Histoire@Politique : Politique, culture et société

Le dossier

Les mondes britanniques

Coordination : Clarisse Berthezène, Robert Boyce et Marie Scot

Un empire écossais ? L'Écosse et le monde britannique, 1815-1931

Géraldine Vaughan
Résumé :

Le rôle joué par les Écossais dans l’Empire a fait, depuis vingt ans, l’objet d’un réexamen dans l’historiographie britannique. Cet article présente les principaux axes des travaux les plus (...)

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« Les marchands de Bombay sont tous écossais », écrit à la fin de l’ère victorienne l’homme politique libéral Charles Dilke, inventeur du concept de Greater Britain. « Dans les colonies britanniques », poursuit-il, « du Canada jusqu’à Ceylan, de Dunedin à Bombay, pour chaque Anglais qui a fait fortune seul, on compte dix Écossais. Il est étrange, à dire vrai, que l’Écosse ne soit pas devenue le nom qui désigne le Royaume-Uni [1]  ». Ainsi, Dilke, à l’image de certains de ses contemporains de renom, comme l’écrivain Anthony Trollope ou l’historien James Froude, ne manque pas de remarquer le succès des Écossais dans l’entreprise collective que constitue l’Empire britannique. L’Écosse de cette époque joue-t-elle effectivement un rôle exceptionnel dans l’élaboration d’un monde impérial ? Il est vrai que depuis l’Acte d’Union de 1707 et l’avènement de la Grande-Bretagne, les Écossais ont constitué un réseau impérial à la fois marchand, financier, intellectuel et militaire tout à fait remarquable [2] . En outre, de 1815 à la fin des années 1920, plus d’un million d’Écossais quittent leur terre natale pour se rendre dans l’Empire et participent ainsi au tissage des liens qui dessinent les relations entre une métropole plurielle et les différentes colonies. À cela s’ajoute le fait que l’Écosse est elle-même multiforme, partagée au début du XIXe siècle entre des Highlands gaéliques et agricoles et des Lowlands anglophones et fortement industrialisés.

Mais quelle peut-être exactement la place de l’Écosse dans un monde britannique ? Si, avec l’historienne Linda Colley, on admet que l’Empire est l’un des fondements de la Britishness, faut-il pousser le raisonnement jusqu’à penser que l’Empire efface les identités nationales au sein du Royaume-Uni pour les fondre en une identité commune ? De plus, faut-il adhérer à la vision défendue par certains historiens à la fin des années 1970 suivant laquelle la disparition de l’Empire devait se traduire par un éclatement de l’identité britannique [3]  ? L’historiographie écossaise récente affirme, au contraire, que l’Empire permit certainement à l’Écosse de maintenir et de développer une Scottishness distincte des autres identités britanniques [4] . Afin d’en rendre compte, il faudra d’abord examiner le « paradoxe » de l’émigration écossaise avant d’étudier la manière dont l’Écosse véhicule les valeurs de la Scottishness dans l’Empire par le biais de groupes d’administrateurs, de soldats et de missionnaires. Enfin, la relation qui se noue entre impérialisme et affirmation nationale sera abordée à travers l’évocation des associations écossaises dans l’Empire et de la perception de l’Empire chez les nationalistes écossais.

L’émigration écossaise dans l’Empire britannique

La tradition migratoire chez les Écossais s’accentue dès l’époque moderne. Paysans, soldats et administrateurs quittent leur terre natale pour se rendre dans les colonies américaines dès le XVIIIe siècle. Cette extraordinaire mobilité des Écossais est liée à la rapide industrialisation qui se produit dans les Lowlands à cette période, ainsi qu’aux transformations agraires dans les Highlands. Mais alors que l’industrialisation et l’urbanisation sont avancées à l’époque victorienne, que les besoins en main-d’œuvre sont grands et que le niveau de vie est en pleine croissance, des cohortes d’Écossais émigrent. Ce phénomène ne manque pas d’intriguer les historiens et constitue ce que Thomas Devine a surnommé le « paradoxe » de l’émigration écossaise – car « aucune autre société industrielle en Europe ne connut pareille hémorragie [5]  ».

