Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

Line Rennwald, Partis socialistes et classe ouvrière. Ruptures et continuités du lien électoral en Suisse, en Autriche, en Allemagne, en Grande-Bretagne et en France (1970-2008),

Ouvrages | 28.09.2015 | Marc Lazar

Éditions Alphil-Presses universitaires suisses, 2015C’est l’une des grandes questions qui se pose à la gauche européenne et qui suscite de fortes controverses scientifiques mais aussi politiques : pourquoi les partis socialistes ont-ils perdu une grande partie de leurs assises ouvrières qui, par le passé, constituaient l’un de leurs points de force et un élément de leur identité collective ? En politiste, Line Rennwald s’est attaquée à ce sujet dans un livre directement issu d’une thèse et qui, de ce fait, en conserve nombre de ses aspects : une démonstration très pédagogique avec des introductions et des conclusions pour chaque chapitre, un argumentaire souvent répétitif, une mobilisation constante d’une vaste littérature scientifique, une écriture lourde, etc.

 


Marion Morellato, Pétrole et corruption. Le dossier Mi.Fo.Biali dans les relations italo-libyennes 1969-1979,

Ouvrages | 28.09.2015 | Pauline Picco

Lyon, ENS éditions, 2014Marion Morellato, dans son ouvrage intitulé Pétrole et corruption. Le dossier Mi.Fo.Biali dans les relations italo-libyennes 1969-1979, paru en novembre 2014, relit les relations entre l’Italie et son ancienne colonie à la lumière d’un document inédit, le dossier Mi.Fo.Biali, rédigé en 1975 par les services secrets militaires italiens (le SID), à la demande du député démocrate-chrétien, Giulio Andreotti, alors ministre de la Défense. Le dossier résulte de la mise sur écoute illégale – car non autorisée par la justice – d’un illustre inconnu, Mario Foligni. En croisant ce dossier avec des sources judiciaires et plusieurs rapports de commissions d’enquêtes parlementaires, l’auteure met ainsi au jour un vaste système de corruption des élites dirigeantes italiennes, illustrant le rapport distendu que certains responsables politiques, économiques et militaires entretiennent avec la légalité.

 


« La collaboration (1940-1945) »

Expositions | 28.09.2015 | Michel Dreyfus

Archives nationales, 26 novembre 2014-5 avril 2015La grande exposition sur la collaboration durant la Seconde Guerre mondiale qui s’est tenue aux Archives nationales, à l’Hôtel de Soubise, du 26 novembre 2014 au 2 mars 2015, comme l’ouvrage-catalogue qui lui est associé, appartiennent à ces initiatives dont on ne peut que se réjouir. En ce 70e anniversaire de la libération de notre pays, l’histoire des années sombres, « ces quatre ans à rayer de notre histoire », selon le titre célèbre de l’ouvrage écrit en 1949 par le procureur général André Mornet, ce « passé qui ne passe pas » pour reprendre la fameuse expression d’Henry Rousso, est plus que jamais d’actualité. Ce livre et cette exposition constituent donc des événements importants pour plusieurs raisons. D’abord parce que c’est la première fois que la collaboration fait l’objet d’une manifestation d’envergure dans ce lieu prestigieux que sont les Archives nationales. Ensuite, en ces temps où des livres très discutables sur les années noires rencontrent une audience injustifiée, cette exposition a connu un grand succès : preuve, s’il en était encore besoin, que la recherche historique la plus exigeante se conjugue avec le nécessaire engagement citoyen. Nous le savions déjà mais cette exposition en fait brillamment la preuve une fois de plus. Enfin, le choix des deux historiens qui l’ont menée à bien et qui ont réalisé ce catalogue, Thomas Fontaine et Denis Peschanski, offrait toutes les garanties pour aborder comme il le convient un sujet aussi complexe. La recherche sur les années sombres a considérablement progressé ces dernières années. Il fallait donc maîtriser l’ensemble de ces données pour les présenter dans le cadre de cette exposition, comme dans cet ouvrage scientifique, tous deux destinés au grand public.

