ouvrier. Cette situation a conduit à un émiettement, un éclatement de l’histoire du mouvement syndical [2] . A titre de comparaison, les pays anglo-saxons ont une plus longue tradition dans l’étude du syndicalisme et des relations industrielles [3] . Ils ont mis très tôt en place des réseaux mêlant organismes universitaires et militants autour de cette problématique, avec entre autre la création de l’International Association of Labour History Institutions en 1970 [4] .

L’histoire du mouvement ouvrier, et donc de la Confédération générale du travail (CGT), a en outre longtemps été marquée par ses références politiques et idéologiques. Sur fond de Guerre froide, les travaux entrepris n’échappaient pas, d’un côté comme de l’autre, à une logique partisane [5] . De ce fait, le syndicalisme confédéré a souvent été considéré comme un objet politique ou d’enjeu politique. Pourtant cette histoire apparaît au carrefour d’approches multiples : histoire culturelle, sociale et économique, histoire des organisations, approches biographique et prosopographique.

La situation a commencé d’évoluer quand en 1982, la CGT a créé son Institut d’histoire sociale (IHS-CGT) et un centre confédéral d’archives afin de conserver et de valoriser ses archives et son histoire [6] . Cette initiative coïncide avec le déménagement des locaux historiques de la CGT du 213 rue Lafayette à Paris, pour son siège actuel, porte de Montreuil. S’ajoute une volonté de formation des militants, argument avancé à l’époque par le secrétaire général de la CGT, Henri Krasucki [7] . Cette exigence n’a pourtant pas conduit l’Institut à travailler en vase clos. Au contraire, il a voulu établir des coopérations universitaires afin de rompre avec une certaine histoire officielle. L’IHS-CGT organise ainsi régulièrement des colloques avec les universités de Paris-I, Paris-VIII ou de Dijon. Il appartient également au Collectif des centres de documentation en histoire ouvrière et sociale (CODHOS) regroupant des organismes universitaires, publics, syndicaux et politiques [8] . L’IHS-CGT possède en effet de très nombreux fonds qui couvrent l’intégralité de l’histoire de la confédération, des origines (1895) à nos jours.

 

L'Institut d'Histoire Sociale de la CGT, Montreuil (IHS-CGT)Les archives qui nous intéressent aujourd’hui, celles de la CGT de l’entre-deux-guerres, reflètent la structure organisationnelle du syndicat de l’époque. Chaque département dispose de son union, l’Union départementale (UD) qui regroupe l’ensemble des syndicats du territoire déterminé [9] , à l’image d’une préfecture pour l’organisation administrative de l’État. Elle rassemble également les différentes Unions locales (UL) qui s’y rattachent, et se développent principalement à partir du Front populaire [10] . Le tout participe à la structuration interprofessionnelle, dite confédérale, de l’organisation. De plus, la centrale syndicale est elle-même adhérente à une Internationale ouvrière, la Fédération syndicale internationale (FSI) en l’occurrence. A cette organisation hiérarchisée est adossée une structure professionnelle spécifique. Chaque syndicat doit en effet s’affilier statutairement à une fédération nationale d’industrie. L’ensemble des fédérations, adhérentes à la CGT mais autonomes, complète alors l’organigramme du syndicat en y apportant un volet corporatif.

La direction est quant à elle composée de trois organes. On trouve d’abord le Bureau de la confédération, composé de trois secrétaires adjoints, un trésorier et du secrétaire général. Ce dernier, Léon Jouhaux, tient un rôle important. En poste depuis 1909, sa longévité militante a fait de lui la personne centrale de l’organisation dont l’influence est considérable. Il exerce une sorte de magistrature ouvrière que les gouvernements consultent régulièrement [11] . Cette gouvernance est partagée avec le Comité confédéral national et la Commission administrative, composés des représentants des unions départementales et des fédérations. A chacun des niveaux, de l’échelle locale à l’échelle nationale, ces structures et organismes ont accumulé durant vingt ans des fonds d’archives qui n’ont pu être consultés que récemment.

