Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

Landry Charrier, La Revue de Genève. Les relations franco-allemandes et l'idée d'Europe unie (1920-1925)

Ouvrages | 15.01.2010 | Jean-Michel Guieu

© Slatkine EruditionDans le champ déjà bien labouré des revues littéraires de l’entre-deux-guerres, Landry Charrier choisit dans cet ouvrage, issu d’une thèse de doctorat en études germaniques, de s’intéresser à une revue suisse dont le titre est certes bien connu, mais qui n’avait jusqu’à présent pas éveillé chez les chercheurs le même intérêt que ses consœurs françaises ou allemandes. La Revue de Genève constitue pourtant, durant la première moitié des années 1920, un intéressant laboratoire du rapprochement franco-allemand à une époque marquée par les haines réciproques des deux côtés du Rhin.


« August Sander. Voir, Observer, Penser »

Expositions | 15.01.2010 | Marie-Bénédicte Vinvent

Anton Raderscheidt par August Sander, 1925 © DRAprès l’exposition l’an dernier sur Erich Salomon (1886-1944) à l’hôtel de Sully, la photographie allemande du premier XXe siècle est décidément à l’honneur à Paris. La Fondation Cartier Bresson, installée depuis 2003 dans un atelier d’artiste du quartier de Montparnasse, organisait en effet, du 9 septembre au 20 décembre 2009, une exposition sur August Sander (1876-1964), en collaboration avec Die Photographische Sammlung/SK Stiftung Kultur de Cologne. Les tirages exposés sont des épreuves gélatino-argentiques d’époque réalisées par Sander. Cet artiste réaliste voulait « voir les choses comme elles sont et non comme elles devraient ou pourraient être ». De fait, ses photographies, outre leur valeur esthétique, sont aujourd’hui de véritables documents historiques.


Christian Roche, Paul Vigné d'Octon (1859-1943) : les combats d'un esprit libre, de l'anticolonialisme au naturisme

Ouvrages | 13.01.2010 | Amaury Lorin

© L'HarmattanQui se souvient aujourd’hui de Paul Vigné d’Octon (1859-1943) ? Rares sont sans doute les lecteurs auxquels l’auteur de La Gloire du sabre (Paris, Flammarion, 1900) et La Sueur du bournous : les crimes coloniaux de la IIIe République (Paris, Guerre sociale, 1911, pamphlets politico-militaires anticolonialistes ayant tous les deux subi les foudres de la censure de la IIIe République impériale, évoquera quelque souvenir. Pourtant, ce personnage hors norme, semblant avoir passé sa vie à soulever de courageuses polémiques, gagne à être connu, tout autant que sa mémoire mérite d’être ravivée en 2009, alors que les débats historiographiques sur le passé colonial de la France sont encore loin d’être réglés.


Muriel Pichon, Les Français juifs, 1914-1950. Récit d'un désenchantement

Ouvrages | 13.01.2010 | Simon Perego

© Presses universitaires du Mirail« Heureux comme Dieu en France ». C’est par ce proverbe que les juifs yiddishophones, fraîchement immigrés en France à la fin du XIXe siècle et dans les premières décennies du XXe siècle, saluaient le pays qui, croyaient-ils alors, leur offrait l’assurance d’une vie meilleure. Mais cet adage aurait également pu convenir un temps à leurs coreligionnaires établis depuis des siècles dans la « patrie des Droits de l’homme », ces Français « de confession israélite » dont Muriel Pichon a entrepris d’écrire l’histoire entre 1914 et 1950.


Nicolas Werth, L'Ivrogne et la marchande de fleurs. Autopsie d'un meurtre de masse 1937-1938

Ouvrages | 14.12.2009 | Sabine Dullin

© TallandierAvec L’Ivrogne et la marchande de fleurs. Autopsie d’un meurtre de masse 1937-1938, Nicolas Werth offre une belle synthèse sur un événement fondamental dans l’histoire des violences européennes du XXe siècle. Il clôt, ce faisant, une série de travaux qu’il avait engagés depuis l’ouverture des archives et qui contribuèrent de manière décisive à renouveler l’histoire sociale et politique de l’URSS de l’entre-deux-guerres. Nicolas Werth sait aussi communiquer son goût de l’archive en mettant à la disposition du lecteur français des documents saisissants. Il cite beaucoup et longuement, avec bonheur, et c’est un élément essentiel de son dispositif d’écriture. Passeur d’archives qui disent une époque, il est aussi le passeur, en France, des nombreux travaux russes et, notamment, de l’immense travail accompli pendant des années par l’équipe Mémorial pour nommer et compter les victimes et cela, très souvent, à l’échelle locale et régionale.


« Accessoires et objets, témoignages de vies de femmes à Paris, 1940-1944 »

Expositions | 14.12.2009 | Élodie Nowinski

Di Mauro, sandale en daim « Les Quatre Grands » décorée du drapeau des Alliés, 1944. © S. Piera / Galliera / Roger-Viollet. Tous droits réservés.Au très confidentiel et introuvable mémorial Leclerc – musée Jean Moulin se tenait, jusqu’au 15 novembre 2009, une exposition intitulée « Accessoires et objets, témoignages de vies de femmes à Paris 1940-1944 ». Organisée en collaboration avec le musée Galliera, l’exposition retrace, à travers une dizaine de vitrines, le quotidien des parisiennes, depuis les classes populaires jusqu’aux clientes des maisons restées en activité à une époque où la Kommandantur voulait déplacer la haute couture parisienne vers Vienne ou Berlin.