Près de deux millions d’Écossais délaissent leur terre natale au XIXe siècle (de 1815 à 1914), ce qui constitue 12% du total des migrants britanniques – la proportion peut paraître faible, mais cela représente 42% de la population écossaise au recensement de 1911 (alors que l’ensemble des migrants anglais au XIXe siècle ne forme que 25% de la population anglaise en 1911) [6] . Certes, plusieurs facteurs expliquent cette propension à émigrer à l’ère victorienne : le niveau généralement bas des salaires en Écosse et la politique des Clearances qui affecte les paysans des Highlands [7] . Mais, de manière générale, les historiens tendent à mettre en avant aujourd’hui le niveau de scolarisation et d’alphabétisation élevé en Écosse, allant de pair avec une ambition sociale débordant les frontières d’un petit pays [8] . Ainsi, le nombre de migrants augmente au long du XIXe siècle : si les départs annuels concernent autour de 10 000 Écossais entre 1825 et 1850, ce chiffre passe à 20 000 à l’époque mid-victorienne puis atteint 30 000 à la fin du siècle. En 1914, on compte autour de 60 000 départs par an, et dans les années 1920 les Écossais forment les deux-tiers des émigrés britanniques [9] . Ces chiffres globaux masquent des phases de plus grande hémorragie : en effet, les années 1840 sont marquées par des départs massifs depuis les Highlands touchés par la famine et par la réorganisation agraire [10] . Entre 1846 et 1856, les historiens estiment que près de 16 000 paysans des Highlands sont envoyés dans les colonies (surtout au Canada), de manière plus ou moins volontaire, ce qui représente environ 70% du total des migrants britanniques assistés entre 1800 et 1860.

À l’époque victorienne, les États-Unis demeurent une destination de premier choix pour les migrants écossais (44% s’y rendent), suivis par le Canada (pour 28% d’entre eux) et l’Australasie (qui attire 25% des partants) [11] . Néanmoins, le Canada reste un lieu privilégié par les émigrés écossais jusqu’en 1847 et à l’ère édouardienne.

Quels sont les traits qui caractérisent ces migrants ? En 1873, l’écrivain Anthony Trollope brosse un portrait des Écossais en Australie de la manière suivante : « Dans les colonies, ceux qui font fortune sont en majorité écossais, et ceux qui ne prospèrent pas sont principalement irlandais. [12]  » Dans l’Empire, le migrant écossais est dépeint tour à tour comme ambitieux, entreprenant mais aussi comme turbulent, voire rétif aux autorités coloniales. Ce qui le distingue des autres colons britanniques relève probablement de la dimension fortement familiale de l’émigration. En effet, « ce maintien du noyau familial est caractéristique de l’émigration écossaise. Ainsi, le migrant type apparaît comme une personne relativement aisée, libre de ses mouvements et indépendante d’esprit [13] . » À l’évidence, l’image et la représentation du migrant écossais changent au fil du temps et varient en fonction des sociétés coloniales.

En tant que destination impériale, l’Australie offre un bon exemple de la manière dont s’organisent les flux migratoires écossais. Au départ, les Écossais sont peu représentés parmi la population pénitentiaire. En vertu d’un système judiciaire plus clément, les Écossais constituent une proportion faible des bagnards (comprise entre 5% et 9% alors qu’ils forment plus de 10% de la population britannique) mais ces derniers ont, à tort, la réputation de compter parmi les criminels les plus endurcis [14] . La colonisation de l’Australie demeure relativement lente pendant la première moitié du XIXe siècle : la plupart des colons écossais, à cette époque, ont fait une carrière militaire en Inde avant de s’installer en Nouvelle-Galles du Sud dans des terres qui sont mises à leur disposition par le gouvernement colonial. En effet, jusqu’aux années 1840, l’émigration vers l’Australie reste encore assez sélective au vu de la longueur et de la cherté du voyage et des garanties financières à offrir pour obtenir des terres – outre les soldats, la majorité des migrants écossais sont des marchands et des fermiers aisés. Les milieux entrepreneurs se lancent progressivement à la conquête de ce nouveau monde : ainsi, Robert Campbell (1769-1846), un natif de Glasgow installé à Calcutta [15] , fonde dès 1798 dans cette colonie australienne une branche de sa compagnie marchande, Campbell, Clark and Co., merchants of Calcutta. Ce dernier prospère dans différents secteurs d’activité, notamment dans la banque, et investit massivement dans l’agriculture pastorale. Ce type de placements est caractéristique de l’investissement écossais en Australie car, dans cette première moitié du XIXe siècle, le caractère florissant du commerce et de l’industrie en Écosse permet à des entrepreneurs d’injecter du capital dans l’économie pastorale [16] . En conséquence, dans les années 1850, les Écossais jouent un rôle majeur dans les secteurs du commerce, de la navigation et de la banque [17] . Plus tard, de l’époque de la ruée vers l’or jusqu’aux années 1920, la proportion de migrants écossais est stable – elle se situe autour de 15%, ce qui signifie que les Écossais sont légèrement sur-représentés par rapport au reste des migrants britanniques. Parmi les 138 036 Écossais qui émigrent vers l’Australasie de 1853 à 1880, on rencontre beaucoup de servantes et d’ouvriers dont le voyage est financé par des associations caritatives et le gouvernement métropolitain [18] . Par exemple, la Scottish Australian Emigration Society, fondée en 1853 à Glasgow, permet aux tisserands dont le secteur périclite de chercher un autre emploi en Australie.

