Histoire@Politique : Politique, culture et société

Sources

La British Library of Political and Economic Science, la bibliothèque-laboratoire d'une université de recherche en sciences économiques et sociales

Résumé :

La bibliothèque-archive de la London School of Economics and Political Science, prestigieuse université anglaise de sciences humaines, économiques et sociales, fut conçue dès sa fondation en 1896 comme (...)

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Symbole de la Bibliothèque-Archive de la LSE, l'escalier hélicoïdal autour duquel se déploie l'une des plus riches collections au monde de littérature en sciences économiques et sociales. ©  N. SteadLa British Library of Political and Economic Science est la première bibliothèque de sciences économiques et sociales d’Europe par le nombre de documents [1] , par sa politique de collecte mondiale, par la variété des fonds détenus, couvrant les traditionnels ouvrages, essais et périodiques mais également la littérature gouvernementale britannique et coloniale, américaine et européenne, locale et internationale, ainsi que la littérature grise d’entreprises, d’associations, de syndicats, etc. Évoquer une bibliothèque universitaire, détentrice d’archives exceptionnelles, présente plusieurs intérêts. D’abord parce que le père fondateur de cette bibliothèque modèle, le sociologue et homme politique fabien Sidney Webb, l’avait d’emblée conçue comme un instrument de recherche et voulait en faire un dépôt « des archives mondiales du temps présent ». Cette ambition explique que la bibliothèque et son département Archives soient, des années 1900 à nos jours, des lieux incontournables pour le chercheur qui souhaite travailler, pêle-mêle, sur l’histoire des partis politiques, des syndicats, des associations, des groupes de pression anglais, sur l’histoire de la pauvreté et de la réforme sociale, sur l’histoire des administrations publiques nationales et locales, sur les organisations internationales et sur le mouvement internationaliste, sur l’histoire de l’enseignement supérieur et des sciences sociales anglaises, sur l’histoire des étudiants et des mouvements étudiants. De plus, cette bibliothèque-archive, rattachée à une université, la London School of Economics and Political Science, témoigne de l’indéniable fécondité de l’interaction entre une institution de recherche et de très riches fonds documentaires et d’archives, la politique d’acquisition étant pilotée par les exigences et les progrès de la recherche. Ce modèle d’une université-Library-centre d’archives, dépaysant s’il en est pour le lecteur français, est pourtant largement répandu dans le monde anglo-américain [2] .

Une vision : créer « les archives mondiales du temps présent » et un « laboratoire pour les sciences sociales »

La British Library of Political Science (BLPS [3] ) est fondée en 1896, un an après l’ouverture de la London School of Economics and Political Science (LSE), institution d’enseignement supérieur et de recherche en sciences sociales de l’université de Londres à laquelle elle est rattachée. De même que la London School se voulait pionnière par sa mission novatrice de recherche et par les jeunes sciences sociales [4] qu’elle promouvait, de même la LSE Library s’est, dès sa fondation, distinguée Sidney et Béatrice Webb, concepteurs d'une bibliothèque de recherche révolutionnaire. © LSE Archivesdes traditionnelles bibliothèques anglaises. Dans l’esprit de Sidney Webb [5] , la nouvelle bibliothèque-archive se devait d’être aux sciences sociales ce qu’était le laboratoire d’expérimentation aux sciences physiques et naturelles. La politique de collecte définie par Sidney Webb en 1896 présente donc des caractéristiques révolutionnaires.

Contemporaine. La rupture avec l’idée traditionnelle de la bibliothèque patrimoniale, réceptacle de la sagesse des Anciens, des Classiques et des Canons, est évidente. Le temps n’est plus d’imiter la Bodleian Library d’Oxford fondée en 1602 et caractérisée par son ancienneté et la richesse de ses trésors manuscrits et livresques. De même que la LSE entend délivrer un enseignement résolument moderne qui porte sur « les faits concrets de la vie industrielle et sur le fonctionnement actuel des relations politiques et économiques, comme elles se déroulent aujourd’hui au Royaume-Uni et dans les pays étrangers [6] », et non sur l’histoire et la philosophie comparées de la Cité grecque et de l’Empire romain ; de même la LSE Library n’entend pas être le dépositaire de la mémoire et de l’histoire des siècles passés mais être le collecteur des archives de l’âge industriel et de la mondialisation. « L’attention doit se porter de façon centrale et prédominante sur l’état présent [7] . » Il s’agit bien de passer d’un comparatisme dans le temps à un comparatisme dans l’espace, d’ajouter au traditionnel voyage intellectuel à travers les siècles, un voyage géographique à travers les continents. La LSE Library doit être une archive du « temps présent », un archivium des documents politiques, économiques et sociaux mondiaux, et même de la « littérature grise » de la recherche.

