Histoire@Politique : Politique, culture et société

Le dossier

Les jeunes, sujets et enjeux politiques (France, XXe siècle)

Coordination : Ludivine Bantigny

Pour conquérir les jeunes, faut-il faire moins de politique ? La jeunesse communiste sous le Front populaire

Cécile Sanchez
Résumé :

L’histoire des mouvements de jeunesse sous le Front populaire est encore en friche. Pourtant cette période a apporté une véritable modification des stratégies politiques. En ce sens, c’est (...)

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Affiche de l'"Avant Garde", 11 juin 1938« Être jeune c’est avoir la lutte pour le bonheur devant soi [1] . » Le lyrisme du propos, chez Paul Vaillant-Couturier, est typique de l’exaltation que le parti communiste et ses dirigeants réservent à « la jeunesse ». De ce point de vue, les années 1930 représentent un tournant : les jeunes deviennent alors un enjeu pour les organisations politiques, qui consacrent à leurs branches cadettes une énergie renouvelée. « Les choses changent au cours des années 1930, plus précisément au cours des années 1933-1936 ; à compter de ce moment charnière, presque tous les partis, petits ou grands, se préoccupent de faire vivre des structures de ce type, à l’intérieur même de leur organisation ou dans leur mouvance directe [2] . » Le fonctionnement de la Jeunesse communiste (JC) est particulièrement intéressant à cet égard ; il pose en effet la question des limites entre organisation politique et organisation de jeunes. En l’occurrence, la JC reprend à son compte un discours et une ligne politique définis par le PC. Comme l’organisation mère, la JC opère le fameux « virage à 180 degrés » qui marque l’histoire du parti entre le début des années 1930 et l’émergence du Front populaire. L’enjeu est d’autant plus crucial que d’autres organisations de jeunesse, confessionnelles et politiques, se développent alors à vive allure. La concurrence de ces mouvances et leur influence réciproque proposent une nouvelle image de cette catégorie d’âge. Dans ce contexte, la JC se structure à la fois pour répondre à une ligne politique changeante et assurer au communisme une influence sur la génération nouvelle, tout en faisant face aux organisations de jeunesse concurrentes. Les positions et propositions, par là même, s’assouplissent ; est-ce au prix d’une certaine dépolitisation de la Jeunesse communiste ? Et que devient dès lors la catégorie « jeunesse » elle-même, d’un point de vue politique et idéologique ?

Forger de jeunes révolutionnaires

Le rôle de la JC et son influence ne peuvent s’expliquer dans l’histoire du communisme français sans l’intérêt originel et proprement léniniste pour la jeunesse. De fait, Lénine a beaucoup réfléchi au rôle des jeunes dans l’activité révolutionnaire et à leur place comme catégorie à part entière dans l’organisation communiste ; il leur a consacré de nombreux textes et discours [3] . À ses yeux, « le groupement de jeunes n’est pas une copie du Parti mais un collaborateur qui a sa propre direction » : les jeunes sont compétents et légitimes dans l’engagement et le combat politiques. La formation de la JC est conçue comme « la participation organisée de la jeunesse dans la lutte générale du prolétariat ; et dans le cadre de cette lutte, la défense des revendications et intérêts particuliers de la jeunesse travailleuse [4] » ne doit pas être négligée. Lénine souligne encore que l’éducation des jeunes ne peut se faire que dans la lutte, grâce à l’expérience qu’ils acquièrent en combattant pour leurs revendications immédiates et contre le vieux monde capitaliste, non avec des discours suaves ou moralisateurs [5] .

Créée en 1921 à la suite du parti communiste, la JC française est officiellement perçue et pensée comme l’avenir du parti. Force politique émergente, le communisme a besoin de militants à l’avant-garde des combats. Le thème de l’éducation de la JC est donc mis en avant et ce d’autant plus que la bourgeoisie, quant à elle, « développe de grands efforts pour gagner la jeunesse à sa politique. Depuis l’école primaire jusqu’au régiment tout est mis en œuvre pour inculquer à la jeunesse une idéologie chauvine et antisoviétique [6] . » Cependant, pour la plupart des dirigeants, il ne s’agit pas d’une priorité. En 1932, la JC est une organisation satellite aux effectifs stagnants, avoisinant les 4 000 adhérents.

L’organisation interne de la JC, remodelée en 1924-1925, se compose à la base de la cellule formée dans les usines. Elle a pour but de défendre les jeunes travailleurs et se réunit une fois par semaine. Émanant de cette cellule, un bureau tient des assemblées générales et fixe les actions, la propagande et le recrutement. À l’étage supérieur de la pyramide, le rayon rassemble l’ensemble des cellules existant sur un territoire délimité. Ces cellules et rayons sont regroupés en régions, chargées, entre autres, de relayer les informations prises au niveau national. L’encadrement des adultes se veut discret et n’est pas inscrit dans les statuts officiels de la JC. Il faut rapprocher cet élément de l’« indépendance » voulue et affirmée pour les jeunes de la part du PC. Néanmoins, dans les faits, le parti invite les sections ou les rayons de Jeunes communistes à « s’adjoindre plusieurs militants adultes chargés d’aider, d’orienter et contrôler le travail de la JC [7] ».

