Histoire@Politique : Politique, culture et société

Vari@rticles

Jean-Pax Méfret, chanteur anticommuniste et républicain populiste

Paul Airiau
Résumé :

Journaliste et chanteur engagé à droite, Jean-Pax Méfret traduit en chanson les tensions idéologiques et géopolitiques des années 1980. Son univers politique est typé : anticommunisme et antisoviétisme, (...)

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La chanson politique en France, depuis le XIXe siècle, relève davantage de la contestation ou de la subversion de l’ordre établi que de la conservation ou de la réaction politiques [1] . Rares furent les chansons politiques de droite largement diffusées, notamment à partir des années 1960, même si certains chanteurs populaires sont réputés de droite, comme Michel Sardou [2] . Aussi peut-on se pencher sur Jean-Pax Méfret, dont l’itinéraire, du combat pour l’Algérie française au début des années 1960 à la chanson bientôt politique dans les années 1970 et au Figaro Magazine dans les années 1980, en fait une figure originale d’une droite populiste et un témoin significatif des mutations idéologiques de la fin du XXe siècle français.

Matricielle est en effet dans l’identité de Jean-Pax Méfret sa naissance à Alger en 1944 [3] . Son père, installé à Marseille, passé en Algérie en 1942 comme résistant lié à l’OSS, y rencontre sa mère, issue d’une famille franco-italienne. Méfret grandit dans le quartier populaire de Belcourt, socialisé dans le catholicisme et le patriotisme. Les « événements » le font anti-indépendantiste. S’il accueille avec joie de Gaulle en 1958, il se retrouve aux côtés des insurgés des barricades en janvier 1960, fréquente le Front de l’Algérie française et devient agent de renseignement et de liaison de l’OAS après le putsch d’avril 1961 ; il est interné quelques semaines pour avoir occupé la radio-télévision d’Alger. Arrêté en février 1962, libéré à l’automne, il achève ses études et se lance dans le journalisme et la chanson pour les rapatriés [4] . Promu par Decca en 1964 comme chanteur-auteur-compositeur, avec deux 45 tours et quatre chansons, sous le nom de Jean-Noël Michelet, il participe à l’émission « Âge tendre et têtes de bois » dont il remporte en juin 1965 le prix du public, puis enregistre en 1966 six nouveaux titres en deux 45 tours et connaît une certaine médiatisation [5] .

Decca aurait-elle tenté d’exploiter le filon « rapatriés » ouvert par Enrico Macias en 1962 ? Peut-être. Mais sa carrière ne décolle pas après 1966 [6] . Avec l’amnistie des partisans de l’Algérie française, sa chanson se politise nettement : trois 45 tours en 1968, dont Messages prisons exil où sa musique accompagne les propos de six anciens dirigeants de l’OAS, et en 1969 un 45 tours d’hommage au Lieutenant Roger Degueldre, un des chefs des commandos Delta de l’OAS, devenu une figure martyrielle des milieux d’Algérie française en raison des conditions de son exécution en 1962 – la salve ne fait que le blesser et il faut six coups de grâce pour l’achever. Journaliste à France Horizon, organe de l’ANFANOMA, association de rapatriés, il entre en 1970 à l’hebdomadaire Minute, passe à L’Aurore en 1974 comme grand reporter de politique intérieure puis internationale, et participe aux tentatives de suppléments dominicaux du Figaro. De 1980 à 2000, il est grand reporter au Figaro Magazine. Inséré dans une presse de droite libérale relancée par Robert Hersant, il n’oublie pas la chanson. En 1974, sous son nom, Le Chanteur de l’Occident (45 tours chez Barclay, diffusion Decca) bénéficie d’une certaine couverture médiatique, profitant de L’Archipel du goulag [7] .

Puis, de 1980 à 1986, il enregistre une cinquantaine de compositions. L’essentiel se concentre en 1980-1982, avec 32 titres : Vous allez me traiter de réac (1980, 33 tours et cassette de dix morceaux), trois 45 tours consacrés à l’Algérie (1980, sept compositions reprises en cassette), trois 45 tours d’une série intitulée « Combats » (six chansons dont une reprise, partiellement éditées en cassette), Faits divers (1982, 33 tours et cassette de neuf titres) dont est extrait le 45 tours Solidarité. Un album réunit les versions espagnoles de certaines chansons. La production est plus étalée ensuite (20 morceaux) : Ni rouge ni mort (1984, 33 tours et cassettes de dix compositions), un maxi-45 tours Calédonie  (1985, deux chansons), Pour mémoire (1986, 33 tours et cassette de huit titres). Après 1986, il compose peu (neuf chansons) et propose essentiellement des compilations [8] . Internet renouvelle le lien avec son public, grâce à un site lancé par un fan en 1999, agréé par lui en 2000, et connaissant sa troisième version en 2007. Cela le conduit à donner un concert parisien en 2004, puis d’autres jusqu’en 2008 [9] . Trois livres lui valent une certaine médiatisation au milieu des années 2000 : une biographie de Bastien-Thiry, un récit de jeunesse et une enquête sur l’affaire Markovic [10] .

L’essentiel de sa carrière musicale se déroule ainsi dans la première partie des années 1980. C’est donc sur les chansons de cette période que se focalisera l’analyse : déclinant anticommunisme, populisme et mémoire pied-noire sur les musiques des années 1960-1980, elles sont les plus significatives politiquement. La considération de caractéristiques communes à toutes les chansons préludera à une étude plus circonstanciée de l’anticommunisme et de sa déclinaison à la France, avant d’aborder les dimensions métapolitiques de l’univers de Méfret, le tout permettant alors de le situer précisément sur l’échiquier politique. Enfin, une approche de la diffusion et de la réception pourra conclure l’analyse.

