Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

Odd Arne Westad, La Guerre froide globale,

Ouvrages | 09.06.2009 | Jean-Yves Haine, University of Toronto

© Payot. Droits réservésAsked to offer a brief summary of the second part of the XXth century, a student of international affairs may feel entitled to underline two major forces, the Cold War at the centre between the two superpowers and the decolonisation process at the periphery. As obvious and well known as they are, these two factors have been rarely studied together in a global and systematic way. Although independent, the first fundamentally shaped the process, the forms and the means of the second. This crucial argument is brilliantly made and illustrated in details by Prof. Westad in his wide-ranging and impressive study, covering nearly five continents throughout the entire period. Taken separately, these two forces already represent a daunting challenge for the historian or the political scientist. Together, it may have seemed impossible to offer a comprehensive analysis of the two phenomena, yet this exactly what The Global Cold War so successfully achieved.


Saul Friedländer, L’Allemagne nazie et les Juifs 1939-1945, tome II : Les années d’extermination, 1939-1945,

Ouvrages | 09.06.2009 | Jean-Marc Dreyfus

© Le Seuil. Droits réservésCe volume constitue la deuxième et dernière partie de la somme que Saul Friedländer a consacrée à la Shoah. Il s’agit en tout point d’un ouvrage exceptionnel et remarquable, par la densité de la recherche, la qualité de l’écriture et aussi la formidable capacité de synthèse de l’historien israélien. L’auteur a d’ailleurs reçu le prix Pulitzer pour ses deux volumes, écrits en anglais, dont le premier était paru en français onze ans plus tôt, en 1997.


Donald Morrison, Que reste-t-il de la culture française ? suivi de Antoine Compagnon, Le souci de la grandeur,

Ouvrages | 09.06.2009 | Laurent Martin

© Denoël. Droits réservésEn décembre 2007 a paru dans l’édition européenne de l’hebdomadaire américain Time Magazine un article signé par le journaliste Donald Morrison sur la « mort de la culture française ». Cet article a suscité de nombreuses et ardentes réactions que recense Donald Morrison avec gourmandise au début de ce nouvel essai, destiné à combler les « lacunes » et à redresser quelques « erreurs » de l’article. Nulle contrition cependant : même s’il regrette d’avoir été « mal compris » et s’il rejette la responsabilité du titre et de la couverture, choisis sans son aval, pour l’essentiel il persiste et signe : la culture française se porte mal. Du moins à l’étranger car, et c’est un premier paradoxe souligné par Morrison, la vitalité culturelle à l’intérieur de la France contraste avec son faible rayonnement à l’extérieur de ses frontières.


Frost/Nixon, a Ron Howard film

Films | 04.06.2009 | Gabrielle Costa de Beauregard

The film Frost/Nixon was released in France on April 1st, 2009 under the title Frost/Nixon : l'heure de vérité. But since it was released in the USA on December 5th, 2008, the shooting took place in 2007, at a time when the American people were very tired of the lies of President W. Bush. This dramatic political film has a strong purpose : to go again through the great satisfaction of seeing Richard Nixon admitting “I let down the country”, as he probably would have done if he had gone to court. The whole film is focused on the famous interviews of a talk show host, David Frost.


« À chacun ses étrangers ? France-Allemagne de 1871 à nos jours »

Expositions | 04.06.2009 | Marie-Bénédicte Vincent

© Actes Sud / CNHI. Droits réservésQuelle actualité pour cette exposition, présentée du 16 décembre 2008 au 19 avril 2009 à la Cité nationale de l’histoire de l’immigration, en collaboration avec le Deutsches Historisches Museum de Berlin (où elle sera aussi visible en octobre 2009), à l’heure où la France, dotée en 2007 d’un ministère de l’Identité nationale, connaît une controverse sur l’intérêt qu’il y aurait à dresser des statistiques ethniques pour lutter contre les discriminations !


« Le siècle du jazz »

Expositions | 04.06.2009 | Marjolaine Boutet et Elodie Nowinski

Droits réservés« Le jazz constitue avec le cinéma et le rock, l’un des événements artistiques majeurs du XXe siècle… » C’est sur ce constat que s’ouvre l’exposition « Le siècle du jazz : art, cinéma, musique et photographie de Picasso à Basquiat » qui se tient au musée du Quai Branly du 17 mars au 28 juin 2009. Celle-ci a pour ambition de tracer les influences de la musique jazz sur les arts visuels du XXe siècle aux États-Unis et en Europe. Ainsi, sur les 2 000 m2 (le commissaire Daniel Soutif en aurait voulu 4 000…) sont organisés, selon une logique chronologique, affiches, photographies, coupures de presse, livres, extraits cinématographiques et musicaux, toiles et installations. La scénographie tout en courbes de cette exposition multimédia et multi-supports nous propose ainsi un voyage au cœur de la « culture jazz » comprise dans une acception assez large.


