Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

Jacques Sémelin, Claire Andrieu et Sarah Gensburger (dir.), La Résistance aux génocides. De la pluralité des actes de sauvetage

Ouvrages | 14.12.2009 | Danielle de Lame

© Presses de Sciences Po, 2008Au-delà de la définition politique du « juste » par l’État d’Israël, notamment à des fins de politique étrangère, ce foisonnant ouvrage explore, en une trentaine de contributions, les conduites individuelles de sauvetage qui ne peuvent être rangées dans une catégorie morale et abstraite. En examinant l’ensemble des comportements d’aide et, éventuellement, de sauvetage, il envisage les subtilités des intentions humaines dans des contextes sociaux labiles et dangereux dont l’évocation est chargée d’émotion. En dépit des difficultés de l’entreprise, il réussit à proposer une analyse des faits et, partant, à réaffirmer les vertus de la recherche scientifique dans un domaine qui suscite des avalanches littéraires sans toujours promouvoir la connaissance.


Axelle Brodiez-Dolino, Emmaüs et l'abbé Pierre

Ouvrages | 14.12.2009 | Pierre Guillaume

© Presses de Sciences Po, 2008Reconnue comme une spécialiste des formes contemporaines de solidarité depuis la publication de sa thèse sur le Secours populaire français (Presses de Sciences Po., 2006), Axelle Brodiez-Dolino propose dans cet ouvrage une exploration de l’itinéraire de l’abbé Pierre à travers toutes les variantes du mouvement Emmaüs. La tâche était difficile tant est complexe le cheminement de l’abbé Pierre en France, en Europe et, finalement, dans les sociétés en voie de développement d’Amérique du Sud et d’Afrique, étapes auxquelles correspondent les trois parties du livre. La première est celle pendant laquelle l’abbé Pierre propose de rendre sa dignité à tout individu, si lourd que puisse être son passé, par son admission comme « compagnon » dans une communauté d’Emmaüs au financement de laquelle il doit contribuer par son travail de chiffonnier. Sa vie est rude, sa rétribution personnelle est réduite, dans le meilleur des cas, à un simple argent de poche, ses conditions de vie matérielle sont sommaires dans des locaux collectifs dont l’équipement se réduit initialement à l’eau courante à la pompe et où tout écart, notamment la consommation d’alcool, entraîne l’exclusion. Bien que fondées par l’abbé et souvent dirigées d’abord par un prêtre, les communautés n’exigent pas une pratique religieuse systématique. Ce sont ces communautés, dont la première voit le jour en 1950, qui, durablement, donneront l’image du mouvement Emmaüs au grand public, alors même qu’elles n’en seront plus qu’une composante, que leurs activités seront passées de la « chine » à des formes beaucoup plus sophistiquées de récupération et que les conditions de vie qu’elles offriront aux compagnons se seront très largement améliorées. Le chapitre 10 du livre souligne bien, néanmoins, leur importance durable pour l’identification du mouvement.


Philippe Oulmont (dir.), Les voies “de Gaulle” en France. Le général dans l'espace et la mémoire des communes

Ouvrages | 03.12.2009 | David Valence

© PlonQui connaît l’odonymie ? L’étude des noms de rues reste peu pratiquée par les historiens, malgré l’invite lancée par Maurice Agulhon lors d’un colloque consacré à « Jaurès et la classe ouvrière », en novembre 1976 Cette branche de la toponymie s’offre pourtant au chercheur comme un outil à partir duquel étudier les « usages politiques du passé » et les enjeux de mémoire. La vieille méfiance de l’Université française vis-à-vis des démarches interdisciplinaires explique sans doute cette timidité. L’odonymie se situe, en effet, au point de rencontre de l’histoire, de la géographie, de la sociologie et même de l’ethnologie. L’ampleur des sources à brasser pour établir un corpus et déterminer ensuite les raisons qui poussent une assemblée municipale à préférer tel nom plutôt que tel autre acheva sans doute, dans le passé, de décourager les bonnes volontés. Cet obstacle matériel ne pouvait être levé que par une équipe de chercheurs ou par une institution disposant du personnel et des moyens qui autoriseraient une recherche systématique.


John Merriman, Dynamite club. L'invention du terrorisme à Paris

Ouvrages | 03.12.2009 | Danielle Tartakowsky

© TallandierJohn Merriman énonce d’entrée de jeu ce que sa relecture des « beaux jours de l’anarchisme », situés entre 1880 et 1914, doit aux angoisses et aux interrogations nées du 11 Septembre, souvent promue date origine d’un XXIe siècle chargé d’inquiétudes.


Emmanuel Kreis, Les Puissances de l'ombre. Juifs, jésuites, françs-maçons, réactionnaires... La théorie du complot dans les textes

Ouvrages | 03.12.2009 | Grégoire Kauffmann

© CNRS EditionsDoctorant à l’École pratique des hautes études, où il achève une thèse prometteuse consacrée au mythe de la « conspiration judéo-maçonnique », Emmanuel Kreis a eu l’excellente idée de rassembler dans cette anthologie les textes fondateurs de la « théorie du complot ». La sélection est intelligente et la présentation, très didactique, portée par un vaste appareil critique qui éclaire judicieusement les textes sans jamais asphyxier la lecture.


