Histoire@Politique : Politique, culture et société

Le dossier

Jeune Europe, jeunes d'Europe

Coordination : Ludivine Bantigny et Arnaud Baubérot

Les jeunes des Nouvelles Équipes Internationales, entre jeune Europe et nouvelle chrétienté

Laurent Ducerf
Résumé :

Les Nouvelles Équipes Internationales (NEI), nées en 1947, sont un objet historique mal connu malgré plusieurs travaux récents. Il s’agit d’un regroupement de partis démocrates-chrétiens qui ne doit pas (...)

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Les Nouvelles Équipes Internationales (NEI) sont un objet historique mal défini et souvent réduit à la formule « Internationale démocrate chrétienne », ce qu’elles ne sont pas au sens propre et, surtout, ce que leurs fondateurs ne voulaient pas qu’elles fussent à leur naissance, en 1947 [1] . Elles s’inscrivent dans la riche histoire européenne de la démocratie chrétienne qu’incarnent ces trois hommes de la frontière que sont le Lorrain Robert Schuman, le Trentin Alcide De Gasperi et le Rhénan Konrad Adenauer. L’alchimie de l’après-guerre permet de synthétiser divers éléments qui travaillaient les milieux démocrates-chrétiens et catholiques-sociaux à partir des années 1920 : l’idéal communautaire, le fédéralisme chrétien d’un Alexandre Marc et la nouvelle chrétienté de Jacques Maritain [2] . Le foisonnement des associations domine jusqu’au congrès de La Haye de 1948. Dans un premier temps, les démocrates-chrétiens ne disposent pas d’une structure propre même si, dès 1945, des représentants belges ou italiens assistent au deuxième congrès du Mouvement républicain populaire (MRP). On trouve les démocrates-chrétiens essentiellement dans l’Union parlementaire européenne de Coudenhove-Kalergi en 1947 [3] mais, très vite, apparaît la nécessité de mettre sur place une structure réunissant des représentants des partis démocrates-chrétiens européens qui occupent alors souvent le devant de la scène.

C’est donc par l’histoire de la construction européenne que les NEI ont gagné une place modeste mais croissante dans l’historiographie, notamment depuis le début des années 2000. Le travail pionnier a été mené par Robert Papini [4] puis par l’ouvrage de Philippe Chesnaux, Une Europe vaticane ? [5] , qui constitue la référence sur ce mythe. On trouvera également de nombreux documents issus des NEI dans l’imposant recueil publié en 2001 par Michael Gehler et Wolfram Kaiser [6] .

Ceux qui suivent les travaux de Michael Gehler et Wolfram Kaiser ont constaté qu’ils se sont également penchés sur les NEI et, particulièrement, sur les « rencontres de Genève » qui leur sont corrélées [7] . La European Review of History a publié en 2004 un article sur les exilés de l’Europe de l’Est au sein des NEI [8] . Mais l’élan majeur provient de la naissance d’une fondation dédiée à l’histoire des NEI en mars 2005. Elle a son siège à San Marin et vise à collecter les fonds d’archives et à publier des travaux. C’est ainsi qu’est sortie, en 2007, la première synthèse sur les NEI, signée par le professeur Deleranu ; la même année, s’est tenu le premier colloque consacré aux NEI dont les actes ont été publiés par Jean-Dominique Durand [9] . Actuellement, on bute sur l’éclatement des archives, le projet de la fondation n’étant encore qu’à ses débuts. En France, les principales sources sont conservées aux Archives nationales. Le fonds le plus précieux se trouve dans deux cartons des Papiers Bichet [10] . Ce fonds doit être complété, toujours aux Archives nationales, par le Journal du père Lebret, les Papiers Bidault et les Papiers Poumerol, pour l’histoire récente [11]  ; les archives du MRP restent assez décevantes pour les relations internationales car une grande partie a été malheureusement détruite lors d’un déménagement [12] . Hors de France, on trouvera un fonds bien fourni en Belgique, dans les Papiers de Schryver déposés au KADOK de Louvain, et un ensemble conséquent dans les ACDP (Archives pour la politique démocrate chrétienne) au sein de la Konrad Adenauer Stiftung largement mis à contribution par Michael Gehler et Wolfram Kaiser [13] .

Structure suffisamment souple pour que l’on ne puisse pas parler d’une Internationale démocrate-chrétienne, les NEI ont, dès les origines, accordé un rôle important et institutionnalisé aux jeunes adhérents des équipes qui donnent naissance, en 1951, à l’Union internationale des jeunes démocrates-chrétiens (UIJDC). En faire une avant-garde répond à une volonté stratégique de présence au sein des différentes jeunesses européistes mais l’engagement des jeunes démocrates-chrétiens a été tel qu’il a pu susciter des tensions, du fait d’une volonté d’indépendance de la jeune génération. La logique complexe du fonctionnement institutionnel des NEI permet de comprendre comment ce qui devait en être une simple émanation a pu conquérir une large autonomie.

Il faut donc d’abord exposer le mode de fonctionnement des NEI, dans une première partie, pour, ensuite, y voir la place que tiennent les jeunes et, enfin, s’interroger sur les limites et les succès des jeunes au sein des NEI.

Une structure souple ou invertébrée ?

Les Nouvelles Équipes Internationales naissent en 1947 à l’issue du congrès de Chaudefontaine, près de Liège, et de celui de Lucerne [14] . Leur nom même renvoie à la période de l’avant-guerre : les Nouvelles Équipes Françaises ont été fondées en 1938 par Francisque Gay pour resserrer les rangs des démocrates d’inspiration chrétienne face à la montée des dangers [15] . Parallèlement, autour de Don Sturzo, est né, en 1925, le Secrétariat international des partis démocrates d’inspiration chrétienne (SIPDIC) qui fonctionne difficilement au gré de la montée du totalitarisme en Europe. Il sert lui aussi de référence pour les NEI.

