Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

Laurent Dubreuil, L’empire du langage. Colonies et Francophonie,

Ouvrages | 04.06.2009 | François Chaubet

© Hermann Editeurs. Droits réservésDans l’abondante historiographie consacrée à la colonisation depuis une vingtaine d’années, cet abrasif essai historique venu d’outre-Atlantique (l’auteur enseigne les littératures françaises et francophones à Cornell) pourra surprendre le lecteur français en général, et l’historien en particulier, à divers titres. L’approche méthodologique en termes de linguistic turn (ici saisir les nervures langagières de la domination coloniale et du post-colonial) délaisse ainsi aussi bien les récentes enquêtes sur les représentations (du type « l’imaginaire colonial » par exemple chez Pascal Blanchard et son équipe) ou, plus classiquement, les études dédiées aux politiques et à leurs pratiques (examen de la diffusion du français et de l’enseignement français dans les colonies pour le sujet ici choisi).


Il Divo, de Paolo Sorrentino

Films | 03.06.2009 | Alessandro Giacone

© DR« Quand Giulio Andreotti mourra, on extraira une boîte noire de sa bosse et l’on connaîtra enfin la vérité sur les mystères d’Italie. » Par cette boutade, le comique Beppe Grillo a bien décrit le halo de secret qui entoure celui qui, par référence à César, a été surnommé le « Divo Giulio ». Dans le bien et dans le mal, Giulio Andreotti incarne l’histoire de la République italienne. Né en 1919, il siège au Parlement italien sans discontinuité depuis 1946, ce qui représente sans aucun doute un record mondial de longévité politique. Sa longue carrière gouvernementale commence en 1947, lorsqu’Alcide De Gasperi le nomme sous-secrétaire à la présidence du Conseil. Dans les décennies suivantes, Giulio Andreotti est vingt-cinq fois ministre et Premier ministre à sept reprises (la première fois en 1972, la dernière entre 1991 et 1992).


Les Coloniaux et Folies coloniales – Algérie, années 1930. Discours et récits de la colonisation

Théâtre | 03.06.2009 | Emmanuelle Sibeud

© DRLa colonisation est redevenue un enjeu mémoriel convoité et disputé. La polémique soulevée en 2005 par le projet d’introduire dans les programmes scolaires une relecture positive de la colonisation, a montré l’ampleur de « la controverse autour du ‘fait colonial’ ». Elle a également révélé certaines de ses impasses. Deux pièces de théâtre récentes invitent à revenir sur cette controverse et sur ses usages, en réfléchissant aux discours et aux récits qui tissent la trame de l’histoire de la colonisation.

© DR


François Roth, Robert Schuman. Du Lorrain des frontières au père de l’Europe,

Ouvrages | 29.04.2009 | Marion Gaillard

© Fayard, DRSpécialiste des relations franco-allemandes et de la construction européenne, François Roth se penche ici sur la vie de celui qui fut l’artisan de la réconciliation entre la France et l’Allemagne et le père de la construction européenne, Robert Schuman. Ministre des Affaires étrangères entre 1948 et 1953, on lui doit en effet la naissance de la Communauté européenne du charbon et de l’acier (CECA) en 1952, qui fait suite à sa fameuse déclaration du 9 mai 1950. Initiateur du projet communautaire, Robert Schuman est pourtant peu connu des Français et François Roth nous propose dans cet ouvrage de faire plus ample connaissance avec cet homme discret, qui a pourtant marqué son temps et laissé pour l’avenir un héritage essentiel, celui d’une Europe pacifiée.


Katyn, par Andrezej Wajda. Fallait-il prononcer le mot « juif » dans le dernier film de Wajda ?

Films | 29.04.2009 | Martine Floch

© Kinovista, DRFallait-il prononcer le mot « juif » dans le film qu’Andrezej Wajda a consacré au massacre de 27 500 Polonais, dont 4 400 assassinés dans la forêt de Katyn, par les services spéciaux du NKVD en avril 1940, au moment où la Pologne était envahie à la fois par l’URSS et l’Allemagne nazie ? Andrezej Wajda a dédié son film à son père Jakub Wajda, capitaine du 72e régiment, exécuté à Katyn. Il avait alors treize ans. Aucun cinéaste n’avait encore osé adapter à l’écran ce sujet longtemps tabou et sur lequel un silence complet s’était installé.


