Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

À propos du film Les anarchistes d’Élie Wajeman (2015)

Films | 22.02.2016 | Gaetano Manfredonia

Film d'Élie Wajeman, droits réservés.Depuis plusieurs années déjà, un regain d’intérêt certain se manifeste en France tant pour les idées que pour l’histoire des mouvements anarchistes et des mouvements antiautoritaires au sens large. La multiplication des publications d’ouvrages consacrés à ces courants, tout comme celle des sites qui leur sont consacrés, est là pour l’attester. Si les recherches universitaires ou les études à caractère scientifique sont encore, hélas !, trop peu nombreuses, la documentation à disposition des spécialistes ou de simples curieux est désormais fort considérable. Le temps où l’on pouvait dire ou écrire en toute impunité n’importe quoi sur l’anarchisme est, en tout cas, révolu. En attendant la sortie d’un film documentaire sur l’histoire des mouvements libertaires dans le monde – prévue en principe pour la rentrée de septembre 2016 sur Arte –, Les anarchistes, le dernier film d’Élie Wajeman, s’inscrit indiscutablement dans ce mouvement général de redécouverte.


« Homosexualität_en » («Homosexualité-s»)

Expositions | 22.02.2016 | Márcio Aurélio Peres Da Silva

Deutsches Historisches Museum (DHD), Schwules Museum - 24/06-01/12/2015Trente et un ans après l’exposition « Eldorado – Homosexuelle Frauen und Männer in Berlin (1850-1950) » au Märkisches Museum, la ville de Berlin revisite le monde gay avec une nouvelle exposition, cette fois-ci en la présentant principalement au Deutsches Historisches Museum (DHM), mais aussi au Schwules Museum.


Deux livres pour renouveler notre connaissance de l’art russe du début du XXe siècle

Ouvrages | 19.02.2016 | Anastasia Simoniello

Presses du Réel, 2015Au cours de ces dernières années, plusieurs thèses de doctorat ont été consacrées aux avant-gardes russes et ont ainsi contribué à éclairer d’une lumière nouvelle leur production artistique et théorique. Les presses du réel ont publié deux d’entre elles, sous une forme remaniée. Avant d’aborder l’ouvrage de l’historienne de l’art Elitza Dulguerova, nous évoquerons celui de Geneviève Cloutier, spécialisée en littérature comparée et études slaves.


Une histoire de fou, film de Robert Guédiguian (2015)

Films | 19.02.2016 | Boris Adjemian

film de Robert Guédiguian, 2015. Droits réservésLa sortie sur les écrans en novembre 2015 du dernier film de Robert Guédiguian consacré au terrorisme arménien des années 1970 n’est pas passée inaperçue, mais on aurait pu s’attendre à ce qu’elle suscite plus d’échos. Sans doute les attentats du 13 novembre 2015 ont-ils, parmi leurs nombreux effets indirects, paru rendre dérisoire la conversation sur ce thème, quand ils n’ont pas complètement éteint l’envie d’aller au cinéma. Nous avons alors assisté malgré nous au télescopage entre deux temporalités de l’histoire des terrorismes – dans des formes qui n’ont pourtant a priori que très peu à voir l’une avec l’autre. Comme nous avions pu avoir aussi l’étrange impression, depuis plus d’un an, de lire en surimpression les récits des crimes perpétrés aujourd’hui en Syrie entre Alep, Rakka, Deir ez-Zor et Ras ul-Ayn, et ceux commis il y a cent ans, dans les mêmes lieux, contre les Arméniens déportés par le gouvernement ottoman.