Quel est l’objectif de 1947 ? Il s’agit de créer une entente informelle qui regroupe des hommes et des partis démocrates-chrétiens, alors que le monde bascule dans la guerre froide. Le projet est particulièrement porté par les Belges du Parti social-chrétien (PSC) et les Français du MRP, la Democrazia cristiana (DCI) défendant une vision différente. Les Allemands de la CDU (Union chrétienne-démocrate) sont également très attentifs car ils voient dans cette organisation un moyen de préparer le retour de leur nation sur la scène internationale.

Les hommes du MRP ont tout de suite comme objectif, avec l’assentiment belge, de prendre le contrôle de l’organisation naissante pour la bloquer à un niveau bas de coordination, c’est-à-dire empêcher une Internationale démocrate-chrétienne dans une logique de cordon sanitaire [16] . Le MRP refuse de se lier avec des formations qu’il trouve trop à droite. Lui même gouverne alors avec la Section française de l’Internationale ouvrière (SFIO) et souhaite renforcer la Troisième Force alors que la DCI, par exemple, se situe à droite sur l’échiquier politique italien [17] . Pour marquer l’orientation à gauche de l’organisation naissante, le MRP délègue à la conférence fondatrice de Chaudefontaine, en mai 1947, un fidèle du père Lebret, père dominicain (1897-1966) fondateur, en 1941, d’Économie et Humanisme : il s’agit du géographe Jean Labasse qui lit le texte conclusif du père Lebret, alors en Amérique latine [18] . Il disserte longuement sur la possibilité de trouver une alternative chrétienne de gauche au marxisme, et promeut la pensée de Proudhon devant un parterre de démocrates-chrétiens européens que l’on imagine assez ébahis, en particulier là où les formations sont très conservatrices comme en Suisse [19] .

Cela n’empêche pas le MRP de mettre la main sur la présidence des NEI en 1947, le secrétariat général ayant échu à un Belge proche des positions françaises, Jules Soyeur. Le président est Robert Bichet (1903-2000), homme lige de Bidault. On se souvient de son passage au sous-secrétariat d’État à l’Information en 1946 du fait des lois sur la presse dites « Lois Bichet ». Député de Seine-et-Oise de 1946 à 1958, c’est un des spécialistes de l’Europe au MRP. Il occupe les fonctions de vice-président de l’Assemblée consultative du Conseil de l’Europe et joue un rôle actif dans la création du drapeau européen. Le secrétariat se trouve à Paris. Le duumvirat dirigeant change deux ans plus tard, mais le secrétariat général revient alors à Bichet et la présidence au belge de Schryver, ce dernier y restant dix ans [20] . August de Schryver, « homme d’État et gentleman [21]  », a eu une importante carrière ministérielle avant la guerre et participe au gouvernement belge en exil. Il devient, en 1945, le premier président du Parti social-chrétien (PSC-CVP). Le nouveau secrétaire général est, en 1955, Alfred Coste-Floret (1911-1990), frère jumeau de Paul, député de la Haute-Garonne et proche de Georges Bidault. Un MRP succède donc à un MRP.

La marque française se trouve dans les statuts, en particulier l’article 6 : adhèrent aux NEI des partis ou « des personnalités animés de notre esprit démocratique et chrétien [22]  ». Cela signifie que les hommes du MRP peuvent adhérer aux NEI sans que le MRP lui-même en fasse partie, et cette situation prévaut jusqu’à la fin des NEI. On a ainsi le cas de l’équipe anglaise composée de chrétiens engagés mais dispersés entre trois formations politiques rivales. On comprend que cette équipe nationale n’ait pratiquement pas fonctionné. C’est une ligne de défense que le MRP tient contre vents et marées, de plus en plus difficilement au fur et à mesure qu’il décline politiquement en France. Il est également affaibli par l’échec de la Communauté européenne de défense (CED) en 1954. Cela n’empêche pas Jacques Mallet, délégué du MRP, de refuser une nouvelle fois, cette même année, que naisse une véritable entente entre partis [23] .

Georges Bidault a préféré promouvoir en parallèle des contacts secrets entre responsables démocrates-chrétiens. Ils sont organisés par Victor Koutzine [24] dans son appartement de Genève et permettent, notamment, de fructueux échanges avec la CDU, Bidault et Adenauer s’y rencontrant à plusieurs reprises. Ces entretiens ont fait l’objet de comptes rendus analytiques, le plus souvent de la part d’Albert Gortais, et on en trouve copie à plusieurs endroits, en particulier dans les Papiers Bidault et les Papiers Bichet [25] .

Ce faisant, ces entretiens secrets enlèvent beaucoup d’enjeu aux congrès annuels des NEI qui tournent de ville en ville. Aucune politique commune n’est arrêtée puisque les partis ne sont pas liés entre eux de manière organique. Entre les congrès, les NEI sont gérées difficilement par un soi-disant secrétariat qu’héberge le MRP mais qui ne se compose que d’une secrétaire compensant, par une activité inlassable, un manque de moyens criant [26] .

L’avantage de cette formule est de permettre aux équipes nationales de multiplier les adhésions mais, aussi, de se multiplier elles-mêmes. C’est ainsi que s’explique, en partie, la représentation de quasiment tous les pays européens situés de l’autre côté du rideau de fer. Comme les décisions des NEI n’ont guère d’importance, elles ont obtenu un droit de vote par pays au sein de l’organisation. La France a toujours insisté pour que l’on sauvegarde ce droit, autant pour des raisons de principe qu’afin que les exilés votent comme la délégation française. Les exilés se dotent, en 1950, d’une organisation spécifique, l’Union chrétienne démocrate d’Europe centrale (UCDEC) disposant d’un lien organique avec les NEI [27] .

