Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

Anne Kraatz, Le commerce franco-russe. Concurrence et contrefaçons, de Colbert à 1900,

Ouvrages | 18.07.2008 | Alexandre Sumpf

Les éditions des Belles Lettres entament avec cet ouvrage de commande une série consacrée à l’histoire du commerce extérieur de la France. L’objectif est ici de resituer les échanges entre deux des principales puissances européennes de l’époque moderne et contemporaine, dans une perspective diplomatique et économique à la fois. La Russie, qui apparaissait d’autant plus immense qu’elle se cachait aux confins du continent, a très été tôt considérée par les Européens comme une terra incognita aux infinies possibilités d’exploitation – un Eldorado du commerce, de l’investissement financier et du transfert de technologie.


Jean-Yves Le Naour, L'affaire Malvy : le Dreyfus de la Grande Guerre,

Ouvrages | 04.07.2008 | Leonard V. Smith

Democracy at war can mobilize both the best and the worst in human nature, simultaneously. As Pierre Renouvin showed long ago in Les Formes du gouvernement de guerre (1927), France fought the Great War as a democracy. The trials of that conflict shook French democratic institutions, but did not break them, at least not until well after 1918. Nothing showed the resilience of republican France more than multiple crises of 1917, at the front and in the interior. Yet the crises of 1917 did not necessarily bring out the best in democratic practice in France, at various political registers.


Pierre Mendès France, Causeries du samedi, juin 1954-février 1955,

Ouvrages | 04.07.2008 | Jean-Charles Asselain

« On se souviendra encore de M. Mendès France longtemps après que les autres présidents du Conseil français auront été oubliés. » Ce pronostic, formulé par le Sunday Express au lendemain du renversement du ministère Mendès France le 5 février 1955, s’est trouvé largement confirmé depuis. Comment expliquer le contraste entre la brièveté de son passage au pouvoir (le gouvernement n’avait « tenu » que sept mois et dix sept jours, à peine plus que la moyenne sous la IVe République) et le prestige singulier qu’a toujours conservé l’homme d’État Pierre Mendès France ? Et pourquoi un tel contraste entre les haines dont il fut l’objet, et l’adhésion immédiate et durable que lui ont accordée la majorité des Français ? « La France peut supporter la vérité », telle était la conviction affirmée par PMF en 1953, alors que la situation en Indochine était déjà en voie de se dégrader sérieusement, et son credo n’a jamais varié à cet égard  [1] . Mais que signifiait précisément ce parti pris de dire la vérité,  qui n’était certes pas sans danger, dans le contexte gouvernemental de 1954-1955 ? Éric Roussel, président de l’Institut Pierre Mendès France, auteur d’une nouvelle biographie récente (Pierre Mendès France, Gallimard, 2007), a voulu permettre à chacun d’en juger, en réunissant sous la forme la plus accessible  [2] les 26 « causeries » prononcées à la radio le samedi soir, qui ont rythmé toute la durée du ministère Mendès France à partir du 21 juin 1954, trois jours seulement après son investiture.


Florent Le Bot, La fabrique réactionnaire. Antisémitisme, spoliations et corporatisme dans le cuir (1930-1950),

Ouvrages | 04.07.2008 | Cédric Perrrin

C’est un vrai travail d’histoire que nous livre Florent Le Bot avec son ouvrage La fabrique réactionnaire. Antisémitisme, spoliations et corporatisme dans le cuir (1930-1950), tiré de la thèse qu’il a soutenu à Paris VIII en 2004 et publié aux Presses de Sciences Po. Dépassant les clivages et les primats du tout politique ou du tout économique, l’auteur restitue pleinement la complexité du fait social qu’il étudie à la croisée de l’économique, du social et du politique, voire du culturel, ou de l’anthropologique pour reprendre la position qui clôt l’ouvrage. Le cœur de l’étude est la question de l’aryanisation du secteur d’activités du cuir entre 1940 et 1944. Tout l’intérêt du livre est de montrer comment se sont nouées autour de la spoliation antisémite les histoires particulières de l’antisémitisme, de la xénophobie et d’une industrie traditionnelle en pleine mutation.


François Dubasque, Jean Hennessy (1874-1944). Argent et réseaux au service d'une nouvelle République,

Ouvrages | 04.07.2008 | Anne-Laure Anizan

François Dubasque nous livre la biographie d’un homme politique atypique. Jean Hennessy, fils de famille qui tire son immense fortune du commerce du cognac, se lance dans la vie politique à l’heure où sa démocratisation est bien entamée. Il débute à droite de l’échiquier, mais glisse progressivement vers la gauche. Parlementaire pendant vingt-six ans, il n’est pourtant ni un décideur de premier plan, ni un homme d’État. La capacité d’Hennessy à proposer des réformes et à leur être fidèle fait tout l’intérêt du personnage. Elle est une clef de lecture essentielle pour comprendre le parcours de celui qui a bien souvent mis sa tactique politique au service de son projet réformateur. Elle permet également de prendre la mesure de l’influence multiforme exercée dans le débat national. Ce n’est pas le moindre des mérites de ce livre que de nous restituer dans toute leur complexité la nature des réseaux auxquels Hennessy appartenait et les modalités d’action mises en œuvre pour servir ledit projet réformateur.