Histoire d’archives

Alors que l’entre-deux-guerres est sans doute l’une des périodes les plus étudiées de l’histoire contemporaine, la Confédération générale du travail n’avait pas fait l’objet d’une étude particulière sur cette séquence [12] . En effet si les évènements marquants de cette période et ceux du Front populaire en particulier sont aujourd’hui bien connus, ils n’ont été abordés que sous le prisme plus général du politique, aux abords d’études parallèles ou dans le cadre plus restreint d’articles spécialisés. Cette situation s’explique en grande partie par la disparition des archives internes de la CGT de l’entre-deux-guerres, une disparition due aux tourments de l’Histoire.

Après la défaite française de juin 1940, les autorités allemandes procédèrent à la saisie des archives découvertes en zone occupée, soit 271 fonds de nature diverse équivalent à un total de plusieurs tonnes. Ces archives peuvent être classées en deux catégories, celles prises à l’adversaire « militaire », c’est-à-dire celles de l’État (archives publiques des ministères de l’Intérieur, de la Guerre, de l’Air et des Colonies) et celles des adversaires « politiques », la plupart regroupés au sein du Front populaire. Ces archives d’origine privée proviennent des documents saisis au Comité national du Rassemblement populaire, à la Ligue internationale contre l’antisémitisme, à la franc-maçonnerie, au Parti socialiste (SFIO) [13] , au Parti radical [14] et à la CGT.

Expédiées ensuite par train dans le sud de l’Allemagne et en République tchèque, elles seront découvertes par l’Armée rouge, à Berlin en 1945. Considérées comme des prises de guerre de l’URSS, ces archives françaises furent alors envoyées à Moscou auprès des autorités soviétiques, classées, inventoriées et mises au secret sous la tutelle du KGB, parmi les « archives spéciales », pendant plusieurs dizaines d’années [15] . Ce n’est que depuis le début des années 1990 et la chute de l’URSS, que ces archives ont été redécouvertes, publiées ou rapatriées [16] alors que s’ouvraient au même moment d’autres archives inédites, objets de nombreux fantasmes, celles de l’Internationale communiste [17] .

Les archives publiques françaises des ministères ont été remises au Centre des archives contemporaine à Fontainebleau en 1994 et rassemblées dans le fonds dit « de Moscou [18]  ». Les archives de la CGT ont quant à elles mis un peu plus de temps à rentrer. C’est en 1999 que les fonds de la confédération, des fédérations du spectacle, de la chimie, de la santé, des transports, des marins et du bâtiment ont été finalement versés par le ministère des Affaires étrangères à l’Institut d’histoire sociale-CGT de Montreuil et ouverts aux chercheurs [19] . Notons que les archives de la fédération des PTT, des mines et énergies, de la métallurgie, sont restées bloquées encore quelques années en raison d’un contentieux avec Force ouvrière. Elles ont finalement été rendues à l’IHS-CGT mais ne sont encore ni inventoriées ni consultables. Enfin, les fonds de certaines fédérations ont été déposés aux archives départementales de Seine-Saint-Denis [20] . A l’exception des fonds des UD et des UL, le plus souvent introuvables ou exceptionnellement déposés aux Archives départementales, les sources permettant d’étudier l’action de la CGT durant l’entre-deux-guerres sont donc désormais pratiquement toutes disponibles aux historiens. Les fonds sont toutefois trop importants pour les présenter ici en intégralité. Aussi nous avons choisi de privilégier le fonds revenu de Moscou des archives confédérales au détriment de celles d’origines fédérales que nous n’exclurons pas totalement.


Présentation du fonds

Specimen d'archives revenues de Moscou (IHS-CGT)C’est à Montreuil, au siège de la CGT, que se (re)trouvent donc aujourd’hui les archives de la confédération de l’entre-deux-guerres. Ce fonds important (97 CFD), conservé à l’Institut d’histoire sociale-CGT, qui comprend 80 cartons (plus d’une vingtaine de mètres linéaires) contient principalement des documents portant sur la période des années 1930, les années 1920 n’étant que très peu fournies. Nous nous proposons d’en faire ici une présentation thématique [21] .