 


« Filmer la guerre (1944-1946). Les Soviétiques face à la Shoah »

Expositions | 28.09.2015 | Sophie Cœuré

Mémorial de la Shoah, 2015Dans l’immense corpus de sources et de témoignages qui fonde la représentation collective de la Seconde Guerre mondiale et de la Shoah, les images documentaires ont une place particulière. Elles sont marquées à l’évidence du sceau de l’émotion et de la recherche d’authenticité, mais également par celui de la rareté. Les photographies et les films documentant les crimes nazis, très peu nombreux, provenaient en effet, jusqu’à présent, soit des Allemands eux-mêmes, soit des Américains présents sur les lieux lors de la Libération de l’Europe, soit, dans quelques cas exceptionnels, de photographes juifs agissant clandestinement dans les ghettos et à Auschwitz. L’exposition du Mémorial de la Shoah, et le livre qui l’accompagne, viennent, pour la première fois, apporter au public français les images inédites réalisées par les Soviétiques, caméras et appareils photos au poing lors de l’avancée de l’Armée rouge vers l’Ouest. C’est dire leur importance.

 


Noire finance, documentaire de Jean-Michel Meurice et Fabrizio Calvi,

Documentaires | 28.09.2015 | Matthias Knol

DVD, Éd. Montparnasse, coll. « Docs Citoyens », 2014, 139 mn (2012, ARTE G.E.I.E. et Zadig Productions)Noire finance est un documentaire réalisé par Jean-Michel Meurice et Fabrizio Calvi, divisé en deux parties. La première partie présente une histoire économique de la finance dans toutes ses dimensions : finance internationale, système monétaire international, financement des entreprises, fonctionnement et régulation du système bancaire, etc. ; la seconde propose, quant à elle, une analyse de la genèse de la crise des subprimes. Malgré la complexité du thème abordé, le documentaire est très structuré, clair et pédagogique. Certains bons spécialistes de la finance sont convoqués et offrent ainsi au documentaire une caution, sinon scientifique (Michel Aglietta par exemple), du moins technique (Jean Peyrelevade et Paul Jorion) importante.

 


Laura Fournier-Finocchiaro et Jean-Yves Frétigné (dir.), L’Unité italienne racontée, vol. I : Interprétations et commémorations, vol. II : Voix et images du Risorgimento,

Ouvrages | 16.07.2015 | Roberto Colozza

Presses universitaires de Caen, 2013Les deux volumes consacrés à L’unité italienne racontée, codirigés par Laura Fournier-Finocchiaro et Jean-Yves Frétigné et publiés dans la revue Transalpina. Études italiennes, réunissent une vingtaine de contributions rédigées en français ou en italien, issues d’un colloque international organisé à l’occasion du 150e anniversaire de l’unité nationale italienne proclamée le 17 mars 1861. Le colloque, de grande envergure, s’est tenu en septembre 2011 à la Maison de la recherche en sciences humaines de l’université de Caen. Il a reçu le soutien économique ou le parrainage de plusieurs institutions académiques et politiques (l’université de Caen, l’université de Rouen, le CNRS, la Région Basse-Normandie, la ville de Caen et le Comité pour les célébrations du cent-cinquantenaire). Ce large soutien des acteurs institutionnels pourrait donner à cet évènement l’image d’une célébration commémorative où la curiosité intellectuelle cède la place à l’officialité mémorielle. Or le colloque de Caen n’a en rien perdu de sa dimension scientifique, bien au contraire. Tout en étant « le principal temps fort des célébrations françaises du Risorgimento » (p. 11, vol. I), le colloque entendait être une occasion de confrontation interdisciplinaire dans laquelle l’histoire politique et l’histoire culturelle représenteraient les deux visages principaux de ce phénomène collectif que fut le processus d’unification nationale italienne.