Mondiale. La bibliothèque doit également réunir la production mondiale en matière économique, politique et sociale. Ni la Library du British Museum, ni les très riches mais très classiques bibliothèques universitaires anglaises ne sont tournées vers l’acquisition de fonds étrangers. Le constat de Sidney Webb est alarmiste : « les livres étrangers, et plus encore les essais étrangers, sont très imparfaitement archivés ; et une quantité infinitésimale des documents officiels des administrations étrangères est collectée [8] . » Sidney Webb se tourne alors vers les réalisations étrangères en matière de bibliothèque, de collecte et d’archivage de documents pour trouver son inspiration. Il érige en modèles la Blüntschli Collection de la Columbia University, la John Hopkins University et le Musée social de Paris. Les collections de la LSE Library doivent couvrir le monde entier. La mission qui lui est alors confiée est titanesque. Il s’agit d’« acquérir une collection de tous les documents possibles sur les structures et les fonctions de l’administration publique, centrale et locale, de toutes les parties du monde. En plus d’acheter les livres, la bibliothèque doit être en communication avec les gouvernements, les autorités municipales, les organisations non gouvernementales exerçant des fonctions publiques partout dans le monde, pour préserver, cataloguer, indexer tous les documents importants, officiels, rapports, minutes et comptes rendus, comptes financiers, etc. [9] . » La politique d’acquisition de livres étrangers, mais aussi de traductions, incarne ce choix. La conscience de la mondialisation des phénomènes économiques, sociaux et politiques n’est pas contradictoire avec l’affirmation de l’État-nation dont Sidney Webb annonce déjà le dépassement en... 1896.

Documents bruts de recherche. De même qu’il juge archaïque une culture tournée vers le passé, Sidney Webb juge qu’une bibliothèque ne peut se contenter de collecter des livres. La « Library du British Museum qui se limite aux livres réguliers, aux journaux et aux documents parlementaires » est pour lui un contre-modèle. Quand il parle de collecte de materials, de documents, de publications, il pense à bien plus qu’à des ouvrages édités. La LSE Library sera une bibliothèque certes, mais surtout un centre d’archives dédié à la recherche. En plus des ouvrages, livres, essais et périodiques, il faut collecter des rapports, des comptes et des bilans financiers, des memoranda et papiers de travail, des documents municipaux, des règlements et statuts, des minutes et comptes rendus de réunions. Forts de leurs études sur les syndicats britanniques et sur le gouvernement local, Sidney et Béatrice [10] Webb savent l’importance des données brutes, des documents de première main comme sources de la recherche. Le statut et le type des documents à collecter sont profondément modifiés par leur usage : les archives et les publications des temps nouveaux sont les rapports des conseils d’administration d’entreprises, et non les sermons des ecclésiastiques ou les maximes des moralistes d’un autre siècle ; les archives des nouvelles sciences sociales, économiques et politiques sont à inventer au même titre que les champs, les objets et les méthodes de ces dernières. La catégorie d’auteur est aussi à reformuler : il ne s’agit plus de créateurs, d’individus d’exception et de grands esprits, mais de ministères et d’administrations, des partis et des syndicats, des sociétés de secours mutuels et des mutuelles, des organisations non gouvernementales et des associations, des conseils municipaux de villes et des conseils d’administration des sociétés de chemin de fer, de tous les acteurs collectifs des temps modernes.

L’heure n’était donc plus à une politique traditionnelle d’acquisition. Ces partis pris initiaux, scrupuleusement respectés d’autant que Sidney Webb est directeur du conseil d’administration de la LSE Library de 1896 à 1938, expliquent la grande richesse de la bibliothèque, résultat d’une stratégie précoce, constante et originale de collecte de fonds.

Une bibliothèque internationale des sciences économiques et sociales

Bibliothèque-Archive de la LSE. © N. SteadLa BLPES des années 2000 est la digne héritière des efforts déployés par Sidney Webb et ses successeurs depuis un siècle. Longtemps mal logée et sans cesse déménagée, elle a bénéficié d’une mobilisation nationale et internationale dans les années 1970 qui a permis l’acquisition d’un vaste bâtiment (Strand House, rebaptisé Lionel Robbins Building) en 1978. Située sur le campus de la LSE, à deux pas du Strand et de Kingsway, dans la petite ruelle de Portugal Street, la bibliothèque présente un avantage inégalé : 95 % de ses collections sont en accès libre, disposées sur plus de 50 km de rayonnages qui courent sur plusieurs étages. Autre avantage, la bibliothèque propose des horaires d’ouverture très souples : ouverte sept jours sur sept de huit heures à minuit (et 24/24 h en période d’examens, de fin mars à fin juin), ses banques de consultation et bureaux spécialisés sont ouverts de 9 h à 20 h en semaine et de 11 h à 18 h le week-end, dimanche compris. Le département Archives est ouvert quant à lui de 10 h à 20 h du lundi au vendredi et de 11 h à 18 h le samedi. Le visiteur étranger, étudiant ou chercheur, doit remplir une demande de consultation en ligne [11] dans les quatre semaines précédant sa venue à la Library, puis se présenter à l’accueil muni d’une carte d’identité (passeport, permis, CI) et d’une carte professionnelle (carte d’étudiant/d’enseignant chercheur) afin de se faire délivrer un passe temporaire. L’accès au département des Archives [12] est encore moins contraignant : il suffit de prendre rendez-vous par courriel [13] , puis de téléphoner depuis l’accueil de la Library aux archivistes pour être autorisé à entrer. La salle de consultation des archives proscrit les stylos et permet les ordinateurs ; la reproduction des archives/documents par photos numériques est autorisée et est bien plus économique que la photocopie, également proposée. La disponibilité et la diligence des archivistes permettent d’avoir accès rapidement et en nombre quasi illimité aux cartons.

