Histoire@Politique : Politique, culture et société

Le dossier

Femmes en résistance à Ravensbrück

Coordination : Claire Andrieu et Christine Bard

Un exemple de résistance dans le camp de Ravensbrück : le cas des victimes polonaises d'expériences pseudo-médicales, 1942-1945

Témoignage et analyse de Joanna Penson et Anise Postel-Vinay

Joanna Penson, Anise Postel-Vinay
Résumé :

De juillet 1942 à août 1943, 86 détenues de Ravensbrück, dont une grande majorité de Polonaises, ont été victimes d’expériences pseudo-médicales dirigées par le Professeur Gebhardt. Dans des (...)

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Note de la Rédaction

Il n’est pas fréquent de publier un texte mêlant témoignage et analyse dans une revue universitaire. Certaines actions, cependant, ne peuvent être connues que par le témoignage. Il en va souvent ainsi des activités clandestines. La résistance des Polonaises victimes d’expériences pseudo-médicales à Ravensbrück n’a laissé, comme document produit au moment des faits, que les listes de victimes contenues dans un bocal enterré et retrouvé en 1975 (voir ci-dessous note 10), ainsi que des photographies prises clandestinement et montrant les jambes des victimes infectées et mutilées. Les SS ayant brûlé presque toutes les archives du camp, il ne reste que très peu de traces écrites de leur côté. Les archives orales sont constituées d’une part par les dépositions des médecins accusés dans les procès organisés par les Alliés, et, d’autre part, par les témoignages des victimes et de leurs camarades. L’histoire de leur Résistance ne serait pas connue sans leur récit.

Comme il est naturel pour des témoignages portant sur un événement collectif, les récits qui suivent incluent des précisions apportées par d’autres témoins oculaires. Ils comportent donc une part de témoignage indirect. Ils dépassent également le strict témoignage individuel pour la simple raison que, depuis soixante ans que les faits se sont produits, les auteures ont eu le loisir, et la volonté, de lire et de rechercher les processus qui avaient conduit à ces crimes. Cet article comporte donc une part d’analyse fondée soit sur des lectures postérieures à la guerre, soit sur des recherches. Ces apports extérieurs à l’expérience initiale sont signalés par les notes de bas de page.

Le lecteur trouvera la présentation du parcours des deux auteures à la fin de l’article. Le statut de leurs interventions n’est pas exactement le même, l’une reflétant au plus près la culture patriotique polonaise, l’autre plus centrée sur la genèse d’un crime contre l’humanité.

Sur la durée de l’existence du camp de Ravensbrück, de mai 1939 au 1er mai 1945, les détenues polonaises ont été les plus nombreuses. Elles ont commencé d’y arriver dès l’automne 1939. Sur un nombre total de 123 000 détenues enregistrées à Ravensbrück entre 1939 et 1945, on estime à plus de 36 000 le nombre de Polonaises. Ces dernières peuvent être regroupées en trois ensembles : les « politiques » au sens strict, qui avaient été arrêtées pour faits de Résistance et sont arrivées en « transports spéciaux » ou « transports exceptionnels » (au moins 5 500 femmes) ; les travailleuses forcées (environ 6 500) ; les femmes déportées à la suite de l’insurrection de Varsovie (12 000). A ces déportées s’ajoutent plus de 6 000 Polonaises, dont un grand nombre de juives, transférées depuis Auschwitz et Majdanek [1] . La plupart portait le triangle rouge des  « politiques ».

La Résistance polonaise à Ravensbrück,

par Joanna Penson

Les prisonnières politiques à Ravensbrück n’étaient pas uniquement des victimes, elles étaient aussi des militantes. Nous sommes arrivées à Ravensbrück le 23 septembre 1941 et le 31 mai 1942, en deux transports spéciaux (« Sondertransport ») qui venaient des prisons de grandes villes polonaises comme Varsovie, Lublin, Cracovie et Tarnów. Nous étions plus de 700 au total. On a su que nous étions destinées à ne jamais sortir vivantes du camp. Nous étions presque toutes actives dans la résistance clandestine polonaise nommée ZWZ (Union pour la lutte armée [2] ), transformée ensuite en AK (Armée de l’Intérieur [3] ).

L’organisation s’étendait à toute la Pologne formant un véritable  « Etat clandestin [4] ». Tous les membres de ZWZ prêtaient serment de lutter pour l’indépendance de la Pologne par tous les moyens, jusqu’au bout et, bien sûr, juraient de garder le secret. C’était le serment des soldats de l’armée de la Résistance [5] . ZWZ était structuré en groupes de huit à dix personnes. Chaque groupe portait un nom. Le mien s’appelait « Album ». Ces groupes se trouvaient partout, même dans les prisons, parmi les gardiennes d’avant-guerre. Cela permettait de garder le contact avec l’organisation et la famille après l’arrestation et de prévenir ceux qui étaient restés en liberté.