Des thèmes

Le Chanteur de l’Occident “1980” le clame : « Puisque la guitare est devenue une arme [...] Puisque l’un de vous a chanté Potemkine Moi je viens chanter Soljenytsine [...] Je chante contre le Grand Soir [...] Je chante pour l’Occident. » « Les démagos » vilipende les responsables de la levée du « soleil noir » et du « sang qui coule sur nos têtes » car il a sa source « dans [leur] esprit ». Si les intellectuels et les chanteurs engagés à gauche sont dénoncés comme meurtriers, seules trois allusions visent des chanteurs précis : Jean Ferrat pour Potemkine (dans Le Chanteur de l’Occident), Boris Vian pour Le Déserteur (dans Djebel Amour), et Maxime Le Forestier pour San Francisco (dans L’Île Saint-Louis) [11] . L’univers de Méfret est ainsi circonscrit : l’anticommunisme qui conduit à combattre les intellectuels homicides complices du totalitarisme soviétique et de tout régime anti-occidental.

A cet anticommunisme revendiqué s’ajoutent la lutte contre la gauche et pour les pays martyrs (Liban, Cambodge) ; l’Algérie ; les histoires exemplaires d’individus, et la grandeur militaire ; les sujets de société, des inspirations diverses et des notes personnelles. Ces thèmes se recoupent parfois – combat politique et anticommunisme, qui dominent les deux premiers albums, la grandeur militaire imprégnant l’Algérie et les destins –, certains ont une connotation politique sous-jacente (drogue, violence urbaine). Au final, combat politique, anticommunisme et Algérie sont les sujets principaux, dans le prolongement des engagements de Méfret et du contexte des années 1970-1980. Celui-ci rend aussi compte des sujets de société liés aux difficultés socio-économiques, ce qui conduit à un éparpillement de l’inspiration en 1986, avec la diminution des tensions idéologiques et internationales et l’affirmation de la droite depuis le début des années 1980.

Le caractère politique donne aux chansons une dimension pamphlétaire de martèlement des convictions politiques, pour un tiers à un quart d’entre elles. Mais, bien plus efficacement, les idées sont véhiculées par des récits d’une vie ou d’un épisode significatif prenant toute leur dimension une fois contextualisés. L’assimilation au personnage et la sympathie visent à convaincre en utilisant la sphère existentielle et émotive. Ce procédé appuie un manichéisme latent : Bien et Mal s’opposent dans un combat sans merci où la vie et la mort sont en jeu. Y est fréquemment associé le rapport entre « maintenant » et « autrefois », « ici » et « ailleurs ». Typique est Djebel Amour. Un ancien combattant d’Algérie se heurte à l’incompréhension de ses amis et de ses parents, comme trente ans auparavant quand on « chantait Le Déserteur à Saint-Lazare », alors que pour lui, cela représente « dix-huit mois à vingt ans », matérialisés dans « une rose des sables Qu’il pose sur la table Et il a le cœur lourd ».

La guitare est-elle « devenue une arme » ? Cette phrase est en effet chantée sur une mélodie de piano… Cependant, présente, la guitare crée le pathos, afin de convaincre sans utiliser la raison (Dien Bien Phû), ou assure un rythme (Les Barricades). Ce dernier prédomine, avec la guitare basse, la batterie et les percussions – l’exemple accompli en est Parole d’homme. A partir de 1985, la musique se rapproche de la « chanson FM ». Méfret suit en partie l’évolution des genres musicaux : son premier album contenait Goulag, un disco, alors sur son déclin. Il demeure ainsi loin des formes issues du rock à partir de la fin des années 1960 et en partie utilisées par la contestation socio-politique (hard-rock, punk). Il se glisse dans les musiques commercialement dominantes, entre « variétés », chanson d’auteur et pop-rock mainstream.

De l’anticommunisme au populisme

Anticommunisme : le thème est omniprésent. Il est abordé, avec l’URSS, par son aspect meurtrier, répressif et liberticide, ou par le biais de faits et d’événements symboliques. Le goulag est chanté trois fois (Le Camp 36, Sibérie, Goulag). Prenons quelques citations : « Les commissaires politiques ont estimé qu’il était fou » (car il chantait Yesterday des Beatles : Le Camp 36) ; « L’eau est sale Elle sort d’un égout », « Dehors ils ont creusé sa fosse La croix porte son numéro », on récite dans les camps « Je vous salue Staline » (Goulag) ; « Les femmes Avec des barbelés Tressent des colliers et des bagues Elles font les bijoux du Goulag » (Sibérie). Utilisation politique de la psychiatrie, internement pour avoir remis en cause le système soviétique, isolement sans contacts avec l’extérieur, souffrance, conditions de vie terribles, travail dur, mort qui fait définitivement sombrer dans l’anonymat, ultime négation de la personne, le goulag incarne le communisme annihilant liberté, droit et justice. Lieu de la perversion parfaite, de la déification du tyran, la résistance y demeure cependant possible : par la foi, l’inventivité et l’espérance matérialisée dans l’Ouest, « le paradis qui existe là-bas ».