Que trouve-t-on donc à la LSE Library et dans son département Archives qui mérite de s’y attarder ?

Salle de consultation des archives. © N. SteadUn dépôt exceptionnel de documents officiels. Dès sa fondation, la LSE Library se voue à l’acquisition de textes officiels et législatifs, de rapports et de littérature grise produits par les États, par les administrations, par les gouvernements locaux, par les organisations internationales. S’inspirant de l’École réaliste de science politique américaine et adoptant une approche fonctionnaliste, les premiers politologues de la LSE ne s’intéressent pas tant aux textes de loi et aux constitutions qu’aux productions des gouvernements régionaux et locaux, des municipalités, des agences publiques ; ils ne s’intéressent pas tant aux produits finis qu’à la fabrique des textes et règlements. Aussi, la Library, pour mieux servir leurs intérêts scientifiques, a approché diverses institutions pour obtenir des versements gracieux de leur littérature officielle et officieuse.

La BLPES a ainsi sollicité des gouvernements, des administrations et des ministères pour obtenir documents, rapports et publications en tout genre. La LSE Library conserve les papiers parlementaires britanniques depuis 1789 (House of Commons et House of Lords), ainsi que les productions des divers ministères et administrations de Sa Gracieuse Majesté [14] . Les gouvernements coloniaux furent également sollicités. Si, en 1901, seul le Canada se prête au jeu du dépôt officiel, en 1904, « seize colonies britanniques ont été contactées pour déposer leurs publications officielles à la bibliothèque et, à ce jour, onze l’on fait [15]  », certaines l’ayant promis comme « Trinidad, Tobago, la Sierra Leone, le Natal, les Îles Bahamas, la Barbade, le Transvaal [16]  ». La prise la plus remarquable concerne la littérature officielle américaine : en 1902, la Library devient un dépôt officiel des papiers du Congrès et du gouvernement fédéral des États-Unis. Les documents du Congrès (House of Representants et Senate), y compris les publications des commissions spéciales, sont réunis à la LSE Library depuis 1833. Il en va de même des publications statistiques (recensements, Economic Report of the President, Statistical Abstracts). La BLPES réunit ainsi la plus vaste collection au monde de documents officiels américains en dehors des États-Unis [17] . Les pères fondateurs de la LSE et de sa bibliothèque-archive appartiennent au réseau transatlantique des réformateurs urbains et sociaux et portent une attention toute particulière au gouvernement des villes, aux administrations locales et régionales. Beatrice et Sidney Webb déposent au département des Archives le matériel (papiers législatifs, actes, livres, journaux et rapports locaux) collecté à l’occasion de leur enquête sur le gouvernement local. Aussi la Library reçoit-elle depuis 1903 « les papiers de la ville de New York envoyés par le Lord Mayor et ceux de l’État de New York remis par le Gouverneur ». C’est également le cas du Connecticut Senate Journal (1840-1931) puis du Connecticut House Journal depuis 1937, ainsi que la littérature de l’État de Pennsylvanie et de celui de Virginie. Si le tropisme impérial et américain est patent dans la constitution des collections officielles de la bibliothèque, on y trouve cependant un certain nombre de documents législatifs et statistiques relatifs à d’autres pays [18] .