Les prisonnières de ces deux Sondertransport étaient pour la plupart des jeunes filles, mais il y avait aussi des femmes plus âgées qui avaient de hautes responsabilités dans l’organisation clandestine et qui les conservaient dans le camp où elles devenaient les chefs du groupe polonais. Ces femmes-là étaient des combattantes clandestines de la Première Guerre mondiale, membre du POW, l’Organisation militaire polonaise secrète formée en 1914 par Jozef Pilsudski afin de lutter pour l’indépendance de la Pologne [6] .

Car en Pologne une longue tradition de lutte pour l’indépendance n’a cessé de se développer depuis le XVIIIe siècle, et ceci jusqu’à la victoire de Solidarité en 1989 – exception faite des vingt années d’indépendance après le traité de Versailles entre 1918 et 1939. C’est dans cette tradition historique de lutte pour la liberté du pays, qu’ont été éduquées les jeunes Polonaises entre 1920 et 1939, dans un grand élan patriotique soutenu par l’Eglise catholique et le mouvement scout des guides de Pologne.

Même après leur arrestation, les jeunes prisonnières restaient animées d’un fort sentiment de révolte : elle ne se rendraient pas, elles étaient sûres de la victoire finale de la justice et de la vérité. Les nazis allaient perdre la guerre et on serait libre. La résistance obstinée de ces jeunes femmes aux conditions de vie atroces imposées au camp et leur état d’esprit de rébellion intellectuelle et morale jouèrent un rôle capital dans la lutte quotidienne pour la survie.

En tant qu’élément de la « race slave », la communauté polonaise du camp était destinée à être décimée. Les SS ciblèrent particulièrement nos deux « transports spéciaux ». C’est dans ces fameux Sondertransport que les médecins nazis, indignes du nom de médecin, ont choisi 74 victimes pour d’abominables expériences pseudo-médicales [Voir encadré n°1]. Douze autres femmes d’autres nationalités furent également victimes de ces mêmes expériences. Pour nos deux transports, l’année 1942 fut en outre ponctuée d’exécutions : les femmes étaient fusillées par groupes de 6 à 10 femmes et jeunes filles, certaines à l’âge de 17-18 ans. Entre 1942 et 1945, au moins 133 détenues de ces transports ont été fusillées. Toutes étaient courageuses. Elles repoussaient la boisson tranquillisante que les bourreaux leur proposaient, et refusaient d’avoir les yeux bandés. Avec les mots "Vive la Pologne", elles mouraient sans une plainte. Leur courage et leur jeune âge impressionnaient même les SS du Kommando des tueurs. On l’a su par les détenues polonaises qui faisaient le service à la cantine des SS et qui entendaient leurs conversations.

 

Les expérimentations sur Basya

"Elle s’appelait Barbara Pietrzyk, dite « Basia ». Elle était une des plus jeunes, car elle n’avait que quatorze ans quand elle fut arrêtée à Varsovie. C’était encore une enfant, petite, ravissante, gaie, brune avec de grands yeux bruns, s’intéressant à tout, pleine de confiance. C’était une parfaite éclaireuse, solidaire en tout, toujours prête à servir et à aider. Avant la guerre, elle pratiquait la gymnastique acrobatique où elle réussissait très bien et son rêve était de devenir ballerine.

Un jour, au camp, en 1942, on l’a convoquée à la Kommandantur. Nous la suivions, les yeux pleins de larmes, cela ne pouvait être que pour une exécution. […] Notre Basia Pietrzyk, qui avait seize ans en 1942, fut opérée cinq fois. Cinq fois ses jambes furent ouvertes et réouvertes pour fracturer les tibias. Les plaies de Basia ne se sont jamais cicatrisées. Du pus coulait de temps en temps, entraînant des corps étrangers. Elle ne pourrait plus jamais être danseuse, elle était infirme pour la vie.

Elle est revenue en Pologne en 1945 et devait apprendre qu’une grande partie de sa famille, arrêtée en même temps qu’elle, avait été exécutée. Et pourtant, malgré tout, elle a voulu commencer une vie nouvelle et s’est inscrite dans une université de Varsovie. Mais en 1947, pendant des vacances qu’elle passait chez sa marraine de camp, Myszka Liberakova, elle fut prise d’une grande fièvre et mourut en deux jours, sans qu’un diagnostic fût jamais établi."

 

Extrait du témoignage de Joanna Penson, « Les expériences pseudo-médicales à Ravensbrück », dans Documents. Revue des questions allemandes, numéro spécial sur « La places des femmes dans le système concentrationnaire », 60e année, octobre 2005, p. 53-55.

 

Avant de raconter la lutte contre les expériences pseudo-médicales, il faut mentionner les autres formes de résistance dans le camp [7] . Progressivement, en 1941 et 1942, l’organisation clandestine des Polonaises et des Tchèques a réussi à faire remplacer au poste de chef de Block, les Allemandes prisonnières de droit commun par des prisonnières politiques de leurs groupes. Ce fut un grand soulagement, modérant la cruauté de la vie quotidienne et offrant de nombreuses possibilités pour la vie clandestine.

