Histoire@Politique : Politique, culture et société

Pistes & débats

Comment écrire l'histoire des relations internationales aujourd'hui ? Quelques réflexions à partir de l'Empire britannique

Pierre Grosser
Résumé :

L’histoire des relations internationales prend traditionnellement pour unité d’analyse les États. Pourtant, l’historiographie récente met en valeur les dimensions impériales des histoires des États, en particulier pour la (...)

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Cet article [1] est né [2] d’une triple insatisfaction. Une insatisfaction « civique » tout d’abord, parce que l’histoire des relations internationales reste très focalisée sur l’Europe occidentale, alors qu’il s’agit désormais de comprendre des enjeux régionaux et des réalités de terrains de plus en plus lointains. Il était jadis important, dans le monde entier, d’avoir une bonne connaissance des relations franco-allemandes car leur impact était mondial. Désormais, ne vaut-il pas mieux enseigner ce qu’est la Ligne Durand, ou l’histoire des relations sino-japonaises ? Dès lors, ne faut-il pas s’intéresser à l’histoire longue extra-européenne, d’une part, et aux conséquences, pour les enjeux actuels, de l’« intrusion » européenne [3] , d’autre part ?

La seconde insatisfaction touche à l’échelle d’analyse des relations internationales. La théorie des relations internationales est excessivement statocentrée. Les réalistes, focalisés sur le système inter-étatique et sur les agrégats de puissance, s’égarent bien souvent lorsqu’ils s’aventurent dans l’histoire. Qu’une étoile montante du réalisme aux États-Unis, Randall Schweller, puisse fonder son raisonnement à propos des causes de la Seconde Guerre mondiale sur une prétendue tripolarité du monde (États-Unis, Allemagne, Union soviétique) est assez sidérant si l’on connaît le poids de la Grande-Bretagne et de son Empire dans les années 1930 [4] . Les statistiques de puissance utilisées pour la Grande-Bretagne ignorent, la plupart du temps, l’Empire. Les projets grandioses de recensement de toutes les guerres de l’histoire des deux derniers siècles, qui ont eu pour objectif de rendre scientifique l’étude des causes des guerres, ne dénombraient que des guerres inter-étatiques ; ce n’est que récemment que les bases de données ont été élargies à des guerres « intra-impériales », et ont intégré des unités politiques « non-étatiques » [5] . La sociologie des relations internationales a tendance, pour sa part, à décrire un monde westphalien et hobbesien qui se serait construit, dès l’origine, contre l’Empire et dont les acteurs ne se seraient diversifiés qu’à partir des années 1970, quitte à favoriser une lecture rétrospective de l’histoire en termes de « transnational [6]  ». Les historiens eux-mêmes, notamment depuis la décolonisation, se sont repliés sur l’échelle étatique-nationale et sur les relations entre États, rarement considérées comme des relations inter-impériales. Pourtant, pour les États-Unis, la France, la Russie, le Japon ou pour l’Italie fasciste, la Grande-Bretagne n’était-elle pas, avant tout, un Empire de par sa géographie ou de par ses choix stratégiques ? L’expression « grande puissance » permet de ne pas s’appesantir sur la nature de ces puissances, à savoir qu’elles ont presque toujours été des empires. La réflexion de l’« école française » sur les « forces profondes » a, elle aussi, été très statocentrée, lorsque l’analyse de ces forces servait prioritairement à expliquer les changements de hiérarchie entre puissances et à évaluer leurs capacités.

Ce qui mène à la troisième insatisfaction : l’étanchéité entre l’histoire des relations internationales et l’histoire coloniale, la seconde ayant connu, ces deux dernières décennies, des transformations majeures. La « nouvelle histoire impériale » britannique, l’histoire de la mondialisation, la relecture de l’impérialisme à la lumière du post-colonial, la conscience que l’État-nation et l’Empire étaient avant tout des projets, ont transformé la géographie et les thématiques des études des ensembles impériaux [7] , sans que le mainstream de l’histoire des relations internationales prenne vraiment en compte leurs apports, tandis que les tenants de ces nouveaux domaines de recherche ont tendance à négliger une histoire jugée poussiéreuse – quitte à flotter dans un certain vide politique ou à étendre à l’infini le domaine du politique.

Bref, il serait temps de reconsidérer l’histoire des relations internationales au travers du prisme impérial, parce que les dynamiques et relations impériales sont les plus pertinentes pour comprendre le monde actuel, parce que les unités des relations internationales ont rarement été des États-nations et parce qu’histoire des relations internationales et histoire coloniale peuvent se féconder mutuellement. La multiplication récente et la diversité des travaux sur l’Empire britannique en font un laboratoire idéal pour penser une histoire des relations internationales plus impérialocentrée. Après avoir considéré le « retour » des empires dans une historiographie désormais moins occidentalocentrée, sans m’attarder dans les arguties des définitions et des typologies des empires, je montrerai comment les différentes approches géographiques de l’Empire britannique s’intègrent dans un renouvellement des thématiques de l’histoire des relations internationales en un temps de mondialisation. Dans un second temps, je donnerai quelques exemples de la prise en compte de la dimension impériale dans les disciplines « classiques » de l’étude des relations internationales (droit, stratégie, diplomatie…). Pour ne pas alourdir la réflexion, je laisserai de côté l’histoire économique, malgré son importance évidente pour les dynamiques impériales et trans-impériales.

Le retour à l’échelle impériale

Une certaine désoccidentalisation de l’histoire se manifeste par une remise en cause des découpages cartographiques d’origine occidentale [8] et des couleurs uniformes des mappemondes coloniales témoignages d’une fixation sur les empires comme des « cleared bounded geopolities » (Ann Laura Stoler [9] ), alors que ceux-ci sont des « moving targets », produits d’un « incertainty principle [10]  ». Dans la longue durée, l’empreinte des empires occidentaux est désormais minimisée. Les relations de la Chine avec l’Inde et avec l’Iran se seraient toujours inscrites dans d’anciennes interactions impériales [11] et auraient connu des formes renouvelées à l’ombre de l’Empire britannique (du commerce de l’opium à l’utilisation par les Britanniques des marchands indiens en Chine occidentale) [12] . Les Britanniques aux Indes ont repris le flambeau d’anciennes rivalités impériales avec l’Empire perse, en particulier pour le Baloutchistan [13] .

L’implosion de l’Union soviétique et le nouvel intérêt pour les enjeux en Asie Centrale ont contribué à faire relire l’histoire de l’Eurasie, qui connaît désormais une fortune extraordinaire [14] . Alors que la Chine fut longtemps analysée en fonction de ses ports orientaux et de ses contacts avec les puissances euro-américaines, les enjeux stratégiques ou religieux à l’Ouest sont de plus en plus mis en relief, qu’il s’agisse des héritages de la domination mongole, des relations avec les mondes mongol ou tibétain, de la comparaison entre les dimensions centrasiatiques des empires russe et chinois [15] ou des liens commerciaux anciens entre l’Asie Centrale et l’Asie du Sud-Est [16] . De même que la victimisation de la Chine face aux Occidentaux sur les côtes orientales au XIXe siècle avait occulté les avancées des Qing à l’Ouest au siècle précédent, la guerre à l’Est contre le Japon, après 1937, a masqué la consolidation des positions chinoises en Asie Centrale durant et après la guerre [17] . En sens inverse, l’histoire des États-Unis est d’avantage « impériale » lorsqu’elle n’est plus centrée sur l’Atlantique, mais sur le Pacifique [18] et sur l’hémisphère occidental [19] .

Dans le domaine maritime, et dans un contexte d’affirmation de la puissance de l’Inde, on « redécouvre » l’océan Indien en son sens le plus large, de la côte swahilie et du golfe arabo-persique à l’Ouest, jusqu’à l’Asie du Sud-Est et au Pacifique à l’Est, avec ses réseaux marchands, son espace de circulation « musulman » (voire sa pax islamica [20] ) dans lequel les Empires européens se seraient insérés [21] . L’hypothèse de la Méditerranée asiatique a été affinée et des historiens japonais, dans le contexte de régionalisation asiatique depuis la fin des années 1980, avancent que les réseaux commerçants européens (et, en particulier, britanniques) se sont greffés sur les réseaux intra-asiatiques traditionnels qui ont perduré jusqu’aux années 1930 [22] . Même le « monde Atlantique » n’est plus, comme dans les années 1950, celui des « bonnes » révolutions des années 1770 à 1848 ni même une « pure construction européenne » : son histoire, poussée loin dans le XIXe siècle, mêle dès lors liberté, esclavage et conquêtes [23] . Il ne resterait alors que l’histoire de l’appropriation de terres par le peuplement blanc… Qui n’est même pas vraiment une spécificité « blanche », puisque la Chine des Qing était une puissance colonisatrice dans les terres neuves, en Mandchourie notamment, et que le Japon se lança aussi dans l’aventure [24]

Dans cette nouvelle géographie, il est moins question de modèle westphalien et de jeux inter-étatiques quasi atemporels. Ceux-ci n’auraient triomphé que tardivement, même si le droit international faisait disparaître les Empires au profit des États [25] . Le passage des Empires aux États fut un phénomène planétaire, long, complexe et souvent douloureux [26] . Pour les Mongols, les Laotiens ou les Malais, la séparation avec des « communautés fraternelles voisines », incorporées dans des empires devenus États (la Chine, la Thaïlande, l’Indonésie) a fini par engendrer des identités différenciées [27] .

Le « retour des Empires » comme unité des relations internationales a débuté avec l’histoire comparative de la fin des empires, consécutive à la disparition de l’Union soviétique. Dans le sillage d’une réhabilitation de l’Empire austro-hongrois entamée dans les années 1980, les empires sont vus de manière plus positive. Loin d’être des « prisons des peuples » aux institutions vermoulues condamnées par l’histoire, laquelle ne pourrait avoir de fin qu’en un monde d’États-nations, ils auraient été des figures de fluidité, de circulation, d’identités multiples, de zones de contact (et non de frontières hermétiques) [28] et n’étaient pas, en 1914 (voire en 1917), condamnés à la disparition. Le « pré-moderne » est vanté par le « post-moderne », comme pour d’autres figures jadis décriées puisque ne rentrant pas dans les boîtes de l’État-nation : villes multiculturelles (métropoles coloniales [29] , grands relais portuaires ou concessions [30] ), réseaux marchands, diasporas, nomades… Les empires seraient devenus dangereux en singeant l’État-nation : ainsi de l’Empire ottoman version « jeune turque » et de l’Union soviétique avec sa conception stalinienne de la nation territorialisée qui a conduit à des ingénieries démographiques et des nettoyages ethniques [31] , ainsi qu’à une cristallisation des identités dans l’espace post-soviétique.

Un des meilleurs spécialistes de la Russie impériale au XIXe siècle s’est lancé dans une superbe comparaison de celle-ci avec les autres empires, montrant les similitudes et les différences avec des empires continentaux multinationaux (comme l’Autriche-Hongrie) et avec l’Empire britannique [32] . L’histoire de la Russie est désormais ancrée dans l’histoire des empires d’Eurasie, tandis que celle de l’Ukraine est en partie « dénationalisée » et inscrite dans les « borderland studies [33]  ». Au-delà de la géopolitique simpliste, l’« impérialité » de la Russie aurait créé des « facteurs persistants » dans ses rapports au monde (frontières poreuses et vulnérables, État multiculturel aux périphéries instables) [34] , tandis que l’appartenance de leaders bolcheviks majeurs aux confins impériaux a vraisemblablement marqué leur vision du monde [35] . L’histoire « prussienne » de l’Allemagne unifiée aurait oublié que celle-ci était aussi un empire multinational et un empire colonial inséré dans la « première mondialisation [36]  ». L’expansion nazie à l’Est est replacée dans une logique impériale, en allant plus loin que le simple rappel des comparaisons faites par les dignitaires nazis avec l’Empire des Indes ou la colonisation en Australie, et en prenant Hans Frank au mot, qui parlait du « plus grand projet impérial de tous les temps [37]  ». L’Empire austro-hongrois a été passé à la moulinette du « post-colonial », en particulier pour sa politique en Bosnie-Herzégovine [38] , et a fait l’objet de réflexions sur la construction d’un « patriotisme impérial [39]  » (identifiable également à la fin de l’Empire ottoman et de l’Empire russe). Avant de se lancer dans sa somme sur l’Empire britannique, John Darwin a livré une histoire du monde moderne et contemporain au travers du prisme des empires, et l’on attend la vaste synthèse de Jane Burbank et Frederick Cooper [40] . Dans les années 1880, le commandant de l’armée des Indes imagina pouvoir s’appuyer sur l’Empire ottoman et sur l’Empire chinois en cas de guerre générale contre l’Empire russe [41] . Tout en rappelant l’impossibilité de l’empire comme entité politique aujourd’hui, ce dernier appelle à se pencher sur ce qu’était, dans un passé finalement assez proche, « penser comme un empire », et sur les alternatives à l’Empire autres que les États-nations, comme il fut discuté aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale pour une France pensée comme une « communauté impériale [42]  ».

De fait, la violence des XIXe et XXe siècles a été particulièrement meurtrière dans les zones de contact entre Empires, notamment en un temps où l’État-nation devenait l’horizon ultime. Le « triangle » entre la mer Baltique, les Balkans et la mer Noire en a payé un prix terrible [43] . On peut estimer que France et Allemagne se sont affrontées plus de mille ans pour le territoire de l’entre-deux obtenu par Lothaire en 843, indéterminé culturellement, stratégiquement puis économiquement essentiel – la solution, après 1950, ayant été de l’« impérialiser [44]  ». Les zones de contact n’ont pas vraiment été moins belligènes à la périphérie des Empires coloniaux, même si les Britanniques en sont venus, malgré les rivalités et les craintes, à trouver des modus vivendi avec les Empires néerlandais, français et russes [45] . 40% des États qui ont disparu aux XIXe et XXe siècles étaient des États-tampons entre des Empires [46] . Les rivalités coloniales ont de surcroît mondialisé les guerres. Discrètement durant la guerre de Crimée, lorsque des navires français et britanniques ont chassé un bateau russe du Chili à la Mandchourie et contribué à faire de la Chine un enjeu stratégique et à « ouvrir » le Japon [47] , mais massivement durant la Seconde Guerre mondiale [48] .

Porter le regard sur les empires et, surtout, sur leurs périphéries amène à revoir enfin la chronologie des guerres mondiales qui furent loin d’être seulement des affrontements entre puissances étatiques. La Première ne finit pas en octobre-novembre 1918 au centre et à l’Est de l’Europe et, moins encore, aux périphéries des Empires russe et ottoman. La Seconde ne s’achève pas en mai 1945 dans les ruines de l’Empire nazi et dans la construction d’un Empire soviétique, ni en septembre 1945 aux périphéries de l’Empire de guerre japonais, depuis la Birmanie jusqu’à la Corée, en passant par l’Indochine et les Indes néerlandaises [49] .

La distinction entre État et Empire est même remise en cause. L’État britannique des années 1880 aux années 1950 serait, selon les mots d’Edward Thompson, « l’enfant aussi bien que le parent de l’Empire [50]  ». La nation britannique, affirme Linda Colley, s’est construite par l’opposition à la France et par l’Empire qui auraient contribué à transcender les différences entre les « quatre nations ». « Capillarités invisibles de l’Empire » et « résonances métropolitaines » ont créé un « État américain impérial » au tournant des XIXe-XXe siècles [51] . Il est question d’État impérial, de République coloniale ou impériale française [52] . Et que dire des imaginaires impériaux de la nation dans les États balkaniques [53] ou en Pologne, de l’impact de l’horizon indochinois construit par le colonisateur pour le jeune État vietnamien [54] , de la permanence des constructions impériales en Asie orientale dont la conséquence a été des formes de nationalisme d’État très particulières, allant de l’hypermobilisation révolutionnaire (Cambodge) au fédéralisme (Malaisie) [55] , de la réinvention des horizons soudanais par l’Egypte sous tutelle britannique [56]  ?

Pluralité de la géographie impériale britannique

Dans une géographie plus attentive à l’histoire, et qui rend compte des dimensions impériales des relations internationales mais sans être obnubilée par la statique des grands ensembles géopolitiques, l’Empire britannique a été autopsié sous toutes ses dimensions géographiques, en réutilisant parfois les métaphores et catégorisations de l’époque impériale même, ou bien en usant (et parfois abusant) du vocabulaire des sciences sociales post-modernes confrontées au défi de la mondialisation.