La LSE Library s’est également très tôt intéressée à la littérature produite par les organisations internationales [19] . La London School of Economics a entretenu des relations privilégiées avec ses dernières, formant leurs personnels et leur prêtant ses universitaires-experts pour des missions. Dès les années 1920, l’École fut un haut lieu de militance pacifiste en Grande-Bretagne et de réflexion sur le droit international et les relations internationales qu’elle a contribué à ériger en disciplines universitaires. La plus internationale des universités britanniques par son public et ses centres d’intérêt se devait de collecter les travaux de la Société des Nations dont elle est un dépôt officiel : aussi détient-elle les papiers de son Secrétariat général, de son Assemblée générale et de ses agences, notamment du Bureau international du Travail, mais également une collection complète des traités, journaux et séries statistiques produits par la SDN. En 1946, la LSE Library devient un dépôt officiel de toutes les publications et documents produits par l’ONU [20] , notamment les papiers de l’Assemblée générale et de ses comités et conseils, ceux du Conseil de sécurité, du Conseil économique et social, du Conseil de Tutelle, de la Commission du Droit international et de la Conférence sur le commerce et le développement (CNUCED). La LSE Library détient la littérature et les papiers préparatoires de certaines agences spécialisées de l’ONU (FAO, FMI, BM, BIT), du GATT depuis 1952 et de la Cour internationale de Justice depuis 1947. Enfin, la Library détient nombre de documents européens [21]  : les conventions, traités, protocoles européens depuis 1970, les jugements, décisions et rapports de la Cour européenne des droits de l’homme depuis 1960 et de la Commission européenne pour les droits de l’homme depuis 1967, enfin les papiers du Conseil de l’Europe. L’internationalisme et le pacifisme qui animent étudiants et universitaires de la London School dès les années 1920 ont également laissé des traces archivistiques [22]  : les lobbies et associations tels la League of Nation Union, le National Peace Council et la Women’s International League for Peace and Freedom, British Section ont déposé leur archives à la LSE Library, de même que la United Nations Association, le Oxford Student Pugwash et la célèbre Campaign for Nuclear Disarmament (CND), ainsi que plusieurs de leurs leaders. Il en va de même d’un certain nombre de lobbies pro-européens (Friends of Europe, Federal Union and Federal Trust, Liberal International).

Archives et livres rares. © N. SteadUn dépôt des archives du monde des affaires [23] . Pionnière dans l’étude de l’Économie commerciale et appliquée, s’inspirant des Business Studies allemandes et américaines, la London School of Economics délègue à sa bibliothèque-archive le soin de collecter la « matière première » pour préparer les fameux Business Cases [24] . La LSE Library se dote dès 1896 d’une Acworth Collection spécialisée dans la littérature sur les transports et devient un centre mondial d’archivage des documents produits par les sociétés de chemin de fer de Grande-Bretagne, des États-Unis, d’Inde. Impressionnante est la liste des compagnies de chemin de fer qui déposent leurs rapports à la BLPES. En 1905, sur les trente-neuf compagnies américaines sollicitées, trente-deux ont donné suite à la requête [25] . Les compagnies de chemin de fer indiennes ont été pareillement démarchées : sur dix-sept sollicitées, dixont consenti à présenter leurs rapports annuels [26] . En plus de ces documents de première main, la bibliothèque collecte la littérature et les journaux spécialisés sur les chemins de fer et les transports maritimes remontant aux années 1840, dont Railway Times, la Railway Gazette, le Railway Magazine, ou encore l’International Railway Congress (US). Les archives détiennent également une collection sur les Ponts, routes et canaux d’Écosse (1782-1841). Située à proximité de la City, la LSE a également reçu pour mission à ses débuts de former des comptables, des banquiers et des financiers. Aussi sa bibliothèque collecte-t-elle des rapports d’activités de banques (Willam Brandt’s Sons & C°, 1814-1957 ; Clayton & Morris C°, 1553-1823, Ionian Bank, 1835-1977 ; Jones Lloyd & C°, 1829-1948), ainsi qu’une littérature spécialisée, Investors Review dont la collection remonte à 1892, le Stock Exchange Record (1911-1956), ou des journaux financiers tel le Statist (1879-1967). Les archives ont également reçu les livres de comptes de compagnies sidérurgiques, minières et de commerce. La bibliothèque conserve les documents produits par les chambres de commerce municipales de Birmingham et de Glasgow, ainsi que les archives institutionnelles d’organisations tel le Nationalised Industries Chairmen’s Group (1973-1989), ou celles de Commissions parlementaires traitant de sujets économiques, comme la Tariff Commission (1903-1925).