De leur côté, les provinces canadiennes attirent jusqu’aux années 1840, au premier chef, les migrants qui bénéficient d’une aide financière, qu’elle soit fournie par l’État ou par des sociétés d’émigration ou encore des entrepreneurs privés. Après la fin des guerres napoléoniennes, plusieurs associations se regroupent sous l’égide du Glasgow Committee on Emigration – les deux députés conservateurs qui président le comité obtiennent de l’État, en mai 1820, un prêt de 11 000 livres afin d’aider 1 100 Écossais à se rendre et à s’installer dans le Haut-Canada. Toutefois, si le Canada attire un grand nombre de fermiers et migrants agricoles, parmi lesquels on compte beaucoup de paysans des Highlands expropriés, des entrepreneurs et des marchands sont également présents dans les provinces nord-américaines. Les Écossais dominent de la sorte le commerce de la fourrure dans l’ouest des colonies canadiennes ou encore le secteur marchand de la ville de Montréal [19] . Certaines parties des colonies canadiennes sont fortement marquées par la présence écossaise : en 1900, l’île du Prince Edouard et l’île du Cap-Breton sont « des bastions de l’identité écossaise au Canada » − et l’on parle le gaélique écossais au Cap-Breton [20] .

Exporter les valeurs écossaises ? Missionnaires et soldats écossais

Ces centaines de milliers de migrants écossais à travers l’Empire véhiculent-ils des valeurs de la Scottishness ? Avec l’Acte d’Union de 1707, l’Écosse a certes abandonné son Parlement et ses prérogatives politiques mais elle a préservé son Église presbytérienne (Church of Scotland) ainsi que ses systèmes éducatif et judiciaire. Néanmoins, les nombreux administrateurs écossais dans l’Empire n’imposent pas la forme écossaise du droit, plus proche du droit romain – dans les colonies, c’est le Common Law anglais qui est adopté [21] . Dans les domaines éducatifs et religieux, la réalité est différente car les Écossais parviennent à exporter leur éthique presbytérienne. À ce titre, la figure du missionnaire écossais revêt une importance clef au sein des colonies de peuplement et dans l’Empire de conquête. En analysant le cas sud-africain, John MacKenzie démontre que les missionnaires écossais parvenaient à recréer, parfois, tant sur le plan confessionnel qu’architectural, de petites Calédonie [22] . Parallèlement à ce qui se produit en Angleterre, les évangéliques écossais sont pionniers en termes de travail missionnaire et initient la création, en 1796, de la Glasgow Missionary Society. Cette dernière est en lien étroit avec la London Missionary Society (fondée en 1795) – ainsi, le pasteur écossais John Love, qui a la charge d’une église presbytérienne à Londres, est l’un des premiers secrétaires de cette association [23] . En outre, la situation religieuse écossaise, très schismatique au XIXe siècle, se révèle être une véritable force de conquête spirituelle au sein de l’Empire. Après le Disruption en 1843, séisme religieux qui voit plus du tiers des congrégations et des pasteurs quitter l’Église établie pour fonder la Free Church of Scotland, le nombre de missions dans l’Empire double. En effet, la plupart des missionnaires à l’étranger quittent la Church of Scotland et cette dernière se trouve dans l’obligation de réorganiser son système de missions (en vigueur depuis 1824).

La force des missionnaires écossais réside en grande partie dans leur capacité à s’adapter au monde de la frontière – une caractéristique que l’on retrouve chez les Ulster-Scots sur la frontière américaine au XVIIIe siècle [24] . Sur la frontière orientale de la colonie du Cap, en Afrique du Sud, les missionnaires écossais bâtissent des postes de missions au style architectural écossais (églises de pierre) dont la vocation première est l’éducation, l’enseignement de techniques agricoles modernes et le recours à la médecine occidentale. L’adaptabilité des religieux écossais provient également de la situation linguistique propre à l’Écosse : souvent trilingues (ils parlent l’anglais, le gaélique et le Scots), la maîtrise de la langue des Xhosas ne leur pose pas de grandes difficultés [25] . Les missions écossaises ont également pour particularité de valoriser l’écrit (en Afrique du Sud, certains missionnaires installent des imprimeries) et les discours, récits, biographies au sujet des missions circulent largement en Écosse et « influencent la perception écossaise de l’expérience coloniale, participent à la construction de l’“Autre” colonisé et à l’élaboration d’une identité écossaise impériale [26]  ». À la fin de l’ère victorienne, les trois principales églises presbytériennes écossaises (la Church of Scotland, la Free Church of Scotland et la United Presbyterian Church) diffusent plus de 250 000 exemplaires de périodiques [27] . La figure la plus emblématique du missionnaire écossais est assurément celle de David Livingstone, né en 1813 dans la petite ville de Blantyre près de Glasgow [28] . Véritable « saint protestant », un culte lui est voué par toutes les générations : les enfants ont à leur disposition de nombreuses biographies romancées et l’admiration des adultes perdure jusqu’à l’entre-deux-guerres, époque où l’on finance la construction du Livingstone Memorial Centre dans sa ville natale grâce à de nombreuses donations [29] . Les femmes écossaises jouent un rôle important dans le mouvement missionnaire : dès 1837, est fondée The Scottish Association of Ladies for the Advancement of Female Education in Western India, société qui envoie sa première femme missionnaire en Inde en 1839 (des sections locales de l’association sont ouvertes dans l’ouest écossais). Thomas Smith, un missionnaire de la Church of Scotland en Inde compte parmi les premiers à développer l’idée d’envoyer des femmes missionnaires dans les zenanas, quartiers réservés aux femmes et inaccessibles aux hommes occidentaux [30] .