On retrouve ce même cas de dédoublement des NEI avec les jeunes, mais le processus est ici moins bien contrôlé.

Le poids des jeunes dans les NEI

Dès les statuts des NEI, on prévoit une organisation de jeunes dans l’article 10. Elle dépend des NEI mais a sa propre identité : « Elle a pour but de préparer la jeune génération à des tâches de politiques internationales, d’organiser des contacts entre les mouvements jeunes de partis démocrates-chrétiens, d’assurer la participation aux activités internationales de la jeunesse européenne et de propager de la manière la plus large l’idée démocrate-chrétienne dans la jeune génération ainsi que d’étudier les problèmes politiques qui intéressent spécialement la jeunesse [28] . »

La visée est très large mais on note que l’idée de jeunesse européenne apparaît dans cet article 10. Cependant, jamais n’est précisé l’âge de ceux qui sont les jeunes des NEI, et on constate de facto que l’approche élitiste des NEI favorise quasi exclusivement les étudiants ou les jeunes cadres des partis démocrates-chrétiens. L’autonomie progressive des jeunes au sein des NEI explique le choix de doter la section jeune de son propre organisme en 1951, dont la définition reprend celle de l’article 10. Il s’agit de ll’Union internationale des jeunes démocrates-chrétiens (UIJDC). Le lien avec les NEI est organique puisque l’UIJDC s’organise « en accord avec le comité directeur des NEI » et qu’elle rédige son propre règlement mais qu’il doit être « approuvé par le comité directeur des NEI ». Les initiatives de l’UIJDC doivent être préalablement portées à la connaissance du Comité exécutif des NEI. Le secrétaire général de l’UIJDC est, de droit, membre du Comité directeur [29] . En parallèle aux congrès nationaux des NEI, l’UIJDC fonctionne essentiellement au travers de sessions internationales de jeunes qui lui sont spécifiquement destinées. Elles sont organisées par la Commission culturelle des NEI. Le premier de ces congrès est celui de Fiuggi, station thermale proche de Rome, du 26 juillet au 1er août 1948. Suivront Hofgastein (Autriche), en juillet 1949, Constance, en octobre 1950, Bad Ems, en septembre 1951, Villach, en Carinthie, en août 1952, Bruges, en 1954, etc.

L’UIJDC semble bien fonctionner dans un premier temps puis une baisse brutale se fait sentir autour du milieu des années 1950. Une session nationale qui doit avoir lieu en 1957 au château de Lamorlaye est annulée faute de participants [30] . Est-ce une mesure de rétorsion de la part de la jeunesse européenne contre la France et l’arrogance du MRP ? Quoiqu’il en soit, la crise est salutaire puisque le congrès de Schéveningue, organisé au printemps 1958, est un succès. Comme le dit la Néerlandaise Margaretha Albertina Maria (Marga) Klompé : « La nouvelle génération de jeunes semble prendre un bon départ [31] . » Le programme de l’année 1958 est particulièrement chargé [32] . Ce passage à vide du milieu des années 1950 s’explique donc facilement, à la fois, par le contexte européen et le renouvellement générationnel.

Les perspectives s’enténèbrent après « le crime du 30 août ». Les premiers signes de désillusion se font sentir, au moins chez les jeunes militants du MRP, au milieu des années 1950. La session de formation destinée aux jeunes du MRP, en août 1956, porte sur « les jeunes et la construction de l’Europe ». Elle doit être animée par Philippe Farine, jeune député MRP né en 1917, issu de la Jeunesse étudiante chrétienne de l’entre-deux-guerres, président « jeune » de l’équipe française des NEI et, bien sûr, membre de l’UIJDC [33] . Il pose la question préparatoire suivante : « L’Europe reste-t-elle pour la génération actuelle une grande espérance qui commence à se réaliser [34]  ? » Cet ancien jeune sent probablement que le flambeau se transmet difficilement. La suite prouve que son appréhension n’est pas totalement justifiée puisque la relance européenne et la signature du Traité de Rome permettent un passage de relais générationnel entre ceux nés dans les années 1910 et ceux nés dans les années 1920.

L’ambiguïté de l’UIJDC réside dans son degré d’autonomie. La relation entre les jeunes et les « aînés » est un leitmotiv des comités directeurs. Une difficulté grave apparaît dès janvier 1949 : la Commission de discipline doit statuer car l’équipe nationale de Belgique reproche à des membres des équipes jeunes belges d’avoir parlé au nom des NEI sans en référer au Comité directeur [35] . En 1951, le président de Schryver rappelle à Philippe Farine, lors d’un Comité directeur, que les jeunes doivent rester subordonnés aux NEI dans leurs initiatives, et particulièrement les motions qu’ils adoptent à l’issue des journées d’études qu’ils organisent : « De Schryver fait alors remarquer qu’effectivement, au cours de ces congrès de jeunes, il ne peut s’agir que de recommandations qui doivent être soumises au Comité exécutif avant d’être publiées. Ce n’est que sous ces réserves que des journées d’étude peuvent avoir lieu [36] . » Encore en 1957, la perspective d’organiser une rencontre entre les jeunes de l’UIJDC et les aînés des NEI soulève d’interminables questions d’organisation derrière lesquelles se cachent des querelles de préséance sourcilleuse [37] .