Olivier Dard et Nathalie Sévilla (dir.), Le Phénomène ligueur sous la IIIe République

Ouvrages | 03.12.2009 | David Valence

© Centre régional universitaire lorrain d'histoireDe toutes les maladies qui menacent l’historien du monde contemporain, le nominalisme n’est pas la moins dangereuse. Un défaut dans le questionnement, donc dans la rigueur des analyses, guette en effet le chercheur qui confondrait les choses avec leur nom. Il ne suffit pas, par exemple, qu’une organisation se donne le nom de « parti » ou de « mouvement » pour qu’elle adopte les caractères qui s’attachent aujourd’hui à ces catégories dans nos esprits : où l’on comprend que la naïveté, en matière de vocabulaire, est souvent mère d’anachronisme. Ce constat ne surprendra personne, mais c’est un des mérites du « tournant linguistique » (linguistic turn) qu’ont pris les études historiques aux États-Unis que de débusquer du nominalisme là où les traditions historiographiques n’en identifiaient pas toujours.


Denis Merklen, Quartiers populaires, quartiers politiques

Ouvrages | 03.12.2009 | Danielle Tartakowsky

© La DisputeDenis Merklen est un sociologue argentin aujourd’hui en poste à l’université Paris VII. L’ouvrage qu’il publie aux éditions La dispute prend appui sur les travaux d’ampleur qu’il a précédemment consacrés aux mouvements d’occupations illégales de terres urbaines en Argentine et aux autres formes d’action nées de l’effondrement de la société salariale, du système de protection sociale et d’affiliation hérité du péronisme et de la perte de centralité du travail et des syndicats qui est leur est corollaire. Il mobilise également certaines enquêtes qu’il lui a été donné d’effectuer dans des quartiers populaires d’Haïti, d’Uruguay, du Sénégal ou de France. Sans pour autant qu’il s’agisse d’une suite de monographies comparées. L’ouvrage, qui s’inscrit dans le droit fil des travaux de Robert Castel, lequel l’a du reste préfacé, s’attache, en effet, à quelques-unes des implications fondamentales de la nouvelle dynamique économique et sociale qui, partout, s’impose depuis une trentaine d’année.


Cinq colonnes à la une - Anthologie -INA

Documentaires | 28.10.2009 | Evelyne Cohen

Le premier magazine de grand reportage de la Radio Télévision Française (RTF) est né en 1959 sur la première chaîne. Cette émission, populaire entre toutes, est aussitôt apparue, aux yeux des Français, comme le modèle de la « bonne information » télévisée. Elle a été diffusée de janvier 1959 à mai 1968 tous les premiers vendredis du mois, pendant 1 heure 30, en soirée. Le magazine était conçu, fabriqué, monté par une équipe chevronnée tant au plan journalistique que technique. Ses producteurs étaient Pierre Lazareff, le patron de France-Soir, Pierre Desgraupes, Pierre Dumayet et Igor Barrère. Seule femme de l’équipe, Éliane Victor était la secrétaire générale. Comme les autres programmes de la télévision, le magazine respectait le triptyque fondateur de la télévision française : « Informer, éduquer, distraire » et diffusait, à côté des sujets graves, des sujets plus divertissants. Il était à la fois rattaché au secteur des actualités et à celui des programmes de télévision. L’équipe de Cinq colonnes avait pris pour devise : « Les idées à travers les faits, les faits à travers les hommes ».


Tour Eiffel et magies de la société industrielle

Expositions | 28.10.2009 | Jean-Pierre Daviet

Portrait de Gustave Eiffel, 1889 © RMN (Musée d'Orsay)/© Jean SchormansL'exposition de la mairie de Paris, "Gustave Eiffel, le magicien du fer", à l'occasion du cent-vingtième anniversaire de la Tour qui est devenue un symbole touristique de la capitale, met en valeur des aspects importants d'un événement qui se voulait marquant puisque les républicains, alors au pouvoir, célébraient le centième anniversaire de 1789 et les fruits merveilleux des Lumières dans la société industrielle du XIXe siècle.


Sébastien Laurent, Politiques du renseignement

Ouvrages | 28.10.2009 | Romain Ducoulombier

L’histoire politique du renseignement est un nouveau territoire de l’historiographie du politique. Son défrichement, avec des méthodes renouvelées, en particulier, par les travaux de Sébastien Laurent, progresse ici grâce à ce fort volume de dix-huit contributions publié sous l’égide des Presses Universitaires de Bordeaux (PUB), dans le cadre du programme de recherche « Information ouverte, information fermée » (IOIF) de l’Agence nationale de la recherche. Ces communications s’étendent du XVIe au XXe siècles, balayant ainsi un large spectre chronologique de l’histoire de la politisation du renseignement et de la genèse des institutions secrètes de l’État en France, en Europe et aux États-Unis.


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  • ISSN 1954-3670