La dimension éducative du mouvement missionnaire écossais est sans cesse rappelée par l’Église d’Écosse et les missionnaires eux-mêmes. En Inde, par exemple, l’objectif est de promouvoir un corps indigène de maîtres d’école (on y établit donc des écoles normales) [31] . Le pasteur Alexander Duff (1806-1878), premier missionnaire de la Church of Scotland en Inde, fonde à Calcutta le General Assembly’s Institution (qui porte aujourd’hui le nom de Scottish Church College) en 1830. Effectuant un rapport sur l’entreprise missionnaire presbytérienne en Inde, il expose, en 1837, ce qui constitue le cœur de la mission civilisatrice écossaise : « Transporter dans les plaines de l’Hindoustan ce système particulier d’enseignement et de prédication qui, entre les mains de nos Knox et Melville [réformateurs écossais], firent jadis de l’Écosse un jardin intellectuel, moral et religieux parmi les nations de la terre. [32]  »

Outre la mission religieuse et éducative, l’Écosse vante sa participation à l’entreprise impériale d’un point de vue militaire. Le XIXe siècle écossais est celui de « l’invention de la tradition » des Highlands [33] qui offre une vision de l’Écosse romantique et celtique. Les régiments des Highlands sont alors considérés comme les héritiers de la tradition martiale des clans de ces hautes terres. Alors qu’en réalité la représentation numérique des Écossais au sein de l’armée britannique ne fait que diminuer au fil de l’époque victorienne (on passe de 15,3% de soldats écossais en 1813 à 8% en 1870), la réputation des bataillons écossais ne cesse, elle, de s’accroître. Les régiments des Highlands sont les héros des guerres coloniales menées pendant la période de Pax britannica – ainsi le tableau The Thin Red Line de Robert Gibb (1881) illustre-t-il l’héroïsme du 93e régiment des Highlanders résistant à l’assaut de la cavalerie russe à la bataille de Balaklava en 1854 pendant la guerre de Crimée. Cette « ligne rouge » renvoie aux uniformes que portent les régiments des Highlands et les éléments vestimentaires propres à ces derniers sont rajoutés à certains des régiments des Lowlands au moment de la réorganisation de l’armée britannique en 1881 [34] . Cette réputation militaire s’étend aux Écossais vivant dans les colonies : pendant la guerre des Boers, on recrute un régiment de cavalerie (The Scottish Horse) parmi des Écossais de première et de deuxième génération dans les colonies de Natal et du Cap. De même, le monument aux morts érigé à Edimbourg en 1927 en mémoire des disparus de la Grande Guerre, rend hommage aux Écossais de la métropole et de l’Empire [35] . Parmi les qualités que l’on reconnaît aux soldats écossais, figure un bon niveau d’alphabétisation – comme l’écrit Alexander Somerville en 1848 : « C’est le talent épistolaire tout autant que la bravoure des régiments écossais qui les distinguent du reste. [36]  » Du point de vue de l’historien, ce trait constitue un élément précieux : les nombreuses lettres et journaux écrits par les soldats écossais sont autant de sources permettant de mesurer l’impact du militarisme dans la société britannique impériale.

