Histoire@Politique : Politique, culture et société

Sources

«Jalons pour l'histoire du temps présent» : une banque de données audiovisuelles au service de l'enseignement

Claude Robinot
Résumé :

Les « Jalons pour l’histoire du temps présent » sont une entreprise originale et unique qui marque la volonté de l’INA pour mettre à disposition du grand public, des enseignants (...)

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Source : INADès la page d’ouverture du site de l’INA (http://www.ina.fr), un bandeau annonce la possibilité de « télécharger 100 000 émissions de télé et de radio », et le texte ajoute avec fierté : « ce n’est qu’un début… ». Acceptons-en l’augure, cette promesse ne peut que réjouir le grand public, les enseignants et les chercheurs à qui elle est destinée. Depuis 1999, le chantier de la numérisation du fond de l’INA avance, même s’il reste à traiter d’ici à 2020, plus de cent kilomètres d’archives, soit deux millions d’heures de sons et d’images. Cette entreprise titanesque, cette course contre le temps et la dégradation des supports, s’apparente par bien des côtés à un tonneau des Danaïdes puisque le dépôt légal des œuvres audiovisuelles dont l’institut a la charge gonfle sans cesse le flot des images à préserver [1] .

Toujours sur la page d’accueil, une mise en exergue proclame : « nous construisons l’avenir de votre mémoire ». Si le chaland alléché par ce calicot numérique pousse la porte de la boutique en ligne, il peut chiner au hasard des rayons ou plonger dans un catalogue aux multiples entrées. Après le visionnage ou l’écoute des séquences audiovisuelles, le butineur pourra, selon ses désirs ou ses besoins, louer ou acheter pour quelques euros, les extraits de son choix. Tout est fait pour accrocher le badaud, même s’il n’est entré que pour le plaisir des yeux et des oreilles. Avant de partir, comme une ultime tentation, une série d’imagettes lui rappelle les vidéos consultées sur une frise chronologique qui se nomme, non sans humour : « ma zone mémoire ». Sans parler des images clignotantes qui invitent à télécharger sur son mobile les « phrases cultes » des hommes politiques contemporains.

On l’aura compris, le portail de l’INA est d’abord destiné au grand public. L’enseignant ou l’étudiant d’histoire devra se frayer un chemin à travers les allées de la marchandisation, ne pas s’égarer et cliquer à cinq reprises pour atteindre les « Jalons pour l’histoire du temps présent » dissimulés dans la rubrique éducation et culture.

Les « Jalons pour l’histoire du temps présent » se définissent comme : « la première banque d’archives audiovisuelles en ligne au service de l’éducation, pour les enseignants et les élèves des collèges, lycées et universités ». Cette entreprise a été réalisée : « en collaboration avec le ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement et de la Recherche, le site a été conçu avec le concours d’enseignants et d’historiens ».

Depuis février 2007, la banque s’est enrichie de 300 nouveaux documents, ce qui porte le total à 991. La période couverte va désormais de la signature du traité de Versailles, le 28 juin 1919, à l’annonce des résultats du referendum du 29 mai 2005, sur le projet de constitution européenne. Fin 2007, c’est environ 1 200 documents qui devraient être mis à disposition de la communauté éducative. C’est sans conteste, un formidable outil au service de l’enseignement et qui n’a pas d’équivalent, sous cette forme, dans les autres pays occidentaux.

De Balises en Jalons, l’histoire d’un projet

Avant d’examiner et d’analyser toutes les possibilités offertes par la banque de données de l’INA, il est peut être utile de rappeler en quelques mots le contexte qui a permis la naissance de cette entreprise. Les « Jalons pour l’histoire du temps présent » naissent de la rencontre d’une pratique enseignante de l’audiovisuel, de la nécessité pour l’INA de s’ouvrir à un public plus large et d’une volonté ministérielle de développer les ENS (Espaces numériques des savoirs).