Une traversée photographique du XXe siècle

Expositions | 29.04.2009 | Michel Dreyfus

© Créaphis, DRL’exposition « Une traversée photographique du XXe siècle », présentée à l’hôtel national des Invalides, à Paris, du 21 octobre au 20 décembre 2008, dans le cadre du Mois de la photo qui s’est tenu dans la capitale en novembre 2008, repose, comme son catalogue [1] , sur les très riches collections photographiques du Musée d’histoire contemporaine/BDIC. Composées de plus d’un million de tirages sous forme de contacts, de plaques de verres et de négatifs souples, ces collections retracent l’histoire de la photographie et de son évolution. On y trouve reportages, portraits, photographies d’amateurs et de propagande qui couvrent l’ensemble du XXe siècle.


Erich Salomon,

Expositions | 29.04.2009 | Michel Dreyfus

Du 12 novembre 2008 au 25 janvier 2009 s’est tenue à l’hôtel de Sully (musée du Jeu de Paume), à Paris, une exposition consacrée à l’œuvre du photographe Erich Salomon. Organisée et réalisée avec l’aide et la collaboration de la Berlinische Galerie, le musée d’Art moderne, de Photographie et d’Architecture de Berlin qui conserve les archives d’Erich Salomon, cette exposition a été la première d’un cycle de trois manifestations du même type, portant sur la photographie européenne de l’entre-deux-guerres.


Daphné Bolz, Les arènes totalitaires. Hitler, Mussolini et les jeux du stade, Paris, CNRS Editions, 2008

Ouvrages | 29.04.2009 | Patrick Clastres

© CNRS Editions, DRIssu d'une thèse de doctorat, cet ouvrage se propose d'explorer l'univers architectural et symbolique des « arènes » de l'homme nouveau fasciste et nazi. Pour l’auteure, la question de « l’efficacité symbolique » (Catherine Brice) des stades des années trente, c'est-à-dire leur impact politique et culturel sur les masses, ne mérite pas de démonstration particulière. Au motif que l'architecture sportive, à la différence des autres monuments publics, présente cette particularité à la fois de façonner et de représenter l'homme nouveau. Ainsi, les stades des années trente sont identifiés comme « un terrain de recherche idéal pour mettre en valeur l'obsession unitaire des fascismes ».


Michel Offerlé et Henry Rousso, La Fabrique interdisciplinaire. Histoire et science politique,

Ouvrages | 24.03.2009 | Galit Haddad

© Presses universitaires de Rennes« L’interdisciplinarité ne se décrète pas : elle opère comme un besoin ou une nécessité, à partir d’objets partagés autour desquels les regards diffèrent, voire divergent. » Ce constat de Jean-Claude Caron (p. 243) exprime clairement la visée interdisciplinaire de l’ouvrage collectif dirigé par Michel Offerlé et Henry Rousso, La Fabrique interdisciplinaire. Ce riche recueil est issu des journées d’études « science politique/histoire », qui se sont tenues en mars 2004, à la Fondation nationale des sciences politiques, dans le cadre de l’Association française de science politique. Cette initiative rassemble quinze chercheurs : huit politistes, six historiens et trois sociologues, menant un dialogue et échangeant des méthodes d’analyses, sans craindre de traverser les frontières disciplinaires, pour aller « voir ailleurs » (Michel Offerlé, p. 12), chez leurs collègues de disciplines voisines. L’ouvrage encourage les chercheurs à pratiquer une flexibilité méthodologique, en jetant un coup d’œil dans la « boîte à outils conceptuelle » (Michel Offerlé, p. 15) des disciplines voisines.


Sarah Fishman, La bataille de l’enfance. Délinquance juvénile et justice des mineurs en France pendant la Seconde Guerre mondiale,

Ouvrages | 24.03.2009 | Manon Pignot

© Presses universitaires de RennesC’est d’abord par le truchement des pères et des mères – dans un ouvrage hélas inédit en français sur les femmes des prisonniers de guerre, We will wait (1991) – que Sarah Fishman en est venue aux enfants. L’historienne américaine est en effet repartie d’une affirmation dont elle montre l’extrême récurrence dans la littérature scientifique et judiciaire au cours de la Seconde Guerre mondiale : celle d’une relation de cause à effet entre l’absence prolongée de 600 000 pères de familles prisonniers de guerre en Allemagne et l’augmentation nette de la délinquance juvénile (triplement du nombre des traductions en justice pour les mineurs). En voulant interroger la validité de ce constat unanimement partagé à l’époque, c'est-à-dire en voulant comprendre ce processus paradoxal qui remet en cause la famille sans pour autant la prendre en compte dans les remèdes proposés, Sarah Fishman est allée à la rencontre d’une « catégorie qui figure parmi les moins représentées dans l’histoire : celle des enfants ».


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  • ISSN 1954-3670