Histoire@Politique : Politique, culture et société

Comptes rendus
   

Oissila Saaïdia et Laurick Zerbini (dir.), La Construction du discours colonial : l'Empire français aux XIXe et XXe siècles

Ouvrages | 22.07.2010 | Amaury Lorin

© KarthalaLa dialectique de la célébration et de la condamnation du fait colonial a longtemps et profondément biaisé l’écriture de son histoire, ainsi bipolarisée par une mise en intrigue aussi raide que manichéenne. Or, confronter les positions opposées, éprouver en soi leur tension, c’est aussi savoir les dépasser, avait dû conclure Daniel Rivet dans un article particulièrement stimulant paru en 1992. L’ouvrage La Construction du discours colonial : l’Empire français aux XIXe et XXe siècles co-dirigé par Oissila Saaïdia et Laurick Zerbini rappelle ainsi, fort justement, que l’histoire « d’inspiration coloniale » n’a, jusqu’à un passé somme toute très récent, guère été pratiquée par des historiens de métier mais, bien plutôt, avec plus ou moins de bonheur, par des « opérateurs » (diplomates, militaires, fonctionnaires coloniaux, etc.) s’improvisant « historiens du dimanche », à partir d’un savoir tiré de leurs expériences de terrain, sans toujours maîtriser les techniques de la profession. Il revenait alors à cette « histoire coloniale », académiquement en marge, d’exalter la colonisation dans la plupart des cas.


Armelle Mabon, Prisonniers de guerre « indigènes ». Visages oubliés de la France occupée

Ouvrages | 22.07.2010 | Fabien Théofilakis

© La DécouverteLe travail de synthèse sur les prisonniers de guerre « indigènes » pendant la Seconde Guerre mondiale produit par Armelle Mabon s’inscrit résolument dans la tendance historiographique qui cherche à redonner une voix aux « oubliés » de l’histoire. À partir d’un carton d’archives remis en 1987 par une ancienne assistante sociale au service social colonial de Bordeaux pendant la guerre et à la suite d’un documentaire, Oubliés et trahis, réalisé en 2003 sur ces captifs pas comme les autres, l’auteure, consciente de l’existence d’un riche matériau archivistique et d’une réelle demande sociale, a voulu approfondir ce sujet.


Jacques Frémeaux, De quoi fut fait l'empire : les guerres coloniales au XIXe siècle

Ouvrages | 22.07.2010 | Amaury Lorin

© CNRS EditionsDans un article ô combien stimulant paru en 1992, Daniel Rivet relevait, parmi les nombreux objets négligés par la recherche historique dans ce champ si particulier que constitue l’histoire contemporaine des colonisations, les « guerres oubliées de la conquête ». Avec le nouvel ouvrage de Jacques Frémeaux, De quoi fut fait l’empire : les guerres coloniales au XIXe siècle, première histoire totale des politiques de conquête menées par (toutes) les puissances coloniales au XIXe siècle, voilà une importante lacune fort utilement comblée, à la soudure entre histoire militaire « classique » et histoire coloniale « renouvelée », plus rarement explorée qu’on pourrait le penser. Une histoire que l’auteur de La France et l’Algérie en guerre (1830-1870, 1954-1962) (Paris, Economica, 2002) fait, dans cette fresque de grand style, débuter en 1830 : les Français débarquent en Algérie, les Anglais sont engagés aux Indes, les Russes se battent au Caucase et songent à l’Asie centrale, les Américains se lancent dans l’occupation des Grandes Plaines, où ils vont affronter les tribus indiennes. Jusqu’en 1914, l’histoire des empires coloniaux occidentaux sera ainsi celle d’une immense expansion. Par faits d’arme, on l’oublie parfois.


Julian Mischi, Servir la classe ouvrière. Sociabilités militantes au PCF

Ouvrages | 22.07.2010 | Danielle Tartakowsky

© Presses universitaires de RennesCet ouvrage de Julian Mischi constitue la version remaniée et attendue de la thèse de science politique qu’il a soutenue en 2002 à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Il s’assigne pour objectif d’explorer le travail concret de mobilisation politique du Parti communiste français (PCF) pour en évaluer l’efficacité (ou l’inefficacité) dans des contextes sociaux particuliers. Selon l’auteur, la forte structuration organisationnelle du PCF avec ses ramifications associatives et syndicales ne peut être considérée seulement comme un instrument bureaucratique. Elle constitue aussi un support de mobilisation collective et de participation politique pour des catégories populaires qui ne s’en remettent pas totalement au parti, susceptible d’introduire de la disparité.


Jean-Marc Berlière, Franck Liaigre, L'Affaire Guy Môquet. Enquête sur une mystification officielle

Ouvrages | 20.07.2010 | Virginie Sansico

© LarousseLe 16 mai 2007, jour de son investiture présidentielle, Nicolas Sarkozy prononçait à la Cascade du bois de Boulogne un discours en hommage aux trente-cinq résistants fusillés en ces lieux par les Allemands, dans la nuit du 16 au 17 août 1944. Et, doublant cet acte symbolique d’un geste politique fort, il annonçait dans la foulée que serait désormais lue dans les lycées, à chaque date anniversaire de l’événement, l’émouvante dernière lettre écrite à ses parents par Guy Môquet, jeune communiste fusillé comme otage le 22 octobre 1941 à l’âge de dix-sept ans et présenté dans les directives officielles de l’Éducation nationale comme un « formidable exemple » de tous ceux « qui firent le choix de la résistance ».