Dès les années 1980, avec l’arrivée des magnétoscopes dans la classe, les professeurs d’histoire se sont emparés de cet outil pour montrer à leurs élèves des images. Ces temps pionniers ont développé de nouveaux usages, parfois à la limite de la légalité, et ils ont installé des pratiques pédagogiques, quelques fois discutables. L’exemple le plus caricatural de cette dérive, heureusement marginal, était celui du professeur qui infligeait à ses élèves, en fin d’année, les trois heures de Nuremberg à Nuremberg et marchait ainsi au bruit du canon pour boucler son programme. Le film de Frédéric Rossif et Philippe Meyer était surtout utilisé comme source d’archives, sans souci analytique ou critique du montage et du commentaire. Au fil des années, les enseignants se sont constitué des vidéothèques personnelles faites du copiage d’émissions télévisées et de cassettes du CNDP (Centre national de documentation pédagogique) [2] . Cette intégration de documents audiovisuels dans le cours, au sein de la classe, en toute illégalité, a conduit l’institution à un écartèlement schizophrénique. D’un côté, les vidéos non autorisées étaient chassées des CDI et des cabinets d’histoire géographie, de l’autre les MAFPEN (Missions académiques de formation des personnels de l’Education nationale) proposaient des stages de formation continue pour apprendre à utiliser l’image animée en classe. La situation méritait une clarification. La naissance, en 1994, d’une chaîne de la connaissance, avec des émissions comme les « Ecrans du savoir » élargissait les possibilités légales d’utilisation des images pendant que le ministère de l’Education nationale négociait des cessions de droits. De son côté, l’Inspection générale dans le cadre d’une étude sur le document dans le cours d’histoire géographie, recommandait aux professeurs de banaliser l’usage du document filmé en classe en le limitant à quelques minutes par séance.

Dans les années 1990, l’INA a mis à disposition des établissements scolaires une « vidéothèque pour l’enseignement » dont une centaine de titres était utilisable dans le cours d’histoire géographie. Ces cassettes étaient accompagnées de livrets pédagogiques, dans une démarche assez proche de celle du CNDP. D’après Sophie Bachmann [3] , les fictions réalisèrent de meilleures ventes que les documentaires avec des titres comme 1788 ou L’affaire Calas. On peut y ajouter le succès rencontré par La télé du Général et Propaganda, mensonges et messages qui témoignait d’un intérêt nouveau pour l’histoire des médias et une réflexion sur l’analyse des images [4] .

A côté de cette offre éditoriale classique, l’INA mettait en ligne quelques dizaines d’extraits d’archives regroupés sous le titre « voir et revoir ». Le format réduit de l’image et la qualité moyenne de la vidéo limitaient les possibilités d’utilisation ; en revanche, le classement thématique (guerre d’Algérie, mai 68, Ve République…) répondait beaucoup plus aux attentes des professeurs d’histoire du secondaire. Une grande partie de ces documents ont été repris dans les « Jalons », mais pas tous, comme ce curieux sujet des actualités françaises de 1957, intitulé « Que deviendrait la France sans l’Algérie ? » où, pendant trois minutes, le commentateur décrit l’inévitable déclin que connaîtrait la France si, par malheur, elle venait perdre le fleuron de son empire. Ce plaidoyer en faveur du « lobby colonial » est d’autant plus surprenant qu’il intervient l’année même où la France signe le traité de Rome et s’ouvre à d’autres partenaires [5] .

Le désir de l’INA de mettre à disposition des archives de bonne qualité, libres de droits, et d'un contenu pédagogique adapté à toutes les formes d'enseignement, se précise à la fin des années 1990, au moment où les équipements informatiques des établissements scolaires atteignent une masse critique. Selon une enquête du Ministère en 2000 [6] , plus de 90 % des collèges et des lycées avaient une connexion internet, les deux tiers du parc informatique des établissements scolaires fonctionnaient en réseau. Depuis, les salles informatiques polyvalentes, les chariots multimédia et très récemment les Tableaux numériques interactifs (TNI) se sont multipliés donnant encore plus de souplesse à l’utilisation des TICE (Technologie de l’information et de la communication éducative).