Les leaders de la JC sont presque toujours des membres, voire des cadres du parti communiste. On peut citer ici les noms des principaux dirigeants : Raymond Guyot, Victor Michaut, Léonce Granjon ou encore Danielle Casanova et Raymond Latarget. Ils composent une partie de la nouvelle direction promue au congrès d’Ivry en 1934. Ainsi Raymond Guyot (1903-1986), membre de la JC depuis 1921 et du PC depuis 1924, est-il secrétaire de la Fédération de la JC depuis 1928. Il représente le parti en 1933 à l’Internationale communiste et en 1936 il est élu au comité central du PC. Dans le même temps il est élu secrétaire général de l’Internationale communiste des jeunes en 1935. Le parcours des leaders de la JC est donc étroitement lié au PC et à ses institutions nationales et internationales. Victor Michaut (1909-1974) a le même itinéraire. Membre de la JC depuis 1924, il gravit tous les échelons du PC et participe à l’ICJ. En 1932 il devient à la fois membre du comité central du PC et secrétaire de la JC, puis en 1933 il est rédacteur et directeur de L’Avant Garde. Ces deux parcours soulignent que les membres dirigeant la JC et orientant sa politique sont déjà de jeunes hommes aguerris. Fidèle à la conception communiste de la formation de la relève, l’appareil de la JC appartient aussi à l’appareil politique du parti.

Lors du comité central de juillet 1933, les dirigeants communistes, et Jacques Duclos en particulier, reconnaissent que « le Parti a délaissé ce travail et a laissé disparaître des cellules de jeunesses communistes [8] ». La même année, dans un rapport sur le rôle de la jeunesse, la ligne du PC est donc redéfinie : « Le parti est à l’avant-garde de la classe ouvrière, il a besoin d’une réserve qui assure la relève de ses rangs par de jeunes forces qui constitue une école préparatoire au Parti, qui soit une organisation conduisant les jeunes travailleurs à la lutte pour le communisme [9]  », volonté réaffirmée dans l’Humanité le 3 janvier 1934 [10] . Le parti propose de développer au côté de chaque cellule d’usine ou de quartier une cellule de jeunes. À compter de cette date, le PC semble vouloir mener une véritable offensive et porter un intérêt politique nouveau à la JC.

Comment expliquer pareil volontarisme, qui contraste avec la passivité relative des années précédentes ? Comme sur bon nombre d’autres sujets, la consigne provient en droite ligne de Moscou. Le rapport du comité central concorde avec l’affirmation du rôle des jeunes prônée en URSS : Georgi Dimitrov, secrétaire général de l’Internationale communiste, multiplie les discours en faveur de jeunesses communistes pour conquérir les masses. Le deuxième motif de ce renouveau est l’offensive de la SFIO sur ce thème. Au printemps 1933, celle-ci déploie une vigoureuse propagande pour le congrès des JS et affirme la puissance et les ambitions du mouvement [11] : « L’année 1930 voit grâce à une action énergique et un soutien sérieux de notre parti une montée de nos effectifs de 8 168 membres en 1930 à 8 891 membres en 1931, pour terminer en 1932 à 11 685 membres. Mais ils ne nous suffisent pas et nous voulons avoir nos 20 000 adhérents. Les rapports que nous possédons donnent un aperçu vraiment douloureux de la vie actuelle des jeunes dans la société capitaliste. En face de cela un gouvernement, des hommes, des partis qui ne s’occupent pas de l’avenir ! Les JS vont donc démontrer une fois de plus qu’elles sont vraiment la seule organisation de classe de la jeunesse ouvrière de France. Notre XIIe congrès national sera une étape nouvelle vers une véritable organisation masse [12] . » Le Populaire couvre ainsi largement le congrès des JS des 29 et 30 avril 1933. Enfin, le 14 juillet 1933, le journal de la SFIO publie un article intitulé « Thorez avoue la faiblesse des Jeunesses communistes ». Indéniablement, la concurrence entre les deux partis ouvriers, à l’époque de leur plus virulente opposition — au parti communiste, le temps est encore à la ligne « classe contre classe » —, se cristallise notamment sur la question de leur influence auprès des jeunes. C’est bien ici la forme de socialisme véhiculée et proposée à la jeunesse qui est en jeu. On le sait [13] , après le congrès de Tours, la JC avait été fondée en opposition frontale avec les JS, ces « sociaux traîtres » dont l’organisation était qualifiée de « bourgeoise ». À la veille d’un rapprochement qui apparaîtra d’autant plus spectaculaire, les tensions entre les deux organisations sont ainsi au plus vif.