Autre lieu symbolique, Berlin est traité dramatiquement avec Veronika, récit de la rencontre d’une jeune Allemande de l’Est, morte en tentant de franchir le Mur, symbole de ceux qui veulent se libérer du communisme et refusent la partition de la ville. Cette variation sur un topos, l’homme de l’Ouest rencontrant la femme de l’Est, faite à la première personne, renforce l’assomption existentielle de la déchirure qu’est le Mur, accentuée par l’insertion du « As a free man I take pride in these words : Ich bin ein Berliner » de John Kennedy à Berlin le 26 juin 1963, la fin de la chanson lui faisant écho. Professeur Müller propose une évasion spirituelle de Berlin, par la musique et la prière, Dieu devenant le seul recours dans un monde menteur et factice. Budapest affirme le caractère foncièrement liberticide du communisme en rapprochant la Hongrie de 1956 de la Pologne de 1981, où, dans les prisons, « On se tourne vers la terre française En criant “Solidarité” ». Cuba est traitée par le biais de l’humour. Dans Miss America, la fille de purs militants castristes, qui rêve des Etats-Unis et de devenir Miss America, « tiendra le drapeau » lors des fêtes officielles, pied de nez secret à Castro.

L’anticommunisme débouche dans un combat politique en France même, abordé à égalité par le pamphlet et le récit exemplaire. Parmi ces derniers, Antoine et L’Enfant du flic dénoncent l’antimilitarisme et la haine de la police. D’un côté, l’ancien combattant d’Algérie, clochardisé, castré par les fellaghas ; de l’autre, les enfants de policiers attaqués par leurs camarades sous l’œil indifférent de l’ « instit’ qui a fait 68 » et « tire sur son shit ». La Manif’ et L’Île Saint-Louis opposent l’espoir de mai 1981 à son impossible réalisation : l’électrice de gauche, blessée lors d’une manifestation, finit par considérer qu’on l’a trompée, que les chansons de mai 1968 ont « perdu leur magie ». Quant aux pamphlets, leur violence n’a d’égale que leur virulence : « Garde ça en mémoire camarade Quand tu vas défiler pour la paix Le sang des enfants tués à la grenade A la couleur de tes idées » (Camarade). Et pour n’être Ni rouge ni mort, il faut s’armer avec les missiles nucléaires Pershing II. Cet anticommuniste atteint les socialistes au pouvoir. Solidarité et Libertés dénoncent un totalitarisme larvé (« Vous brouillez les radios Vous régentez l’école »), l’hypocrisie (« Vous jouez au prolo J’en connais qui rigolent ») et la responsabilité du PS dans ses difficultés, en liant le combat de Solidarnosc, l’aspiration à la liberté et la situation française.

Méfret mène donc une lutte dont la violence répond à celle prêtée aux adversaires : non pas débattre, mais se battre. Cette violence verbale, au service du combat politique, répond en fait à une violence sociale, qui est le trait principal des années 1980. Elle est toujours abordée par le biais de l’histoire d’une victime, dans Faire-part, Faits divers, La Colère et L’Enfant otage. Des gens simples, ouvriers, retraités, anonymes, en situation de faiblesse accentuée parfois par leur solitude et leur état (une personne âgée dans son appartement, un collégien face à une bande, une jeune femme sur un quai de gare, un enfant otage de braqueurs de banque), sont la proie d’agresseurs, des hommes en groupe volant, cassant, rackettant, torturant, violant. La violence est gratuite et injuste. Ainsi, l’ouvrier de Faits divers est tué la veille des vacances parce que « le loubard le plus moche » a parié « dix sacs Il a les foies le bourgeois Il ne passera pas ». Elle est aussi mesquine : elle obtient un plaisir facile, le viol, et un peu d’argent. Flash présente dans ce cadre le cas particulier de raconter l’histoire d’une droguée exploitée par un dealer.

Méfret dénonce ainsi « la peur sur la zone », dont sont responsables des marginaux, des hommes politiques et des fonctionnaires inactifs (La Colère). La justice rendue par soi-même (dans Faits divers, le fils tue le meurtrier de son père) et la révolte politique enracinée dans une colère croissante sont légitimées. Les citoyens livrés à l’insécurité par l’incurie politique, les couches populaires souffrant de l’irresponsable politique socialiste après 1981, les nations privées de liberté par le communisme, les pieds-noirs abandonnés par des gouvernants inconséquents, tous petites gens, victimes innocentes, peuvent et vont se soulever, demander des comptes aux responsables de la situation et se libérer. Sous des modalités diverses s’affirme ainsi une catégorie centrale, le « peuple ». Pensé comme consistant, il est construit par la mise en avant d’une situation de victime appelée à se révolter pour construire un ordre nouveau, sûr et libre. Le populisme se révèle bien ici modalité particulière d’organisation du politique [12] .

L’engagement, valeur métapolitique enracinée dans l’expérience algérienne ?

La violence légitime répond ainsi à la violence imposée et subie, les chansons pamphlétaires n’en étant qu’une expression. Mais la lutte est rarement couronnée de succès, comme si l’essentiel était de combattre, la réaction exprimant l’existence, manifestant une dignité que rien ne peut abolir. Le combat devenant le mode de témoignage du spirituel, peu importe qu’il soit gagné ou ait lieu physiquement. Car le combat premier est celui de l’esprit contre le Mal : le chanteur de Camp 36 est interné dans un hôpital psychiatrique, le moribond de Goulag demande le Credo. Le combat, donc l’engagement, étant essentiel, les chansons de destin et de grandeur militaire prennent un sens nouveau, entre résurrection politique et mythification cosmique : d’un côté la France se réconcilie avec son armée grâce à Kolwezi, et Le Jour J exalte les soldats alliés du 6 juin 1944 ; de l’autre, à Camerone, « Le soleil baissa les yeux [lorsque les légionnaires] furent exterminés [13] . » La résistance désespérée devient accomplissement exemplaire. Les « gosses de dix-huit ans Pour la France Meurent en chantant » à Dien Bien Phû, Camerone est le modèle pour un « petit » qui veut « marcher sur le chemin qui mène à la gloire ». Mais l’on ne revient pas sans blessure de la guerre, puisque Le Fou, traumatisé en Indochine, est incompris même des prostituées, et l’échec est récurrent. Cependant, transformant les morts en symboles (Le Béret amarante), il permet de témoigner efficacement, ce qui en fait une réussite.

