Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

Cinq colonnes à la une - Anthologie -INA

Documentaires | 28.10.2009 | Evelyne Cohen

Le premier magazine de grand reportage de la Radio Télévision Française (RTF) est né en 1959 sur la première chaîne. Cette émission, populaire entre toutes, est aussitôt apparue, aux yeux des Français, comme le modèle de la « bonne information » télévisée. Elle a été diffusée de janvier 1959 à mai 1968 tous les premiers vendredis du mois, pendant 1 heure 30, en soirée. Le magazine était conçu, fabriqué, monté par une équipe chevronnée tant au plan journalistique que technique. Ses producteurs étaient Pierre Lazareff, le patron de France-Soir, Pierre Desgraupes, Pierre Dumayet et Igor Barrère. Seule femme de l’équipe, Éliane Victor était la secrétaire générale. Comme les autres programmes de la télévision, le magazine respectait le triptyque fondateur de la télévision française : « Informer, éduquer, distraire » et diffusait, à côté des sujets graves, des sujets plus divertissants. Il était à la fois rattaché au secteur des actualités et à celui des programmes de télévision. L’équipe de Cinq colonnes avait pris pour devise : « Les idées à travers les faits, les faits à travers les hommes ».


Tour Eiffel et magies de la société industrielle

Expositions | 28.10.2009 | Jean-Pierre Daviet

Portrait de Gustave Eiffel, 1889 © RMN (Musée d'Orsay)/© Jean SchormansL'exposition de la mairie de Paris, "Gustave Eiffel, le magicien du fer", à l'occasion du cent-vingtième anniversaire de la Tour qui est devenue un symbole touristique de la capitale, met en valeur des aspects importants d'un événement qui se voulait marquant puisque les républicains, alors au pouvoir, célébraient le centième anniversaire de 1789 et les fruits merveilleux des Lumières dans la société industrielle du XIXe siècle.


Sébastien Laurent, Politiques du renseignement

Ouvrages | 28.10.2009 | Romain Ducoulombier

L’histoire politique du renseignement est un nouveau territoire de l’historiographie du politique. Son défrichement, avec des méthodes renouvelées, en particulier, par les travaux de Sébastien Laurent, progresse ici grâce à ce fort volume de dix-huit contributions publié sous l’égide des Presses Universitaires de Bordeaux (PUB), dans le cadre du programme de recherche « Information ouverte, information fermée » (IOIF) de l’Agence nationale de la recherche. Ces communications s’étendent du XVIe au XXe siècles, balayant ainsi un large spectre chronologique de l’histoire de la politisation du renseignement et de la genèse des institutions secrètes de l’État en France, en Europe et aux États-Unis.


Survivre : les enfants dans la Shoah

Expositions | 28.10.2009 | Emmanuel Debono

« Stigmatiser, exclure, traquer, déporter, assassiner, survivre : les enfants dans la Shoah » est le titre complet d’une ambitieuse exposition présentée du 19 juin au 31 décembre 2009 au Mémorial de Caen. Gérard Rabinovitch, philosophe et sociologue, en est le commissaire. Ses concepteurs ont adopté une perspective large pour donner au sujet sa dimension européenne et considérer la destinée des enfants de l’avant à l’après-guerre. L’exposition s’ouvre par un espace introductif où l’on s’interroge sur la place de la Shoah dans l’évolution de la civilisation occidentale. L’idée est de mettre en perspective les progrès de l’humanité et ses dérives. En dépit d’une aridité graphique – l’information n’est ici que textuelle –, la démonstration est frappante : aux encarts qui portent sur l’évolution des libertés, l’instruction et la santé publiques, la réglementation du travail des enfants ou l’émancipation des Juifs, répondent des mises au point sur certaines facettes destructrices du développement et de la modernité tels que le racisme, l’eugénisme, l’euthanasie, la brutalisation ou encore la chosification. Une citation d’Hannah Arendt domine l’ensemble et donne le ton : « Le progrès et la catastrophe sont l’avers et le revers d’une même médaille. »


Miroirs d'Orients

Expositions | 28.10.2009 | Amaury Lorin

 ©  Félix Bonfils, "Syriennes portant leurs enfants" (1880).L’imaginaire des Européens est, depuis des siècles, stimulé par un Orient aussi vaste que lointain, aussi fantasmé qu’inconnu, aussi dangereux qu’excitant. Son exotisme et son raffinement éveillent la curiosité et l’envie. La métaphore du miroir, filée tout au long de l’exposition « Miroirs d’Orients » qui s’est tenue au palais des Beaux-Arts de Lille du 15 mai au 31 août 2009, sied particulièrement bien à l’histoire de ce contact Orient-Occident, difficile à appréhender dès lors que l’on veut bien sortir des clichés et archétypes tenaces qui lui restent attachés. Avec une centaine de dessins, autochromes et photographies originales, opportunément doublée d’une série de vidéos et photographies contemporaines (en particulier Ghajar, 1998-2001, de l’iranienne Shadi Ghadirian), l’approche traditionnelle d’un orientalisme proprement créé par l’Occident (Edward W. Said, 1978) est enfin renversée de façon inattendue.


