Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

Michael Haneke, Le Ruban blanc/Das Weisse Band

Films | 28.10.2009 | Martine Floch

© Les Films du losangeLe réalisateur autrichien Michael Haneke signe avec Le Ruban blanc (Das Weisse Band), son premier film dans sa langue natale depuis 1997. Le sous-titre allemand du film, « Eine deutsche Kindergeschichte » (« Une histoire d’enfants allemande »), ancre le récit dans le Nord protestant de l’Allemagne en 1913, dans un petit village du Mecklenbourg, juste avant la Première Guerre mondiale, pour interroger les sources du mal nazi et, plus largement, ce qui est l’un de ses thèmes de prédilection, la violence génératrice de violence et, surtout, les façons de la représenter.


Gilles Lipovetsky et Jean Serroy, La Culture monde. Réponse à une société désorientée

Ouvrages | 22.10.2009 | Laurent Martin

© Odile JacobCe livre n’est pas un livre d’histoire ni d’historien ; il n’en est pas moins intéressant, y compris pour les historiens. Pourquoi ? Parce qu’il propose une interprétation stimulante d’un mouvement historique de grande ampleur, celui qui a conduit à la constitution d’une « culture-monde », définie comme « un monde de symboles, de significations et d’imaginaire social qui a ceci de spécifique qu’il est devenu planétaire ». Les premières formulations de la culture-monde peuvent être repérées dans le cosmopolitisme grec, le christianisme, l’universalisme humaniste ; tout cela mériterait d’être plus précisément établi mais les auteurs ne s’y attardent guère, pressés d’en venir à ce qui est l’objet de leur réflexion : ce « deuxième âge » de la culture-monde où, pour la première fois dans l’histoire, l’économie du monde s’agence selon un modèle unique de normes, de valeurs, de buts et où la culture s’impose comme un monde économique à part entière.


Vivien Bouhey, Les Anarchistes contre la République. Contribution à l'histoire des réseaux sous la Troisième République (1880-1914)

Ouvrages | 22.10.2009 | Danielle Tartakowsky

© PURCet ouvrage reprend la substance d’une thèse soutenue en 2006 à l’université de Paris X. Il y a près de quarante ans, une controverse avait opposé Jean Maitron spécialiste entre tous de l’anarchie, et Jean Berthoud, alors étudiant en maîtrise. Dans ses travaux devenus canoniques, le premier caractérisait le mouvement anarchiste par son individualisme et, dès lors, par son organisation minimale. Le second récusait vivement cette thèse en arguant qu’un attentat tel celui de Caserio, perpétré entre 1894 contre Sadi Carnot, supposait un solide dispositif logistique et dès lors une organisation plus charpentée qu’on ne l’avait avancé. C’est l’objectif de cet ouvrage que de trancher ce débat dont les termes sont rappelés dès l’introduction. Il s’agit de savoir si l’action menée par les anarchistes contre la République a été ou non le résultat d’une organisation globalisante, permettant, alors, de poser l’hypothèse d’un complot contre la République.


Shoah par balles. L'Histoire oubliée

Documentaires | 12.10.2009 | Audrey Kichelewski

© MK2 Docs Diffusé pour la première fois lors d’une soirée spéciale sur France 3, le 12 mars 2008 en première partie de soirée, le documentaire de Romain Icard, à présent disponible en DVD, retrace l’entreprise du père Patrick Desbois et de son équipe pour retrouver dans l’Ukraine d’aujourd’hui les charniers de Juifs assassinés par les unités mobiles d'extermination nazies ou Einzatzgruppen durant la Seconde Guerre mondiale. Ce faisant, ce film met en images le récit de Patrick Desbois, Porteur de mémoires, paru en 2007. Ce livre ainsi que ce documentaire ont contribué à médiatiser en France ce moment peu connu du grand public de l’extermination des Juifs, que le père Desbois nomme « Shoah par balles ». Après une présentation du contenu de ce film et de la manière dont il expose l’enquête de Patrick Desbois et de son équipe, nous reviendrons brièvement sur la polémique récente à laquelle sa diffusion a donné lieu – relevant de la problématique de la vulgarisation du savoir pour un public de non-spécialistes.


Les socialistes et la Grande Guerre

Journées d'études | 12.10.2009 | Gilles Candar

La journée d’études qui s’est tenue les 26 et 27 mai 2009 sur « les socialistes et la Grande Guerre, réseaux, parcours et expériences » à l’université de Metz était organisée par Romain Ducoulombier avec le soutien du Centre de recherche lorrain d’histoire et de la Fondation Jean-Jaurès.


