Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

« Le Louvre pendant la guerre. Regards photographiques 1938-1947 »

Expositions | 20.01.2010 | Florent Le Bot

Une exposition qui s’est tenue au Louvre du 7 mai au 31 août 2009 est venue rappeler la vie du musée et de ses œuvres durant la période de la Seconde Guerre mondiale, les années qui y conduisent, ainsi que celles de la Libération et de la reconstitution. Celle-ci a présenté 56 photographies (associées à deux imprimés et deux films d’actualités), dont les plus originales provenaient du fonds du photographe Pierre Jahan (1909-2003), couvrant la période de réouverture du Louvre en 1945, ainsi que des clichés réunis par Sarah Gensburger, montrant l’utilisation du Louvre comme dépôt pour les œuvres d’art pillées dans les appartements des juifs déportés. Des photographies, allant de 1938, date du premier départ des œuvres, à 1947, année de la réouverture de la Grande Galerie et du retour à un fonctionnement normal du musée, complétaient l’ensemble. L’exposition se tenait dans une salle grise béton à proximité du Louvre médiéval ; les clichés s’en trouvaient littéralement écrasés par la hauteur sous plafond, tandis que l’on aurait rêvé du même type de muséographie intimiste que celle mise en œuvre pour les peintres de portrait au XVIe siècle (aile Richelieu, 2e étage, salle 8). Fort heureusement, il nous reste le catalogue, de bonne facture, complet et riche en informations.


« Extrême Asie : le trésor indochinois d'Alençon »

Expositions | 20.01.2010 | Amaury Lorin

L’association entre la lointaine Indochine, révolue, et la paisible préfecture de l’Orne est loin d’être évidente spontanément. Pourtant, n’en déplaisent aux Parisiens, l’éblouissante et miraculée « collection indochinoise d’Alençon » se situe aujourd’hui à la troisième place nationale après celles du musée Guimet, du Musée national des arts asiatiques et des archives nationales d’outre-mer à Aix-en-Provence. Au-delà de l’heureuse surprise de cette « Asie en Normandie », l’exposition « Extrême Asie : le trésor indochinois d’Alençon », visible du 13 juin au 15 novembre 2009 au musée des Beaux-Arts d’Alençon et à la médiathèque Aveline toute proche (hall d’accueil et église des Jésuites), constitue un événement, n’ayons pas peur des mots, dont l’intérêt et l’importance scientifiques dépassent de loin le cadre normand.


« Actualité de l'affaire Dreyfus en 2009 ». Journée d'étude du 20 octobre 2009

Journées d'études | 20.01.2010 | Romain Dupré

Il n’y a toujours « pas de fin en vue pour la recherche sur l’Affaire ». La journée d’étude du 10 octobre sur l’« actualité de l’affaire Dreyfus en 2009 » en témoigne parfaitement. Fruit d’un partenariat, elle a été organisée au siège national de la Ligue des Droits de l’homme (LDH), à l’occasion du 150ème anniversaire de la naissance d’Alfred Dreyfus et de Jean Jaurès et de l’inauguration, par le maire de Paris, de la salle Alfred Dreyfus au siège de la LDH. Cette journée entendait également poursuivre et élargir une partie des discussions initiées lors du colloque de 2006 « Être dreyfusard, hier et aujourd’hui », dont les actes étaient présentés par Emmanuel Naquet et Gilles Manceron.


« Écrire sous l'Occupation. Du non-consentement à la Résistance : France, Belgique, Pologne (1940-1945) »

Colloques | 20.01.2010 | Cécile Vast

Depuis 1981, année au cours de laquelle l’université de Reims accueillait le colloque « La littérature française sous l’Occupation », aucune manifestation scientifique d’ampleur n’avait été entièrement consacrée, en France, aux formes et fonctions de l’écriture sous l’Occupation nazie. Conçu par Bruno Curatolo et François Marcot, professeurs de littérature et d’histoire contemporaine à l’université de Besançon, et organisé par le musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon (Centre d’histoire et de recherche sur la Résistance), l’université de Franche-Comté et la Fondation de la Résistance, le colloque international, « Écrire sous l’Occupation. Du non-consentement à la Résistance », entendait interroger les statuts, le rôle et le sens de l’écriture dans des situations contraintes par l’occupation allemande. Il s’agissait, notamment, de confronter des registres d’écriture spécifiques, publics ou privés – journaux intimes, presse clandestine, théâtre, poésie, romans, lettres de fusillés, poésie populaire et chants de maquis (Bruno Leroux à propos des « Jeux littéraires et chants du maquis »), épigraphie murale de Fresnes (Michel Schmitt sur « Les murs de Fresnes d’Henri Calet : une épigraphie tragique »), etc. – et de revenir sur la diversité des conduites face à la défaite de 1940, à la présence allemande, à Vichy, à la répression et aux persécutions. En quoi les attitudes de « non-consentement » ou les formes de résistance ont-elles influé sur les modes d’écritures ?


