Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

Jean-Marc Berlière, Franck Liaigre, L'Affaire Guy Môquet. Enquête sur une mystification officielle

Ouvrages | 20.07.2010 | Virginie Sansico

© LarousseLe 16 mai 2007, jour de son investiture présidentielle, Nicolas Sarkozy prononçait à la Cascade du bois de Boulogne un discours en hommage aux trente-cinq résistants fusillés en ces lieux par les Allemands, dans la nuit du 16 au 17 août 1944. Et, doublant cet acte symbolique d’un geste politique fort, il annonçait dans la foulée que serait désormais lue dans les lycées, à chaque date anniversaire de l’événement, l’émouvante dernière lettre écrite à ses parents par Guy Môquet, jeune communiste fusillé comme otage le 22 octobre 1941 à l’âge de dix-sept ans et présenté dans les directives officielles de l’Éducation nationale comme un « formidable exemple » de tous ceux « qui firent le choix de la résistance ».


Pascal Cauchy, Yvan Combeau et Jean-François Sirinelli (dir.), La Quatrième République et l'outre-mer français

Ouvrages | 20.07.2010 | Amaury Lorin

© Publications de la Société française d'histoire d'outre-merLes complexes « affaires coloniales » héritées du XIXe siècle se présentent, en France comme ailleurs en Europe, comme l’un des défis majeurs – parmi d’autres – immédiatement posés aux gouvernements au sortir de la Seconde Guerre mondiale. S’ils sont tous quasi-unanimement favorables à des réformes hardies dans les possessions françaises outre-mer, les partis politiques français issus de la Libération s’opposent toutefois vivement sur le juste niveau d’un processus qui apparaît rapidement inéluctable à la plupart des observateurs métropolitains et – surtout – ultramarins : pour les communistes, la décolonisation doit être totale, sans conditions et immédiate ; pour les socialistes, il convient d’aller jusqu’à l’autonomie mais pas l’indépendance ; le Mouvement républicain populaire (MRP) est, quant à lui, partisan de l’Union française, l’Indochine le préoccupant particulièrement du fait de la présence d’une importante population catholique.


Bruno Cabanes, Guillaume Piketty (dir.), Retour à l'intime au sortir de la guerre

Ouvrages | 20.07.2010 | Damien Baldin

© TallandierCet ouvrage réunit les contributions du colloque organisé en juin 2008 dans la continuité du séminaire que Bruno Cabanes et Guillaume Piketty ont animé à Sciences Po sur les sorties de guerre au xxe siècle. Le choix des objets, l’intime et la guerre, les a obligés à croiser deux historiographies dynamiques, au spectre d’intérêt très large. Celle du phénomène guerrier au xxe siècle – en particulier, du concept récent de « sortie de guerre » – et celle de l’intime, du for intérieur où se mêlent la question des corps et des sensibilités.


Gilles Manceron et Emmanuel Naquet (dir.), Être dreyfusard, hier et aujourd'hui

Ouvrages | 20.07.2010 | Emmanuel Debono

© Presses universitaires de RennesCet ouvrage est né des travaux du colloque international qui s’était déroulé à l’École militaire, les 8 et 9 décembre 2006 : organisé par la Ligue des Droits de l’homme (LDH), coordonné par Gilles Manceron et Emmanuel Naquet, il avait pour objet l’engagement dreyfusard et sa postérité. Les actes publiés ici donnent à découvrir la richesse des interventions ; celles-ci avaient alors été présentées sous la forme de rapports de synthèse exposés lors de tables rondes. La matière est conséquente, ainsi que la valeur ajoutée par les directeurs de l’ouvrage : elles font de ce livre un jalon important dans la réflexion autour de ce moment fondateur qu’est l’affaire Dreyfus dans l’histoire de notre démocratie.


Marcel Dorigny et Max-Jean Zins (dir.), Les Traites négrières coloniales : histoire d'un crime

Ouvrages | 20.07.2010 | Amaury Lorin

© Cercle d'artEn un peu plus de trois siècles (de la fin du XVe siècle jusqu’aux années 1860), plus de 12 millions d’Africains (dont un tiers de femmes) furent déportés aux Amériques et dans les îles de l’océan Indien. Infâme trafic, commerce honteux, triangle infernal, tare encombrante, crime contre l’humanité pour les uns, génocide pour les autres : nulle qualification ne saura sans doute restituer la monstruosité de ce trafic humain, justifié par les contemporains sur la base de considérations philosophiques, religieuses, économiques aussi bien que politiques. Bientôt six ans après l’ambitieux essai d’histoire globale d’Olivier Pétré-Grenouilleau et « l’affaire » qui l’accompagna, l’ouvrage collectif Les Traites négrières coloniales : histoire d’un crime co-dirigé par Marcel Dorigny et Max-Jean Zins aux éditions Cercle d’art (2009) revient ainsi sur ce phénomène complexe, mondial, en le centrant sur la déportation d’esclaves africains vers les colonies européennes des Amériques et de l’océan Indien à l’époque moderne.


