Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

Une traversée photographique du XXe siècle

Expositions | 29.04.2009 | Michel Dreyfus

© Créaphis, DRL’exposition « Une traversée photographique du XXe siècle », présentée à l’hôtel national des Invalides, à Paris, du 21 octobre au 20 décembre 2008, dans le cadre du Mois de la photo qui s’est tenu dans la capitale en novembre 2008, repose, comme son catalogue [1] , sur les très riches collections photographiques du Musée d’histoire contemporaine/BDIC. Composées de plus d’un million de tirages sous forme de contacts, de plaques de verres et de négatifs souples, ces collections retracent l’histoire de la photographie et de son évolution. On y trouve reportages, portraits, photographies d’amateurs et de propagande qui couvrent l’ensemble du XXe siècle.


Erich Salomon,

Expositions | 29.04.2009 | Michel Dreyfus

Du 12 novembre 2008 au 25 janvier 2009 s’est tenue à l’hôtel de Sully (musée du Jeu de Paume), à Paris, une exposition consacrée à l’œuvre du photographe Erich Salomon. Organisée et réalisée avec l’aide et la collaboration de la Berlinische Galerie, le musée d’Art moderne, de Photographie et d’Architecture de Berlin qui conserve les archives d’Erich Salomon, cette exposition a été la première d’un cycle de trois manifestations du même type, portant sur la photographie européenne de l’entre-deux-guerres.


Daphné Bolz, Les arènes totalitaires. Hitler, Mussolini et les jeux du stade, Paris, CNRS Editions, 2008

Ouvrages | 29.04.2009 | Patrick Clastres

© CNRS Editions, DRIssu d'une thèse de doctorat, cet ouvrage se propose d'explorer l'univers architectural et symbolique des « arènes » de l'homme nouveau fasciste et nazi. Pour l’auteure, la question de « l’efficacité symbolique » (Catherine Brice) des stades des années trente, c'est-à-dire leur impact politique et culturel sur les masses, ne mérite pas de démonstration particulière. Au motif que l'architecture sportive, à la différence des autres monuments publics, présente cette particularité à la fois de façonner et de représenter l'homme nouveau. Ainsi, les stades des années trente sont identifiés comme « un terrain de recherche idéal pour mettre en valeur l'obsession unitaire des fascismes ».


Michel Offerlé et Henry Rousso, La Fabrique interdisciplinaire. Histoire et science politique,

Ouvrages | 24.03.2009 | Galit Haddad

© Presses universitaires de Rennes« L’interdisciplinarité ne se décrète pas : elle opère comme un besoin ou une nécessité, à partir d’objets partagés autour desquels les regards diffèrent, voire divergent. » Ce constat de Jean-Claude Caron (p. 243) exprime clairement la visée interdisciplinaire de l’ouvrage collectif dirigé par Michel Offerlé et Henry Rousso, La Fabrique interdisciplinaire. Ce riche recueil est issu des journées d’études « science politique/histoire », qui se sont tenues en mars 2004, à la Fondation nationale des sciences politiques, dans le cadre de l’Association française de science politique. Cette initiative rassemble quinze chercheurs : huit politistes, six historiens et trois sociologues, menant un dialogue et échangeant des méthodes d’analyses, sans craindre de traverser les frontières disciplinaires, pour aller « voir ailleurs » (Michel Offerlé, p. 12), chez leurs collègues de disciplines voisines. L’ouvrage encourage les chercheurs à pratiquer une flexibilité méthodologique, en jetant un coup d’œil dans la « boîte à outils conceptuelle » (Michel Offerlé, p. 15) des disciplines voisines.


Sarah Fishman, La bataille de l’enfance. Délinquance juvénile et justice des mineurs en France pendant la Seconde Guerre mondiale,

Ouvrages | 24.03.2009 | Manon Pignot

© Presses universitaires de RennesC’est d’abord par le truchement des pères et des mères – dans un ouvrage hélas inédit en français sur les femmes des prisonniers de guerre, We will wait (1991) – que Sarah Fishman en est venue aux enfants. L’historienne américaine est en effet repartie d’une affirmation dont elle montre l’extrême récurrence dans la littérature scientifique et judiciaire au cours de la Seconde Guerre mondiale : celle d’une relation de cause à effet entre l’absence prolongée de 600 000 pères de familles prisonniers de guerre en Allemagne et l’augmentation nette de la délinquance juvénile (triplement du nombre des traductions en justice pour les mineurs). En voulant interroger la validité de ce constat unanimement partagé à l’époque, c'est-à-dire en voulant comprendre ce processus paradoxal qui remet en cause la famille sans pour autant la prendre en compte dans les remèdes proposés, Sarah Fishman est allée à la rencontre d’une « catégorie qui figure parmi les moins représentées dans l’histoire : celle des enfants ».