« Tarzan ! Ou Rousseau chez les Waziri »

Expositions | 20.01.2010 | Amaury Lorin

Le vif succès estival rencontré par l’exposition « Tarzan ! Ou Rousseau chez les Waziri », présentée au jeune Musée du quai Branly (Paris) du 16 juin au 29 septembre 2009, est à la hauteur de la popularité et de la vitalité du mythe auquel elle n’a pas craint de s’attaquer, l’un des plus forts du XXe siècle. Son commissaire, Roger Boulay, anthropologue et spécialiste de l’art océanien – déjà commissaire des expositions « L’aristocrate et ses cannibales : le voyage en Océanie du comte Festetics de Tolna (1893-1896) » présentée en 2007 au même Musée du quai Branly ; et « Kannibals et vahinés » au musée des Arts d’Afrique et d’Océanie en 2001 – prévient d’emblée : « Tarzan incarne la fragilité de la frontière entre le primitif et le civilisé », autrement dit, l’homme et l’animal, ou les fameuses « culture » et « nature » rousseauistes. Une frontière à la croisée de deux mondes rêvés unique, dont la porosité est conçue comme le fil conducteur de l’exposition.


Le mémorial Charles de Gaulle de Colombey-les-Deux-Églises. Incarner de Gaulle et son environnement

Musées | 20.01.2010 | Jérôme Pozzi

En 1954, au cours d’un entretien qu’il accordait à un journaliste, le général de Gaulle aurait dit : « Voyez cette colline. C’est la plus élevée. On y édifiera une croix de Lorraine quand je serai mort et de partout on pourra la voir. » Quelques années plus tard, il aurait confié à André Malraux : « Personne n’y viendra, sauf les lapins pour faire de la Résistance ». Inaugurée par Georges Pompidou le 18 juin 1972, la croix de Lorraine, composée de blocs de granit rose de Bretagne, mesure plus de 40 mètres de haut et, depuis cette date, force est de constater qu’elle n’a pas eu que des lagomorphes comme visiteurs.


Sonia Combe (dir.), Archives et histoire dans les sociétés post-communistes

Ouvrages | 20.01.2010 | Guillaume Mouralis

© La DécouverteCet ouvrage, issu d’un colloque organisé par la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC) à Nanterre, propose un bilan critique de l’historiographie des pays communistes européens, profondément renouvelée depuis une vingtaine d’années par l’ouverture – au moins partielle – des archives de la période soviétique.


« Traits d'architecture : Hanoi à l'heure française »

Expositions | 20.01.2010 | Amaury Lorin

Solennellement inaugurée le 1er octobre 2009 à l’Espace-centre culturel français de Hanoi par Nguyên Tiên Dinh, vice-ministre vietnamien de l’Intérieur, et Michel Flesch, conseiller de coopération et d’action culturelle à l’ambassade de France à Hanoi, l’exposition « Traits d’architecture : Hanoi à l’heure française » marque une étape importante dans la complexe histoire au long cours des relations bilatérales franco-vietnamiennes.


La Guerre sans dentelles

Expositions | 15.01.2010 | Nicolas Offenstadt

La Guerre sans dentelles est une exposition montrée au Château de Versailles, dans la galerie des batailles, entre le 11 mai et le 7 septembre 2009. Elle s’est accompagnée d’un fort beau catalogue présenté par Laurent Gervereau et Frédéric Lacaille. Le principe de l’exposition, que suit le catalogue, tient dans la confrontation entre les fameuses peintures de la galerie qui déroulent des combats emblématiques, depuis Tolbiac (v. 496) jusqu’à Wagram (1809) et des images des conflits contemporains. Il s’inscrit dans une volonté de renouveau du Musée de l’histoire de France – dont la galerie fait partie – fondé par Louis-Philippe pour situer le régime dans la longue continuité des temps monarchiques et impériaux et montrer aussi le lien du roi et du peuple, comme en témoigne la place centrale de Jeanne d’Arc au milieu de la galerie – sans compter les autres représentations de la Sainte – ou le tableau de Louis XIV en « roi prolétaire » avec sa troupe dans la prise d’assaut de Valenciennes. Les récents débats sur la place de l’histoire nationale et le projet de musée lancé par le président de la République et ses conseillers, ont redonné, en outre, une actualité aux « musées d’histoire de France », posant par là la question de leurs mutations possibles au XXIe siècle.


Landry Charrier, La Revue de Genève. Les relations franco-allemandes et l'idée d'Europe unie (1920-1925)

Ouvrages | 15.01.2010 | Jean-Michel Guieu

© Slatkine EruditionDans le champ déjà bien labouré des revues littéraires de l’entre-deux-guerres, Landry Charrier choisit dans cet ouvrage, issu d’une thèse de doctorat en études germaniques, de s’intéresser à une revue suisse dont le titre est certes bien connu, mais qui n’avait jusqu’à présent pas éveillé chez les chercheurs le même intérêt que ses consœurs françaises ou allemandes. La Revue de Genève constitue pourtant, durant la première moitié des années 1920, un intéressant laboratoire du rapprochement franco-allemand à une époque marquée par les haines réciproques des deux côtés du Rhin.


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  • ISSN 1954-3670