Le Comité directeur du 31 décembre 1959 voit s’affronter, une nouvelle fois, les jeunes et les aînés. Stefan Glaser, qui a participé à de nombreuses sessions de l’UIJDC, s’oppose ici à Jean Degimbe. L’enjeu est de taille : le recrutement des jeunes. Le professeur Glaser souhaite que le recrutement se fasse par les équipes nationales des NEI, donc les aînés, alors que Jean Degimbe désire que l’UIJDC fonctionne par cooptation. Stefan Glaser insiste sur le rôle des universités : lui-même enseigne à Liège et Louvain. Ce professeur de droit réputé a quitté la Pologne durant la Seconde Guerre mondiale. Il est né en 1895, soit trente et un ans avant Jean Degimbe. En 1959, Jean-Claude Pivert déplore que les sessions de formation soient organisées par la Commission culturelle sans que les jeunes puissent participer à leur élaboration [38] . L’UIJDC doit périodiquement réaffirmer une certaine autonomie face à la tutelle des NEI, malgré un statut apparemment avantageux. En fait, les jeunes effraient les aînés qui ont peur que leur succès et leur mode de fonctionnement ne les amènent à « supplanter les NEI [39]  », déficientes et timorées. Elle dispose en effet d’une carte maîtresse, qui constitue l’atout majeur pour Jean Degimbe : elle a un versant plus nettement politique – comme le montre la référence expresse à la démocratie chrétienne de son acronyme – qui pallie l’indéfinition des NEI que le MRP a voulu informelles.

Mission et limites d’une jeunesse européenne démocrate-chrétienne

La jeunesse représente un enjeu à plusieurs échelles. Tout d’abord, il s’agit évidemment d’attirer vers les NEI de jeunes étudiants des différents pays, comme le souligne le professeur Glaser. Cet attrait pour les étudiants s’explique par la volonté de former une élite européenne qui puisse occuper les fonctions nouvelles qui se multiplient dans les institutions européennes : « Au premier plan, il faut former en Europe une élite politique qui, avec la foi, l’enthousiasme de la jeunesse, connaisse profondément tous les problèmes posés [40] . » Cela explique la confusion qui est faite concrètement entre jeunesse et monde étudiant dans le recrutement des NEI.

Jean Degimbe représente ici un exemple abouti puisque ce secrétaire général de l’UIJDC devient, de 1959 à 1967, membre du cabinet de Roger Raynaud à la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) [41] . Toutefois, un rapide tour d’horizon de responsables de l’UIJDC montre que les réussites européennes ont été limitées, les carrières se faisant surtout à l’échelon national. Philippe Farine, jeune député de 30 ans en 1946, quitte la politique dans les années 1960 pour devenir président du Comité catholique contre la faim et pour le développement avant d’entrer au Parti socialiste en 1974 et de participer à la municipalité de Bertrand Delanoë. Franco Nobili, qui vient de s’éteindre, fait une carrière dans les travaux publics et devient président de l’IRI (Institut de reconstruction industrielle), la plus grosse société italienne. Rudolf Lewandowski, journaliste à l’origine, devient le premier secrétaire de l’UIJDC du fait de sa présence à Paris en tant que correspondant de presse et de son rôle officieux de correspondant de l’Österreichische Volkspartei mais il fait, par la suite, une carrière nationale en Autriche. L’UIJDC n’a donc pas été l’École nationale d’administration (ENA) de l’Europe, même s’il s’agit ici plus d’une intuition que d’un travail prosopographique qui reste à mener. Plus symboliquement, la jeunesse européenne est un lieu commun des discours en tant qu’avenir de la jeune Europe et c’est sur ce plan rhétorique qu’il faut insister.

L’autre rôle que les dirigeants des NEI assignent à l’UIJDC consiste à assurer une présence de la jeunesse démocrate-chrétienne dans toutes les associations qui gravitent autour de l’élan européiste. Le président de Schryver s’inquiète, notamment, de la trop grande influence – à ses yeux – de la jeunesse socialiste dans le Mouvement européen [42] . L’UIJDC aurait donc le même rôle qu’ont pu avoir, en 1943, les Jeunes chrétiens combattants : rendre visible la jeunesse démocrate-chrétienne dans une logique institutionnelle [43] . De Schryver est un spécialiste des calculs compliqués pour que les représentations ne lèsent pas l’UIJDC. Il accorde une grande importance à la Campagne européenne de la jeunesse. Cette organisation indépendante a été lancée par le Mouvement européen pour intéresser la jeunesse à la construction européenne. Elle est placée sous l’égide de Paul-Henri Spaak et de Robert Schuman [44] . C’est Jean Degimbe qui y représente la démocratie chrétienne avant de devenir le secrétaire général de l’UIJDC en 1956 [45] . On retrouve l’UIJDC aux rencontres internationales des jeunes de l’Unesco (Organisation des Nations unies). Elle joue un « rôle primordial à l’Assemblée européenne des jeunesses politiques de La Haye » en 1953 [46] . Puisque les NEI ne sont pas un organisme de décision, resserré sur une élite dirigeante des partis démocrates-chrétiens, Français et Belges se mettent d’accord pour développer une stratégie de présence dans laquelle la jeunesse joue un rôle majeur.

On a toutefois vu que les jeunes des NEI et, particulièrement, le secrétaire général Jean Degimbe, refusent toute instrumentalisation. Il faut donc aussi considérer le fait que les jeunes de l’UIJDC ont su occuper le terrain qu’on leur a consenti et, sans totalement s’affranchir de la tutelle des aînés, développer une activité qui leur est propre. Elle porte ici sur l’idéal chrétien qui marque la spécificité de cette jeunesse européiste.