Gilles Candar, Jean Longuet. Un internationaliste à l’épreuve de l’histoire,

Ouvrages | 24.03.2009 | Noëlline Castagnez

© Presses universitaires de RennesCette biographie de Jean Longuet est issue d’un travail de thèse, soutenue en 1995 et dirigée par Madeleine Rebérioux, dont Gilles Candar fut le collaborateur à la Société d’études jaurésiennes. L’auteur s’interroge d’emblée sur la pertinence de son entreprise : pourquoi faire la biographie d’un socialiste qui ne laissa guère de trace dans la mémoire collective de la gauche et que l’on confond même le plus souvent avec son père, Charles, le fils de Karl Marx ? Parce que, sans être une figure majeure du panthéon socialiste, Jean Longuet n’en est pas moins un formidable révélateur d’une idéologie et de pratiques politiques. Il permet ainsi à Gilles Candar, qui a co-dirigé avec Jean-Jacques Becker L’Histoire des gauches en France (La Découverte, 2004), de définir la culture politique socialiste de la fin du XIXe et du premier XXe siècles. Mais Longuet est aussi « un personnage en situation de rupture », qui s’affirma toujours en opposition, contre Guesde lors de l’affaire Dreyfus, contre le socialisme de guerre de la majorité de son parti, contre les 21 conditions de Lénine et l’adhésion à la IIIInternationale, contre la non-intervention en Espagne préconisée par Blum et enfin contre le pacifisme paul-fauriste jusqu’à sa mort précoce en 1938. Ses refus permettent de questionner l’internationalisme affiché du mouvement ouvrier de l’époque et d’évaluer l’un des problèmes majeurs de son histoire : la tension entre patriotisme et internationalisme et entre défense nationale et pacifisme. 


Force ouvrière, acteur de la vie contractuelle et du paritarisme

Colloques | 23.03.2009 | Karel Yon

Le colloque « Force ouvrière, acteur de la vie contractuelle et du paritarisme, fin des années 1950-début des années 1980 », organisé par le Centre d’histoire sociale de Paris I et la CGT-Force ouvrière les 11 et 12 décembre 2008 sur les « années Bergeron », fait suite à un premier rassemblement consacré aux « années Bothereau » et a fait appel à des sociologues, des politistes et des économistes, la diversité des approches disciplinaires soulignant le caractère particulier des décennies du « grain à moudre » (André Bergeron).


Serge Berstein, Pierre Birnbaum, Jean-Pierre Rioux (dir.), De Gaulle et les élites,

Ouvrages | 04.03.2009 | Sabrina Tricaud

© La DécouverteCet ouvrage est la publication des actes du colloque organisé par la Fondation Charles de Gaulle les 26 et 27 novembre 2007 sur « De Gaulle et les élites ». Il rassemble les communications d’universitaires français et étrangers, jeunes doctorants ou professeurs émérites, accompagnées d’une courte bibliographie. Depuis une trentaine d’années, la question avait été défrichée au fil des colloques organisés par l’Institut puis la Fondation Charles de Gaulle. Les organisateurs du colloque de 2007 avaient pour ambition d’apporter un éclairage précis sur les relations complexes que les élites entretiennent avec le pouvoir politique, de 1940 à la fin de la République gaullienne, en 1969. La démarche est d’autant plus louable que, comme le souligne Serge Berstein dans l’introduction, les élites (entendues comme l’ensemble des groupes dirigeants de la société française dans les tous les domaines de la vie économique, sociale, politique et intellectuelle) sont par définition hétérogènes, et que leur attitude face au général de Gaulle a évolué dans le temps.


Pascal Blanchard, Sandrine Lemaire et Nicolas Bancel (dir.), Culture coloniale en France de la Révolution française à nos jours,

Ouvrages | 04.03.2009 | Amaury Lorin

© CNRS EditionsLes mérites scientifiques d’études de cas précisément et dûment circonstanciées dans le temps et dans l’espace valent particulièrement pour l’histoire coloniale, champ de recherche profondément renouvelé cette dernière décennie, dans lequel trop d’essais historiques généraux (ou partisans) ont pu amener leurs auteurs à des considérations parfois malheureuses sur la colonisation, phénomène complexe envisagé trop souvent et bien à tort comme un mouvement uniforme. La somme (761 pages) proposée par l’ouvrage collectif Culture coloniale en France de la Révolution française à nos jours (Paris, CNRS éditions, 2008) sous la direction de Pascal Blanchard, Sandrine Lemaire et Nicolas Bancel (avec une préface de Gilles Boëtsch) et en collaboration avec le groupe de recherche Achac (association connaissance de l’histoire de l’Afrique contemporaine), sans doute appelée à faire date, consiste matériellement en la réunion du déjà bien connu triptyque Culture coloniale (La France conquise par son empire, 1871-1931) ; Culture impériale (Les colonies au cœur de la République, 1931-1961) ; et Culture post-coloniale (Traces et mémoires coloniales en France, 1961-2006), successivement paru sous la forme de trois ouvrages distincts dans la collection « Mémoires » des éditions Autrement, respectivement en 2003, 2004 et 2006.


Hubert Bonin, Catherine Hodeir et Jean-François Klein (dir.), L’Esprit économique impérial (1830-1970) : groupes de pression et réseaux du patronat colonial en France et dans l’empire,

Ouvrages | 04.03.2009 | Amaury Lorin

© SFHOMAlors qu’on assiste au retour d’une histoire de la colonisation au cœur des débats sur les effets, durables et multiformes, de l’impérialisme – en particulier aux niveaux économique, sociologique ou culturel –, les historiens français s’intéressant aux systèmes impériaux réaffirment leur vitalité scientifique – s’il en était besoin – et leur volonté de dépasser tout éventuel discours cliché. La somme (844 pages) proposée par l’ouvrage collectif L’Esprit économique impérial (1830-1970) : groupes de pression et réseaux du patronat colonial en France et dans l’empire (Paris, publications de la Société française d’histoire de l’outre-mer, 2008) sous la direction à six mains d’Hubert Bonin, Catherine Hodeir et Jean-François Klein – actes d’un colloque tenu en deux sessions à Paris les 3 et 4 mars 2006 puis à Bordeaux les 23, 24 et 25 novembre 2006 – est assurément appelée à faire date.


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  • ISSN 1954-3670