Brochure de la JOC 1937-1938. Campagne de propagandeMais le mouvement le plus dérangeant pour les communistes est sans doute la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC). La JOC, qui occupe une position originale de par son apolitisme affiché et affirmé, est alors en plein développement. Fortement structurée, bien implantée dans les paroisses et les usines, elle pose la question du rôle des jeunes dans la société [14] . Sa première volonté est l’éducation des jeunes. Dans sa revue Jocisme français, la pédagogie jociste est décrite : « La JOC a toujours marqué sa volonté d’être pour la jeunesse ouvrière une école, un service social et un corps représentatif. Cette éducation doit être intégrale avec une formation religieuse, morale, sentimentale, sociale, civique, artistique et physique [15] . » Ainsi les cercles d’études et les assemblées générales sont-ils l’occasion pour les jeunes, aidés et conseillés par l’aumônier, de discuter de leurs problèmes et de leurs difficultés au quotidien. Le jociste appliquant la méthode du « Voir, juger, agir » est amené peu à peu à penser la société de manière chrétienne pour résoudre ces difficultés. Le Christ ouvrier est érigé en modèle [16] . Cette méthode engendre une réflexion de la JOC sur tous les sujets. Elle se fait particulièrement attentive aux revendications économiques et sociales des jeunes ouvriers. Elle réfléchit ainsi à tous les aspects de la vie des jeunes travailleurs : conditions de travail, sécurité et hygiène, famille, chômage, organisation des temps libres, orientation professionnelle et, bien sûr, vie spirituelle. « Si la JOC veut inculquer aux jeunes travailleurs leurs devoirs envers eux-mêmes, envers leurs camarades comme envers la société, la JOC veut être le porte-parole de la jeunesse, l’avocate de tous ses besoins réels ». Enfin l’action de la JOC se fonde sur un ensemble de services pour aider les jeunes ouvriers : service des pré-jocistes (12-14 ans), service des loisirs, service du soldat, service des malades. Ici le projet n’est donc pas politique : la JOC est surtout un mouvement d’encadrement chrétien de la vie des jeunes qui a vocation à englober toute la vie du jociste. Il y a là un projet sociétal complet sans affiliation à un parti et avec des activités quotidiennes très différentes de celles des groupements politiques.

Affiche de la JOC, 18 juillet 1937 à l'occasion du Xe anniversaire de la JOC (Archives départementales des Hauts de Seine, 46J 1035, Dossier E. Tracts, brochures, affiches.Or, face à ce mouvement confessionnel qui, au vu des catégories sociales auxquelles il s’adresse, empiète sur les terres de son recrutement, le PC doit réagir, et ce d’autant plus vivement que le rayonnement de l’action chrétienne s’étend à tous les milieux sociaux, en particulier paysan et étudiant. Les cadres du parti communiste en sont d’ailleurs bien conscients : « […] nous devons dire que notre jeunesse n’est pas encore orientée vers un véritable travail de rassemblement des jeunesses ouvrières pendant que les chrétiens, eux, font un grand travail dans cette branche [17] . » La JOC est donc stigmatisée comme une organisation bourgeoise, voire fascisante. La JC s’évertue néanmoins à faire la différence entre l’organisation, « qui soutient la guerre et le fascisme [18] », et ses adhérents, auxquels il lui arrive de s’adresser directement : « La JOC prétend défendre vos intérêts. Mais le pape et les curés qui la dirigent mènent la croisade contre la Russie soviétique [19] . » Par une assimilation efficace et populaire de l’Église avec la bourgeoisie, la JC tente à toute force de délégitimer son action envers la jeunesse. Quant à la JOC elle-même, elle se croit plagiée, et même « singée », par les communistes, à tel point que ses dirigeants dénoncent une récupération politique de ses revendications : « Nous ne pouvons accepter de voir les jeunes chômeurs servir de tremplin à l’agitation révolutionnaire. Les JC ont copié notre programme non pas approximativement comme on tente de le faire croire mais mot à mot [20] . » De fait, les revendications sur l’orientation professionnelle, la sécurité des jeunes travailleurs ou l’organisation des loisirs s’inspirent bel et bien du programme social de la JOC.

L’intérêt pour les jeunes est enfin et peut-être surtout la conséquence du danger fasciste auquel la jeunesse serait la plus exposée, car la plus malléable politiquement. L’exemple des jeunesses hitlériennes et des ballilas mussoliniennes est dans tous les esprits. En France, même si le danger fasciste est plus supposé que réel, la jeunesse n’en demeure pas moins un enjeu pour les ligues nationalistes et d’extrême droite, ainsi que leurs organisations de jeunes. Aussi les Camelots du Roi, les Jeunesses patriotes [21] , les Fils et Filles de Croix-de-Feu ou les Volontaires nationaux fondés par le colonel de La Rocque en juillet 1933 [22] sont-ils vivement et régulièrement dénoncés par la JC. Les Jeunesses patriotes et les Croix-de-Feu, les deux organisations les plus puissantes en 1934, sont particulièrement visées. Ces attaques assimilant par exemple les Jeunesses patriotes au fascisme doivent permettre de faire ouvrir les yeux aux jeunes tombés entre les mains de ces organisations. Paul Vaillant-Couturier évoque pour sa part les Croix-de-Feu comme « des jeteurs de mots, qui se doublent d’exploiteurs et de corrupteurs de la jeunesse [23]  ». Par ailleurs, ces mouvements sont de plus englobés dans une thématique générale contre le fascisme, ce qui conduit progressivement à un tarissement des attaques contre un mouvement en particulier. Les jeunes communistes sont en perpétuel affrontement avec ces mouvements ; les rixes sont fréquentes, en particulier lors de la vente de L’Avant Garde. Les souvenirs des jeunes militants sont, de ce point de vue, éloquents. Selon certains, « les jeunes étaient toujours à la recherche d’une bonne bagarre contre les fascistes [24] » ; pour d’autres, « les parents avaient parfois raison de craindre les bagarres car il y en avait souvent, notamment lors de la vente des journaux. Et quand deux bandes se rencontraient parfois par jeu mais plus par conviction, les jeunes criaient plus fort [25] . » C’est l’occasion pour les jeunes communistes d’affirmer leur présence et leur puissance dans les quartiers face aux « fascistes [26] ». Il est vrai que les dirigeants du parti sont persuadés que les jeunes constituent une force d’appoint majeure pour le fascisme ; ils sont notamment convaincus de leur rôle lors du 6 février 1934. Au congrès de l’Internationale communiste des jeunes le 9 août 1935, Raymond Guyot, secrétaire général de la JC, déclare que « les ligues fascistes avaient avec elles le 6 février 1934 une certaine partie de la jeunesse en particulier des étudiants, des fils de commerçants, des employés, des jeunes chômeurs [27] ».