Le pan le plus complet porte sur le fonctionnement interne de la CGT avec les statuts confédéraux, les congrès et les réunions régulières de la confédération (comité confédéral national, ommission administrative) de toute la période. A cela se joignent les documents relatifs au processus de réunification entre la CGT et la CGTU, ainsi que les débats et conflits qui l’entourent entre 1934 et 1936. Les activités économiques, principalement tournées vers les travaux des organismes gouvernementaux consultatifs où siègent des représentants de la CGT, tels que le Conseil économique du travail, le Conseil national économique [22] , le Conseil national de la main-d’œuvre, la Commission d’hygiène industrielle ou le Conseil supérieur du travail sont, elles aussi, répertoriées et réparties de manière égale sur les deux décennies.

Les autres secteurs d’activité, en particulier l’action revendicative et programmatique de la CGT (assurances sociales, salaires, temps de travail, conventions collectives, délégués ouvriers, Plan de rénovation économique, travail à domicile) sont principalement axés sur les années 1930. La cohorte conséquente d’archives présente un bon panorama des activités juridiques du syndicat, liées à l’élaboration du droit du travail et à son contrôle (législation du travail, conseil juridique de la CGT, statut moderne du travail, conciliation et arbitrage des conflits du travail) ainsi que la partie du fonds portant sur les manifestations et les grèves (marche des chômeurs de 1933, grèves générales du 12 février 1934 et du 30 novembre 1938, 1ers mai). Dans les catégories sociales dites « spécifiques », se distinguent plusieurs dossiers sur la main-d’œuvre féminine, la main-d’œuvre immigrée (polonaise, italienne, allemande, russe, belge), les jeunes et les vieux travailleurs. En effet, si l’organisation syndicale conçoit la classe ouvrière comme un ensemble monolithique, elle consent à un travail spécifique destiné à certaines catégories de travailleurs qui rencontrent des difficultés particulières en termes de salaires et de conditions de travail.

Il existe également les archives de plusieurs titres de la presse confédérale : Le Peuple, Messidor, L’Atelier pour le Plan, Le Droit ouvrier, La Voix du peuple et Les informations hebdomadaires parues durant la guerre de novembre 1939 à mai 1940. Abonnements, ventes, bilans financiers constituent l’essentiel des informations contenues dans ces documents, hélas de manière assez parcellaire.

La partie qui touche au syndicalisme à bases multiples, c’est-à-dire à la mise en place par le syndicat de services ouverts à ses adhérents, comprend les activités culturelles et de loisirs propres à la CGT (Tourisme et vacances pour tous, Exposition universelle) et celles touchant à la santé et à l’hygiène (Institut confédéral d’étude et de prévention des maladies professionnelles, structures médicales). Les réalisations en matière d’éducation comptent quatre cartons (Centre confédéral d’éducation ouvrière – CCEO –, Institut supérieur ouvrier) et quelques trop rares documents permettent seulement d’approcher l’utilisation, par la CGT, des nouveaux moyens de communication, à des fins de propagande syndicale, que sont la radiodiffusion et le cinéma.

Le volet international complète ce tableau avec l’activité de la CGT au sein du Bureau international du travail et de la Fédération syndicale internationale. On y perçoit des éléments sur son combat en faveur de la réunification des deux Internationales syndicales (Fédération syndicale internationale et Internationale syndicale rouge), son action en faveur de la paix européenne, sa campagne de solidarité envers l’Espagne républicaine (Centre d’accueil aux enfants d’Espagne) ou encore le Comité franco-anglais de 1939. À propos de l’activité de la FSI, il existe un fonds annexe (35 CFD), lui aussi revenu de Moscou, comprenant les congrès de l’Internationale syndicale, des brochures et des publications tels Les Cahiers de la FSI ou Le Mouvement syndical international.

