Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

Le Futurisme : un ange déchu ?

Expositions | 23.12.2008 | Christophe Simeon

Longtemps associé à la figure de Filippo Tommaso Marinetti (1876-1944) et à son manifeste de 1909, le futurisme traîne derrière lui l’image sulfureuse d’une avant-garde réactionnaire, prônant notamment « la guerre comme seule hygiène du monde » ou annonçant vouloir « combattre le féminisme » pour créer une civilisation nouvelle. La participation de certains des membres de ce mouvement au fascisme italien pose également des problèmes éthiques. À l’heure du politiquement correct, cette vision du monde dérange et pousse généralement au rejet. Pourtant, comme le signale Giovanni Lista, ces éléments sont mal compris en étant placés « hors du contexte nationaliste de l’époque, nourri du social-darwinisme évolutionniste de Herbert Spencer », tandis que la prétendue attitude sexiste de Marinetti ne serait qu’un malentendu, l’Italien favorisant dans son programme l’égalité des sexes. Par ailleurs, limiter la critique de ce mouvement à ses seuls discours serait négliger l’influence qu’il a eue concrètement sur son époque. Aussi, en laissant de côté les mots du scandale et de l’exaltation martiale, la prise en considération des motivations et des apports du futurisme s’avère très intéressante à étudier. À ce niveau, l’exposition intitulée Le Futurisme à Paris. Une avant-garde explosive, présentée à Paris, au Centre Pompidou, du 15 octobre 2008 au 29 janvier 2009, contribue à répondre à plusieurs interrogations en offrant une meilleure compréhension de ce phénomène social et culturel.


« À qui appartenaient ces tableaux ? / Looking for owners »

Expositions | 23.12.2008 | Florent Le Bot

L’exposition « À qui appartenaient ces tableaux ? / Looking for owners » organisée à Paris, au musée d’Art et d’Histoire du judaïsme, du 24 juin au 26 octobre 2008, a été conçue de manière pédagogique et historienne. Le parti pris diffère résolument de celui retenu par le musée d’Israël à Jérusalem qui, au printemps 2008, a présenté les mêmes œuvres en les regroupant par périodes et par écoles. Des peintures de Pieter Claesz, Petrus Christus, Courbet, Delacroix, Ingres, Monet, Manet, Cézanne, Ernst, etc., s’offrent à nos regards. Il ne s’agit toutefois pas ici de montrer une collection de peintures selon leur style, mais bien d’exposer et d’expliquer aux visiteurs, de la manière la plus sobre et la plus précise qui soit, les modalités de spoliations et de pillages de tableaux de maîtres appartenant à des Juifs dans l’Europe nazie, les processus de restitutions depuis l’après-guerre, les difficultés de celles-ci et parfois leurs impasses : 50 des 53 tableaux présentés proviennent ainsi de l’inventaire MNR (musées nationaux récupération) sur lequel sont inscrites des œuvres pour lesquelles il n’a pas été possible d’identifier un propriétaire.


Dominique Trimbur et Ran Aaronsohn (dir.), De Balfour à Ben Gourion. Les puissances européennes et la Palestine, 1917-1948,

Ouvrages | 19.12.2008 | Catherine Nicault

© CNRS EditionsIl faut se réjouir de voir se garnir, avec la publication de ce gros volume (520 pages dont des cartes, des documents iconographiques, un index), la maigre bibliothèque francophone disponible sur l’histoire du mandat britannique en Palestine. Sa publication vient clore en fait un programme de recherche lancé par le Centre de recherches français de Jérusalem sur les rapports entretenus par les pays européens avec la Palestine du début du XIXe siècle au milieu du suivant, avant que ne soit créé l’Etat d’Israël. Ce programme avait été inauguré au début de la décennie par un premier colloque, suivi de la parution en 2001 dans la même collection et chez le même éditeur, d’un premier ouvrage : De Bonaparte à Balfour – La France, l’Europe occidentale et la Palestine, 1799-1917. Celui-ci a été opportunément réédité pour l’occasion.


« La Nuit de Cristal »

Expositions | 19.12.2008 | Emmanuel Debono

Affiche de l'exposition © Mémorial de la ShoahÀ l’occasion des soixante-dix ans de la Nuit de Cristal, le mémorial de la Shoah offre à voir, du 9 novembre 2008 au 22 mars 2009, une exposition d’une grande richesse documentaire. Conçue par l’équipe du mémorial sous la supervision de Rita Thalmann, elle occupe les deux salles du premier étage consacré aux expositions temporaires : la première relate la montée de la persécution antijuive depuis l’accession d’Hitler au pouvoir ; la seconde traite de la Nuit de Cristal et de ses suites immédiates.