La jeunesse au cœur du revirement politique

Dès lors, la lutte antifasciste devient structurante dans la JC, au point d’être érigée en axe politique transcendant toute autre position. Elle se pare de héros martyrs et se dote de symboles propres à susciter l’enthousiasme et le dévouement. Les commémorations des jeunes tombés lors des évènements de février 1934 revêtent de ce point de vue une importance particulière. Martyrs du communisme et de la jeunesse, ces jeunes héros sont érigés en modèles auxquels s’identifier. Les figures de Vuillemin, jeune de 19 ans, de Lauchain, jeune ouvrier de 20 ans, syndicaliste confédéré, et de Storticatti, jeune antifasciste de 16 ans, sont exaltées : ces jeunes sont morts au cours des rixes contre les « fascistes » en février 1934. L’Avant Garde célèbre par exemple Vuillemin en proclamant : « Tu seras vengé [28] ». Associés au vivier de l’héroïsme révolutionnaire revisité et mis à jour, ces martyrs sont rapprochés des jeunes patriotes morts durant la Révolution française. On peut lire dans L’Avant Garde : « La jeunesse n’a pas oublié l’exemple héroïque des Bara, Viala, Gavroche, morts pour la liberté [29] . » L’histoire révolutionnaire se fait instrument de mobilisation et légitime le rôle conféré aux jeunes. Quant à la symbolique politique, elle est désormais utilisée dans la perspective d’une confrontation terme à terme avec celle du fascisme. Les chants révolutionnaires — « L’Internationale », « La Jeune Garde », « En Avant » — sont largement diffusés au moyen de brochures à l’intention des jeunes. Le poing levé sert de strict contrepoint au salut fasciste [30] . Insignes — l’églantine pour les fêtes par exemple [31] — et uniformes — la tenue kaki — ont tout à la fois pour fonction de rassembler et souder, d’une part, et de s’opposer de façon ostensible à l’ennemi politique, d’autre part [32] . Par là même, « les manifestations du PCF [prennent] un caractère plus voyant et plus solennel [33] ». l’Humanité décrit ainsi le défilé du 14 juillet 1934 : « Des portraits de Lénine et de Staline sont acclamés. Les JS ont la chemise bleue, les JC la chemise kaki. Jeunesses ardentes dont l’allure décidée soulève l’enthousiasme de la foule. Les Jeunes Gardes socialistes et les JC en uniforme ne forment ainsi qu’un seul bloc. Nous vengeons Jaurès ! À bas la guerre ! À bas les deux ans [34] ! Et le poing dressé les jeunes passent, d’un pas rapide, dans un ordre et une discipline parfaite [35] . » Le vocabulaire et le lyrisme à la fois militaire et révolutionnaire n’ont jamais autant exalté la jeunesse, force politique consciente et agissante, que sous le Front populaire. L’étalon de comparaison en est de surcroît la jeunesse soviétique, que l’on assure « libre et heureuse ».

Dans ce cadre, les manifestations de rue occupent, outre leur fonction de démonstration, un rôle de formation politique. Ces défilés — ceux du 12 février 1934, de la commémoration de la Commune, du 1er Mai ou du 14 Juillet — doivent être l’occasion pour les jeunes de mieux prendre conscience des luttes et des revendications ouvrières. Leur solennité est renforcée par la prestation de serment — comme celui prononcé par Léo Figueres le 14 juillet 1935 ou lors des Fêtes de la Jeunesse à Buffalo ou à Montreuil. Intitulées « Fêtes de la jeunesse et de la joie » ou « Fêtes champêtres », elles ont pour vocation de réunir le plus grand nombre possible de jeunes. Le 28 juillet 1935, la JC organise par exemple une grande fête de la jeunesse avec des interventions politiques et surtout un bal populaire, du sport, des attractions ou du théâtre [36] . L’esprit de communion y prédomine, dans un souci de rassemblement de la jeunesse, une ligne politique désormais essentielle.