Cet engagement total, lié à une exaltation des destins, est aussi esthétisé, ainsi dans Le Camp des solitaires où la radicalité absolue d’une camaraderie renversant tout sur son passage, et Les Oies sauvages ou Le Messager, qui transfigure Jean-Paul II. Car Méfret veut susciter un désir tendu de tout l’être. Mais cette esthétisation de la militance est balancée par l’irréversibilité des catégories morales : il faut choisir le bien, la liberté, la patrie, l’honneur. Pourtant, un certain désenchantement pointe finalement, exprimé à travers la situation libanaise. Le Béret amarante relate le départ volontaire d’un jeune homme parti accomplir son « destin », son appui aux Phalanges chrétiennes, sa mort finale. Cinq ans plus tard, Beyrouth est sans illusion : « Soldat de la paix on l’appelle Soldat cible serait moins trompeur », dans une ville en ruines où la violence des adultes a perverti les enfants.

Ces dimensions se retrouvent toutes dans les chansons sur l’Algérie, avec des tonalités particulières. Les Barricades (de janvier 1960) et Le Loup de guerre (un officier parachutiste devenu mercenaire) unissent nombre d’éléments de la mythologie Algérie française : l’abandon par le gouvernement, les pieds-noirs patriotes se défendant légitimement, les soldats rebelles par honneur (le mercenaire voulut rester fidèle « au serment qu’on lui fit prêter ») réduits à survivre comme ils le peuvent, les parachutistes. S’y ajoute la vie marquée à jamais. Le mercenaire, devenu machine à tuer dans les guerres idéologiques, passant du Biafra indépendantiste aux milices chrétiennes du Liban, sans oublier la guérilla antimarxiste en Angola ou anti-islamiste au Soudan, est spirituellement misérable, comme l’ancien conscrit incompris de Djebel Amour que « Ses souvenirs [...] entraînent, ses souvenirs [...] enchaînent ». Ces victimes, marquées par leur engagement sans retour, ont vécu une tragédie, « le temps du malheur » : l’indépendance algérienne (Santa Cruz). Les notations personnelles se font alors plus fortes, Méfret devenant acteur de ce qu’il chante. L’exode crée la douloureuse nostalgie difficilement exprimable de la terre aimée (Le Pain de la misère, Un Noël à Alger, Santa Cruz). Le scandale, la révolte, « la colère », font interpeller Dieu pour tenter de comprendre (La Prière). Seule la statue de la Vierge d’Oran rapatriée en France demeure un point d’ancrage (Santa Cruz), alors que la geste pied-noire est magnifiée (L’Hymne des Pieds-Noirs, La Médaille – avec dénonciation de l’antimilitarisme).

Il est alors possible de penser que l’échec du combat pour l’Algérie française devient la matrice du positionnement métapolitique et politique de Méfret. Les pieds-noirs, victimes qui se sont battues envers et contre tout et dont les souffrances sont la promesse d’un renversement à venir, anticipent et permettent de penser ceux qui souffrirent du communisme et les gens de peu ignorés des puissants.

Un chanteur populiste et républicain

De quel univers politique relève alors Méfret ? En 1982, il se présente implicitement comme « nationaliste français [14] ». A partir de 2003, son site internet affirme qu’il « n’appartient à aucun parti politique. Il est avant tout attaché aux valeurs traditionnelles de la République dans le respect des droits, mais aussi des devoirs des hommes et des citoyens. Jean-Pax Méfret est d’abord un non-conformiste qui chante “vrai” [15] . » Tendance populiste, non-conformisme revendiqué, esthétique de l’engagement, anticommunisme, Algérie française, République des droits et des devoirs : tout pousse vers l’extrême droite.

Mais, entre 1999 et 2002, il s’est rapproché de Démocratie libérale d’Alain Madelin [16] ; et surtout, le nationalisme xénophobe est totalement absent. La descriptive « main d’ébène » du dealer de Flash est seule face aux légionnaires « Français par le sang versé » (Kolwezi) et à l’absence de l’immigration extra-européenne, question nettement politique depuis le début des années 1980. Le patriotisme, où l’armée incarne la nation, est républicain : La Marseillaise est « morceau d’histoire française » (Budapest), le casque bleu risque sa vie pour « Marianne » (Beyrouth). Au plan économique, ni libéralisme du Front national, ni organicisme corporatiste, ni allusion aux débats des années 1980 sur la politique industrielle, les nationalisations et les privatisations. Seules les conséquences des difficultés sont traitées, avec le suicide d’un chômeur dans Faire-part. Les grands combats, défaites et références de l’extrême droite et des contre-révolutions royalistes ou catholiques sont absents [17] . Sauf l’Algérie. Car domine l’origine algéroise : milieu populaire, patriote, rapproché de l’armée par la Guerre d’Algérie, éloigné des responsables politiques et radicalement opposé à la gauche socialiste et communiste – une sorte de Barrès pied-noir, le Barrès d’après-1919 où ont disparu les ennemis extérieurs, battus, et intérieurs, intégrés par le sacrifice militaire, la « nostalgérie » représentant l’enracinement.

