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Comptes rendus
   

« Les souverainetés indigènes. Royautés, principautés, républiques et empires autochtones dans les mondes atlantiques (Amériques et Afrique, XVe-XIXe siècle) »

Colloques | 25.07.2016 | Matías Sánchez Barberán et Nicolas Terrien

Le colloque international « Les souverainetés indigènes. Royautés, principautés, républiques et empires autochtones dans les mondes atlantiques (Amériques et Afrique, XVe-XIXe siècle » a suivi une ligne privilégiant les grands ensembles historiques. Par la mise en relation de mondes divers, en croisant les conceptions juridiques et les expériences concrètes en Amérique et en Afrique, ces journées ont permis d’interroger les manières de concevoir et de reconnaître les formes de pouvoir indigènes à l’intérieur et aux marges des empires, au-delà des traditionnelles frontières européennes. « Emboîtées », « diffuses », les adjectifs employés pour  délimiter ces souverainetés ont bien rendu compte de leur caractère dynamique et parfois difficilement saisissable. Les intervenants se sont accordés sur la créativité des différents acteurs locaux pour définir et encadrer les nouvelles pratiques issues de la rencontre entre Américains, Africains et Européens.


Charles-Louis Foulon, François Mitterrand. Un siècle de passions,

Ouvrages | 25.07.2016 | Janine Mossuz-Lavau

Editions Ouest France, 2015« Quand j’étais étudiant à Paris, je rêvais d’aventures. Je ne pensais pas à la politique mais je me voyais en homme de pouvoir. » C’est par ces mots que s’ouvre le livre de Charles-Louis Foulon, sous-titré Un siècle de passions. Mots tirés, comme tous ceux qui s’inscrivent au début de chaque chapitre, d’une lettre de François Mitterrand à sa cousine, Marie-Claire Sarrazin, datée du 1er novembre 1943. Mots qui donnent le « la » d’un ouvrage méticuleusement composé, à partir de la bibliographie existante sur le sujet et du dépouillement de la presse depuis 1965. Charles-Louis Foulon a également recueilli des témoignages, dont une longue conversation téléphonique avec Anne Pingeot qui ne l’a pas reçu car elle estimait en avoir déjà trop dit. La plupart des chapitres sont assortis d’au moins quarante à cinquante notes, et agrémentés à chaque page d’une ou deux (voire trois) photos bien légendées, recueillies dans les banques d’images, dans le fonds photographique de l’AFP ou auprès de particuliers. L’auteur s’est attaché à toutes les facettes de la vie et de l’œuvre de l’ancien président de la République car les passions de ce dernier ne furent pas que politiques. Elles furent culturelles, affectives, environnementales (les arbres de Latche, le fleuve d’Égypte, etc.). Charles-Louis Foulon vient à bout de cette gageure en suivant un fil chronologique (du chapitre I « De Jarnac à Paris », au chapitre VIII « La route de la postérité »), complété par une bibliographie et une filmographie. Et surtout par ces légendes souvent copieuses figurant sous les nombreuses photos.


Danièle Fraboulet, Michel Margairaz et Pierre Vernus (dir.), Réguler l’économie. L’apport des organisations patronales. Europe, XIXe-XXe siècles,

Ouvrages | 25.07.2016 | Marie-Emmanuelle Chessel

PUR, 2016Cet ouvrage clôt un cycle et mérite à cet égard toute notre attention. En effet, c’est le dernier livre issu d’un programme de recherche international et interdisciplinaire consacré aux organisations patronales en Europe. Les précédents ouvrages – publiés paradoxalement, comme celui-ci, dans une collection consacrée à l’histoire du travail – ont d’abord permis de montrer l’importance, surtout à l’échelle locale et régionale, des organisations nées dès le premier XIXe siècle. Renouvelant l’historiographie en la matière, ils ont contribué à mettre au jour de multiples organisations pas ou peu connues, à différentes échelles. Ils ont ainsi montré la diversité de ces organisations, notamment en termes de taille, de fonction et d’idéologie. Dans la même veine, Réguler l’économie se centre sur la manière dont ces organisations ont contribué à façonner les marchés et à mettre en place des règles de fonctionnement de l’économie.