C’est à partir de ce contexte nouveau que la SDTICE (sous-direction des TICE) du Ministère a conçu un Espace numérique des savoirs (ENS), portail d’accès à un ensemble de ressources numériques mises gratuitement à la disposition d’un panel d’établissements scolaires volontaires. C’est dans le cadre de cette expérimentation conduite de 2003 à 2004 que l’INA a proposé les « Balises de la mémoire », banque numérique d’environ deux cents documents d’archives « portant sur la vie politique en France depuis 1945, l'histoire économique et sociale en France depuis cinquante ans et les relations internationales depuis la Seconde guerre mondiale. Le choix des sujets a été guidé par le souci de faire connaître les images qui ont marqué les cinquante dernières années, ainsi que les documents audiovisuels qui, par l'intrusion de la caméra dans l'histoire, ont créé l'événement (allocution du général de Gaulle : "un quarteron de généraux en retraite..." ; les débats des élections présidentielles : "vous n'avez pas le monopole du cœur..." ; la construction et la chute du mur de Berlin...). Il s'agit donc d'une sélection de documents majeurs de la deuxième moitié du XXe siècle que tout élève devrait intégrer à son patrimoine culturel » [7] . On voit bien dans cette description de l’offre, qu’au delà de la mise à disposition des sources audiovisuelles majeures, l’INA veut être un acteur majeur de la construction d’une mémoire audiovisuelle. L’expérience connut un réel succès : plus de 13 000 connexions en neuf mois, surtout auprès des lycées, ce qui s’explique facilement par la place que tient l’étude du second XXe siècle dans les programmes. Le projet s’est légèrement infléchi et recentré sur un contenu scientifique plus propre à satisfaire les enseignants d’histoire géographie, les « Balises » sont devenues des « Jalons » et la « mémoire » s’est effacée derrière « l’histoire du temps présent ».

De son côté, le ministère de l’Education nationale et le SDTICE ont arrêté l’expérimentation, l’ENS a disparu au profit du CNS (Canal numérique des savoirs). Une lettre a changé, le logo est resté le même ; au-delà de ces aspects cosmétiques, c’est l’orientation économique qui a changé. Il s’agit maintenant d’un large consortium d’éditeurs de contenus, privés et institutionnels, regroupés dans des GIE (groupements d’intérêt économique). Il va de soi qu’avec ce système « la gratuité et la démocratisation de l’accès aux ressources numériques » ont un coût ! L’abonnement annuel pour les « Jalons » revient à 350 € pour un lycée et 300 € pour un collège. Une somme qui peut être prise sur des crédits d’enseignements alloués aux disciplines mais si les professeurs veulent ajouter dans leur panier numérique d’autres ressources complémentaires, on dépasse rapidement les capacités budgétaires d’un établissement. Le seul recours possible reste la générosité des collectivités territoriales. Pour être tout à fait exact, l’INA propose une option découverte limitée à une ou deux classes pour un minimum de 50 €. L’offre est raisonnable sachant que la consultation en ligne dans la classe de l’ensemble du corpus reste possible, même sans abonnement. Ce qui est loin d’être le cas chez d’autres fournisseurs de contenu.

Un bel outil ergonomique et versatile

L’interface est simple, efficace et intuitive pour peu que l’on ait l’habitude de naviguer sur internet. La difficulté consistait à offrir un accès rapide aux vidéos de la banque de données sans pour autant reléguer à l’arrière-plan les informations nécessaires sur les aspects techniques et scientifiques des sources présentées. Le résultat est plutôt réussi.

Fig. 1 : Interface des Jalons pour l'histoire du temps présent

 La recherche de documents croise systématiquement les entrées chronologiques et thématiques, une « info bulle » liée à chaque imagette donne le titre du document. Sur le bandeau inférieur, s’affichent le titre, la date et la durée du document ainsi qu’un résumé du contenu de l’archive. Le classement thématique est sans surprise (vie politique, relations internationales, économie et société, culture). La recherche par mots clés, période ou personnage, est aussi possible.

Dans la rubrique « Accueil/ historique des sources/ », un texte d’Agnès Chauveau donne pour la presse filmée comme pour la télévision les repères essentiels pour une exploitation intelligente des archives. Il n’est pas toujours facile, pour le non-spécialiste, de s’y retrouver entre les Actualités françaises, les Actualités mondiales, France Actualités, Pathé et Gaumont. De même, il est toujours utile de rappeler qu’en 1958, le taux d’équipement des ménages en téléviseurs n’était que de 5 %. 

Autre fonctionnalité intéressante, réservée aux abonnés : le classeur. Il permet de se constituer cinq dossiers de documents sélectionnés en fonction des besoins de l’utilisateur. Imaginons un enseignant qui voudrait travailler avec ses élèves ou ses étudiants sur le thème : « de Gaulle et l’Algérie ». Il prépare dans son classeur et dans l’ordre chronologique la demi-douzaine d’archives qui lui seront nécessaires : du « Je vous ai compris » au retour des rapatriés.