Jean-Louis Margolin, L'armée de l'empereur. Violences et crimes du Japon en guerre, 1937-1945, et, Iris Chang, Le viol de Nankin,

Ouvrages | 04.07.2008 | Fabrice Virgili

Deux ouvrages portant sur les crimes commis par l’armée japonaise ont été publiés au cours de l’année 2007. Dès la couverture, ils se distinguent, s’ils reprennent tous deux le rond rouge du drapeau japonais, l’un nous montre des victimes levant les bras, l’autre les bourreaux à l’œuvre exécutant des prisonniers à la baïonnette. Le premier est la traduction de l’ouvrage de la journaliste sino-américaine Iris Chang publié en 1997 sous le titre The Rape of Nanking : The forgotten Holocaust of World War II. La somme de Jean-Louis Margolin sur l’armée japonaise durant la guerre de 1937-1945 a été distinguée par le prix Augustin Thierry des 10e « Rendez-vous de l’Histoire de Blois ».


« Florilège : les grands documents qui ont fait la France »

Expositions | 03.07.2008 | Emmanuel Naquet

L'Armoire de fer, 1791, au centre des Grands Dépôts des Archives nationalesTout historien sait au moins une vérité : le document ne se dévoile qu’à travers les questions qu’on lui pose et les réponses que l’on propose. D’où un premier étonnement quant à l’intitulé de cette exposition, organisée du 17 octobre 2007 au 29 juin 2008 à l’hôtel de Soubise par le musée de l’Histoire de France, et qui s’apparente à tout le moins à un défi. Or ce défi, les Archives nationales l’ont relevé, permettant aux deux commissaires, Ariane James-Sarazin et Elsa Marguin-Hamonet, d’offrir aux publics parisiens quelques-uns des trésors préservés par l’institution.


Autour du congrès de l'Europe à La Haye (1948-2008)

Colloques | 03.07.2008 | Jenny Raflik

L’Europe, dominée par des principes techniques et économiques, « ne fait plus rêver ». En outre, dans une Europe à 27, le 9 mai 1950 ne fonctionne plus comme lieu de mémoire commun. C’est sur la base de ce double constat que Jean-Michel Guieu (université Paris I-Panthéon Sorbonne) et Christophe Le Dréau (université Paris I-Panthéon-Sorbonne), les organisateurs du colloque international réuni du 15 au 17 mai 2008 à Paris, se sont demandé si le congrès de La Haye pouvait constituer un lieu de mémoire de l’Europe unie.


M. R. D. Foot, Des Anglais dans la Résistance. Le service secret britannique d'action. SOE en France, 1940-1944,

Ouvrages | 02.07.2008 | Sébastien Albertelli

 Les historiens britanniques s’intéressent traditionnellement davantage aux services secrets que leurs homologues français. Ainsi les études de qualité consacrées à l’Intelligence Service ne sont-elles pas rares, malgré la fermeture de ses archives. Le cas du SOE est un peu singulier puisque ce service secret, créé en 1940, fut dissous aussitôt après la guerre. A la fin des années 1940, William Mackenzie retraça son histoire à partir des archives officielles, mais la matière de son ouvrage fut jugée si sensible que le document resta classifié pendant cinquante ans, pour n’être finalement publié qu’en 2000. On mesure dans ces conditions l’importance que revêtit la publication du livre que M.R.D. Foot consacra à l’activité du SOE en France.


« Les Etats-Unis entre uni-multilatéralisme, de Woodrow Wilson à Georges W. Bush »

Colloques | 30.06.2008 | Jenny Raflik et Emilia Robin-Hivert

Les 18 et 19 janvier 2008 avait lieu le colloque annuel de l’Observatoire de la politique étrangère américaine (OPEA) placé sous la direction scientifique de Pierre Mélandri et de Serge Ricard. Il s’agissait de s’interroger sur la politique extérieure américaine tout au long du XXe siècle et ses hésitations entre uni- et multilatéralisme. Les interventions ont mis en valeur l'ambivalence permanente de la politique américaine, tiraillée entre ces deux dimensions. Les discussions ont posé la question suivante : le wilsonisme est-il un slogan sans contenu, servant à couvrir des agissements contraires au wilsonisme d'origine ?


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  • ISSN 1954-3670