Jean-Numa Ducange, Julien Hage, Jean-Yves Mollier (dir.), Le Parti communiste français et le livre. Écrire et diffuser le politique en France au XXe siècle (1920-1992),

Ouvrages | 16.07.2015 | Guillaume Roubaud-Quashie

EUD, 2014« Le communisme tâche d’apprendre à lire à tous les hommes, et ceux-ci ne se contenteront pas toujours du Capital. » La formule, piquante et ambivalente, est du jeune Raymond Aron, dans son compte rendu de L’Ère des tyrannies d’Élie Halévy (La Revue de métaphysique et de morale, LI, n°2, 1939, p. 304). Elle noue trois thèmes forts : centralité de la lecture pour les communistes ; instrumentalisation étroite « marxiste-léniniste » ; émancipation des lecteurs volens nolens. Ces trois problématiques sont affrontées par les chercheurs qu’ont rassemblés Jean-Yves Mollier, Jean-Numa Ducange et Julien Hage.


Judith Bonnin, Les voyages de François Mitterrand. Le PS et le monde (1971-1981),

Ouvrages | 16.07.2015 | Quentin Gasteuil

PUR, 2014Issu d’un travail de master 2 primé à la fois par la Fondation Jean-Jaurès et l’Institut François-Mitterrand, l’ouvrage de Judith Bonnin apporte la preuve, s’il en était besoin, que bien des choses restent à dire sur François Mitterrand, le Parti socialiste et leur action politique dans la décennie qui les mène d’Épinay à l’Élysée. Les voyages de François Mitterrand. Le PS et le monde (1971-1981) s’empare d’un objet historique singulier : les quatre-vingt-huit déplacements politiques hors des frontières hexagonales d’un premier secrétaire socialiste aux ambitions présidentielles affichées.


Frédéric Attal, Histoire des intellectuels italiens au XXe siècle. Prophètes, philosophes et experts,

Ouvrages | 06.07.2015 | Roberto Colozza

Le livre de Frédéric Attal, maître de conférences à l’ENS Cachan et habilité à diriger des recherches depuis décembre 2013,  se penche sur un siècle d’histoire intellectuelle italienne et sur les liens entre cette histoire et les évènements politiques et sociaux qui ont caractérisé, et parfois bouleversé, la vie de l’Italie au cours du XXe siècle. Il s’agit d’un ouvrage monumental de 770 pages, dont 475 sont dédiées à la narration historiographique alors qu’environ une centaine sont consacrées aux notices biographiques des personnalités majeures citées dans le texte ; le reste du volume comprend une chronologie des principaux évènements politiques et culturels italiens ainsi qu’une liste de sources et une bibliographie susceptibles d’intéresser le lecteur. Toutes ces parties complémentaires ont été réalisées elles aussi par l’auteur, la partie politique de la chronologie étant réalisée à partir de celle de Simona Colarizi publiée en 2000. Comme on peut le voir depuis cette brève description « matérielle », Frédéric Attal avait comme but de réaliser un travail de vulgarisation scientifique qui puisse servir de manuel, de point de repère pour tous ceux qui veulent s’initier à un phénomène aussi vaste et complexe que l’histoire intellectuelle de l’Italie contemporaine. Il faut reconnaître à Frédéric Attal que son livre est aussi le résultat d’un vaste travail de recherche, par lequel l’auteur a comblé une lacune dans l’historiographique française aussi bien qu’italienne. Cela sur la base d’une gamme de sources allant des publications des acteurs impliqués, aux documents d’archives et à la correspondance privée.


Le dessein du dessin. « Fatum » de Jérôme Zonder

Expositions | 06.07.2015 | Pierre Girard

Vue d'exposition. © Marc Domage.Jérôme Zonder est un jeune dessinateur virtuose. Le dessin est un genre très vivant aujourd’hui. Mais être exclusivement un dessinateur est rare, et être seulement un dessinateur en noir gris et blanc, à la mine de plomb et au graphite, aux doigts et au fusain, plus rare encore. Cette unité de manière répond à l’unicité du thème, la violence des temps, ce qu’illustrent l’exposition à la Maison Rouge et le catalogue dirigé par Baptiste Brun et Nathan Rera.


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  • ISSN 1954-3670