Un dépôt d’archives des syndicats [27] et des partis [28] . Fidèle à sa vocation de centre d’études sur les questions syndicales, pressentie par les Webb et par la Société fabienne, la LSE Library développe une Hutchinson Collection sur les mouvements socialistes et révolutionnaires (1700-1940) et une Webb Collection sur les syndicats. Beatrice et Sidney Webb déposent les archives de leur enquête sur l’histoire du syndicalisme et de la démocratie syndicale (1666-1920) ; le département des Archives hérite également de la fameuse enquête de Charles Booth sur la pauvreté à Londres (1886-1903), de ces 450 carnets de notes et feuillets cartographiques représentant la pauvreté par rue et par quartier à Londres [29] . Les bibliothécaires en charge de ces collections n’ont eu de cesse de solliciter syndicats et sociétés de secours mutuelles à travers le monde. Parmi les archives versées, se trouvent celles de groupes politiques et de partis : la Société fabienne, l’Independant Labour Party, le Labour Representation Committee et les sections londoniennes du Labour Party (North Lambeth Labour Party 1920-1955, Merton and Morden Labour Party 1926-1970) y ont déposé leur papiers, de même que le Liberal Party et les Liberal Democrats. De nombreux hommes politiques et dirigeants de partis ont également confié leurs archives, par exemple Antony Crosland, Hugh Dalton, Evan Durbin, Ramsay Macdonald, Peter Shore, William Beveridge, pour n’en citer que quelques-uns, ou les syndicalistes Walter Citrine (1887-1975) ou Arthur Cooke (1862-1935). La Bibliothèque complète les collections d’archives par celles de journaux syndicaux, ceux de la Fédération des mineurs de Grande-Bretagne, de la Société des Ingénieurs, etc. On trouve également des archives sur le syndicalisme féminin, tel celles du Women’s Industrial Council (1895-1910) et du Women’s Co-operative Guild et des rapports du National Union of Women Workers (1899-1917). Enfin la collection syndicale a une couleur internationale, puisqu’elle contient le journal American Federalist (1922-1973), publié par l’American Federation of Labour, les rapports des congrès de la CGT de 1913 à 1978 ainsi que La Voix du Peuple, ou encore le périodique allemand, Der Arbeiterfreund (1864-1899).

Bien d’autres collections mériteraient d’être mentionnées, à l’instar de celles sur les mouvements gays et lesbiens dont la LSE Library est détentrice et surtout l’ensemble des archives privées d’hommes politiques, d’experts, d’universitaires et d’hommes d’affaires.

Archives de la recherche et de l’histoire des sciences sociales

Les archives conservées à la BLPES, collectées à la demande des universitaires et en collaboration avec les chercheurs de la London School of Economics, reflètent les préoccupations scientifiques des époques qui les ont vues se constituer : elles sont intéressantes en soi, à titre de matière première, et intéressantes pour écrire une histoire réflexive des questionnements et des méthodologies scientifiques sur un long siècle.

Un dépôt d’archives des institutions de recherche et d’expertise. Le département des archives de la Library a reçu en dépôt des archives institutionnelles de sociétés savantes, d’instituts et de think tanks liés, par leurs membres et par leurs centres d’intérêt, à la London School of Economics. École d’économie, principale rivale de Cambridge et de son approche théorique et abstraite dans les années 1890-1914, la LSE est un haut lieu d’institutionnalisation de la discipline concurrente d’histoire économique ; elle devient également un haut lieu de la réflexion économique dans les années 1930. Ceci explique sans doute qu’elle ait été choisie pour être le dépôt des archives institutionnelles de l’Economic History Society, de la Royal Economic Society, du Political Economy Club ou encore de la Section F (Économie) de la British Association for the Advancement of Science. Dès les années 1930 également, la LSE devient un laboratoire des politiques économiques et sociales du Labour : son expertise est largement sollicitée après-guerre. Le think tank, Political and Economic Planning (PEP), connu pour son influence lors de la mise en place du National Health Service, y a également déposé ses archives. La LSE, pionnière dans l’institutionnalisation de la sociologie universitaire, a également été choisie pour conserver les archives des associations professionnelles telles, par exemple, la British Sociological Association et le National Institute of Industrial Psychology, ou encore d’associations de travail social, comme la British Association for Early Childhood Education. L’historien des sciences sociales peut ainsi éditer des documents originaux [30] , lister les membres des sociétés savantes et reconstituer des réseaux, des champs de force et des hiérarchies institutionnelles et personnelles, restituer la teneur des débats scientifiques en économie, en sociologie, etc., enfin analyser la diffusion hors du champ universitaire des théories scientifiques par les sociétés savantes, les clubs et plus tard les think tanks, et analyser ainsi l’invention de « l’expertise ».

Les archives institutionnelles et scientifiques de la London School of Economics and Political Science constituent l’un des principaux trésors détenus par le département des archives de la LSE Library. Dès l’origine, l’université, ses services administratifs, ses départements scientifiques et ses centres de recherche ont systématiquement versé leurs fonds, offrant au chercheur un matériau gigantesque sur l’histoire d’une université, de ses chercheurs et des sciences sociales. S’y trouvent les minutes des deux conseils, administratifs et scientifiques, de l’École, les papiers des directeurs et leurs correspondances, les statistiques étudiantes, les bilans financiers, la littérature grise interne (projets et débats sur la politique scientifique, sur la politique de recrutement, sur la politique de financement, sur la politique de relations publiques, sur la politique vis-à-vis de l’État etc.), les papiers des départements disciplinaires et de certains centres de recherche. La bibliothèque conserve également les plaquettes présentant le programme annuel des enseignements depuis 1895, les journaux scientifiques édités par la LSE et les magazines internes d’information, enfin les ouvrages publiés par les universitaires. Les archives sur les étudiants ne manquent pas, permettant de faire une histoire du mouvement étudiant, mêlant enquête prosopographique et archives sur les sociétés et les clubs étudiants ainsi que sur leurs mouvements revendicatifs (littérature et journaux syndicaux). Grâce à ces fonds, le chercheur peut écrire une histoire historienne et sociale des sciences sociales, en croisant approche institutionnelle, histoire sociale des universitaires, des chercheurs et des étudiants, enfin histoire intellectuelle des disciplines et des pratiques disciplinaires.