Scottishness et Empire

Statue en bronze de Lord Clyde (Colin Campbell) par John Henry Foley (1868) à Glasgow. Lord Clyde compta parmi les grands héros militaires impériaux écossais – il fut le commandant du 93e régiment des Highlanders ("The Thin Red Line") pendant la bataille de Balaklava en 1854 et chef de l’armée britannique en Inde pendant la Grande Mutinerie (1857-1858). [photographie de Jacqueline Banerjee, 2009. http://www.victorianweb.org/sculpture/foley/8b.htmlDans les journaux locaux écossais de l’époque victorienne paraissent régulièrement des extraits de lettres de missionnaires ou de soldats. L’Empire est présent dans la métropole et, en Écosse, « l’impérialisme » touche toutes les classes de la société. Les historiens comme John MacKenzie et Thomas Devine s’opposent en ce sens à l’idée défendue par Bernard Porter suivant laquelle la présence du monde impérial dans la métropole serait assez faible [37] . L’existence de l’Empire est sans cesse rappelée aux Écossais, à commencer par ses manifestations dans le paysage urbain. En effet, à partir de 1824, la ville industrielle de Glasgow acquiert le surnom de « deuxième ville de l’Empire ». L’essor de la cité de l’ouest depuis l’Acte d’Union est lié à l’existence des marchés coloniaux. À l’époque victorienne, les chantiers navals et les aciéries prennent le relais des « lords du tabac » qui firent la fortune de la ville à la fin du XVIIIe siècle. L’Empire est partout Détail de la "Doulton Fountain", donnée par Sir Henry Doulton à la ville de Glasgow et inaugurée en 1888 lors d’une exposition coloniale. Chaque Dominion est figuré par un groupe allégorique de personnages : en bas de la fontaine, on distingue le Canada à gauche et les Indes britanniques à droite. Au-dessus, figure un soldat portant l’uniforme des régiments de Highlanders ("Black Watch"). Photographie de Jacqueline Banerjee. Source : http://www.victorianweb.org/sculpture/fountains/3c.jpgprésent dans l’espace urbain, à commencer par la Clyde que les navires empruntent pour se rendre au Canada, en Inde et en Birmanie [38] . Au cœur de la ville, statues et monuments divers célèbrent les héros impériaux (tels le militaire Colin Campbell ou lord Clyde, héros de la répression de la Mutinerie indienne ou encore David Livingstone) ainsi que les différentes parties de l’Empire, comme c’est le cas de la Doulton Fountain sur le Glasgow Green où les Dominions et l’Inde sont représentés [39] . Dans le même registre, les expositions coloniales façonnent les esprits écossais en créant « des géographies imaginaires au sein desquelles l’Écosse était le centre de l’empire commercial [40]  ». En outre, l’Empire est à l’honneur dans des expositions consacrées au passé écossais : en 1911, la Scottish Exhibition of National History, Art and Industry met en avant le rôle des savants et des migrants écossais, comme celui du physicien lord Kelvin et sa contribution au projet du câble transatlantique.


Alors que les sociétés et confréries de la diaspora irlandaise ont déjà fait l’objet de plusieurs études détaillées [41] , l’examen des associations d’Écossais à travers l’Empire et leur conception de la Scottishness a émergé plus récemment dans l’historiographie. Quand Thomas Devine affirme, par provocation, que les Écossais émigrés « ont rendu un hommage peu sincère [42]  » à leur mère-patrie, il fait référence à tout un courant historiographique qui a longtemps considéré qu’à la différence de leurs comparses irlandais, les Écossais s’étaient facilement intégrés dans les colonies et en avaient oublié leur Scottishness. À la lumière de la relecture de l’histoire nationale écossaise depuis la fin des années 1970, les historiens ont, au contraire, mis en avant le pouvoir de sauvegarde de l’identité que représentait l’Empire. Au XIXe siècle, le phénomène est visible à travers les différentes associations récréatives (ces dernières n’ont pas une dimension politique nationaliste comme leurs équivalents irlandais) qui célèbrent le saint patron de l’Écosse, saint Andrew, et rendent hommage au barde national, Robert Burns (1759-1796). Au cœur du Raj édouardien, à Bombay, le dîner en l’honneur du saint patron donné le soir du 30 novembre rassemble les membres de l’élite écossaise, ainsi que l’écrit William Bannerman, major-général au Indian Medical Service [43]  : « Je crois que cette année ce sera un dîner somptueux car le gouverneur est écossais, le commandant en chef est écossais et le premier membre du Conseil du gouverneur est écossais. Tous ces éminents personnages seront présents et ils nous parleront de l’Écosse, des collines de bruyère et de toutes sortes de choses charmantes. [44]  » L’allusion aux collines de bruyère est typique de l’évocation des paysages des Highlands et de l’image romantique de l’Écosse – chez des expatriés qui, pour l’immense majorité, sont issus des Lowlands. Ces petites célébrations dans les différentes colonies mettent surtout en avant un certain type de Scottishness, identité qui exclue les Écossais plus modestes et les femmes. Le succès de pareils festins fait pâlir d’envie les Écossais de la métropole qui ne parviennent pas à susciter autant d’enthousiasme chez leurs compatriotes en Angleterre ou en Irlande. Il faut attendre la fin de l’époque édouardienne pour que les dignitaires de la Saint Andrew’s Society se réjouissent de la réussite de cette fête : « Le vieux grief suivant lequel seuls les Écossais exilés célèbrent la saint Andrew est en train de disparaître progressivement, en grande partie grâce au réveil de l’esprit, longtemps endormi, du nationalisme en Écosse. [45]  »