Dessin paru dans "Jeunesse", 3 juin 1936 (Organe de la Jeunesse Socialiste, paru à partir de 1936) De fait, avec l’avènement du Rassemblement puis du Front populaire, cette nouvelle stratégie s’incarne dans les propositions d’unité d’action et de « Front populaire de la Jeunesse » à partir de la fin 1934. Dans une optique de rassemblement — une doctrine, un parti, un syndicat —, la JC propose aux JS une fusion des deux organisations. À la politique de la main tendue lancée par Maurice Thorez répond le discours d’unité et de réconciliation de la jeunesse française. Cette volonté d’alliance va très loin puisqu’elle s’étend jusqu’aux organisations que les communistes considéraient jusqu’alors comme fascistes. Ainsi, le 18 juillet 1936 en « une » de L’Avant Garde, peut-on lire : « Nous te tendons la main, jeunes volontaires nationaux. » Plus largement, la JC ne privilégie plus l’unique terreau prolétarien ; elle multiplie les discours envers les jeunes paysans et les jeunes intellectuels et fonde en 1937 une Union des jeunesses agricoles de France. La Jeunesse communiste se sent désormais investie d’une véritable « mission fédératrice ».

L’intérêt politique d’une telle campagne à l’intention des jeunes n’est nullement négligeable pour le parti communiste. La notion de jeunesse brasse en effet de multiples aspects de la société, interroge son présent mais aussi son avenir. C’est donc une véritable enquête sur le sujet, commentée par Paul Vaillant-Couturier sous le titre « Le malheur d’être jeune », qui paraît à la « une » de l’Humanité du 10 février 1935 au 16 mars 1935. Cette longue étude aborde toutes les facettes susceptibles de définir, représenter et expliquer la jeunesse. Il s’agit d’un état des lieux corroboré par des témoignages de jeunes envoyés à l’Humanité. Parmi les thèmes abordés, on trouve un rapprochement entre la génération du feu et la génération de la crise, soit un parallèle entre les soldats en révolte contre l’état-major, les profiteurs de l’arrière et les jeunes qui se débattent contre la crise. Le but pour ces deux générations est de survivre alors que leur jeunesse est gâchée. « Si la jeune génération se sent proche de nous, anciens combattants, c’est avant tout parce que nous avons le sentiment d’être les victimes des mêmes ennemis, du même profit [37] . » Vaillant-Couturier consacre également des développements à propos de l’influence exercée par le fascisme sur les jeunes en France, en Italie et en Allemagne, et une longue évocation de la situation économique propre aux jeunes en système capitaliste. Celle-ci est toujours décrite comme particulièrement précaire, le statut de jeune doublant celui de travailleur dans l’exploitation et l’aliénation. La rationalisation, les progrès techniques, le chômage sont dénoncés comme autant de facteurs « d’exploitation sans frein » des jeunes, peu expérimentés et moins payés que les adultes. « Le patronat se sert des jeunes contre l’ensemble de leur classe ; c’est la misère, c’est la marche vers la déchéance. » Aux revendications classiques — amélioration des salaires, droit au travail, à travail égal, salaire égal — se greffent d’autres thèmes apparus avec la crise économique — droit aux allocations, mise en place de chantiers nationaux pour aider les jeunes chômeurs. Au-delà, la conclusion de cette enquête est inéluctable : le parti communiste est la seule réponse aux problèmes des jeunes face aux difficultés économiques et au fascisme : « Nous voulons mettre de l’ordre dans l’anarchie de la production, de l’ordre dans les têtes, de l’ordre dans notre pays. Et de la jeunesse dans un monde vieux. Parti communiste. Parti neuf. Parti jeune. Parti jamais compromis dans aucune formation gouvernementale bourgeoise. » « L’ordre » : le vocable est neuf dans le vocabulaire communiste et son association avec la thématique de la jeunesse, pour le moins explosive. Mais c’est là sans doute le prix à payer pour constituer un véritable mouvement de masse chez les jeunes.

Car il s’agit bien de rassembler, le plus largement possible, la jeunesse antifasciste. Cependant, la JC doit composer avec l’existence d’autres mouvements de jeunesse. Entre concurrence et unité, l’influence entre organisations de jeunesse est réciproque et peut aller jusqu’à infléchir voire brouiller les lignes politiques.

Vers la dépolitisation?

De fait, la réorientation de la JC tend, dans une certaine mesure, à la rapprocher de la JOC, très présente dans le domaine de l’encadrement des jeunes par les loisirs [38] . Dès lors, les préoccupations d’ordre culturel, relevant de l’associatif plus que du politique, revêtent dans la JC une importance inédite au point de prendre le pas sur l’idéologie. C’est là sans doute la transformation majeure caractérisant l’histoire des jeunes communistes, entre 1934 et 1938. Le 16 novembre 1935, Raymond Guyot déclare dans l’Humanité : « la JC doit cesser d’être un petit parti, elle doit être une organisation de masse, sans parti de jeunes. » Les dirigeants communistes entendent bien faire de la JC « une véritable organisation de masse répondant aux besoins d’action, d’éducation politique et des loisirs sains que manifest[ent] non seulement la jeunesse prolétarienne mais la jeune génération dans son ensemble [39] ». Dans ce processus d’encadrement et d’éducation de la jeunesse, c’est d’ailleurs la JC qui évolue le plus décisivement dans sa stratégie de conquête des masses. En effet la JOC, qui se veut apolitique, reste assez fidèle à sa ligne de revendications et à sa méthode [40] . Mouvement spirituel, social et culturel, elle devient, par le nombre, la première organisation de jeunes (120 à 130 000 sympathisants en 1937 contre 100 000 pour la JC). Le succès de la JOC proviendrait-il de son apolitisme ? C’est peut-être une déduction que la JC et le parti communiste tirent de ce constat. Assouplir la ligne au point de se dépolitiser peut représenter un moyen d’élargir le mouvement, comme les jocistes l’ont fait.