On peut décliner cet idéal à travers trois éléments, en allant du plus assuré au plus hypothétique.

En premier lieu, ce qui frappe, si on quitte le domaine des archives pour celui des témoins, ce sont la joie, l’espoir, l’enthousiasme des jeunes Européens de se retrouver, la conscience que la nouvelle génération effacera les horreurs du premier vingtième siècle. L’expérience est particulièrement forte entre les jeunes Allemands et les jeunes Français. Le moment fondateur est la rencontre de Soest, en Westphalie, du 7 au 18 mars 1948, destinée à permettre les échanges entre Français et Allemands. On y trouve aussi une figure du mouvement suisse, Léo Schürmann, et l’Autrichien Rudolf Lewandowski [47] . La France y est représentée par Philippe Jarraud de Vérac, un proche du père Lebret [48] . La petite cité hanséatique n’a pas été choisie au hasard : durant la guerre, elle a accueilli un oflag où se trouvaient 2 500 officiers français. Ce camp est resté connu pour la vie spirituelle et culturelle qui s’y est développée. L’année 1948 voit la naissance de l’équipe allemande au sein des NEI ; elle participe officiellement au congrès des NEI de Fiuggi [49] , quatre mois après la rencontre de Soest. La réconciliation des deux jeunesses reste un objectif permanent de l’UIJDC. En juillet 1949, à Hofgastein, le congrès « salue la délégation allemande et voit dans sa présence la marque du progrès déjà accompli et les possibilités d’une prochaine et entière intégration de l’Allemagne dans la communauté des peuples européens [50] . »

Deux ans plus tard, à la rencontre de Schluchsee, dans la Forêt Noire (25-32 mars 1950), Pierre Belleville, également issu de la mouvance Économie et Humanisme et proche de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC), lit un important rapport sur l’histoire des relations franco-allemandes : « Il n’y a pas de salut pour l’Allemagne et pour la France sans la construction de l’Europe. Et l’Europe n’est pas possible sans la réconciliation franco-allemande [51] . » La réunion de Royaumont, à la veille de Noël 1950, permet à Charles Léger d’affirmer la nécessité d’une armée européenne « qui comprenne des unités nationales intégrées à l’échelon de la plus petite unité possible moyennant quoi la participation allemande pourra se faire sur un pied d’égalité avec les autres nations [52]  ».

Les sessions estivales de formation raniment l’esprit de Marc Sangnier et, particulièrement, du congrès de Bierville de 1926 [53] . Ce ne sont pas moins de 3 000 participants représentant 33 pays que réunit le fondateur du Sillon dans sa propriété de l’Essonne pour célébrer la paix par la jeunesse. La jeunesse catholique française avait déjà pris soin d’organiser dans les années 1920 des rencontres avec son homologue allemande pour contrer le danger nationaliste incarné par Maurras et l’Action française. Au moment où on ressent en France chez les démocrates-chrétiens une profonde colère face au retour du nationalisme qu’incarnent de Gaulle et le Rassemblement du peuple français (RPF), des rencontres de jeunes apparaissent comme la meilleure réponse. La jeunesse démocrate-chrétienne donne ainsi raison au combat de ses aînés et montre que le nationalisme est un produit périmé et mortifère des décennies précédentes. Dans les congrès des NEI, les jeunes se caractérisent par des discours enthousiastes, voire utopiques, qui prononcent la fin de l’État-nation : « L’ère des nations est finie en Europe – voici venir celle de la fédération. Le nationalisme n’est plus utile ni à la France, ni à l’Allemagne, ni politiquement, ni économiquement [54] . »

L’enthousiasme européiste n’est évidemment pas l’apanage de la jeunesse démocrate-chrétienne. La jeunesse incarne l’avenir de l’Europe, lieu commun du discours européiste. C’est pourquoi elle se trouve au premier plan pour en dénoncer la division, comme s’il fallait exprimer que cette génération connaîtra une Europe réunifiée.

On a vu que l’UIJDC bénéficie de la protection parfois envahissante du professeur Glaser, un Polonais en exil. Dès la naissance de l’équipe jeune des NEI au congrès de Fiuggi, on trouve parmi les six membres fondateurs un exilé roumain, George Cioranescu. Il est aussitôt rejoint par un représentant polonais, hongrois, tchécoslovaque et bulgare. Les exilés de l’Europe de l’Est occupent une place importante lors des sessions [55] . Les jeunes polonais des NEI se réunissent dès 1949 à Paris [56] . L’ambiance est parfois comparable à celle des romans de John Le Carré car on craint pour certains exilés de Hongrie ou de Pologne qu’il faut cacher dans les chambres [57] .

La session de Hofgastein permet de voter une motion très ferme sur l’intégrité de l’Europe, où l’UIJDC stigmatise la « dictature d’extrême droite ou d’extrême gauche » et rappelle sa conviction « que l’Europe forme une entité dont la division représente un grave danger » [58] . Le congrès de Villach permet de renouveler « la solidarité constante avec toute la jeunesse européenne opprimée par la tyrannie communiste au-delà du Rideau de fer [59]  ». Ceci explique le rôle important que joue l’UIJDC lors de la première conférence des jeunes sur les problèmes de l’Europe Centrale et Orientale qu’organise le Secrétariat international pour la jeunesse du Mouvement européen à Paris, du 5 au 7 juin 1953. À l’issue de ce colloque naît une organisation permanente des jeunes exilés, le Conseil de la jeunesse libre de l’Europe Centrale et Orientale (CJLECO) au sein duquel les membres de l’UIJDC occupent une place essentielle. C’est, notamment, George Cioranescu qui présente le rapport sur les jeunesses de l’Europe Centrale et Orientale sous l’oppression communiste [60] . L’UIJDC est hébergée dans le même bâtiment que l’UCDEC et les jeunes exilés de l’Europe Centrale et Orientale, rue du Pont de Lodi dans le sixième arrondissement de Paris. L’hypothèse d’un départ partiel de l’UIJDC pour Sarrebruck est vite repoussée par Robert Bichet [61] . Via Free Europa, les exilés disposent de fonds importants, dont ils font profiter les autres organisations de la rue du Pont de Lodi [62] . En outre, ils renforcent le poids de Paris car la France joue la carte de la nation protectrice, dans l’esprit romantique de 1830, mais avec des visées tout à fait intéressées : les exilés votent toujours avec les Français et les Belges contre les Italiens et les Allemands [63] .