« Les élections législatives de 1958 : un scrutin fondateur pour la nouvelle République ? »

Colloques | 19.12.2008 | David Valence

Le livre-manifeste dirigé par René Rémond a sonné, il y a vingt ans, l’heure du renouveau pour l’histoire politique du contemporain ; mais cette renaissance ne s’est pas encore accompagnée d’une reconquête des terres abandonnées aux politistes ou à l’indignité scientifique. L’histoire des élections françaises figure à ce nombre, qui depuis François Goguel attend trop souvent ses analystes, en particulier pour les cinquante dernières années. Que sait-on par exemple des effets du scrutin proportionnel sur le renouvellement des élites politiques, à droite, à l’occasion du scrutin législatif de 1986 ? Dans un autre registre, un jeune chercheur a récemment rappelé avec humour que les sénatoriales, élections sans historiens, n’étaient pas pour autant sans histoire. L’initiative de Gilles Le Béguec et de Frédéric Turpin mérite donc d’être saluée, qui sacrifiait peu à l’air du temps. Leur démarche s’inscrivait dans le cadre du programme « Gaulhore : gaullisme, hommes et réseaux » que dirige Bernard Lachaise, et qui a obtenu un financement de l’Agence nationale de la recherche. Le 28 novembre 2008, le Centre d’histoire de Sciences Po a accueilli cette journée d’études consacrée au scrutin législatif de 1958.


Jean-Christophe Notin, Foch,

Ouvrages | 19.12.2008 | Rémy Porte

© PerrinDéjà auteur d’un Leclerc, paru chez le même éditeur en 2005, Jean-Christophe Notin livre en ce 90e anniversaire de l’armistice de 1918 une dense biographie du maréchal Foch. La parution de cet ouvrage est d’autant plus bienvenue que d’une part les publications antérieures s’égaraient souvent aux marges de l’hagiographie et que d’autre part les derniers ouvrages de référence, datant de nombreuses années, étaient quasiment devenus introuvables.


« La République et son droit »

Colloques | 18.12.2008 | Odile Rudelle

Annie Stora-Lamarre nous vient d’Algérie et tout, comme Jacques Derrida, elle pense que la République est à bâtir autour d’un Droit à valeur universelle qui, face aux difficultés du présent, ne doit pas avoir peur ni de déconstruire ses préjugés, ni d’interroger ses a priori les mieux enracinés. Mais, chez elle, le regard, aussi libre que généreux, s’est fixé sur la République des années 1870-1930, celle de la conquête et de l’équilibre, celle du début du XXe siècle où autour de la Société de législation comparée, la République française semble rayonner au cœur d’un univers juridique ouvert sur le monde et où se font déjà entendre les revendications non seulement sociales mais aussi féministes et anti-coloniales.


Marc Bergère (dir.), L’épuration économique en France à la Libération,

Ouvrages | 05.12.2008 | Cédric Perrin

© PUFCe livre L’épuration économique en France à la Libération publié aux Presses universitaires de Rennes réunit sous la houlette de Marc Bergère les communications du VIe colloque organisé par le groupement de recherche (GDR) « les entreprises françaises sous l’occupation » (dirigé par Hervé Joly) à l’université de Rennes-II les 22 et 23 mars 2007. La rapidité – moins d’un an et demi - avec laquelle ce travail a pu être publié mérite d’être soulignée.


Didier Maus, Odile Rudelle (dir.), Normandie constitutionnelle. Un berceau des droits civiques ? De la Charte des Normands (1315) au traité constitutionnel : du prétoire à l’urne,

Ouvrages | 04.12.2008 | François Chaubet

© Economicas actes de colloque ont parfois l’allure de ces congrès politiques échevelés où chacun tire à hue et à dia dans la direction qui lui est propre. Rien de tel ici où les deux maîtres d’œuvre, Odile Rudelle - en fait la principale responsable de ce colloque qui fut longuement préparé à Sciences Po - et Didier Maus ont confié aux participants une feuille de route précise où chacun rallie le même lieu : restituer en Normandie, depuis le Moyen Age et la Charte aux Normands de 1315 jusqu’à la fin du XXe siècle, une pratique et une pensée de la modération par le droit.


Dino Costantini, Mission civilisatrice : le rôle de l'histoire coloniale dans la construction de l'identité politique française,

Ouvrages | 04.12.2008 | Amaury Lorin

© Editions La DécouvertePassée relativement inaperçue, la parution, en février dernier, de la traduction en français de l’essai de Dino Costantini, Mission civilisatrice : le rôle de l’histoire coloniale dans la construction de l’identité politique française, apporte pourtant une contribution essentielle à l’histoire contemporaine de la France, à l’articulation stratégique, encore rarement rencontrée hélas, de ses plans métropolitain et colonial, intrinsèquement liés. Le constat de cette carence d’une réflexion approfondie sur les conséquences, théoriques et pratiques, de l’engagement colonial séculaire de la France et la manière dont cette entreprise (tout sauf un incident de parcours) a contribué à façonner, profondément et durablement, l’identité politique du pays jusqu’à aujourd’hui, conduit l’auteur à réinterroger la question fondamentale (et complexe) des liens entre république, civilisation et colonisation.


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  • ISSN 1954-3670