L’Avant Garde, organe officiel de la JC, traduit à la perfection cette évolution. Au début du Front populaire, c’est un journal d’audience restreinte avec une ligne politique forte. « L’organe de défense des jeunes travailleurs » dénonce au fil de ses quatre pages hebdomadaires l’exploitation des jeunes travailleurs et les difficultés des jeunes chômeurs. Les thèmes développés s’inscrivent dans la ligne classe contre classe ; les jeunesses radicales et même socialistes sont assimilées à des organisations bourgeoises. En juillet 1934, la ligne éditoriale s’adapte et adopte les mots d’ordre d’unité d’action et de lutte contre le fascisme. Avec le Front populaire, L’Avant Garde multiplie les articles sur le Front populaire de la jeunesse. En avril 1937, L’Avant Garde devient le « Journal des Jeunes, rédigé par des jeunes, diffusé par des jeunes, au service des jeunes ». Il se compose désormais de six pages mais parle de moins en moins de politique — une seule page, la quatrième, y est consacrée. En « une », les événements culturels et sportifs concurrencent largement les sujets politiques. La page 2 est dédiée à la publicité et aux jeux, la page 3 à la culture et aux chants, la page 5 au sport, la page 6 au travail des jeunes. Cette évolution dans la forme et dans le contenu souligne la volonté de la JC de conquérir un public toujours plus large. L’Avant Garde, qui atteint un tirage de 97 000 exemplaires par numéro en mai 1937, est un moyen de propagande puissant ; en dépolitisant son contenu, il vise une nouvelle jeunesse qui, au premier abord, n’aurait pas adhéré ou lu un journal communiste. Les quelques articles politiques qui le jalonnent apparaissent suffisants pour propager les idées communistes et pour forger une certaine culture politique. Symbole de cette stratégie, L’Avant Garde devient en 1938 « le Grand Journal de la Jeunesse ». C’est finalement l’appartenance de classe qui est négligée voire abandonnée au profit d’une « jeunesse » vaste et floue, non définie socialement ou politiquement.

La JC, qui est désormais une organisation de jeunes ouverte à tous, devient officiellement « indépendante » de son parti. Alors qu’en 1933-1935, l’Humanité avait consacré attention et propagande à la JC, celle-ci disparaît progressivement de ses colonnes. Les jeunes, pour autant, y demeurent présents. Les mesures prises en leur faveur par le gouvernement de Front populaire sont censées apporter une réponse essentielle aux problèmes et à l’organisation de la vie des jeunes [41] . Amélioration des salaires, prolongation de la scolarité à 14 ans sont donc abondamment soulignées. Mais c’est l’apparition des congés payés et de la semaine de 40 heures qui contribue à redéfinir le rôle de la JC. Pour être un mouvement de masse, elle se doit d’encadrer ce temps libre inédit. Cette « nouvelle éducation » par les loisirs se retrouve dans la structure même de l’organisation. Désormais, au côté des rayons et cellules, des clubs, des foyers, des maisons de loisirs se développent. Les directives adressées par les instances centrales du parti aux fédérations régionales insistent sur le devoir de développer ces loisirs : « le scoutisme, le tourisme, les sports, l’Aviation française, la musique, le théâtre, les chants et beaucoup d’autres sujets qui passionnent la jeunesse ont leur place dans de multiples formes de l’activité quotidienne de notre JC [42] . » Ce mouvement est aussi légitimé idéologiquement. Le discours de Lénine — « un groupe sans bibliothèque, c’est un homme sans cerveau » — est repris [43] . Dans le même état d’esprit, on donne à ces cercles et à ces groupes le nom de personnalités communistes : groupe Marcel Cachin à Saint-Denis, groupe Maurice Thorez à Gondecourt (Nord) ou Raymond Guyot dans les Alpes-Maritimes. Les cellules qui se transforment en Foyers de la Jeunesse sont aidées par les municipalités communistes qui fournissent parfois des locaux comme à Ivry. En 1937, un Centre de tourisme et de loisirs est créé sous l’égide de L’Avant Garde. La Jeunesse communiste de la banlieue sud de Paris prépare par exemple des soirées cinématographiques, des cours d’arithmétiques et de dessins pour tous les jeunes de la région [44] . Les foyers communistes deviennent des points de ralliement et de sociabilité pour les jeunes travailleurs qui veulent se distraire, discuter, créer des liens d’amitié. Les bals peuvent servir à financer la création de ces foyers. Ainsi dans la région normande, à Sotteville-lès-Rouen, des activités de ping-pong, une bibliothèque et des appareils de culture physique se développent sous l’impulsion d’un cercle d’une trentaine de jeunes. Enfin, cette nouvelle JC tend aussi à se propager dans des endroits reculés. Pour exemple, les nouvelles structures de la JC comme l’Union de la jeunesse agricole de France permettent l’apparition de Maison de jeunes paysans dans les Pyrénées-Orientales [45] . Cette réorientation du discours officiel laisse à penser que, pour se développer massivement, la JC croit avoir besoin d’une dépolitisation relative. Structure de rassemblement et de loisir, la JC ne néglige évidemment pas la politique, mais celle-ci y devient secondaire.