Enfin la correspondance occupe une place importante. Onze cartons lui sont consacrés dont celle entretenue par la CGT avec d’autres organisations (Fédérations des œuvres laïques, des coopératives, des mutilés du travail, la CFTC), avec différents ministères, avec les partis politiques, socialiste et communiste principalement. Il existe également deux fonds complémentaires exclusivement consacrés à la correspondance de la CGT avec ses Fédérations d’industries (98 CFD) et avec ses Unions départementales (99 CFD). Enfin, s’ajoute la correspondance personnelle des principaux dirigeants de la période que sont Léon Jouhaux, le secrétaire général, René Belin et Robert Bothereau, secrétaires adjoints. Ces documents ne constituent cependant pas les fonds privés des responsables syndicaux du Bureau confédéral. Ces derniers sont en effet dispersés entre plusieurs centres. Les archives de René Belin ont été déposées à l’Institut d’histoire sociale à Nanterre [23] , celles de Léon Jouhaux et de Robert Bothereau au Centre de documentation Gabriel Ventéjol de Force ouvrière, l’IHS-CGT conservant le fonds de Benoît Frachon (37 CFD).

Apports et limites

Ce fonds est exceptionnel à plus d’un titre et devrait favoriser l’ouverture ou la prolongation de travaux historiques. La correspondance des responsables confédéraux et fédéraux peut être très instructive et révéler les dissensions qui peuvent exister entre certains dirigeants sur la stratégie syndicale et les différents mots d’ordre adoptés. Le lot consacré aux assurances sociales (une dizaine de cartons) peut compléter certaines études déjà entreprises sur le sujet depuis plusieurs années concernant la protection sociale [24] . La poursuite d’études locales est également rendue possible grâce à la correspondance des Unions départementales avec la confédération, même s’il reste nécessaire de les croiser avec d’autres sources [25] .

Circulaire de la CGT, 1937 (IHS-CGT)

Enfin, ce fonds ouvre de nouvelles perspectives pour l’étude de l’activité non revendicative de la CGT durant cette période et particulièrement celle du syndicalisme à bases multiples [26] . Les archives des organismes tels que Tourisme et vacances pour tous [27] , le CCEO [28] ou l’Institut d’étude et de prévention des maladies professionnelles [29] sont en effet des sources totalement nouvelles qui ont déjà permis d’entamer des recherches inédites et d’en envisager d’autres, autour de la mise en place de services syndicaux qui ne touchent plus uniquement au milieu professionnel mais au champ social de manière plus générale [30] . De même, les archives du Comité d’accueil aux enfants d’Espagne et le fonds photographique qui s’y rattache [31] , constituent des éléments de travail aidant à mieux appréhender le grand élan de solidarité qu’a connu la France pendant la guerre d’Espagne [32] . Enfin, la base documentaire dédiée au volet international offre l’opportunité de mieux mesurer le poids et d’appréhender le rôle de la CGT dans la FSI, dont l’histoire reste encore mal connue [33] . De même, elle devrait augurer le prolongement des études comparatives européennes déjà engagées [34] .

Malgré le volume et la richesse de ce fonds, certaines espérances peuvent être toutefois déçues. Tout d’abord, les documents traitant des années 1920 sont inexplicablement sous-représentés dans le corpus [35] . La comptabilité de la confédération est quasiment ignorée alors qu’au niveau fédéral cette partie est bien plus présente. Mais le fait que ce soit les fédérations qui enregistrent les adhésions des syndicats permet cette fois de comprendre les raisons de cette absence. Les années 1930, mieux fournies, présentent cependant des lacunes et interrogent encore l’historien, en particulier sur la quasi-absence d’archives portant sur le mouvement social de mai-juin 1936 ou sur les effectifs précis de la CGT durant ces années de « ruée syndicale ». Deux explications peuvent être avancées. Premièrement, le caractère spontané du mouvement qui surprend la CGT elle-même. Deuxièmement, la structure organisationnelle du syndicalisme confédéré qui fait de la fédération le premier relais entre la base et la direction. Il n’est donc pas interdit de penser que des rapports aient pu être rédigés par les fédérations mais toutes leurs archives ne sont pas encore disponibles. Les quelques inventaires déjà effectués laissent cependant à penser que la situation est identique à l’échelle fédérale. Enfin la période de la Deuxième Guerre mondiale et de l’Occupation n’a pas laissé non plus beaucoup de traces mais cette situation s’explique plus aisément que dans le premier cas puisque la CGT est dissoute en novembre 1940 par le gouvernement de Vichy [36] .