On assiste, depuis les années 1990, à un « retour » au « monde britannique », qui semblait une évidence jusqu’aux années 1960. Si, dans l’intervalle, les histoires nationalistes et nationalisantes ont marginalisé cette référence, les enjeux identitaires, dans un contexte de débats sur le multiculturalisme, y ont fait revenir [57] , quand ce n’est pas l’affirmation que cette « anglosphère » possède une culture, des valeurs et un degré de « trust » plus affirmés que l’Occident, dont les prétendus fondements grecs, latins et judéo-chrétiens ne sont plus vraiment mobilisables à l’ère de l’Internet [58] . La tendance culmina avec Blair, meilleur allié de Bush (avec le Premier ministre australien Howard) face à la menace des « barbares », comme Churchill était persuadé, durant la crise des années 1930, que la menace bolchevique rapprocherait Britanniques et Américains [59] .Dans son impressionnant ouvrage, l’historien néo-zélandais James Belich fait des dominions l’Ouest des îles britanniques, comme l’Est des États-Unis avait son Ouest (développé aussi grâce à des capitaux d’origine britannique) [60] . En retour, ces dominions pesaient dans la vie politique britannique dès la fin du XIXe siècle, par exemple, sur les questions de tarifs douaniers ou d’émigration. Des campagnes de presse étaient conjointement organisées par des groupes d’intérêt des dominions et de la métropole pour appeler à raffermir l’unité impériale [61] . À la fin des années 1940, certaines voix ont proposé de disperser dans les dominions des activités industrielles, voire une partie de la population britannique, pour anticiper les conséquences d’un bombardement nucléaire sur les Îles britanniques [62] . Les dominions sont de plus en plus réintégrés dans l’histoire de la décolonisation britannique, la prise de distance avec la Grande-Bretagne étant intervenue au moment où ils devaient affronter les enjeux de leur propre décolonisation interne – avec les mouvements indigénistes. Ils furent aussi concernés par les efforts de Londres pour redonner à l’Empire une nouvelle vigueur après 1945 [63] .

Le miroir américain est essentiel. L’hypothèse d’un « Empire informel », formulée par John Gallagher et Ronald Robinson dans les années 1950, s’inspirait de la puissance triomphante des États-Unis à cette période et, surtout, de ses dimensions non territoriales [64] . Celle de l’« anglobalisation », laquelle aurait été initiée par la Grande-Bretagne et poursuivie par les États-Unis, s’inscrit dans le court moment, au tournant du millénaire, durant lequel il n’était question que d’« unipolarité », d’« hyperpuissance » et d’« überpower » des États-Unis. Niall Ferguson en a été son chantre [65] , tandis que nombre d’historiens de l’Empire britannique se sont tournés vers l’histoire de la mondialisation (Paul Kennedy, Christopher Bayly, John Darwin, Antony G. Hopkins, etc.). L’intérêt renouvelé pour les réseaux de communication croise la problématique de la mondialisation et celle de la hiérarchie des puissances, voire celle de l’hégémonie, clairement britannique dans ce domaine à la fin du XIXe et au début du XXe siècle – ainsi du choix de Greenwich comme méridien zéro après une lutte diplomatique féroce avec Paris et Washington [66] . Les réponses à cette vision d’une « anglobalisation » bienfaisante sont très ancrées dans les débats contemporains, qu’il s’agisse de montrer que les famines de la fin du XIXe siècle aux Indes furent aggravées par la politique d’exportation et l’idéologie du libre-échange, et qu’elles ont permis la domination coloniale sous la forme du « nouvel impérialisme [67]  » ou bien, à l’inverse, que les Britanniques ont interrompu la modernisation de l’Inde, voire ont « traditionnalisé » et donc fragmenté et bloqué sa société [68] . Le libre-échange eut, en définitive, plus à voir, selon les mots d’Andrew Thompson, avec une « bellicose Britannia » qu’avec une « pax Britannica » ; John Bowring pouvait user de l’argumentation au « Nord » et de la canonnière au « Sud » pour « convertir » aux vertus du libre-échange dans les années 1830-1840 [69] . Il n’aurait pu être maintenu sans les balances commerciales favorables avec l’Inde et la Chine qui permettaient de compenser les déficits avec les États-Unis et l’Allemagne.

En fait, la tendance est à montrer que cette « anglobalisation » concernait d’abord l’« anglo-world » et s’est construite sur les liens culturels et « ethniques » unissant une entité transnationale et transcontinentale. Ainsi, de l’importance des remises d’émigrés à la fin du XIXe siècle vers les Îles britanniques, en particulier depuis les États-Unis [70] . En sens inverse, l’« anglo-world » était la destination privilégiée des investissements britanniques, sans compter l’argent que les émigrants transportaient avec eux [71] . Au moment de la décolonisation, nombre d’entreprises ont replié leurs affaires des colonies vers les dominions [72] . Les recherches sur l’évaluation du risque dans la finance internationale au XIXsiècle (initiée en France par Marc Flandreau) ont amené à montrer que l’Empire blanc (les « neo-Britains ») était plus « crédible » sur les marchés grâce à ses liens politiques et stratégiques avec Londres, à ses institutions proches de celles de la Grande-Bretagne et à l’abondance des informations qu’il était possible de collecter sur lui [73] . Alors que la gauche avait estimé que l’Australie avait souvent mené les guerres des autres, une lecture conservatrice a fait, depuis quelques années, de la Première Guerre mondiale la vraie guerre des Australiens, annonçant les autres engagements (Vietnam, Irak) pour défendre les English speaking people, meilleur (voire dernier) espoir de l’humanité. À partir des années 1970, au moment où les Européens remettaient en cause l’enthousiasme de 1914, l’historiographie australienne découvrait le jingoïsme des « jours d’août [74]  ».

Les progrès des communications ont accéléré la circulation des individus et des informations dans l’ensemble impérial, ce qui a renforcé la conscience d’appartenir à un monde commun et nourri l’espoir d’un fédéralisme impérial qui s’appuierait sur « l’annihilation de l’espace par le temps [75]  ». Les réformateurs sociaux en Angleterre ont été fortement influencés à partir des années 1890 par les politiques initiées dans les dominions, en particulier en Nouvelle-Zélande (suffrage féminin, système de retraite…) [76] . Les néo-Britanniques de l’Empire pouvant faire entendre leur voix dans la presse métropolitaine, à la différence de l’Asie et de l’Afrique qui étaient, et bien rarement, objets de reportages, de littérature ou de débats [77] . Lors de la campagne « Buy Empire Goods » et des « empire shopping weeks », à partir du début des années 1920, des centaines de milliers de femmes ont payé plus cher des produits considérés comme plus hygiéniques pour leurs « frères et sœurs » des colonies, à savoir les fermiers blancs des dominions [78] .

Dès lors, les thématiques de la diaspora et des identités de longue distance, devenues omniprésentes aujourd’hui, sont utilisées pour décrire des phénomènes impériaux. Le discours sur la diaspora date des années 1990 en Irlande. Il était moins question, dès lors, de l’émigration misérable des Irlandais poussés hors de leur terre par la famine que d’attirer les capitaux d’Irlandais qui avaient réussi. Aux États-Unis, ils étaient à la deuxième place des diasporas ayant réussi, derrière les Indiens dont New Delhi a aussi battu le rappel pour qu’ils viennent investir au pays, et dont la présence historique est également redécouverte en Grande-Bretagne même [79] . À l’heure où l’Irlande se transformait en pays d’immigration et jouait la carte de l’ouverture aux flux de la globalisation, il était question de « Global Ireland », unie par la Saint Patrick, le show Riverdance et les pintes de bière dans les pubs [80] . Avec la crise, les autorités irlandaises ont encore plus insisté sur l’apport de la diaspora (avec un Global Irish Economic Forum inspiré de Davos), tandis que l’Écosse, de plus en plus autonome, prétend imiter le succès irlandais en mobilisant ses Scots d’outre-mer [81] .

Le jeu de déconstruction du Centre impérial [82] , qui aurait été à la fois pluriel et Un, est à la mode. Pour l’Écosse, on insiste surtout sur la contribution militaire (et ses conséquences sur l’identité des Highlands) [83] et sur un « mode de gouvernance » issu du Scottish Enlightment. L’Irlande symbolise la complexité de la géographie impériale, à la fois victime du colonialisme et partenaire de celui-ci outre-mer [84] . Les Irlandais ont imposé leurs hommes (et surtout ceux de Paul Cullen, cardinal de Dublin en 1866) dans la hiérarchie catholique partout dans les dominions et, dans une moindre mesure, aux Indes [85] . La classe moyenne professionnelle irlandaise a eu un rôle majeur dans la constitution des savoirs sur l’Empire, tandis que l’Irlande a servi de test pour nombre de pratiques impériales [86] . La puissante direction des douanes chinoises (Robert Hart) et coréennes (McLeavy Brown) fut, en grande partie, affaire irlandaise [87] . À l’orée du XXe siècle, des Gallois mettaient en valeur leur apport spécifique à l’Empire, car les Celtes ne seraient pas marqués par les « préjugés de la classe dirigeante anglaise », tandis qu’une presse galloise spécifique s’épanouit, en particulier aux Indes [88] . Plus il est montré que l’Empire a servi de ciment pour l’identité britannique et que les « nations » des Îles britanniques ont participé à l’œuvre impériale, plus il faut s’interroger sur l’évolution de la Grande-Bretagne post-impériale : dès les années 1960-1970, on spéculait sur les contrecoups de la fin de l’Empire pour les relations de l’Écosse avec Londres [89] .

Les diasporas étant placées en première ligne pour expliquer comment les identités et les nationalismes se sont construits (également dans les « centres » impériaux, par exemple, en Chine [90] ), la circulation des non-Britanniques au sein de l’Empire est scrutée avec attention. Ainsi des migrations tamoules vers les plantations d’Asie du Sud-Est et d’une conscience identitaire construite en interaction avec le nationalisme malais et avec les Chinois d’outre-mer [91] . Ainsi également de la circulation des Indiens dans l’Empire, laquelle amena le gouvernement canadien, dans les premières années du XXe siècle, a insister sur sa souveraineté pour limiter l’arrivée d’Indiens, qui partaient souvent non des Indes mais de Hong Kong [92] . En effet, l’importance de l’émigration européenne ne doit pas faire oublier que l’émigration asiatique de 1840 à 1940 a été numériquement équivalente et qu’elle était largement le produit des empires, qu’elle fût seulement encouragée ou imposée par les colonisateurs (métropolitains ou périphériques – comme l’Australie) [93] .

En réponse aux politistes qui réinventent une hégémonie britannique « bienveillante » pour légitimer celle des États-Unis depuis 1945, Edward Ingram, historien du « Grand Jeu », insiste sur les limites de la puissance maritime britannique et, surtout, parle de « double monarchie anglo-indienne », la partie indienne étant, de fait, une puissance terrestre et militarisée [94] . L’« Anglo-India » était, selon Curzon, le « pivot et le centre de l’Empire britannique ». Certes, l’historiographie récente de la Compagnie des Indes orientales invite à nuancer la transition de la seconde moitié du XVIIIe siècle entre un impérialisme maritime et commercial « Atlantique » et un impérialisme territorial et militariste aux Indes [95] , et il y eut aussi une dimension développementaliste dans la projection de puissance anglo-indienne (en Irak, par exemple, après 1916 [96] ), mais Disraeli disait bien craindre l’« asianisation » de l’impérialisme britannique. Aujourd’hui, cette dimension « non-moderne », voire « non-occidentale » du Raj est mise en avant : préservation des traditions, continuité avec l’Empire Moghol, ponctions fiscales pour entretenir une importante armée (dont les monopoles sur le sel et l’opium)… [97]

Si une partie des troupes de l’armée des Indes servait de « gendarmerie » pour assurer l’ordre intérieur, une autre fut spécialisée dans la guerre des frontières (en particulier, après l’échec de la campagne du Waziristan en 1919-1920) et une troisième intervint dans tout l’Empire, de l’Afrique à l’Extrême-Orient et, notamment, durant les guerres mondiales en Europe et au Moyen-Orient. 15 000 soldats indiens, en particulier des Gurkhas népalais, « race martiale » par excellence, participèrent à la guerre des Boxeurs. Comme dans tout l’Empire, les Sikhs constituaient une part importante des forces de police à Hong Kong et dans les ports chinois à traité. Près d’un million de soldats indiens servirent outre-mer durant la Première Guerre mondiale et 85 000 pour combattre la rébellion irakienne en 1920. En 1945, l’armée indienne était la plus grande force militaire du monde composée de volontaires avec 2,5 millions d’hommes [98] . Après 1947 encore, les Britanniques croyaient pouvoir utiliser ce potentiel indien [99] , comme ils imaginèrent, jusqu’au début des années 1950, une armée impériale, malgré le risque identifié de stationner des troupes africaines à Gibraltar, à Malte ou en Malaisie. Mais, déjà en 1945, Nehru avait critiqué l’occupation du Sud Vietnam par les Britanniques (comparée à la guerre d’intervention de l’Italie fasciste et de l’Allemagne nazie en Espagne), des dockers à Ceylan avaient refusé de ravitailler des navires en route vers l’Indochine et les Britanniques s’étaient demandé comment opérer en Extrême-Orient sans le concours des forces des Indes [100] .

À partir de son travail sur les résidents britanniques dans le Golfe, James Onley montre à quel point la volonté de créer un cordon sanitaire autour de l’Inde a conduit à une extension de l’Empire des Indes d’Aden au Népal ; il estime que dans les années 1890, il faudrait considérer qu’il était près de 30% plus vaste que la superficie traditionnellement retenue [101] . Les conférences impériales étant avant tout tournées vers les dominions, l’Inde britannique se concentra, à partir de la Première Guerre mondiale, sur sa propre sphère sub-impériale dans tout l’océan Indien occidental, du Golfe à l’Afrique Orientale. Ce n’est qu’en 1947 et après une longue bataille que le Foreign Office prit en mains les relations avec les émirats du Golfe [102] . L’Inde, aujourd’hui, cherche à chausser les bottes de ce « Grand Raj » pour s’affirmer comme grande puissance [103] . Le partage de l’Afrique a été relié à la défense de l’Inde (il n’aurait été, si l’on suit le travail si commenté de Robinson et Gallagher, qu’« une gigantesque note de bas de page de l’empire des Indes »), de même que l’impérialisme britannique au Moyen-Orient, voire la politique en Méditerranée (John Darwin parle de « security corridor » de Gibraltar à Bombay [104] ).

La pax britannica dans la région du Golfe, construite par quelques dizaines de gentlemen de l’Indian Civil Service soucieux de respecter les rituels de sociétés néo-patriarcales [105] et par des « résidents » indiens, persans et arabes [106] , a été particulièrement durable, même après la perte de l’Inde et les tensions consécutives aux contentieux territoriaux. En plus de la protection des Indes, la région du Golfe eut un rôle majeur grâce à son pétrole et grâce à ses réserves sterling qui permirent, dans les années 1950-1960, de consolider les institutions financières britanniques. Elle permettait de projeter la puissance militaire britannique en Afrique Orientale et en Asie du Sud-Ouest, de protéger les lignes de communication maritime à travers l’océan Indien jusqu’à l’Australie et Hong Kong. Toutefois, Londres finit, à la fin des années 1960, par l’abandonner, malgré les efforts diplomatiques et financiers de Washington pour poursuivre la cooptation de son allié [107] .

En revanche, les Britanniques ne purent vraiment intégrer le Moyen-Orient à leur Empire ; le coût de l’Empire formel fut trop important, tandis que les concessions aux nationalistes ne permirent pas de limiter les faiblesses de l’emprise impériale [108] . Or ce Moyen-Orient fut acquis de manière fortuite, à la fin d’une Première Guerre mondiale qui s’est jouée ici avec peu d’hommes et sur de très vastes espaces. Après avoir redouté le scénario-catastrophe d’une connexion germano-ottomane profitant des troubles russes, les Britanniques comblèrent, durant l’année 1918, les « vides » de la Méditerranée à l’Afghanistan [109] . Pour Leo Amery, le Moyen-Orient s’inscrivait dans un « Southern British World » qui courait du Cap à Sydney et Wellington, en passant par Le Caire, Bagdad et Calcutta [110] . Plus à l’Est, le « grand croissant » allant de l’Est de l’Inde à Singapour, qui fut le « cœur commercial » de l’Empire asiatique de la Grande-Bretagne, fut le lieu d’intenses combats de 1942 à 1948 [111] .