Cette attention à l’unité de l’Europe renvoie à une approche rénovée de la chrétienté, dans l’esprit de la nouvelle chrétienté de Maritain. On sait que ce concept visait à effacer celui d’Occident, trop marqué par le conservatisme et les dictatures [64] . Le glissement de l’Europe à la chrétienté se retrouve régulièrement dans les discours au sein des NEI ou de l’UIJDC, tout comme le passage des valeurs humanistes aux valeurs chrétiennes. Dès 1948, Rudolf Lewandowski mêle « les principes d’une démocratie chrétienne » avec l’espoir d’une « Europe libre sans peur et sans misère » car « nous avons la foi et nous voulons un avenir meilleur, et c’est à nous, jeunes, de faire l’impossible pour la réalisation des idées qui garantiront les bases spirituelles de l’Europe » [65] . Le rapport de 1950 sur la réconciliation des jeunesses franco-allemandes dans le cadre des NEI illustre bien lui aussi cet amalgame entre une Europe fédérale et une Europe chrétienne, avec un champ lexical allant du politique vers le religieux : « L’ère des nations est finie en Europe – voici venir celle des fédérations. Il n’y a de salut pour l’Allemagne et pour la France que dans la construction de l’Europe (…). Voilà ce que nous devons répéter. En ajoutant que, dans la construction de l’Europe, l’esprit chrétien a une place primordiale à prendre. Et que c’est à nous de la conquérir [66] . »

Ces jeunes chrétiens sont marqués par l’esprit du catholicisme social de l’entre-deux-guerres qui a largement contribué à les former : l’omnia instaurare in Christo se retrouve nettement dans l’origine de l’UIJDC. Les six membres fondateurs du congrès de Fiuggi ont été reçus en audience privée par Pie XII. La motion conclusive affirme clairement l’objectif : réaliser « une Europe vraiment démocratique d’inspiration chrétienne [67]  ». La réunion de la section jeune des NEI des 19 et 20 novembre 1948 a une tonalité très catholique sociale dans sa résolution finale : « La nouvelle génération aspire à un ordre social pour l’homme, réalisable seulement à travers un changement profond de structure, (…) la participation chrétienne à cette élaboration d’un style humaniste de vie ne peut être qu’essentielle [68] . » Le congrès de Hofgastein évoque dans le préambule sur les problèmes de la jeunesse la « cité nouvelle » fondée « sur les valeurs chrétiennes et humanistes » [69] . Le premier secrétaire général de l’UIJDC, Rudolf Lewandowski, insiste sur la mission des jeunes démocrates-chrétiens : « Une lutte a commencé entre le matérialisme sans limite, avec la profanation de la personne humaine, et l’enseignement social et économique chrétien qui reconnaît en l’homme une création de Dieu [70] . »

L’homme, création de Dieu, dans une Europe née de la providence ? Les jeunes de l’UIJDC appartiennent clairement à l’horizon du christianisme intégral mis en évidence par Émile Poulat. Il s’agit d’une foi conquérante qui a pris acte de la Révolution française et de la révolution industrielle – après un refus catégorique – et cherche à instaurer les valeurs de l’Évangile dans un monde moderne qui a trop souffert de l’absence de Dieu. Un troisième ennemi apparaît : l’État-nation. L’historien Joseph Hours voyait dans la démocratie chrétienne française l’héritage du parti dévot qui refuse l’œuvre de Richelieu [71] . Discuter de cette thèse serait ici trop long mais prenons garde de ne pas l’écarter avec mépris d’un revers de main, comme cela fut souvent fait. Les jeunes de l’UIJDC ont repris le flambeau des démocrates-chrétiens des années vingt et trente, ceux qui ont lutté contre le fascisme, la Garde de Fer, le rexisme ou l’Action française. Le nationalisme, voilà l’ennemi. Qui plus est, et c’est un des points les plus importants des NEI, les jeunes ici rassemblés sont des protestants et des catholiques, en particulier dans le cadre des rencontres franco-allemandes [72] . Ils effacent par leur engagement européiste l’État-nation qui a divisé la chrétienté mais aussi reconstituent à leur modeste échelle la robe sans couture du Christ déchirée par les Réformes du XVIe siècle.

Notes :

[1] Robert Bichet, La Démocratie chrétienne en France, le Mouvement républicain populaire, Besançon, Jacques et Demontrond, 1980, p. 244. 

[2] Marc Le Dorh, Les Démocrates-chrétiens français face à l’Europe, 1944-1957, mythes et réalités, Paris, L’Harmattan, 2005, p. 118 sqq.

[3] Ibid., p. 129.

[4] Robert Papini, L’Internationale démocrate chrétienne, Paris, Éditions du Cerf, 1988, p. 47 sqq.