Comme il y avait beaucoup d’enseignantes parmi les prisonnières polonaises, des cours furent organisés pour les jeunes qui n’avaient pas encore passé le baccalauréat, puis pour toutes celles qui voulaient apprendre. C’était dur et dangereux d’étudier dans ces conditions, mais c’était bon pour le moral. Toute une vie religieuse clandestine a aussi fonctionné régulièrement : prières communes, chants religieux le soir dans les Blocks, et même pratique de la liturgie, ce qui permettait à un grand nombre de femmes de garder l’espoir. Il y avait dans la vie clandestine du camp, une place pour la vie artistique : la poésie, la peinture, la sculpture, etc. Plus de cent jeunes filles étaient en outre membres d’un groupe clandestin de guides. Elles avaient pour but d’aider les plus âgées et les plus faibles et de lutter contre le désespoir [8] .

On a entrepris aussi de grands efforts pour faire savoir au monde ce qui se passait à Ravensbrück [9] . On se disait : « On va crever ici, mais que le monde sache [10] ». On a commencé à écrire entre les lignes de la correspondance officielle avec de l’encre sympathique qui était simplement de l’urine. Ensuite nous avons eu un contact plus efficace, mais aussi plus dangereux : grâce à des Kommandos qui travaillaient à l’extérieur du camp, nous avons pu avoir un contact avec des prisonniers de guerre polonais et français du stalag IIA de Neubrandenburg, qui se sont chargés d’envoyer la correspondance. On a su ensuite que cette voie était efficace et que le sort des femmes à Ravensbrück était connu à Varsovie, à Londres, à Fribourg en Suisse, et au Vatican. On a compris que le message était arrivé à Fribourg lorsque des colis de médicaments en provenance d’une organisation caritative de cette ville sont arrivés au camp. Les « lapins » [voir encadré n° 2] eurent accès aux restes de ces colis après que les SS les eurent vidés à leur profit. Cela a peut-être aidé à sauver la vie des prisonnières à la fin de la guerre.

 

Kaninchen – Un cobaye se dit en allemand « Versuchskaninchen » (lapin d’expérimentation). D’où le nom des « lapins » utilisé par les détenues française pour désigner les femmes victimes d’expérimentation médicales.

 

La Résistance obstinée des Polonaises contre les médecins-bourreaux

par Anise Postel-Vinay

Dès mon arrivée à Ravensbrück en octobre 1943, alors que j’étais encore enfermée dans la baraque de quarantaine, j’ai eu connaissance des crimes commis dans le camp. Un jour, je vis entrer clandestinement, sautant par la fenêtre, une jeune fille polonaise qui parlait le français. C’était Joascha, de son nom actuel Joanna Penson, dont le témoignage précède ici le mien. Elle s’était introduite dans le block des Françaises dans le but de leur faire connaître une série de crimes très particulière, avec l’idée que les Françaises avaient plus de chances que les Polonaises de sortir vivantes du camp. Elle transmettait donc l’information en hâte, dans l’espoir que ces faits seraient connus un jour dans un monde libéré de l’oppression nazie.

C’était un jour de la fin de juillet 1942.

Toutes les prisonnières des deux Sondertransport durent se ranger en formation d’appel devant leur Block. Un médecin SS passa dans les rangs en examinant les jambes des prisonnières. Il choisit une dizaine d’entre elles et fit vérifier à l’infirmerie qu’elles étaient en bonne santé. Elles y furent enfermées à clef dans de petites pièces. Il était impossible de les voir et de savoir ce qui se passait. Au bout de plusieurs semaines, les jeunes filles qui avaient survécu sortirent de l’infirmerie avec d’affreuses blessures aux jambes, rarement recousues, souvent suppurantes. Certaines d’entre elles étaient incapables de marcher sans béquilles – béquilles aimablement fournies par le camp. "Opérées" sous narcose, les jeunes filles racontaient les souffrances intolérables du réveil et le peu de soins qu’elles avaient reçus ensuite. La fièvre montait à plus de 40°, provoquant délires et cauchemars. Les jambes étaient serrées dans des plâtres, enflaient et un liquide purulent s’écoulait, dégageant une odeur insupportable.

Un autre groupe de femmes fut « opéré » deux mois après, puis un troisième jusqu’à ce que 86 femmes subissent le même sort pendant un an, toujours par petits groupes de 7 à 10. C’était « au-delà de l’endurance humaine [11] », écrivirent les survivantes après la guerre.