John Darwin avance qu’hors du monde Atlantique, ce sont des « têtes de pont » qui ont été mises en place au milieu du XIXsiècle, sans un grand plan pensé à Londres, et qui donnèrent naissance à des « sub-impérialismes » [112] . Ceux-ci ont, d’une certaine manière, perduré : ainsi la répression de la rébellion Métis de 1885 fut-elle comparée, dans les journaux anglo-canadiens, à la campagne britannique au Soudan (à laquelle le Canada avait pourtant refusé de participer). Invoquant l’expansion des empires européens, Australie et Nouvelle-Zélande flirtèrent, à partir des années 1880, avec l’idée d’« Australasian Monroe Doctrine for the Pacific », en agitant initialement la menace allemande ; il en existe un écho dans l’Australie de John Howard au début du XXIe siècle [113] .

Au-delà des travaux sur la géographie comme science coloniale (voire de la domination coloniale), l’Empire est analysé comme objet géographique, avec ses artères, ses nœuds (portuaires, urbains), ses territoires productifs connectés au monde (plantations, mines) [114] . Les cartes uniformément rouges de l’Empire britannique et les modèles simples centre-périphérie ne tiennent plus guère. À l’heure où tout devient « patchwork » et « assemblage » (les identités, le droit, la gouvernance, etc.), il était inévitable que la dimension « patchwork » de l’Empire britannique soit mise en valeur. Dans son travail très complet, Andrew Thompson montre bien la diversité des rapports à l’Empire et des effets de l’Empire : il n’y a pas eu une « culture impériale » monolithique en Grande-Bretagne et l’empire n’avait pas une logique économique de par lui-même [115] . En « désagrégeant » le loyalisme de l’Afrique du Sud à l’égard de l’Empire, il apparaît « ni exclusivement “anglo”, ni exclusivement blanc, ni exclusivement mâle ». Il était « socialement divers, fortement régionalisé et multiethnique » [116] .

Le temps est à voir des réseaux partout, voire à faire une histoire mondiale privilégiant les réseaux [117] . La géographie de l’Empire britannique serait faite avant tout de réseaux et de circuits [118] , idées, pratiques et identités « se développant de manière “trans-impériale” en passant d’un site impérial à un autre [119]  ». La nouvelle histoire impériale dilue la construction nationale en la rendant poreuse (si ce n’est déterminée par la périphérie) et en la trans-nationalisant, par exemple, sous le vocable des « formations sociales impériales [120]  ». Ronald Hyam avait jadis lancé l’idée d’un Empire du sexe (de par les réseaux de prostitution), d’un Empire du sport et d’un Empire des sociétés secrètes [121] . Les études se sont depuis multipliées sur les réseaux de militantisme philanthropique [122] ou sur les réseaux familiaux [123] . La franc-maçonnerie a été qualifiée de « lubrifiant » pour les réseaux commerciaux et les flux migratoires impériaux, en particulier au XVIIIe siècle [124] . Mais on a pu montrer les limites des réseaux de municipalités dans l’Empire britannique (par exemple, dans les villes de Nouvelle-Zélande, peu tournées vers la métropole), malgré les visites de fonctionnaires et les revues présentant les pratiques urbaines [125] . Le transport aérien était limité dans l’Empire jusqu’à la Seconde Guerre mondiale [126] et les subventions pour le transport postal dans l’Empire servaient plus la gloire impériale que la rationalité économique [127] .

L’intérêt nouveau pour les Juifs dans l’Empire britannique, au-delà de la focalisation sur la déclaration Balfour, n’est-il pas lié à cette fascination pour la réticularité ? Les Juifs auraient été des auxiliaires de l’Empire informel britannique, en particulier dans ses dimensions financières et commerciales, et ont participé aux mobilisations humanitaires à forte dimension religieuse, pour la défense de leurs coreligionnaires en terre d’Islam (sans compter les plans divers pour un foyer national juif en Afrique, en Amérique latine et en Palestine…) [128] . Mais, dans un Empire de la circulation, les Juifs (surtout en provenance d’Europe de l’Est) pouvaient aussi appartenir à des réseaux anarchistes (à Londres) et criminels (en Afrique du Sud, par exemple) et être ainsi considérés comme des menaces [129] .

Plus à la mode encore que le réseau, la toile (web). Tony Ballantyne parle de « toiles impériales » fonctionnant comme « des systèmes d’échanges, de mobilités, d’appropriation et d’extraction », les toiles étant fragiles, connaissant crises et ruptures en certains points, mais étant constamment recréées et reconfigurées [130] . Après le temps où l’identité britannique semblait s’être forgée dans la boue de la Somme en 1916 ou sous le ciel de Londres en 1940, les océans sont devenus, depuis quelques années, le nouvel Eldorado de l’historiographie britannique : cyberespace de l’époque, ils auraient assuré l’inter connectivité du monde et auraient été la « glue culturelle » de l’Empire [131] , d’autant que les « lascars » des Indes constituaient 17,5% des marins employés par les compagnies britanniques [132] . Par la Marine, l’Empire était défendu comme une unité unique, avec une stratégie de communication globale [133] . Kathleen Wilson a avancé que l’identité britannique s’est forgée par le discours sur la Grande-Bretagne maîtresse des mers – reprenant, d’une certaine manière, The Expansion of England de John Robert Seeley (1883). Puis, la puissance navale fut une dimension essentielle de la construction identitaire britannique à la fin du XIXe siècle, comme en Allemagne ou au Japon [134] . L’image du marin, associée au XVIIIe siècle à la brute, s’est muée en un « symbole respectable de l’Empire », défenseur de la patrie, bon père et bon mari [135] .

La circulation existait également entre les empires : ainsi des Japonais important les savoirs américains pour coloniser Hokkaido [136] ou des sionistes se mettant un temps à l’école de l’Allemagne nazie [137] alors que leur modèle, au début du siècle, était celui de la France en Afrique Nord [138] . Les Japonais se sont intéressés, dans leurs politiques d’assimilation, à la situation en Écosse et en Irlande (mais sans en comprendre les ressorts et les limites) et ont été fiers de montrer aux Occidentaux leur œuvre de modernité en Corée [139] . En revanche, la politique musulmane menée dans l’entre-deux-guerres par les Soviétiques en Asie Centrale ressemblait plus à celle de la Turquie kémaliste qu’à celle des Empires britannique et français [140] , la législation britannique contre l’homosexualité a survécu à l’Empire mais n’a pas été copiée dans l’Empire français [141] .

Cette géographie est un défi pour l’analyse de la « politique extérieure britannique ». Pour John Darwin, Londres devait tenter d’assurer la cohérence entre les « sub-empires » « of settlement, trade and rule », mais la cohésion du système était moins l’œuvre d’une « British policy » que d’« imperial politics » complexes [142] . Londres décidait quels intérêts devaient être défendus, tandis que les groupes d’intérêt jouaient sur les désordres locaux et les ambitions (souvent exagérées) des puissances coloniales rivales pour obtenir, à Londres, de passer d’une logique d’intervention à une logique de contrôle. Ainsi de la conquête de la Birmanie. Agitant le chiffon rouge des ambitions françaises et des difficultés causées aux affaires britanniques par le pouvoir birman et par le désordre durable, des grandes maisons de la City, des chambres de commerce de province et l’India Office s’agitèrent en 1885 pour faire pression sur le gouvernement conservateur, certes, plus impérialiste que son prédécesseur libéral, mais qui devait affronter des élections et à l’intérieur duquel Randolph Churchill faisait écho à cette campagne. Mandalay fut donc conquise par les Britanniques en novembre [143] . Dès lors, la politique britannique était souvent « erratique » et « inconsistante », tandis que le contexte fluide rendait difficile la définition d’un intérêt national et l’émergence d’une idéologie impériale [144] .

D’autre part, les conflits d’intérêt étaient légion. Delhi s’agaçait de la manière dont le Foreign Office avait les yeux fixés sur les équilibres européens et l’Empire ottoman au détriment de l’extension des frontières impériales, par exemple, dans la péninsule arabique [145] . L’exagération des menées russes au Tibet permit, en 1903, au vice-roi des Indes, Curzon, d’imposer à Londres et aux diplomates en poste à Pékin une expédition britannique au Tibet, car il refusait de répondre à ses missives, et de mettre de l’ordre dans le commerce aux frontières du Sikkim, tandis que des aventuriers rêvaient à l’inaccessible capitale tibétaine [146] . Si la circulation des individus existait entre le Foreign Office et le Colonial Office, il n’y avait pas ce type d’échange avec l’Indian Office [147] .

Alors qu’il est tant question de patchwork, l’approche binaire d’Edward Saïd ne pouvait être que critiquée pour son monolithisme. Toutefois, il a bien existé un imaginaire de blocs raciaux. Si le discours racialiste théorisé fut moins prégnant en Grande-Bretagne qu’ailleurs, il imprègne la géopolitique qui naît au tournant des XIXe-XXe siècles, dans un monde qui apparaît désormais fini, « post-colombien », et enjeu de compétition généralisée, tandis que l’Empire britannique semblait connaître une crise organique [148] . Il imprégnait aussi l’autre pseudo-science de l’époque, l’eugénisme, même si les historiens ont traditionnellement distingué l’eugénisme « racial » germanique et l’eugénisme « social » britannique [149] . La construction du discours aryaniste par l’histoire et l’ethnologie permit de faire de l’Inde un « membre de la famille » et d’une communauté raciale, et servit de référence pour les loyalistes, les réformistes et les nationalistes indiens ; les Maoris en Nouvelle-Zélande étaient également reliés à l’histoire aryenne [150] . Les États-Unis, au moment où ils se lançaient dans l’aventure impériale autour de 1898, furent tentés par le modèle britannique qui les enthousiasma brièvement et par le discours sur les spécificités de la race anglo-saxonne, avant de privilégier l’exceptionnalisme nationaliste et de prétendre faire autrement et mieux que les Britanniques [151] . C’est au moment où Londres avait besoin des États-Unis pour remédier à son « imperial overstretch » que le terme « cousins américains » devint courant en Grande-Bretagne, et qu’il y eut aussi un certain culte de l’anglo-saxonisme [152] . Alors que la « métropole » britannique était restée neutre durant la guerre hispano-américaine, celle-ci provoqua l’enthousiasme en Australie où se structurait un discours sur la domination globale de la race anglo-saxonne sur des populations arriérées incapables de se gouverner elles-mêmes. Dans plusieurs grandes villes, des foules manifestèrent leur soutien devant les consulats américains et il y eut de nombreuses demandes d’engagement comme soldats ou comme infirmières [153] .

La crainte de l’islamisme ne cessa pas vraiment dans l’Empire [154] . Il fut toutefois moins question de « péril jaune » qu’en Russie, en Allemagne et aux États-Unis [155] , même si ce discours fut toutefois central en Australie [156] . Longtemps avant Huntington et en des termes plus raciaux que religieux, il était question d’une alliance possible entre « Verts » et « Jaunes», crainte qui refit surface au moment de la conférence de Bandoung [157] . Le contenu des législations restrictives vis-à-vis de l’immigration asiatique a circulé dans le monde anglo-saxon [158] . En 1908, une Ligue internationale fut créée à Seattle pour discuter de ces questions et faire pression sur les gouvernements qui ne semblaient pas aller assez loin dans leurs législations restrictives. Le tour du Pacifique de la « Great White Fleet » du Président Roosevelt, durant toute l’année 1908, était certes une démonstration de force des États-Unis, mais avait pour but, également, de montrer l’unité des peuples anglo-saxons face au « péril jaune ». Cette construction de la « whiteness » du Pacifique aurait, selon l’historien américain qui a mené le plus de travaux sur les dimensions raciales des relations internationales, durci les frontières raciales, ce qui se manifesta clairement à partir de 1941 en Asie-Pacifique [159] .

La réimpérialisation de l’histoire des relations internationales

Ce décentrage et cette « réimpérialisation » de la géographie des relations internationales ont des conséquences sur l’histoire disciplinaire des relations internationales, sur l’histoire du droit international, sur l’histoire militaire et sur l’histoire diplomatique.

L’histoire de la discipline des relations internationales est perturbée par l’intrusion de l’empire. Les analyses se sont longtemps concentrées sur le grand débat entre réalisme et idéalisme. Mais il existait entre les deux guerres une réflexion sur l’internationalisme, afin d’aller au-delà de l’État-nation dont la logique avait fait tant de mal durant la Grande Guerre, sans céder à l’utopie de l’État mondial, ainsi qu’une pensée de la coordination nécessaire entre les unités politiques pour réguler des pratiques de plus en plus internationalisées, puisque la seule « conscience du monde civilisée » ne suffisait pas à empêcher les guerres. L’Empire britannique pouvait fournir cette gouvernance transnationale éclairée, servie par sa cohésion culturelle, puisqu’il était considéré, dans les années 1930, comme « the final protector of Western civilization ». L’impérialisme « sain » du Commonwealth et les mandats pour protéger, éduquer et civiliser les populations arriérées, étaient non seulement légitimes, mais une solution aux problèmes du temps [160] . Quitte à ce que l’humanitarisme de l’« anglo-world » déteigne sur la Société des Nations (SDN) pour faire évoluer les normes globales, comme le trafic des femmes et des enfants [161] .

La question des liens entre libéralisme et empire a dès lors été reposée [162] . John Stuart Mill a applaudi aux colonies de peuplement comme vecteurs de civilisation (self-government and liberty), puis est devenu plus critique à cause des violences qu’elles engendraient [163] . Le « libéral » Gladstone était bien ambivalent vis-à-vis de l’abolition de l’esclavage – et pas seulement parce que son père était un des principaux propriétaires d’esclaves des Indes occidentales britanniques [164] . Cette dimension impériale est toutefois loin d’être exclusive dans la pensée libérale du XIXe siècle [165] . Dans son énorme travail sur la crise des années 1930, Robert Boyce insiste sur le poids des préjudices raciaux des Britanniques, qui voyaient dans le libéralisme une spécificité anglo-saxonne, mais s’en éloignèrent à partir de 1927, au risque de perturber l’ensemble du système économique international [166] .

L’histoire du droit international, en particulier lorsqu’à partir du XIXe siècle celui-ci fut constitué comme science et considéré comme le moteur du progrès, grâce à l’« esprit d’internationalité » qu’il devait véhiculer, est désormais articulée à l’histoire de l’impérialisme. Non seulement le droit international fut autant utilisé que la force dans la mise en dépendance de l’Extrême-Orient [167] ou du Congo belge (avec le soutien du professeur britannique de droit international Sir Travers Twiss [168] ), mais il se serait construit au XIXe siècle sur la négation de la souveraineté des unités politiques qui ne remplissaient pas les « standards de civilisation » définis par l’Europe, voire par le libéralisme internationaliste anglo-saxon autour du Commerce, de la Démocratie et du Christianisme, et donc n’auraient pas la capacité à la réciprocité, fondement des relations entre États « civilisés ». Fruit de l’histoire européenne, il ne pouvait s’appliquer dans des territoires non-civilisés [169] .

Cette conditionnalité de la souveraineté au nom de la « civilisation » est d’autant plus étudiée qu’il est question, depuis dix ans, de « souveraineté comme responsabilité », de « souveraineté partagée », voire de « souveraineté suspendue », et de retour à des formes de protectorats internationaux [170] – les pratiques du Haut Représentant Paddy Ashdown en Bosnie-Herzégovine ayant été comparées au Raj britannique [171] , dans un contexte de retour à l’absolutisme moral et au paternalisme qui rapelle le XIXe siècle [172] . Cette évolution (pour certains, ce retour en arrière) a contribué à une relecture des mandats de l’entre-deux-guerres, puisque les puissances mandataires devaient rendre des comptes pour leur administration, en partie placée désormais sous surveillance internationale [173] .