Un dépôt d’archives des chercheurs. Non contente de collecter les archives des sociétés savantes et de sa propre université, le département des archives a fortement incité au dépôt des archives privées des universitaires de la LSE, dont le statut ambigu – les chercheurs répugnent à confier des papiers qu’ils considèrent comme leurs documents de travail personnels et à les exposer au regard du grand public – avait entravé la conservation. Plus d’une trentaine d’universitaires [31] , souvent de premier plan, ont légué leurs archives à la LSE Library, donnant ainsi accès à des correspondances privées, à des notes de cours, à des manuscrits de livres et d’articles, à des journaux de terrain, cahiers d’enquêtes, carnets de laboratoire. Ces archives permettent de reconstituer la « fabrique » des sciences, le processus concret de la recherche « en train de se faire », au plus près du laboratoire et de la salle de cours. Ces archives donnent également des informations précieuses sur les activités extra-universitaires des professeurs, sur leur engagement militant et politique au sein de la Société fabienne, des partis travailliste, libéral, conservateur, ou au sein du mouvement d’Éducation populaire et des syndicats. On y trouve des documents relatifs à leurs activités d’expertise et de consultance au service des partis, des lobbies, des gouvernements britanniques et étrangers et d’organisations internationales. La LSE a également mené auprès de ses universitaires une campagne d’entretiens [32] portant sur l’histoire de l’École et de ses disciplines.

Ces fonds sont précieux pour la rédaction de biographies comme pour l’édition critique de textes. Mais ils peuvent également être utilisés pour compléter une histoire trop institutionnelle des sciences ou trop intellectuelle et désincarnée des disciplines, ou encore pour analyser les formes d’engagement et d’expertise des universitaires et la diffusion des savoirs hors de la sphère scientifique.

Des archives brutes pour faire une histoire des disciplines et des enquêtes. Un des projets de Beatrice et Sidney Webb avait été de faire collecter et de conserver les « données brutes » de la recherche, c'est-à-dire les matériaux élaborés et obtenus au cours des enquêtes, tels les transcriptions d’entretiens, les bases de données statistiques, les questionnaires d’enquêtes, les protocoles de recherche, les instructions aux enquêteurs, les notes de terrain et d’observation. Eux-mêmes avaient veillé à déposer à la LSE Library les archives de leur enquête sur les syndicats et sur le gouvernement local, à la fois comme documentation, comme traces généalogiques de leur travail, et enfin comme matériau réutilisable [33] . Le département des archives de la LSE s’est dès lors intéressée à la conservation des archives des enquêtes sociales, géographiques et anthropologiques. D’autant plus qu’en Grande-Bretagne, la pratique de la « revisite », c'est-à-dire la duplication sur le même terrain d’une enquête, est une méthode relativement répandue. Ainsi la Les archives brutes d'une enquête, le "Charles Booth's Survey into life and labour in London" (1886-1903) et ses représentations cartographiques de la pauvreté à Londres. © LSE Archivescollecte des archives de la célèbre enquête empirique de Charles Booth mesurant et cartographiant rue par rue le degré de richesse ou de pauvreté des habitants de Londres a permis une revisite en 1929 : le haut fonctionnaire et sociologue Hubert Llewellyn-Smith propose de « refaire une enquête empirique sur le même terrain, pour pouvoir comparer les résultats à ceux de Booth à trente ans de distance en retravaillant les cartes de pauvreté, tout en établissant un standard de comparaison pour les enquêtes futures [34]  ». Le New Survey of London Life and Labour est publié en 1934 et ses archives sont à leur tour déposées à la LSE et donnent, à nouveau, lieu à une revisite [35] . Il en va de même des archives de l’enquête géo-économique du Land Utilization Survey menée par le département de géographie et par son directeur Dudley Stamp dans les années 1930 : elle visait à inventorier et à cartographier l’usage des sols afin de trouver les facteurs explicatifs de leur mise en valeur, de comparer les différents usages des terres à travers les âges, et d’analyser les changements et transformations survenus. Grâce à la cartographie et au zonage, elle se voulait un outil de planification efficace et informé de l’aménagement rural et urbain. Impressionnante par son ampleur [36] , cette opération de mapping et de zoning intéressa les Américains en proie à la crise agricole. En 1934, la Fondation Rockefeller et les dirigeants du National Resources Board et du Department of Agricultural Economy invitèrent Dudley Stamp à exposer la méthodologie de l’enquête au public américain : « Le rapport final du British Survey inclura une analyse des études comparatives faites aux États-Unis [37] . » L’enquête géographique fut ainsi exportée et dupliquée aux États-Unis et ses archives sont conservées à la LSE Library.