A deux reprises, les jeunes filles se sont révoltées ouvertement : en mars 1943, elles rédigèrent une lettre au contenu juridique, rappelant au commandant du camp que dans tous les pays du monde, il était interdit de faire des expériences sur les êtres humains sans leur consentement. Elles organisèrent aussi une véritable manifestation silencieuse où toutes les "opérées", les "lapins" (comme elles s’appelaient elles-mêmes) se dirigèrent lentement vers le bureau de la gardienne-chef. Les unes boitaient, d’autres avaient des béquilles, les plus mutilées étaient portées par des camarades plus fortes. C’était une action sans précédent dans le camp, aussi courageuse que hasardeuse, qui pouvait conduire au redoutable cachot du camp ou à l’exécution collective.

La lettre de protestation resta sans réponse. Mais bien que les médecins assurassent à leurs victimes que si elles se soumettaient aux expériences elles seraient graciées et que leur condamnation à mort prononcée à Berlin serait annulée, quatre [12] "lapins" furent tout de même exécutées. Les jeunes Polonaises firent savoir au commandant qu’elles préféraient être exécutées selon leur condamnation de Berlin, plutôt que de subir des opérations aussi horribles.

Plus tard, une deuxième lettre fut rédigée. C’était une question au Commandant : les opérations expérimentales figuraient-elle bien dans les textes juridiques de la SS ? Les "lapins" n’eurent pas plus de réponse que la première fois. Elles désignèrent alors deux d’entre elles pour tenter d’aller parlementer avec la gardienne-chef. Le risque était considérable. Allaient-elles revenir ? La gardienne-chef, Johanna Langefeld, qui avait été choquée que des opérées aient été exécutées malgré les promesses faites, tenta de discuter avec le Commandant. Elle fut aussitôt arrêtée et traduite devant un tribunal SS.

Quant aux opérations, elles ont repris encore le 16 août 1943, où dix jeunes filles furent convoquées à l’infirmerie pour le lendemain. Cinq d’entre elles avaient déjà été « opérées » plusieurs fois. Cette fois, elles décidèrent de ne pas s’y rendre. Elles se sont cachées dans leur Block, le 15, un Block occupé par des femmes de diverses nationalités. Mais la police du camp a pu mettre la main sur l’une d’entre elles, alors les neuf autres sont sorties pour ne pas abandonner leur camarade. Elles ont toutes été enfermées au Bunker, le cachot du camp et opérées sans aucune hygiène, pas même lavées, les jambes encore noircies par le mâchefer des allées du camp. Tout le Block 15 a été puni, privé de nourriture pendant trois jours, ses fenêtres obturées par des planches, plongé dans l’obscurité, sans air. Mais la solidarité a été totale, en commençant par la chef de Block, une détenue tchèque véritablement héroïque, puis toutes les autres Tchèques, les Françaises, les Yougoslaves et les "asociales" allemandes au triangle noir qui vivaient dans le même Block.

Ce fut la dernière série d’expériences. Des 86 femmes opérées, il restait 63 survivantes protégées par toutes les camarades du camp. On s’efforçait de les préserver des mauvais transports, on « organisait » (subtilisait) pour elles des vêtements chauds dans les stocks constitués par les SS à partir des pillages de l’Europe, on les avertissait des moindres signes susceptibles d’annoncer une menace nouvelle pour elles. Les "lapins" étaient convaincues que les nazis ne les laisseraient pas sortir vivantes avec leurs mutilations, leurs horribles cicatrices ou leurs plaies mal refermées qui suppuraient encore. Elles avaient raison : le soir du 4 février 1945, alors qu’on sentait la libération toute proche, les "lapins" reçurent l’ordre de ne pas quitter le Block le lendemain matin. C’était le signe classique d’une exécution imminente. Autre signe qui ne trompait pas : les camarades de la cuisine avaient appris que la ration d’alcool avait été doublée pour le commando des tueurs.

Le sauvetage final, février-avril 1945

Je logeais alors dans le même Block que les "lapins", parmi lesquelles j’avais mes meilleures amies. C’était le dernier Block du fond du camp. Les SS y avaient rassemblé les femmes qui ne devaient pas sortir vivantes, c’est-à-dire les détenues NN dont j’étais, - NN pour Nacht und Nebel, Nuit et Brouillard - les "lapins", et une centaine de prisonnières de guerre des Services sanitaires de l’Armée soviétique.

Ce soir du 4 février 1945, quand les "lapins" comprirent que leur mort était imminente, elles ont grimpé sur leurs châlits et ont commencé à se préparer pour leur dernière nuit, se recoiffant, mettant des vêtements propres quand on avait réussi à en voler pour elles, et distribuant à leurs camarades soviétiques et françaises leurs pauvres petits trésors de camp. En hâte, nous avons confectionné des gâteaux avec notre petite réserve de pain et de margarine. Le programme de la nuit devait être surtout religieux et patriotique.

Deux Polonaises d’une quarantaine d’années vinrent d’un autre Block proposer de prendre la place de deux jeunes, en échangeant leurs numéros. Mais celles-ci refusèrent.