Fig. 2 : Dossier constitué sur la guerre d'Algérie après une recherche dans la banque.

 L’interface de visionnage des archives est très riche puisque à côté de la vidéo, on dispose en permanence de quatre fenêtres  accessibles par des onglets : notice, contexte historique, éclairage média et transcription. Les deux premiers donnent évidemment les informations attendues. L’onglet média révèle une démarche plus originale puisqu’il situe les images dans leur contexte médiatique et donne souvent les éléments qui permettront ensuite une analyse plus approfondie des images. La dernière fenêtre, réservée à la transcription, donne non seulement le texte de l’archive mais permet une navigation à l’intérieur du document audiovisuel, puisqu’en cliquant sur un mot, le visionnement redémarre à l’endroit souhaité.

On peut aussi se positionner dans le document en cliquant sur les imagettes qui donnent la durée des plans. La grande qualité des « Jalons », c’est d’être un outil versatile, au sens anglo-saxon du terme. C’est-à-dire de permettre avec une ergonomie satisfaisante de trier les documents, de les atteindre et de les utiliser à des fins documentaires ou pédagogiques. Toutes ces fonctions supposent que l’utilisateur en milieu scolaire bénéficie d’une connexion internet puissante et rapide et d’un matériel adapté. Toutefois, les abonnés bénéficient de la possibilité de télécharger les documents, de les diffuser et de les utiliser avec leurs élèves.

Comment utiliser les « Jalons », pratiques et usages

Les enquêtes conduites auprès des professeurs qui ont expérimenté les « balises de la mémoire » puis les « Jalons » dans le cadre de l’ENS montrent que les documents audiovisuels ont été utilisés dans toutes les configurations pédagogiques connues : documentation personnelle, diffusion en ligne dans la classe, élaboration de documents, travail encadré dans une salle multimédia, recherche documentaire guidée. Le premier usage, environ 25 % des réponses, arrive en tête ; les autres se partagent le reste, à parts à peu près égales. Cette statistique grossière montre, en tout cas, que l’apparition des « Jalons » dans le cadre scolaire ne bouleverse pas les usages pédagogiques mais les conforte et les enrichit.

Un professeur de l’académie de Créteil, qui a participé à la première vague d’expérimentateurs, distingue trois démarches possibles [8]  :

1 - Projection d’un document « patrimonial » dont l’analyse est faite face aux élèves en cours magistral dialogué classique. L’exemple utilisé est le discours d’Alger le 4 juin 1958. 

2 - Les élèves travaillent dans une salle multimédia, il doivent visionner une série d’extraits sélectionnés par le professeur en fonction d’une problématique, (par exemple guerre d’Indochine, guerre coloniale et front de la Guerre froide). Ils répondent à des questions et produisent une synthèse.

3 – Donner à des élèves un travail de recherche documentaire dans la banque de données, autour d’un thème : « la guerre d’Algérie, oppositions et déchirures ».

Tout cela peut paraître classique mais dans la plupart des cas, l’outil et le dispositif pédagogique permettent d’introduire une dimension analytique nouvelle qui, en s’appuyant sur les informations contenues dans les notices et l’analyse des images, enrichit et affine l’interprétation du document.

Pour en juger, nous pouvons regarder une séance d’histoire d’une classe de Troisième enregistrée dans le collège Prévert à Heyrieux dans l’Isère. (Voir la vidéo) [9] . Le professeur, Nicolas Rocher, travaille avec sa classe sur l’acceptation ou le refus de l’armistice en juin 1940. Il projette sur un TNI (Tableau numérique interactif) le discours de Pétain du 17 juin et l’appel du général de Gaulle dit du « 18 juin ». Au-delà de l’analyse textuelle et comparative des deux discours, le dispositif technique et pédagogique permet d’aller plus loin puisque les notices des « Jalons » mettent tout de suite en évidence que ces deux discours ont été radiodiffusés et que les documents projetés sont postérieurs aux événements dont ils parlent. A partir de là, il sera plus facile d’expliquer leur réception dans l’opinion publique. Le professeur revient ensuite sur le montage d’images qui illustre le discours du Maréchal. Une relecture critique des images, facilitée par les fonctions du TNI, révèle l’idéologie du régime et sa vision d’une France rurale, idéalisée et rassemblée autour de son chef. Il s’agit bien d’une reconstruction puisque ces images ont été diffusées par les actualités mondiales en juin 1941, dans un sujet plus long dont le nom est emprunté à une expression du discours de Pétain : « Français vous avez la mémoire courte ». L’autre partie du sujet est aussi disponible dans le corpus des « Jalons ».