L’anthropologie est la discipline par excellence de la revisite. Le département des archives de la BLPES a été désigné comme centre national de collecte des données brutes des enquêtes anthropologiques [38] . Là encore, la politique d’acquisition des fonds est intimement liée à l’histoire de l’université. Première institution d’enseignement supérieur à établir une chaire de sociologie occupée par l’ethnologue Edward Westermarck, la LSE accueille l’anthropologue Charles Seligman et son élève Bronislav Malinowski qui en font un centre mondial et rayonnant de l’anthropologie culturelle. Le département des archives a recueilli les fonds de Charles Seligman, de Bronislav Malinowski, de ses élèves Raymond Firth et Audrey Richards, d’Isaac Shapera et d’Ernest Gellner. Il détient donc les papiers des enquêtes de terrain portant respectivement sur Bornéo, la Papouasie-Nouvelle Guinée et le Soudan pour Seligman ; les îles Trobriand pour Malinowski, Tikopia et la Malaisie pour Firth, la Zambie et l’Ouganda pour Richards, les tribus africaines du Botswana pour Shapera, enfin le Maroc pour Gellner. En plus des fonds privés des anthropologues anglais, la BLPES a reçu la garde d’archives institutionnelles précieuses, telles celles de l’International African Institute fondé en 1926 pour promouvoir l’étude de la culture et des langues africaines, ou de l’association professionnelle des anthropologues (Association of Social Anthropologists (1946). Enfin sont conservés les fonds du Colonial Social Science Research Council (1944-1961), première agence de recherche en sciences sociales, chargée de répartir les subventions publiques entre anthropologues et de piloter les recherches selon des objectifs politiques liés au développement économique et à l’émancipation contrôlée des colonies. Ces fonds permettent de retracer un pan de l’histoire de l’anthropologie britannique et de ses rapports complexes avec les pouvoirs.

Conclusion

La British Library of Political and Economic Science est une institution modèle tant par la qualité de ses collections que par leur importance. L’osmose entre la constitution des collections et les exigences de la recherche vivante, l’interaction entre les choix des bibliothécaires-archivistes et les priorités dictées par les universitaires-chercheurs expliquent l’efficace et ambitieuse politique d’acquisition de documents. Le modèle de « bibliothèque-laboratoire », où l’acquisition des documents obéit et accompagne la politique scientifique de l’établissement et où l’université et ses chercheurs confient leurs propres archives et leurs données brutes à la Library, est celui développé par les universités de recherche. Un modèle à méditer [39]  ?

Pour citer cet article : Marie Scot, « La British Library of Political and Economic Science. La bibliothèque-laboratoire d’une université de recherche en sciences économiques et sociales », Histoire@Politique. Politique, culture, société, N° 8, mai-août 2009.

Notes :

[1] Plus de quatre millions d’ouvrages en 2002, 32 000 journaux/périodiques passés et présents, 20 000 revues en ligne. A titre de comparaison, la bibliothèque de la FNSP compte 900 000 ouvrages.

[2] L’auteur tient à remercier les archivistes de la London School of Economics Library, Sue Donnelly et Anna Towlson pour leurs commentaires.

[3] Nommée British Library of Political Science (BLPS) de 1896 à 1926, la bibliothèque a pris le nom de British Library of Political and Economic Science (BLPES) qu’elle porte aujourd’hui. Nous utiliserons indifféremment dans cet article son titre officiel (BLPES) et son nom courant de LSE Library.

[4] Sociologie, Science politique, Économie commerciale et appliquée.

[5] Sidney Webb (1859-1947) est un réformateur socialiste, membre de la Société fabienne en 1884 et du Labour Party, fondateur de la London School of Economics en 1895. Son History of Trade Unionism (1894) est le manifeste de ses recherches de sociologie empirique

[6] LSE Calendar, 1895-96, Chap. 1, en italique dans le texte.

[7] LSE Archive, Hutchinson Trust, Memorandum, Proposed establishment of a British Library of Political Science, December 1895.

[8] LSE Archive, Ibid.

[9] LSE Archive, Ibid.

[10] Beatrice Potter Webb (1858-1843). Sociologue et chercheuse, Beatrice Webb participe à de grandes enquêtes de terrain, telle celle de Charles Booth sur la pauvreté à Londres, et écrit sur le mouvement syndical coopératif. Réformatrice engagée et proche du Labour, Beatrice Webb participe à la Commission royale d’enquête sur les Poor Laws (1905-1909) dont elle rédige le Minority Report.