Reste que ces archives représentent une source considérable pour tout historien du mouvement ouvrier. Ce fonds constitue une base archivistique inédite et encore peu exploitée, ce qui ouvre de nombreuses perspectives de travail. L’apparition de nouvelles sources de cette importance est assez rare pour susciter l’intérêt des chercheurs et espérer faire progresser l’historiographie du mouvement syndical français pendant l’entre-deux-guerres. Ces archives, sans « révolutionner » l’histoire de la CGT, nous donnent les moyens d’apporter des réponses plus fines aux questionnements des historiens, de revisiter leurs investigations, de les confronter aux seules sources qui étaient disponibles jusqu’à présent (presse syndicale, témoignages et archives personnelles, archives d’État) et de pouvoir mener des études comparatives avec d’autres centrales syndicales européennes.

Aussi l’étude de ces archives, couvrant une période où le contexte de crise oblige le syndicat à observer des mutations dans son organisation et son action, devrait permettre de relever les grandes tendances qui président à ces évolutions et modifient en profondeur la pratique et le « métier » de syndicaliste. L’analyse par un jeu d’échelles complet, du local au national, est de plus rendue possible grâce à la présence des fonds complémentaires des correspondances locales et fédérales, ce qui est plutôt rare [37] . Même si elles ne suffisent pas à elles seules et qu’elles méritent le même examen critique que n’importe quelles autres sources, les archives de la CGT de l’entre-deux-guerres offrent une opportunité unique d’approfondir nos connaissances sur l’histoire du syndicalisme français. Ainsi avec le retour des archives de la CGT, l’histoire sociale du premier XXe siècle peut demeurer « une histoire ouverte, en ce début de XXIe siècle [38]  », si tant est qu’on l’autorise à poursuivre ses investigations et à être enseignée.

 

Pour citer cet article : Morgan Poggioli, « Les sources pour faire l’histoire du syndicalisme. Le cas de la CGT : le fonds rapatrié de Moscou pour l’entre-deux-guerres », Histoire@Politique. Politique, culture, société, N° 12, septembre-décembre 2010, www.histoire-politique.fr

Notes :

[1] Quelques exemples pour l’entre-deux-guerres : Jean-Jacques Dore, A la recherche de l’unité, la CGT et la CGTU en Seine-Inférieure, thèse sous la direction de Jean Vidalenc, Rouen, 1975 ; Dhan Park, Les pratiques unitaires entre les syndicats, les fédérations et les unions départementales : CGT-CGTU de 1929 à la réunification syndicale de 1936, thèse sous la direction de Jean-Louis Robert, Paris I, 1995 ; Mohamed Sbtitili, Les militants syndicaux en Tunisie (1920-1939) : analyse de la population syndicale militante, thèse sous la direction de ClaudeLiauzu, Paris-VII, 1993 ; Mirjam Veth, La politique culturelle des syndicats ouvriers pendant l'entre-deux-guerres, thèse sous la direction de Kok-Escalle, Institut français d'Utrecht, 1981.

[2] Stéphane Paquelin, Serge Wolikow, « Elliptiques historiennes autour de l’objet syndical », dans Epistémologie du syndicalisme, construction disciplinaire de l’objet syndical, Paris, L’Harmattan, 2005, p. 70.

[3] Voir Michael Peart Jackson, Trade Unions, London/New York, Longman, 1982 et Alan Campbell, John Mc LLROY, “Trade union studies in British universities: Changing patterns, changing problems”, International Journal of Lifelong Education, volume 5, 1986, p. 207-240.

[4] Michel Dreyfus, Jacqueline Pluet, “7e Congrès de l'International Association Of Labour History Institutions”, Bulletin des Bibliothèques de France, 1976, n° 12, p. 553-554.

[5] Nous pensons ici aux ouvrages de Benoît Frachon et de René Belin : René Belin, Du secrétariat de la CGT au gouvernement de Vichy, Paris, Albatros, 1978 ; Benoît Frachon, Pour la CGT : mémoires de lutte, 1901-1939, Paris, Éditions sociales, 1981.

[6] Trois ans plus tard, en 1985, un service des archives confédérales était également fondé par la CFDT.

[7] Elyane Bressol, « L’Institut CGT d’histoire sociale a 20 ans », Les Cahiers d’histoire sociale, n° 80, décembre 2001, p. 10-13.