Être un État devenait une ressource et une protection, mais seules les puissances européennes et les États-Unis pouvaient donner le certificat d’existence d’un État, et ils le refusèrent souvent – voire revinrent sur leur parole. On ne citera qu’en passant les tribulations de Singapour à Istanbul, et Londres, du fils du Sultan Panthay qui cherchait à mettre son sultanat sous la protection de l’Empire britannique, voire de proposer, une fois que les Mandchous auraient été vaincus avec l’assistance britannique, que la reine Victoria devienne impératrice de Chine [174] . Le roi birman Mindon crut bien pouvoir obtenir une reconnaissance après l’annexion par les Britanniques de la moitié de son royaume, afin de ne pas devenir l’équivalent d’un « État princier » des Indes. Calcutta se méfia donc beaucoup du voyage du Kinwun Min-gyi en Europe, puisqu’il risquait de mener à une reconnaissance internationale du royaume birman comme État indépendant et à un soutien de la France. Certes, Min-gyi fut reçu par la reine Victoria, mais pas au Foreign Office, et n’obtint qu’une vague promesse d’établissement d’un véritable consulat britannique à Rangoon. Mais symboliquement, cela signifiait que le royaume était autre chose qu’un appendice des Indes britanniques. Des traités furent négociés à Rome et à Paris [175] . Néanmoins, ce sont surtout les États-Unis qui se sont fait une spécialité de tuer dans l’œuf des États qu’ils avaient contribué à établir à Hawaï [176] et aux Philippines [177] , sans compter la confiscation de la guerre d’indépendance cubaine [178] , et ils sont considérés aujourd’hui comme les principaux complices des Japonais pour faire disparaître l’indépendance coréenne entre 1905 et 1910 [179] .

Les empires et, en particulier, l’Empire britannique, étaient des patchworks juridiques… Et hiérarchiques. Pour Ann Laura Stoler, tous les empires sont fondés sur des « gradated variations and degrees of sovereignty and disenfranchisement [180]  ». Contre l’idée d’une expansion de la société internationale, développée par l’« école britannique des relations internationales [181]  », Edward Keene a proposé de mettre en valeur la « stratification » de la société internationale, fondée sur l’étude des centaines de traités signés par la Compagnie des Indes puis la Grande-Bretagne. Ceux-ci semblaient reconnaître une certaine souveraineté qui, seule, permettait la session de territoires ainsi que la réciprocité commerciale (de fait, largement à sens unique), mais cette souveraineté était limitée aussitôt par la protection impériale [182] . Lauren Benton estime, pour sa part, que l’Empire britannique n’appartenait pas au droit international, les situations de quasi-souveraineté relevant du droit constitutionnel impérial [183] . Les historiens américains du droit montrent aujourd’hui, dans le sillage des débats sur Guantanamo, la complexité des entrelacs juridiques de l’impérialisme américain [184] .

Les relations avec les « États princiers » des Indes sont désormais mieux étudiées et réévaluées : si la politique de « non interférence » entre les deux guerres entraîna une dégradation de la gouvernance dans ces États, les Britanniques ne renièrent qu’au dernier moment les traités qui les liaient à eux (tout en étant partagés sur la nécessité de leur forcer la main pour qu’ils n’aient le choix d’intégrer que l’Inde ou le Pakistan), et les princes servirent longtemps de contrepoids au mouvement nationaliste [185] . Le « modèle indien » fut « exporté au Yémen [186]  », mais aussi dans la péninsule malaise, à Zanzibar ou au Nord du Nigeria. David Low a montré comment les Britanniques en Ouganda ont utilisé toutes leurs techniques « juridiques » de contrôle direct, de maintien d’autorités politiques distinctes et de création de ces autorités politiques dans des « sociétés sans États », tout en jouant des rivalités entre « royaumes » [187] . Le faste cérémonial réservé aux relations avec les princes et rois de l’Empire, par lequel les élites britanniques reproduisaient (et renforçaient en Grande-Bretagne même) leur vision des hiérarchies sociales [188] doit être relié à la redécouverte de l’importance des liens dynastiques, mais aussi de la symbolique associée aux relations entre les têtes couronnées dans le théâtre international, non seulement en Europe mais aussi dans les relations avec les États non-européens [189] . Les limites de la capacité britannique à jouer les têtes couronnées sont apparues à Brunei lorsque le sultan refusa les réformes politiques et l’intégration dans la fédération malaise [190] .

Dans les Îles ioniennes, en Crète ou à Chypre, les Britanniques choisirent une présence légère (ce qui n’empêchait pas des ambitions modernisatrices) et acceptèrent l’influence des institutions culturelles et religieuses grecques ; ils ne purent pas vraiment faire face à l’irrédentisme grec, qu’ils n’aimaient guère. Les Grecs des Îles ioniennes, que le Colonial Office souhaitait « civiliser », en particulier par le droit, étaient parfois comparés à des aborigènes européens, mais surtout aux Irlandais, car, dans leurs villages, ils étaient encadrés par des autorités religieuses, et étaient portés sur la boisson et la bagarre [191] .

Les Britanniques ont également été de grands adeptes des confédérations, avec des motivations économiques certes, mais également stratégiques : au Canada pour éviter l’absorption par les États-Unis, en Australie pour faire face au « péril jaune » (mais après le temps des équipes communes aux Jeux olympiques de 1908 et 1912 sous le drapeau de l’Australasie, la Nouvelle-Zélande choisit de faire cavalier seul [192] ) ou en Afrique du Sud face à la menace allemande. La formule a été reproduite durant la décolonisation, au Centre de l’Afrique face à un possible Afrikanerdom en expansion (mais aussi pour répondre aux demandes pressantes des settlers et pour assurer l’approvisionnement de la Grande-Bretagne en uranium et en minerais du Katanga [193] ) et en Malaisie pour faire face au communisme et préserver Singapour [194] .

Tout en créant des Empires, et en faisant disparaître du droit international la référence aux empires, les puissances occidentales ont diffusé la grammaire de l’État-nation et de la géopolitique [195] . L’histoire des relations internationales a fait les États autant que les États ont fait les relations internationales. Les intrusions des puissances européennes, le champ magnétique et, souvent, leurs conseils et leur intermédiation ont contribué à la structuration en États de la « périphérie » non colonisée. Cela a été décrit pour les empires musulmans, ottoman, perse, afghan [196] . Les puissances impériales ont pu profiter, paradoxalement, des révoltes et dissidences provoqués par les efforts centralisateurs des pouvoirs qui cherchaient à se constituer en États centralisés et clairement délimités. Les États non colonisés ont pu profiter des ressources de la souveraineté dans leur politique extérieure et intérieure, même s’ils ont aussi dû composer avec la « pédagogie » des Occidentaux, en particulier des Britanniques [197] .

L’ordre international occidental, dont les unités sont des États-nations, commence même à être décrit défavorablement par rapport à l’ordre hiérarchique « chinois », qui aurait été moins impérialiste et moins belligène [198] , et qui fait aujourd’hui l’objet de multiples travaux (qui en montrent la complexité historique et géographique) [199] , et devient thème de propagande d’une puissance chinoise insistant sur l’« harmonie » et la non-ingérence. Cet ordre occidental peut être considéré comme le problème et non comme la solution dans la question tibétaine. À la forte autonomie historique du Tibet, couplée à la flexibilité des relations entre le pouvoir tibétain et la dynastie Qing, à la spécificité du fonctionnement du pouvoir tibétain (entre pouvoir politique et pouvoir religieux, entre centralisation et décentralisation, etc.) et à un système complexe et non linéaire de frontière, aurait succédé l’alternative binaire entre l’assimilation dans l’État-nation chinois et l’indépendance d’un État tibétain aux frontières clairement délimitées [200] .

Motivés en partie par l’agenda international depuis les années 1970, les historiens se sont intéressés aux formes de coopération internationale et de diplomatie pour favoriser « le bien » et lutter contre « le mal ». Dès lors, l’Empire britannique devient un précurseur de ce « global meliorism ». Les dimensions diplomatiques de l’anti-esclavagisme sont désormais mises en valeur, voire ce qui apparaît comme un précurseur des tribunaux internationaux, les « antislavery courts [201]  ». Il est aisé de retrouver les accents actuels du monde humanitaire vantant les limitations de la souveraineté dans les mobilisations associatives et les pratiques impériales, dans les efforts pour s’en prendre à l’excision au Soudan ou pour condamner les horreurs belges au Congo [202] . Mais les Britanniques ont toujours été réticents aux régulations sanitaires contraignantes (la quarantaine), car elles seraient un obstacle au libre-échange et obligeraient à limiter le pèlerinage de « leurs » musulmans à La Mecque, ce qui était difficile au moment où Abdülhamid II jouait la carte panislamique [203] . Ils ont traîné les pieds dans les négociations internationales sur l’opium, l’Indian Office et le Colonial Office étant les plus réticents [204] .

Après le 11 septembre 2001, l’histoire du terrorisme et de la coopération internationale contre le terrorisme à la fin du XIXe siècle ont été redécouverts [205] . Si l’attention s’est plutôt portée sur les réticences britanniques à se ranger derrière les projets des régimes autoritaires et à remettre en cause une longue tradition d’accueil des opposants politiques [206] (ce qui n’empêchait pas des coopérations ponctuelles avec les polices italiennes ou françaises [207] ), l’étude du terrorisme dans l’Empire britannique a connu un nouvel élan. Le terrorisme irlandais était antérieur au terrorisme russe [208] . Il a influencé le terrorisme bengalais du début du XXe siècle, lequel pouvait toutefois puiser dans un répertoire « local », en particulier historique et religieux [209] . La police secrète au Canada est née de la nécessité de surveiller dans le pays les activités des Fenians dans les années 1860-1870 puis des Indiens au début du XXe siècle [210] .

Les efforts de « désoccidentalisation » de l’histoire militaire se sont accrus. Si cette histoire reste encore souvent, pour le monde extra-européen, assez périphérique [211] , le maître de la discipline, Jeremy Black, l’a réinsérée dans ses propres travaux et dans la collection qu’il édite [212] , tandis que des études s’intéressent à la façon dont l’Occident a interprété les manières « orientales » de faire la guerre [213] . Pendant que l’histoire économique interroge l’avance européenne au XVIIIe siècle, Peter Lorge avance que la révolution militaire a été entamée en Asie dès les XIIe-XIIIsiècles [214] . En revanche, les empires ont participé à une globalisation militaire, en envoyant leurs soldats des colonies bien loin de leurs terres [215] . Inversement, au niveau local, la « pendjabisation » de l’armée des Indes a permis de consolider le pouvoir britannique au Pendjab, mais aussi les propriétaires terriens, et la région a globalement profité de cette position particulière [216] .

La Grande-Bretagne est le pays qui a mené le plus de guerres aux XIXe et XXe siècles, sans que ce constat ait vraiment amené, comme pour les États-Unis aujourd’hui [217] , à en évaluer toutes les conséquences politiques, économiques et culturelles. Les empires ont pu servir de laboratoire pour certaines pratiques militaires. L’histoire du renseignement ne peut ignorer l’Empire, non seulement en termes de sécurité impériale globale, mais dans sa logique de surveillance et de contrôle – et donc, en tant que pratique de pouvoir impérial. Le « pape » de l’histoire du renseignement britannique a certes inclus quelques éléments sur les enjeux impériaux (en particulier la surveillance des connexions possibles entre les Allemands et les nationalistes indiens durant la Première Guerre mondiale, et les efforts pour faire face au terrorisme des extrémistes sionistes au sortir de la Seconde) dans sa monumentale histoire du Security ServiceMilitary Intellligence, Section 5 (MI5) [218] . Mais il n’a jamais vraiment été intéressé par les travaux de Christopher Bayly ou de Martin Thomas [219] .

Parmi les rumeurs qui entretenaient la nervosité des autorités britanniques aux Indes, un demi-siècle après la mutinerie de 1857, le possible soutien japonais aux « révolutionnaires » inquiétait particulièrement ; des Bengalais en habit occidental furent suspectés d’être des espions japonais [220] . En 1915, les Britanniques eurent vent de possibles connexions japonaises avec les efforts allemands pour déstabiliser l’Empire des Indes et Delhi créa un réseau d’experts de l’Extrême-Orient pour surveiller les possibles manœuvres japonaises [221] . S’ils étaient obsédés par les sources extérieures de déstabilisation (notamment le communisme), les services britanniques ont suivi aussi les contacts et la fascination réciproque entre mouvements nationalistes irlandais et indiens [222] . Les années 1930 ont vu une nouvelle inquiétude britannique à cause de la vulnérabilité de l’Empire, par exemple, au Moyen-Orient face à la propagande et aux manœuvres allemandes et italiennes [223] . Les débuts de la guerre froide en Extrême-Orient avait moins à voir avec la main de Moscou qu’avec l’utilisation par les acteurs locaux du contexte de la nouvelle ligne moscovite des « deux camps » de 1947 [224] . Il faudrait étudier systématiquement les efforts diplomatiques et politiques des puissances pour miner les empires, en particulier en temps de guerre ; ainsi des manœuvres japonaises à l’encontre des Empires français et britanniques, mais aussi de l’Empire russe de la Finlande au Caucase [225] .

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, en un temps où la jeune discipline du droit international cherchait à encadrer l’activité guerrière tout en la considérant comme naturelle dans un monde d’États souverains, il n’était question pour les « interventions », les « représailles » et les guerres impériales ni de jus ad bellum ni de jus in bello [226] . Là encore, la distinction était faite entre la famille des nations civilisées et « le reste ». Les Japonais s’efforçaient, par exemple, de se faire reconnaître dans cette famille, en particulier en prétendant se soumettre aux règles du jus in bello [227] .

Dès lors, il est légitime de se demander dans quelle mesure la guerre fut menée différemment à la périphérie et au centre, si la périphérie fut un exutoire pour la violence du centre, qui en gagna une quasi-paix européenne durant un siècle, et si la fermeture de la fenêtre d’opportunité de la supériorité technologique occidentale, dès le début du XX siècle, a provoqué une escalade de la violence coloniale [228] . La pratique des trophées corporels (cheveux, os, etc.) est avérée ; elle est issue des habitudes de chasse et d’un souci de collectionner et classifier, mais aussi de la certitude que la guerre coloniale était menée contre des « sauvages [229]  ». L’utilisation du gaz est confirmée pour l’Italie dans ses colonies, mais non pour les Britanniques en Irak (qui avaient déjà hésité à employer le gaz lacrymogène pour le contrôle des foules en Inde ou à Shanghai) [230] . Si les camps d’internement durant la guerre des Boers ont marqué les esprits (en particulier à cause de la manière dont l’historiographie et la mémoire Afrikaner les ont utilisés [231] ), si l’ampleur de la répression au Kenya, dans les années 1950, est désormais pointée du doigt [232] , la brutalité de la reprise en main militaire en Palestine, à la fin des années 1930, donna rarement lieu à des atrocités [233] . Au-delà de la question spécifique des « indigénocides », il n’y a pas vraiment, pour la Grande-Bretagne, de recherche sur l’influence de la brutalisation coloniale sur le comportement de ses militaires sur le théâtre européen, comme pour l’Allemagne ou pour l’Espagne [234] . Mais il est question, désormais, de la circulation des modèles de contre-insurrection à la périphérie après 1945, notamment celui qui mêlerait regroupements forcés de population et violences extrêmes hors de ces centres. Expérimenté en Biélorussie en 1944 par les nazis, il fut également pratiqué par les Britanniques en Malaisie [235] .

Enfin, il faut peser les conséquences de la géographie complexe sur les choix diplomatico-stratégiques de Londres. Des débats ont eu lieu récemment sur l’entrée en guerre des Britanniques en 1914 : dans quelle mesure la perception de la menace allemande était-elle plus importante que la nécessité de conserver de bonnes relations avec la Russie, afin de préserver les Indes, et de « contrôler » une possible victoire française et russe qui aurait eu d’importantes conséquences pour l’Empire britannique [236]  ? Les deux guerres mondiales ont fait perdre à la Grande-Bretagne son empire et sa prééminence financière. Depuis les années 1980, des historiens britanniques conservateurs vouent aux gémonies les Premiers ministres (Grey et Churchill) qui ont lancé leur pays dans ces aventures suicidaires, d’autant qu’elles ont eu des conséquences catastrophiques aussi pour le continent européen, en particulier avec le triomphe du bolchevisme, matrice des horreurs du XXsiècle [237] .