[5] Philippe Chesnaux, Une Europe Vaticane ? Entre le plan Marshall et les Traités de Rome, Bruxelles, Éditions CIACO, 1990, p. 119 sqq. Ajoutons que Philippe Chenaux a livré il y a deux ans une synthèse commode de ses travaux récents dans un recueil d’articles : De la chrétienté à l’Europe, Tours, CLD Éditions, 2007, 215 p.

[6] Michael Gehler et Wolfram Kaiser (dir.), Transnationale Parteinekooperation des Euopäischen Christdemokraten, Munich, Saur, 2004, 728 p. Le présent texte utilise largement ce recueil de 222 documents.

[7] Wolfram Gehler et Michael Kaiser, “Transnationlism and European Integration. The NEI and the Geneva Circle, 1947-1957”, The Historical Journal, 2001, n°3, p. 773-798.

[8] Isebald Goddeeris, “Exiles strategies for lobbying in international organisations: eastern Europe participation in the Nouvelles Équipes internationales”, European Review of History, 2004, p. 383-400.

[9] Stefan Delereanu, Les Nouvelles Équipes Internationales. Per una rifondazione dell’Europa (1947-1965), Soveria Mannelli, Rubbettino, 2006, 283 p. L’ouvrage se clôt par un ensemble de 17 documents sur les jeunes des NEI qui nous a été très précieux. Jean-Dominique Durand (dir.), Les Nouvelles Équipes Internationales. Un movimento cristiano per una nuova Europa, Soveria Mannelli, Rubbettino, 2007, 338 p.

[10] Archives nationales (AN), Papiers Bichet, 519 AP 9 et 10.

[11] AN, Papiers Lebret, Journal, 45 AS 73 et 74 ; Papiers Henri Poumerol, 24 AP 15 (1923-2004, journaliste et membre du MRP, responsable du service de presse de l’UIJDC) ; Papiers Bidault, 457 AP 168. Pour une analyse du rôle du père Lebret dans la naissance des NEI, consulter : Denis Pelletier, « Aux origines du tiers-mondisme catholique. De l’utopie communautaire au développement harmonisé : Économie et Humanisme et le père René Lebret (1944-1966) », Thèse, Lyon 2, 1992, p. 353 à 393 essentiellement.

[12] Entretien avec Jacques Mallet, 16 novembre 2006. Un carton, toutefois, présente un grand intérêt : AN, 350 AP 71.

[13] M. Gehler et W. Kaiser, Transnationale…, op. cit., p. 713-714. Les deux auteurs dressent une liste des fonds précise.

[14] P. Chesneaux, Une Europe…, op. cit., p. 119.

[15] Jean-Claude Delbreil, Centrisme et démocratie-chrétienne en France. Le Parti démocrate populaire des origines au MRP, 1919-1944, Paris, Publications de la Sorbonne, 1990, p. 358.

[16] Laurent Ducerf, « Le Mouvement républicain populaire et les Nouvelles Équipes Internationales. Une étreinte sans contact (1947-1963) », dans J.-D. Durand (dir.), Les Nouvelles…, op. cit., p. 229.

[17] Jean-Dominique Durand, « Les rapports entre le MRP et la démocratie chrétienne italienne, 1944-1955 », dans Serge Berstein et al (dir.), Le MRP et la construction européenne, Bruxelles, Complexe, 1993, p. 263.

[18] AN, 519 AP 9.

[19] Le dominicain recense seize grandes idées acceptables pour les démocrates-chrétiens chez Marx, Engels, Proudhon et Kropotkine. On trouvera la conclusion du message du père Lebret dans M. Gehler et W. Kaiser, Transnationale…, op. cit., p. 97-99.

[20] Friedo Kwanten, « Les Nouvelles Équipes Internationales sous la présidence d’August-Edmond de Schryver (1949-1959) », dans J.-D. Durand (dir.), Les Nouvelles…, op. cit., p. 129- 158.

[21] Titre de la biographie de référence sur de Schryver : Godfried Kwanten, August-Edmond de Schryver (1898-1991). Politiche biografie von ein gentleman-staatsman, Louvain, Leuven University Press, 2001, 688 p.

[22] AN, 519 AP 9.

[23] Entretien avec Jacques Mallet, 16 novembre 2006.

[24] Ce journaliste suisse d’origine russe a rencontré, en 1941, Suzanne Borel, future épouse de Georges Bidault. Il devient par la suite très attaché au ministre des Affaires étrangères qu’il accompagne à la conférence de Moscou en 1947 (Jean-Rémy Bezias, Georges Bidault et la politique étrangère de la France, Paris, L’Harmattan, 2007, p. 78).

[25] 519 AP 10. Sur les entretiens de Genève, voir W. Gehler et M. Kaiser, “Transnationalism…”, op. cit., p. 773 sqq.

[26] Entretien avec Monique Badénès, 19 novembre 2006.

[27] S. Delereanu, Les Nouvelles…, op. cit., p. 215.

[28] AN, 510 AP 9.

[29] Comité exécutif, 18 avril 1953, dans M. Gehler et W. Kaiser, Transnationale…, op. cit., p. 366-367.

[30] Comité directeur, 16 avril 1957, AN, 510 AP 10.

[31] Comité directeur, 7 mai 1958, AN, 510 AP 10.

[32] Outre le congrès de Schéveningue de mars, on relève une réunion de la Commission économique et sociale à Mondorf-les-Bains (juin), une session de l’école des cadres à Bruxelles (juillet 1958), une session culturelle à Berlin et une session rurale à Reims (septembre) et, enfin, en décembre, une session sur l’intégration européenne à Luxembourg (AN, 519 AP 10).

[33] Le MRP vous parle, décembre 2006, n°111, p. 11.

[34] AN 350 AP 69.