[11] https://library-3.lse.ac.uk/selfreg [consulté le 16 avril 2009].

[12] Le blog de la section archives permet d’avoir des informations récentes sur les acquisitions et les activités des archivistes. http://lib-1.lse.ac.uk/archivesblog/ [consulté le 16 avril 2009].

[15] LSE Archives, Minute of the Court of Governors, 4.3, Report on the accessions to and work of the Library, 1904.

[16] LSE Archives, Ibid.

[18] Andorre, Autriche, Belgique, Chypre, Danemark, Finlande, France, Allemagne, Gibraltar, Grèce, Islande, Irlande, Italie, Liechtenstein, Luxembourg, Malte, Monaco, Pays-Bas, Norvège, Portugal, Espagne, Suisse, Suède, Turquie. A consulter : http://www.lse.ac.uk/library/govpub/Default.htm  [consulté le 16 avril 2009].

[19] Catalogue: http://www.lse.ac.uk/library/govpub/igos/IGO_publications.htm  [consulté le 16 avril 2009].

[21] Catalogue: http://www.lse.ac.uk/library/govpub/euruni/european_union.htm [consultés le 16 avril 2009].

[24] Indispensables à l’enseignement des Business Studies et à l’entraînement pratique à la vie des affaires, les « études de cas » empruntent leurs exemples à la vie économique réelle et permettent la simulation de situations réelles.

[25] LSE Archives, dont la Baltimore and Ohio, Canadian Pacific, Central Railway of New Jersey, Chesapeake and Ohio, Chicago and North Western, Chicago Burlington and Quincy, Chicago Great Western, Chicago Rock Island and Pacific, Delaware, Lachawanna and Western, Denver and Rio Grande, Great Northern, Illinois central, Long Island.

[26] LSE Archives, dont Oudh and Rohilkhand Railways, Assan Bengal Railways, East Indian Railways, Great Indian Peninsula Railway, Madras Railway, North West Railway

[29] La méthodologie complexe et originale mise en œuvre explorait trois thèmes : le travail et son inscription spatiale, l’habitat et l’environnement urbain, enfin les loisirs et la vie religieuse de la capitale. Des interviews réalisés par des enquêteurs auprès des propriétaires d’usine, des ouvriers, des syndicalistes et de la police locale, avaient été croisées avec des données statistiques. L’enquête avait permis d’établir une échelle de pauvreté de sept niveaux et une représentation cartographique en 450 planches des degrés de pauvreté et de richesse de chaque quartier de Londres, inaugurant le Social Mapping.

[30] Par exemple, les Inaugural Lectures prononcées lors des congrès des associations savantes en Économie.

[31] Des professeurs de la LSE par exemple ont légué leurs archives à la BLPS, tels Brian Abel-Smith, Richard Tawney, Richard Titmuss en social administration, Graham Wallas et Michael Oakeshott en science politique, Edwin Cannan, Hugh Dalton, Evan Durbin, Richard Chorley, James Meade en économie ; Karl Popper et Irme Lakatos en philosophie, Ernest Gellner en sociologie, Charles Webster en relations internationales, Bronislav Malinowski, Isaac Schapera, Charles Seligman, Raymond Firth, Audrey Richards en anthropologie.

[32] LSE Oral History réunit une trentaine d’interviews consultables.

[33] A titre d’exemple, le sociologue Paul Thompson de l’université d’Essex a exploité les papiers de Beatrice Webb pour sa propre enquête sur les syndicats.

[34] LSE Archives, CF ante 1968, Rockefeller, 222-E, Letter from Beveridge  to Ruml, 02/11/1927.

[35] Peter Towshend, professeur de sociologie à la LSE puis à l’université d’Essex revisitera en 1950 un des quartiers de Londres étudié par Ch. Booth puis par le New Survey des années 1930 dans son enquête Ste Katherine’s Buildings.

[36] Vingt-deux mille volontaires locaux arpentent la campagne anglaise et produisent 17 000 cartes couvrant 85 % du territoire anglais, écossais et gallois en 1934. La publication finale compte 250 cartes.

[37] LSE Archives, CF ante 1968, Rockefeller, 222-L, Report on work carried out during the session 1933-1934.

[39] L'enquête menée par la Maison des sciences de l'homme de Dijon sur les "Archives et recherches sur l’histoire et la sociologie des Sciences Sociales" tente de dresser un état des lieux des "fonds documentaires" ou "gisements d’archives" relatifs aux sciences humaines et sociales en France, parmi lesquels les archives des universités et des laboratoires. Les universités françaises, grandes écoles mises à part, ont rarement constitué de véritables bibliothèques-archives de recherche.

Mots clefs : Archives ; bibliothèque ; British Library of Political and Economic Science ; London School of Economics and Political Science ; histoire contemporaine.

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  • ISSN 1954-3670