La politique d’« appeasement » ne peut se comprendre hors de la difficulté britannique à affronter simultanément l’Allemagne, l’Italie, qui apparaît de plus en plus comme un pays hostile à la domination britannique en Méditerranée et au Moyen-Orient [238] , et le Japon qui menaçait les positions britanniques en Asie et dans le Pacifique. Il ne faut certes pas exagérer le facteur « Dominions » dans la politique d’« appeasement » des années 1930 et lors de la crise de Munich. Le Dominion Office, créé en 1925, avait peu de poids, et le Foreign Office estimait que les dominions ne comprenaient guère l’intérêt de l’Empire dans son ensemble. Chamberlain qui avait été furieux de l’attitude des Canadiens et des Australiens lors de la conférence impériale de 1932, avait assuré qu’il ne voulait plus jamais voir le Canada et ne s’intéressa plus guère à l’Empire – alors qu’il avait voulu être secrétaire aux Colonies et poursuivre l’œuvre impériale de son père [239] . Toutefois, selon Andrew Stewart, la Nouvelle-Zélande et l’Australie (avec des réticences), seules, auraient combattu en cas de guerre en 1938, décidée pour une cause peu mobilisatrice (empêcher la minorité allemande « discriminée » de Tchécoslovaquie de rejoindre l’Allemagne), alors que les dominions plaidaient pour des concessions à Hitler. Même en 1939, la décision sud-africaine a failli mener à une guerre civile, même si, en définitive, la guerre fut la « finest hour » de l’identité britannique en Afrique du Sud [240] . L’Irlande du Nord fut exclue du Conscription Act. La neutralité de l’Eire évitait le risque d’une guerre civile et d’une transformation radicale d’un jeune État rural, et de donner un prétexte pour un « retour » des Anglais. Mais elle fut presque plus favorable à ceux-ci qu’un engagement irlandais. Le renseignement allemand y était faible et vite intercepté ; les Irlandais coopérèrent pour le renseignement et participèrent à l’économie de guerre britannique – et aussi à l’effort militaire [241] .

La fin de l’Union soviétique pèse sur l’historiographie de la Seconde Guerre mondiale. L’ouverture d’archives à l’Est de l’Europe a permis de reconsidérer les terribles réalités de la guerre qui y fut menée et de mieux inclure la « Solution finale » dans l’histoire de la guerre. La sortie du communisme a fait mettre l’accent sur les souffrances des pays de l’Est infligées par l’Union soviétique dès 1939 et généralisé le sentiment que 1945 à l’Est fut autre chose qu’une libération et une victoire de la liberté sur le totalitarisme [242] . Dans un contexte de renouveau de la « special relationship » durant la « Global War on Terror », il a été de bon ton de mettre l’accent sur ce qui a, dans l’histoire, rapproché les décideurs des deux plus grandes démocraties, les États-Unis et la Grande-Bretagne, qui ont mené une « good war [243]  ». Mais partout où les Américains découvraient le monde durant la guerre, ils rencontraient les intérêts impériaux britanniques, alors même que les réticences de l’opinion américaine à entrer en guerre jusqu’à la fin de 1941 s’expliquent par le refus d’être amené à combattre pour préserver ces intérêts [244] . Les intérêts impériaux britanniques nourrirent les contentieux anglo-américains durant toute la guerre [245] .

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, la Grande-Bretagne, qui s’était trouvée après 1940 « seule championne de l’ancien ordre colonial [246]  », a voulu jouer le rôle de « big brother of the European colonial fraternity [247]  ». Elle a aidé à la reconstitution de l’Empire français, certes beaucoup moins en Syrie qu’en Indochine [248] , et Bevin a promu une « entente néo-coloniale » (Marc Michel) franco-britannique, afin de constituer une sorte de troisième force entre les deux Grands [249] . Comme pour la France, l’Empire fut un instrument essentiel pour retrouver la puissance après la Seconde Guerre mondiale, et Londres a donné une nouvelle dimension à l’impérialisme rénové et modernisateur initié dans les années 1930 [250] . Grâce à l’Empire et à ses bases, grâce aux dollars acquis par la Malaisie et la Gold Coast, la Grande-Bretagne pouvait rester une puissance mondiale, tout en jouant de ce rôle mondial pour obtenir le soutien américain face aux mouvements nationalistes et aux critiques internationales. La guerre froide et, en particulier, la relation spéciale avec les États-Unis, fut donc un atout pour Londres [251] .

Il est donc important de prendre en compte les différentes échelles impériales dans l’écriture de l’histoire des relations internationales et dans son enseignement. Bien sûr, il est possible de faire valoir que ces nouveaux travaux sont le résultat d’un effet de mode, en un temps où il est question de crise de l’État-nation, de globalisation, d’Empire américain, de désoccidentalisation du monde, etc., et que la structuration professionnelle du champ académique anglo-saxon encourage souvent à trans-nationaliser et à mondialiser les histoires nationales et internationale. Un historien américain s’est félicité récemment de la capacité d’adaptation de l’histoire diplomatique américaine à l’international history et à la world history, et de la reconnaissance de son apport à ces deux nouvelles disciplines, mais sans insister sur l’échelle impériale [252] . Il est vrai que nombre d’auteurs ont été tentés d’ignorer les apports de l’histoire classique des relations internationales, voire de la mépriser comme la « nouvelle histoire » à la française avait été tentée de le faire. Mais cette histoire statocentrée est elle aussi le produit d’une époque où la nationalisation de l’histoire a accompagné la solidification de la forme étatique-nationale [253] – tout en étant le produit de circulations transnationales et de constructions par le colonisateur. Elle n’a été hégémonique qu’après la décolonisation, et il y a beaucoup à puiser dans les écrits sur les Empires, notamment des années 1930 à 1950. Surtout, rien n’empêche de faire le tri dans la production contemporaine et d’opérer une fécondation in vitro maîtrisée, sans nécessairement diluer l’histoire nationale dans le colonial et le transnational, ou l’histoire des relations internationales dans le global.

Notes :

[1] En raison du programme des concours en histoire pour les années 2009-2011 portant sur « Le monde britannique 1818-1931 », nous avons jugé indispensable de déroger à nos règles éditoriales, concernant la taille maximale des articles, en publiant dans son intégralité ce texte. Ndlr

[2] Je remercie Andrew Barros, Claire Fredj et Talbot Imlay pour leurs critiques constructives sur une première version du texte. Les insuffisances sont toutefois de ma seule responsabilité.

[3] Jean-François Bayart et Romain Bertrand, « De quel “legs colonial” parle-t-on ? », Esprit, décembre 2006, et « Legs colonial et gouvernance contemporaine », Document de travail de l’Agence française de développement, mars 2006.

[4] Randall Schweller, Deadly Imbalances. Tripolarity and Hitler’s Strategy of World Conquest, New York, Columbia University Press, 1998.

[5] Andreas Wimmer et Brian Min, « The Location and Purpose of Wars Around the World: A New Global Dataset, 1816-2001 », International Interactions, 2009, n°35  (4).

[6] Ainsi du décevant Pierre-Yves Saunier et Akira Iriye (eds.), The Palgrave Dictionary of Transnational History, Basingstoke, Palgrave, 2009.

[7] Le livre de Barbara Bush, Imperialism and Postcolonialism, Londres, Pearson, 2006 est une bonne synthèse de ces transformations historiographiques.

[8] Martin W. Lewis et Kären E. Wigen (eds.), The Myth of Continents. A Critique of Metageography, Chapel Hill, University of Carolina Press, 1997 ; Christian Grataloup, L’Invention des continents, Paris, Larousse, 2009. Mais aussi, pour le Moyen-Orient, par exemple, Thomas Scheffler, « “Fertile Crescent”, “Orient”, “Middle East”: The Changing Mental Maps of Southwest Asia », European Review of History, 2003, n°10 (2) ; Vincent Capdepuy, « Proche ou Moyen-Orient ? Géohistoire de la notion de Middle East » , Espace géographique, 2008/3, et pour l’Asie du Sud-Est, Paul H. Kratoska ET alii (eds.), Locating Southeast Asia: Geographies of Knowledge and Politics of Space, Athens, Ohio University Press, 2004.

[9] Laura Ann Stoler, « Imperial Formations and the Opacities of Rule », in Craig Calhoun, Frederick Cooper et Kevin W. Moore (eds.), Lessons of Empire. Imperial Histories and American Power, New York, The New Press, 2006, p. 54.

[10] Ce sont les expressions employées pour l’Empire russe par Jane Burbank et Mark von Hagen, « Coming into Territory: Uncertainty and Empire », in Jane Burbank, Mark von Hagen et Anatolyi Remnev (eds.), Russian Empire. Space, People, Power, 1700-1930, Bloomington, Indiana University Press, 2007.

[11] John W. Garver, Protacted Contest. Sino-Indian Rivalry in the Twentieth Century, Washington, University of Washington Press, 2001 et China and Iran. Partners in a Post-Imperial World, Washington, University of Washington Press, 2006.

[12] Madhavi Thampi (ed.), India and China in the Colonial World, New Delhi, Social Science Press, 2005.

[13] Soli Shahvar, « Communications, Qajar irredentism and the Strategies of British India: The Makran Coast Telegraph and British Policy of Containg Persia in the East », Iranian Studies, septembre et décembre 2006.

[14] Carter Vaughn Findley, The Turks in World History, Oxford, Oxford University Press, 2005, en particulier p. 140-155 ; Uradyn E. Bulag, « Where is East Asia? Central Asian and Inner Asian Perspectives on Regionalism », Japan Focus, 12 octobre 2005 ; Stephen Kotkin, « Ab Imperio: Exchange and Governance across the Post-Mongol Space », Kritika, 2007, n°8 (3).

[15] Peter Purdue, China Marches West. The Qing Conquest of Central Asia, Cambridge (Mass.), Harvard University Press, 2005 ; James A. Millward, Eurasian Crossroads. A History of Xinjiang, Londres, Hurst, 2007.

[16] Eric Tagliacozzo (ed.), Southeast Asia and the Middle East. Islam, Movement and the Longue Durée, Palo Alto, Stanford University Press, 2009.

[17] Hsiao-Ting Lin, « From Rimland to Heartland: Nationalist China’s Geopolitics and Ethnopolitics in Central Asia, 1937-52 », The International History Review, mars 2008 et « War, Leadership and Ethnopolitics: Chiang Kai-shek and China’s frontiers, 1941-1945 », Journal of Contemporary China, mars 2009.

[18] Jean Heffer, Les États-Unis et le Pacifique : histoire d’une frontière, Paris, Albin Michel, 1995 ; et, surtout, Bruce Cumings, Dominion from Sea to Sea. Pacific Ascendancy and American Power, New Haven, Yale University Press, 2009.

[19] Thomas F. O’Brien, Making the Americas. The United States and Latin America from the Age of Revolutions to the Era of Globalization, Albuquerque, University of North Mexico Press, 2007 et les titres des collections « The United States and the Americas » (Georgia, The University of Georgia Press) et American Encounters/Global Interactions (Durham, Duke University Press).

[20] Edward Simpson et Kai Kresse (eds.), Struggling with History. Islam and Cosmopolitanism in the Western Indian Ocean, New York, Columbia University Press, 2008.

[21] Markus P. M. Vink, « Indian Ocean Studies and the “new thalassology” », Journal of Global History, 2007 n°2 ; Claire Anderson, « “Process Geographies” of Mobility and Movement in the Indian Ocean: A Review Essay », Journal of Colonialism and Colonial History, hiver 2007 ; Romain Bertrand, « L’histoire connectée et les relations euro-asiatiques », Revue d’histoire moderne et contemporaine, 2007, n°54-4bis ; Un Journal of the Indian Ocean Region paraîtra à partir de 2010 chez Routledge.

[22] R. Bin Wong, « Entre monde et nation : les régions braudéliennes en Asie », Annales HSS, janvier-février 2001 ; François Gipouloux, La Méditerranée asiatique. Villes portuaires et réseaux marchands en Chine, au Japon et en Asie du Sud-Est, XVIe-XXIe siècle, Paris, CNRS Éditions, 2009 ; Shigeru Akita, « British Informal Empire in East Asia, 1880-1939 », in Raymond E. Dumett (ed.), Gentlemanly Capitalism and British Imperialism. The New Debate on Empire, Londres, Longman, 1999 ; S. Sugiyama et Linda Grove (eds.), Commercial Networks in Modern Asia, Londres, Curzon, 2002 ; Takashi Hamashita (ed.), China, East Asia and the Global Economy. Regional and Historical Perspectives, Londres, New York, Routledge, 2008 ainsi que les travaux d’A. J. H. Latham.

[23] Ainsi, lorsqu’on compare David Armitage et Michael J. Braddick (eds.), The British Atlantic World, 1500-1800, Basingstoke, Palgrave, 2002 et Toyin Falola et Kevin D. Roberts (eds.), The Atlantic World, 1450-2000, Bloomongton, Indiana University Press, 2008. Aussi, Aaron Spencer Fogleman, « The Transformation of the Atlantic World, 1776-1867 », Atlantic Studies, avril 2009.

[24] John C. Weaver, The Great Land Rush and the Making of the Modern World, 1650-1900, Montréal, Kingston, McGill-Queen’s University Press, 2003 ; Caroline Elkins et Susan Pedersen (eds.), Settler Colonialism in the Twentieth Century, Londres, New York, Routledge, 2005 ; Stuart Bannier, Possessing the Pacific. Land, Settlers, and Indigenous People from Australia to Alaska, Cambridge, Harvard University Press, 2007 ; Nichola Breyfolge, Abby Schrader, William Sunderland (eds.), Peopling the Russian Periphery. Borderland Colonialisation in Eurasian History, Londres, New York, Routledge, 2007 ; sur la politique chinoise : Joanna Waley-Cohen, « Expansion and Colonization in Early Modern Chinese History », History Compass, 2004, n°2 ; James Reardon-Anderson, Reluctant Pioneers. China’s Expansion Northward, 1644-1937, Palo Alto, Stanford University Press, 2005.

[25] Emmanuelle Jouannet, « La disparition du concept d’Empire ».

[26] Joseph W. Esharick, Hasan Kayali et Eric Van Young (eds.), Empire to Nation. Historical Perspectives on the Making of the Modern World, Lanham, Rowman & Littlefield, 2006.

[27] Robert Cribb et Li Narangoa, « Orphans of Empire: Divided Peoples, Dilemnas of Identity, and Old Imperial Borders in East and Southeast Asia », Comparative Studies in Society and History, janvier 2004.

[28] Pierre Grosser, « Les empires et l’histoire : entre condamnation et réhabilitation », Questions internationales, juillet-août 2007.

[29] Jonathan Schneer, London 1900. The Imperial Metropolis, New Haven, Yale University Press, 1999 ; John M. Mackenzie, « “The Second City of the Empire”: Glasgow – imperial municipality », in Felix Driver et David Gilbert (eds.), Imperial cities, Manchester, Manchester University Press, 1999.

[30] Robert Bickers et Christian Henriot (eds.), New Frontier. Imperialism’s New Communities in Asia, 1842-1953, Manchester, Manchester University Press, 2000.

[31] Terry Martin, The Affirmative Action Empire. Nations and Nationalism in the Soviet Union, 1923-1939, Ithaca, Cornell University Press, 2001 ; Francine Hirsch, Empire of Nations. Ethnographic Knowledge and the Making of the Soviet Union, Ithaca, Cornell University Press, 2005 ; Nicolas Werth, « Le “nettoyage” des frontières soviétiques dans les années 1930 », in Sophie Coeure et Sabine Dullin (dir.), Frontières du communisme, Paris, La Découverte, 2007 ; Yaacov Ro’i, « The Transformation of Historiography of the “Punished Peoples” », History and Memory, automne-hiver 2009.

[32] Dominic Lieven, Empire. The Russian Empire and Its Rivals, Londres, John Murray, 2000, prolongé, par exemple, par Victor N. Zakharov, « The Russian Empire. Main Features and Particularities », in Mary N. Harris et Csaba Levas (eds.), Europe and Its Empires, Pise, Plus-Pisa University Press, 2008.

[33] Mark Von Hagen, « Empires, borderlands and diasporas: Eurasia as Anti-Paradigm for the Post-Soviet era », American Historical Review, avril 2004, et la revue Ab Imperio ; Georgiy Kasianov et Philipp Ther (eds.), A Laboratory of Transnational History. Ukraine and Recent Ukrainian Historiography, Budapest, Central European University Press, 2009.

[34] Alfred J. Rieber, « How Persistent are Persistent Factors? », in Robert Legvole (ed.), Russian Foreign Policy in the 21st Century and the Shadow of the Past, New York, Columbia University Press, 2007.

[35] Alfred J. Rieber, « Stalin, Man of the Borderlands », The American Historical Review, décembre 2001 ; Liliana Riga, « Reconciling Nation and Class in Imperial Borderlands: the Making of Bolshevik Internationalists Karl Radek and Feliks Dzierzynski in East Central Europe », Journal of Historical Sociology, décembre 2006. Pour l’Empire ottoman, Erik Jan Zürcher, « The Young Turks – Children of the Borderlands? », Leiden Project Working Paper, octobre 2002.

