Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

Richard J. Evans, Le Troisième Reich. L'avènement, vol. I et Le Troisième Reich, 1933-1939, vol. II

Ouvrages | 14.12.2009 | Berna Günen

© Flammarion, 2009The famous British historian, Richard J. Evans, the current Regius Professor of Modern History at the University of Cambridge, is best remembered for having demolished the reputation of David Irving, the sinister Holocaust-denier, in the 2000 libel trial brought by Irving against American historian Deborah Lipstadt. It was during this period that Evans first became aware of “the growing fragmentation of knowledge on Nazi Germany” (vol. I, p. 25).


Richard J. Evans, Le Troisième Reich, 1939-1945, vol. III

Ouvrages | 14.12.2009 | Berna Günen

© Flammarion, 2009After “The Coming of the Third Reich” and “The Third Reich in Power”, the final volume of Richard J. Evans’ trilogy “The Third Reich at War” has recently been published in French. This last volume, as its title indicates, covers the six years of World War II; and, like the two previous volumes, it attempts to “give a sense to the senseless”.

While the first volume was chronologic, and the second thematic, the final volume conciliates the two scientific approaches. Despite the clever use of dairies and testimonies from the era, this volume, compared to the others, is surprisingly less colourful. The narrative and the choice of major events of the war are exactly as they should be – no more, no less.


Anne-Aurore Inquimbert, Un officier français dans la guerre d'Espagne. Carrière et écrits d'Henri Morel (1919-1944)

Ouvrages | 14.12.2009 | Rémy Porte

© PUR, 2009Après avoir été critiqué ou méprisé, le genre biographique retrouve depuis quelques années toute sa place dans la production d’ouvrages historiques, qu’il s’agisse de collections « grand public » ou d’études plus scientifiques. Ces travaux s’attachent pourtant encore souvent à des personnages connus, voire « populaires », et il faut féliciter Anne-Aurore Inquimbert de s’être lancée, comme elle s’en explique en introduction, dans une recherche consacrée à un officier, le lieutenant-colonel Morel, qui n’accéda pas aux plus hautes fonctions de la hiérarchie militaire, mais dont les compétences, les hasards de la vie et d’une carrière en ont fait un acteur et un témoin important d’événements majeurs.


Jacques Sémelin, Claire Andrieu et Sarah Gensburger (dir.), La Résistance aux génocides. De la pluralité des actes de sauvetage

Ouvrages | 14.12.2009 | Danielle de Lame

© Presses de Sciences Po, 2008Au-delà de la définition politique du « juste » par l’État d’Israël, notamment à des fins de politique étrangère, ce foisonnant ouvrage explore, en une trentaine de contributions, les conduites individuelles de sauvetage qui ne peuvent être rangées dans une catégorie morale et abstraite. En examinant l’ensemble des comportements d’aide et, éventuellement, de sauvetage, il envisage les subtilités des intentions humaines dans des contextes sociaux labiles et dangereux dont l’évocation est chargée d’émotion. En dépit des difficultés de l’entreprise, il réussit à proposer une analyse des faits et, partant, à réaffirmer les vertus de la recherche scientifique dans un domaine qui suscite des avalanches littéraires sans toujours promouvoir la connaissance.


Axelle Brodiez-Dolino, Emmaüs et l'abbé Pierre

Ouvrages | 14.12.2009 | Pierre Guillaume

© Presses de Sciences Po, 2008Reconnue comme une spécialiste des formes contemporaines de solidarité depuis la publication de sa thèse sur le Secours populaire français (Presses de Sciences Po., 2006), Axelle Brodiez-Dolino propose dans cet ouvrage une exploration de l’itinéraire de l’abbé Pierre à travers toutes les variantes du mouvement Emmaüs. La tâche était difficile tant est complexe le cheminement de l’abbé Pierre en France, en Europe et, finalement, dans les sociétés en voie de développement d’Amérique du Sud et d’Afrique, étapes auxquelles correspondent les trois parties du livre. La première est celle pendant laquelle l’abbé Pierre propose de rendre sa dignité à tout individu, si lourd que puisse être son passé, par son admission comme « compagnon » dans une communauté d’Emmaüs au financement de laquelle il doit contribuer par son travail de chiffonnier. Sa vie est rude, sa rétribution personnelle est réduite, dans le meilleur des cas, à un simple argent de poche, ses conditions de vie matérielle sont sommaires dans des locaux collectifs dont l’équipement se réduit initialement à l’eau courante à la pompe et où tout écart, notamment la consommation d’alcool, entraîne l’exclusion. Bien que fondées par l’abbé et souvent dirigées d’abord par un prêtre, les communautés n’exigent pas une pratique religieuse systématique. Ce sont ces communautés, dont la première voit le jour en 1950, qui, durablement, donneront l’image du mouvement Emmaüs au grand public, alors même qu’elles n’en seront plus qu’une composante, que leurs activités seront passées de la « chine » à des formes beaucoup plus sophistiquées de récupération et que les conditions de vie qu’elles offriront aux compagnons se seront très largement améliorées. Le chapitre 10 du livre souligne bien, néanmoins, leur importance durable pour l’identification du mouvement.