Le site internet de l’association les Clionautes, dans la rubrique « Cinéhig », consacrée aux images animées, a rassemblé plus d’une trentaine de fiches d’activité utilisant les vidéos des « Jalons », tant pour le lycée que pour le collège. Les choix qui sont faits sont bien sûr guidés par les programmes d’enseignement mais on y trouve des thématiques et des démarches variées [10] . Les archives audiovisuelles sont surtout utilisées pour aborder les relations internationales, l’histoire institutionnelle de la Ve République, la guerre d’Algérie, les changements économiques des Trente glorieuses et la Seconde guerre mondiale.

Pour ce dernier thème, les documents sonores, chansons et discours, donnent lieu à des utilisations originales. Il est vrai que le corpus audio est particulièrement riche pour cette période. Une autre proposition, plus originale, propose d’étudier le rôle de la télévision dans la vie politique française. Un sujet parfaitement légitime puisque certains auteurs ont décrit la République gaullienne comme une « monarchie télévisuelle ». L’usage des « Jalons » dans l’enseignement secondaire est encore récent, le corpus d’expériences s’enrichira certainement de nouvelles propositions. Soulignons en tout cas que l’intégration de plus en plus fréquente des archives audiovisuelles dans la pratique professionnelle des enseignants, pose le problème de leur didactisation et de leur statut documentaire. Nous allons le voir à travers quelques exemples.

Les archives audiovisuelles, approches méthodologiques

L’archive audiovisuelle peut être étudiée seule, pour elle-même, dans toutes ses dimensions, cognitives, contextuelles et formelles. C’est le cas pour le célèbre discours du général de Gaulle le 4 juin 1958, à Alger où les notices et le visionnement du document ouvrent des pistes d’interprétation. Le discours retransmis à la télévision (RTF) est un direct, il est retransmis dans son intégralité. Ce qui permet de sentir comment de Gaulle pèse ses mots, fait une pause après chaque phrase. On perçoit aussi les réactions de la foule qui retient son souffle, marque un silence, puis éclate en approbation. L’alternance des plans de foule et de l’orateur souligne toute l’ambiguïté de ce dialogue. Les silences, les phrases, l’intensité et la durée des applaudissements, tout est signifiant. A titre de comparaison, sur le site INA.fr, on peut visionner le même sujet, le même discours, mais filmé et résumé par les Actualités Françaises. L’impression est radicalement différente ! Toute l’émotion du moment disparaît, toute l’épaisseur du vivant est gommée. Le mémorable : « Je vous ai compris » n’a pas été retenu au montage. Il ne reste plus qu’un message politique suggéré : l’unanimité de la Nation avec son chef.

Le document peut être confronté, croisé avec un autre pour en éclairer le sens ou en montrer les limites. Prenons l’exemple du très célèbre « discours de l’Hôtel de ville » du 25 juin 1944, le jour où « l’Etat rentre chez lui ». Les plans qui précèdent et suivent le discours proprement dit, montrent un flottement dans la chronologie de cette journée historique. Les habitués de l’analyse des images remarqueront que le plan du discours est dans un éclairage « intérieur nuit » en rupture avec ceux qui précèdent ou qui suivent sur la place de l’Hôtel de ville dans un « extérieur jour ». On a l’impression d’un« mauvais raccord » qui s’explique parfaitement par la lecture des Mémoires de guerre [11] .