[36] Philip Ther, « Imperial instead of National History: Positioning Modern German History on the Map of European Empires », in Alexei Miller et Alfred J. Rieber (eds.), Imperial Rule, Budapest, Central European University Press, 2004 ; Edward Ross Dickinson, « The German Empire: An Empire? », History Workshop Journal, 2008, n°66 (1) ; Charles W. Ingrao et Fanz A. J. Szabo (eds.), The Germans and the East, Lafayette, Purdue University Press, 2008 ; Sebastian Conrad, « Transnational Germany », in James Retallack (ed.), Imperial Germany, 1871-1918, Oxford, Oxford University Press, 2008 ; Matthew Jefferies, Contesting the German Empire, 1871-1918, Oxford, Blackwell, 2008, chap. 5.

[37] Michael Burleigh, Germany Turns Eastwards. A Study of Ostforschung in the Third Reich, Cambridge, Cambridge University Press, 1988 ; Vejas G. Liulevicius, The German Myth of the East: 1800 to the Present, Cambridge, Cambridge University Press, 2009 ; David Furber, « Near as Far in the Colonies: The Nazi Occupation of Poland », The International History Review, septembre 2004 ; Richard J. Evans, The Third Reich at War, Londres, Penguin, 2008, en particulier, le chap. 1 ; Mark Mazower, Hitler’s Empire. Nazi Rule in Occupied Europe, Londres, Penguin 2008.

[38] Pieter Judson, « L’Autriche-Hongrie était-elle un empire ? », Annales, HSS, 2008/2 ; Richard J. Evans, « Communicating Empire: the Habsburgs and their Critics, 1700-1919 », Transactions of the Royal Historical Society, décembre 2009 ; Robin Okey, Taming Balkan Nationalism, Oxford, Oxford University Press, 2007 ; Clemens Ruthner, « Habsburg’s Little Orient. A Post-Colonial Reading of Austrian and German Narratives on Bosnia Herzegovia, 1878-1918 », in Clemens Ruthner et alii (eds.), Wechsel-Wirkungen. The Political, Social and Cultural Impact of the Austro-Hungarian Occupation of Bosnia-Herzegovina, 1878-1918, Bruxelles, Peter Lang, 2008.

[39] Daniel L. Unowsky et Laurence Cole (eds.), The Limits of Loyalty : Imperial Symbolism, Popular Allegiances and State Patriotism in the Late Habsburg Monarchy. Londres: Berghahn Books, 2007.

[40] John Darwin, After Tamerlane. The Global History of Empire, Londres, Allen Lane, 2007 ; Jane Burbank et Frederick Cooper, « “Nouvelles” colonies et “vieux” empires », Mil Neuf Cent. Revue d’histoire intellectuelles, 2009, n°27 et Jane Burbank et Frederick Cooper, Empires and World History, à paraître chez Princeton University Press à la mi-2010.

[41] R. A. Johnson, « “Russians at the Gate of India”? Planning the Defense of India, 1885-1900 », The Journal of Military History, juillet 2003, p. 735 sq.

[42] Frederick Cooper, « States, Empires, and Political Imagination », dans son Colonialism in Question. Theory, Knowledge, History, Berkeley, University of California Press, 2005, p. 200 ; « Alternatives to Empire. France and Africa after World War II », in Douglas Howland et Luise White (eds.), The State of Sovereignty. Territories, Laws, Populations, Bloomington, Indiana University Press, 2009. Sur ce dernier point, l’indépendance dans le cadre d’une confédération multinationale, Frédéric Turpin, « Le passage à la diplomatie bilatérale franco-africaine après l’échec de la Communauté », Relations internationales, 2008, n°135.

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[44] Michael Loriaux, European Union and the Deconstruction of the Rhineland Frontier, Cambridge, Cambridge University Press, 2008.

[45] Le premier est moins connu : Maarten Kuitenbrouwer, « Related but Unequal Partners in Imperialism, 1870-1914 », in Nigel Ashton et Duco Hellema (eds.), Unspoken Allies. Anglo-Dutch Relations since 1780, Amsterdam, Amsterdam University Press, 2001.

[46] Tanisha M. Fazal, State Death. The Politics and Geography of Conquest, Occupation, and Annexation, Princeton, Princeton University Press, 2007.

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[48] Bien décrit, dans ses dimensions militaires, dans le livre massif de Ashley Jackson, The British Empire and the Second World War, Londres, Continuum, 2006.

[49] Christopher Bayly et Tim Harper, Forgotten Wars. Freedom and Revolution in Southeast Asia, Cambridge, Harvard University Press, 2007 ; Ronald H. Spector, In the Ruins of Empire. The Japanese Surrender and the Battle for Postwar Asia, Londres, Random House, 2007 ; Marc Gallichio, The Scramble for Asia. U.S. Military Power in the Aftermath of the Pacific War, Lanham, Rowman & Littlefield, 2008.

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[51] Alfred W. McCoy et Francisco A. Scarano (eds.), Colonial Crucible. Empire and the Making of the Modern American State, Madison, The University of Wisconsin Press, 2009.

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[53] Alain Ducellier, « Les frontières des empires. La longue durée politique dans les Balkans , Le Débat, novembre-décembre 1999.

[54] Voir sur ce point les travaux de Christopher Goscha.

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[60] James Belich, Replenishing the Earth. The Settler Revolution and the Rise of the Anglo-World, 1783-1939, Oxford, Oxford University Press, 2009, en particulier, le chap. 2 et la carte p. 69.

[61] Andrew S. Thompson, Imperial Britain: The Empire in British Politics, c.1880-1932, Londres, Pearson, 2000 ; Simon J. Potter, « The Imperial Significance of the Canadian-American Reciprocity Proposals of 1911 », Historical Journal, mars 2004.

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[63] A. G. Hopkins, « Rethinking Decolonization », Past and Present, août 2008.

[64] Sur le contexte de cette hypothèse et les débats qu’elle a suscités, Anthony Webster, The Debate on the Rise of the British Empire, Manchester, Manchester University Press, 2006, chap. 4.

[65] Pour la mise en contexte des thèses de Ferguson, je me permets de renvoyer à Pierre Grosser, « L’empire à la mode Ferguson », L’Économie politique, 2004, n°24, et au numéro spécial du LISA e-journal, 2007, n°5 (3), « Transatlantic Views of Empires ». Pour un bilan des comparaisons faites entre Empire américain et Empire britannique, Dane Kennedy, « Essay and Reflection: On the American Empire from a British Imperial Perspective », The International History Review, mars 2007.

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[70] Gary B. Magee et Andrew S. Thompson, Empire and Globalization. Networks of People, Goods and Capital in the British World, c.1850-1914, Cambridge, Cambridge University Press, à paraître.

[71] J. Belich, Replenishing the Earth, op. cit., p. 114-120.

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[112] John Darwin, The Empire Project. The Rise and Fall of the British World-System, 1830-1970, Cambridge, Cambridge University Press, 2009, chap. 1.

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[142] J. Darwin, The Imperial Project…, op. cit., p. 50 et 301.

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[151] Paul A. Kramer, « Empires, Exceptions and Anglo-Saxons: Race and Rule between the British and United States Empires, 1880-1910 », The Journal of American History, mars 2002 ; Michael Adas, « Improving on the Civilizing Mission?: Assumptions of United States Exceptionalism in the Colonization of the Philippines », in Lloyd Gardner et Marilyn B. Young (eds.), The New American Empire, New York, The New Press, 2005.

[152] Kathleen Burk, Old Word, New World. The Story of Britain and America, Little, Brown, 2007, chap. 6 ; Dunacan Bell, The Idea of Greater Britain: Empire and the Future of World Order, 1860-1900, Princeton, Princeton University Press, 2007.

[153] Merilyn Lake et Vanessa Pratt, « “Blood Brothers”. Racial Identification and the Right to Rule: the Australian Response to the Spanish-American War », Australian Journal of Politics and History, mars 2008.

[154] John Fisher, « British Responses to Mahdist and other unrests in North and West Africa, 1918-30 », The Australian Journal of Politics and History, septembre 2006 ; John Ferris, « “The internationalization of Islam”: The British Perception of a Muslim Menace, 1840-1951 », Intelligence and National Security, février 2009.

[155] Rotem Kowner, « Lighter than Yellow, but Not Enough”: Western Discourse on the Japanese “Race”, 1854-1904 », The Historical Journal, mars 2000 ; Iikura Akira, « The Anglo-Japanese Alliance and the Question of Race », in Philipp Payson O’Brien (ed.), The Anglo-Japanese Alliance, Londres, New York, Routledge, 2005 ; David Schimmelpenninck van der Oye, Toward the Rising Sun. Russian Ideologies of Empire and the Path to War with Japan, DeKalb, Northern Illinois University Press, 2001, chap. 5 ; Iikura Akira, « The “Yellow Peril” and its influence on Japanese-German relatons », in Christian W. Spang et Rolf-Harald Wippich (eds.), Japanese-German Relations, 1895-1945. War, diplomacy and public opinion, Londres, New York, Routledge, 2006 ; Colleen Lye, America’s Asia. Racial form and American Litterature, 1893-1945, Princeton, Princeton University Press, 2005, chap. 1 et 2 ; Michael L. Krenn, The Color of Empire. Race and American Foreign Relations, Dulles, Potomac Books, 2006, chap. 3 ; Joseph M. Hening, « White Mongols? The war and American discourses on race and religion », in Rotem Kowner (ed.), The Impact of the Russo-Japanese War, Londres, New York, Routledge, 2007 ; Sven Saaler, « The Russo-Japanese War and the Emergence of the Notion of the “Clash of Races” in Japanese Foreign Policy », in John Chapman et Chiharu Inaba (eds.), Rethinking the Russo-Japanese War, 1904-5, vol. 2: The Nichinan Papers, Pool, Global Oriental, 2007.

[156] David Goldsworthy (ed.), Facing North. A Century of Australian Engagement with Asia, vol. 1, Melbourne, Melbourne University Press, 2001, chap. 1 ; Matthew Jordan, « Rewriting Australia’s Racist Past. How Historians (Mis)Interpret the “White Australia” Policy », History Compass, 2005, n°3.

[157] Renée Worringer (ed.), The Islamic Middle East and Japan, Princeton, Markus Wiener, 2007 ; Cemil Aydin, The Politics of Anti-Westernism in Asia’s Visions of World Order in Pan-Islamic and Pan-Asian Thought, New York, Columbia University Press, 2007 ; Alain Roussillon, Identité et modernité. Les voyageurs égyptiens au Japon (XIXe-XXe siècles), Paris, Actes Sud, 2005 ; Steven Marks, « “Bravo, Brave Tiger in the East”. The Russo-Japanese War and the Rise of Nationalism in British Egypt and India », in John Steinberg et alii (eds.), The Russo-Japanese War in Global Perspective: World War Zero, Leyde, Brill, 2005 ; Cemil Aydin, « A Global Anti-Western Moment? The Russo-Japanese War, Decolonization, and Asian Modernity », in Sebastian Conrad et Dominic Sachsenmaier (eds.), Competing Visions of World Order. Global Moments and Movements, 1880s-1930s, Basingstoke, Palgrave, 2007.

[158] Neville Bennett, « White Discrimination against Japan: Britain, the Dominions and the United States, 1908-1928 », New Zeland Journal of Asian Studies, décembre 2001 ; Erika Lee, « The “Yellow Peril” and Asian Exclusion in the Americas », The Pacific Historical Review, 2007, n°76 (4) ; Jeremy Martens, « A Transnational History of Immigration Restriction: Natal and New South Wales, 1896-1897 », The Journal of Imperial and Commonwealth History, septembre 2006 ; Marilyn Lake et Henry Reynolds, Drawing the Global Colour Line. White Men’s Countries and the International Challenge of Racial Equality, Cambridge, Cambridge University Press, 2008 ; Kornel Chang, « Circulating Race and Empire: Transnational Labor Activism and the Politics of Anti-Asian Agitation in the Anglo-American Pacific World, 1880-1910 », Journal of American History, décembre 2009. Les pratiques d’exclusion américaines ont aussi influencé le Mexique, Evelyn Hu-Dehart, « Indispensable Enemy or Convenient Scapegoat? A Critical Examination of Sinophobia in Latin America and the Caribbean, 1870s to 1930s », Journal of Chinese Overseas, 2009, n°5 (1).

[159] Gerald Horne, Race War! White Supremacy and the Japanese Attack on the British Empire, New York, New York University Press, 2004.

[160] David Long et Brian C. Schmidt (eds.), Imperialism and Internationalism in the Discipline of International Relations, Albany, State University of New York Press, 2005 ; Frank Trentmann, « After the Nation-State: Citizenship, Empire and Global Coordination in the New Internationalism, 1914-1930 », in Kevin Grant et Philippa Levine (eds.), Beyond Sovereignty. Britain, Empire and Transnationalism, c.1860-1950, Basingstoke, Palgrave, 2007 ; Ian Hall, « The Imperial Paradox in Liberal International Theory », Journal of International Political Theory, 2008, n°4 (1) ; Mike Mazower, No Enchanted Palace. The End of Empire and the Ideological Origins of the United Nations, Princeton, Princeton University Press, 2009, qui exagère sans doute cette dimension de l’internationalisme impérial dans les origines de la SDN, lequel n’occupe qu’une place réduite dans l’ouvrage de référence de Peter J. Yearwood, Guarantee of Peace. The League of Nations in British Policy 1914-1925, Oxford, Oxford University Press, 2009, met l’accent sur cette dimension de l’internationalisme impérial dans les origines de la SDN, lequel n’occupe qu’une place réduite dans l’ouvrage de référence de Peter J. Yearwood, Guarantee of Peace. The League of Nations in British Policy 1914-1925, Oxford, Oxford University Press, 2009, p. 57-60. Il fut prolongé, en la personne de Jan Smuts, lors de la naissance de l’ONU, mais l’Inde s’en prit à la volonté sud-africaine d’incorporer la Namibie (South West Africa) dans l’Union : Saul Dubow, « Smuts, the United Nations and the Rhetoric of Rice and Rights », Journal of Contemporary History, 2008, n°43(1).

[161] Daniel Gorman, « Empire, internationalism, and the Campaign against the Traffic of Women and Children in the 1920s », Twentieth Century British History, 2008, vol. 19 (2).

[162] Notamment par Jennifer Pitts, Naissance de la bonne conscience colonial : les libéraux français et anglais et la bonne conscience colonial, 1770-1870, Paris, Éditions de l’Atelier, 2008. Un bilan dans Andrew Sartori, « The British Empire and Its Liberal Mission », Journal of Modern History, septembre 2006.

[163] Katherine Smits, « John Stuart Mill on the Antipodes. Settler Violence against indigenous People and the Legitimacy of Colonial Rule », Australian Journal of Politics and History, 2008, n°54 (1) ; Duncan Bell, « John Stuart Mill on Colonies »,à paraître dans Political Theory.

[164] Roland Quinault, « Gladstone and Slavery », The Historical Journal, 2009, n°52 (2).

[165] Duncan Kelly (ed.), Lineages of Empire. The Historical Roots of British Imperial Thought, Oxford, Oxford University Press, 2009 ; Frank Ninkovich a récemment montré que les fondements du « liberalism internationalist » américain n’étaient pas marqués par une vision rigide des races, dans son ouvrage Global Dawn. The Cultural Foundation of American Internationalism, 1865-1890, Cambridge, Harvard University Press, 2009.

[166] Robert Boyce, The Great Interwar Crisis and the Collapse of Globalization, Basingstoke, Palgrave 2009, p. 428 sq.

[167] Harald Kleinschmidt, Das europäische Völkerrecht und die ungleichen Verträge um die Mitte des 19. Jahrhunderts, OAG-Deutsche Gesellschaft für Natur- und Völkerskunde Ostasiens, 2007.

[168] Casper Sylvest, « “Our passion for legality”: international law and imperialism in late nineteenth-century Britain », Review of International Studies, juillet 2008.