Philippe Oulmont (dir.), Les voies “de Gaulle” en France. Le général dans l'espace et la mémoire des communes

Ouvrages | 03.12.2009 | David Valence

© PlonQui connaît l’odonymie ? L’étude des noms de rues reste peu pratiquée par les historiens, malgré l’invite lancée par Maurice Agulhon lors d’un colloque consacré à « Jaurès et la classe ouvrière », en novembre 1976 Cette branche de la toponymie s’offre pourtant au chercheur comme un outil à partir duquel étudier les « usages politiques du passé » et les enjeux de mémoire. La vieille méfiance de l’Université française vis-à-vis des démarches interdisciplinaires explique sans doute cette timidité. L’odonymie se situe, en effet, au point de rencontre de l’histoire, de la géographie, de la sociologie et même de l’ethnologie. L’ampleur des sources à brasser pour établir un corpus et déterminer ensuite les raisons qui poussent une assemblée municipale à préférer tel nom plutôt que tel autre acheva sans doute, dans le passé, de décourager les bonnes volontés. Cet obstacle matériel ne pouvait être levé que par une équipe de chercheurs ou par une institution disposant du personnel et des moyens qui autoriseraient une recherche systématique.


John Merriman, Dynamite club. L'invention du terrorisme à Paris

Ouvrages | 03.12.2009 | Danielle Tartakowsky

© TallandierJohn Merriman énonce d’entrée de jeu ce que sa relecture des « beaux jours de l’anarchisme », situés entre 1880 et 1914, doit aux angoisses et aux interrogations nées du 11 Septembre, souvent promue date origine d’un XXIe siècle chargé d’inquiétudes.


Emmanuel Kreis, Les Puissances de l'ombre. Juifs, jésuites, françs-maçons, réactionnaires... La théorie du complot dans les textes

Ouvrages | 03.12.2009 | Grégoire Kauffmann

© CNRS EditionsDoctorant à l’École pratique des hautes études, où il achève une thèse prometteuse consacrée au mythe de la « conspiration judéo-maçonnique », Emmanuel Kreis a eu l’excellente idée de rassembler dans cette anthologie les textes fondateurs de la « théorie du complot ». La sélection est intelligente et la présentation, très didactique, portée par un vaste appareil critique qui éclaire judicieusement les textes sans jamais asphyxier la lecture.


Olivier Dard et Nathalie Sévilla (dir.), Le Phénomène ligueur sous la IIIe République

Ouvrages | 03.12.2009 | David Valence

© Centre régional universitaire lorrain d'histoireDe toutes les maladies qui menacent l’historien du monde contemporain, le nominalisme n’est pas la moins dangereuse. Un défaut dans le questionnement, donc dans la rigueur des analyses, guette en effet le chercheur qui confondrait les choses avec leur nom. Il ne suffit pas, par exemple, qu’une organisation se donne le nom de « parti » ou de « mouvement » pour qu’elle adopte les caractères qui s’attachent aujourd’hui à ces catégories dans nos esprits : où l’on comprend que la naïveté, en matière de vocabulaire, est souvent mère d’anachronisme. Ce constat ne surprendra personne, mais c’est un des mérites du « tournant linguistique » (linguistic turn) qu’ont pris les études historiques aux États-Unis que de débusquer du nominalisme là où les traditions historiographiques n’en identifiaient pas toujours.


Denis Merklen, Quartiers populaires, quartiers politiques

Ouvrages | 03.12.2009 | Danielle Tartakowsky

© La DisputeDenis Merklen est un sociologue argentin aujourd’hui en poste à l’université Paris VII. L’ouvrage qu’il publie aux éditions La dispute prend appui sur les travaux d’ampleur qu’il a précédemment consacrés aux mouvements d’occupations illégales de terres urbaines en Argentine et aux autres formes d’action nées de l’effondrement de la société salariale, du système de protection sociale et d’affiliation hérité du péronisme et de la perte de centralité du travail et des syndicats qui est leur est corollaire. Il mobilise également certaines enquêtes qu’il lui a été donné d’effectuer dans des quartiers populaires d’Haïti, d’Uruguay, du Sénégal ou de France. Sans pour autant qu’il s’agisse d’une suite de monographies comparées. L’ouvrage, qui s’inscrit dans le droit fil des travaux de Robert Castel, lequel l’a du reste préfacé, s’attache, en effet, à quelques-unes des implications fondamentales de la nouvelle dynamique économique et sociale qui, partout, s’impose depuis une trentaine d’année.


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  • ISSN 1954-3670