Fig. 3 : Discours de l'Hôtel de villeDe Gaulle quitte Rambouillet pour Paris vers 15 heures : « l’avenue d’Orléans est noire de monde. On suppose évidemment que je me rends à l’Hôtel de Ville. Mais bifurquant par l’avenue du Maine (…) j’atteins la gare Montparnasse » A cinq heures, il se rend rue Saint-Dominique au ministère de la guerre où : « rien n’y manque excepté l’Etat. Il m’appartient de l’y remettre. Aussi m’y suis-je d’abord installé ». Puis le Général rentre chez lui. C’est seulement : « à sept heures du soir, inspection de la police dans la cour de la Préfecture ». Il se rend ensuite à pied à l’Hôtel de ville où le célèbre discours est prononcé dans le salon du premier étage, à la nuit tombante. Le Général ira ensuite rapidement saluer la foule après avoir refusé de proclamer une République qui n’avait jamais cessé d’être. D’une certaine manière, les images tournées par les actualités de la France libre, dans leur montage un peu flottant, traduisent la surprise des résistants parisiens face à l’attitude gaullienne.

Fig. 4 : Plan finalLes documents peuvent être confrontés entre eux (voir ci-dessus l’exemple autour de l’armistice de juin 1940). Ils peuvent être constitués en série pour montrer une évolution ou des permanences. On peut ainsi étudier la façon dont le chef d’Etat s’adresse à la nation à travers des allocutions, des conférences de presse, des campagnes électorales ou des entretiens avec des journalistes. Cette pratique télévisuelle du pouvoir n’est pas limitée à la Ve république. On peut avec les « Jalons » en voir les prémices sous le régime précédent. En 1956, le président du Conseil Guy Mollet accueille à Matignon pour une série d’entretiens politiques, le journaliste Pierre Sabbagh. Ce dernier, dans une mise en scène maladroite, joue les Candide et s’émerveille d’être au cœur du pouvoir. Le président du Conseil répond de bonne grâce à des questions personnelles et privées. La proximité entre le responsable politique et le citoyen téléspectateur est bien à l’œuvre dès cette époque. Fig. 5 : Pierre Mendès France au JT de 20 heures, le 16 juin 1954

On peut même remonter plus en amont, aux limites du genre, avec l’interview que donne Pierre Mendès-France le 16 juin 1954, au journal télévisé de 20 heures, la veille de son discours d’investiture. Il révèle ainsi aux téléspectateurs, avant la représentation nationale, les grandes orientations de sa politique. Cette façon de rechercher l’appui direct de l’opinion est certes nouvelle mais l’impact en est limité par le faible nombre de téléspectateurs ; la France ne comptait à cette époque qu’un peu plus de 60 000 récepteurs. Pierre Mendès France, pour plus d’efficacité, choisira de préférence les causeries radiophoniques pour toucher l’opinion. 

Fig. 6 : Guy Mollet et Pierre Sabbagh à MatignonLes archives des « Jalons » peuvent être rassemblées dans un dossier documentaire qui servira ensuite à construire un discours historique. Les professeurs de Terminale doivent travailler avec leurs élèves sur « les mémoires de la Seconde guerre mondiale ». Ils disposent d’un corpus de documents de qualité qui permettent de comprendre les enjeux mémoriels. Un tableau ci-dessous en donne un aperçu :

Documents/ dates

durées

Discours de l’Hôtel de ville, 25 août 1944

01 min 34

Le retour des prisonniers et déportés, avril 1945

01 min 16

Procès Pétain, août 1945

01 min 52

La bataille du rail remporte la Palme d’or à Cannes, 1946

05 min 05

Discours de Malraux au Panthéon, hommage à Jean Moulin, 1964

20 min 39

Claude Lanzmann explique Shoah, 21 avril 1985

03 min 40

Incidents lors du 50e anniversaire de la rafle du Vel’ d’hiv, 16 juillet 1992

02 min 21

Discours de Jacques Chirac sur la responsabilité de Vichy, juillet 1995

02 min 32

On peut bien sûr faire d’autres choix, convoquer d’autres documents et d’autres témoignages. Le site INA.fr l’autorise. Surtout si l’on a recours aux entretiens interactifs constitués de longs enregistrements, chapitrés et découpés en réponses de quelques minutes. Si l’on veut enrichir le corpus sur « les mémoires de la Seconde guerre mondiale », on regardera avec profit les propos de Robert Paxton sur Vichy ou ceux d’Annette Wieviorka sur la mémoire de la Shoah. On peut aussi, pour être complet, trouver dans les « archives pour tous » des éléments sur les procès Barbie, Touvier et Papon.