Ce populiste républicain anticommuniste s’inscrit dans les conflits géopolitiques et idéologiques des années 1960-1980. Multiples sont les références à l’actualité internationale : révolution portugaise (1974) dans L’Île Saint-Louis, Soljenitsyne (1974-1975) dans Le Chanteur de l’Occident, guérilla bolivienne dans Feliciano, accords d’Helsinki (1975) dans Le Chanteur de l’Occident, Kampuchéa démocratique (1975-1978) dans Et la musique s’est arrêtée et Les Démagos, révolution iranienne dans Les Démagos et révolte katangaise (1978) dans Parole d’homme, boat people fuyant le Viêtnam dans L’Île Saint-Louis, syndicat libre polonais Solidarnosc (1980-1981) dans Solidarité et Budapest, dissidence d’Andreï Sakharov dans Le Chanteur de l’Occident, renouveau de la tension Est-Ouest (invasion de l’Afghanistan par l’URSS en 1979, crise des euromissiles de 1981 à 1984, Boeing des Korean Airlines abattu par la chasse soviétique dans la nuit du 1er-2 septembre 1983) dans Camarade et Ni Rouge ni mort, guerre civile libanaise (1975-1986, avec l’assassinat du président Béchir Gemayel le 14 septembre 1982 et les attentats contre la Force multinationale de sécurité le 23 octobre 1983) dans Le Béret amarante et Beyrouth. Pour la France domine la donne politique issue de la présidentielle de 1981 : « changement » après le 10 mai dans L’Île Saint-Louis et Solidarité, congrès du PS à Valence qui demande un renouvellement des cadres de l’administration (23-25 octobre 1981, avec référence au discours de Paul Quilès du 23), naissance des « radios libres » autorisées de manière dérogatoire (1982) et projets éducatifs du ministre Alain Savary (1984) dans Solidarité, et, anecdotiquement, l’Îlot Châlon, lieu de squat et de trafic de drogue parisien avant sa rénovation (décidée en 1984) dans Flash. Les revendications kanakes de 1984 à 1989 permettent de croiser anticommunisme et patriotisme dans Calédonie, le FLNKS se revendiquant du marxisme.

Méfret participe donc du renouvellement des droites et d’un révisionnisme intellectuel à partir du milieu des années 1970. La poussée monétariste ne s’accompagne pas d’une rénovation politique ou culturelle, malgré les tentatives de Valéry Giscard d’Estaing. La Nouvelle Droite tente de s’affirmer, profitant du lancement par Hersant en 1978 du Figaro Magazine, où confluent plusieurs pensées de droite, unies par leur volonté nette d’en découdre avec les gauches [18] . 1981 accentue le mouvement, en plaçant la droite dans l’opposition, violente et active, au Parlement et dans la presse – notamment dans les journaux du groupe Hersant, visé en 1983-1984 par une loi « anti-concentration » âprement débattue. La désidéologisation de l’exercice socialiste du pouvoir, avec le tournant de la rigueur en 1983, la pratique de la désinflation compétitive après 1988, le difficile renoncement de la droite gaulliste au dirigisme économique, le réchauffement des relations Est-Ouest après 1986, atténuent les polémiques à visée identitaire. Les conflits se déplacent vers des thèmes plus « sociétaux » ou partiellement nationaux, comme l’indépendantisme kanak, ce que Méfret traduit à sa manière [19] .

De manière plus marginale, ses chansons n’interviennent pas dans les tensions agitant le monde rapatrié dans la décennie 1980. Mais il participe à la construction de la mythologie pied-noire : religion populaire dans Santa Cruz avec la statue de la Vierge d’Oran installée désormais à Nîmes, patriotisme et fierté de la participation à la libération de la métropole lors de la Seconde Guerre mondiale et revendiqués dans La Médaille et L’Hymne des pieds-noirs, pieds-noirs définis comme des pionniers sans s’interroger sur la colonisation dans L’Hymne des pieds-noirs, « nostalgérie » recomposant, par le biais de l’exil, en un peuple solidaire un monde qui fut et demeure traversé de failles politico-sociales – entre grands colons et petits artisans et employés urbains, entre partisans du Parti socialiste, des partis centristes ou de droite modérée, et ceux du Front national [20] .

Diffusion et réception [21]

Un univers aussi circonscrit et au message politique si fort jusque dans les voies indirectes qu’il emprunte, et dont l’expression dépendait assez largement des circonstances même s’il s’y trouve des éléments métapolitiques en partie intemporels, pouvait-il connaître le succès dans les années 1980 face à la chanson de divertissement, qui représente plus que l’écrasante majorité de la production et marginalise radicalement, au moins en France, toute forme de chanson militante ? La diffusion à la radio ou à la télévision, avec pour cette dernière quatre passages retrouvés dont deux en 1975, fut donc faible [22] . Les concerts occasionnels, à l’occasion de reportages ou de manifestations politiques, comme les journées d’Amitié française du Centre Charlier, les fêtes Bleu Blanc Rouge du Front national, servent aussi à la popularisation. Mais la diffusion repose largement sur le contact individuel et non sur une commercialisation de masse appuyée sur la médiatisation radio-télévisée – Méfret dénonce une censure [23] . Les disques et cassettes, achetés par exemple par le biais de la SERP de Jean-Marie Le Pen, sont écoutés entre amis ou camarades, prêtés, dupliqués – comme les CD ensuite. Ce fonctionnement réticulaire se double d’une transmission familiale, accentuée dans les années 2000, les rééditions, les nouvelles productions et le site Internet permettant une relance de la diffusion.