À ce sujet, notons que nationalisme écossais et impérialisme sont loin d’être antagonistes à l’époque victorienne et édouardienne. Les partisans du Home Rule écossais à la fin du XIXe siècle (plusieurs projets d’autonomie ou Home Rule Bills incluant le rétablissement d’un Parlement écossais sont présentés aux Communes des années 1880 à 1914) comptent sur le soutien de la « diaspora » écossaise. Ils insistent également sur la contribution écossaise à l’Empire pour appuyer leurs revendications – la participation écossaise au projet impérial représente donc un argument fort pour les nationalistes et non une source de potentielle dilution de l’identité écossaise. Cette époque est aussi marquée par l’édition d’ouvrages qui valorisent le rôle des Écossais dans l’Empire : en 1864, John Hill Burton fait paraître The Scots Abroad et, en 1880, les quatre volumes de The Scots in British North America rédigés par William Jordan Rattray sont publiés [46] . Cependant, dans l’entre-deux-guerres, les nationalistes « fondamentalistes » (suivant l’expression de l’historien Harold J. Hanham) qui forment la Scottish National League en 1920, puis l’aile radicale du National Party of Scotland (1928) se montrent très critiques vis-à-vis de l’entreprise impériale dans son ensemble. Mais ceci ne représente pas la position majoritaire du National Party, parti qui demeure en réalité assez modestement représenté dans le paysage électoral − aux élections parlementaires de 1931, ses scores sont inférieurs à 10% des voix dans l’est de l’Écosse (9,4% des voix à Edimbourg) et atteignent, au maximum, 15,8% des voix dans certaines circonscriptions de Glasgow [47] .

Au cours de l’année 1931, on organise à Glasgow une semaine « civique et impériale » qui a pour objet la célébration de l’Empire britannique. Est-ce une initiative visant à raviver l’esprit impérial ou cela traduit-il un intérêt continu pour le devenir colonial du Royaume-Uni ? Les historiens ne s’accordent pas sur la chronologie du déclin de l’esprit colonial en Écosse. Faut-il penser que cet esprit meurt dans les années 1920 ou qu’il survit jusqu’aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale [48]  ? Quoiqu’il en soit, comme l’affirme Thomas Devine, la résurgence du nationalisme écossais et l’acheminement vers une dévolution (avec un Parlement écossais siégeant à Edimbourg en 1999) sont davantage le fait du gouvernement de Margaret Thatcher que celui de la dissolution de l’Empire : « On a infiniment plus de raisons de considérer madame Thatcher, plutôt que le déclin impérial, comme étant à l’origine de la dévolution écossaise. [49]  » Ainsi, l’Empire apparaît aujourd’hui aux yeux des historiens comme un lieu d’expression et d’affirmation de l’identité écossaise qui venait nourrir plutôt qu’il n’écrasait le sentiment national en Écosse.

Notes :

[1] Charles Dilke, Greater Britain. A Record of Travel in English-Speaking Countries During 1866 and 1867 (1868), Londres, Macmillan & Co, édition de 1888, p. 525.

[2] L’expression « Great Britain » est utilisée à partir de l’Acte d’Union (1707). Sur le rôle de l’Écosse dans le Premier Empire, voir : Thomas M. Devine, Scotland’s Empire 1600-1815, Londres, Allen Lane, 2003, p. xxiii-xxviii.

[3] Tom Nairn, The Break-Up of Britain. Crisis and Neo-Nationalism, Londres, NLB, 1977.

[4] John M. MacKenzie, « Essay and Reflection: On Scotland and the Empire », International History Review, vol. 15, n°4, 1993, p. 714–739. Voir aussi son introduction à son ouvrage (avec Nigel R. Dalziel) : The Scots in South Africa. Ethnicity, Identity, Gender and Race, 1772-1914, Manchester, Manchester University Press, 2007, p. 1-28. La recherche historique sur cette question au Royaume-Uni ne cesse de s’enrichir ; citons deux ouvrages rédigés et dirigés par de grands spécialistes de ce domaine qui sont à paraître en 2011 : Thomas M. Devine, « Scots. A Global People 1815-1914 », Londres, Penguin, 2011 ; Thomas M. Devine et John M. MacKenzie, « Scotland and Empire, Oxford History of the British Empire Companion Series », Oxford, Oxford University Press, 2011.