[169] Heinhard Steiger, « From the International Law of Christianity to the International Law of the World Citizen – Reflections on the Formation of the Epochs of the History of International Law », Journal of the History of International Law, 2001, n°3 (1) ; Jörg Fisch, « Internationalizing Civilization by Dissolving International Society. The Status of Non-European Territories in Nineteenth-Century International Law », in Martin H. Geyer et Johannes Paulmann (eds.), The Mechanisms of Internationalism, Oxford, Oxford University Press, 2001 ; Martti Koskienniemi, The Gentle Civilizer of Nations. The Rise and Fall of International Law 1870-1960, Cambridge, Cambridge Uniersity Press, 2002, chap. 1 et 2 ; Antony Anghie, Imperialism, Sovereignty and the Making of International Law, Cambridge, Cambridge University Press, 2004, chap. 2 ; Duncan S. Bell, « Empire and International Relations in Victorian Political Thought », The Historical Journal, 2006, n°49 (1) ; Casper Sylvest, « The foundations of Victorian international law » et Jennifer Pitts, « Boundaries of Victorian international law », in Duncan Bell (ed.), Victorian Visions of Global Order. Empire and International Relations in Nineteenth-Century Political Thought, Cambridge, Cambridge University Press, 2007 ; sur le retour actuel de cette problématique, Emmanuelle Jouannet, « Universalisme du droit international et impérialisme : le vrai faux paradoxe du droit international ? », in Emmanuelle Jouannet et Hélène Ruiz Fabri (dir.), Impérialisme et droit international en Europe et aux États-Unis, Paris, Société de Législation comparée, 2007.

[170] Stephen Krasner, « The Hole in the Whole: Sovereignty, Shared Sovereignty and International Law », Michigan Journal of International Law, été 2004 ; Anexandros Yannis, « The Concept of Suspended Sovereignty in International Law and Its Implications in International Politics », European Journal of International Law, 2002, n°13 (5). La notion de « souveraineté comme responsabilité » a évolué pour rassurer les pays du Sud : Edward Luck, « Sovereignty, Choice and the Responsability to Protect », Global Responsability to Protect, 2009 n°1 (1). Robert Cooper, conseiller de Blair puis de Solana, est un lien entre dénigrement des États « prémodernes » africains, rehabilitation de l’Empire britannique et appel à un impérialisme libéral (« Imperial Liberalism », The National Interest, été 2005). James D. Fearon et David D. Laitin, « Neotrusteeship and the Problem of Weak States », International Security, printemps 2004 ; Ralph White, International Territorial Administration. How Trusteeship and the Civilizing Mission Never Went Away, Oxford, Oxford University Press, 2008 ; Gregory H. Fox, Humanitarian Occupation, Cambridge, Cambridge University Press, 2008 ; Jean D’Aspremont, « Les administrations internationales et la création internationale d’États démocratiques ».

[171] Gerald Knaus et Felix Martin, « The Travails of the European Raj », Journal of Democracy, juillet 2003.

[172] Mark Mazower, « Paved Intentions. Civilization and Imperialism », World Affairs, automne 2008.

[173] Antony Anghie, « Colonialism and the Birth of International Institutions: Sovereignty, Economy and the Mandate System of the League of Nations », International Law and Politics, 2002 ; Susan Petersen, « The Meaning of the Mandate System », Geschichte und Gesellschaft, 2006, n°32 (4) et « Back to the League of Nations », The American History Review, octobre 2007. Sur l’importance du cadre mandataire pour la question palestinienne, Victor Kattan, From Coexistence to Conquest. International Law and the Origins of the Arab-Isreali Conflict, 1891-1949, Londres, Pluto Press, 2009, chap. 2 et 5.

[174] Brian L. Evans, « The Panthay Mission of 1872 and Its Legacies », Journal of Southeast Asian Studies, mars 1985.

[175] L. E. Bagshawe, « Introduction », in The Kinwun Min-Gyi’s London Diary. The First Mission of a Burmese Minister to Britain, 1872, Bangkok, Orchid Press, 2006.

[176] Noenoe Silva, Aloya Betrayed. Native Hawaiian Resistance to American Colonialism, Durham, Duke University Press, 2004 ; Lauren Benton, « Colonizing Hawaï and Colonizing Elsewhere: toward a History of US Imperial Law », Law and Society Review, décembre 2004, et les argumentaires de juristes actuels sur le site Internet.

[177] Paul Kramer, The Blood of Government: Race, Empire, the United States and the Philippines, Chapel Hill, University of North Carolina Press, 2006, chap 2.

[178] Louis A. Jr Perez, Cuba in the Imperial Imagination. Metaphor and the Imperial Ethos, Chapel Hill, The University of North Carolina Press, 2008.

[179] Ki-Seoken Kim, « Emperor Gwangmu’s Diplomatic Struggles to Protect His Sovereignty before and after 1905 », Korea Journal, été 2006 ; Daeyeol Ku, « A Damocles Sword: Korean Hopes Betrayed », in David Wolff et alii (eds.), The Russo-Japanese War in Global Perspective. World War Zero, vol. 2, Leyde, Brill, 2007 ; Carole Cameron Shaw, The Foreign Destruction of Korean Independence, Seoul, Seoul National University Press, 2007, chap. 8 à 11.

[180] L. A. Stoler, « Imperial Formations and the Opacities of Rule », op. cit., p. 56 ; Laura Ann Stoler et Carole McGranahan, « Refiguring Imperial Terrains », in Laura Ann Stoler, Carole McGranahan et Peter C. Perdue (eds.), Imperial Formations, Londres, James Currey, 2007.

[181] Andrew Linklater et Hidemi Suganami, The English School of International Relations. A Contemporary Reassessment, Cambridge, Cambridge University Press, 2006, en particulier, les chap. 2 et 4. Il y a dans cette mouvance peu de réflexion sur les empires modernes, cf. la première partie de Barry Buzan et Richard Little, International Systems in World History, Oxford, Oxford University Press, 2000.

[182] Edward Keene, « A Case Study of the Construction of International Hierarchy: British Treaty-Making Against the Slave Trade in the Early Nineteenth Century », International Organization, printemps 2007 et « Mapping the Boundaries of International Society in the Nineteenth Century. Expansion or Stratifiation? » présenté à la conférene de l’APSA de Boston en 2008.

[183] Lauren Benton, « From International Law to Imperial Constitution. The problem of Quasi-Sovereignty, 1870-1900 », Law and History Review, automne 2008.

[184] Ediberto Roman, The Other American Colonies. An International and Constitutional Law Examination of the United States’ Nineteenth and Twentieth Century Island Conquests, Durham, Carolina Academic Press, 2006 ; Mary L. Dudziak et Leti Vollp (eds.), Legal Borderlands: Law and the Construction of American Borders, Baltimore, The John Hopkins University Press, 2006.

[185] Fiona Groenhout, « The History of the Indian Princely States: Bringing the Puppets Back onto Centre Stage », History Compass, 2006, n°4 (4) ; Ian Talbot et Gurharpal Singh, The Partition of India, Cambridge, Cambridge University Press, 2009, p. 53-57.

[186] John M. Willis, « Making Yemen Indian: Rewriting the Boundaries of Imperial Arabia », International Journal of Middle Eastern Studies, février 2009.

[187] D. Anthony Low, Fabrication of Empire. The British and the Uganda Kingdoms 1890-1902, Cambridge, Cambridge University Press, 2008.

[188] David Cannadine, Ornamentalism: How the British Saw their Empire, Oxford, Oxford University Press, 2001.

[189] Roderick McLean, Royalty and Diplomacy in Europe, 1890-1914, Cambridge, Cambridge University Press, 2001 ; Panagiotis Dimitrakis, Greece and the English. British Diplomacy and the Kings of Greece, Londres, I.B. Tauris, 2009. Pour les relations anglo-japonaises, Antony Best, « The Role of Diplomatic Practice and Court Protocol in Anglo-Japanese Relations, 1867-1900 », in Markus Mösslang et Torsten Riotte (eds.), The Diplomats’ World. A Cultural History of Diplomacy, 1815-1914, Oxford, Oxford University Press, 2008. Toutefois, sur le déclin du « cosmopolitisme royal », Johannes Paulmann, « Searching for a “Royal International”. The Mechanics of Monarchical Relations in Nineteenth-Century Europe », in Martin Geyer et Johannes Paulmann (eds.), The Mechanics of Internationalism, Cambridge, Cambridge University Press, 2001.

[190] A. J. Stockwell, « Britain and Brunei, 1945-1963: Imperial Retreat and Royal Ascendancy », Modern Asian Studies, 2004, n°38 (4).

[191] Robert Holland et Diana Markides, The British and the Hellenes. Struggles for Mastery in the Eastern Mediterranean, 1850-1960, Oxford, Oxford University Press, 2006. Sur la comparaison des Ioniens avec les Irlandais, Thomas W. Gallant, Experiencing Dominion. Culture, Identity, and Power in the British Mediterranean, Notre Dame, University of Notre Dame Press, 2002, chap. 2.

[192] Joanne Smith, « Twelve hundred reasons why there is no Australasia : How colonization influenced federation », Australian Cultural History, avril 2009.

[193] Philip Murphy, « “Government by Blackmail”: The Origins of the Central African Federation Reconsidered », in Martin Lynn (ed.), The British Empire in the 1950s. Retreat or Revival?, Basingstoke, Palgrave, 2006 ; L. J. Butler, « The Central African Federation and Britain’s Post-War Nuclear Programme: Reconsidering the Connections », Journal of Imperial and Commonwealth History, septembre 2008 ; Matthew Hugues, « Fighting for White Rule in Africa: The Central African Federation, Katanga, and the Congo Crisis, 1858-65 », The International History Review, septembre 2003.

[194] Ronald Hyam, « The Primacy of Geopolitics: The Dynamics of British Imperial Policy, 1763-1963 », Journal of Imperial and Commonwealth History, mai 1999 ; Ronald Hyam, Britain’s Declining Empire. The Road to Decolonization, 1918-1968, Cambridge, Cambridge University Press, 2006, chap. 4 et Ronald Hyam et Peter Hensham, The Lion and the Springbok. Britain and South Africa since the Boer War, Cambridge, Cambridge University Press, 2003, chap. 9.

[195] Certains éléments dans Karoline Postel-Vinay, L’Occident et sa bonne parole. Nos représentations du monde, de l’Europe coloniale à l’Amérique hégémonique, Paris, Flammarion, 2005.

[196] Sur ce dernier point, B. D. Hopkins, « The bounds of identity : the Goldsmid mission and the delineation of the Afghan border in the XIXth century », Journal of Global History, 2007, n°2 (2).

[197] James L. Hevia, English Lessons. The Pedagogy of Imperialism in Nineteenth-Century China, Durham, Duke University Press, 2003 ; Lydia H. Liu, The Clash of Empires. The Invention of China in Modern World Making, Cambridge, Harvard University Press, 2004 ; Margerita Grieszler, « Imperial Death Rituals and International Relations: the Unprecedented Participation of the Diplomatic Corps at the Mourning Services in Late Imperial China », in Susanne Weigelin-Schwiedrzik et al (eds.), As China Meets the World. China’s changing Position in the International Community, Vienne, Verlag der Österreichischen Akademie der Wissenschaften, 2006.

[198] David C. Kang, « Hierarchy in Asian International Relations, 1300-1900 », Asian Security, janvier 2005 ; David C. Kang, China Rising. Peace, Power and Order in East Asia, New York, Columbia University Press, 2007, chap. 2 ; Shogo Suzuki, Civilization and Empire. China and Japan’s Encounter with European International Society, Londres, New York, Routledge, 2009 ; Yaqing Qin, « Why is there no Chinese international relations theory? », International Relations of the Asia-Pacific, 2007, n°7 (3).

[199] En dernier lieu, Anthony Reid et Zheng Yangwen (eds.), Negociating Asymmetry. China’s Place in Asia, Singapoure, National University Press of Singapore, 2009. Numéro special du Journal of American-East Asian Relations, printemps-été 2009.

[200] Carole MacGranahan, « Empires and the Status of Tibet: British, Chinese and Tibetan Negociations, 1913-34 », in Alex McKay (ed.), The History of Tibet, vol. 3: The Modern period 1895-1959. The Encounter with Modernity, Londres, New York, Routledge, 2003 ; Timothy Brook, « Tibet and the Chinese World-Empire », in Stephen M. Streeter et alii (eds.), Empire and Autonomy. Moments of the History of Globalization, Vancouver, UBC Press, 2009 ; Dibyesh Anand, Geopolitical Exotica. Tibet in Western Imagination, Minneapolis, University of Minnesota Press, 2007, chap. 4 et Dibyesh Anand, « Strategic Hypocrisy: The British Imperial Scripting of Tibet’s Geopolitical Identity », The Journal of Asian Studies, février 2009.

[201] Keith Hamilton, « Slavery in diplomacy. The Foreign office and the Suppression of the Atlantic Slave Trade », FCO Historians, History, note n°17, 2007 (je n’ai pu consulter Keith Hamilton et Patrick Salmon (eds.), Slavery, Diplomacy and Empire: Britain and the Suppression of the Slave Trade, 1807-1975, Eastbourne, Sussex Academic Press, 2009) ; Martinez, « Antislavery Courts and the Dawn of the International Human Rights Law », Yale Law Journal, 2008.

[202] Andrew Porter, « Trusteeship, Anti-Slavery and Humanitarianism », in Andrew Porter (ed.), The Nineteenth century. The Oxford History of the British Empire, Oxford, Oxford University Press, 1999 ; Janice Boddy, Civilizing Women. British Crusades in Colonial Sudan, Princeton, Princeton University Press, 2007 ; Kevin Grant, A Civilized Savagery. Britain and the New Slaveries in Africa, 1884-1926, Londres, New York, Routledge, 2005.

[203] Mark Harrison, « Disease, diplomacy and international commerce: the origins of international sanitary regulation in the nineteenth century », Journal of Global History, 2006, n°1 (2) ; Valeska Huber, « The Unification of the Globe by Disease? The International Sanitary Conferences on Cholera, 1851-1894 », The Historical Journal, 2006, n°49 (2) ; Michel Christopher Low, « Empire and the Hajj: Pilgrims, Plagues, and Pan-Islam under British Surveillance, 1865-1908 », International  Journal of Middle Eastern Studies, mai 2008.

[204] William B. McAllister, « “Wolf by the Ears”: The Dilemmas of Imperial Opium policymaking in the Twentieth Century », in James H. Mills et Patricia Barton (eds.), Drugs and Empires. Essays in Modern Imperialism and Intoxication, c. 1500-c.1930, Basingstoke, Palgrave, 2008.

[205] Peter Andreas et Ethan Nadelmann, Policing the Globe. Criminalization and Crime Control in International Relations, Oxford, Oxford University Press, 2006, chap. 2 ; Richard Bach Jensen, « The International Campaign Against Anarchist Terrorism, 1880s-1930s », Terrorism and Political Violence, 2009, vol. 21 (1).

[206] Bernard Porter, « “Oo Let’Em In ?” Asylum Seekers and Terrorists in Britain, 1850-1914 », in Wm. Roger Louis (ed.), Yet More Adventures with Britannia. Personalities, Politics and Culture in Britain, Londres, I.B. Tauris, 2005.

[207] E. Thomas. Wood, Wars on Terror. French and British Responses ro the Anarchist Violence of the 1890s, M. Phil dissertation Cambridge, University of Cambridge, 2002 ; Pietro Di Paola, « The Spies Who Came in from the Heat: The International Surveillance of the Anarchists in London », European History Quarterly, 2007, n°37 (2).

[208] Lindsay Clutterbuck, « The Progenitors of Terrorism: Russian Revolutionaries or Extreme Irish Republicans? », Terrorism and Political Violence, 2004, n°16 (1).

[209] Robert Gregg, « Valleys of fear: Policing Terror in an Imperial Age, 1865-1925 », in K. Grant et P. Levine (eds.), Beyond Sovereignty, op. cit. ; Sukla Sanyal, « Legitimizing Violence: Seditious Propaganda and Revolutionary Pamphlets in Bengal, 1908-1918 », The Journal of Asian Studies,août 2008 ; Michael Silvestri, « The Bomb, Bhadralok, Bhagavad Gita, and Dan Breen: Terrorism in Bengal and Its Relation to the European Experience », Terrorism and Political Violence, 2009, vol. 21 (1) ; Peter Heehs, « Revolutionary Terrorism in British Bengal », in Elleke Boehmer et Stephen Morton (eds.), Terror and the Postcolonial, Londres, Wiley-Blackwell, 2009.