Raphaëlle Branche et Sylvie Thénaut (dir.), La France en guerre 1954-1962. Expériences métropolitaines de la guerre d'indépendance algérienne

Ouvrages | 28.10.2009 | Omar Carlier

Quelques semaines avant Mai 1968, Pierre Vianson-Ponté constate que la France s’ennuie, suggérant que cela ne peut durer, sans prophétiser pour autant l’imminence d’une immense mobilisation collective. Quatorze ans plus tôt, en Algérie, rien ne laisse annoncer le surgissement prochain d’une véritable insurrection, sauf les rapports confidentiels d’une poignée de responsables du renseignement. Et quand elle est là, personne, que ce soit à Paris ou à Alger, n’imagine qu’elle puisse déboucher sur la guerre de décolonisation la plus longue et la plus meurtrière de son temps, après celle du Vietnam. Pas même ses protagonistes. Ceux qu’on appellera bientôt les « pieds noirs » n’ont jamais été si nombreux sur les plages, l’été précédent. Quant à la France métropolitaine, elle fait preuve, malgré l’instabilité récurrente de la IVe République, d’un dynamisme économique, social et culturel impressionnant, et savoure enfin les premiers fruits de cette renaissance, fussent-ils importés de Cinecita, après tant d’années de privation. On comprend que la mauvaise nouvelle venue des Aurès ne suffise pas à changer la une de Paris-Match, qui offre au regard concupiscent de la gente masculine la plastique d’une Gina Lollobrigida au sommet de sa beauté – Bardot la sauvageonne n’est pas encore entrée en lice.


Dominique Kalifa, Biribi. Les bagnes coloniaux de l'armée française

Ouvrages | 28.10.2009 | Emmanuel Saint-Fuscien

Dès l’introduction, l’historien évoque le roman de Georges Darien publié chez Savine en 1890, Biribi, discipline militaire. Jusqu’à présent, Darien avait écrit le seul texte à « faire surnager Biribi dans la mémoire nationale ». Jusqu’à présent, car ce livre de Dominique Kalifa replace les bagnes coloniaux au centre d’une histoire sociale et culturelle de l’exclusion, de l’enfermement, de l’armée, de la justice militaire, mais aussi de la colonisation française.


Marc Lazar, L'Italie sur le fil du rasoir

Ouvrages | 28.10.2009 | Frédéric Attal

L’Italie à la dérive, du même auteur, rédigé avant les élections du printemps 2006, dressait un constat sévère du quinquennat de Silvio Berlusconi dans un contexte de crise profonde de l’Italie (déclin démographique et remise en cause de la nation italienne). Marc Lazar continue de s’interroger sur ce qui fait la spécificité d’un pays qui, à peine deux ans après avoir, de très peu, défait le chef incontesté de la coalition de droite, non seulement lui confie de nouveau le pouvoir à une large majorité, mais, en plus, lui maintient un an plus tard sa confiance.


Bernard Lachaise et Sabrina Tricaud (dir.), Georges Pompidou et Mai 1968

Ouvrages | 28.10.2009 | David Valence

« Placer un homme en situation historique » : tel était l’objectif du colloque du 14 mars 2008 consacré à « Georges Pompidou et Mai 1968 », dont les actes paraissent aux éditions PIE Peter Lang. La formule pouvait éveiller le spectre de la psycho-histoire, qui s’attache souvent à analyser les raisons faisant d’un responsable politique l’homme d’un moment. La biographie de Robespierre que viennent de rééditer les éditions du CNRS procède, par exemple, de cette démarche qu’on peut trouver naïve : elle entend montrer, avec force simplifications, que l’heure de l’avocat arrageois avait inévitablement sonné avec le combat pour l’égalité. Dans la bouche et sous la plume de Jean-François Sirinelli, le projet de « placer un homme en situation historique » invitait, au contraire, à peser au trébuchet le poids d’une volonté dans les événements plutôt que sur eux. La perspective vaut particulièrement dès lors qu’il est question du « joli mois de mai ». Pendant quelques semaines, le pouvoir donna alors l’impression, en France, de vaciller, tandis qu’un de ceux qui l’exerçaient, à savoir Georges Pompidou, figurait une alternative possible au « tout ou rien » gaullien.


Véronique Molinari, Citoyennes, et après ? Le droit de vote des femmes et ses conséquences en Grande-Bretagne 1918-1939

Ouvrages | 28.10.2009 | Cécile Formaglio

En 1918, le Representation of the People Act donna le droit de vote aux femmes britanniques. En s’intéressant aux changements provoqués par cette décision dans les années qui l’ont immédiatement suivie, Véronique Molinari – maître de conférences en civilisation britannique à l’université Stendhal-Grenoble III – cherche à combler un vide historiographique.


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  • ISSN 1954-3670