La spécificité des thèmes explique ce type de diffusion et la réceptivité sélective en fonction des milieux. Le monde militaire est un vivier très important, avec 16% des messages du site jean-pax.com en avril 2005, des années 1980 aux années 2000, plus peut-être parmi les militaires en opération que parmi les encasernés. Sont ensuite atteints les proches des soldats et des adolescents idéalisant l’armée – lycéens militaires, certaines unités scoutes de zones de classes moyennes supérieures, ainsi l’ouest des Yvelines. Le monde pied-noir est plus discret. Nationalistes, royalistes et catholiques contre-révolutionnaires accueillent un renouvellement pop-rock des chansons de droite, jusqu’à présent royalistes, vendéennes, chouannes, fascistes, antibolcheviques, militaires [24] . Ces publics sont plus ou moins segmentés, y compris au plan socio-économique : les militaires, plus souvent soldats ou sous-officiers, appartiennent davantage à un milieu populaire, de formation inférieure au baccalauréat. Ils sont fédérés par l’aspect militaro-esthétique et la contestation de la gauche, et se positionnent massivement à droite ou à l’extrême droite. La dimension populiste et républicaine n’est presque jamais perçue. L’univers politique de Méfret est ainsi partiellement décalé de celui de ses auditeurs.

Les chansons ont une fonction mobilisatrice et identificatoire, illustrant des idées ou des références déjà acceptées et défendues. Chantées à plusieurs, pour affirmer une communauté de vues ou de vie, rarement discutées, ou écoutées solitairement, elles ne diffèrent pas de la musique habituellement écoutée [25] , tout en ayant une portée politique, construisant un anticommunisme et une défense de l’Algérie française, et métapolitique, alimentant une esthétique de l’engagement et une valorisation de l’honneur. Chez les adolescents, illustrant musicalement un univers politique, elles participent à la politisation. Chez les adultes, elles entretiennent cet univers dans la durée. Ici réside leur efficacité, plus que dans un retournement ou une opposition politiques ponctuels [26] . Aussi Méfret peut-il être, à ce titre, l’objet d’un investissement important, avec l’initiation des enfants et amis, l’achat de tous les disques, des livres, la recherche d’informations.

Ainsi, Méfret peut servir d’analyseur à plusieurs titres. D’abord, il donne de voir fonctionner une forme de chanson politique : plus que la conviction, l’illustration, la construction d’un univers politique par l’appui sur des éléments métapolitiques faisant sens avec cet univers. Ensuite, historiquement, enraciné dans l’Algérie française, évoluant vers un fort anticommunisme en raison de l’évolution du contexte géopolitique, vivant un combat presque apocalyptique dans la France dirigée par le Parti socialiste, il montre l’existence, voire la vivacité, d’un populisme républicain dont on peut se demander s’il ne pourrait se retrouver chez d’autres personnalités, hebdomadaires ou organisations de droite dans les années 1980 (Alain Griotteray, Figaro Magazine, CNI, MIL, UNI). Il amène à s’interroger aussi sur la possible fonction d’interface que peut jouer ce républicanisme particulier dans les relations de la droite avec l’extrême droite, voire sa contribution à la vulgarisation de thèmes qui ont fait le succès de cette dernière à partir de 1984. Enfin, utilisant les formes musicales issues des années 1950-1960, se distinguant de la mouvance skinhead des années 1970, il précède le rock identitaire français des années 1990-2000, engagé de manière beaucoup plus explicite, lié à une génération née après 1970-1975 et à une politisation accompagnée par le poids du Front national [27] .

Notes :

[1] Sur le rapport entre chanson et politique : Chansons en politique : journée d’étude du 29 novembre 2002, Paris, Bibliothèque nationale de France, coll. « Conférences de la Bibliothèque nationale de France », 2003, 5 CD (dont Marc-Olivier Baruch, « Histoire, chanson et politique : remarques en forme de synthèse », CD 4, Anthony Pecqueux, « Chansons politiques : tendances actuelles », CD 5) ; « La politique en chanson », Mots. Les langages du politique, n° 70, novembre 2002 (http://mots.revues.org).

Approche plus factuelle dans Daniel Pantchenko, « Vous avez dit “chanson engagée” ? », Textes et documents pour la classe, n° 894, « La chanson française », 15-30  avril 2005 (http://www.cndp.fr/revueTDC/894-72891.htm, consulté le 3 février 2009) ; Chantons l’affiche. Quarante années de notre histoire illustrées par l’affiche et la chanson, documents réunis par Bernard Champelovier, Chambéry, Editions Jean-Jacques Rousseau, 1996 (Méfret, p. 15, 121, 125) ; Serge Dillaz, La Chanson française de contestation des barricades de la Commune à celles de mai 1968, Paris, Seghers, 1973 ; Le Choc du mois, n° 14, « Chanson française : engagez-vous », juillet 2007.

Pour les chansons sur les colonies : Alain Ruscio, Que la France était belle au temps des colonies… : anthologie de chansons coloniales et exotiques, Paris, Maisonneuve et Larose, coll. « Actualité de l’histoire », 2001 (Méfret, p. 283, 284) ; Claude Liauzu, Josette Liauzu, Quand on chantait les colonies, Paris, Editions Syllepse, coll. « Histoire : enjeux et débats », 2002 (Méfret, p. 149, 171-172).

[2] Polémique de Louis-Jean Calvet, Jean-Claude Klein, Faut-il brûler Sardou ?, Paris, Editions Savelli, 1978.

[3] « Regarde les hommes changer », Europe 1, 20 juin 2007.

[4] Il avait participé à un radio-crochet en 1960 ; le catalogue BN Opale Plus lui attribue un « slow-rock », « Chérie », en 1956.

[5] « Âge tendre et têtes de bois », ORTF, 10 novembre 1964, 10 juin 1965. Il participe au concert télévisé « MusicHall de France » (9 avril 1966) et à « Jeunesse oblige » (19 juillet 1966, où il côtoie Rika Zaraï, Serge Lama et Michel Polnareff).