Pendant ce temps, plusieurs "lapins" très jeunes, encore lycéennes, se concertaient pour imaginer un ultime essai de sauvetage. Les Soviétiques de leur côté poussaient à une évasion collective. Les Alliés approchaient, le camp était alors surpeuplé de femmes évacuées des camps annexes, d’Auschwitz et des ruines de Varsovie. On pouvait essayer de cacher les "lapins" dans ce chaos. Il fallait tout tenter, ne pas se rendre. Lutter jusqu’à la fin.

Malgré le couvre-feu nocturne, toute la nuit fut occupée à chercher des caches pour les 63 "lapins", grâce aux détenues de toutes nationalités qui avaient un peu de pouvoir dans le camp. Dans différents Blocks, on a décloué des planches du plafond pour pouvoir glisser des femmes sous les toits, on a préparé des espaces dans les réserves de charbon ou sous les Blocks qui étaient légèrement surélevés. Les camarades médecins, chefs de Blocks des malades, ont ménagé des places sous leurs propres paillasses ou celles de leurs malades, notamment dans les Blocks des typhiques où les SS n’entraient jamais. Une difficulté inattendue fut surmontée : les "lapins" qui s’étaient préparées à leur dernière nuit furent longues à se laisser convaincre qu’il fallait reprendre la lutte, remettre les robes sales, les chaussures, se préparer à sauter par les fenêtres du fond pendant que du côté de la porte d’entrée le flot des femmes sortiraient pour l’appel dans la bousculade habituelle.

A 4 heures du matin, heure de l’appel où il fait encore nuit noire, la bousculade se transforma ce jour-là en un magma de femmes bloquées dans la porte sous les coups et les hurlements des gardiennes et des chefs de Block détenues. On s’aperçut que les camarades soviétiques avaient fait un barrage avec les bidons remplis du « café » du matin. Pendant que les gardiennes s’affairaient à dénouer le magma à grands coups de schlague, les "lapins" sortirent par les fenêtres de derrière, les plus infirmes aidées par les camarades de l’extérieur qui étaient venues les chercher. Et soudain, les puissants projecteurs qui éclairaient le camp toute la nuit jusque dans ses moindres recoins s’éteignirent. Il n’y a que quelques années que j’ai appris que c’étaient les Soviétiques de la colonne des électriciennes du camp qui avaient réalisé cette panne magistrale. L’appel se mit laborieusement en place. Aucun "lapin" ne fut retrouvé.

Du 5 février au 22 avril 1945 inclus, les "lapins" furent recherchés par les SS et les policières-détenues du camp. L’acharnement mis à les retrouver pour les tuer, jusqu’aux derniers jours du camp, montre le prix que Hitler attachait à leur extermination. Appels-surprise, comptages à l’improviste, fouilles, rien n’y fit, les "lapins" demeurèrent introuvables. Il n’y eut aucune dénonciation. Les camarades des bureaux échangèrent certains numéros des "lapins" avec ceux des mortes, elles réussirent aussi à introduire des "lapins" sous de faux noms dans des transports qui quittaient le camp pour des kommandos extérieurs. Des camarades-médecins allèrent jusqu’à tatouer sur le bras de quelques "lapins" des numéros de femmes évacuées d’Auschwitz et venues mourir dans notre camp.

Le camp fut évacué dans les derniers jours d’avril, les "lapins" partirent sur les routes avec leurs camarades et réussirent à survivre en s’évadant dans les bois.

Les camarades-médecins du camp n’avaient pas réussi à comprendre le but de ces expériences inhumaines menées par un professeur de médecine SS dont nous connaissions le nom : Karl Gebhardt [13] [voir encadré n° 3]. Mais Gebhardt fut arrêté dès la fin de la guerre et traduit à Nuremberg, devant un tribunal américain avec 22 autres médecins allemands de haut niveau, la plupart pourvus d’un grade dans la SS. Karl Gebhardt, chirurgien, titulaire de la chaire d’orthopédie du sport à la faculté de médecine de Berlin, était SS Brigadeführer [14] . Arrogant et sûr de lui, il a parlé avec complaisance de ses "travaux" pendant huit jours remplissant 400 grandes pages du compte rendu analytique des débats. On a donc tout appris de sa bouche, dans les moindres détails. Gebhardt a été condamné à mort par pendaison et exécuté le 1er juin 1948.