De février 1934 à février 1937, le nombre d’adhérents à la Jeunesse communiste passe de 4 000 à plus de 100 000. Indéniablement, la stratégie adoptée par le parti permet un vrai développement. Celui-ci s’inscrit, plus largement, dans le contexte de forte expansion que connaissent les organisations de jeunesse. La jeunesse devient un enjeu à ce moment précis à la fois par crainte du fascisme et de la caporalisation des jeunes, et par le développement des mouvements chrétiens. Toutefois, la profonde évolution idéologique de la JC, en laquelle réside son originalité, pose la question de la motivation des jeunes adhérents. La JC subit durant cette période la double influence de fortes concurrences extérieures et de l’infléchissement politique interne au Parti et à l’Internationale communistes. Elle doit répondre, à son niveau, aux stratégies et objectifs élaborés par le Komintern et le PC. En 1924-1925, « la bolchévisation du parti signifiait […] que le parti communiste devait réellement devenir un parti de masse [46] ». Avec la constitution du Front populaire, le but demeure le même mais, pour l’atteindre, la stratégie se modifie. La tactique classe contre classe fait place à l’unité d’action et à la lutte contre le fascisme. L’heure est à la respectabilisation du parti et à la création de mouvements de masse. Dès lors, le contraste saute aux yeux : en 1933-1935, un jeune entre à la JC avec la claire conscience de la nécessité que revêt la lutte de classe ; avec la conquête des masses de 1936-1937, ce caractère a largement disparu. L’hypothèse émise par Annie Kriegel en est donc confirmée : peu importe ici l’âge de l’adhésion ; c’est bien la ligne politique qui détermine les strates générationnelles [47] . In fine, au cours de cette période, « la jeunesse » est devenue à ce point décisive dans la stratégie du parti communiste qu’elle en a perdu pour lui ses contours socio-politiques. De ce point de vue, l’usage inédit de la catégorie « jeunesse » par les communistes a pu contribuer à faire de ce groupe profondément hétérogène une entité politique en soi.

Notes :

[1] Paul Vaillant-Couturier, « Le malheur d’être jeune », enquête parue dans l’Humanité du 10 février au 16 mars 1935.

[2] Gilles Le Béguec, « Temps des crises, temps des remises en question, temps des organisations », dans Matériaux pour l’histoire de notre temps, n°74, mai-juin 2004, p. 3-6.

[3] Lénine, Textes sur la jeunesse, Moscou, Éditions du Progrès, 1970.

[4] Archives départementales de Seine-Saint-Denis, Archives du parti communiste français, 3MI7/48, dossier 3310.

[5] Léo Figueres, La jeunesse et le communisme. Choix de textes marxistes, Paris, Éditions Sociales, 1963, p. 28.

[6] Archives départementales de Seine-Saint-Denis, Archives du parti communiste français, 283 J2, Fonds Raymond Guyot, Rapports des congrès de la jeunesse communiste et informations sur leurs activités.

[7] Archives départementales de Seine-Saint-Denis, Archives du parti communiste français, 3MI7/50, Dossier Matériaux pour le CC des JC, 15 février 1935.

[8] l’Humanité, 16 juillet 1933.

[9] Archives départementales de Seine-Saint-Denis, Archives du parti communiste français, 3MI 7/48, Jeunesses communistes, Dossier 3312 : Rôle des JC dans la société, rapport avec le PC.

[10] l’Humanité, 3 janvier 1934.

[11] Les JS naissent en 1907 comme branche de l’organisation internationale de la jeunesse socialiste. Mais c’est en 1912 qu’au congrès de Lyon est décidée la création d’une fédération nationale des JS affiliée à la SFIO.

[12] Le Populaire, 22 avril 1933, p. 6.

[13] Jacques Varin, Jeunes comme JC. Sur la Jeunesse communiste, Tome 1 : 1920-1939, Paris, Éditions sociales, 1975.

[14] Cf. Pierre Pierrard, Michel Launay, Rolande Trempé, La JOC. Regards d’historiens, Paris, Les Éditions ouvrières, 1984 ; Françoise Richou, La Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC). Genèse d’une jeunesse militante, Paris, L’Harmattan, 1997 ; voir également Alain-René Michel, Catholiques en démocratie, Paris, Les Éditions du Cerf, 2006, p. 726 ; Christian Delporte, « Les jeunesses socialistes dans l’entre-deux-guerres », Le Mouvement social, n°157, décembre 1991, p. 33-67.

[15] Archives départementales des Hauts-de-Seine, Fonds d’archives de la JOC, 46J46, Jocisme Français (1929-1939), Paris, Libraire jociste, 1939, p. 185.