Pascal Cauchy, Yvan Combeau et Jean-François Sirinelli (dir.), La Quatrième République et l'outre-mer français

Ouvrages | 20.07.2010 | Amaury Lorin

© Publications de la Société française d'histoire d'outre-merLes complexes « affaires coloniales » héritées du XIXe siècle se présentent, en France comme ailleurs en Europe, comme l’un des défis majeurs – parmi d’autres – immédiatement posés aux gouvernements au sortir de la Seconde Guerre mondiale. S’ils sont tous quasi-unanimement favorables à des réformes hardies dans les possessions françaises outre-mer, les partis politiques français issus de la Libération s’opposent toutefois vivement sur le juste niveau d’un processus qui apparaît rapidement inéluctable à la plupart des observateurs métropolitains et – surtout – ultramarins : pour les communistes, la décolonisation doit être totale, sans conditions et immédiate ; pour les socialistes, il convient d’aller jusqu’à l’autonomie mais pas l’indépendance ; le Mouvement républicain populaire (MRP) est, quant à lui, partisan de l’Union française, l’Indochine le préoccupant particulièrement du fait de la présence d’une importante population catholique.


Bruno Cabanes, Guillaume Piketty (dir.), Retour à l'intime au sortir de la guerre

Ouvrages | 20.07.2010 | Damien Baldin

© TallandierCet ouvrage réunit les contributions du colloque organisé en juin 2008 dans la continuité du séminaire que Bruno Cabanes et Guillaume Piketty ont animé à Sciences Po sur les sorties de guerre au xxe siècle. Le choix des objets, l’intime et la guerre, les a obligés à croiser deux historiographies dynamiques, au spectre d’intérêt très large. Celle du phénomène guerrier au xxe siècle – en particulier, du concept récent de « sortie de guerre » – et celle de l’intime, du for intérieur où se mêlent la question des corps et des sensibilités.


Gilles Manceron et Emmanuel Naquet (dir.), Être dreyfusard, hier et aujourd'hui

Ouvrages | 20.07.2010 | Emmanuel Debono

© Presses universitaires de RennesCet ouvrage est né des travaux du colloque international qui s’était déroulé à l’École militaire, les 8 et 9 décembre 2006 : organisé par la Ligue des Droits de l’homme (LDH), coordonné par Gilles Manceron et Emmanuel Naquet, il avait pour objet l’engagement dreyfusard et sa postérité. Les actes publiés ici donnent à découvrir la richesse des interventions ; celles-ci avaient alors été présentées sous la forme de rapports de synthèse exposés lors de tables rondes. La matière est conséquente, ainsi que la valeur ajoutée par les directeurs de l’ouvrage : elles font de ce livre un jalon important dans la réflexion autour de ce moment fondateur qu’est l’affaire Dreyfus dans l’histoire de notre démocratie.


Marcel Dorigny et Max-Jean Zins (dir.), Les Traites négrières coloniales : histoire d'un crime

Ouvrages | 20.07.2010 | Amaury Lorin

© Cercle d'artEn un peu plus de trois siècles (de la fin du XVe siècle jusqu’aux années 1860), plus de 12 millions d’Africains (dont un tiers de femmes) furent déportés aux Amériques et dans les îles de l’océan Indien. Infâme trafic, commerce honteux, triangle infernal, tare encombrante, crime contre l’humanité pour les uns, génocide pour les autres : nulle qualification ne saura sans doute restituer la monstruosité de ce trafic humain, justifié par les contemporains sur la base de considérations philosophiques, religieuses, économiques aussi bien que politiques. Bientôt six ans après l’ambitieux essai d’histoire globale d’Olivier Pétré-Grenouilleau et « l’affaire » qui l’accompagna, l’ouvrage collectif Les Traites négrières coloniales : histoire d’un crime co-dirigé par Marcel Dorigny et Max-Jean Zins aux éditions Cercle d’art (2009) revient ainsi sur ce phénomène complexe, mondial, en le centrant sur la déportation d’esclaves africains vers les colonies européennes des Amériques et de l’océan Indien à l’époque moderne.


Winston Churchill, Mémoires de guerre, 1919-1941, tome 1

Ouvrages | 20.07.2010 | Steffen Prauser

© TallandierAucun autre livre n’a autant marqué la perception de la Seconde Guerre mondiale au Royaume-Uni – voire en Europe occidentale – que les Mémoires de guerre de Winston Churchill. Trois ans seulement après la fin du conflit, le principal protagoniste britannique de ces événements décrit dans un très beau style, en s’appuyant sur des centaines de documents confidentiels, les processus décisionnels des dirigeants de la Grande-Bretagne et de la « Grande Alliance antihitlérienne ».


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  • ISSN 1954-3670