 

Karl Gebhardt (1897-1948) – Chirurgien de formation, il était un ami de jeunesse de Himmler, qui en fit son médecin. Il reçut le titre de « Premier clinicien de la SS », ainsi que la direction de l’hôpital réservé aux SS (à Hohenlychen), et la présidence de la Croix-Rouge allemande. Il dirigea, fin mai-début juin 1942, la tentative de sauver Heydrich malgré l’infection qui avait gagné ses blessures, mais en vain. Gebhardt supervisa, en particulier à Ravensbrück, de nombreuses expériences médicales qui lui valurent d’être condamné à mort dans le cadre du « procès des médecins », premier des procès organisés par les Etats-Unis après le grand procès de Nuremberg contre les dirigeants du régime, où l’on fit comparaître, à partir du 9 décembre 1946, une vingtaine de médecins et scientifiques nazis, tous accusés, comme Gebhardt, de s’être livré à des expériences médicales dans les camps de concentration, à commencer par Dachau et Ravensbrück. Certains historiens font remarquer que ce n’était qu’un des aspects de la dérive de la médecine sous le IIIe Reich : le corps médical était l’une des professions les plus nazifiées et il participa largement à l’opération de mise à mort des « vies indignes d’être vécues », l’euthanasie (ou Aktion T4, 1939-1941).

Edouard Husson

 

 

Comment le Professeur en était-il venu à commettre de tels crimes ?

En 1940 le professeur Gebhardt dirigeait une vaste clinique de renom, à Hohenlychen, connue même à l’étranger, où venaient se faire soigner tous les grands du régime. Cette clinique était située à 12 km de Ravensbrück, soit à 80 km de Berlin.

Le 27 mai 1942, Heydrich, le second de la Police du Reich après Himmler et, à cette époque, « protecteur adjoint du Reich pour la Bohême et la Moravie », fut victime d’un attentat commis par la Résistance tchèque [voir encadré n° 4]. Hitler envoya aussitôt Gebhardt à Prague. Mais le 4 juin, le célèbre blessé mourut d’une flambée de gangrène gazeuse. L’entourage de Hitler reprocha à Gebhardt de n’avoir pas utilisé assez largement dans son traitement un médicament relativement nouveau à l’époque, les sulfamides, sur l’efficacité desquels le professeur avait d’ailleurs émis des doutes.

Gebhardt fut convoqué à Berlin par un Hitler hors de lui, fou de rage d’avoir perdu celui qu’il avait nommé responsable de la « Solution finale » à la conférence de Wannsee. Au dernier moment, Hitler refusa de recevoir Gebhardt. Subitement tombé en disgrâce, le docteur devait absolument se réhabiliter aux yeux de Führer, comme il le dit lui-même à son procès [15] . Il prit conseil d’Himmler qui était un de ses amis d’enfance, et ils eurent tôt fait de décider que la seule voie pour sa réhabilitation était de prouver "scientifiquement" que les sulfamides étaient impuissants contre la gangrène gazeuse. Himmler allait mettre à la disposition de son ami le "matériel humain" – selon l’expression utilisée dans la correspondance –, des cultures de gangrène gazeuse seraient inoculées, le Standortarzt (médecin de la place) prescrirait des sulfamides (mais pas trop) et les sujets mourraient. Ainsi, les «expériences spéciales» menées sous l’autorité du Pr Gebhardt ne respecteraient même pas les règles de l’expérimentation scientifique. Un mois après, les dix premières jeunes filles, en bonne santé comme l’était Heydrich, étaient sélectionnées.

 

L’attentat contre Heydrich – Il fut commis par deux résistants tchécoslovaques, Jan Kubis et Josef Gabcik, qui avaient été entraînés à Londres (pour « l’opération Anthropoïd ») et qui furent parachutés sur la Bohême-Moravie occupée fin décembre 1941. Ils mirent environ dix jours à rejoindre Prague, où ils purent se cacher et préparer l’attentat, avec l’aide de plusieurs complices. Tout au long des cinq mois de préparation, ils commirent de nombreuses imprudences, en particulier en explorant les environs de la résidence de Heydrich, située à 20 km de Prague. Mais le Protecteur adjoint de Bohême-Moravie se préoccupait peu de sa sécurité, voulant montrer aux Tchèques qu’il avait confiance en eux. Il circulait la plupart du temps en voiture décapotable, toit ouvert, et c’est ainsi qu’il put être la cible, le 27 mai 1942 au matin, des deux résistants. Heydrich ne succomba pas immédiatement à ses blessures mais une semaine plus tard, le 4 juin 1942. Reinhard Heydrich, né en 1904, qui avait constitué avec Himmler le complexe de la terreur nazie (SS et police) était surnommé par Hitler « l’homme au cœur de fer » ; l’un des seuls dirigeants à correspondre aux critères racistes de la propagande, organisateur redoutable, il avait organisé la déportation généralisée des Juifs d’Europe – selon un plan définitivement officialisé à la conférence de Wannsee, le 20 janvier 1942. Nommé protecteur-adjoint de Bohême-Moravie, en septembre 1941 (le protecteur en titre, von Neurath, étant mis en congé), Heydrich avait une triple tâche : intensifier la cadence de l’industrie d’armement tchèque au service de l’effort de guerre allemand ; coordonner la « solution finale » depuis le centre de l’Europe ; préparer le futur « triage racial » de la population tchèque. Sa perte fut terrible du point de vue des dirigeants nazis, comme le montre leur rage de tuer ultérieure : non seulement les auteurs de l’attentat furent retrouvés et contraints au suicide, le 18 juin 1942, mais le village de Lidice fut rasé en représailles, tous ses hommes assassinés (199 en tout), les femmes et les enfants déportés. Les 184 femmes arrêtées furent envoyées à Ravensbrück (143 ont survécu à la guerre) ; 81 enfants furent gazés à Chelmno tandis que 7 étaient envoyés en Allemagne pour y être « germanisés ». L’extermination des Juifs de Pologne fut accélérée et reçut le nom d’Aktion Reinhard, en souvenir de Heydrich.