[8] Congrès du monde ouvrier, France, 1870-1940, Guide des sources, Paris, Codhos Editions, 2002.

[9] L’Union départementale peut ne pas suivre les limites réglementaires et officielles du département, en fonction de l’implantation syndicale. Exemple : l’UD de Drôme-Ardèche.

[10] Michel Margairaz, Danielle Tartakowsky, L’avenir nous appartient, Paris, Larousse, 2006, p. 99.

[11] CARAN, F7/15972/3 : notice individuelle de Léon Jouhaux, 6 juin 1933.

[12] Notons toutefois quelques ouvrages de référence qui recouvrent entièrement ou partiellement la période : Antoine Prost, La CGT à l'époque du Front populaire (1934-1939) : essai de description numérique, Paris, Armand Colin, 1964 ; Michel Dreyfus, Histoire de la CGT : cent ans de syndicalisme en France, Bruxelles, Complexe, 1995 ; René Mouriaux (dir.), L’unité syndicale 1895-1995, impasses et chemins, Paris, Syllepse, 1996 ; Jean-Louis Robert, La scission syndicale de 1921 : essai de reconnaissance des formes, Paris, Publications de la Sorbonne, 1980.

[13] Pour les archives de la SFIO, voir Recherche socialiste, « Histoire socialiste : visions d’archives », n° 13, décembre 2000.

[14] Sabine Jansen, « L’apport des archives de Moscou à l’histoire du radicalisme », dans Serge Wolikow (dir.), Une histoire en révolution ? Du bon usage des archives de Moscou et d’ailleurs, Dijon, EUD, 1996, p. 227-240.

[15] Frédéric Monier, Le Front populaire, Paris, La Découverte, 2002, p. 109.

[16] Voir Sophie Coeuré, Frédéric Monier, Gérard Naud, « Le retour de Russie des archives françaises : le cas du fonds de la Sûreté », Vingtième siècle. Revue d’histoire, n° 45, janvier-mars 1995, p. 133-139.

[17] Serge Wolikow (dir.), Une histoire en révolution ? Du bon usage des archives de Moscou et d’ailleurs, Dijon, EUD, 1996.

[18] Les archives du Comité national du Rassemblement populaire ont également été déposées dans ce fonds, Versement 20010225.

[19] Joël Hedde, « La mémoire est utile au présent », Les Cahiers d’histoire sociale, n° 83, septembre 2002, p. 18-19.

[20] Fédérations du Papier-carton (1936-1992), Cuirs et peaux (1889-1985), Spectacle (1900-1988), Agriculture (1903-1981), Alimentation (1818-1975), Employés (1893-1981), Textile (1891-1978), Syndicats des artistes (1917-1997).

[21] Pour un inventaire complet et détaillé, nous renvoyons au volume d’annexes de notre thèse : Morgan Poggioli, La CGT du Front populaire à l’Etat français (1934-1940), thèse sous la direction de Serge Wolikow, Dijon, 2005.

[22] Alain Chatriot, La démocratie sociale à la française, l’expérience du CNE, 1924-1940, Paris, La Découverte, 2002.

[23] Jean-Pierre Le Crom, Syndicats nous voilà, Paris, Editions de l’Atelier, 1995, p. 396.

[24] Michel Dreyfus (dir.), Les assurances sociales en Europe, Rennes, PUR, 2009.

[25] Yann Bosse, Les « municipaux CGT » lyonnais face au pouvoir d'Edouard Herriot lors des scissions de 1921-22 et de 1947-48 : socio-histoire d'une relation d'interdépendance, Mémoire de master sous la direction de Sophie Béroud, Lyon II, IEP, 2007 ; Gérard Funffrock, Les grèves ouvrières dans le Nord (1919-1935). Conjoncture économique, catégories ouvrières, organisations syndicales et partisanes, thèse sous la direction d’Antoine Prost, Paris-I, 1985 ; Dominique Pierre, La CGT à Reims. De la fin de la Première Guerre mondiale (1918) à la réunification (1936), mémoire de maîtrise sous la direction de Georges Clause, Reims, 1979.