Le Sénat de la Ve République. Les cinquante ans d'une assemblée bicentenaire

Colloques | 12.10.2009 | Walter Badier

Le colloque « Le Sénat de la Ve République. Les cinquante ans d’une assemblée bicentenaire » a été organisé au Palais du Luxembourg le 3 juin 2009 par le Comité d’histoire parlementaire et politique, en partenariat avec le Sénat naturellement, mais aussi avec la Fondation nationale des sciences politiques et l’université Paul Cézanne - Aix-Marseille III.


Valse avec Bachir d'Ari Folman ou la valse des images clandestines

Films | 12.10.2009 | Ophir Lévy

C’est l’histoire d’un vertige. Un homme voit se dérober sous ses pieds les fondations sur lesquelles sa mémoire était bâtie. Il découvre que ses souvenirs les plus personnels sont constitués de scènes qu’il n’a jamais vécues. Sa mémoire est parasitée par des images clandestines qui viennent la reconfigurer. Cela pourrait être le prétexte classique d’un scénario de science-fiction (tissage de fils temporels hétérogènes, exploration physique de la mémoire, quête d’une image insaisissable). Un scénario qui serait troublant et beau comme celui de la Jetée de Chris Marker. Or, il s’agit ici de Valse avec Bachir (2008) d’Ari Folman.

 


Représentations médiatiques de l'homme politique (XVIIe – XXIe siècles)

Colloques | 12.10.2009 | Lily Halimi

 Les doctorants de l’université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines ont organisé les 13 et 14 mai 2009 un colloque international consacré aux « Représentations médiatiques de l’homme politique ((XVIIIe–XXIe siècles) ». Réunissant dix-sept doctorants et jeunes docteurs, ce colloque avait pour objectif de s’interroger à la fois sur l’image et le discours de l’homme de pouvoir, mais également sur leur perception et leur réception au travers des différents médias de masse.


Babar, Harry Potter & Cie. Livres d'enfants d'hier et d'aujourd'hui

Expositions | 12.10.2009 | Manon Pignot

© BNFC’est une très belle exposition qui s’est tenue du 14 octobre 2008 au 11 avril 2009 à la Bibliothèque nationale de France (site Tolbiac) : colorée, ludique, très riche sans être surchargée, « Babar, Harry Potter et Cie » atteint un objectif souvent manqué dans les expositions sur l’enfance, celui d’être accessible à tous les visiteurs. On retiendra d’ailleurs moins l’organisation, classique, en trois parties que la scénographie pensée comme une succession de douze espaces thématiques où les vitrines et leurs cartels sont à hauteur d’enfant : « Bébé et ses livres », « Premiers apprentissages », « L’aventure des images », « Premières histoires », « Les livres de Papa et Maman », « En route pour l’aventure », « Miroirs et sentiments », « La découverte du monde », « Journaux pour tous les âges », « Petits adultes », « Les livres-trésor des grands enfants » et enfin « Les écrans magiques ».


« Jacques Tati. Deux temps, trois mouvements »

Expositions | 24.07.2009 | Vincent Guigueno

© Naïve. DRTout commence dans un goulet : au mur, des extincteurs gris et les affiches d’une ville générique dont seul le nom ou le pays varie : Stockholm, Japon, USA. Au fond de ce long couloir, une « machine à communiquer » émet des sons étranges, tandis que ses lampes s’allument de manière aléatoire. Cette entrée en matière qui ravit l’amateur de PlayTime (1967) déroutera sans doute quelques visiteurs, moins familiers du chef d’œuvre en 70 mm qui conduisit Tati à la ruine. Stéphane Goudet, maître de conférences en cinéma (Paris 1), exploitant de la salle Le Méliès (Montreuil), auteur d’une thèse consacrée à Tati soutenue en 2000 est le commissaire de l’exposition Jacques Tati. Deux temps, trois mouvements, présentée à la Cinémathèque française depuis le 8 avril 2009, aux côtés de Macha Makeiff. Il nous éclaire sur les choix de la scénographie dans le catalogue dont il a rédigé les textes et conduit les entretiens. Goudet écrit que l’exposition doit « plonger d’emblée le visiteur, au risque de l’égarement, dans l’univers visuel et sonore de Jacques Tati » (p. 11).


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  • ISSN 1954-3670