[5] Thomas M. Devine, « The Paradox of Scottish Emigration », dans Thomas M. Devine, Shaping the Scottish Past. Themes in the History of Scottish Society, East Lothian, Tuckwell Press, 1995, p. 239.

[6] Marjory Harper, Adventurers and Exiles. The Great Scottish Exodus, Londres, Profile Books, 2004, p. 3.

[7] Le terme de « Clearances » désigne le mouvement migratoire depuis les Highlands de petits paysans expropriés ou renvoyés au cours de la modernisation agraire (remembrement des terres, conversion des terres arables en pâturages) largement impulsée par les landlords. Pour une mise au point historiographique, consulter : Eric Richards, Debating the Highland Clearances, Edimbourg, Edinburgh University Press, 2007.

[8] Voir les explications de John MacKenzie sur « l’émigration forcée » : John M. MacKenzie, « Irish, Scottish, Welsh and English Worlds? A Four-Nation Approach to the History of the British Empire », History Compass, vol. 6, n°5, 2008, p. 1247.

[9] Eric Richards, Britannia’s Children: Emigration From England, Scotland, Wales And Ireland Since 1600, Londres, Hambledon and London, 2004, p. 239.

[10] Thomas M. Devine, « Landlordism and Highland Emigration », dans Thomas M. Devine (dir.), Scottish Emigration and Scottish Society, Edimbourg, John Donald, 1992, p. 94-100.

[11] M. Harper, Adventurers…, op. cit., p. 3.

[12] Cité dans Eric Richards, « Australia and the Scottish Connection 1788-1914 », dans R. A. Cage (dir.), The Scots Abroad. Labour, Capital, Enterprise, 1750-1914, Londres, Croom Helm, 1985, p. 136.

[13] Malcolm Gray, « The Course of Scottish Emigration, 1750-1914: Enduring Influences and Changing Circumstances », dans T. M. Devine (dir.), Scottish Emigration…, op. cit., p. 17.

[14] Marjory Harper montre que l’historiographie a remis en question cette vision traditionnelle du bagnard écossais comptant parmi les prisonniers les plus dangereux. Sur les 7 600 condamnés en Écosse à être déportés au cours de la période allant de 1783 aux années 1860, trois-quarts des prisonniers sont des récidivistes issus des Lowlands mais le crime le plus courant demeure le vol. Voir M. Harper, Adventurers…, op. cit., p. 34-35.

[15] Sur l’industrie de la toile de jute et les relations entre la ville écossaise de Dundee et la ville indienne de Calcutta, voir l’article de Tara Sethia, « The Rise of the Jute Manufacturing Industry in Colonial India: A Global Perspective », Journal of World History, vol. 7, n°1, 1996, p. 71-99.

[16] E. Richards, « Australia… », op. cit., p. 114.

[17] Ibid., p. 134.

[18] Ibidem.

[19] Jack M. Bumstead, « Scottishness and Britishness in Canada, 1790-1914 », dans Marjory Harper et Michael E. Vance (dir.), Myth, Migration and the Making of Memory. Scotia and Nova Scotia c. 1700-1990, Edimbourg, John Donald, 1999, p. 99.

[20] Ibid., p. 102.

[21] Sur la spécificité de l’administration écossaise en Inde, consulter Martha McLaren, British India and British Scotland,1780-1830. Career Building, Empire Building, and a Scottish School of Thought on Indian Governance, Akron (Ohio), University of Akron Press, 2001. Entre 1720 et 1780, on estime que plus de 1 668 Écossais étaient employés par la Compagnie orientale des Indes en tant qu’officiers, médecins et administrateurs (Thomas M. Devine, « The Spoils of Empire », dans Thomas M. Devine, Scotland and the Union 1707-2007, Edimbourg, Edinburgh University Press, 2008, p. 106).

[22] John M. MacKenzie, « Making Black Scotsmen and Scotswomen? Scottish Missionaries and the Eastern Cape Colony in the Nineteenth Century », dans Hilary M. Carey (dir.), Empires of Religion, Basingstoke, Palgrave Macmillan, p. 113-136.

[23] Ibid., p. 117.

[24] À ce sujet, voir Maldwyn Jones, « The Scotch-Irish in British America », dans Bernard Bailyn et Philip D. Morgan (dir.), Strangers within the Realm: Cultural Margins of the First British Empire, Chapel Hill, University of North Carolina Press, 1991, p. 284-313.

[25] J. M. MacKenzie, « Making Black Scotsmen and Scotswomen… », op. cit., p. 119.

[26] Esther Breitenbach, « Religious Literature and Discourse of Empire: The Scottish Presbyterian Foreign Mission Movement », dans Hilary Carey (dir.), Empires of Religion, Basingstoke, Palgrave Macmillan, 2008, p. 87.