[16] Archives départementales des Hauts-de-Seine, Fonds d’archives de la JOC, 46J 186 : C. Bordet, Regards jocistes sur l’Evangile, Paris, Librairie jociste, 1936, p. 201.

[17] Archives départementales de Seine-Saint-Denis, Archives du parti communiste français, 3MI7/48, dossier 3310.

[18] L’Avant Garde, 9 septembre 1933.

[19] Archives départementales de Seine-Maritime, 1M 315, Papillon de la Jeunesse communiste.

[20] Jeunesse ouvrière, deuxième quinzaine d’avril 1935.

[21] Cf. Jacques Prévotat, L’Action française, Paris, PUF, 2004, p. 128, et Jean Philippet, Le temps des ligues. Pierre Taittinger et les Jeunesses Patriotes (1919-1944), thèse de doctorat, Institut d’études politiques de Paris, 2000, p. 2680.

[22] Cf. Albert Kechichian, Les Croix-de-Feu à l’âge des fascismes : travail, famille, patrie, Paris, Champ Vallon, 2006, p. 410.

[23] l’Humanité, enquête de Paul Vaillant-Couturier, op. cit.

[24] Lucien Barnier, J’ai quitté le parti pour Dieu, Paris, Fayard, 1978, p. 58.

[25] Charles Veret, J’ai vu grandir la JOC. Témoignage d’un aumônier jociste, Paris, Les Éditions ouvrières, 1977, p. 97.

[26] Cf. Henri Noguères, La vie quotidienne en France au temps du Front populaire (1935-1938), Paris, Hachette, 1977, p. 90-93.

[27] Archives départementales de Seine-Saint-Denis, Archives du parti communiste français, 283 J69, Fonds Raymond Guyot, Internationale communiste des jeunes, le 9 août 1935.

[28] L’Avant Garde, 3 mars 1934.

[29] L’Avant Garde, 28 juillet 1935.

[30] Voir à ce propos les deux articles indispensables pour comprendre l’histoire et le rôle des rites politiques dans les années 1930 : Philippe Burrin, « Poings levés et bras tendus. La contagion des symboles au temps du Front populaire », Vingtième Siècle. Revue d’histoire, numéro 11, juillet-septembre 1986, p. 5 à 21. Et Gilles Vergnon, « Le “poing levé” : du rite symbolique au rite de masse. Jalons pour l’histoire d’un rite politique », Le Mouvement social, n°212, juillet-septembre 1994, p. 91-105.

[31] Archives départementales de Seine-Saint-Denis, Archives du parti communiste français, 3MI7/50, Bulletin « Notre propagande », le 23 octobre 1935.

[32] On peut néanmoins noter une utilisation de ces symboles moins systématique que dans les autres organisations de jeunesse.

[33] Philippe Burrin, « Poings levés et bras tendus… », article cité.

[34] Les campagnes antimilitaristes sont anciennes et toujours présentes contre le « rabiot » ou les deux ans de service militaire. Ces revendications sont présentes tout au long de cette période. Cf. Yolande Cohen, Les Jeunes, le Socialisme et la Guerre. Histoire des mouvements de jeunesse en France, Paris, L’Harmattan, 1989, p. 250.

[35] l’Humanité, 30 juillet 1934.

[36] l’Humanité, 20 juillet 1935.

[37] l’Humanité, 11 février 1935.

[38] Cf. M.-F. Meillon, Rapport de la JOC avec les fédérations des jeunesses communistes de 1927 à 1939, maîtrise d’histoire, université de Paris X - Nanterre, 1970.

[39] Léo Figueres, La jeunesse et le communisme, op. cit.

[40] Françoise Richou, La jeunesse ouvrière chrétienne (JOC). Genèse d’une jeunesse militante, op. cit., p. 240.

[41] Jacques Duclos, Mémoires 1935-1939. Aux jours ensoleillés du Front populaire, Paris, Fayard, 1969, p. 462.

[42] Archives départementales de Seine-Saint-Denis, Archives du parti communiste français, 3MI7/51, dossier 3339, Discours du comité central à Issy-les-Moulineaux.

[43] Archives départementales de Seine-Saint-Denis, Archives du parti communiste français, 3MI7/52, dossier 3345, Bulletin de la JC dans les localités.

[44] Archives départementales de Seine-Saint-Denis, Archives du parti communiste français, 3MI7/52, dossier 3347, Quotidien de la JC de la banlieue sud de Paris dans son journal L’Actif, 1937.

[45] Cf. Jacques Varin, op. cit.

[46] Jean-Jacques Becker, Le parti communiste veut-il prendre le pouvoir ? La stratégie du PCF de 1930 à nos jours, Paris, Seuil, 1981, p. 26.

[47] Annie Kriegel, « Le concept politique de génération », dans Commentaire, n°7, 1979.

Cécile Sanchez

Cécile Sanchez est étudiante à l'université de Rouen. Elle rédige actuellement un mémoire de master sur les rapports entre jeunes et politiques sous le Front populaire.

Mots clefs : jeunesse communiste ; Front populaire ; PCF ; politisation ; culture politique

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  • ISSN 1954-3670