« Chandigarh : 50 ans après Le Corbusier. Le devenir indien d'une ville moderne »

Expositions | 19.02.2016 | Sylvie Dominique

Cité de l'architecture et du patrimoine, 2015-2016Jusqu’au 29 février 2016 se tient, à la Cité de l’architecture et du patrimoine, l’exposition « Chandigarh : 50 ans après Le Corbusier » présentée par Enrico Chapel, Thierry Mandoul et Rémi Papillault. Ce dernier est également l’auteur de Chandigarh et Le Corbusier (Poësis, 2011) dont les grandes lignes sont reprises dans cette manifestation. Avec le concours de la Fondation Le Corbusier, ils nous proposent une réflexion peu commune sur la capitale du Punjab : comment la ville a-t-elle évolué et comment ses habitants se l’ont-ils appropriée cinquante ans après la mort de son architecte en chef, Charles Édouard Jeanneret dit Le Corbusier ?


Maryvonne Prévot, Catholicisme social et urbanisme. Maurice Ducreux (1924-1985) et la fabrique de la Cité,

Ouvrages | 18.02.2016 | Yvon Tranvouez

PURIl faut lire ce livre important, malheureusement publié sous un titre maladroit. Catholicisme social, cela fait penser, au pire aux hommes d’œuvres ou aux dames patronnesses de la fin du XIXe siècle, au mieux à l’abbé Pierre ou au Secours catholique, toutes choses estimables au demeurant mais totalement désaccordées de ce dont il est ici question. Maurice Ducreux, prêtre de la Mission de France, relève de la nébuleuse du mouvement missionnaire et des chrétiens progressistes de l’immédiat après-Seconde Guerre mondiale : une gauche catholique proche du Parti communiste et symbolisée par l’expérience des prêtres-ouvriers. Ordonné prêtre en 1950, affecté ensuite dans des paroisses populaires (Colombes, puis Alfortville, plus tard Gennevilliers), lui-même n’a pas travaillé en usine mais il s’est trouvé en contact, dès ses années de séminaire, avec les milieux les plus avancés du catholicisme français, fréquentant notamment le mouvement Jeunesse de l’Église et côtoyant aussi, à Ivry-sur-Seine, Max Stern et Philippe Munck, tous deux – le premier surtout – fortement engagés dans l’aventure de La Quinzaine, le bimensuel emblématique du progressisme chrétien.


« Guerre et déplacements de populations. Regards croisés sur l’Europe au XIXe et XXe siècles »

Colloques | 18.02.2016 | Mathieu Jestin

Les guerres, quelle que soit la forme qu’elles prennent, induisent des déplacements de populations, civiles comme militaires. Faisant régulièrement la une de l’actualité à l’échelle mondiale, ces mouvements et leurs mémoires structurent l’histoire des nations et des États européens depuis la fin du XVIIIe siècle et s’inscrivent – ou du moins doivent s’inscrire – dans l’histoire de la construction de l’Europe contemporaine. Leurs raisons, leurs formes et leurs conséquences sont extrêmement diverses. Spécialiste de ces thématiques, Bettina Severin-Barboutie (IHA-LabEx EHNE) a souhaité réunir des chercheur(e)s venant de différentes disciplines en sciences humaines et de divers États européens pour travailler ces problématiques dans le temps long, celui des XIXe et XXe siècles.