[35] Commission de discipline et d’arbitrage, 14 janvier 1949, 510 AP 9.

[36] « Comité directeur, 27 janvier 1951 », dans M. Gehler et W. Kaiser, Transnationale…, op. cit., p. 270.

[37] Comité directeur, 16 avril 1957, AN, 510 AP 10.

[38] Comité directeur, 21 novembre 1959, AN, 510 AP 10.

[39] « Comité directeur, 18-19 novembre 1951 », dans M. Gehler et W. Kaiser, Transnationale…, op. cit., p. 195.

[40] Rudolf Lewandowski, « Propositions pour la coopération de la jeunesse démocrate-chrétienne en Europe, mars 1948 », dans M. Gehler et W. Kaiser, Transnationale…, op. cit., p. 128.

[42] F. Kwanten, op. cit., p. 141. Inquiétude partagée par son compatriote Hendrik Heyman (« Commission exécutive, 1-2 juillet 1950 », dans M. Gehler et W. Kaiser, Transnationale…, op. cit. p. 244).

[43] Bernard Comte, L’Honneur et la conscience, catholiques français en résistance, 1940-1944, Paris, Éditions de l’Atelier, 1998, p. 174.

[44] Lire sur la CEJ l’interview de Jean-Charles Moreau établie par Elisabeth du Réau pour l’Institut universitaire européen (site consulté le 13 décembre 2009).

[45] Entretien avec Jean Degimbe, 10 janvier 2009.

[46] Rapport sur l’UIJDC, Tours, 7-9 septembre 1953, 519 AP 9.

[47] S. Delereanu, Les Nouvelles…, op. cit., p.131. Son intervention est reproduite dans M. Gehler et W. Kaiser, Transnationale…, op. cit., p. 126-128.

[48] Entretien et courrier de Philippe Jaraud de Vérac, 13 janvier 2009.

[49] Tiziana Di Maio, « I Partiti democratici cristiani in Italia e Germania e les Nouvelles Équipes Internationales », dans J.-D. Durand (dir.), Les Nouvelles…, op. cit., p. 250. La décision d’intégrer une équipe allemande avait été prise dès septembre 1947 à Luxembourg.

[50] Congrès de Hofgastein, 10-16 juillet 1949, AN, 510 AP 9.

[51] Pierre Belleville, « Rapport psychologique à la rencontre de Schluchsee, 25-31 mars 1950 », dans S. Delereanu, Les Nouvelles…, op. cit., p. 265.

[52] « À Royaumont, rencontre franco-allemande des jeunes NEI », L’Éveil de l’Europe, janvier 1951.

[53] Voir dans ce numéro l’article d’Olivier Prat.

[54] P. Belleville, « Rapport psychologique… », op. cit., p. 265.

[55] Ibid., p. 203 sqq.

[56] L’Éveil de l’Europe, janvier 1950.

[57] Entretien avec Madame Badénès, 30 novembre 2006.

[58] « Motion sur l’intégrité de l’Europe », dans S. Delereanu, Les Nouvelles…, op. cit., p. 256.

[59] « Résolution de politique générale, congrès de Villach, 11-17 août 1952 », dans S. Delereanu, Les Nouvelles…, ibidem.

[60] S. Delereanu, « L’Europe dell’Esilio », dans J.-D. Durand (dir.), Le Nouvelle…, op. cit., p. 176.

[61] « Comité directeur, 27 janvier 1951 », dans M. Gehler et W. Kaiser, Transnationale…, op. cit., p. 270-271.

[62] Entretien avec Jean Degimbe, 10 janvier 2009.

[63] L. Ducerf, « Le Mouvement… », op. cit., p. 234.

[64] P. Chesnaux, De la chrétienté…, op. cit., p. 37 sqq.

[65] R. Lewandowski, « Propositions… », op. cit., p. 128-129.

[66] « Rapport psychologique pour la rencontre franco-allemande dans le cadre de l’organisation jeune des NEI, mars 1950 », dans M. Gehler et W. Kaiser, Transnationale…, op. cit., p. 222.

[67] « Motion conclusive, congrès de Fiuggi, 29 juillet-1er août 1948 », cité dans S. Delereanu, Les Nouvelles…, op. cit., p. 253.

[68] « Résolution de la session jeune des NEI, 19-20 novembre 1948 », dans S. Delereanu, Les Nouvelles…, op. cit., p. 245.

[69] « Résolution sur les problèmes de la jeunesse, congrès de Hofgastein, 10-16 juillet 1949 », dans S. Delereanu, Les Nouvelles…, op. cit., p. 255.

[70] « Unsere internationale Aufgabe, 9 juillet 1949 », dans S. Delereanu, Les Nouvelles…, op. cit., p. 260.

[71] Joseph Hours, « Les origines d’une tradition politique. La formation en France de la doctrine de la démocratie chrétienne et des corps intermédiaires », Cahiers de la Fondation nationale des sciences politiques, 1952, n°31, p. 123.

[72] La CDU joue un rôle clé dans l’entrée des protestants dans les NEI (« Comité directeur, 14-15 septembre 1951 », dans M. Gehler et W. Kaiser, Transnationale…, op. cit., p. 292).

Laurent Ducerf

Laurent Ducerf, agrégé d’histoire, professeur en classes préparatoires aux grandes écoles (lycée Pasteur, Besançon), auteur d’une thèse sur François de Menthon (parue en 2006 aux Éditions du Cerf sous le titre François de Menthon, un catholique au service de la République), est spécialiste de la démocratie chrétienne et du catholicisme social au XXe siècle.

Mots clefs : Démocratie chrétienne ; jeunesse ; Europe ; NEI ; UIJDC

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