[6] Valérie Esclangon-Morin, Les Rapatriés d’Afrique du Nord de 1956 à nos jours, avant-propos de Claude Liauzu, Paris, L’Harmattan, coll. « Histoire et perspectives méditerranéennes », 2007, p. 337-338.

[7] Selon Renaud, il participe avec lui à un « Midi Première » (déclaration à « Les enfants de la télé », Antenne 2, 25 mars 1995). Selon les archives de l’Inathèque, Méfret chante dans « IT1 Magazine » de Yves Mourousi (TF1, 11 mai 1975), Renaud participe à « Midi Première » de Danielle Gilbert (TF1, 17 mai 1975) : « Rapport du Chef de chaîne », TF1, 11, 17 mai 1975 et « Conducteurs Actualités », TF1, 11 mai 1975. Un reportage sur Méfret est diffusé dans « FR3 Dernière » le 21 juin 1975 (« Rapport Chef de chaîne » de FR3, dactyl., 21 juin 1975, avec surcharges manus. : « Occident » remplacé par « Occitan », Inathèque).

[8] 1995 : Les années froides (double-CD, 40 titres), Algérie – Nostalgie (double-CD, neuf morceaux) ; 1999 : Le soir du neuf novembre ; 2002 : Méfret chante Saint-Cyr (CD de deux compositions) et Quand les souvenirs reviennent (CD collector de trois titres et un récit) ; 2003 : Là-bas (CD de neuf chansons  sur l’Algérie), deux double-CD reprenant les 33 tours, un quintuple-CD reprenant ces double-CD et les versions espagnoles ; 2004 : Sainte Mère Eglise (CD collector de trois titres), Chansons d’histoire militaire, (CD de dix chansons) ; 2006 : Guerres de Vendée (CD de cinq morceaux et récits).

[9] http://www.jean-pax.com . Début du concert de 2004 sur http://www.dailymotion.fr  Exemple de mise en valeur par Internet : http://pagesperso-orange.fr/jeunepiednoir/jpn.wst/Jean-Pax_Mefret.htm [lien consulté le 3 février 2009]. Le concert d’Issy-les-Moulineaux du 11 octobre 2008 a été édité en DVD par la société Diffusia.

[10] Tous publiés à Paris chez Pygmalion : Bastien-Thiry, jusqu’au bout de l’Algérie française, 2002 (rééd. 2007 : Jusqu’au bout de l’Algérie française : Bastien-Thiry) ; 1962, l’été du malheur, 2007 ; Une sale affaire. Markovic, Marcantoni, Delon, Pompidou et les autres, 2007.

[11] La présence de Le Forestier peut s’expliquer par Le parachutiste (1972) ; selon Le Forestier, Méfret se présentait comme l’anti-Le Forestier (L.-J. Calvet, J.-C. Klein, Faut-il…, op. cit.). Miss Cuba pourrait répondre à Cuba si (1967) de Ferrat.

[12] Ernesto Laclau, On Populist Reason, London, Verso, 2005, traduit de l’anglais par Jean-Pierre Ricard, La raison populiste, Paris, Editions du Seuil, coll. « L’ordre philosophique », 2008 ; Pierre-André Taguieff, L’Illusion populiste : essai sur les démagogies de l’âge démocratique, Paris, Flammarion, coll. « Champs », nouvelle éd. revue et augmentée, 2007 ; Guy Hermet, Les populismes dans le monde. Une histoire sociologique, XIXe-XXe siècles Paris, Fayard, coll. « L’espace du politique », 2001 ; Yves Demy, Yves Surel, Par le peuple, pour le peuple. Le populisme et les démocraties, Paris, Fayard, coll. « L’espace du politique », 2001 ; Vingtième siècle. Revue d’histoire, n° 56, « Les populismes », novembre-décembre 1997. Intéressante comparaison : Christian Le Bart, « La figure du peuple dans les chansons de Renaud. De l’exploitation à l’aliénation », Mots. Les langages du politique, n° 70, « La politique en chanson », novembre 2002 (http://mots.revues.org/index9763.html, lien consulté le 3 février 2009).

[13] Le 30 avril 1863, lors de la guerre du Mexique, le capitaine Danjou et 62 soldats de la Légion étrangère, encerclés par deux mille Mexicains dans le hameau de Camerone, refusent de se rendre. Survécurent cinq soldats. L’anniversaire de la bataille est devenu la fête traditionnelle de la Légion.

[14] « Passez donc me voir », Antenne 2, 2 janvier 1982.

[15] http://www.jean-pax.com/page=faq (sans changements entre 2005 et 2007).

[16] Il chante « Le soir du 9 novembre » lors de la célébration de la chute du mur de Berlin organisée par Démocratie libérale (9 novembre 1999), et compose Aux couleurs de la vie qui clôt les meetings de la campagne présidentielle de Madelin en 2002 (« Décibels », France Culture, 6 mai 2002)

[17] Seules allusions : le phalangiste José Antonio Primo de Rivera dans Le Chanteur de l’Occident (1975), les Guerres de Vendée (2006). Les Oies sauvages renvoie aux missions de l’armée de l’air en Afrique, non à l’arrière-plan nationaliste allemand.

[18] Séverine Nikel, Culture, valeurs et art de vivre dans « Le Figaro Magazine », mémoire de DEA d’histoire du XXe siècle, sous la direction de Michel Winock, IEP de Paris, 1993, 134 f.