Edouard Husson

Ouvrage de référence :

Edouard Husson, Heydrich et la solution finale, Paris, Perrin, 2008.

 

Pour masquer l’ampleur de la transgression médicale à laquelle il allait se livrer, et le but personnel qu’il poursuivait, Gebhardt se prévaudra de la situation dramatique des soldats du front de l’Est qui mouraient par milliers de la gangrène gazeuse. Cela lui permit d’apparaître comme le sauveur des blessés de guerre. Du coup, il allait aussi inoculer à ses sujets sains, non seulement la gangrène gazeuse mais le tétanos, les streptocoques, les staphylocoques, tout ce par quoi les soldats sont contaminés sur le champ de bataille. Le Pr Gebhardt pourra alors écrire dans ses rapports, et déclarer dans une conférence qu’il a donnée en mai 1943 à plus de 300 médecins consultants du Reich, qu’il faisait des séries d’expériences très prometteuses pour les soldats de l’Est, grâce à du « matériau humain » dont il ne précisa ni l’origine, ni le sexe.

Malgré son habileté renommée, Gebhardt n’opérait pas lui-même. Il venait seulement de temps en temps faire rouvrir une plaie jusqu’à l’os, faire écarter les tissus et dire, d’après le témoignage d’un des "lapins" [16] : « Schön ! » - "Comme c’est beau". C’étaient ses assistants qui faisaient le travail. Ceux-ci introduisaient les souches à l’intérieur des os qu’ils brisaient sur la table d’opération et ils ajoutaient parfois des chiffons sales, des esquilles de bois, des fragments de verre. Les jeunes filles recevaient ou non des sulfamides les premiers jours, puis, délirantes de fièvre et de douleur, elles étaient abandonnées sans soins. Les souches venaient de l’Institut d’Hygiène SS de Berlin. Grisés par ces expériences sur du « matériau humain » qu’on pouvait utiliser sans entrave, les expérimentateurs allèrent plus loin. Après les expériences sur les sulfamides, ils se mirent à prélever des fragments d’os, des muscles entiers, des nerfs.

L’un de ces assistants, le Dr Fischer, est le seul accusé qui ait pris conscience que, par devoir d’obéissance, il avait commis un crime. D’une manière quasi générale, après la guerre, les accusés des procès des expériences médicales n’ont montré aucun remords. Pour eux, les détenus des camps de concentration n’étaient plus des hommes, pas même des sous-hommes. Aux yeux de la morale nazie, que des condamnés à mort servent de lapins de laboratoire était absolument normal. De toutes les façons, tôt ou tard, les détenus des camps de concentration étaient destinés à disparaître.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, en Allemagne, une véritable fièvre expérimentale sur les êtres humains s’était emparée de nombreux médecins appartenant tant à la SS qu’à la Wehrmacht et à la médecine civile. Himmler était fasciné par les expériences pseudo-médicales et c’est avec un plaisir très spécial qu’il mettait l’immense réserve humaine de ses camps de concentration à la disposition de chercheurs ou de pseudo-chercheurs qui ne rêvaient que d’entrer dans le cercle très convoité des familiers d’Himmler et d’Hitler.

Sitôt la guerre terminée, la fièvre des expériences sur les êtres humains disparut. Himmler s’était suicidé et ce qui fut une espèce de mode pour lui plaire passa, comme pour une mode vestimentaire. Les médecins criminels qui furent traduits devant les tribunaux allemands furent très peu condamnés et retrouvèrent rapidement leurs postes ou leurs chaires de professeur. Le nazisme avait laissé des traces profondes dans le pays, notamment dans le monde des médecins et des juristes. Les "lapins" restèrent marqués à jamais, tant dans leur corps que dans leur psychisme. Beaucoup moururent encore très jeunes. Mais ils avaient vécu leur calvaire en luttant "jusqu’au bout", selon le serment qu’ils avaient prêté en entrant dans la résistance.

Notes :

[1] Cf. Bernhard Strebel, Ravensbrück. Un complexe concentrationnaire, traduit par Odile Demange, Paris, Fayard, 2005, p. 130-137, ndlr.

[2] Zwiazek Walki Zbrojnej, ZWZ.

[3] Armia Krajowa, AK.