[210] Andrew Parnaby et Gregory S. Kealey, « The Origins of Political Policing in Canada. Class, Law and the Burden of Empire », Osgoode Hall Law Journal, 2003, n°41 (2-3).

[211] Un bref chapitre dans Matthew Hugues et William J. Philpott (eds.), Palgrave Advances in Modern Military History, Basingstoke, Palgrave, 2006.

[212] Jeremy Black (ed.), War in the Modern World since 1815, Londres, New York, Routledge, 2003 et Rethinking Military History, Londres, New York, Routledge, 2004, en particulier, le chap. 3 ; et Jeremy Black, War in the Nieneteenth Century, 1800-1914, Stafford, Polity Press, 2009. La collection est « Warfare and History » chez Routledge. On notera aussi Richard Reid, War in Pre-Colonial Eastern Africa, Woodbridge, James Currey, 2007. Aussi, Tarak Barkawi et Mark Laffey, « The postcolonial moment in security studies », Review of International Studies, 2006, n°32 (3).

[213] Patrick Porter, Military Orientalism. Eastern War Through Western Eyes, New York, Hurst, 2009.

[214] Peter A. Lorge, The Asian Military Revolution. From Gunpower to the Bomb, Cambridge, Cambridge University Press, 2008.

[215] Pour le cas britannique, Tarak Barkawi, Globalization and War, Lanham, Rowman & Littlefield, 2006, chap. 3 ; Thomas R. Metcalf, Imperial Connections. India and the Indian Ocean Area, 1860-1920, Berkeley, University of California Press, 2007, chap. 4 et 5 ; Ashley Jackson, « The colonial empire and imperial defence », in G. Kennedy (ed.), Imperial Defence..., op. cit.

[216] Rajit Mazumder, « When Strong Men Meet: Recruited Penjabis and Constrained Colonialism », in Huri Islamoglu et Peter C. Perdue (eds.), Shared Histories of Modernity. China, India and the Ottoman Empire, Londres, New York, Routledge, 2008.

[217] Catherine Lutz, « Warmaking as the American Way of Life », in Hugh Gusterson et Catherine Besteman (eds.), The Insecure American. How We Got Here and What We Should Do about It, Chapel Hill, University of Carolina Press, 2010.

[218] Christopher Andrew, The Defence of the Realm. The Authorized History of MI5, Londres, Penguin, 2009. Sur la perception du terrorisme sioniste, voir aussi Calder Walter, « British Intelligence and the Mandate of Palestine: Threats to British National Security Immediately After the Second World War », Intelligence and National Security, août 2008.

[219] Christopher Bayly, Empire and Information. Intelligence Gathering and Social Communication in India, 1780-1870, Cambridge, Cambridge University Press, 1996 ; Martin Thomas, Empires of Intelligence. Security Services and Colonial Disorder after 1914, Berkeley, University of California Press, 2008. On consultera aussi Stephen Wade, Spies in the Empire. Victorian Military Intelligence, Londres, Anthem Press, 2007 ; Robert Johnson, Spying for Empire. The Great Game in Central and South Asia, 1757-1947, Barnsley, Greenhill Books, 2006 ; Polly A. Mohs, Military Intelligence and the Arab Revolt. The First Modern Intelligence War, Londres, New York, Routledge, 2005 ; Priva Satia, Spies in Arabia: The Great War and the Cultural Foundations of Britain’s Covert Empire in the Middle East, Oxford, Oxford University Press, 2008.

[220] D. K. Lahiri Choudhury, « Sinews of Panic and the Nerves of Empire: the Imagined State’s Entanglement with Information Panic, India c. 1880-1912 », Modern Asian Studies, 2004, n°38 (4).

[221] Max Everest-Philips, « Colin Davidson’s British Indian Intelligence Operations in Japan 1915-1923 and the Demise of the Anglo-Japanese Alliance », Intelligence and National Security, octobre 2009. Sur le rôle de ces inquiétudes dans les relations nippo-britanniques entre les deux guerres, Max Everest-Philips,« The Pre-War Fear of Japanese Espionage: Its Impact and Legacy », Journal of Contemporary History, avril 2007 et Antony Best, British Intelligence and the Japanese Challenge in Asia, 1914-41, Basingstoke, Palgrave, 2002.

[222] Kate O’Malley, Ireland, India and Empire. Indo-Irish Radical Connections, 1919-64, Manchester, Manchester University Press, 2008.

[223] Manuela Williams, « Mussolini’s Secret War in the Mediterranean and the Middle East: Italian intelligence and British response », Intelligence and National Security, décembre 2007 ; Nir Arielli, « Italian Involvment in the Arab Revolt in Palestine, 1936-39 », British Journal of Middle Eastern Studies, automne 2008 ; Martin Cüppers et Klaus-Michael Mallmann, Croissant fertile et croix gammée. Le IIIe Reich, les Arabes et la Palestine, Paris, Verdier, 2009 ; Jeffrey Herf, Nazi Propaganda for the Arab World, New Haven, Yale University Press, 2009.

[224] Voir le numéro special du Journal of South-East Asian Studies, octobre 2009.

[225] Antti Kujala, « Japanese subversion in the Russian Empire », in John W. Steinberg et alii (eds.), The Russo-Japanese War in Global Perspective, vol. 1, Leyde, Brill, 2007 ; Hiroaki Kuromiya et Georges Mamoulia, « Anti-Russian and Anti-Soviet Subversion: The Caucasian-Japanese Nexus, 1904-1945 », Europe-Asia Studies, octobre 2009 ; Hiroaki Kuromiya et Andrzej Peplonski, « La Grande Terreur, connections polono-japonaises », à paraître dans Vingtième Siècle Revue d’histoire.

[226] Stephen C. Neff, War and the Law of Nations. A General History, Cambridge, Cambridge University Press, 2005, 3e partie, en particulier, le chap. 6.

[227] Robert B. Valliant, « “The Selling of Japan”: Japanese Manipulation of Western Opinion, 1900-1905 », Monumenta Nipponica, hiver 1974 ; Douglas Howland, « Japan’s Civilized War: International Law as Diplomacy in the Sino-Japanese War (1894-1895) », Journal of the History of International Law, 2007, n°9 (2).

[228] Sur ce point, Daniel R. Headrick, Power over Peoples. Technology, Environments, and Western Imperialism, 1400 to the Present, Princeton, Princeton University Press, 2010, chap. 7 et 8.

[229] Simon J. Harrison, « Sculls and Scientific Collecting in the Victorian Military: Keeping the Enemy Dead in British Frontier Warfare », Comparative Studies in Society and History, 2008, n°50 (1).

[230] R. M. Douglas, « Did Britain Use Chemical Weapons in Mandatory Iraq? », Journal of Modern History, décembre 2009 ; Simeon Shoul, « British Tear Gas Doctrine between the Wars », War in History, 2008, n°9 (2). L’arme chimique fut toutefois utilisée par les Britanniques dans les combats à Gaza contre les forces ottomanes en 1917 : Yiga Sheffy, « Chemical Warfare and the Palestine Campaign 1916-18 », The Journal of Military History, juillet 2009.

[231] Elizabeth Van Heyningen, « The Concentration Camps of the South African (Anglo-Boer) War, 1900-1902 », History Compass, 2009, n°7 (1).

[232] Caroline Elkins, Imperial Reckoning. The Untold Story of Britain’s Gulag in Kenya, New York, Holt, 2005 ; David Anderson, Histories of the Hanged. Britain’s Dirty War in Kenya and the End of Empire, Londres, Weidenfleld & Nicholson, 2005.

[233] Jacob Norris, « Repression and Rebellion. Britain’s Response to the Arab Revolt in Palestine in 1936-38 », Journal of Imperial and Commonwealth History, mars 2008 ; Matthew Hugues, « The Banality of Brutality: British Armed Forces and the Repression of the Arab Revolt in Palestine, 1936-39 », English Historical Review, avril 2009.

[234] Richard H. King et Dane Stone (eds.), Hannah Arendt and the Uses of History. Imperialism, Nation, Race and Genocide, Berghahn Books, 2007 (en particulier, l’introduction sur l’« effet boomerang » de la violence imperiale) ; A. Dirk Moses (ed.), Empire, Colony, Genocide. Conquest, Occupation and Subaltern Resistance in World History, Londres, New York, Berghahn Books, 2008 et le numéro special du Journal of Genocide Research, 2008, n°10 (2). Pour l’Allemagne, dans une bibliographie devenue très abondante, Robert Gerwarth et Stephan Malinowski, « L’antichambre de l’Holocauste ? À propos des débats sur les violences coloniales et la guerre d’extermination nazie », Vingtième Siècle Revue d’histoire, 2008/3 et Jürgen Zimmerer, « Nationalsozialismus postcolonial. Plädoyer zur Globalisierung der deutschen Gewaltgeschichte », Zeitschrift für Geschichtswissenschaft, 2009, n°5 (6). Pour l’Espagne, Sebastian Balfour, Deadly Embrace. Morocco and the Road to the Spanish Civil War, Oxford, Oxford University Press, 2002 et « Colonial War and Civil War: The Spanish Army of Africa », in Martin Baumeister et Stefanie Schüler-Springorum (eds.), “If You Tolerate This…”. The Spanish Civil War in the Age of Total War, Chicago, University of Chicago Press, 2008.

[235] Christian Gerlach, « Sustainable Violence: Mass Resettlement, Strategic Villages, and Militias in Anti-Guerilla Warfare », in Richard Bessel et Claudia B. Haake (eds.), Removing People. Forced Removal in the Modern World, Oxford, Oxford University Press, 2009. Les spécificités de la contre-insurrection « à la britannique », comparée à la violence américaine, sont sérieusement remises en question : Paul Dixon, « “Hearts and Minds ?” British Counter-Insurgency from Malaya to Iraq », The Journal of Strategic Studies, juin 2009.

[236] J. Siegel, Endgame. Britain, op. cit. ; Keith Wilson, Problems and Possibilities. Exercises in Statesmanship 1814-1918, Paris, Tempus, 2003, chap. 16 à 19. Pour une critique de cette thèse, voir Zara S. Steiner et Keith Neilson, Britain and the Origins of the First World War, Basingstoke, Palgrave, 2ed, 2003 et T. G. Otte, « The Foreign Office and defence of empire… », op. cit.

[237] Ainsi, en particulier, de John Charmley. On trouve ce raisonnement aussi sous la plume de l’archi-conservateur isolationniste américain Patrick J. Buchanana, Churchill, Hitler and the “Unnecessary War”. How Britain lost Its Empire and the West Lost the World, Londres, Three Rivers Press, 2008.

[238] Reynolds M. Salerno, Vital Crossroads. Mediterranean Origins of the Second World War, 1935-1940, Ithaca, Cornell University Press, 2002 ; Robert Mallett, Mussolini and the Origins of the Second World War, 1933-40, Basingstoke, Palgrave, 2003 ; G. Bruce Strang, On the Fiery March. Mussolini Prepares for War, Santa Barbara, Praeger, 2003.

[239] Nick Smart, Neville Chamberlain, Londres, New York, Routledge, 2010, chap. 9.

[240] Andrew Stewart, Empire Lost. Britain, the Dominions and the Second Word War, Londres, Continuum, 2008, chap. 2 et « The British Government and the South African Neutrality Crisis, 1938-39 », English Historical Review, août 2008 ; John Lambert, « “An Unknown People”: Reconstructing British South African Identity », The Journal of Imperial and Commonwealth History, décembre 2009.

[241] Dol O Drisceoil, « Neither Friend or Foe? Irish Neutrality in the Second World War », Contemporary European History, 2006, n°15 (2) ; Timothy J. White et Andrew J. Riley, « Irish Neutrality in World War II. A Review Essay », Irish Studies of International Affairs, 2008, vol. 19.

[242] Ainsi de la synthèse de Norman Davies, No Simple Victory. World War II in Europe, 1939-45, Londres, Penguin, 2007.

[243] Andrew Roberts, Masters and Commanders. The Military Geniuses Who Led the West to Victory in World War II, Londres, Penguin, 2008.

[244] John Moser, Twisting the Lion’s Tail. Anglophobia in the United States, 1921-1948, New York, MacMillan, 1999 ; Justus D. Doenecke, Storm on the Horizon. The Challenge to American Intervention, 1939-1941, Lanham, Rowman & Littlefield, 2000, chap. 14.

[245] Ainsi, pour Hong Kong, Andrew Whitfield, Hong Kong, Empire and the Anglo-American Alliance at War, 1941-45, Basingstoke, Palgrave, 2001, ou, pour le Moyen-Orient, Simon Davis, « “A Projected New Trusteeship”? American Internationalism, British Imperialism, and the Reconstruction of Iran, 1938-1947 », Diplomacy and Statecraft, 2006, n°17 (1) et « The Persian Gulf in the 1940s and the Question of an Anglo-American Middle East », History, février 2010 ; Christopher O’Sullivan et Manaf Damluji, « The Origins of American Power in Iraq, 1941-45 », Peace & Change, juillet 2009 ; Lloyd C. Gardner, Three Kings. The Rise of an American Empire in the Middle East after World War II, New York, The New Press, 2009, chap. 2. Toutefois, éviter le chaos était déjà une priorité pour les États-Unis : Sarah Ellen Graham, « American Propaganda, the Anglo-American Alliance, and the “Delicate Question” of Indian Self-Determination », Diplomatic History, avril 2009.

[246] John Darwin, « Diplomacy and Decolonization », Journal of Imperial and Commonwealth History, septembre 2000, p. 13.

[247] M. Gallichio, The Scramble for Asia…, op. cit., p. 20.

[248] Martin Thomas, « Divisive Decolonization: The Anglo-French Withdrawal from Syria and Lebanon, 1944-46 », Journal of Imperial and Commonwealth History, septembre 2000 ; John. Springhall, « “Kicking Out the Vietminh”: How Britain Allowed France to Reoccupy South Indochina, 1945-46 », Journal of Contemporary History, 2005, n°40 (1) ; M. A. Lawrence, Assuming the Burden…, op. cit., chap. 3.

[249] Frank Heinlein, British Government Policy and Decolonisation, 1945-63. Scrutinising the Official Mind, Londres, Frank Cass, 2002, chap. 2 ; Anne Deighton, « Entente neo-coloniale ? Ernest Bevin and the Proposals for an Anglo-French Third World Power, 1945-49 », Diplomacy and Statecraft, 2006, n°17 (4).

[250] Frederick Cooper, « Modernizing Colonialism and the Limits of Empire », in C. Calhoun, F. Cooper et K. W. Moore (eds.), Lessons of Empire…, op. cit. ; Joseph Morgan Hodge, Triumph of the Expert. Agrarian Doctrines of Development and the Legacies of British Colonialism, Athens, Ohio University Press, 2007.

[251] Dans une bibliographie pléthorique, William Roger Louis, Ends of British Imperialism. The Scramble for Empire, Suez and Decolonization, Londres, I.B. Tauris, 2006, chap. 17 sq ; Kevin Ruane et James Ellison, « Managing the Americans: Anthony Eden, Harold MacMillan and the Pursuit of Power by Proxy », Contemporary British History, automne 2004.

[252] Thomas W. Zeiler, « The Diplomatic History Bandwagon: A State of the Field », The Journal of American History, mars 2009, critiqué dans le même numéro pour vouloir encore donner trop de poids à l’État.

[253] Stefan Berger (ed.), Writing the Nation: A Global Perspective, Basingstoke, Palgrave, 2007 ; Georg G. Iggers et Q. Edward Wang, A Global History of Modern Historiography, Londres, Pearson 2008.

Pierre Grosser

Pierre Grosser, agrégé et docteur en histoire, enseignant et membre du Centre d’histoire de Sciences Po Paris est directeur des études de l’Institut diplomatique du ministère des Affaires étrangères de 2001 à 2009. Il travaille sur l’historiographie de la guerre froide (Les Temps de la guerre froide, Complexe, 1995 ; « Écrire l’histoire de la guerre froide après la fin de la guerre froide. Quelques éléments de réflexion et de bilan historiographique », Communisme, 2004-2005, n°80-81-82) et les origines des guerres (Pourquoi la Seconde Guerre mondiale ?, Complexe, 1999), sur les relations internationales en Asie (en particulier dans les années 1950) et sur le monde d’après la guerre froide. Il vient de publier 1989. L’année où le monde a basculé, Perrin, 2009.

Mots clefs : Relations internationales ; New Imperial History ; Empire britannique ; historiographie

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  • ISSN 1954-3670