[27] Ibid., p. 90.

[28] Voir John M. Mackenzie et Joanna Skipwith (dir.), David Livingstone and the Victorian Encounter with Africa, Antique Collectors Club, Londres, 1996.

[29] Thomas M. Devine, « The Break-Up of Britain? Scotland and the End of Empire », Transactions of the Royal Historical Society, n°16, 2006, p. 173.

[30] E. Breitenbach, « Religious Literature… », op. cit., p. 91.

[31] David S. Forsyth, « Empire and Union: Imperial and National Identity in Nineteenth Century Scotland », Scottish Geographical Magazine, vol. 113, n°1, 1997, p. 7.

[32] J. M. MacKenzie, « Making Black Scotsmen and Scotswomen… », op. cit., p. 122.

[33] Hugh Trevor-Roper, « The Invention of Tradition: The Highland Tradition of Scotland », dans Eric Hobsbawm et Terence Ranger (dir.), The Invention of Tradition, Cambridge, Cambridge University Press, 2008 (1983), p. 15-41.

[34] Stuart Allan et Allan Carswell, The Thin Red Line. War, Empire and Visions of Scotland, Edimbourg, National Museums of Scotland, 2004, p. 24.

[35] T. M. Devine, « The Break-Up of Britain ?… », op. cit., p. 172.

[36] Cité par John MacKenzie dans un compte rendu de l’ouvrage de Edward M. Spiers, dans The International History Review, vol. XXIX, n°3, 2007, p. 609-611.

[37] C’est l’idée défendue par Bernard Porter dans son ouvrage The Absent-Minded Imperialists. Empire, Society and Culture in Britain, Oxford, Oxford University Press, 2004. Ce dernier nuance la thèse présentée par John MacKenzie et d’autres historiens de la New Imperial History suivant laquelle l’Empire était au cœur de la vie britannique métropolitaine. Néanmoins, Bernard Porter étudie essentiellement le cas anglais et les historiens écossais, comme Thomas M. Devine, ont réaffirmé la centralité de l’impérialisme dans la société écossaise victorienne (Voir T. M. Devine, « The Break-Up of Britain?... », op. cit., p. 170).

[38] John M. MacKenzie, « “The Second City of the Empire”: Glasgow – imperial municipality », dans Felix Driver et David Gilbert (dir.), Imperial Cities. Landscape, Display and Identity, Manchester, Manchester University Press, 1999, p. 222.

[39] Ibid., p. 226.

[40] John M. MacKenzie, « Empire and National Identities: the Case of Scotland », Transactions of the Royal Historical Society, vol. 8, 1998, p. 226.

[41] Voir, par exemple, les six volumes de la collection The Irish World Wide. History, Heritage, Identity, dirigés par Patrick O’Sullivan et parus chez Leicester University Press entre 1992 et 1997.

[42] Cité par Angela McCarthy (l’expression en anglais est « They may have paid lip service to their identity ») dans son article : « Scottish National Identities among Inter-War Migrants in North America and Australasia », The Journal of Imperial and Commonwealth History, vol. 34, n°2, 2006, p. 202.

[43] De 1804 à 1896, parmi les 3 024 recrues du Indian Medical Service, on compte 919 membres nés en Écosse.

[44] Elizabeth Buettner, « Haggis in the Raj: Private and Public celebrations of Scottishness in Late Imperial India », The Scottish Historical Review, vol. LXXXI, t. 2, n°212, 2002, p. 220.

[45] E. Buettner, « Haggis in the Raj… », op. cit., p. 222.

[46] J. M. MacKenzie, « Empire and National Identities… », op. cit., p. 228.

[47] Richard J. Finlay, « For or Against? Scottish Nationalists and the British Empire, 1919-1939 », The Scottish Historical Review, vol. LXXXI, n°191/2, 1992, p. 192.

[48] Richard Finlay place ce déclin plutôt après la Première Guerre mondiale, à la différence de John MacKenzie. Voir Richard Finlay, « The rise and fall of popular imperialism in Scotland, 1850-1950 », Scottish Geographical Magazine, vol. 113, n°1, p. 13-21.

[49] T. M. Devine, « The Break-Up of Britain?... », op. cit., p. 166.

Géraldine Vaughan

Agrégée d’histoire, maître de conférences en civilisation britannique à l’université de Rouen, Géraldine Vaughan a coordonné récemment l’ouvrage collectif Le Monde britannique 1815-1931 (Paris, Belin, 2010).

Mots clefs : Scottishness ; Empire britannique ; Identités ; Émigration écossaise ; Missionnaires

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  • ISSN 1954-3670