[4] Jan Karski, Tajne Panstwó (L’Etat clandestin), Twój Styl, 2006, p. 125-131; en français: Mon témoignage devant le monde. Histoire d’un Etat secret, Paris, SELF, 1948, 355 p.

[5] Halina Zakrzewska, Niepodlegtośċ Bedzie Twoja Nagroda (L’indépendance sera ta récompense), Varsovie, Państwowe Wydawn. Naukowe (P.W.N., éditions scientifiques de l’Etat), 1994. Le serment était le même pour les hommes et les femmes.

[6] Polska Organizacja Wojskowa, POW.

[7] Urszula Wińska, Zwyaiozyly Wartosci, (Les valeurs ont vaincu. Souvenirs de Ravensbrück), Gdansk, Marpress, 2005.

[8] "Mury", Harcerska Konspiracyjna druzyna w w obozie koncentracyjnym Ravensbrück («Mury », une organisation clandestine de guides au camp de concentration de Ravensbrück), Lodz, Slaski Institut Naukowy, 1986 ; et : http://tajchert.w.interia.pl

[9] Urszula Winska, Zwyciozyly Wartosci, op. cit., p. 133-148 et 281-304.

[10] Aby Swiat sie dowiedzial : Nielegalne dokumenty obozu w Ravensbrück, (Que le monde sache. Documents illégaux du camp de Ravensbrück), Auschwitz, Panstw. Muzeum w Oswiecimiu, 1989, 224 p. Les Polonaises avaient dressé la liste des opérées, l’avaient enfermée dans un bocal et l’avaient confiée à des prisonniers de guerre du Stalag IIA. Enterré près du Stalag, le bocal a été retrouvé en 1975.

[11] Au-delà de l’endurance humaine. Souvenirs des victimes de Ravensbrück, ouvrage collectif introduit par Wanda Kiedrzynska,Varsovie, édition Interpresse, 1970, 189 p.

[12] Le chiffre de femmes opérées exécutées est de quatre dans Aby Swiat sie dowiedzial, op. cit., p. 41, et de six dans Bernhard Strebel, op. cit., p. 242.

[13] Cf. Le témoignage du docteur Adélaïde Hautval, déportée à Auschwitz et à Ravensbrück, Médecine et crime contre l’humanité, manuscrit écrit en 1946 et revu par l’auteur en 1987, Paris, Actes Sud, 1991, rééd. Le Félin, 2006, p. 106.

[14] Procès du tribunal militaire américain n° 1 du 9 décembre 1946 au 29 juillet 1947, dans Dr François Bayle, Croix gammée contre Caducée. Les expériences humaines en Allemagne pendant la Deuxième Guerre mondiale, Neustadt, Imprimerie nationale des autorités d’occupation françaises, 1950, p. XXIV.

[15] Dr François Bayle, Croix gammée contre Caducée, op. cit., p. 1051 et 1046.

[16] Lettre postérieure à la guerre de Janina Iwanska, « opérée » le 14 août 1942, à Anise Postel-Vinay.

Joanna Penson

Joanna Penson a été arrêtée pour faits de résistance le 23 mars 1941 en Pologne, à l’âge de 20 ans. Arrivée à Ravensbrück par le Sondertransport du 23 septembre 1941, elle a été libérée le 28 avril 1945. Après la guerre, elle fit des études de médecine et termina sa carrière comme professeur, chef du service de médecine générale de l’hôpital de Gdansk. Membre active de Solidanorsc dans les années 1980, elle est actuellement une collaboratrice de Lech Walesa.

Anise Postel-Vinay

Anise Postel-Vinay a été arrêtée pour faits de résistance le 15 août 1942, à l’âge de 20 ans. Déportée à Ravensbrück en octobre 1943, elle a été libérée le 23 avril 1945 par la Croix-Rouge suédoise. Après la guerre, elle contribua aux trois ouvrages publiés par Germaine Tillion sur Ravensbrück (1946, 1973 et 1988). Elle est également l’auteur des pages relatives à ce camp dans : Eugen Kogon, Hermann Langbein et Adalbert Rückerl (dir.), Les chambres à gaz, secret d’Etat, Paris, Minuit, 1984, réédité au Seuil en 1987 ; de la présentation et postface à : Adélaïde Hautval, Médecine et crime contre l’humanité, témoignage manuscrit écrit en 1946 et revu par l’auteur en 1987, Paris, Actes Sud, 1991, rééd. Le Félin, 2006; et en collaboration avec Jacques Prévotat,  de : « La déportation », dans Jean-Pierre Azéma et François Bédarida (dir.), La France des années noires, volume 2, Paris, Seuil, 1993, réédité en 2000.

Mots clefs : expérience pseudo-médicale ; cobaye humain ; « lapins » ; médecins nazis ; sulfamides ; Résistance polonaise ; Ravensbrück ; Heydrich ; Dr Gebhardt.

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  • ISSN 1954-3670