Emmanuelle Loyer, Lévi-Strauss

Ouvrages | 21.01.2016 | François Chaubet

Flammarion, 2015La biographie reste depuis quarante ans ce genre littéraire au succès continu, tant auprès des lecteurs que des divers praticiens qui la mettent en œuvre. Pour ces derniers, la souplesse d’écriture entre « descriptions denses » et généralisations, la variété des angles qu’elle autorise entre le micro et le macro permettent, dans certains cas, de superbes réussites. Dans ce livre-atlas, Emmanuelle Loyer soulève ici avec brio et sensibilité tout le XXe siècle intellectuel, aussi bien dans sa maîtrise d’une imposante  bibliographie que par sa curiosité archivistique (les belles archives de Claude Lévi-Strauss notamment). En effet, beaucoup de choses avaient déjà été dites sur le jeune militant socialiste (Stéphane Clouet et Alexandre Pajon)[1], sur l’intellectuel engagé dans la France libre à New York (Laurent Jeanpierre[2]), sur l’expert attaché auprès de l’Unesco (Wiktor Stoczowski[3]), sans compter les multiples entretiens et les innombrables travaux de philosophes (dont on peut détacher la nouvelle génération de chercheurs, notamment représentée par Patrice Maniglier et Martin Rueff). Mais le livre apporte de manière permanente intelligence de vues, souci du détail éclairant (l’exhibition de la lettre à Paul Rivet où figure, en 1943, la première mention de « structure ») et capacité archivistique à défaire certains lieux communs biographiques (souvent forgés a posteriori par Lévi-Strauss comme sur les prétendus « ratages » des missions inaugurales au Brésil ou la prétendue dépolitisation dès 1940). La richesse historienne de la première moitié du livre (les pages sur les épisodes brésiliens et new yorkais des années 1935-1947) provoque ces nombreux arrêts subits de lecture où le lecteur, le regard suspendu, savoure toute la richesse des perspectives tracées.


Emmanuelle Danchin, Le temps des ruines, 1914-1921,

Ouvrages | 21.01.2016 | Bruno Cabanes

PUR, 2014Les décombres de Liège ou de Dinant et ceux de la bibliothèque de Louvain, la cathédrale de Reims en feu, l’hôtel de ville et le beffroi d’Arras : toutes ces villes et monuments détruits en 1914 sont sans doute moins célèbres que les ruines de Dresde en 1945, le dôme de Genbaku à Hiroshima ou les rues de Berlin, filmées par Roberto Rossellini dans la scène d’ouverture d’Allemagne année zéro. Les ruines de la Grande Guerre provoquèrent pourtant à l’époque des réactions analogues de stupéfaction et d’indignation et nourrirent une réflexion collective sur les transgressions de la guerre moderne, qui marquera l’ensemble du XXe siècle. Ce n’est donc pas sur les destructions elles-mêmes ou sur les reconstructions d’après-guerre que porte le livre d’Emmanuelle Danchin. Ce qui l’intéresse plutôt, c’est la place des ruines dans la culture de guerre du premier conflit mondial, la manière dont les destructions ont alimenté les mobilisations de l’opinion durant le conflit et marqué le mouvement de démobilisation culturelle après la guerre. S’inscrivant dans la continuité du travail pionnier de John Horne et Alan Kramer sur les « atrocités allemandes » de 1914, son ouvrage apporte une réflexion originale sur le statut culturel et symbolique des ruines en temps de guerre et sur le rôle de l’image – notamment la photographie – dans la diffusion du motif des « crimes contre le patrimoine ».

 


Mathieu Dubois, Génération politique. Les « années 68 » dans les jeunesses des partis politiques en France et en RFA,

Ouvrages | 14.01.2016 | Gerd-Rainer Horn

Presses de l'université Paris-Sorbonne, 2014This is an important book. While there have been plenty of studies looking at aspects of “global 1968” which focus on the manifold social movements and radical political organizations at that time, few historians have investigated the impact “1968” had on mainstream political parties and their supportive milieus. Mathieu Dubois does precisely what few others have considered worthwhile. In a series of well-informed, detailed and insightful chapters, the author presents an innovative and eye-opening survey of how “1968” affected those political families which are often ignored or at best sidelined in standard accounts of les années 68. The frosting on the cake with regard to Génération politique is the author’s consistently transnational gaze. West Germany and France are at the center of Dubois’s concern, two societies which were, each in their own way, fundamentally affected by the turbulent events of that era.

 


imprimer

Newsletter

  • Consultez fréquemment les rubriques dynamiques de cette colonne. Elles sont régulièrement mises à jour.

Champ libre

  • Histoire@Politique fête ses 10 ans
  • Conférence de Jessica Gienow Hecht, mardi 6 juin 2017 à 17h00 (Centre d’histoire (...)
  • lire la suite
  • Histoire@Politique est également disponible sur CAIRN
  • lire la suite

Partager

  • ISSN 1954-3670