[19] Jean-Marie Donegani, Marc Sadoun, « 1958-1992. Le jeu des institutions », François Bourricaud, « 1945-1992. La crise des référents », dans Jean-François Sirinelli (dir.), Histoire des droites. 1. Politique, avant-propos de Jean-François Sirinelli, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 2006 (1992), p. 426-481, 567-598.

[20] Daniel Leconte, Les pieds-noirs. Histoire et portrait d’une communauté, Paris, Seuil, coll. « L’Histoire immédiate », 1980 ; Joëlle Hureau, La mémoire des pieds-noirs, Paris, Perrin, coll. « Pour l’histoire », 2001 (Olivier Orban, 1987) ; Jeanine Verdès-Leroux, Les Français d’Algérie de 1830 à aujourd’hui. Une page d’histoire déchirée, Paris, Fayard, 2001 ; Eric Savarèse, L’invention des pieds-noirs, Paris, Séguier, coll. « Les Colonnes d’Hercule », 2002, p. 147-179 ; Valérie Esclangon-Morin, Les rapatriés…, op. cit., p. 326-330. La pochette de L’Hymne des pieds-noirs est la seule allusion à la colonisation (une photographie d’un groupe de pieds-noirs, d’officiers et d’Algériens décorés, à la fin du XIXe siècle).

[21] Sont utilisés des éléments collectés par contacts amicaux avec une dizaine de personnes ayant écouté Méfret durant leur adolescence, envoi d’un questionnaire en mai 2005 à des personnes ayant posté des messages sur le site www.jean-pax.com (32 réponses, pas toutes complètes), exploitation du livre d’or de www.jean-pax.com (au 18 avril 2005, 542 messages), consultation de forums Internet évoquant Méfret. La représentativité est biaisée : utilisation d’Internet, connaissance des sites parlant de Méfret, postage d’un avis ou témoignage.

[22] Télévision : reportage dans « FR3 Dernière », 21 juin 1975 , « Passez donc me voir » de Philippe Bouvard, Antenne 2, 2 janvier 1982 : interview et chant en direct de « Un Noël à Alger » ; « Chantez-le moi » de Jean-François Kahn, Antenne 2, 21 mars 1982 : vidéo de « Solidarité ». Radio : Radio France Melun, Radio France Belfort, RTL, Radio Solidarité – cette radio, fondée en août 1981 par des militants et hommes politiques de droite, s’engagea nettement contre la gauche au pouvoir ; rapides éléments à http://www.schoop.fr/histos/solidarite.php, lien consulté le 3 février 2009).

[23] « FR3 Dernière », 21 juin 1975 ; « Passez donc me voir », 2 janvier 1982.

[24] « La première fois que j’ai entendu “le chanteur de l’Occident” un midi à la télé sur TF1, j’ai pensé : enfin une chanson engagée qui dit la Vérité, cela change de tout ce tissu d’âneries gauchistes » (Paul, 8 décembre 2002, témoignage présent dans le livre d’or du site http://www.jean-pax.com en 2005, disparu dans la version de 2007).

Les catholiques contre-révolutionnaires s’opposent à la Révolution pour des raisons religieuses, et, même s’ils ont souvent une préférence pour la monarchie, s’accommodent de tout régime conforme au droit public ecclésiastique (reconnaissance de la souveraineté de Dieu, législation civile inspirée par le catholicisme).

[25] Dans les trente-deux réponses au questionnaire sont mentionnés chanson et variété francophones (Brel, Brassens, Sardou, Halliday, Fersen), rock, « musiques du monde », classique ; le rap est absent.

[26] « En mission à Nouméa, j’ai appris à connaître les chansons de Jean Pax par une personnalité ministérielle qui en 1988 nous a réuni pour nous avertir qu’il y avait des documents subversifs qui circulaient sous le manteau » (Yvan Rednak, 11 octobre 2004, témoignage présent dans le livre d’or du site http://www.jean-pax.com en 2005, disparu dans la version de 2007) ; « Respect a Mr Mefret [sic] de la part d’un vieux gaucho que JPM a su faire reflechir [sic]. Je [...] suis moins “stalinien” dans ma façon de penser la gauche. ! » (Alexis, 8 mars 2005, témoignage présent dans le livre d’or du site http://www.jean-pax.com en 2005, disparu dans la version de 2007).

[27] Enquêtes militantes : Rock Haine Roll. Origine, histoire et acteurs du Rock Identitaire Français. Une tentative de contre-culture d’extrême droite, Paris, Éditions No Pasaran, 2004 ; Ras l’front, Sur les terres du rock identitaire français. Acte II, dossier n° 2, sans date.

Paul Airiau

Agrégé et docteur en histoire, maître de conférences à l’IEP de Paris et enseignant dans le secondaire, Paul Airiau croise l’histoire religieuse à l’histoire politique (L’antisémitisme catholique aux XIXe et XXe siècles, Paris, Berg International, 2000 ; Cent ans de laïcité française, 1905-2005, Paris, Presses de la Renaissance, 2005) et culturelle (« Le prêtre catholique : masculin, neutre, autre ? », dans Hommes et masculinités de 1789 à nos jours, Paris, Editions Autrement, 2007, p. 192-207 ; « Catholicisme et actualisation du merveilleux médiéval. Le cas de J. R. R. Tolkien et Louis Bouyer », dans Fantasy : le merveilleux médiéval aujourd’hui, Paris, Bragelonne, 2007, p. 131-142 ; « Catholiques français versus rock’n’roll », dans L’Église et la culture, Montpellier, Centre régional d’histoire des mentalités, université Paul Valéry – Montpellier III, 1996, p. 233-264).

Mots clefs : Algérie ; anticommunisme ; chanson ; Méfret ; populisme.

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  • ISSN 1954-3670