Les « Jalons pour l’histoire du temps présent », comme leur nom l’indique, fournissent aux enseignants, aux élèves et aux étudiants les repères essentiels qui serviront à borner le périmètre d’une question historique, mais cela ne dispense pas d’avoir recours à d’autres sources, d’autres documents. C’est même parfois indispensable pour éviter des contresens ou tomber dans le piège tentant du récit « tout en images ». Le corpus est très riche en ce qui concerne la décolonisation et plus particulièrement sur la guerre d’Algérie ; une recherche grossière donne plus de soixante-dix documents disponibles. On peut donc envisager de « raconter la guerre d’Algérie » en images, de la Toussaint 1954 à l’indépendance. Dans ce cas, on risque de négliger tout ce qui n’existe pas dans les images : Sétif 1945, les massacres du Constantinois d’août 1955, les manifestations de « rappelés » ou les aspects sombres de la bataille d’Alger, qui sont pourtant indispensables à la compréhension de l’histoire du conflit. De plus, les archives viennent presque exclusivement de sources institutionnelles. La période 1958-1962, se résume le plus souvent à une alternance entre les discours du général de Gaulle et les réactions algéroises et métropolitaines (autodétermination - barricades, négociations –putsch). Le risque est de se laisser enfermer par les images dans une vision institutionnelle et très franco-française de la fin du conflit.

Les « Jalons » peuvent être utilisés, plus simplement, pour « donner à voir », pour rendre plus palpables des notions complexes ou des idées souvent abstraites. Un exemple parmi d’autres : la loi-cadre Defferre de 1956, qui prépare la décolonisation de l’Afrique peut être facilement expliquée par un sujet des actualités françaises où le ministre vient assister au Cameroun, à la mise en place du statut d’autonomie. Le commentateur, peu au fait des subtilités du processus, parle, lui, de fin du protectorat et d’indépendance.

En ce qui concerne les relations internationales, la banque de données audiovisuelles affiche 245 documents qui couvrent la période 1919-2005. Il faut garder à l’esprit que la plupart de ces archives viennent des actualités filmées et de la télévision française. Elles expriment sur les affaires du monde un point de vue très français. Si la politique extérieure du général de Gaulle et les principales étapes de la construction européenne sont bien couvertes, les grandes crises et événements internationaux sont vus à travers un prisme national et donnent souvent lieu à un commentaire prudent et distant. Par exemple, le sujet sur la première bombe atomique soviétique en août 1949, se contente de dénoncer le risque d’une guerre nucléaire et est très loin d’adopter un point de vue pro américain. L’évocation de la carrière de Staline, à sa mort en mars 1953, se garde bien de tout jugement politique. On parle surtout de grand pays, de grand chef d’Etat et du rôle qu’il a joué pendant la Seconde guerre mondiale.

La télévision est productrice d’images et de symboles qui avec le recul du temps prennent une valeur iconique ou patrimoniale, parfois hors de tout contexte historique ou politique.

Une récente exposition du Jeu de Paume, intitulée « L’événement, les images comme acteurs de l’histoire », traite, à propos de la chute du mur de Berlin, des étranges relations qui se nouent entre l’image et l’événement surtout quand celui-ci surgit d’une manière brusque et inattendue [12] . Dès le 9 novembre, les médias du monde entier ont installé un plateau de télévision en plein air face à la porte de Brandebourg, convoquant le monde entier pour assister, en direct, à la chute du mur. La réalité est un peu plus complexe. La porte de Brandebourg a été choisie pour sa valeur symbolique et parce qu’à cet endroit, le mur était assez bas et assez large pour supporter la foule de badauds venus vivre un moment historique. A cet endroit du mur, il n’y avait jamais eu aucun point de passage. Les premiers transfuges entre l’Est et l’Ouest empruntèrent d’autres ouvertures à quelques kilomètres de là. Loin des spots et des présentateurs vedettes. Pour illustrer l’événement, les « Jalons » ont choisi un extrait du JT du 11 novembre, où l’on montre les passages à Check Point Charlie. Il est amusant de noter que le présentateur du JT, pressé par les contraintes horaires, coupe la parole au correspondant qui montrait Rostropovitch en train d’installer son violoncelle au pied du mur. Ce qui deviendra une photo symbole de la fin de la Guerre froide est reporté en fin de journal. Commenter l’histoire en direct n’est pas une chose facile, comme le montre le JT de la deuxième chaîne du 9 novembre 1989, conservé dans les archives pour tous. Christine Ockrent y interroge Alfred Grosser, spécialiste de l’Allemagne sur la situation. Ce dernier affirme que « personne ne réclame la réunification » et qu’il vaut mieux parler dans un premier temps de « juxtaposition de deux Etats allemands. ».