Courts métrages documentaires de Krzysztof Kieślowski

Films | 25.07.2016 | Jérôme Bazin

https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/1/16/Alberto_Terrile.1994.Krzysztof_Kieslowsky.jpg/220px-Alberto_Terrile.1994.Krzysztof_Kieslowsky.jpgÀ l’occasion du vingtième anniversaire de la mort du cinéaste polonais Krzysztof Kieślowski (1941-1996), plusieurs rétrospectives et expositions ont lieu en Europe au cours de l’année 2016. Dans le programme du colloque « La Double Vie de Kieślowski », associé au festival « L’Europe autour de l’Europe », figurait par exemple une projection organisée au cinéma le Grand Action à Paris le 1er avril 2016. L’occasion de montrer des œuvres moins connues que la trilogie des Trois Couleurs, La Double Vie de Véronique ou la série du Décalogue : cinq des courts métrages documentaires que Kieślowski a tournés au cours des années 1960 et 1970. Il s’agissait d’Urząd (Le Guichet, 1966), Szpital (L’Hôpital, 1976), Z punktu widzenia nocnego portiera (Du point de vue du gardien de nuit, 1977), Dworzec (La Gare, 1980) et Gadające głowy (Les Têtes parlantes, 1980). Autant de documentaires qui ont été produits dans les circuits officiels de la Pologne populaire, et qui, même s’ils n’ont pas été diffusés à grande échelle, ont été occasionnellement montrés dans des petits cinémas et des ciné-clubs, notamment lorsque le climat politique se libéralise – temporairement – avec l’apparition de Solidarnośćà la toute fin des années 1970.

 


Claude Boli, Patrick Clastres et Marianne Lassus (dir.), Le sport à l’épreuve du racisme du XIXe siècle à nos jours. Sports, xénophobie, racisme et antisémitisme,

Ouvrages | 23.06.2016 | Laurent Dornel

nouveau monde éditionsEn son temps, Pierre de Coubertin avait affirmé que « les races sont de valeur différente et à la race blanche, d’essence supérieure, toutes les autres doivent faire allégeance. Dans un autre texte, non moins repris par la suite, il insistait : « Il y a deux races distinctes : celle au regard franc, aux muscles forts, à la démarche assurée et celle des maladifs, à la mine résignée et humble, à l’air vaincu. Eh ! bien, c’est dans les collèges comme dans le monde : les faibles sont écartés, le bénéfice de cette éducation n’est appréciable qu’aux forts[2]. » La question des rapports entre sport et racisme n’est donc pas récente, et elle divise profondément et depuis longtemps les chercheurs. Pour certains, comme Marc Perelman ou Jean-Marie Brohm, le sport est une « intoxication idéologique ». À cette critique résolument radicale, s’oppose une position plus irénique qui voit dans le sport un instrument infaillible d’intégration et de cohésion sociale.


Frederick Cooper, Français et Africains ? Être citoyen au temps de la décolonisation,

Ouvrages | 22.06.2016 | Catherine Coquery-Vidrovitch

PayotCette somme, ou plutôt ce monument, est désormais indispensable à tous ceux qui s’intéressent à l’Afrique subsaharienne francophone et/ou à l’histoire de la Quatrième République, car celle-ci est indissociable de l’histoire de la décolonisation, depuis la création de l’Union française et la guerre d’Indochine jusqu’à la guerre d’Algérie et l’institution de la Communauté conduisant à l’indépendance des colonies africaines subsahariennes. Ce travail de fond complète admirablement un ouvrage qui fut à son époque une somme injustement méconnue des historiens français : Political Parties in French-Speaking West Africa, publié dès 1964 par une jeune politiste américaine hardie, Ruth Morgenthau, que sa nationalité en même temps que sa jeunesse protégeaient des méfiances africaines envers les Français.


Karl Schlögel, Le Berlin russe,

Ouvrages | 21.06.2016 | Aude-Cécile Monnot

Editions de la maison des sciences de l'hommeRetrouver les traces d’un monde disparu, telle est l’ambition du livre de Karl Schlögel, Le Berlin russe, version française d’une étude publiée en 2007 consacrée à l’histoire culturelle des interactions entre Russes et Allemands dans le Berlin de l’après-Grande Guerre.

L’historien reconstruit la variété des formes et des lieux de la présence russe dans la capitale allemande et s’attache non seulement à les décrire minutieusement, mais à analyser de surcroît leurs usages et leurs perceptions par les acteurs de ces relations germano-russes.

Karl Schlögel démontre que Berlin accueille une « élite transnationale d’un genre tout à fait nouveau » (p. 191), constituée d’Allemands russifiés et de Russes germanisés partageant un cadre de référence. L’ouvrage analyse alors la « fin des évidences » (p. 3), c’est-à-dire l’ensevelissement de cette proximité culturelle dans l’expérience de la guerre et de la destruction. Le lecteur est immergé dans des lieux quotidiens – un quartier d’immigration russe –, d’autres plus privés – des salons mondains et des réceptions diplomatiques –, dans la vie d’universitaires, d’espions, d’une société composite en somme. La géographie du vécu de la ville par les protagonistes permet à l’auteur d’analyser l’évolution des relations germano-russes au gré des conflits de la première moitié du XXe siècle.