Nicolas Offenstadt, L'histoire bling-bling. Le retour du roman national

Ouvrages | 14.12.2009 | Sonia Combe

© Stock, 2009Écrit dans un style percutant, à la hauteur des enjeux, L’histoire bling-bling est, sans conteste, un essai d’actualité. Jamais le passé national n’a été autant instrumentalisé (« consommé ») dans les discours d’un chef d’État qu’aujourd’hui. Tous les présidents ont, certes, plus ou moins, mis à contribution l’histoire nationale, cela fait même partie de leur fonction, mais le « président bling-bling fait lui de l’histoire bling-bling, clinquante, voyante, pas bien profonde dans ce contexte de nouveaux rapports au passé ». « L’histoire bling-bling, dit encore Nicolas Offenstadt, c’est un grand mélange ou tout s’entrechoque, comme dans une boîte de nuit quand les néons tournent à plein […] ». Et enfin : « L’histoire bling-bling est, on s’en doute, une histoire pipole. » Voilà pour la définition dont on avait à peine besoin tant le bling-bling est devenu, sous nos yeux, plus qu’un mode de vie, un mode de gouverner.


Olivier Le Cour Grandmaison, La République impériale: politique et racisme d'État

Ouvrages | 14.12.2009 | Amaury Lorin

© Fayard, 2009« Plus grand fait social du XIXe siècle » selon Adolphe Messimy, l’expansion coloniale fut un événement total, ayant durablement affecté, par son ampleur, la multiplicité de ses conséquences et leur profondeur, l’ensemble des sociétés contemporaines, européennes comme, surtout, ultramarines. Entre 1871 et 1913, les possessions françaises outre-mer passent ainsi de moins d’un million de kilomètres carrés à treize millions environ. Quant aux « indigènes », leur nombre progresse de sept à soixante-dix millions en 1938. Le domaine colonial français de 1913 est, pour finir, 150 fois plus étendu et 80 fois plus peuplé que celui de 1760. Ces quelques chiffres, judicieusement rappelés par Olivier Le Cour Grandmaison dès l’introduction de son nouvel et stimulant essai, La République impériale : politique et racisme d’État, pour mieux en souligner l’importance, disent à eux seuls l’extraordinaire expansion, géographique et démographique, sans précédent dans l’histoire nationale, suivie (et non pas subie comme on le présente encore parfois bien à tort) par la France de la IIIe République.


Jean-Claude Caron, Annie Stora-Lamarre et Jean-Jacques Yvorel (dir.), Les Âmes mal nées. Jeunesse et délinquance urbaine en France et en Europe (XIXe-XXIe)

Ouvrages | 14.12.2009 | Emmanuel Naquet

© Presses universitaires de Franche-Comté, 2008Voici un livre au titre et à plus d’un titre suggestif, parce qu’à la fois actuel, présent, inscrit sur le temps long de l’histoire, et qui apporte également beaucoup par le croisement des regards, des disciplines et des écoles qu’il offre. Cette publication des actes du colloque international tenu à Besançon du 15 au 17 novembre 2006 aborde, en effet, une problématique que les émeutes dans les banlieues de l’année précédente ont pu révéler à l’opinion publique et aux médias – ou le contraire –, soit la délinquance juvénile, ici étudiée sur les deux derniers siècles. Pour ce sujet arborescent et ce mot polysémique, Jean-Claude Caron, Annie Stora-Lamarre et Jean-Jacques Yvorel, dont on connaît les questionnements sur la République, ont convoqué quelque vingt participants, sociologues, historiens, juristes, anthropologues, dont les écrits se répondent, se complètent, se relativisent aussi, prolongeant ainsi les débats de ces trois journées et la dynamique scientifique qui a marqué les deux dernières décennies.


Laurent Douzou, Lucie Aubrac

Ouvrages | 14.12.2009 | Donald Reid

© Perrin, 2009Today Lucie Aubrac (1912-2007) is remembered for two events. A daring resister, she told false stories to German officers in Lyon in 1943 to arrange the dramatic escape of her husband and fellow resistance leader Raymond Aubrac and a number of other imprisoned resisters. A half-century later, Jacques Vergès, attorney for Klaus Barbie, oversaw the creation of a document attributed to his client that sought to exploit inconsistencies in the documentation and accounts given by Lucie Aubrac to contend that she cooperated with the Germans in Lyon and this explained the liberation of her husband. A journalist, Gérard Chauvy, published the Vergès/Barbie document in a book in 1997 in which he insinuated that the charges made against Lucie Aubrac were true.


imprimer

Newsletter

  • Consultez fréquemment les rubriques dynamiques de cette colonne. Elles sont régulièrement mises à jour.

Champ libre

  • Histoire@Politique est également disponible sur CAIRN
  • lire la suite

Partager

  • ISSN 1954-3670