[26] Michel Dreyfus, « Le débat sur le syndicalisme à bases multiples à travers les archives du Profintern et quelques autres », dans Serge Wolikow (dir.), Une histoire en révolution ? Du bon usage des archives de Moscou et d’ailleurs, Dijon, EUD, 1996.

[27] Hugues Pollastro, Tourisme, Vacances pour tous, une association de tourisme populaire de la CGT, 1937-1939, mémoire de maîtrise sous la direction de Danielle Tartakowsky, Paris-VIII, 2001.

[28] Jusqu’à présent Georges Lefranc, Essais sur les problèmes socialistes et syndicaux, Paris, Payot, 1970, constituait la seule source sur le sujet.

[29] Cet institut était quasiment inconnu de l’historiographie syndicale jusqu’à ce jour. Voir Morgan Poggioli, « L’institut d’étude et de prévention des maladies professionnelles de la CGT (1937-1939) », dans Sociologie Santé, n° 24, juin 2006, Talence, p. 242-253.

[30] Laura Lee Downs, Les colonies de vacances en France, 1880-2005, Paris, Éditions Perrin, 2009.

[31] Il est conservé à la photothèque de l’IHS-CGT.

[32] Roger Bourderon (dir.), La Guerre d’Espagne. L’Histoire, les Lendemains, la Mémoire, actes du colloque « Presse et Actualité de la guerre d’Espagne (17-18 novembre 2006) », Paris, Tallandier, 2007 et Célia Keren, « Les enfants espagnols évacués et accueillis en France pendant la guerre d’Espagne (1936-1940) », thèse en cours sous la direction de Laura Lee Downs, Centre de recherches historiques de l’EHESS.

[33] Geert Van Goethem, « Conflicting Interest : The International Federation of Trade Union (1919-1945) », dans Antony Carew, The International Confederation of Free Trade Unions, Berne, Peter Lang, 2000, p. 73-164.

[34] Jean-Louis Robert, Friedhem Boll, Antoine Prost (dir.), L’invention des syndicalismes. Le syndicalisme en Europe occidentale à la fin du 19e siècle, Paris, Publications de la Sorbonne, 1997.

[35] Le second fonds de la CGT avant 1940 (94 CFD) présente exactement le même déséquilibre.

[36] De plus, le bibliothécaire du CCEO, Henri Vieilledent, revenu à Paris après la défaite, aurait caché une partie des archives de la CGT dans la cage du treuil de l’ascenseur de l’ancien immeuble confédéral, rue Lafayette, et une autre à la Bibliothèque nationale. Voir Bernard Georges, Marie-Anne Renauld, Denise Tintant, Léon Jouhaux dans le mouvement syndical français, Paris, PUF, 1979, p. 269.

[37] Jacques Revel (dir.), Jeux d’échelles, Paris, Gallimard/Le Seuil, 1996, p. 13. « La variation d’échelle [est] d’une exceptionnelle fécondité parce qu’elle rend possible la construction d’objets complexes et donc la prise en compte de la structure feuilletée du social. Elle pose du même coup qu’aucune échelle n’a de privilège sur une autre puisque c’est leur mise en regard qui procure le plus fort bénéfice analytique. »

[38] Frédéric Monier, Le Front populaire, Paris, La Découverte, 2002, p. 109.

Morgan Poggioli

Morgan Poggioli est docteur en histoire contemporaine. Il a soutenu sa thèse portant sur « La CGT du Front populaire à l’État français (1934-1940) », en 2005 à l’université de Bourgogne. Chercheur associé au Centre Georges Chevrier (UMR 5605), il a notamment publié La CGT du Front populaire à Vichy. De la réunification à la dissolution (1934-1940) aux éditions de l’IHS-CGT (2007).

Morgan Poggioli received his PhD [« La CGT du Front populaire à l’État français (1934-1940)] from the University of Burgundy in 2005 and is an associate researcher at Centre George Chevrier (UMR 5605-University of Burgundy). He has published La CGT du Front populaire à Vichy. De la réunification à la dissolution (1934-1940) (IHS-CGT Publisher, 2007).

Mots clefs : syndicalisme; CGT ; archives ; entre-deux-guerres ; Moscou.

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  • ISSN 1954-3670