Martine Poulain, Livres pillés, lectures surveillées. Les bibliothèques françaises sous l’Occupation,

Ouvrages | 04.06.2009 | Sonia Combe

© NRF Essais - Gallimard. Droits réservésTout aurait-il été dit sur l’Occupation ? Nous parlons ici de connaissance objective, de celle des faits, non d’interprétation, de nouveaux angles d’attaque ou de nouveaux objets. Foisonnante, l’historiographie sur la période peut donner l’impression qu’il ne resterait plus de zones d’ombre. Cette impression se révèle erronée : le livre dont il est ici question remplit une page blanche, celle des bibliothèques françaises entre 1940 et 1944. Non pas tant parce que leur histoire serait plus gênante que celle d’autres institutions, le livre de Martine Poulain, quoique sans concession, n’est pas vraiment accablant. Non, la raison est, d’un certain point de vue, plus grave encore : par désintérêt des bibliothécaires pour leur passé. Ou, pour dire les choses de façon moins abrupte, en raison de leur manque de disponibilité et/ou de disposition pour la recherche.


Ludivine Bantigny et Ivan Jablonka (dir.), Jeunesse oblige. Histoire des jeunes en France XIX e -XXe siècles ,

Ouvrages | 04.06.2009 | Laurent Besse

© PUF. Droits réservésTiré d’un séminaire tenu au Centre d’histoire de Sciences Po depuis 2005, ce livre réunit dix-neuf communications qui font le point sur un domaine neuf : l’histoire des jeunes. Entre synthèse et bilan d’étape, il permet de mesurer le chemin parcouru depuis les synthèses parues il y a trente ans sous la plume de Maurice Crubellier et Antoine Prost, mais également de percevoir les inflexions de l’historiographie. Par rapport à l’Histoire des jeunes en Occident parue à la fin des années 1990, ce recueil est plus modeste dans son ampleur mais plus ambitieux sur le fond. Le livre de Giovanni Levi et Jean-Claude Schmidt embrassait de l’Antiquité jusqu’à nos jours, mais ne comportait pas de dimension historiographique, à la différence de Jeunesse oblige.


Laurent Dubreuil, L’empire du langage. Colonies et Francophonie,

Ouvrages | 04.06.2009 | François Chaubet

© Hermann Editeurs. Droits réservésDans l’abondante historiographie consacrée à la colonisation depuis une vingtaine d’années, cet abrasif essai historique venu d’outre-Atlantique (l’auteur enseigne les littératures françaises et francophones à Cornell) pourra surprendre le lecteur français en général, et l’historien en particulier, à divers titres. L’approche méthodologique en termes de linguistic turn (ici saisir les nervures langagières de la domination coloniale et du post-colonial) délaisse ainsi aussi bien les récentes enquêtes sur les représentations (du type « l’imaginaire colonial » par exemple chez Pascal Blanchard et son équipe) ou, plus classiquement, les études dédiées aux politiques et à leurs pratiques (examen de la diffusion du français et de l’enseignement français dans les colonies pour le sujet ici choisi).


Il Divo, de Paolo Sorrentino

Films | 03.06.2009 | Alessandro Giacone

© DR« Quand Giulio Andreotti mourra, on extraira une boîte noire de sa bosse et l’on connaîtra enfin la vérité sur les mystères d’Italie. » Par cette boutade, le comique Beppe Grillo a bien décrit le halo de secret qui entoure celui qui, par référence à César, a été surnommé le « Divo Giulio ». Dans le bien et dans le mal, Giulio Andreotti incarne l’histoire de la République italienne. Né en 1919, il siège au Parlement italien sans discontinuité depuis 1946, ce qui représente sans aucun doute un record mondial de longévité politique. Sa longue carrière gouvernementale commence en 1947, lorsqu’Alcide De Gasperi le nomme sous-secrétaire à la présidence du Conseil. Dans les décennies suivantes, Giulio Andreotti est vingt-cinq fois ministre et Premier ministre à sept reprises (la première fois en 1972, la dernière entre 1991 et 1992).


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  • ISSN 1954-3670