La puissance des images

Documentaires | 17.06.2016 | Andreas Kötzing

Quelle puissance des images ? Telle est la question qui vient à l’esprit au visionnage du documentaire Une jeunesse allemande de Jean-Gabriel Périot. En effet, l’histoire de la Fraction armée rouge (Rote Armee Fraktion ou RAF) fait partie de la mémoire médiatique collective. Il existe un très grand nombre de reportages et de documentaires concernant le groupe terroriste d’extrême gauche qui s’est formé à la fin des années 1960 autour de Andreas Baader et de Ulrike Meinhof. La plupart d’entre eux ont été produits pour la télévision allemande. Quelques images y sont immanquablement reprises, telles des icônes incontournables pour illustrer l’histoire de la RAF : à commencer par les reportages télévisés sur les mobilisations estudiantines en 1968, en passant par les images de l’arrestation de Holger Meins en sous-vêtements, jusqu’aux photographies parues dans la presse montrant Hanns Martin Schleyer durant son enlèvement. Les films de fiction qui parlent de la RAF s’inspirent eux aussi très souvent du matériel sonore et visuel de l’époque, comme la reconstruction minutieuse proposée par Reinhard Hauf du procès mené dans la prison de Stammheim à Stuttgart contre les membres dirigeants de la RAF (Reinhard Hauf, Stammheim, 107 min., All., 1985). Et même la tentative la plus récente de faire découvrir la RAF à un jeune public habitué aux blockbusters, à coups d’explosions, de chasses à l’homme et de fusillades (Uli Edel, La Bande à Baader [Der Baader-Meinhof-Komplex], 150 min., Fr./ Tch./ All., 2008), a choisi de reconstituer quasi à l’identique des images filmées de l’époque, afin d’avoir l’air le plus authentique possible. Ce constat donne presque l’impression que les images que la RAF nous a laissées restent si dominantes que tous les réalisateurs et les cinéastes qui se sont emparés du sujet paraissent obligés de réinventer à chaque fois une nouvelle manière de s’y confronter. Mais peut-on raconter encore quelque chose de nouveau sur la RAF et l’époque du terrorisme d’extrême gauche à partir de ces « vieilles » images ?


« Dresden 1945. Tragédie et espoir d’une ville européenne »

Expositions | 10.06.2016 | Jérôme Bazin

http://www.asisi.de/fr/panoramas/dresden-1945/photo-gallery-fr.html - Photographie Tom Schulze, copyright asisiOn penserait à tort le panorama comme un objet propre au XIXe siècle ; même s’il a connu son apogée à cette époque, ce type si particulier d’image a perduré par la suite. Certains sont restés en l’état : à Moscou par exemple, la rotonde réalisée en 1912 sur la bataille de Borodino de 1812 a été conservée tout au long du XXe siècle et a reçu un nouvel écrin en 1962. Certains panoramas sont réapparus  : celui consacré à la bataille de Racławice, réalisé en 1894 dans la ville de Lemberg (aujourd’hui Lviv) pour célébrer la lutte de Kościuszko et des Polonais contre les soldats russes en 1794, a été envoyé après la Seconde Guerre mondiale à Wrocław, où il est resté entreposé avant d’être à nouveau montré au public en 1985. D’autres panoramas ont été recréés : en Hongrie, le panorama réalisé par Árpád Feszty en 1896 et très fortement endommagé en 1944 est reconstitué en 1996, il est aujourd’hui visible à Ópusztaszer.


Sante Cruciani (dir.), Bruno Trentin e la sinistra italiana e francese,

Ouvrages | 09.06.2016 | Virgile Cirefice

Résistant, syndicaliste de premier plan puis député européen, Bruno Trentin (1926-2007) occupe une place importante au sein de la gauche européenne. Fils de l’intellectuel antifasciste Silvio Trentin, il passe une partie de sa jeunesse en France, ce qui contribue à fonder son engagement européen et fédéraliste. Revenu en Italie à la chute du fascisme, il entame une carrière syndicale au sein de la puissante CGIL (Confederazione generale italiana del Lavorio) – l’équivalent italien de la CGT – où il développe une étude attentive des évolutions du capitalisme et milite pour l’autonomie syndicale. Inscrit au parti communiste, il gravit les échelons du syndicat jusqu’à en prendre la tête dans la période tourmentée du début des années 1990, qui voit la république italienne ébranlée par les scandales et par la reconfiguration radicale du paysage politique. Après cette expérience, Bruno Trentin se consacre à l’Union européenne, dont il devient député, et au mouvement fédéraliste.


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  • ISSN 1954-3670