Winston Churchill, Mémoires de guerre, 1919-1941, tome 1

Ouvrages | 20.07.2010 | Steffen Prauser

© TallandierAucun autre livre n’a autant marqué la perception de la Seconde Guerre mondiale au Royaume-Uni – voire en Europe occidentale – que les Mémoires de guerre de Winston Churchill. Trois ans seulement après la fin du conflit, le principal protagoniste britannique de ces événements décrit dans un très beau style, en s’appuyant sur des centaines de documents confidentiels, les processus décisionnels des dirigeants de la Grande-Bretagne et de la « Grande Alliance antihitlérienne ».


Sébastien Albertelli, Les Services secrets du général de Gaulle, le BCRA 1940-1944

Ouvrages | 20.07.2010 | Jean-François Muracciole

© PerrinLe très bel ouvrage de Sébastien Albertelli tombe à point nommé pour au moins deux raisons essentielles. En premier lieu, il témoigne, après une longue éclipse caractérisée par la domination quasi-exclusive des travaux consacrés à la Résistance intérieure, de la renaissance de l’étude scientifique de la France libre et des diverses formes de la Résistance extérieure. Initié par le grand livre de Jean-Louis Crémieux-Brilhac (La France libre, Gallimard, 1996), ce mouvement voit de jeunes chercheurs (Aurélie Luneau, Sébastien Albertelli, en attendant les thèses de Stéphane Simonnet ou de Julie Le Gac) prendre le relais. En outre, à la différence de son homologue anglo-saxonne, l’historiographie française (il n’est que de lire la monumentale bibliographie du présent ouvrage pour s’en convaincre) a toujours éprouvé de la réticence à l’égard de l’histoire des services secrets. À la décharge des historiens français, rappelons toutefois que ce type de service aime tant à cultiver le mystère qu’il a fallu attendre 1998 pour que l’essentiel des archives du Bureau central de renseignements et d’action (BCRA) soit ouvert aux Archives nationales. Pendant longtemps, la seule source disponible pour la connaissance de ce rouage fondamental de la France libre, outre le Livre blanc du BCRA (Stéphane et Vitia Hessel, Daniel Cordier, 1945), trop sommaire, demeura les Mémoires de Passy (réédités en 2000 avec un très précieux appareil critique de Jean-Louis Crémieux-Brilhac), riches et précis, mais trop ouvertement orientés (en particulier par leur parti pris en faveur de Pierre Brossolette contre Jean Moulin lors de la grande querelle du début de 1943). C’est peu dire que l’ouvrage de Sébastien Albertelli comble donc un vide à la fois béant et surprenant.


Sébastien Denis, Le Cinéma et la guerre d'Algérie, la propagande à l'écran (1945-1962)

Ouvrages | 20.07.2010 | Julie Champrenault

© Nouveau monde éditionsLa problématique algérienne bénéficie aujourd’hui d’une grande visibilité dans le paysage médiatique français en raison des débats que suscite la sortie du film de Rachid Bouchareb, Hors la loi. Les conflits mémoriels sont ravivés mais occultent aussi la réalité de l’Algérie coloniale comme l’a souligné Benjamin Stora. Mais si, comme l’avance ce dernier, le cinéma n’a pas encore su montrer l’Algérie réelle, le dernier ouvrage de Sébastien Denis, Le Cinéma et la guerre d’Algérie, la propagande à l’écran (1945-1962), issu de sa thèse de doctorat, semble, lui, être en mesure de répondre à la question posée par Marc Ferro : « De quelle réalité le cinéma est-il vraiment l’image ? »


Nicolas Defaud, La CFDT (1968-1995). De l'autogestion au syndicalisme de proposition

Ouvrages | 20.07.2010 | Hélène Hatzfeld

© Presses de Sciences PoComment et pourquoi la Confédération française démocratique du travail (CFDT) est-elle passée du socialisme démocratique puis autogestionnaire à un « syndicalisme de proposition » ? Le livre de Nicolas Defaud vise à rendre compte d’une « conversion ». L’auteur soutient que, au-delà des deux temps forts souvent retenus – le « recentrage » en 1978 et le « soutien critique » au plan Juppé sur les retraites en 1995 –, c’est tout un processus, une succession de prises de position qui font sens. Plus précisément, il montre que la logique d’un réformisme revendiqué, présente parmi d’autres dans la transformation de la Confédération française des travailleurs chrétiens (CFTC) en CFDT, devient prédominante, à l’épreuve à la fois de la confrontation militante au parti socialiste (PS), de la crise économique et des gouvernements de gauche. Ainsi résumée, la cause pourrait sembler simpliste et banale. Or tout l’art – et l’intérêt – de ce livre est précisément de n’être ni banal ni simplificateur. C’est ce qui lui donne sa force de conviction.


« La France entre guerre froide et intégration européenne : la situation au milieu des années 1970 »

Atelier | 20.07.2010 | Matthieu Osmont

L’Institut historique allemand de Paris (IHAP) a accueilli les 25 et 26 mars 2010 le premier atelier du groupe de travail IHAP-RICHIE sur « la France entre guerre froide et intégration européenne du milieu des années 1970 au milieu des années 1980 ».


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  • ISSN 1954-3670