La télévision n’aime pas parler de ses erreurs ou avouer qu’elle a été manipulée. Il faut chercher dans les JT archivés pour trouver une trace de la mise en scène macabre de Timisoara, lors de la chute de Ceausescu (journal télévisé du 23 décembre 1989). Ce fut pourtant un moment important dans l’histoire des mises en scènes télévisuelles. En revanche, dans un extrait du magazine Envoyé spécial du 30 décembre 1991, le journaliste Marcel Trillat explique comment l’Etat-major américain a contrôlé l’information lors de la première guerre du Golfe. Ce genre de document, hélas trop rare, est fort utile pour aborder les enjeux de la communication politique.

Les « Jalons pour l’histoire du temps présent » sont un outil d’une grande souplesse et d’une grande efficacité au service de l’enseignement. Leur qualité principale est de mettre à disposition des «sources » dont on se gardera bien de dire qu’elles sont brutes. Ce sont des documents originaux qu’il faut parfois manier avec précaution, passer au filtre du décryptage pour en déjouer les pièges des représentations. Les « Jalons » donnent à voir, espérons qu’ils donneront aussi à comprendre.

Notes :

[1] Rapport d’activité présenté par Emmanuel Hoog « Pour nous, demain a commencé il y a cinq ans », 2005, 16 p., consultable en format PDF au http://www.ina.fr/sites/ina.fr/medias/upload/ina-en-bref/rapport_activite.pdf, consulté le 26 septembre 2007.

[2] Sur les pratiques audiovisuelles dans la classe, voir Jacques Wallet, « Utiliser les sources audiovisuelles dans l’enseignement de l’Histoire », M’Scope, CRDP de Versailles, n°7, mai 1994, p. 138-140.

[3] Sophie Bachmann, Ateliers de l'Inathèque, 2000. Sophie Bachmann est chef de projet éducation à la direction des archives de l’INA. Elle est à l’origine des « « Jalons ».

[4] Le succès de l’émission hebdomadaire de Marc Ferro « Histoire parallèle », diffusée de 1989 à 2001, a joué un grand rôle pour modifier le regard que le grand public et les enseignants portaient sur les actualités filmées, jusqu’alors considérées comme la matière brute dont on faisait les documentaires, ou réservées aux chercheurs.

[5] Voir sur le site de l’académie de Versailles, l’étude documentaire, Les Français face au traité de Rome,

[6] Etic2000 http://www.educnet.education.fr/equip/archives/etic2000.htm#a1, consulté le 26 septembre 2007.

[7] Descriptif de l’offre ina-edu http://www.educnet.education.fr/res/projets/ficheinaedu.htm, consulté le 26 septembre 2007.

[8] Voir la totalité des démarches proposées, Images, sons, langages. Site de l’académie de Créteil, 26 juillet 2007.

[9] Educnet, canal Educnet, exemple d’usage des TIC en classe. http://www.educnet.education.fr/tv/usages/Histoire.htm 2006.

[10] CinéHig, Jalons, les parcours pédagogiques, http://www.cinehig.clionautes.org/rubrique.php3?id_rubrique=44, consulté le 26 septembre 2007.

[11] Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, L’unité 1942-1944, Paris, Plon, 1956, p. 370-375.

[12] Voir Godehard Janzing, « Un événement cadré, la chute du mur de Berlin », in Michel Poivert, L’événement, les images comme acteurs de l’histoire, Paris, Hazan, p. 104-120.

Claude Robinot

Claude Robinot, agrégé d’histoire-géographie, enseigne dans un lycée et à l’IUFM de l’Académie de Versailles ; il exerce en outre la charge de webmestre du site académique. Responsable de formation, il anime depuis plusieurs années des stages sur le cinéma et l’image de propagande et collabore régulièrement à diverses publications pédagogiques du SCEREN-CNDP.

Mots clefs : INA, banque de données, actualités cinématographiques, actualités télévisées, ressources pédagogiques

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  • ISSN 1954-3670